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Les Ensablés – “Mithridate Eupator, roi du Pont” (1890) de Théodore Reinach

Théodore Reinach était un membre de l’Académie. Qu’est-ce qu’un membre de l’Académie ? Pour son épouse un compagnon attentif et aimant ; pour son voisin de palier, qui s’en félicite, un homme d’études et de silence ; pour ses élèves, s’il enseigne, un intimidant gardien du Savoir. Mais pour nous, lecteurs, à plus d’un siècle de distance, Théodore Reinach, l’académicien, est l’enchanteur qui nous transporte aux temps reculés de la Grèce antique, qui nous emmène dans la formidable épopée de Mithridate.

Le 01/04/2018 à 09:00 par Les ensablés

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01/04/2018 à 09:00

Les ensablés

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Par Antoine Cardinale

© Hervé Lewandowski (RMN)

Comme il est difficile de le séparer de Joseph et Salomon, ses frères, tant la postérité les a unis sous l’acronyme de JST : les frères Je-Sais-Tout ! Ils furent, « Parisiens fondamentaux » 1, les piliers des cercles les plus mondains et l’illustration de la société savante. Ils furent aussi, juifs, républicains, riches, pour chacune de ces qualités particulièrement et pour l’ensemble qu’elles formaient, la cible de haines qui, sans nous étonner, nous attristent car elles vinrent parfois des plus délicats esprits de ce temps 2.

Théodore, des trois, est le plus doué, d’une précocité inouïe : il obtint, dans ses trois années de lycée, dix-neuf prix au Concours général, dont les premiers prix de français, de vers latin, de version grecque, de géographie et d’anglais. Comme il faut bien faire une carrière, il se dépêche d’être docteur en lettres et en droit : il sera avocat.

Mais sa passion est ailleurs. C’est la Grèce antique qui magnétise son intelligence et son activité alors est stupéfiante : il publie dans l’espace resserré de huit années un ouvrage sur les successions dans la Grèce ancienne, traduit –le premier- la République d’Aristote 3 ; se transporte à Constantinople pour y classer, à la demande du gouvernement turc, les huit sarcophages de l’école ionienne qui sont encore une des fiertés des musées ottomans 4; déchiffre à Delphes une mystérieuse inscription dont il devine génialement qu’elle est une partition musicale, en transcrit la mélodie et en confie l’arrangement à son ami Gabriel Fauré ; classe toutes les monnaies de l’Asie Mineure 5; publie un Recueil des inscriptions juridiques grecques (1890-98).

La place manque, mais on se doit de faire encore une mention particulière pour une partie moins connue de ses travaux. Avant cette frénésie grecque et après qu’il en eut parcouru toutes les avenues, au début et à la fin de son parcours intellectuel en somme, il écrit à vingt-quatre ans d’une part une Histoire des Israelites (1884) et dirige d’autre part de 1902 à sa mort l’édition des Œuvres complètes de Flavius Josèphe ; il joua un rôle qui n’est pas oublié dans le renouveau des études juives.

Enfin, député par la Savoie, il est le rapporteur de cette décisive loi sur les Monuments historiques du 31 décembre 1913, ajoutant son nom à la suite de ceux, Mérimée, Montalembert ou Hallays, qui ont aimé et protégé « les longs souvenirs qui font les grands peuples ».

Mithridate le Grand

C’est en 1890, dans un titre qui sonne comme une tragédie classique ou un opéra baroque - évoquant le Attila, roi de Huns de Corneille ou le Jules César en Égypte de Haendel 6 -  que Théodore Reinach choisit, avec un orgueil qu’il ne dissimule pas, de devenir le premier biographe de ce Mithridate Eupator, roi du Pont7 qui comme Reinach l’écrit admirablement, « sans avoir pris lui-même le surnom de grand, l’a reçu de la haine clairvoyante de ses ennemis ».

Racine, auteur d’un Mithridate qui ne compte pas parmi ses tragédies les mieux venues, nous l’assène dans sa Préface : « Il n’y a guère de nom plus connu que celui de Mithridate ».

Mais que notre orgueil n’accuse pas longtemps notre ignorance : ce monarque que Cicéron appela « le plus grand des rois auxquels Rome eût jamais fait la guerre »8, n’avait, au temps de Théodore Reinach, jamais fait l’objet d’une biographie. À peine les érudits pouvaient-ils trouver dans Strabon, Appien, Salluste ou Dion Cassius des éléments forcément parcellaires et en rapport seulement avec l’histoire romaine ; à peine les touristes pouvaient-ils admirer à Rome, au Musée Capitolin, ce Vase de Mithridate qui laisse à penser des fabuleux trésors de celui qui reprenant, après deux siècles, la pensée d’Alexandre, étonna l’univers par l’immensité de ses projets et qui « ne croyant rien au-dessus de ses espérances » pensa marcher sur Rome, pour étendre à l’Occident l’empire qu’il exerçait sur l’Orient entier.

Grec par la culture, protecteurs des arts et des lettres par politique, versé dans la médecine, mais seulement pour déjouer les risques du poison, grandi au milieu de cruautés de sérail, ce monarque est en réalité, par toutes les traditions de sa famille, par une hubris toute orientale, profondément perse. Faisons connaissance au physique, avec celui qui échappe au massacre que sa propre mère ordonne, et pendant sept ans, jeune Hercule, se cache dans les montagnes les plus reculées pendant que Rome, de loin, surveille son royaume.

Observez comme l’historien, qui compte parmi les premiers numismates de son temps, fait parler et redonne vie aux médailles : « Au physique, un colosse…Il avait la stature et la force qui imposent aux Orientaux ; il avait aussi la beauté, don du ciel, qui séduisait les Hellènes. Ses premières médailles nous font connaître ses traits : le visage s’encadre entre de légers favoris et de longs cheveux bouclés…la bouche entr’ouverte va parler ; la narine s’avance, frémissante ; ..l’œil profond où l’on devine un feu sombre…. »  9

Rome pensa gagner au change et mettre facilement à raison ce juvénile roitelet des confins du Pont-Euxin, qui réclamait sa couronne les armes à la main et qui, en l’an 111 av. J.-C. commence son règne en jetant au cachot sa mère et en l’y faisant mourir ; qui adjoint à sa principauté du Pont la riche Chersonèse, la Colchide et la Petite-Arménie ; qui emporte en 107 av. J.-C. le Bosphore cimmérien et en 94 av. J.-C. la Paphlagonie.

La guerre contre Jugurtha, le péril cimbre, la guerre sociale enfin avait détourné Rome des affaires d’Orient, mais l’heure fatale de la confrontation allait sonner. Il allait être pendant quarante années l’impitoyable ennemi de Rome. Ecoutons Théodore Reinach en faire le champion de l’Asie contre Rome, tyrannique champion de l’Europe .

« Le vieil antagonisme…chanté par les aèdes homériques et par Hérodote, à demi assoupi depuis Alexandre et l’éclectisme de ses successeurs, se réveilla brusquement au choc des deux races conquérantes venues, l’un des rivages de l’Italie, l’autre du fond des déserts du Khorassan, pour se rencontrer aux bords de l’Euphrate » 10

Dans cette lutte, Rome l’emporta. Les légions, pour quatre siècles encore, camperont sur l’Euphrate et garderont à distance les empires orientaux. Car «  ce que Rome prenait, elle n’avait pas coutume de le rendre ». Mais la lutte fut terrible. Mithridate s’y rencontre avec les plus farouches chefs romains. Avec Marius d’abord, et Théodore Reinach nous invite à ce terrible entretien : « …le vainqueur de Jugurtha et des Cimbres, quels que fussent ses vices, tenait plus à l’honneur qu’à l’argent, et son cœur de soldat saignait au spectacle des avanies que Rome endurait depuis cinq années en Orient. »Tâche d’être plus fort que les Romains, répondit-il à Mithridate, ou obéis en silence à leurs ordres » 11; Sylla enfin, qui avait « vaincu les Arméniens et humilié les Parthes, éclipsé Marius et conquis le consulat à la pointe de son épée. Au physique, un homme du Nord : les cheveux d’un blond doré, les yeux bleus et perçants, le teint blanc. Une intelligence lucide, pratique, une volonté de fer un talent militaire de premier ordre. »12

Parmi les innombrables batailles voyons le farouche tableau de la prise d’Athènes par les légions de Sylla, et comment Théodore Reinach restitue à l’Histoire les couleurs de la vie, dans un style où le savant énonce, et dans lequel la précision du détail donne toute la force.

« Le 1er mars 86, à minuit, l’armée romaine fit son entrée dans Athènes, au bruit strident des cors et des trompettes que dominait la clameur d’une soldatesque furieuse. Un héraut devançait l’armée, proclamant l’ordre féroce de ne faire aucun quartier. Nulle résistance ne fut opposée.Les Romains se frayèrent un chemin l’épée à la main à travers les ruelles étroites de la vieille ville, tuant tout, hommes, femmes, enfants. Un fleuve de sang roula par le Boulevard de l’Agora au Dipyle, remplissant le Céramique et débordant dans le faubourg…peu s’en fallût que l’incendie ne complétât l’oeuvre du pillage et ne fit d’Athènes, comme de Carthage et de Corinthe, un monceau de ruines ».13

 Rome ne finit ses guerres que par l’extermination de l’ennemi. Et tandis que la tragédie va trouver un dénouement atroce, rappelons à notre mémoire l’avertissement terrible de Bajazet à Roxane

« Songez-vous…

                                         Que j’ai sur votre vie un empire suprême 

                                  Que vous ne respirez qu’autant que je vous aime ». 

Car, plus que ses fabuleux trésors –le seul inventaire de son garde-meuble prit trente jours- Mithridate songe et « frémit à l’idée de voir tomber vivantes dans les mains du conquérant étranger ses femmes et ses sœurs, tout son sang et tout son amour. 

Mithridate, vaincu, ne pouvant être aimé, cessa d’aimer et cet aveu était une sentence de mort

« L’eunuque Bacchides fut chargé d’empêcher ce déshonneur suprême. Le sinistre messager arriva à Pharnacie, porteur de l’ordre de mort qui ne laissait aux victimes que le choix du supplice ».14

On n’épargne ni les mères des épouses ni leurs servantes. Celles que le poison n’a pu tuer, sont, agonisantes, étouffées par les serviteurs ; l’une qui échoue à se pendre finit égorgée par le bourreau. Les plus belles fleurs de l’Ionie, des îles parfumées de l’Égée et des profondes forêts du Pont gisent dans un malodorant lac de sang.

Après Marius, après Sylla et Lucullus, c’est à Pompée, en 63 av. J.-C., au terme de trois guerres, de cent batailles et de sièges sans nombre qu’il revint de l’emporter enfin, dans un assaut final où l’on vit Mithridate, à soixante-cinq ans « conduire lui-même ses escadrons à la charge» et, vaincu, trouver une mort digne de Sardanapale : il se donne un poison qui est impuissant à le tuer et commande alors à son esclave gaulois de tirer son épée et de l’achever.

Le drame s’achève dans les longues acclamations de l’armée romaine, tandis que dans l’Urbs, le consul Cicéron décrète dix jours de prières, de fêtes et de sacrifices. Mais ces quarante années de guerre, en donnant à Rome l’imperium à l’Orient, changèrent son destin et la firent marcher inéluctablement vers la monarchie militaire. Rome avait vaincu, mais la République était morte.

Mélancoliquement, Théodore Reinach termine l’histoire dans une vision de Crépuscule des Dieux: « Et par les nuits laiteuses d’Orient, quand la lune monte dans le ciel, blanchissant la surface calme des deux golfes et projetant sur la plaine endormie les ombres fantastiques des tours en ruine, on entend au loin le cri des chacals et des hyènes qui rôdent sur la glèbe désolée où s’éleva le palais de Mithridate Eupator. »15

Il faut nous ainsi prendre congé de Mithridate, et pour cela il faut brusquement changer de décor : qu’un palais effondré cède la place à une maison enchantée, une lande désolée à un rivage solaire  ! car comment prendre congé de Théodore Reinach sans évoquer Kerylos ? 16

Kerylos

Le grand œuvre de Théodore Reinach, ce fut en effet l’édification de sa maison de Beaulieu, sur le rivage de la Méditerranée, dont il conçut les plans et jusqu’aux plus modestes détails : il ne voulut jamais entendre aux raisonnables qui déploraient les huit millions de franc-or qu’il fallut y engloutir ; il la baptisa Kerylos, du nom grec de l’hirondelle de mer qui aime à habiter ces espaces bleutés.

De nombreux ouvrages ont fait connaître au public, qui peut la visiter, car il faut la visiter, cette demeure magnifique où il voulut, en parfait helléniste, méditer les leçons de la Grèce au milieu des siens.

Kerylos est la postface indispensable des livres de Théodore Reinach et l’épilogue d’une vie . Là peut-être, « L’hirondelle de mer, habitante des nuées, a son nid au fond d’un souterrain, dans la chaleur de la terre »17. Là peut-être, l’âme de Théodore Reinach s’y est-elle réfugiée.

1 Michel Stève Théodore Reinach (2014) p.3 Cette biographie pleine de qualités, représente mieux qu’une « ébauche » : on pardonnera à ce jugement sévère de M.Goetz, auteur d’un roman magnifique, Villa Kérylos (2017), dans lequel Théodore est dépeint avec sympathie et son caractère, son environnement et son oeuvre exactement documentés et retracés.

2. Léon Daudet, sans surprise, cibla la fratrie avec persévérance et cruauté. Mais Marcel Proust lui-même, qui fit pourtant de l’oncle de Théodore, Charles Ephrussi, l’un des modèles de Charles Swan, et de Joseph Reinach le modèle du docteur Brichot, se laissa aller à une vilaine attaque, dépeignant Joseph sous les traits « d’un singe qui savait fumer, dîner, et payer la note ».

3. La représentation en matière de succession féminine dans les droits égyptien, grec et romain (1893) ; La République d’Athènes, traduction (1891)

4. Une nécropole royale à Sidon (1892-1896)

5. Les monnaies juives (1887) ; Essai sur la numismatique des rois de Cappadoce (1887) ; Essai sur la numismatique des rois du Pont (1888) ; Trois royaumes de l’Asie mineure : Cappadoce, Bythinie, Pont. (1888) ; 

6. Il est juste de citer WA Mozart qui signa un opéra homonyme : Mitridate, re di Ponto. Th.Reinach, pianiste et éminent musicologue n’a pu en ignorer l’existence.

7. Paru à la Librairie Firmin-Didot, l’ouvrage est dédié à sa femme : Memoriae Vxoris Dilectae Sacrum. Il est disponible en version numérique sous gallica.bnf.

8.  Ciceron, Pro Murena

9.  Mithr., p.277

10.  Mithr., p.XI

11.  Mithr., p.99

12. Mithr., p.151

13. Mithr., p.165

14. Mithr., p.341

15. Mithr., p.413

16. La bibliographie sur la villa Kerylos est heureusement abondante, et le lecteur intéressé saura parmi les actes savants, les romans et autres albums,  découvrir avec fruit l’histoire de cette magnifique demeure. Nous devons cependant faire une recommandation particulière du livre de M.Steve, précedemment cité, qui a su rendre toute sa part à  l’architecte Emmanuel Pontremoli dans la conception de Kerylos, comme dans sa réalisation.

17.Marcel Proust, A la recherche du temps perdu, p.28

4 Commentaires

 

CéCédille

05/04/2018 à 08:55

Excellente chronique, merci !
Pour avoir une idée de la villa Kerylos, ce reportage vidéo récent (25/03/2018) sur France Info : https://www.francetvinfo.fr/sciences/histoire/decouverte-la-villa-kerylos-entre-deux-epoques_2673740.html

AxoDom

06/04/2018 à 00:04

Et merci à CéCédille pour le lien vers le reportage vidéo et ce moment de rêve antique.

AxoDom

05/04/2018 à 23:55

Bel article, écrit à l'ancienne, hélas - in cauda venenum - terni par une légère faute de syntaxe : ce disgracieux car inutile "y" dans "Là peut-être, l’âme de Théodore Reinach s’y est-elle réfugiée."

Antoine Cardinale

27/04/2018 à 13:35

AxoDom, merci, mais pour un "i" à la grecque
J'ai trouvé le reproche un peu sec
Il faut plus qu'une piqûre caudale
Pour faire rougir un Cardinale

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L’actualité récente a mis le vélo sous les feux de la rampe. La grève des transports de Décembre et Janvier derniers incite des milliers de cyclistes à enfourcher leur bécane pour se rendre au travail, au mépris de la pluie et des frimas hivernaux. Les programmes des candidats aux élections municipales font la part belle au vélo dans les grandes métropoles françaises.

06/09/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Une belle journée" d'Henry Céard (1851-1924)

Avec Henry Céard, nous en aurons fini de parler de ceux que l’on nommait, non sans méchanceté et envie, « la queue » d’Émile Zola, à savoir les écrivains les plus proches du maître naturaliste dans les années 1880, dont deux fort connus (Maupassant et Huysmans), trois autres beaucoup moins (Hennique, Alexis et Céard). C’est Céard que nous abordons aujourd’hui, avec son roman Une belle journée, publié en 1881, un an après la parution du recueil « Soirées de Médan » auquel il avait contribué avec sa nouvelle « La saignée ». Une belle journée qui peut être consulté sur Gallica est un charmant roman, un trésor du naturalisme, un accomplissement en quelque sorte.

23/08/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Mal'Concilio" de Jean-Claude Rogliano, par Denis Gombert

C’est un village corse niché au cœur de la montagne. Un village austère avec son église et ses maisons uniformes toutes en pierres de granit. Il peut y souffler par bourrasque un vent mauvais. Ici les femmes respectent le deuil et sont habillées de noir. On croit autant à la puissance de Dieu qu’aux esprits. Ainsi de Mal’ concilio, l’arbre de la nuit qui se dresse à la sortie du village, près des maisons abandonnées. Cet arbre géant domine le village « cramponné à un versant où rien ne pousse ». Majestueux et effrayant, châtaigner sans âge, il est le seul grand arbre de la province de la Tèvola, région sèche et aride. On dit que le Mal’ concilia est hanté.

09/08/2020, 09:00

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Les Ensablés - “L'homme de choc” de Joseph Peyre (1892-1968)

Joseph Peyré était béarnais. Après des études littéraires où il eut Alain comme professeur de classes préparatoires, il s’essaya au barreau puis à l’administration territoriale. Mais c’est dans le journalisme puis dans l’écriture de romans qu’il trouva sa voie. Ses œuvres sont celles de l’action et de l’énergie allant de l’aventure saharienne à la tauromachie (Sang et Lumières lui valut en 1935 le prix Goncourt et fit l’objet d’une adaptation au cinéma en 1954 avec Daniel Gélin et Zsa Zsa Gabor, dialogues de Michel Audiard) et à la haute montagne (Matterhorn- le nom alémanique du Cervin en 1939).

26/07/2020, 09:00

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Les Ensablés - "L'ordre" de Marcel Arland (1899-1986), par François Ouellet

Après plusieurs mois d'absence, nous retrouvons avec une grande joie notre excellent ami et chroniqueur François Ouellet. Qu'il soit remercié pour sa fidélité à notre équipe.

Il y a des écrivains plus profondément ensablés que Marcel Arland. Pourtant, aujourd’hui, Arland n’est pas tellement plus que l’évocation d’un nom. Il survit tant bien que mal par le souvenir de sa collaboration à La Nouvelle Revue française, dont il a pris la direction avec Jean Paulhan au lendemain de la Seconde Guerre. Chez les libraires, on trouvera, avec un peu de chance, un ou deux titres, comme son premier livre, Terres étrangères, un récit de 1923 réédité dans la collection L’Imaginaire en 1996, ce qui commence à dater ; on trouvera plus facilement sa correspondance avec Paulhan, éditée par Jean-Jacques Didier chez Gallimard en 2000.

12/07/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Raphael" (1886) de Eugène Müntz – 2e partie

Cet article fait suite à celui du 14 juin sur Eugène Müntz. Après avoir replacé, selon sa méthode, l’activité artistique comme un facteur central de compréhension de la civilisation de la renaissance, tout en se livrant à un examen documentaire des premières années de Raphaël, Eugène Müntz nous accompagne dans le développement du jeune peintre, fraîchement sorti de son apprentissage dans l’atelier du Pérugin pour partir à la conquête de Florence.

28/06/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Raphael" (1886) de Eugène Müntz (1845-1902) 1ère Partie

Sous son imposante reliure de basane noire, c’est un intimidant in-quarto de plus de sept cent pages ; sur le plat figure un lourd médaillon de cuivre doré légendé Raphael Sanctius, représentant en buste le profil d’un homme jeune, aux cheveux longs, coiffé d’une barrette aux revers élégants.

A l’abri de cette présentation austère, dorment en sûreté, sous les serpentes qui craquent encore sous le doigt, de riches illustrations. Le trésor des notes critiques, le précieux catalogue des œuvres et la substance d’un texte éloquent font à ce livre un fermoir invisible dont seules la curiosité du savant et l’intrépidité de l’érudit possèdent la clef. C’est un livre réservé aux études profondes et au calme des bibliothèques, parlant à voix basse dans le silence des lampes. Le temps venu, on en soulève la lourde couverture comme on pousse la porte d’un ami qu’on ne se savait pas avoir.

14/06/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Un amour platonique" de Paul Alexis (1847-1901)

Découvrir la littérature, c'est dérouler une pelote. En allant d'un auteur lié à un autre, voilà, comment le paysage littéraire se dessine peu à peu... Les Ensablés ont abordé récemment Léon Hennique (à lire ) et son roman étrange Un caractère. Voici maintenant Paul Alexis (1847-1901). Comme Hennique, il fut un fidèle d'Emile Zola et fournit l'une des six nouvelles du recueil des Soirées de Médan (1880).

31/05/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Le soleil des indépendances" de Ahmadou Kourouma

Chers lecteurs, nous sommes heureux d'accueillir à nouveau Henri-Jean Coudy qui, après de longs mois de silence, nous revient avec un nouvel ensablé, Ahmadou Kourouma.

Ahmadou Kourouma, né en 1927, en Afrique Occidentale Française, était Ivoirien même s’il suivit des études secondaires à Bamako, alors grande ville du Soudan français devenue après 1960  la capitale de l’état du Mali. Il aura donc connu les dernières années de la colonisation française puis le début des nouveaux états indépendants.

17/05/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Un caractère" de Léon Hennique (1851-1935)

Je suis tombé par hasard sur un roman de Léon Hennique, paru en 1889, intitulé "Un caractère". Il s'agit d'un livre qui a certes vieilli, mais mérite, comme le soulignait Octave Mirbeau, d'être lu. Surtout, il permet de découvrir son auteur qui joua un grand rôle dans l'histoire littéraire française, tout comme son camarade Lucien Descaves, d'ailleurs, que nos lecteurs connaissent mieux désormais (voir ici). Avec Hennique, on retrouve Goncourt, le naturalisme et... l'occultisme de la fin du dix-neuvième siècle.

01/05/2020, 09:00

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Les Ensablés – "Ecrits sur l’art" de Joris Karl Huysmans (1848-1907)

Joris-Karl Huysmans tenait à distance le grand public : même dans la période où la charité chrétienne gagna un petit avantage sur son pessimisme natif, il douta toujours qu’il fût possible de ramener par l’éducation, ou par l’admiration, le public vers l’art[1].

Ce grand solitaire est maintenant entré dans cette constellation très peuplée, la Pléiade ; avec Soumission, M. Houellebecq a remis Durtal à la mode ; cet hiver encore, le musée d’Orsay a consacré à Huysmans critique d’art une curieuse exposition dont il y aurait beaucoup à dire ; les rééditions se multiplient, comme celle que les Cahiers de l’Herne consacrèrent en 1985 à l’auteur.

Les éditions Bartillat se joignent à cette vogue en apportant leur contribution : la riche édition des Ecrits sur l’art, établie par Patrick Lormant, deviendra inévitablement le bréviaire des amateurs de Huysmans. Tout le parcours critique de l’auteur est rassemblé là, des premiers et respectueux essais du début de la carrière littéraire jusqu’à la grande conversion à l’art chrétien des années 1890, en passant par le chamboule-tout des critiques des Salons annuels.

19/04/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Sur le chemin des glaces" (1988) de Werner Herzog

La marche comme expérience mystique... En novembre 1974, le réalisateur Werner Herzog apprend que sa grande amie Lotte Eisner, célèbre critique de cinéma allemande qui vit et travaille à Paris à la cinémathèque française, est très gravement malade. Elle risque de mourir.  « J’ai répondu : cela ne se peut pas ». Saisissant une veste, une boussole et un sac, Herzog part sur le champ pour la retrouver. Mais il fera le voyage à pied, convaincu que c’est par la marche, vécue comme un acte de foi, qu’il sauvera son ami. Tête baissée, il se lance dans un improbable périple au cœur de l’hiver, quittant Munich pour rejoindre Paris. Sur le chemin des glaces est le journal de bord de sa folle aventure.

05/04/2020, 09:00

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Les Ensablés - "le dernier dimanche de Sartre" de Jean-Pierre Enard

Dans son essai "Un bon écrivain est un écrivain mort", Jean-Pierre Enard insistait sur le fait qu'un roman, comme le cinéma, le théâtre, la peinture ou n'importe quel autre mode d'expression, s'apprend. Ce qui ne signifie pas qu'il s'enseigne (...) Le langage, c'est comme le bois ou la pierre: un matériau. Écrire, c'est le travailler. On admet qu'un sculpteur apprenne sa technique. Et qu'un acteur fasse de la gymnastique ou place sa voix avant de monter sur scène. C'est pareil pour l'écrivain. Il doit s'exercer.

La mort est  une condition nécessaire mais non suffisante pour faire un bon écrivain. Enard en est la preuve: il est mort, c'était un bon écrivain, mais il n'est toujours pas considéré comme méritant une redécouverte. Faute de chance, seulement. Parce que ses livres valent d'être lus. Ce ne sont pas des grands crus, plutôt de la catégorie agréable des rosés, des blancs frais, avec de la buée sur le verre, qu'on boit avec plaisir en été à la terrasse des cafés, avec l'impression fugace d'être heureux.

22/03/2020, 09:00

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Les Ensablés - "La Maternelle" de Léon Frapié (1863-1949)

Parue en 1904, "La Maternelle" obtint le prix Goncourt au deuxième tour de scrutin, face, notamment, à Charles-Louis Philippe (que nos lecteurs des Ensablés connaissent bien) et Emile Guillaumin (pourtant favori avec son roman "La vie d'un simple"). Son auteur, Léon Frapié, était employé à l'hôtel de ville de Paris et marié à une institutrice qu'il avait beaucoup interrogée pour écrire ce roman étonnant, à mi-chemin entre la fiction et le documentaire. Il n'a pas perdu de son actualité quant aux questions qu'il pose sur l'école. Il vient de reparaître grâce aux éditions L'Eveilleur.

08/03/2020, 09:00

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Les Ensablés - "Anna" d'André Thérive

Chers lecteurs des Ensablés, La Thébaïde publie ces jours-ci un des romans que je place parmi les meilleurs. Jusqu'à ce jour, il n'avait pas été réédité. Nous en avions déjà parlé en 2014: il s'agit d'Anna. Précipitez-vous si vous aimez Maupassant, Flaubert et Huysmans (dont d'ailleurs Thérive était un spécialiste). Il vous faut d'autant plus vous procurer ce texte exceptionnel qu'il est préfacé par notre excellent ami, collaborateur des Ensablés, François Ouellet qui, depuis des années, pour notre plaisir, explore la littérature française des années 30.

23/02/2020, 09:00

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Les Ensablés - “Histoire artistique des ordres mendiants”, de Louis Gillet (1876-1943)

« …dans le silence de ce jour naissant, je veux regarder le monde avec des yeux remplis d’amour »
Saint François d’Assise

Ce livre est un cours d’histoire de l’art que l’auteur donna à l’Institut catholique de Paris. Il est composé de dix leçons, qui suivent le développement des formes artistiques qu’inspirèrent les ordres mendiants du XIIIème siècle au milieu du XVIIème siècle ; le titre répond de l’austérité du sujet, mais il paraît utile de redonner vie à cette étude, en particulier lorsque l’occasion se trouve de mesurer l’état d’ignorance qui règne sur cette matière.

09/02/2020, 09:00

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Gaëlle Josse : Ce matin-là, renouer avec les rêves de l'enfance

ROMAN FRANCOPHONE – « Un matin, ça ne sert à rien », chantait Goldman. Sauf ces matins de terribles révélations, façon théophanie où apparaîtrait une divinité maléfique. Le ciel vous tombe sur la tête, embarquant les satellites et les astres. Dans l’histoire Clara, ce matin-là, celui-ci plus que tous les autres, est devenu le bac révélateur : avant toute photo, un négatif, qui a capté ce que l’on souhaitait ignorer.

31/07/2021, 07:31

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OK Ici, la Béringie, de Jeremie Brugidou : plongée surprenante dans le détroit de Béring

BONNES FEUILLES - Jeremie Brugidou, surtout connu comme réalisateur de film s’essaie à l’écriture dans son premier roman Ici, la Béringie, publié par les éditions de l’Ogre, qui sortira pour la rentrée littéraire. Au sein de ce récit qui lie le destin de trois protagonistes, il « [part] de la science, d’une perspective anthropologique et animiste, pour proposer une nouvelle lecture du monde par la fiction ». Le livre sortira en librairie le 19 août 2021. 

31/07/2021, 07:19

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L'inexistence de David Turgeon : entre histoire, sociologie, art et politique 

[BONNES FEUILLES] Pour cette rentrée littéraire, les éditions Le Quartanier publie le cinquième roman de David Turgeon : L’inexistence. Dans l’Empire fictif de Privine, Carel Ender fait le lien entre différentes réalités, propres à chaque personnage, dans un monde où la guerre approche à grands pas. Ce roman est « une fiction politique et un conte tout à la fois, qui examine l’influence structurante de la vie sociale, artistique et politique d’une époque sur les parcours artistiques individuels ».

31/07/2021, 07:18

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La grande vie, de Jean-Pierre Martinet, “Feel bad book de chevet !”

Grâce au buzz international autour de la table « feel bad books » montée par Maldoror. books et Electron_livre au Furet du nord de Lille, il est peut-être temps de parler du plus feel bad book de tous les feel bad. Voici celui qui fera tourner les corbeaux au-dessus de vos têtes, bouffant chacun de vos cheveux blancs en guise de mise en bouche. Vous allez crever, c’est une certitude, mais sans avoir lu La grande vie de Jean-Pierre Martinet, ce serait pire que tout. Pas le temps ? 48 pages. Pas les sous ? 9 euros. OK c’est parti.

30/07/2021, 09:41

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L'Enfer de Dante, mis en vulgaire parlure, par Antoine Brea : entre rimes et rires 

[BONNES FEUILLES] Pour cette rentrée littéraire, les éditions Le Quartanier rend hommage à Dante à travers une « révision » de son oeuvre : l’Enfer de Dante, mis en vulgaire parlure, signée par Antoine Brea. « Le livre propose une adaptation souriante de l’Enfer de Dante où l’invention langagière la plus débridée puise dans l’argot populaire et les archaïsmes français. »

30/07/2021, 09:04

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Ultramarins, de Mariette Navarro : voyage dans la désorientation

BONNES FEUILLES – « Il y a les vivants occupés à construire et les morts calmes au creux des tombes. Et il y a les marins. » Pour cette nouvelle rentrée littéraire, les éditions Quidam publient le premier roman de Mariette Navarro, Ultramarins. A bord d’un cargo qui traverse l’Atlantique, l’équipage décide un jour, après l’accord inattendu de la Commandante de bord, de s’offrir une baignade en pleine mer, totalement gratuite et clandestine. De cette baignade, à laquelle seule la Commandante ne participe pas, naît un vertige qui contamine toute la suite du voyage.

30/07/2021, 08:51

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Téké, de Mika Biermann : kaléidoscopique cosmique

BONNES FEUILLES – Pour cette nouvelle rentrée littéraire, les éditions Anacharsis publient le prochain livre de Mika Biermann. Téké se fait roman métaphysique, alternativement bouffon, terrifiant et splendide, par lequel l’auteur parvient à l’impossible : dire l’indicible.

30/07/2021, 08:43

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Les Aquatiques, de Osvalde Lewat : Africaine, au présent 

BONNES FEUILLES — Pour cette rentrée littéraire, les éditions Les Escales publient le premier roman de l’autrice franco-camerounaise Osvalde Lewat. Dans une écriture ciselée, Les Aquatiques porte un regard éclairé sur les enjeux des sociétés d'Afrique francophone d’aujourd'hui. La révélation d’une nouvelle voix…

30/07/2021, 08:40

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Le saut d’Aaron, de Magdaléna Platzová : une fresque politique et artistique

BONNES FEUILLES – Pour cette nouvelle rentrée littéraire, les éditions Agullo publient le prochain livre de l’autrice tchèque Magdaléna Platzová, traduit du tchèque par Barbora Faure. Le destin tragique d'une artiste fauchée par l'Histoire, assassinée à Auschwitz en 1944.

29/07/2021, 08:53

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Les Bourgeois de Calais, de Michel Bernard : découvrir Rodin, passionnément

BONNES FEUILLES – Pour cette nouvelle rentrée littéraire, les éditions de la Table Ronde publient le prochain roman de Michel Bernard. Le monument des Bourgeois de Calais – hommage à l’héroïsme de six riches habitants qui se livrèrent au roi d’Angleterre à l’issue d’un long siège, au début de la guerre de Cent Ans, pour que soient épargnés leurs concitoyens – exerce une fascination universelle.

29/07/2021, 08:35

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Six pieds sur terre, de Antoine Dole : et l’amour ?

BONNES FEUILLES – Pour cette nouvelle rentrée littéraire, les éditions Robert Laffont publient le premier roman de Antoine Dole, alias Mr Tan, auteur de la série jeunesse Mortelle Adèle. Sans le savoir, Camille et Jérémy marchent l'un vers l'autre depuis leur naissance…

29/07/2021, 08:11

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La maison des solitudes de Constance Rivière : lorsque la ritournelle accélère 

BONNES FEUILLES - « Au jeu des Sept familles, je demande la famille silence. Le grand-père secret. La grand-mère mystère. La mère mutique. Le père motus. La fille bouche cousue. Une seule règle du jeu : pas de question. » La maison des solitudes de Constance Rivière, à paraître lors de la prochaine rentrée littéraire chez Stock, se lit d’une traite, et porte avec délicatesse les questions de la transmission, du secret et de la réconciliation dans un style d’une grande maturité.

28/07/2021, 15:57

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Madame, de Gisèle Berman : entre folie et émancipation

BONNES FEUILLES – A l’occasion de cette nouvelle rentrée littéraire, les éditons arléa vous proposent de découvrir le premier roman de Gisèle Berkman, Madame. L’autrice donne ici un premier roman vertigineux. Le style, la maîtrise de l’écriture et de l’émotion, la gravité du sujet changée en grâce, tout cela fait de Madame un grand texte.

28/07/2021, 14:38

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La Vie interrompue de Sergueï Alexandrovich Essenine, de Jean de Boishue : traque politique, littéraire et historique 

Pour la rentrée littéraire, les éditions Bartillat publie le premier roman de Jean de Boishue : La Vie interrompue de Sergueï Alexandrovich Essenine. Ce dernier retrace l’enquête, menée par l’officier du KGB, Alexis Kars, sur les circonstances de la mort de l’un des plus grands poètes russes. 

28/07/2021, 14:38

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Les oracles de Teresa, de Arianna Cecconi : secrets de famille

BONNES FEUILLES – « Grand-mère rêvait tout en nous écoutant, elle dormait tout en veillant sur nous. Ses paupières étaient closes, mais dessous, ses yeux étaient grands ouverts. » A l’occasion de cette nouvelle rentrée littéraire, les éditons la Belle étoile vous proposent de découvrir le premier roman de Arianna Cecconi, Les oracles de Teresa., traduit de l’italien par Marianne Faurobert.

28/07/2021, 14:37

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Sous le ciel immense selon O'Keeffe, de Catherine Guennec : histoire d'un chef d'oeuvre

Pour la rentrée littéraire, les éditions Ateliers Henry Dougier publient le nouveau roman de Catherine Guennec : Sous le ciel immense selon O’Keeffe. Basé sur la vie de la peintre américaine, l’histoire raconte celle d’un tableau de manière romancée et historique. Un livre à découvrir en parallèle de l’exposition sur O’Keeffe à Pompidou.

28/07/2021, 14:37

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Jeu-concours 2022 : entre écologie et territoires 

Les éditions Terre Urbaine, qui sensibilisent aux questions écologiques et territoriales, proposent aux jeunes de 18 à 36 ans de participer à leur jeu-concours. Celui-ci consistera à la rédaction d’un manuscrit sur le thème imposé par la maison. Vous avez jusqu’au 31 décembre 2021 pour participer !

28/07/2021, 10:14

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34 centimes la minute, de Sophie Boursat : avenir, que seras-tu ?

BONNES FEUILLES – A l’occasion de cette nouvelle rentrée littéraire, les éditions du Canoë vous proposent de découvrir le prochain roman de Sophie Boursat. Un récit qui suit le quotidien d'Olivia...

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L'étonnante facilité de Louise Erdrich

Seize nouvelles composent ce recueil qui fait suite à un premier tome,  La Décapotable Rouge (paru aux mêmes éditions, mais que, fidèle à mon habitude, je n’ai pas encore lu), et présente des textes déjà parus (certains, mais pas tous, loin de là) dans des revues littéraires et des magazines américains. Il eût été dommage que, sans l’intervention de proches de l’auteure, cette dernière ne les fasse pas paraître sous la forme de ces recueils comme elle laisse entendre qu’elle en avait bien l’intention : les garder dans ses cahiers semblait la satisfaire en les considérant comme des « textes embryonnaires » qui étaient terminés, mais qui auraient pu recevoir retouches et modifications. Voire, parfois, devenir de véritables romans.

27/07/2021, 13:11

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René Crevel, à la recherche de Paul Klee

Les éditions de la variation publient dans leur collection « regard(s) » des petits carnets contenant de grands écrits. Vient ainsi de paraître une critique d’art sur Paul Klee signée René Crevel et publiée pour la première fois en 1930 à la NRF ; un essai poétique qui s’inspire du parcours des sœurs Brontë et de leur frère Patrick Branwell, toujours signé René Crevel, et enfin un texte d’Antonin Artaud qui déplore l’arrivée du cinéma parlant. Des petits délices. 

27/07/2021, 10:20

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La femme qui n'aimait plus les hommes, d'Isabelle Le Nouvel : vivre, envers et contre tout

BONNES FEUILLES – Quand la violence du présent convoque celle du passé : Jeanne, harcelée et frappée par son mari, va devoir affronter, pour pouvoir revivre, le bourreau de son enfance… A l’occasion de cette nouvelle rentrée littéraire, les éditions Michel Lafon vous proposent de découvrir le premier roman d’Isabelle Le Nouvel. « On ne guérit pas d’être morte. »

27/07/2021, 09:51

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Grande Couronne, de Salomé Kiner : entre rêves et contradictions 

Pour la rentrée littéraire, les éditions Christian Bourgois publient le premier roman de Salomé Kiner, Grande Couronne. Décrit comme un roman « de banlieue », il se distingue de la production actuelle : ni banlieue HLM (Faïza Guène), ni France périphérique (Nicolas Mathieu, David Lopez). Il n’est ni politiquement correct, ni naïf. En somme, un roman de formation qui ravira les nostalgiques des années 1990, tout en décrivant avec justesse la relation mère/fille. Il s’inscrit dans la lignée du roman Il est des hommes qui se perdront toujours de Rebecca Lighieri.

27/07/2021, 09:43

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Hadès, Argentine, de Daniel Loedel : entre violence, trahison et aveuglement 

Pour la rentrée littéraire, les éditions La Croisée publie le premier roman de Daniel Loedel, traduit par David Fauquemberg. Il fait partie de la sélection Fnac 2021. « Ce n’est donc que ça, l’enfer ? Rien que notre vie à nouveau ? »

27/07/2021, 09:40

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Le chat, le général et la corneille, de Nino Haratischwili : entre histoire et fiction

BONNES FEUILLES – A l’occasion de cette nouvelle rentrée littéraire, les éditions Belfond vous propose de découvrir le roman de l’autrice Nino Haratichwili. Un récit de violence, de passion et de culpabilité inextricablement lié à l’histoire de l’Europe contemporaine…

26/07/2021, 10:53

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Murnau des ténèbres, de Nicolas Chemla : une expédition mystérieuse

BONNES FEUILLES – A l’occasion de cette nouvelle rentrée littéraire, les éditions Le Cherche Midi vous proposent de découvrir le roman de l’auteur Nicolas Chemla, Murnau des ténèbres. L’histoire d’un homme, à la frontière du rêve et de la réalité, de la vérité et de la fiction…

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  La Mala Vida : six petites histoires qui déstabilisent l’Argentine

Que s'est-il passé en Argentine en juillet 1930, un an après la terrible crise de 1929 ? Des mouvements au sommet de l'état, des manifestations dans la rue et... un parcours formidable pour l'équipe nationale de football à l'occasion de la toute première coupe du monde. Un contexte de poudrière qui menace d'exploser à tout instant. Et au cœur de ces événements collectifs, la trajectoire de six personnages qui, en coulisse, vont avoir une influence majeure sur la situation. 

26/07/2021, 08:54

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La fille qu'on appelle, de Tanguy Viel 

BONNES FEUILLES – Pour cette nouvelle rentrée littéraire, les Editions de Minuit publient le prochain roman de Tanguy Viel, La fille qu'on appelle

23/07/2021, 08:33

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Traverser la foule de Dorothée Caratini : un appel à vivre

BONNES FEUILLES – Pour cette rentrée littéraire, les éditions Bouquins donnent la parole à Dorothée Caratini à travers son premier roman Traverser la foule. Un livre qui souligne la force des émotions et la vivacité d’un besoin de vivre. Traverser la foule comme on traverse la vie, avec un but, un horizon ; traverser, au plus vite, pour ne pas se perdre ou perdre des morceaux de soi.

22/07/2021, 11:29

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Bébé, d'Olivier Rasimi : privilèges de l'étrange 

BONNES FEUILLES — Pour cette rentrée littéraire, les éditions Arléa publient le prochain livre de Olivier Rasimi. À dix-sept ans, Bébé mesure tout juste soixante-dix centimètres et a conservé son apparence enfantine dont il possède l’esprit, l’inconstance, l’indolence, la bouffonnerie… Guidé par une sorte de sixième sens qui lui fait considérer les choses sous un angle étrange, inapproprié, qu’il exprime alors d’une façon qu’on pourrait juger poétique si elle n’était involontaire.

22/07/2021, 11:00

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Une folie de rêves, de Jean-Daniel Baltassat : écouter battre le coeur

BONNES FEUILLES — « Depuis qu'il menait la plus grande partie de sa vie ici dans le Dessous, dans sa Chapelle, des rencontres, il en avait fait de tous les acabits. Mais ceux-là, c'était autre chose. » Pour cette rentrée littéraire, les Editions Calmann Lévy publient le prochain roman de l’auteur et scénariste Jean-Daniel Baltassat. 

22/07/2021, 09:18

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Gabriel : en week-end, loin de la ville 

ALBUM JEUNESSE – Ce vendredi, après l'école, la maman de Gabriel l'accompagne chez ses grand-parents. Nous accompagnons l'enfant dans ce moment de vie, découvrant ce qu'il révèle de plus banal et précieux à la fois. Maylis Daufresne et Juliette Lagrange racontent une histoire pleine de douceur qui s'intéresse moins à la péripétie qu'à l'évocation de sensations.

22/07/2021, 09:00

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A un détail près de François Cérésa : dans les miroirs, la diablesse 

BONNES FEUILLES - Voyage sentimental à travers la France et l’italie, le nouveau roman de François Cérésa, A un détail près, nous plonge au coeur d’une histoire entre deux amants, rencontre hasardeuse qui les plonge dans un jeu passionnel.

21/07/2021, 17:30

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Spécimens : virtuels fantasmatiques 

BANDES DESSINEES – Alors que l’on pensait le programme Immersion passé au « broyeur », Monica X, cadre en vue de l’« Agence », y envoie ses deux fils afin d’en explorer les décombres. Ils découvrent alors que cet univers virtuel est loin d’être anéanti et que ses différents protagonistes, Esperen et ses clones en tête, continuent d’y vivre.

21/07/2021, 16:37

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Choco-Boys : Lucky Luke convoyeur de chocolat suisse dans le Far West

BONNES FEUILLES – Décédé en 2001, le dessinateur Morris a laissé derrière lui le renommé cow-boy Lucky Luke, capable de tirer plus vite que son ombre. L’auteur des plus célèbres bandes dessinées allemandes, Ralf König, et les éditions Dargaud rendent hommage à l’auteur belge dans la bande dessinée Choco-Boys. Cette dernière met en scène notre cow-boy préféré dans un cadre tout nouveau, loin des stéréotypes du Far West traditionnel.

21/07/2021, 15:52

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Mort d'Henri Deluy, directeur d'Action poétique

Fondée en 1950, Action poétique est une des plus anciennes revues de poésie française publiées. Elle a également publié des recueils. Pendant plus de cinquante ans, Henri Deluy dirigea cette revue qu’il ouvrit à tous les débats et à toutes les formes de poésies. Il s’est éteint le 20 juillet, à l’âge de 90 ans.

20/07/2021, 19:52

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La pratique de la divine présence avec le divin verbe créateur - L’Ascension, unique véritable But

Bien que, entre les lignes du livre de l’Apocalypse, le leitmotiv soit « la victoire », ce qui doit être vaincu n’est pas explicitement évoqué. Et Saint Paul, dans ses épîtres, emploie maintes fois « homme intérieur », une manière sans doute de désigner la partie spirituelle en chacun de nous. 

20/07/2021, 14:43