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Will Self : “La prose est une façon très insuffisante de refléter les vérités absolues”

ENTRETIEN – Ce Britannique improbable semble être romancier depuis toujours, et journaliste avec la même assiduité. Quand il raconte qu’à 10 ans, il avait dévoré Dune de Frank Herbert, Ballard ou encore les livres de Philip K. Dick, on ne peut imaginer que le garçon tourne mal. Son personnage, lez psychiatre londonien Zack Busner, est de retour, dans les années 70. Avec Requin, publié à L’Olivier, on jubile. Et plus encore en rencontrant le bonhomme...

Le 26/12/2017 à 12:47 par Auteur invité

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Publié le :

26/12/2017 à 12:47

Auteur invité

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ActuaLitté
propos recueillis par Fabrice Colin

ActuaLitté : Pour les lecteurs les plus, disons, « conventionnels », pour ceux, aussi, auxquels votre œuvre ne serait pas familière, la trilogie entamée avec Parapluie – et dont Requin est le deuxième tome –, peut paraître quelque peu intimidante. 

Certains spécialistes prétendent que le Finnegan’s Wake de Joyce est plus simple à appréhender lorsqu’on le lit à haute voix. De même, pensez-vous qu’il existe une bonne façon de lire Parapluie ou Requin ? Une sorte de méthode ? 

Will Self : Il me semble que n’importe quel lecteur abordant cette trilogie avec un cœur brave et un esprit aiguisé retirera beaucoup de sa lecture. Voici ce que disait le Daily Mail de Requin : « La lecture peut en sembler austère, mais, après quelques pages, c’est comme se laisser glisser dans un bain chaud et parfumé. » Vous mentionnez Finnegan’s Wake, mais, en vérité, ma trilogie est loin d’être aussi impénétrable que ce roman. Elle est même beaucoup moins compliquée à lire qu’Ulysse. (La raison pour laquelle les critiques contemporains qualifient mon œuvre de « difficile » réside, me semble-t-il, dans le fait que, le roman ayant perdu sa place prépondérante au sein de notre culture, les gens ne s’attendent plus à ce qu’un texte présente la moindre difficulté : ils cherchent à ce qu’on les distraie, pas à ce qu’on les éveille.) 

En aucun cas je ne me livre aux jeux de mots alambiqués chers à Joyce, et les allusions culturelles que je me permets – même quand elles sont obscures – se réfèrent à notre monde contemporain, non à un Dublin vieux de plus d’un siècle. D’une certaine façon, la forme que revêtent les trois romans de ma trilogie reflète la façon dont notre lecture d’un texte est désormais impactée, à l’âge des médias digitaux, s’entend. Le roman, en tant que forme, était jadis tributaire du codex – de l’objet-livre – et, à l’instar du codex, il se devait d’être entièrement explicite, autoréférentiel. 

À présent que le texte peut être lu sur des supports digitaux, le roman n’est plus soumis aux confinements du codex – il serait possible d’établir une édition de Requin et du reste de la trilogie dans laquelle les lecteurs auraient juste à effleurer les passages qu’ils ne comprennent pas et les allusions qui leur échappent, afin qu’une exégèse détaillée leur soit fournie. Le côté monolithique des romans – Parapluie ne contient pas de chapitres, les deux autres ne sont même pas séparés en paragraphe, et les passages d’un personnage à l’autre ne sont pas annoncés – rappelle également les flux RSS ou les lignes de cotations boursières défilant en continu – un monde saturé de sens et de signification. À cet égard, je marche dans les pas de mes prédécesseurs modernistes, qui n’hésitaient pas à intégrer les techniques émergentes du montage cinématographique au sein de leurs propres textes.

Les lecteurs à qui j’ai pu parler évoquent, à propos de leur lecture, une expérience hypnotique et onirique, et j’en suis heureux (un point commun avec Joyce, j’imagine), car qu’est-ce que la vie, sinon « un rêve qui nous empêche de dormir » ? Il existe d’excellentes versions audio des romans en anglais et, sans doute, lire des passages à voix haute peut aider à s’approprier la cadence de la prose, voire à en mettre le sens en évidence. Mais la vérité, c’est que ce commentaire ne s’applique qu’à la version anglaise des textes, non aux traductions de Bernard Hoepffner dont je ne puis juger la musicalité.  

À propos de Bernard Hoepffner, justement : a-t-il travaillé seul, ou vous a-t-il posé des questions à un moment donné ? Je suppose qu’il est très important, avec un texte d’une telle ampleur, d’être certain – autant que possible, en tout cas – que le traducteur adopte le ton juste, qu’il a bien compris votre travail, n’est-ce pas ?

Will Self : Que ce soit pour Parapluie ou pour Requin, j’ai eu de longues discussions avec Bernard Hoepffner. Pour être franc, à présent qu’il est mort, je ne sais pas du tout si nous serons en mesure de retrouver un traducteur d’un tel niveau, quelqu’un capable de s’attaquer au troisième volet de la trilogie. Bernard a longtemps vécu en Angleterre, et il possède une connaissance approfondie des mœurs anglaises et de l’argot associé. Reste que les textes lui ont parfois donné des sueurs froides – notamment parce que les références culturelles et les allusions afférentes sont souvent tordues, pour ne pas dire distordues. 

Je parle un peu français et, quand lui et moi nous sommes penchés sur la manière dont il devait retranscrire certaines de ces références particulières et parfois obscures, j’ai commencé à souffrir en songeant à la façon dont mon texte le faisait souffrir, si vous voyez ce que je veux dire. J’ai eu le sentiment qu’il « maîtrisait » ce qu’il faisait, et je lui reste immensément reconnaissant du travail fourni, mais je ne suis pas en mesure de juger de la qualité de ses traductions et je suis forcé, en la matière, de m’en remettre à l’avis de collègues ou d’amis français.

Saviez-vous, quand vous vous êtes lancé dans Parapluie, que ce roman allait devenir le premier tome d’une trilogie ? Aviez-vous une idée générale de ce que vous alliez raconter ? Est-ce que l’écriture, le genre d’écriture que vous utilisez dans ces livres, vous est venue naturellement ?

Will Self : Le style s’est déployé de façon très naturelle – ou, plutôt, il me semblait très naturel de prendre ce virage moderniste. Voici ce que j’entends par là : focalisation sur une seule conscience à la fois ; abandon de la distinction entre représentations diégétique et mimétique ; déroulement de l’action dans un présent continu. Pour quelle raison cela m’apparaît-il comme naturel ? Parce que c’est à cela que la vie ressemble en vrai. La plupart du temps, on ne nous pas les choses : on nous les montre. Tout nous arrive directement, sans filtre, sans l’intercession de quelque narrateur omniscient qui s’exprimerait à la 3e personne ; et tout nous arrive maintenant, pas au cœur de quelque passé illusoire. 

Je ne vais pas le nier : au moment où j’écrivais Parapluie, j’éprouvais quelques craintes quant à la façon dont le livre serait accueilli. Mais paradoxalement, écrire de cette façon était plus simple pour moi que de recourir à une prose dite « conventionnelle ». 

Et, non : quand j’ai commencé ce livre, je ne savais pas du tout qu’il s’agirait de la première partie d’une trilogie – j’en aurais été, je crois, formidablement intimidé. C’est seulement quand je l’ai terminé, et que j’ai commencé à songer à ce que j’allais faire ensuite que l’idée des deux romans suivants est née en moi. Parapluie constituait le lien entre la psychopathologie de masse et la technologie émergente, dans le contexte des charniers de la Première Guerre mondiale. Mon idée était de considérer les itérations de cette relation contrariée dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre d’Irak. Je ne dis pas que Requin et Téléphone (le troisième roman de la trilogie, qui vient de sortir en Angleterre) me sont venus d’un coup – mais une bonne partie quand même. 

Quel était le point de départ de Requin ? Une image ? Une pensée ?

Will Self : L’étincelle initiale est une image de Parapluie. Ne croyant pas aux médicaments miracles, Zack Busner, mon psychiatre de protagoniste, réfléchit à la façon dont il a administré du LSD à une patiente dans le cadre d’une psychothérapie. Les remèdes miracles n’existent pas, se dit-il. « Cette conclusion, [il] y était arrivé trois ans plus tôt quand, fixant des yeux avec horreur le morceau de miroir au-dessus du lavabo dans les toilettes exiguës au sous-sol de la Willesden Concept House, il avait vu son nez se détacher d’au-dessus de sa lèvre et commencer un circuit hésitant – mais néanmoins indéniablement réel – de son visage. » Raison pour laquelle l’action de Requin est située avant celle du premier roman, au sein de la « Concept House » en question. 

L’image du nez de Busner évoquant la nageoire dorsale d’un requin m’a mené à la tragédie du USS Indianapolis, par l’intermédiaire du fameux monologue de Quint dans Lesdents de la mer de Spielberg, quand le chasseur de requins (joué par Robert Shaw) révèle à ses compagnons qu’il était l’un des 900 soldats contraints d’abandonner son navire après que ce dernier a été torpillé par un sous-marin japonais – soldats qui, de fait, ont dû subir la pire attaque de requins connue de l’histoire. Le fait que l’Indianapolis était le navire qui transportait la charge nucléaire de Little Boy, la bombe d’Hiroshima, pourrait être considéré comme… providentiel. Quoi qu’il en soit, c’était cohérent avec mon schéma liant psychopathologie, guerre et technologie.  

Vous semblez priser la forme courte, les nouvelles... et mépriser le naturalisme en tant que moyen de refléter la réalité. Votre trilogie entend-elle relier entre elles une myriade de petites histoires, les agréger en une plus vaste pour donner naissance, disons, à une certaine vérité diffractée — une vérité qui ne pourrait être exprimée sous la forme d’un roman « classique » ?

Will Self :Requin est peut-être le plus sauvage de mes trois romans ; il n’en est pas moins doté d’une intrigue resserrée et d’un arc narratif bien défini. J’ai tendance à considérer cet état de fait comme un échec personnel – une porte dérobée ouverte sur les consolations plus classiques de la fiction. Loin de mépriser le naturalisme, je crois simplement que les formes conventionnelles de fiction en prose font montre d’un pseudo-naturalisme dénaturé. Mon autre problème, avec les romans conventionnels, est qu’ils adhèrent à la maxime de Stendhal selon laquelle « l’art est le miroir de la vie », une assertion ridicule, de mon point de vue : Dieu est mort, et la vie d’une personne ne saurait constituer un récit per se. La prose est une façon très insuffisante de refléter les vérités absolues : un mot n’est pas une petite image d’un objet réel – sa signification est définie par son usage, et il en va de même pour la fiction.

Il me semble beaucoup plus plausible que les gens se comportent comme les personnages des romans parce qu’ils lisent trop de romans : une circularité étouffante est à l’œuvre dans nombre de soi-disant « fictions littéraires ». Mon premier recueil d’histoires, Théorie quantitative de la démence, présentait la vérité fictive comme étant la cohérence de certains récits les uns avec les autres, plutôt que leur correspondance avec un monde extérieur statique.

Depuis lors, mon œuvre suit le même programme : les récits s’interconnectent, des personnages réapparaissent – parfois mis en scène de différentes manières ; l’ensemble, je l’espère, crée un sentiment d’absurdité aussi crédible que possible. Il en va de même pour la vraie vie : car le monde dans lequel nous vivons est à peine crédible.

Beaucoup d’auteurs ont essayé d’exprimer la réalité de ce que l’on ressent sous l’influence de la drogue : vivre, penser, parler tout en consommant des produits stupéfiants est-ce que votre écriture, dans ce livre, procède aussi d’une tentative de le faire d’une nouvelle manière ?

Will Self : L’idée d’un roman entier « contenu » dans des confins perpétuellement distordus et en mutation ontologique permanente ne peut que me séduire. Dès le début, Zack Busner est fourni en acide par Roger Gourevitch – et il ne retrouve pas une once de sobriété avant la fin du roman. J’ai assimilé le délire de la drogue au délire de l’approche de la causalité mis en œuvre dans ce roman : dans la logique de ma trilogie, les humains sont privés de la « puissante autonomie » qui leur donne l’illusion qu’ils créent et contrôlent le « progrès » technologique. Cette croyance est assimilée à une psychose, du même ordre que celle déclenchée par le LSD ou, en l’occurrence, les troubles de stress post-traumatiques. Dans cette perspective, le requin du titre symbolisait le retour du refoulé de Freud. 

Pour ce qui est d’écrire sur les drogues, de la transmettre cette expérience d’une « nouvelle manière » – non, pas particulièrement. Je ne voudrais pas paraître présomptueux (ce qui serait étrange, étant donné le sujet), mais ma propre vie a été littéralement saturée de substances intoxicantes, et cela fait maintenant trente ans que j’écris sur elles et à travers elles : je pense que j’ai réussi à faire toutes les choses auxquelles vous faites allusion dans votre question et, à cet égard, je n’ai absolument rien à prouver.

Mary Sweeney, l’une des ex-femmes de David Lynch, prétendait qu’elle était heureuse de le savoir cinéaste — que c’était un bon moyen pour lui d’éviter la thérapie. L’écriture d’un roman est-elle un moyen de questionner les névroses du monde... ou les vôtres ?

Will Self : Je me rends chez un thérapeute pour suivre une thérapie, j’écris pour m’exprimer. La mauvaise psychothérapie – en grande partie issue de l’école freudienne – a eu un effet délétère sur le roman, encourageant les écrivains à équiper leurs personnages d’une « psychologie profonde » pour le moins spécieuse. Si les gens voient l’écriture comme une catharsis, ils échoueront – il n’en reste pas moins que l’écriture de fiction (qui, si elle est correctement abordée, s’apparente toujours à une forme d’auto-analyse), peut se révéler hautement cathartique.

Les écrivains semblaient jadis travailler pour la postérité ; il semble que ce ne soit plus le cas aujourd’hui. Un livre remplace l’autre, et la plupart des gens n’ont pas le temps de lire de gros romans sérieux, de ceux qui mériteraient d’être analysés en profondeur. Qu’est-ce qui vous motive encore, dans ce contexte ? 

Will Self : Je partage votre point de vue. Même si, bien sûr, les romans complexes (voire impénétrables) du passé n’avaient pas beaucoup de lecteurs non plus, du moins pas jusqu’à ce qu’ils soient reconnus par les institutions. Mais il demeurait, chez la plupart des lecteurs, une aspiration à se mesurer aux cimes les plus élevées de l’art littéraire. À présent que le roman a perdu sa centralité culturelle, cette « culture d’aspiration » est perdue. 

Votre question suggère qu’en tant qu’artiste, je pourrais répondre d’une manière ou d’une autre aux conditions du marché ou aux attentes des lecteurs – et, bien sûr, rien n’est plus loin de la vérité. J’ai étudié l’écriture de roman pendant trois décennies, je crois que l’évolution de mon style représente une nouvelle maîtrise de la forme, et je ne serais guère capable de « revenir en arrière ». Mais ce qui m’ennuie le plus, à propos de cette perte d’envie, de la part des lecteurs, de se diriger vers une conception plus imaginative et stimulante de la littérature, c’est que, loin d’être complexe, ma trilogie est en réalité parfaitement lisible.

Pour autant, vous attendez-vous à ce que les lecteurs, même les plus érudits, détectent tous les schémas de niveau profond existant dans vos livres et, dans le cas contraire, pourquoi les y avez-vous intégrés ? En d’autres termes, ces allusions souterraines (à la fission nucléaire, à Joyce, etc.) étaient-elles strictement nécessaires à la construction de votre roman ? 

Will Self : L’écriture de ces romans s’apparente plus à la composition musicale qu’à l’écriture conventionnelle : la création de motifs modaux, les imbrications de scènes dans la scène, les intuitions dans l’ignorance, les métaphores dans les descriptions sont plus musicales que les tropes littéraires. Je pense que les schémas que Joyce a fournis à Gilbert et Linati relevaient — au moins partiellement – de la taquinerie. 

J’ai produit des schémas similaires pour la trilogie, mais ils ne sont en aucun cas artificiels. Les trois romans représentent réellement différentes itérations des mêmes phénomènes interdépendants – psychopathologie humaine, guerre et technologie – les allusions enfouies, et les thèmes persistants et récurrents sont vraiment l’expression de ces phénomènes non causaux, mais coïncidant.

Je crois que le lecteur saisit la structure de ces schémas profonds dans le texte – tout comme il sait si un endroit décrit dans un texte a vraiment été visité par l’auteur, même si lui-même n’y est jamais allé. Les schémas de niveau profond rassurent le lecteur sur le fait que l’écrivain est « en contrôle » – un paramètre dont, j’en suis certain, vous reconnaîtrez le bien-fondé, si toutefois ledit lecteur entend naviguer en pleine confiance à travers les eaux psychiques turbulentes de mon Requin.

Dans une interview accordée à Hazlitt il y a trois ans, vous disiez : « Je pense que la double contrainte, après Hiroshima, devient un phénomène mondial, et que ces pathologies flamboyantes que sont le stress post-traumatique, la psychose et la dépendance procèdent toutes de cette tragédie. » Pensez-vous que notre société sous-estime la manière dont les événements globaux qui nous entourent affectent notre santé mentale ?

Will Self : Elle ne la sous-estime pas : elle la nie complètement. La quasi-totalité de la psychiatrie est épithétique – secrètement, elle rend le patient responsable de sa maladie, invoquant une « mauvaise personnalité ». De même, la conscience est considérée comme un phénomène unitaire ; et l’autonomie et la personnalité sont littéralement exaltées, de sorte que la psychopathologie semble « enfermée » dans le crâne du patient, quand en vérité elle suinte partout autour de lui. La maladie, écrivait Nietzsche, c’est le début de la psychologie. 

Signifiant par là qu’il est intrinsèquement décadent de considérer vos motivations comme n’étant pas consciemment voulues, à ceci près qu’il s’agissait pour lui d’une décadence d’ordre social, une « moralité d’esclave ». Pour moi, la conscience est un phénomène collectif, et c’est au niveau collectif que nous expérimentons la double contrainte post-Hiroshima : nos gouvernements en sont encore à promulguer une propagande post-Siècle des Lumières bienveillante et rationnelle, tout en stockant consciencieusement les outils de notre destruction.

C’est exactement la même chose quand votre mère vous dit qu’elle vous aime à travers ses dents serrées, au moment même où vous êtes un enfant, l’être le plus vulnérable qui soit. Au vingtième siècle, les termes réels de l’existence humaine ont fondamentalement changé : nous évoluons au sein d’environnements entièrement créés par l’homme ; nos destins sont soumis à des forces impersonnalisées ; nous sommes passés d’une société personnalisée à une société anonymisée – et nous sommes censés aller de l’avant comme si de rien n’était.

Will Self, trad. Bernard Hoepffner – Requin – Editions de l’Olivier – 9782823610413 – 24 € / ebook 16,99 €
Les illustrations proviennent de la page Facebook de l'auteur

Par Auteur invité
Contact : contact@actualitte.com

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Requin

Will Self trad. Bernard Hoepffner

Paru le 19/10/2017

422 pages

Editions de l'Olivier

24,00 €

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Comme les éditions Anacharsis misent sur les vies effacées, l’historien Philippe Braunstein ouvre le bal de cette collection si brassensienne. Et l’intéressé (Philippe, pas Georges) d’attaquer d’emblée un détail éditorial : « Donc je peux dire tout de suite que je suis furieux de la couverture qui a été faite, parce que ça n’a aucun rapport avec Venise, ni avec un noble vénitien, ni avec un ambassadeur, et ils ont inventé un portrait qui n’existe pas. »

09/02/2026, 17:19

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Bernard Werber : “L'imagination est un artisanat qui réclame une certaine rigueur”

Depuis quelques semaines, Bernard Werber s’installe comme un horloger mystique prêt à disséquer l’imaginaire humain et la littérature, à travers un podcast qu'il a monté. Ici, pas de nostalgie confortable : place au moteur brut, à l’idée nue, au monde qui naît sous le scalpel narratif. Entre méthode d’atelier et pulsion de création, il démonte la fiction pièce par pièce, puis la relance comme une machine vivante prête à happer l’auditeur.

06/02/2026, 14:11

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Beyrouth Paradise de David Hury : “Tout le monde a quelque chose à cacher à Beyrouth“

Beyrouth s’accroche aux branches du cèdre du Liban comme par miracle, ce pays reste un mystère pour Marwan Khalil, désormais à la retraite. Sa pension de flic n’étant pas suffisante, il a ouvert dans son quartier, un cabinet de détective privé. Pas de quoi vivre dans le luxe, mais bien assez pour s’acheter de quoi fumer et mettre de l’essence dans sa bonne vieille Alfa dans laquelle, dans ce nouvel opus, il écoute les cassettes de Chris de Burgh en boucle. 

02/02/2026, 10:53

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“Proposer des livres à petit prix, c’est une belle mission”

Un livre à petit prix posé entre des chargeurs de téléphone, des timbres et des chariots de supermarché : la scène a quelque chose de trivial et de politique à la fois. Avec le rachat d’Expodif et de Temps Livre, Maxilivres revendique une vision industrielle de la lecture : faire circuler des millions d’ouvrages hors des circuits consacrés, capter l’achat d’impulsion, épouser les contraintes budgétaires et transformer l’économie circulaire en moteur culturel.

29/01/2026, 10:00

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Radiographie du Brésil : “On vit encore aujourd’hui les résultats de chaque mauvais choix”

Plonger dans Eldorado, c’est embarquer à l’arrière d’un camion brinquebalant, quelque part entre une saga familiale, une radiographie politique et un western tropical sans héros. Marcello Quintanilha raconte le Brésil comme on raconte une cicatrice : sans pathos, avec précision, en laissant affleurer la colère, la tendresse et les regrets. Un roman graphique comme une confession à ciel ouvert, où l’histoire intime devient un procès-verbal du siècle.

23/01/2026, 16:00

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Lire les images : le pari du livre de photographie en bibliothèque

Bibliothécaire à la médiathèque L’Odyssée de Lomme, Mario Alonso retrace, dans cet entretien, la création d’un rayon consacré au livre de photographie, les choix de médiation qui l’accompagnent et l’évolution du regard du public sur ce type d’ouvrages. Il revient sur sa manière d’aborder la photographie comme un langage narratif, sur l’importance de l’éducation à l’image et les raisons qui le conduisent à intervenir lors de la prochaine journée professionnelle dédiée au livre photo, organisée à Amiens.

22/01/2026, 10:14

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Toujours vient la nuit : l'art poétique de Robert E. Howard, créateur de Conan le Barbare

Ce 22 janvier parait la première édition intégrale bilingue des poèmes de Robert E. Howard (1906-1936), intitulée Toujours vient la nuit/Always Comes Evening. Imaginée par Mecanic Books, cette publication jette une nouvelle lumière — assez noire — sur l'œuvre du créateur de Conan le Barbare et de Solomon Kane, en présentant ses poèmes traduits par François Truchaud et Patrice Louinet. Les éditeurs reviennent sur cet ouvrage insolite, au façonnage audacieux, sublimé par les illustrations d'Antoine Leisure.

22/01/2026, 09:57

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Format, papier, rythme : le travail invisible derrière les livres photo

Dans l’édition photographique, le livre n’est jamais un simple contenant. Format, papier, rythme des pages, respiration des images : tout concourt à transformer une série de photographies en un objet lisible, manipulable, partageable. Ce travail de mise en forme, souvent invisible pour le lecteur, est pourtant au cœur de la création éditoriale. Designer graphique spécialisée en identité visuelle et typographie, autrice et enseignante, Lucie Baratte en a fait son terrain de pratique et de réflexion, notamment à travers sa collaboration de longue date avec les éditions Light Motiv.

22/01/2026, 07:16

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Congo-Brazzaville : “Nos histoires méritent d’être imprimées, lues et transmises”

Au Congo, Jevic Josué Otiléon, fondateur de Centrale Comics, est le lauréat du Prix Lili 2025, mais c’est aussi un auteur, dessinateur, entrepreneur, acteur engagé, rêveur, passeur et bâtisseur. Une belle personnalité, calme et attentive aux autres, qui construit un catalogue ambitieux en accompagnant patiemment ses auteurs de BD. Propos recueillis par Agnès Debiage (ADCF Africa).

19/01/2026, 12:34

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Feryane, 34 ans de grands caractères : “Une belle aventure“ qui s’achève

Créée en 1991 et basée à Viroflay dans les Yvelines, la maison d’édition Feryane, spécialiste des rééditions en grands caractères, a annoncé sur son site sa cessation d’activité au 31 décembre 2025. L’entreprise familiale laisse derrière elle plusieurs centaines de titres, et une histoire de lecture partagée, portée dès l’origine par une femme convaincue qu’un lecteur malvoyant devait pouvoir lire « la même chose que sa cousine ».

15/01/2026, 17:10

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Ô Mères d’Iran de Massoumeh Raouf : le cri d’une mère courage

« L’Histoire ne se répète pas, elle bégaie » avait déclaré Mendès-France à la tribune de l’Assemblée Nationale. L’Iran, pour son grand malheur, se prête parfaitement à cette maxime. Massoumeh Raouf, journaliste iranienne, a fui son pays à la suite de sa condamnation à 20 ans de réclusion. Elle réussit à s’évader de prison et a raconté sa détention ainsi que son évasion en 2022 aux éditions Balland dans Évasion de la prison d’Iran

15/01/2026, 16:46

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Et si le webtoon sauvait la BD sur smartphone ? L’expérience inattendue de Bang !!

À l’origine de Bang!, il n’y a ni pitch de start-up calibré ni fascination naïve pour la technologie. Il y a d’abord un constat, presque évident que pose Clément Cousin : l'offre de BD numérique actuelle, ne fonctionne pas. Ou plutôt, « la façon de consommer de la BD en digital est cassée », résume-t-il sans détour. Trop souvent, l’adaptation numérique se contente de transposer la page papier sur un écran qui n’a jamais été pensé pour elle (ni peut-être à elle). Résultat : une expérience inconfortable, peu fluide, parfois décourageante.

15/01/2026, 16:09

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“La mémoire des Européens semble figée et anesthésiée“ : entretien avec François-Michel Durazzo

Première moitié du XIXème siècle… Fils d’une tenancière de bordel, l’aventurier viennois Redo Hauptsammer débarque dans l’austère commune de Szonden, bourgade imaginaire située dans le détroit de l’Oder, en Prusse orientale. Par Étienne Ruhaud.

14/01/2026, 11:48

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Simon de Jocas : “Être éditeur, c’est aller à la rencontre de l’autre”

Il y a des transmissions qui ressemblent à des bilans. Or celle de Simon de Jocas, ancien président des Éditions Les 400 coups, tient plutôt du déplacement : quitter la barre sans quitter la route. Au moment où l’on voudrait l’installer dans une « après-vie » paisible, il rectifie le récit, d’un ton ferme et souriant. « Quand on me demande si je prends ma retraite, je dis non, ce n’est pas prendre ma retraite. »

14/01/2026, 09:33

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TikTok, enfance et attention : qui raconte encore l’adolescence ?

Le signalement de TikTok au parquet de Paris par le ministère de l’Éducation, dans un contexte mondial de restrictions d’accès aux réseaux sociaux pour les mineurs, pose une question plus ancienne que l’algorithme : qui raconte encore l’adolescence ? Face à l’écran infini, les romans réinstallent la chambre, l’ennui, la honte, le désir, le regard des autres et le temps long, fragile, de la formation de soi, loin des réponses administratives. 

07/05/2026, 14:38

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“Pas de liberté de création sans indépendance éditoriale”

La fronde des auteurs et autrices des éditions Grasset choqués par le limogeage du PDG Olivier Nora, ordonné par l'actionnaire Vincent Bolloré, a ouvert tout un champ de réflexion et d'interrogations quant au manque de protections des écrivains face aux maisons d'édition et leurs propriétaires. Les membres de la Scam et les lauréats et lauréates du Prix Albert Londres affirment leur solidarité, dans un texte reproduit ci-dessous.

07/05/2026, 13:13

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Affaire Grasset : pourquoi 617 artistes-auteurs réclament une “nouvelle loi Jean Zay” ?

ENQUÊTE — La crise qui secoue Grasset a déclenché un mouvement inédit d’auteurs. Mais elle révèle surtout une histoire plus longue : celle d’un rendez-vous manqué pour les auteurs, depuis 1936, avec des droits sociaux et professionnels que les éditeurs ont contribué à empêcher.

07/05/2026, 11:41

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Écrire un roman ? Je n'attendais que ça

9 Octobre 2018 : Un brin soûl de quelques mignonnettes de whisky enchaînées dans l’avion — bien loin tout de même des outrances d’Ange Delagrive, je rissole sur le tarmac de l’aéroport international de Fa’a'ā en attendant mes bagages. Par Arnaud Garnier.

06/05/2026, 11:07

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Éditeur “référent”, cession de 10 ans maximum... Comment éviter une nouvelle affaire Grasset

Le limogeage d'Olivier Nora, ex-PDG de Grasset, par Vincent Bolloré a mis en lumière la puissance de l'actionnaire, mais aussi la faiblesse de l'auteur dans la relation contractuelle avec une maison ou un groupe d'édition. Dans un texte reproduit ci-dessous, le Conseil Permanent des Écrivains (CPE) appelle les pouvoirs publics à agir pour renforcer le droit d'auteur, via plusieurs mesures.

05/05/2026, 12:14

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IA : “Un secteur économique se construit sur le pillage généralisé” des oeuvres

Après l’adoption unanime, le 8 avril, d’une proposition de loi instaurant une présomption d’utilisation des contenus culturels par les fournisseurs d’IA, 81 organisations de la culture, de la presse et de la création interpellent les députés. Elles défendent un marché de licences volontaires, fondé sur l’autorisation, la transparence et la rémunération, face à ce qu’elles décrivent comme un pillage généralisé des œuvres protégées.

05/05/2026, 10:38

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Du sanglier au surimi : Astérix passe à table chez Fleury Michon

Contrairement à une idée reçue, Hachette ne fait pas bouillir la marmite en vendant l’image d’Asterix à l’industrie agroalimentaire : elle était déjà sur le feu. En héritant d’un personnage compatible avec la consommation de masse, le groupe l’a simplement inscrit dans une exploitation plus systématique. Le banquet est devenu une stratégie de licensing qui cette année sert les intérêts d'une société spécialisée en préparations charcutières...

04/05/2026, 16:53

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Pourquoi le Tarot de Wirth fascine-t-il encore ?

Réduit à la divination, le tarot de Wirth perd sa singularité. Redessiné il y a un siècle par l’occultiste Oswald Wirth, ce jeu puise dans l’Égypte ancienne, la kabbale, le pythagorisme et l’alchimie. Autrice du livre Lire le tarot avec l'Oswald Wirth (éditions Trajectoire) Régine Brzesc-Colonges en éclaire chaque arcane, entre traditions initiatiques, mythes et symboles, pour rappeler la portée spirituelle d’un tarot pensé comme science de l’âme.

04/05/2026, 16:34

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Les algorithmes et l'IA réduisent les horizons de nos bibliothèques

La Commission européenne s'est intéressée à la découvrabilité des œuvres au sein de l'environnement numérique, concept qu'elle explore dans un épais rapport de 300 pages. Une partie dédiée au livre pointe le risque que font courir réseaux sociaux, plateformes de vente et autres algorithmes pour la diversité linguistique et la variété des œuvres et artistes mis en avant.

04/05/2026, 16:01

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Quand les milliardaires commercialisent leur futur, la SF en dévoile les pièges

Elon Musk, Sam Altman, Mark Zuckerberg et Jeff Bezos ne vendent plus seulement des technologies. Ils imposent des infrastructures qui redessinent l’espace, l’attention, les corps et la mémoire. Face à cette privatisation du futur, la science-fiction et l’anticipation offrent une contre-enquête : leurs romans montrent ce que l’innovation masque lorsqu’elle devient pouvoir, marché et langage commun, jusque dans l’industrie du livre.

04/05/2026, 15:36

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Comment l’édition jeunesse endure les campagnes de censure de livres

Aux États-Unis, les interdictions de livres ne relèvent plus d’incidents locaux isolés. Voilà des années que l’American Library Association et de PEN America décrivent une censure structurée, portée par des groupes de pression, des élus et des décisions administratives. Ses effets touchent les bibliothèques, les écoles, les auteurs et l’édition jeunesse, désormais confrontée à un risque économique direct.

02/05/2026, 14:51

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Ce que les guerres de Poutine, Trump et Netanyahu laissent aux vivants

Trump, Poutine, Netanyahu, Macron, Merz, Kagame, von der Leyen. Vous qui faites la guerre, la prolongez, la financez, ou en préparez de nouvelles. Vous qui lisez des projections de pertes acceptables. Certains d'entre vous, du moins. Il existe des hommes et des femmes qui ont regardé en face ce que vous produisez. Pas depuis un bureau. Ce sont des romanciers.

02/05/2026, 09:52

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La maison de Kenneth White déchire ses héritiers à Trébeurden

À Trébeurden, l’avenir de la maison de Kenneth White oppose deux visions de son héritage. D’un côté, le légataire, la mairie et Stéphane Bigeard défendent un projet culturel à redéfinir, porté par une nouvelle structure. De l’autre, l’Institut international de géopoétique, par la voix de Régis Poulet, exige le respect strict des volontés de l’écrivain et la création d’une maison d’artistes à Gwenved. Entre enjeux patrimoniaux, querelles associatives et incertitudes juridiques, le dossier reste loin d’être tranché.

30/04/2026, 16:02

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IA : la présomption d’utilisation des oeuvres attendue à l’Assemblée nationale

Une proposition de loi visant à instaurer une présomption d’utilisation des œuvres par les systèmes d’intelligence artificielle, dans un contexte de débats sur l’entraînement des IA à partir de contenus culturels protégés, doit encore être inscrite à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale. Le Syndicat national de l’édition (SNE) souscrit à une tribune collective appelant les députés à examiner sans délai ce texte, déjà adopté par le Sénat. 

28/04/2026, 10:27

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Témoignage : le démantèlement d'une librairie, vu de l'intérieur

Au cœur d'une époque particulièrement anxiogène, la fermeture d'une librairie pourrait passer inaperçue. L'événement n'est toutefois pas anodin, parce que la librairie n'est pas un commerce comme les autres. À l'heure où les difficultés s'accumulent pour le secteur, le témoignage publié ci-dessous vient rappeler ce que ces commerces ont de si spécial, et ce que l'on perd, collectivement, avec l'abaissement définitif du rideau.

28/04/2026, 09:39

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La coopérative éditoriale, réponse à la déferlante Bolloré

La crise ouverte chez Éditions Grasset, après l’éviction d’Olivier Nora dans un contexte de reprise par Vincent Bolloré, suscite une riposte politique et intellectuelle. Trois acteurs liés aux Éditions Syllepse et au Réseau Bastille avancent une hypothèse radicale : transformer l’éditeur en coopérative pour préserver le pluralisme.

27/04/2026, 16:41

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Le manque d'envie, principal obstacle à la lecture ?

La question taraude de plus en plus de professionnels du livre, dans le monde entier : comment expliquer la baisse de l'intérêt pour lecture, souvent observée à travers l'ensemble de la population ? Une enquête de l'Ifop, consacrée aux pratiques culturelles des Français, suggère une absence d'envie pour la lecture, plus qu'un manque de temps ou d'argent.

27/04/2026, 16:05

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La crise chez Grasset “révèle des déséquilibres structurels anciens”

Le licenciement d'Olivier Nora par Vincent Bolloré et le mouvement de départ de plusieurs centaines d'auteurs de la maison d'édition Grasset, en guise de protestation, a jeté la lumière sur la fragilité de l'indépendance éditoriale. La Ligue des auteurs professionnels et la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse rappellent, dans un texte publié ci-dessous, que les créateurs restent bien peu protégés face à la puissance des groupes éditoriaux.

27/04/2026, 16:02

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10 idées reçues sur l’édition qui sabordent votre projet de livre

Publier un livre reste entouré d’illusions tenaces, entre promesses de succès fulgurant et doutes paralysants. À rebours de ces représentations, Nathalie Philippe démonte, avec précision et sans complaisance, les principaux mythes qui freinent ou déforment le passage à l’écriture. De la légitimité à l’autoédition, l'éditrice et fondatrice de La Sirène aux Yeux Verts éditions remet l'église au centre du village. 

26/04/2026, 19:03

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“Défendre le livre c’est défendre la liberté de penser et de créer”

L'industrie du livre deviendra-t-elle enfin un échosystème ? Un espace collectif, commun, en mesure de faire corps pour assurer sa pérennité. Jérôme Sion, président de L'Agence Unique, Occitanie Culture adresse à ActuaLitté une tribune exhortant les professionnels à « garantir leur liberté collective ». Une adresse autant qu'un espoir.

24/04/2026, 20:32

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Le 23 avril, journée mondiale du livre : il faut célébrer “le droit d’y accéder”

Ce 23 avril marque la journée mondiale du livre, l'occasion d'en ouvrir un et de profiter des bienfaits de la lecture. Mais cette activité reste très limitée pour les personnes atteintes d'une déficience visuelle, qui ne peuvent pas lire des ouvrages imprimés d'une manière standardisée. La Fédération des Aveugles et Amblyopes de France rappelle, dans un texte reproduit ci-dessous, les obstacles auxquels ils font face, ainsi que le manque de volonté politique pour lever ces barrières.

23/04/2026, 15:56

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Après Grasset, où aller ? 4000 éditeurs indépendants prêts à accueillir les auteurs

Partir, oui, mais où ? La Fédération interrégionale du livre et de la lecture (Fill) annonce son soutien aux nombreux auteurs et autrices souhaitant quitter leur maison pour rejoindre les « 4000 maisons d’édition indépendantes » et faire vivre autrement le livre et la création. Quitter les grandes maisons pour une édition plus indépendante : tel est le pari de la Fill.

22/04/2026, 12:08

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Artistes-auteurs : le ministère de la Culture “dénature le sens” du vote de l’Assemblée nationale

En janvier, l’intersyndicale réunissant une trentaine d’organisations réagissait déjà à un courrier de l’URSSAF : « Artistes-auteurs : ce qui change pour votre protection sociale en 2026 ! ». Quelques mois plus tard, le ministère de la Culture présente un projet de décret d’application de la réforme, vivement contesté par les organisations, qui y voient un détournement du vote des députés. Le texte de l'organisation est reproduit en intégralité ci-dessous.

22/04/2026, 11:06

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Esthétique du dévoilement : faire politiquement de la littérature

Le travail de Michael Roch s’inscrit dans celui d'une génération d’auteurs cherchant à renouveler les formes narratives pour mieux rendre compte des réalités politiques et culturelles du monde contemporain. Dans ce texte, il défend une « esthétique du dévoilement » qui rompt avec les formes héritées et revendique une littérature qui nomme, explicite et engage le lecteur face aux mécanismes de domination.

21/04/2026, 16:22

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Contrats d’auteur : les écrivains réclament une réforme face à la concentration

Le Conseil permanent des écrivains (CPE) alerte sur les effets de la concentration croissante dans l’édition, relancée par l’éviction d’Olivier Nora chez Grasset. Dans une tribune reproduite ci-dessous, l’organisation appelle à adapter le cadre légal et à rouvrir les discussions avec les éditeurs, notamment sur les contrats d’auteur, la durée des cessions de droits et le respect du droit moral.

21/04/2026, 16:03

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“L’enfance est précieuse et fragile, la littérature essentielle” : les auteurs Grasset Jeunesse inquiets

Un collectif d'auteurs des éditions Grasset Jeunesses se mobilise à travers une tribune pour soutenir « la liberté de création [qui] est indispensable aux bons livres ». Alors que la maison fait l'objet d'une attention médiatique à la hauteur de ce qu'elle traverse, ActuaLitté publie leur texte en intégralité.

21/04/2026, 15:31

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Clause de conscience : “Il s’avère impératif que le gouvernement s'engage”

Exclusif – Vice-présidente du Sénat, membre de la commission culture, éducation et communication, la sénatrice Sylvie Robert (Ille-et-Vilaine, groupe Socialiste, Écologiste et Républicain) appelle aussi de ses vœux, après les événements au sein du groupe Hachette, à la création d'une clause de conscience pour les auteurs. Mais cet ajout au contrat d'édition ne pourra se faire rapidement qu'avec le soutien du gouvernement, qu'elle interpelle par un courrier à Catherine Pégard, ministre de la Culture. Il est reproduit ci-dessous, en intégralité.

21/04/2026, 08:35

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Les festivals littéraires montent au créneau après le départ d’Olivier Nora

Les responsables de festivals et manifestations littéraires réunis au sein du réseau RELIEF prennent la parole après l’éviction d’Olivier Nora. Dans un texte collectif, ils expriment leur attachement au rôle des éditeurs dans la chaîne du livre et leur inquiétude face aux conséquences pour les équipes. Ils rappellent l’importance du lien construit avec les auteurs et le public, dans un contexte de fragilisation de la lecture. Une prise de position qui souligne aussi les équilibres du monde éditorial contemporain.

20/04/2026, 16:12

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Grasset : face à “la mise au pas”, la CFDT réclame des “garanties d'indépendance éditoriale”

L'interventionnisme de Vincent Bolloré dans les entreprises dont il est le propriétaire n'est pas une nouveauté. Mais, en limogeant le PDG des éditions Grasset, le milliardaire réactionnaire a rendu plus visibles les risques que fait courir la financiarisation de l'édition sur l'organisation des maisons et leur production. Dans un texte reproduit ci-dessous, la CFDT Livre-Édition appelle le Syndicat national de l'Édition et les pouvoirs publics à agir, sans tarder.

20/04/2026, 11:52

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“Entendre le peuple ? Mais à quoi bon : nous savions très bien ce qu’il lui fallait”

Sous couvert de réforme administrative, la transformation annoncée de la Sécurité sociale des artistes-auteurs ravive un vieux soupçon : celui d’un pouvoir qui consulte sans jamais infléchir ses décisions. Entre continuité assumée des pratiques, marginalisation des représentants élus et contournement du cadre législatif, le récit d’une modernisation tourne à la critique d’un système fermé sur lui-même. Lady En Passant quelque chose à nous en dire.

19/04/2026, 14:34

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Grasset à l'ère Bolloré : “Ce n’est pas une coïncidence, c’est une méthode”

ANALYSE – La séquence ouverte par la reprise en main de Grasset, au sein d’un groupe lui-même intégré à l’écosystème constitué par Vincent Bolloré, s’inscrit dans une logique désormais identifiée au-delà du seul cas français. Le rapport Right to Write de la Fédération des scénaristes d’Europe décrit précisément ces configurations, où concentration des médias, recomposition des directions culturelles et transformation des conditions éditoriales convergent vers un même objectif : encadrer les récits en circulation dans l’espace public.

19/04/2026, 12:26

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“Le livre ne produit plus de la pensée, il produit un message”

Concentration capitalistique, soupçons d’alignement idéologique et rupture avec une tradition éditoriale pluraliste : la mise à l’écart d’Olivier Nora après vingt-six ans à la tête de Grasset agit comme un révélateur. Thibault Leonard, fondateur de Primento, analyse cette recomposition du paysage du livre interrogeant l’indépendance des catalogues et, au-delà, le rôle démocratique de l’édition. 

19/04/2026, 12:02

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“Ce que l’affaire Olivier Nora m’inspire en tant qu’éditrice indépendante”

« Après Grasset, à qui le tour ? » La question que pose Sophie Caillat, présidente des éditions du Faubourg, maison indépendante, a quelque chose de piquant. Mais elle donne surtout l’occasion de partager quelques remarques, formulées dans un post et que nous reproduisons ici avec son autorisation. 

18/04/2026, 10:51

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Grasset, ou la “prédation” des actionnaires

Après l’éviction d’Olivier Nora de la tête de Grasset, la Société des Gens de Lettres dénonce une emprise croissante des actionnaires sur les orientations éditoriales. Dans un communiqué offensif, l’organisation alerte sur un risque systémique pour la liberté de création et appelle à des mesures d’urgence, de la clause de conscience à une régulation accrue du secteur.

18/04/2026, 10:26

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Roland Topor : derrière l’humour noir, l’exil

Avec la réédition de La Plus Belle Paire de seins du monde, publiée par L’Arbre vengeur, l’occasion est donnée de redécouvrir, derrière le farceur génial, un écrivain de l’exil, du masque et de l’inquiétude. Par Charles Garatynski.

17/04/2026, 18:04

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Fayard, Grasset : les libraires dénoncent la “mise au pas” d'Hachette par Vincent Bolloré

Après Fayard, Grasset : le limogeage d’Olivier Nora cristallise les inquiétudes d’une profession confrontée à une transformation brutale du groupe Hachette. Dans cette tribune, le syndicat des libraires dénoncent une reprise en main idéologique et ses effets sur l’équilibre du secteur. Au-delà d’un départ, c’est toute la chaîne du livre qui se dit fragilisée.

16/04/2026, 18:13