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Les Ensablés - "La Petite Fille aux mains sales" de Céline Lhotte (1888-1963)

Assistante sociale, tertiaire de l’ordre de Saint-François, responsable du Service social des prisons au Secours catholique (où elle travaillait encore le jour même de sa mort à soixante-quinze ans), mais aussi romancière populiste et essayiste, Céline Lhotte reçoit le Prix Northcliffe de littérature française (équivalent en Angleterre de ce qui à l’époque s’appelait le Prix Fémina–Vie Heureuse) pour ses deux premiers romans, publiés la même année, en 1928, à La Renaissance du livre : Sur les fortifs du paradis et La Petite Fille aux mains sales.

Le 11/03/2018 à 09:00 par Les ensablés

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11/03/2018 à 09:00

Les ensablés

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Par François Ouellet

Seule ou en collaboration avec Elizabeth Dupeyrat (également assistante sociale), Lhotte a publié sa vie durant de très nombreuses études qui ressortissent à un socialisme pratique et religieux et qui touchent à toutes les questions sociales de l’époque, qu’il s’agisse des cités-jardins, des maternités rurales, des œuvres de bienfaisance, toutes choses relevant de l’observation vue et vécue, « vision hallucinante des misères de notre temps », tout cela documenté, « vu, contrôlé, autopsié », comme l’écrivait L’Ouest-Éclair du 7 avril 1931 à propos des Essais sociaux (éd. du Havre-Éclair, 1931). Elle aura passé sa vie à visiter des taudis, à documenter les souffrances des nécessiteux. Dans La Grande Revue (avril et mai 1929), elle publie les résultats d’une enquête sur les familles ouvrières du Havre (« Monographie sociale d’un coin de France »).

Chroniqueuse à l’hebdomadaire catholique Sept, elle écrit sur « l’enfance anormale », les « parasites de la misère », etc. En 1931, elle est lauréate du Prix Anne Murray Dike (cette Américaine, avait, après la guerre, animé le Comité américain pour les régions dévastées de France sis au Château de Blérancourt, et mis sur pied une organisation de travailleuses sociales), décerné annuellement à une travailleuse sociale qui effectue des visites à domicile. Lhotte a aussi laissé un journal consacré à la misère et à l’action sociale sous l’Occupation et pendant la Libération, Et pendant 6 ans…, paru en 1947 chez Bloud & Gay dans la collection « Réalités du travail social » qu’elle dirige. Ultime ouvrage, Ce prisonnier, comment puis-je l’aider ? (éd. S.O.S., 1963) sera publié à titre posthume.

Le malheur que Lhotte a cotoyé auprès des malades et des pauvres lui a inspiré des ouvrages littéraires composés de petites séquences de la vie quotidienne, qui sont d’abord de l’ordre du témoignage tout en étant soutenues par une volonté esthétique. Tel est le cas de Chœur triste chez les sans-repos (éd. La Renaissance du livre, 1930), dont les chapitres proposent autant d’instantanés pris sur le vif lors des visites de Lhotte comme « infirmière-visiteuse » auprès des pauvres des Hautes-Mares, faubourg du Havre, sa ville natale. Ici, Porte d’Orléans (éd. SPES, 1955) est construit de la même façon, où se succèdent de « petits tableaux » qui visent à donner une impression vivante de la Cité-Secours de la Porte d’Orléans ».

Lhotte explique ici que le « secret professionnel » et « le droit de transposition concédé à tout écrivain » l’ont autorisée à faire œuvre littéraire sans rien devoir concéder sur l’authenticité des faits. Elle écrivait à peu près la même chose dans Chœur triste, où l’art est marqué du sceau du vrai. Ce dernier ouvrage est précédé d’une préface de Léon Lemonnier sur la littérature populiste (voir la réédition de son Manifeste du roman populiste, éd. La Thébaïde, 2017), et dont des extraits seront repris dans Populisme (éd. La Renaissance du livre, 1935). Mais cette préface est pour le moins curieuse, puisque le livre de Lhotte est avant tout un témoignage sociologique sur la dénuement et les possibilités de la charité, et que le populisme ne se réduit pourtant ni à cette misère ni surtout à ce type de récit.

La romancière populiste Suzanne Normand y voyait néanmoins, à la lumière d’un art subtil de la composition qui sait ménager les effets, le « vrai populisme », « celui qui va puiser aux sources vives, et qu’aucune sauce littéraire ne corrompt » (Les Nouvelles littéraires, 23 août 1930). Après tout, l’art des « croquis sociaux », pour reprendre le titre générique de Ma mère Riquet (éd. Valois, 1928), est bien dans l’héritage d’un certain naturalisme, celui de Poil de carotte.

Roman souvent admirable que dépare peut-être par endroits un apitoiement légèrement trop marqué, La Petite Fille aux mains sales aussi est tracé sur le modèle des vignettes, mais à l’intérieur d’un cadre romanesque explicite qui fait défaut à Chœur triste. « Livre de vérité », selon l’expression de l’auteure, et malgré ce qui le rattache à la tradition naturaliste, il se caractérise par cette modernité de la concision, une écriture serrée, des notations précises, émouvantes autant par la justesse du mot que par la situation décrite. La famille Ourville habite les Hautes Mares. Le père, Alphonse, est une brute portée sur la bouteille qui apprécie les belles filles ; Mimi, sans être une mauvaise mère, n’aime guère les enfants et se décharge sur sa fille Violette.

Si celle-ci est une « gosse aux mains sales », c’est que, en dehors des heures d’école, elle s’occupe de ses six frères et sœurs, dont elle est, à onze ans, l’aînée, et qu’il y a toujours une couche à changer. Pour l’aider dans la lessive, Mimi engage une sorte d’avorton qui ne risque pas de plaire à son mari : Augustine, « une pauvre créature contrefaite, bossue derrière, bossue devant, pas plus haute qu’une gamine du certificat, la tête penchée sur l’épaule droite, les jambes arquées, les pieds légèrement en dedans ». Alphonse ne tarde pourtant pas à la prendre comme maîtresse, à lui faire un enfant, puis à fuir avec elle à Paris en abandonnant Mimi et les enfants. Mimi se trouve un emploi dans une pension de famille, tandis que Violette va de moins en moins à l’école pour s’occuper des courses et des tâches ménagères. Un an plus tard, Alphonse revient, il a largué Augustine et son fils. La première chose qu’il fait, sous les insultes de Violette qui l’a toujours détesté, est de traîner Mimi dans la chambre, porte fermée. Les choses sont rentrées dans l’ordre.

Quand elle a un peu de temps libre, Violette s’amuse avec son ami Mimile, enfant instable et malheureux depuis que son père s’est remarié. Violette n’est guère plus heureuse, même si elle ne demande pas grand chose, seulement l’affection de sa mère. Car au-delà de la souffrance de Violette, mal aimée, et comme l’envers du « sale » qui caractérise la petite fille, le roman est parfois lumineux, d’une lumière très fine et qui loge dans l’amour de l’enfant pour sa mère. Tel est au fond le véritable sujet de ce roman, Mais cet amour inconditionnel de la fille, la mère ne sait pas le lui rendre, car elle est aussi ingrate qu’injuste, égoïste qu’insouciante, et qu’elle aime son mari, quoiqu’il arrive ; cet homme que Violette aimerait bien être à jamais débarrassée. Triangle amoureux sans réciprocité, de chair et de grâce, de rancune et de rivalité, où Violette est bien mal récompensée pour son dévouement, ses prévenances, sa sollicitude, son amour trop aveugle pour ne pas se retourner contre elle.

Un jour, ayant trouvé cinq francs, Violette se demande ce qu’elle pourrait en faire pour être utile. « Donner l’argent au petit Jésus pour que papa… Mais ici, Violette s’embarrasse, n’ose aller au fond d’elle-même… Son véritable, son plus intime désir serait “pour que papa ne revienne plus”. Jamais, peut-être, elle n’a tant souffert de la faim et de l’écrasante fatigue que lors du précédent abandon, jamais vraiment, non plus, elle ne fut davantage heureuse… Mais maman ? maman chérie par-dessus tout, et qui ne saurait vivre sans papa (cela maintenant, c’est sûr, il n’y a plus à se le cacher). Alors, donner les cinq francs pour que papa reste toujours ?… Le bonheur de maman avant celui de Violette, n’est-ce pas ?... Elle serre les dents et retient des larmes ». C’est finalement à la poudre de riz réclamée par la mère qu’iront les cinq francs.

Deux autres années ont passé, Alphonse souhaiterait maintenant déménager toute la famille à Paris ; il gagnerait un meilleur salaire, la vie y serait plus facile, prétend-il. Mais avec quel argent partir ? Mme Delabert, qui loue les garnis et prend en gérance l’immeuble voisin qu’elle pourra louer à la journée, s’offre à lui avancer l’argent nécessaire s’il accepte, en garantie, de lui laisser Violette. « Voilà qu’elle va sur ses quatorze ans, elle est en âge d’être placée, une belle gosse que ça promet d’être ! », raisonne-t-elle. Tout est dit, le reste, il est inutile à la romancière de l’écrire, on ne l’entrevoit que trop facilement. Après le départ de la famille, le roman se referme sur cette belle image, à la fois toute de douleur contractée et lourde d’une ambivalence cruelle : « Violette s’étonne de vivre. »

Toute l’œuvre de Céline Lhotte est aujourd’hui complètement enfouie dans l’oubli. Ses essais sont orientés vers la détresse du peuple et les vertus de solidarité et de charité qu’il convient de déployer pour contrer les effets du paupérisme en régime capitaliste. Quant à ses « romans » de la misère noire et des bas-fonds, ils sont toujours écrits d’un point de vue féminin, celui de la fille, comme dans La Petite Filleaux mains sales et La Petite Bismuth (Albin Michel, 1932), celui de la mère indigente comme dans Sur les fortifs du paradis et Maman Joujou (éd. Jean Renard, 1938). Être un écrivain femme, c’était éminemment une posture sociale chez Céline Lhotte. Exemple remarquable d’une autre littérature.

François Ouellet

Mars 2018

Par Les ensablés
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Paru en 1925, puis réédité dans une édition illustrée en 1930, La Revanche d’André Thérive (de son vrai nom Roger Puthoste) est un livre qui parle de la vieillesse, de la sénilité, de la mort, et surtout de la mesquinerie des vivants… Rien qui puisse a priori attirer le lecteur « feel good » Mais le style est magnifique, avec, l’air de rien, une musique enchanteresse. Quant à la fin du roman, autant le dire, elle est sublime. Soudain, après le crépuscule, c’est la lumière qui surgit, d’autant plus incandescente qu’elle est environnée d’ombres..
 
Par Hervé BEL. 

15/09/2024, 09:00

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Les Ensablés – André Beucler, Vu d’Allemagne

Romancier, auteur d’une quinzaine d’ouvrages dont La Fleur qui chante, chroniqué pour Les Ensablés par François Ouellet, André Beucler est un homme aux multiples talents. Il s’intéresse ainsi au cinéma, pour lequel il écrit plusieurs scénarios et même réalise quelques films. Mais Beucler brille aussi dans un tout autre exercice, le journalisme. De par ses contraintes notamment en termes de longueur et de style, l’article de journal s’apparente à l’art de la nouvelle ou du découpage en scènes du cinéma, un art dans lequel Beucler s’épanouit avec une aisance et un brio remarquables. Par Carl Aderhold.

25/08/2024, 09:00

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Les Ensablés – Elisabeth de Raymonde Vincent (1908-1985)

Après la réédition du chef-d’œuvre Campagne (prix Femina 1937) dont même Le Monde s’est fait largement l’écho en 2023, les éditions Le Passeur republient aujourd’hui Élisabeth, troisième roman de Raymonde Vincent. Comme Marguerite Audoux (voir notre article sur Marie-Claire), elle fut un phénomène littéraire, s’avérant capable d’écrire un grand livre aussitôt remarqué et publié, alors qu’elle avait été illettrée pendant toute son enfance. Par Hervé BEL.

04/08/2024, 09:29

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Les Ensablés - Rafales, de Roger Vercel (1894-1957)

Encore connu des cinéphiles pour les adaptations au cinéma de ses romans  Remorques (adapté par Jean Grémillon) et Capitaine Conan (prix Goncourt 1934, adapté par Bertrand Tavernier), Roger Vercel est un remarquable écrivain de récits maritimes, inspirés de témoignages  de marins, recueillis à Dinan, ville où il vécut et exerça le métier de professeur de lettres. Par Isabelle Luciat

14/07/2024, 09:00

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Les Ensablés - Bruges-la-Morte de Georges Rodenbach

L’écoute d’un opéra de 1920 ensablé jusqu’à la fin du dernier siècle peut mener à la lecture d’un roman également ensablé pendant plusieurs décennies, l’un comme l’autre très célèbres en leurs temps et fort heureusement resurgis… quoiqu’ insuffisamment pour le livre, qui mérite largement un coup de projecteur. Par Marie Coat

23/06/2024, 09:00

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Les Ensablés - Retour de barbarie et Du côté de chez Malaparte de Raymond Guérin

C’est au début des années 80 que l’on commence à reparler Raymond Guérin. Les éditions « Le tout sur le tout » ont alors le courage de rééditer certaines de ses œuvres. Jean-Paul Kaufmann écrit sa biographie, remarquable comme tout ce qu’il fait, dans 31 rue Damour. Des articles sortent… Puis nouvel oubli, même s’il reste publié dans la collection Imaginaire, antichambre de l’oubli définitif. un oubli relatif à dire vrai. Régulièrement, des maisons d’édition (où trouvent-elles ce courage?) rééditent en effet une de ses œuvres. Finitude est de celles-ci. Par Hervé Bel

09/06/2024, 09:00

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Les Ensablés - Les enfants de septembre de Jean-René Huguenin (1936-1962)

Merveilleuse parution chez Bouquins d’un inédit de Jean-René Huguenin. Les enfants de septembre, roman ébauché et par conséquent forcément inachevé révèle toute la palette émotionnelle et stylistique de JRH, auteur génialement prometteur décédé à 26 ans. Par Denis Gombert

26/05/2024, 09:00

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Andropause : comment rester un homme en pleine forme après 50 ans ?

À partir de la cinquantaine, la baisse du taux de testostérone transforme le corps et l’esprit de la plupart des hommes : libido en baisse, fatigue, perte d’élan, troubles de la mémoire… L’andropause reste pourtant mal comprise. Dans cet ouvrage, le Dr Marc Galiano, andrologue et spécialiste du vieillissement masculin, explique comment identifier ces signes et préserver durablement ses capacités physiques, intellectuelles et sexuelles grâce à des habitudes de vie adaptées ou des traitements spécifiques.

06/12/2025, 08:00

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Sylvester Stallone, modèle d’un homme parti de rien

Dans la vie, Richard doit faire avec ce qu’il a. Soit pas grand-chose. Sans héritage, sans diplômes ni « réseau », il cumule les petits boulots : ferrailleur avec une bande de Gitans, employé d’un asile d’aliénés, chasseur dans un grand hôtel… Quand il rencontre Simon, l’un des clients du palace, sa vie bascule. Le riche entrepreneur apprécie sa franchise et lui propose de venir travailler avec lui à New York. Cap vers les affaires et la fortune. Vers les manipulations et les trahisons également.

06/12/2025, 07:00

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Les meilleurs livres vétérinaires pour comprendre et mieux accompagner son animal

Comprendre nos animaux de compagnie passe autant par l’observation quotidienne que par la connaissance.

05/12/2025, 19:47

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05/12/2025, 15:24

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Le Diable se moque bien des histoires d’amour : la dystopie romantique qui vous hantera

Dans un monde où l’intime se mesure, se classe et s’achète presque comme un produit financier, les sentiments n’ont plus vraiment droit de cité. C’est dans ce décor inquiétant – et pourtant étrangement familier – que Brigitte Moreau installe Le Diable se moque bien des histoires d’amour, une dystopie romanesque où l’amour tente encore de se frayer un chemin entre formulaires, notations sociales et unions programmées.

05/12/2025, 14:40

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La bataille du cadeau parfait : BD, polar domestique ou Goncourt ?

Pour la semaine du 24 au 30 novembre, le marché du livre connaît une semaine particulièrement dynamique, portée par une forte reprise des ventes et par un trio de tête solidement installé. Astérix conserve sans effort la première place avec des volumes toujours impressionnants, tandis qu’Inoxtag confirme son statut de phénomène durable en confortant sa deuxième position. Le Prix Goncourt, La maison vide de Laurent Mauvignier, complète ce haut du classement.

05/12/2025, 12:52

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Brocken, de Jean Villemin : du banal café au gouffre psychologique

Entre pluie, miroir et vertige, Brocken est récit qui déraille doucement. Jean Villemin nous propulse dans l’esprit d’un homme qui vacille, un narrateur saisi par la routine, mais happé peu à peu par une inquiétante fissure intérieure. À paraître le 7 janvier 2026.

05/12/2025, 12:34

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Quand la constipation d’un président menace toute la Russie

Imaginant un chef d’État incapable de « se soulager », Sébastien Liebus transforme un simple trouble intestinal en affaire d’État, où chaque pet devient donnée stratégique. Fable scatologique et politique, Le président est constipé dissèque un régime obsédé par le contrôle des corps, jusqu’à traquer « une bille de matière fécale du président » dans les couloirs du pouvoir.

05/12/2025, 08:30

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Derrières les origines de l’Église mormone : Orrin Porter Rockwell

Dans Le Poing armé de Dieu, Hubert Prolongeau restitue la trajectoire d’Orrin Porter Rockwell, garde du corps de Joseph Smith et figure redoutée des premiers temps de l’Église mormone. Un roman âpre, tendu comme une corde d’arc, où la foi se mêle à la violence, au mythe et à l’esprit du Far West.

 

05/12/2025, 08:00

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Adèle disparue deux fois : le mystère qui secoue Annemasse

Sécher tes larmes est le premier roman policier de Meï Lepage. Avant même sa parution, il a suscité un large intérêt international et fera l’objet de traductions dans une dizaine de pays.

 

05/12/2025, 07:00

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Les Trolls : enquête au cœur du harcèlement en ligne

Depuis déjà trop longtemps, les écrivains français éprouvent une grande passion pour leurs traumatismes qu’ils convertissent en livre. Je souffre, donc je suis. Je souffre, donc j’écris. Il s’agit de raconter sa douleur sans lésiner sur le pathos, d’en rechercher les causes et d'expliquer la façon dont on l’a surmontée. Pierre Cormary, Les Trolls aux Editions Unicité. Par Fabrice Châtelain.

04/12/2025, 12:12

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La Limite de Hayflick : ce que la science ne dit pas

En ressuscitant l’Épopée de Gilgamesh à l’ère des biotechs, Nicolas Gorodetzky signe un thriller scientifique qui met les pieds dans le plat : et si notre époque, lassée de la mort, s’apprêtait à la contourner ? La Limite de Hayflick de Nicolas Gorodetzky, aux éditions Yanat. 

04/12/2025, 10:51

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Le grand Sud en couleurs : Lepage mûrit, et nous aussi

En 2010, Emmanuel Lepage embarquait à bord du Marion Dufresne pour un magnifique voyage vers les Terres Australes. Douze ans plus tard, il remet ça mais cette fois pour un plus long séjour sur place, sur l'île de Kerguelen.

04/12/2025, 10:00

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Huit ans enfermée : l'histoire bouleversante de Noëlle Châtelet

Avec une sincérité intrépide, l’autrice fait revivre ses années d'internat, de dix à dix-huit ans, au tournant des années 1960. Arrachée à la campagne qu’elle aimait, dans la vallée de la Marne, elle vit son arrivée en pension comme un enfermement brutal, loin de sa famille bien-aimée. Contrainte de porter l’uniforme, elle doit se soumettre aux ordres autoritaires de femmes strictes et sans cœur, jusqu’aux punitions et humiliations ressenties comme de véritables violences.

04/12/2025, 07:00

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Au bout du monde avec Emmanuel Lepage

En 2010, Emmanuel Lepage embarque à bord du Marion-Dufresne pour un magnifique voyage vers les Terres Australes et Kerguelen. Il en a tiré ce magnifique carnet de voyage où la chaleur et l'humanité des scientifiques isolés là-bas luttent contre la violence des éléments naturels de ces terres inhospitalières.

03/12/2025, 10:07

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La désopilante histoire d’un Roger des râteaux qui doit se transformer en Federer de la séduction

Pourquoi éprouvons-nous spontanément de la sympathie pour les gaffeurs ? Aimons-nous ceux qui nous font rire à leurs dépens par réflexe  ou est-ce une simple réaction nerveuse à l’idée que cela pourrait nous arriver ? Quoiqu’il en soit, dans son roman Belle de match (Editions Sixième(s)), Laurent Chiambretto ne se moque pas de son personnage mais nous invite à rire avec lui de ses malheurs. 

03/12/2025, 08:00

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Héroïnes indociles, vies cabossées : un recueil qui mord et qui console

Traduit de l’espagnol (Argentine) par Laura Alcoba, Je suis une idiote de t’aimer, de Camila Sosa Villada est un recueil de neuf nouvelles. Il met en scène des héroïnes inoubliables – journalistes, nonnes, grand-mères, enfants, chiennes ou renardes – toutes animées par une même volonté de survie.

 

03/12/2025, 07:00

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Il voulait “tromper pour émerveiller, et non pour nuire”

L'histoire vraie de Robert-Houdin, l'illusionniste français que l'armée de Napoléon III envoya en Algérie en 1856 pour contrer les marabouts soufis de la rébellion. Un petit tour de passe-passe en images dans les coulisses de notre histoire coloniale.

02/12/2025, 16:08

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De Rabelais à Gombrowicz : quand le roman devient un espace de liberté

Plonger dans L’Être et le roman revient à s’installer dans une salle immense où les voix de Boccace, Rabelais, Homère ou encore Gombrowicz se répondent à travers les siècles. L’ouvrage n’est pas seulement une méditation sur l’art romanesque : il explore, avec ampleur et précision, ce qui fait de la littérature un espace unique pour penser la liberté, l’existence et le beau.

02/12/2025, 12:31

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Rupture, héritages, illusions : l’Amérique latine abandonne-t-elle l’Occident ?

Publié en 2025, Les dérives d’un continent s’inscrit dans un moment de recomposition internationale marqué par le retour des logiques de puissance, la fragmentation politique latino-américaine et la montée de concurrents systémiques aux États-Unis. Alain Rouquié, diplomate et politiste reconnu, reprend ici une réflexion menée depuis plusieurs décennies sur la place singulière de l’Amérique latine dans l’architecture occidentale. 

02/12/2025, 11:59

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Rouille de Camille Leyvraz : le chant de la terre nourricière

Le silence est un voyage qui mène du rejet à la libération ; une sorte de refuge dans lequel chaque individu entretien des non-dits, des rancœurs, des secrets et pourquoi pas des espoirs. Rouille de Camille Leyvraz, un roman proposé par La Veilleuse Éditions.

02/12/2025, 10:00

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Quand une mère prépare ses enfants à vivre sans elle

Une famille aimante, dans une maison californienne bordée de ginkgos. Une petite fille, qui apprend qu'elle va devoir vivre sans sa mère. Et une mère qui, plus que tout au monde, souhaite les protéger, elle et son frère.

02/12/2025, 09:00

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Grandir sous l’emprise d’un père prêt à tout

Conte horrifique, roman sur la cellule familiale, ses mensonges, ses legs impossibles et le sort réservé aux filles : ce premier livre aborde l’emprise avec une envoûtante maîtrise des scènes et nous tient en haleine jusqu’à la dernière page. 

02/12/2025, 08:00

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Alessandra Sublet signe un premier roman : Toi que je n’attendais plus

Faut-il partir au bout du monde pour se retrouver ? C’est la question que se pose Manon, océanologue et mère divorcée, encore meurtrie par une déception amoureuse. Son cœur brisé la ramène sur les rivages de son enfance en Sicile, entre les bras d’une grand-mère tendre et la mémoire d’un père marin disparu en mer.

 

02/12/2025, 07:00

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Churchill

01/12/2025, 18:44

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Mircea Eliade : quand la théorie se change en cauchemar

On connaît Mircea Eliade avec une pipe, des lunettes trop grandes et un air de professeur occupé à réinventer la « science des religions ». Historien du sacré, maître de conférences à Chicago, auteur du Sacré et le Profane et du Mythe de l’éternel retour, sa réputation s’épanouit surtout dans les bibliographies universitaires et chez les fervents du spirituel, beaucoup moins dans les listes de romans à lire l'été.

01/12/2025, 18:22

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Lettre ouverte

01/12/2025, 17:15

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Lumière sur les invisibilisées

Le titre Mes Chéries n’a rien de mystérieux : c’est un clin d’œil direct à Clarice Lispector, dont un recueil de lettres à ses sœurs porte le même titre dans sa traduction française, publiée aux éditions des femmes – Antoinette Fouque. Chez François Kasbi, ces « chéries » ne sont pas ses sœurs mais les femmes autrices qui ont marqué sa vie de lecteur. 

01/12/2025, 11:33

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Lolita, de Vladimir Nabokov : une oeuvre baudelairienne en diable

La littérature doit créer des paradis, des enfers ou des réalités nouvelles – ou elle n’est pas. Simultanément, Lolita, de Vladimir Nabokov (éditions Gallimard, 2001, traduction de Maurice Couturier) ouvre un éden et un enfer incandescents, une idylle aux ombres infernales, en nous plongeant dans la conscience d’un pédocriminel amoureux fou d’une jeune fille fantasmée qui, par sa désinvolture lascive, ses ambivalences insondables, le fait échapper à sa dépression, à son ennui d’exister dévorant.

01/12/2025, 09:59

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“Vous n’aurez pas ma joie” : l’essai qui défend la résistance par la joie

La joie ne dépendrait ni de la clémence du réel ni d’un tempérament favorable, mais d’un positionnement intérieur. Ainsi, Antoine Leiris opposait à la haine « l’amour qu’il porte à son petit garçon » et affirmait n’avoir « pas de temps à [leur] consacrer ». La joie apparaît ainsi comme une manière de se soustraire à des forces qui chercheraient à confisquer la vie. 

01/12/2025, 09:26

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Où commence la réalité ?

Chimères tropicales (Robert Laffont) plonge le lecteur au cœur de la jungle, dans un univers où se mêlent sensations, illusions et mystères. À la manière de La Sauvagière, Corinne Morel-Darleux explore notre lien intime au monde sauvage et à la part d’imaginaire qui le façonne.

 

01/12/2025, 08:30

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Duel au sommet des meilleures ventes : Inoxtag fait-il tomber Astérix ?

Cette semaine (du 17 au 23 novembre), le classement ressemble à un duel de générations : d’un côté, Astérix, en pleine forme gauloise, de l’autre, Inoxtag, dont le tome 2 d’Instinct surgit comme un météore qui scalpe l'Everest. Autour d’eux, le Goncourt 2025 poursuit sa longue marche, Freida McFadden continue son quadrillage du top et la BD franco-belge glisse un pied entre les deux géants. 

28/11/2025, 12:41

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Underwatch : jusqu’où aller pour entrevoir la vérité ?

Annaë a 15 ans. Le lycée, c’est un peu compliqué, pour elle. Ses meilleures amies depuis l’enfance – Malia, Jasmine et Aline – sont toutes plus occupées les unes que les autres, si bien qu’elles n’ont plus le temps de se voir comme avant. Pourtant, en parallèle de ses soucis d’adolescente, le quotidien se fissure lorsque Romuald, un camarade de classe, disparaît du jour au lendemain sans laisser de trace. Que lui est-il arrivé ? Est-il vraiment parti de son plein gré ?

28/11/2025, 12:39

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Nous sommes faits d'orage

28/11/2025, 09:36

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La Marche du serpent aveugle vers la vérité

27/11/2025, 17:41

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Arthur de Pins signe une épopée médiévale irrésistible avec Knight Club

Fini les crabes, les monstres et les parcs d’attractions : dans Knight Club, Arthur de Pins délaisse les rivages contemporains pour s’aventurer au cœur des Croisades, livrant une fresque médiévale aussi élégante qu’irrévérencieuse. Entre épopée, satire et western oriental, l’auteur signe une aventure foisonnante, traversée de références assumées et d’un souffle narratif qui ne faiblit jamais.

27/11/2025, 16:12