#Droit / Justice

L’un des principaux acteurs de l’industrie du livre en situation d’extrême fragilité

Les auteurs et les autrices de textes et d’images assurent la vitalité de tout un secteur culturel, puisqu’ils·elles sont à la base de la chaîne du livre. Ils·elles représentent l’un des principaux acteurs de l’industrie du livre, au même titre que les maisons d’édition, les imprimeurs, les diffuseurs, les libraires, les bibliothèques... 

Le 07/05/2018 à 15:46 par Auteur invité

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07/05/2018 à 15:46

Auteur invité

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Florence Hinckel

En produisant des ouvrages raisonnés et éclairés, chacun de ces acteurs, à son niveau, participe à un monde meilleur. Mais la situation sociale des auteurs et des autrices reste largement méconnue.

Je tiens à mieux faire connaître cette situation, principalement en littérature jeunesse parce que c’est le secteur que je connais, par solidarité parce que je le peux, parce que j’ai cette voix possible, puisque j’ai la chance de faire partie de cette mince frange d’auteurs et d’autrices qui gagne bien sa vie, pour le moment... Mais aussi par anticipation puisque des réformes à venir risquent de nous impacter tous et toutes durement... sauf si l’on élève la voix pour qu’au contraire un véritable statut pour les auteur·rice·s voie le jour à cette occasion.

C’est un long article, assez pédagogique, mais que je juge indispensable justement parce qu’il fait la somme de ce que nous vivons au quotidien et qui nous épuise bien souvent, et parce qu’il résume les inquiétudes à venir. Je serais reconnaissante à tous les acteurs du monde du livre qui travaillent avec nous – éditeurs, éditrices, libraires, enseignant·e·s, bibliothécaires, gestionnaires, diffuseurs... — de prendre connaissance des responsabilités de chacun et chacune, listées en deuxième partie de cet article, afin que la population des auteurs et des autrices garde vitalité et créativité... et tout le secteur culturel du livre à sa suite.

Qui sommes-nous ?

Comment nous sommes rémunéré·e·s par les maisons d’édition

Pour chaque livre, l’auteur ou l’autrice signe un contrat avec sa maison d’édition. Il ou elle touche le plus souvent un à-valoir, versé en plusieurs fois, soit une avance sur les droits d’auteur qui lui seront versés dès l’année qui suit la parution. S’il·elle ne dépasse pas l’à-valoir, ce dernier lui reste acquis (mais défalqué sur les droits d’auteur qu’il·elle percevra ensuite sur l’ouvrage en question). Les droits d’auteur sont un pourcentage sur le prix de vente hors taxe fixé par l’éditeur. En France, la moyenne des pourcentages est de 10 %.

Mais en littérature jeunesse, pour des raisons historiques et culturelles (l’argument économique est souvent avancé aussi par les maisons d’édition, pour les albums dont la fabrication coûte cher), les pourcentages sont moindres. Ils sont de l’ordre de 5,2 % d’après le dernier baromètre SCAM /SGDL. À partager entre les auteur·rice·s des textes et des illustrations, en cas d’ouvrages illustrés. C’est presque moitié moins que la moyenne globale...

À signaler que, même sans raison économique valable, ce pourcentage reste toujours bas, en littérature jeunesse (romans non illustrés, par exemple).

Pour information, ces temps-ci, en littérature jeunesse, on considère comme étant un succès un ouvrage qui se vend à 10 000 exemplaires l’année, environ. Cela signifie que la grande majorité des ouvrages se vend moins. Je vous laisse à vos calculettes pour dégager une fourchette de revenus pour les auteurs et autrices jeunesse qui peuvent sortir une à deux nouveautés annuelles chacun·e, rarement davantage, leurs livres coûtant entre 3 et 17 euros, environ.

Rappelons enfin que les auteur·rice·s ne bénéficient pas d’un régime semblable à celui des intermittent·e·s qui, s’ils·elles ont fait suffisamment de cachets (étant ainsi considéré·e·s comme professionnel·le·s), voient leur précarité entre deux contrats compensée par l’assurance chômage. Rien de semblable pour les auteur·rice·s, et leur temps de création n’est en aucune façon rémunéré.

Certes nous percevons le plus souvent un à-valoir et davantage de droits d’auteur si nous dépassons l’à-valoir, mais actuellement cette avance est calculée par les maisons d’édition en anticipant sur les ventes à venir, à partir du premier tirage escompté, et rarement en fonction du temps de travail de l’auteur·rice, hélas.

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

Une population fragile et forte à la fois

On comprend avec ce petit préambule pourquoi 40 % des auteurs et autrices professionnel·le·s touchent moins que le SMIC, d’après une récente étude CNL/Ministère de la Culture. Certes, ce taux reflète des cas très différents : il y a par exemple des auteur·rice·s qui choisissent de ne pas faire de leur activité d’écriture ou de dessin un métier. C’est un à côté qu’ils ou elles souhaitent faire uniquement pour le plaisir avec une totale liberté financière. C’était mon choix pendant plusieurs années au début de ma carrière, je le comprends donc entièrement.

Mais il y a aussi tous ceux et toutes celles qui sont à l’orée du succès ou qui l’ont déjà rencontré et qui pourtant ne parviennent pas (ou plus) à exercer le métier d’auteur·rice à plein temps malgré leur grand désir, pour cause de revenus trop faibles.

Certes aucun·e auteur·rice, même exerçant à plein temps, ne va mourir de faim, comme j’ai pu le lire ça ou là dans certaines communications, et il serait indécent de nous comparer aux plus démuni·e·s de la société.... Nous sommes des professionnel·le·s qui avons le plus souvent fait des études, et qui avons de multiples compétences à notre arc. Nous avons très souvent démarré notre vie professionnelle avec un autre métier (en tout cas je parle là de la population de romancier·ère·s jeunesse que je connais le mieux, sans doute est-ce différent pour les illustrateur·rice·s ou les auteur·rice·s BD, par exemple).

Aujourd’hui, être auteur·rice nécessite des compétences de communication, de passation, administratives, fiscales, juridiques, de recherche d’informations, et bien d’autres encore qui seraient très utiles dans d’autres secteurs. Si un jour je ne parviens plus à vivre de ce métier, j’en trouverai un autre, moins intéressant sans aucun doute, mais je ne me laisserai pas mourir de faim, ne vous inquiétez pas pour moi. Inquiétez-vous cependant pour notre profession, et pour tous les romans de qualité qui ne seront pas écrits, et pour tous les magnifiques albums qui ne verront pas le jour.

Si la très grande majorité des auteur·rice·s se trouve en situation de ne plus pouvoir créer, et surtout de ne plus pouvoir le faire en prenant le temps qu’il faut,étranglé·e·s par les injustices, aberrations et trop grandes légèretés que je vais lister dans cet article, alors c’est tout un marché qui va se trouver fragilisé. Et tout un pan de la culture qui va se trouver en danger. 

Les responsabilités de chacun


Quand j'étais professeuse des écoles, j'apprenais aux élèves à exercer chacun·e une responsabilité pour que le microcosme de la classe tourne correctement et que chacun·e y vive bien... (source : BDRP)

La responsabilité de l’Etat (attention, paragraphe un peu long et technique, mais essentiel !)

En tout premier lieu, il faut évoquer l’exception culturelle française, qui repose sur l’idée que la création culturelle ne constitue pas un bien marchand comme les autres et, par conséquent, que son commerce doit être protégé par certaines règles autres que celles de la seule loi de marché. L’exception culturelle est bien présente pour les autres acteurs de l’industrie du livre, mais qu’en est-il des auteur·rice·s ? Alors que la TVA du livre est à 5,5 %, les auteur·rice·s ont vu la TVA sur les droits d’auteur passer de 7 % à 10 % en 2013...

Ce n’est qu’un indice de plus qui illustre à quel point L’Etat ne nous considère pas, nous les auteur·rice·s, comme faisant partie intégrante de l’industrie du livre. Certes il nous aide via des bourses d’aide à la création, via les subventions accordées aux autres acteurs de cette industrie et dont nous bénéficions plus ou moins directement, mais cette vision biaisée de l’Etat, quels que soient les présidents qui se succèdent, se répercute de façon grave sur notre situation sociale et fiscale.

L’Etat s’occupe en effet peu de nos spécificités, il est avare en informations, et notre (absence de) statut ne rentre pas dans les clous. Nous sommes constamment confronté·e·s à un agent du Trésor public ou des impôts qui ne sait rien de notre cas spécifique. Même les comptables spécialisé·e·s dans les droits d’auteur ont du mal à dénicher les bonnes informations pour nous conseiller.

Notre rémunération en droits d’auteurs est très spécifique et le régime dont nous dépendons ne tient pas compte de cette spécificité. La mutation du régime des auteur·rice·s, via la réforme en cours, est l’occasion de définir un véritable statut pour qu’enfin nous soyons pris en compte dans notre singularité sociale et fiscale.

Petit tour d’horizon des points sur lesquels réfléchir pour définir un véritable statut d’auteur·rice :

Le plan du gouvernement – le saviez-vous ? —, est de supprimer les cotisations chômage et maladie pour les salarié·e·s. Cela se fera à l’automne. C’est la raison pour laquelle la CSG a été augmentée, car elle englobe désormais chômage et maladie. L’idée n’est pas bête en soi : la CSG touchant tout le monde et pas seulement les salarié·e·s, l’assiette est beaucoup plus large, ce qui permet à chacun·e de payer moins, et de voir son pouvoir d’achat augmenter.

Des compensations sont prévues pour les salarié·e·s de la fonction publique et les indépendant·e·s, qui ne sont pas concerné·e·s par les cotisations chômage et ont leur propre caisse maladie. Ces compensations sont connues et en train d’être mises en œuvre... mais pas pour les auteurs et les autrices... qui n’ont jamais eu jusque-là de cotisation chômage à payer puisqu’ils·elles n’en bénéficient pas.

Via la CSG, les auteurs et autrices contribuent donc désormais aussi au chômage, sans pouvoir en bénéficier... Une compensation a été promise aux associations d’auteurs à l’automne dernier, mais à ce jour, rien n’a été mis en place et nous en sentons déjà la perte nette.

Autre point fort de la réforme, celle sur la sécurité sociale des artistes-auteurs et autrices : actuellement une branche de la sécurité sociale, l’AGESSA, est dévolue aux écrivain·e·s, et une autre, la MDA, aux illustrateur·rice·s, or AGESSA et MDA vont voir le transfert des services collecteurs directement à l’URSSAF. L’AGESSA offrant un service peu satisfaisant (voir la liste des responsabilités à la fin de cet article), ce n’est peut-être pas une mauvaise chose. Mais le licenciement programmé de 80 % de ses salarié·e·s doit nous alerter, outre notre compassion pour ces salarié·e·s maltraité·e·s : avec moins de personnel, le service pourra-t-il être meilleur ? Il est permis d’en douter.

Avec moins de personnel, pourra-t-on espérer enfin une meilleure communication envers nous et envers tous les acteurs qui entourent notre profession ?

Avec cette fusion de l’AGESSA et de la MDA, un changement majeur va advenir : les assujetti·e·s (ceux et celles qui gagnent moins de 8 784 euros par an de droits d’auteur) cotiseront aussi pour la retraite dès le premier euro, comme les affilié·e·s. Jusque-là, ils ou elles cotisaient déjà pour le reste... mais sans bénéficier des droits associés. L’injustice était grande. On peut se réjouir si cette réforme leur permet enfin d’accumuler des points pour la retraite dès le début de leur activité, et il faut l’espérer puisque leur pouvoir d’achat va être très entamé. Mais, de façon très inquiétante, aucune garantie n’a été donnée à ce jour sur ce point.

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

Autre point : le rattachement de revenus provenant d’activités accessoires aux revenus d’activités artistiques doit être largement révisée et simplifiée dans le cadre de cette réforme du régime social des artistes auteurs et autrices. Que cela signifie-t-il exactement ? Qu’est-ce que cela va changer ? Aucune information à ce sujet. 

Une réforme de la formation professionnelle continue est aussi annoncée par le gouvernement pour 2018. Les spécificités du droit d’auteur (absence de référence horaire pour l’acquisition du compte personnel formation, cotisation très majoritairement à la charge des auteurs…) seront-elles prises en compte ? Aucune information à ce sujet.

Notre retraite complémentaire va aussi être révisée (RAAP). Complémentaire, mais obligatoire. Personnellement, je trouve que ce système est très performant puisque financé à moitié par la Sofia. Voilà un avantage que nous ne devons pas perdre ! Mais certains sont étranglés par une trop forte cotisation. Dans quel sens va aller cette révision déjà entamée ? Aucune information à ce sujet.

Comme tout le monde, nous allons passer au prélèvement à la source des impôts. De par notre statut fiscal hybride (possibilité de déclarer en traitements et salaires donc d’être précomptés, ou de déclarer en BNC donc dispensés de précompte), comment sera calculé l’impôt prélevé ? Les diffuseurs se chargeront-ils du paiement ? Ou bien les auteurs seront-ils prélevés mensuellement sur la base de leurs revenus de l’année précédente ? Alors quid de l’irrégularité de leurs revenus ? Aucune information à ce sujet.

Tant de questions qui n’ont encore aucune réponse, pour une réforme en cours, déjà entamée...

Mais cette absence temporaire de réponses est l’occasion d’en donner de véritables, afin de créer un statut adapté à notre situation.

La responsabilité des autrices et auteurs

Elle est faible et difficile à s’approprier, mais elle existe néanmoins : nous avons le devoir de nous informer sur notre situation et nos droits.

Ce n’est certes pas aisé du tout. Comme dit plus haut, nous manquons cruellement d’informations et nous ne bénéficions pas d’un véritable statut ni d’un régime adapté, par conséquent il est très difficile de savoir quelles démarches entreprendre pour exercer en tant que professionnel·le. Les associations d’auteur·rice·s font ce qu’elles peuvent pour informer, mais elles sont limitées, et quand un·e auteur·rice publie son premier ouvrage, aucune maison d’édition ne va l’informer sur leur existence (ou sur toute autre façon de connaître ses droits, comme tout·e travailleur·se peut l’attendre).

Et, même quand nous parvenons à obtenir des informations, elles paraissent inappropriées à notre cas. 

J’ai une pensée toute particulière pour les assujetti·e·s qui sontles grand·e·s oublié·e·s du système. Jusque-là ils·elles cotisaient sans que ça leur apporte quoi que ce soit.

La réforme aurait pu prévoir de ne plus faire payer de cotisations aux assujetti·e·s puisqu’ils et elles ne sont pas considérées comme des professionnelles et qu’ils et elles ne bénéficient pas des droits associés à ces cotisations. D’ailleurs les assujetti·e·s vivent en général d’un autre métier, ce qui est tout à fait normal vu le peu de revenus qu’ils·elles tirent de leur activité d’auteur. Mais l’inverse a été choisi : leur faire payer davantage de cotisations, autant que les affilié·e·s.

Cela signifie-t-il que les assujetti·e·s sont désormais aussi considéré·e·s comme des professionnel·le·s avec les droits afférents ? Avec moins de 8 784 euros de revenus par an ?

Quant aux affilié·e·s, c’est aussi difficile pour celles et ceux qui gagnent peu (une grosse majorité des affilié·e·s ne gagne pas plus de 20 000 euros par an, souvent beaucoup moins) ; les cotisations paraissent trop importantes. Certes, mais portons notre regard plus loin : nous payons déjà beaucoup moins de cotisations que la plupart des actifs·ive·s... parce que notre couverture sociale est faible. Heureusement que l’on paye au moins des cotisations maladie, par exemple, cela nous permet de recevoir des indemnités si on est malade, de profiter des congés maternité ou paternité ou adoption, et de participer aux remboursements sur les médicaments, et de services médicaux gratuits. C’est un droit que nous devons défendre.

ActuaLitté, CC BY SA 2.0

Mais alors que l’on ne nous traite pas de saltimbanques.Nous payons des cotisations comme tous les professionnel·le·s, nous devrions donc bénéficier d’un statut de professionnel·le·s.

Il est important aussi, malgré notre isolement (heureusement réduit grâce aux réseaux sociaux, désormais), de nous informer sur ce que peut valoir notre travail, l’à-valoir et les taux de droits d’auteur que nous pouvons demander,suivant nos situations particulières (notoriété, ventes, etc.), afin de ne pas travailler au rabais. Je ne suis pas de celles qui considèrent que tous les auteurs et toutes les autrices ont le droit inaliénable de pouvoir vivre de leur travail, c’est impossible évidemment, je considère cependant que même si on vend peu il est légitime de ne pas se voir proposer des pourcentages irrespectueux de son travail, et lorsqu’on vend bien ses ouvrages et qu’on a un rythme de publication régulier (qui souvent nous amène à exercer notre métier à plein temps), il est légitime d’en dégager une rémunération décente. 

La responsabilité des maisons d’édition

Pour éviter tout malentendu, sachez que lorsque je parle des maisons d’édition je les dissocie des personnes avec qui nous travaillons sur nos textes ou images (travail que personnellement je juge passionnant et essentiel). Ce sont le plus souvent des salarié·e·s qui ont des prérogatives de salarié·e·s.

Les maisons d’édition, donc, ne doivent-elles pas prendre en compte nos difficultés sociales, si elles ne souhaitent pas que nous disparaissions totalement et elles avec nous  ? Connaissent-elles la réalité sociale qui précarise tant d’auteurs et d’autrices, et qui font qu’ils·elles ont cette demande forte d’être mieux pris·e·s en compte ? Merci aux éditeurs et éditrices qui sont en train de lire cet article qui va les aider à être mieux informé·e·s sur ce que vivent celles et ceux avec qui ils·elles travaillent chaque jour.

Voici les points sur lesquels une discussion pourrait s’engager avec des effets bénéfiques sur la situation des auteurs et autrices largement décrite dans cet article (et donc sur l’ensemble de la chaîne du livre derrière eux·elles) :

  • En vue de la retenue à la source mensuelle de nos revenus, les maisons d’édition ne pourraient-elles pas désormais verser nos droits d’auteur en début d’année au lieu d’attendre avril, au mieux, ce qui fait tirer la langue à beaucoup d’entre nous en attendant ? (ce système fait que nous percevons les droits d’auteur sur les romans vendus en janvier plus d’un an et demie après leur vente...). Les maisons d’édition ne connaissent-elles d’ailleurs pas dès le 1er janvier le montant qu’elles vont nous verser dans l’année ? Ne nous prélèvent-elles pas déjà une provision sur retour assez importante pour prévenir les retours faits après le 1er janvier ? La raison de cette situation m’échappe, je dois humblement l’avouer...
  • Peut-être serait-il aussi envisageable de mensualiser désormais les droits d’auteur, ou alors au moins les verser à une fréquence plus régulière ? Pourquoi tant de « secrets » sur nos ventes avant la fameuse reddition de compte annuelle ? Les maisons d’édition des autres pays proposent par exemple un espace adhérent où les ventes sont disponibles pour les auteurs et les autrices, ce qui apparaît tellement logique... Au XXIe siècle, il semble normal de dissiper cette opacité.
  • Plus globalement, les maisons d’édition ne devraient-elles pas enfin tenter avec un peu plus de zèle de limiter la surproduction ? La surproduction est le problème majeur clairement identifié, désormais, elle nous fait du mal à cause de la baisse des ventes de chaque livre qui s’ensuit mécaniquement. Le rythme de création que cela impose à la majorité des auteurs et autrices, à cause de pourcentages et à-valoir souvent trop faibles tout aussi mécaniquement induits, encore davantage. Les maisons d’édition s’en sortent certainement avec cette masse de parutions (a fortiori si elles ont aussi la casquette de distributeurs, puisque leur rémunération est liée aux flux des livres...), mais l’auteur ou l’autrice qui ne bénéficie des ventes que d’une seule nouveauté à la fois en pâtit beaucoup.
  • Les maisons d’édition ont aussi la responsabilité de rester dans les clous, concernant les droits d’auteur, qui nous sont propres, afin de ne pas les dévaloriser. Le droit d’auteur, c’est pour les auteur·rice·s, ou pour les directeur·rice·s de collection uniquement s’il s’agit d’auteur·rice·s effectuant un travail de direction littéraire. Il est illégal d’être rémunéré en droits d’auteur lorsque l’on n’effectue pas un travail d’auteur. Que des éditeur·rice·s soient payé·e·s en droits d’auteur est aberrant, sans compter que, le plus souvent, les maisons d’édition imputent les pourcentages des directeur·rice·s de collection sur la part des auteur·rice·s : c’est donc l’auteur·rice... qui paye le·la directeur·rice de collection. Les correcteur·rice·s ont déjà dénoncé les pratiques illégales des maisons d’édition les poussant à accepter d’être rémunéré·e·s en droits d’auteur, au lieu de leur proposer un contrat de travail... Le droit d’auteur est la prérogative des auteur·rice·s, qui correspond à une construction historique et philosophique.
  • Enfin les maisons d’édition ne devraient-elles pas dialoguer davantage, faire preuve de plus de transparence en ce qui concerne nos droits (d’auteur, de cession, d’adaptation, de traduction...), en somme, nous considérer comme des acteurs économiques qui se trouvent sur le même plan qu’elles, avec la même importance qu’elles, afin que chacun entende les difficultés des autres, pour tenter de trouver des solutions face à un marché parfois inquiétant (par exemple, l’année 2017 n’a été folichonne pour personne...) ? 

La responsabilité des distributeurs

C’est en discutant avec des éditeur·rice·s que j’ai appris la responsabilité des distributeurs, notamment à cause des coûts qu’ils imposeraient aux maisons d’édition... et qui se répercuteraient sur nos droits d’auteur. J’écoute toujours avec beaucoup d’attention les difficultés des maisons d’édition, je comprends très bien que nos droits d’auteur doivent être en rapport avec leur réalité économique, mais tout de même ce serait bien que nos droits d’auteur ne soient pas toujours considérés comme la variable d’ajustement...

C’est parce qu’actuellement en effet c’est bien le cas pourtant que je me vois contrainte d’évoquer ici la responsabilité des distributeurs. Il faut savoir que pour les auteur·rice·s, le fonctionnement des distributeurs est très opaque. Nous ne sommes en contact qu’avec les représentant·e·s (celles et ceux qui sont chargé·e·s de présenter les livres des maisons d’éditions dans les librairies, dans chaque région), mais jamais avec leur hiérarchie. Aussi j’aurais bien du mal à dégager la responsabilité réelle des distributeurs, ignorant presque tout de leur fonctionnement, leurs contraintes, etc... Je ne peux que constater que ce sont eux qui prennent la plus grosse part sur la vente d’un livre, et peut-être en effet y a-t-il là un effort à faire. 

Pour mieux comprendre tout cela, nous gagnerions beaucoup, là aussi, à davantage de transparence, à des discussions entre maisons d’édition, distributeurs, auteur·rice·s. Une fois encore, tout le monde y gagnerait beaucoup si les auteur·rice·s étaient considéré·e·s pour ce qu’ils·elles sont : un acteur économique de l’industrie du livre avec qui il faut dialoguer. Tant que ce ne sera pas le cas, incompréhension et frustrations ne cesseront pas de s’immiscer dans nos relations professionnelles.

La responsabilité de certains établissements scolaires, ou collectivités, ou municipalités + de l’Agessa + de la sécurité sociale

Des bâtons dans les roues pour travailler légalement, voire pour travailler tout court

Le plus souvent les rencontres scolaires se déroulent à merveille et sont l’aboutissement d’un très gros travail des élèves et des professeur·euse·s. Le tarif de la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse pour ces rencontres est une aide non négligeable pour nous aider à améliorer notre revenu annuel (mon expérience m’a prouvé qu’il ne peut cependant s’agir que d’un revenu complémentaire, même en s’épuisant en multiples déplacements dans l’année ; il ne peut absolument pas se substituer à des pourcentages de droits d’auteur décents, d’autant moins que nous effectuons ainsi un travail de promotion des ouvrages). 

Mais parfois, la partie administrative est beaucoup moins idyllique que les rencontres elles-mêmes.

Connaissez-vous une autre profession que la nôtre qui a besoin, incessamment, d’expliquer comment elle doit être rémunérée par ceux qui l’emploient ? Connaissez-vous une autre profession que ses employeurs incitent à travailler au noir, parce que ça les ennuie de faire les démarches légales/de s’informer/de prendre le temps/d’ajouter une case dans le logiciel pour lui assurer une couverture sociale satisfaisante ? Je parle de ces situations vécues plusieurs fois, autant en tant qu’affiliée au précompte que lorsque j’étais assujettie, quand on m’invite pour des rencontres scolaires. Et je suis loin d’être la seule.

Certain·e·s comptables d’établissements scolaires ou de collectivités refusent de s’inscrire à l’Agessa par ignorance ou manque de temps et donc enlèvent toute chance aux assujetti·e·s de se professionnaliser, et compliquent la vie des affilié·e·s au précompte (parfois même ces établissements choisissent au final de ne pas employer les auteurs ou autrices qui insistent pour travailler légalement...). Ces comptables et gestionnaires participent à la précarisation des auteurs et autrices en refusant de faire cet effort. Ils et elles les placent dans l’illégalité quand ils ou elles les emploient et les rémunèrent de la sorte, ainsi que la structure pour laquelle ils et elles travaillent.

Pourquoi sommes-nous confronté·e·s à une telle résistance face à notre droit de travailler et de travailler légalement ? Parce que ni l’Etat, ni l’Agessa, ni la Sécurité sociale ne fournissent une information suffisante sur notre statut à tous les acteurs qui traitent nos dossiers.

Et puis lorsque nous signalons à l’Agessa que nous avons été payé·e·s en brut quand nous aurions dû être payé·e·s en net (on peut le signaler quand on est affilié·e au précompte, lors de notre déclaration annuelle via un logiciel préhistorique qui nous en fait voir de toutes les couleurs), certes l’Agessa nous prélève à nous les cotisations non versées par le diffuseur (cela, ce n’est pas oublié), mais a-t-elle déjà contacté un diffuseur pour lui taper sur les doigts ? Pour lui rappeler la loi ? Pour récupérer la part contributive de 1,1 % obligatoire ?

Je n’ai jamais entendu parler d’une telle intervention, ce qui participe au sentiment d’impunité de certain·e·s comptables ou gestionnaires persuadé·e·s que ce sont les auteur·rice·s qui abusent en leur demandant du travail « en plus »... 

Un droit de prêt qui nous passe trop souvent sous le nez

D’autres gestionnaires d’établissements scolaires omettent de déclarer à la Sofia les ouvrages achetés pour les CDI qui offrent au prêt plus de 50 % de leur fonds, ce qui fait perdre aux auteurs et autrices une rémunération importante : celle du droit de prêt. Leur argument : « on n’a pas le temps »... Les professeurs et professeuses documentalistes peuvent aussi faire cette déclaration, mais là aussi le manque d’information est criant : peu savent qu’ils ou elles peuvent/doivent le faire, et quelle en est la conséquence pour les auteurs et autrices s’ils ou elles ne le font pas. Toutes les informations peuvent être trouvées ici pour celles et ceux qui souhaitent s’informer.

Je tiens à préciser que beaucoup de comptables et gestionnaires ne nous opposent aucune difficulté. Je ne pointe pas toute une profession, loin de là, seulement des individus qui refusent de prendre en compte la situation sociale des auteurs et autrices, ou qui l’ignorent tout simplement.

La responsabilité d’organismes qui souhaitent valoriser le livre/la lecture/le droit d’auteur

Il faut faire la différence entre deux situations qui s’offrent à nous, auteurs et autrices :

— un ou une journaliste nous propose un article ou un passage à la radio ou à la télévision. C’est de la promotion pure qui peut nous offrir une belle visibilité et un accroissement des ventes. On ne demande évidemment aucune rémunération.

— un organisme/une association/une école nous demande d’intervenir pour mettre en valeur une manifestation ou un événement littéraire. Table ronde, ateliers, rencontres avec le public : c’est du travail, à destination d’un public précis et restreint en un lieu donné. Cela nécessite une expertise, une expérience, et c’est cela qui est recherché.

Cela requiert une rémunération, exactement comme pour tout professionnel qui fait une conférence, comme pour les hommes ou femmes politiques qui interviennent dans les grandes écoles, etc. Si à cette occasion on parle de nous dans les médias ou les réseaux sociaux c’est une plus value pour nous, mais aussi pour l’événement littéraire. 

Parfois de gros organismes qui œuvrent pour la défense du livre et/ou des droits d’auteur proposent à des auteurs et des autrices jeunesse d’intervenir gratuitement dans le cadre d’événements littéraires, pour des ateliers ou des tables rondes, pensant que la visibilité que cela leur offrira, de par la notoriété de l’organisme en question, leur suffira... Or non, la visibilité promise reste collatérale et incertaine, et surtout ce n’est pas normal de nous demander de travailler sans rémunération.

Rendons hommage au Salon Livre Paris qui l’a bien compris et a choisi de rémunérer les auteurs et autrices suite au mouvement #PayeTonAuteur. Ce choix est emblématique. Merci à eux.

Rappelons que la plupart des organisateurs et organisatrices de salons du livre, les agences régionales du livre, les établissements scolaires, les professeurs et professeuses, les bibliothécaires font des pieds et des mains pour trouver les budgets afin de nous rémunérer au tarif de la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse, quand ils nous demandent d’intervenir. Je les remercie personnellement chaleureusement. Je salue à cette occasion les maisons d’édition qui parfois aident les organisateur·rice·s en payant le trajet ou l’hébergement des auteur·rice·s. 

La responsabilité des librairies

Nous sommes aussi les premiers et les premières, nous les auteurs et autrices, à défendre les librairies, à comprendre leurs difficultés, à participer aux opérations de crowfunding pour sauver l’une ou l’autre. La plupart de ces libraires sont fabuleux·ses et défendent nos ouvrages avec une vraie passion. Sans ces libraires, nous serions morts depuis longtemps, j’en suis sûre ! Pourtant beaucoup dégagent une marge de misère, quand ils en dégagent une. Bref, je suis de tout cœur avec les libraires !

Je ne comprends pas pour autant certaines librairies qui ne déclarent pas les ventes de nos ouvrages aux CDI qui proposent à l’emprunt plus de 50 % de leurs fonds. Ce faisant, elles omettent de verser les 6 % obligatoires de ces ventes à la SOFIA. Et c’est encore un manque à gagner important pour les auteurs et autrices, en droit de prêt notamment comme je l’ai expliqué plus haut. Pourtant, nous sommes tous et toutes dans le même bateau.

Que dire également des libraires qui demandent notre présence assidue lors de week-ends entiers, voire les soirées après nos journées de rencontres scolaires, ce sans rémunération (ce que nous acceptons quand nous bénéficions de rencontres rémunérées en amont), mais en plus sans nous accorder une seule ristourne sur les livres que nous leur achetons ? C’est symbolique, mais ça a son importance. Ces librairies ont-elles conscience de notre condition, autant que nous l’avons de la leur ?

Si nous n’avions pas conscience de leurs difficultés, jamais nous n’accepterions de passer autant de temps à faire des dédicaces gratuitement. Cela ne nous rapporte pas grand-chose, vu le faible pourcentage que nous avons sur la vente de chaque ouvrage, hormis le plaisir de rencontrer notre public. Nous le faisons pour les libraires, le plus souvent. Lorsque très visiblement certain·e·s ne le comprennent pas, ça fait un petit peu mal.

La responsabilité des lecteurs et lectrices

Vous êtes notre public, c’est grâce à vous qu’on vit, merci d’aimer nos livres à ce point, ça fait chaud au cœur ! Mais celles et ceux qui téléchargent gratuitement nos ouvrages sur le net se rendent-ils compte que cela ne rémunère en aucune façon notre travail et fragilise toute la chaîne du livre ? Que cela risque de faire disparaître ces livres qu’ils et elles aiment tant lire ? Que dire de celles et ceux qui proposent nos ouvrages aux sites de piratage, réclamant ensuite des remerciements en commentaires (cela, particulièrement, me laisse sans voix...) ?

En conclusion

Voilà toutes les petites et grandes choses qui, cumulées, nous rendent la vie difficile, voire très difficile pour certains et certaines, à cause d’une vision biaisée de la réalité sociale des auteurs et autrices jeunesse, dont peu d’acteurs du livre avec qui nous avons affaire ont conscience, car notre travail est souvent encensé (merci !), et la vitalité de la littérature jeunesse est souvent louée...

Si nous ne sommes pas vigilant·e·s tous et toutes ensemble, non seulement la condition des artistes-auteurs et autrices va se dégrader encore davantage, mais en plus l’ensemble des autres professions risque de s’y aligner peu à peu, puisque la tendance actuelle est de prendre le modèle le moins satisfaisant comme exemple ultime pour participer au redressement économique de la France... On ne peut laisser aucune profession dans cet état, c’est un devoir moral, civique et politique.

Si l’on veut préserver la vie culturelle de notre pays, il faut absolument que le statut social des auteurs et des autrices soit plus digne, que le régime dont ils·elles dépendent soit mieux adapté et davantage discuté et pris en compte. Demandons la création d’un statut spécifique. Ceci est l’affaire de tous et toutes.

Sous le mot d’ordre #auteursencolère, pour dialoguer sur l’avenir du statut social des auteurs et autrices, ainsi que sur les modèles économiques dans le secteur du livre, le 22 mai 2018 auront lieu les « États Généraux du Livre » à la Maison de la poésie à Paris (si vous aussi vous souhaitez que l’Etat nous prenne davantage en compte dans la réforme sociale et fiscale à venir, signez la pétition !).

Florence Hinckel, romancière

Je remercie la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse, pour m’avoir fourni toutes les informations et les conseils nécessaires à la rédaction de cet article.

Je remercie toutes les associations et les syndicats d’auteurs qui se battent pour que la situation des auteurs et autrices s’améliore, et qui font un gros travail d’information qui ne leur est normalement pas dévolu, et ce avec très peu de moyens.

39 Commentaires

 

Claire Gratias

10/05/2018 à 14:16

Au très agacé chasseur de paradoxes qui se cache derrière le pseudo BibiJeanbi : il est commode de critiquer, dénigrer, mépriser, lorsqu'on avance masqué, bien à l'abri derrière un pseudo croquignolet. Non, l'article de Florence Hinckel n'est pas "larmoyant" et encore moins "mauvais" (qui êtes-vous donc pour en juger ?). Il est on ne peut plus réaliste, documenté, complet et utile, ne vous déplaise. Et elle a eu le courage de signer de son nom, elle.

Pascale Maret, autrice

10/05/2018 à 18:30

LMMRM (ce pseudo me grince à l'oreille, mais vous l'avez choisi, bon), à propos d'autrice ou auteure ou auteuse, que vous mettez dans le même panier, une simple remarque : auteure et auteuse sont des aberrations grammaticales, autrice est le seul féminin correct. En effet, le féminin des noms en -teur est -trice- lorsqu'il n'existe pas de verbe correspondant au radical du mot. Ex: le féminin de chanteur est chanteuse car le verbe chanter existe, le féminin de traducteur est traductrice car le verbe traducter n'existe pas.
Quant à l'argument selon lequel ce serait déprécier la fonction que de féminiser "auteur", les traductrices, actrices, directrices, éditrices, créatrices, productrices, etc. apprécieront. Ce mot encore peu usité peut surprendre, certes, mais je ne vois aucune raison de ne pas l'introduire ou le réintroduire dans la langue alors que la profession s'est énormément féminisée.
Je ne pense pas en revanche qu'on doive adopter l'écriture inclusive, qui gêne la lecture, et suis prête à continuer à me plier à la règle grammaticale du "masculin l'emporte", malgré son sexisme, car compliquer la langue ne me paraît pas une bonne solution.
Pour en revenir à l'essentiel de l'article, après ces digressions grammaticalo-féministes, merci à Florence d'avoir fait ce travail de synthèse, avec clarté et mesure. La question du statut de l'artiste créateur est épineuse, car nous ne sommes pas rémunérés en fonction de notre travail, mais du résultat produit, comme cela a été dit, en comparant avec les agriculteurs (pas de subventions pour nous cependant en cas de sècheresse...). Les écrivains, peintres, compositeurs (...et leurs féminins) qui ne rencontrent pas le succès ne gagnent rien, c'est comme ça. Si personne ne veut parier sur leur travail, ils ou elles ne sont même pas édités, exposés, joués. Et s'ils ou elles le sont mais que le public ne suit pas, leurs gains restent dérisoires, quelque travail que leur ait coûté leur oeuvre. Je crois qu'il n'y a pas de solution pour assurer à tout travail de création une rémunération décente si le succès commercial n'est pas au rendez-vous. En revanche, oui, lorsque nos créations contribuent à faire marcher la machine économique, il est juste que nous percevions une part plus importante des bénéfices que les miettes qui nous sont accordées. Et les pistes que donne Florence pour cela méritent d'être suivies.

Maria Vittoria Cavina

12/05/2018 à 19:16

Come per i fornitori che hanno contribuito con beni e/o servizi, così per gli autori sarebbe stato necessario una lista ufficiale completa dei titoli presenti al Salone del Libro di Torino. E un ringraziamento da parte delle autorità; perché senza sponsor e senza autori non esistono né manifestazioni né libri.

Lolotte

19/06/2018 à 13:03

Bonjour,
Lectrice assidue, je viens de découvrir le "combat" des auteurs sur instagram. Ni une, ni deux, me voici donc à faire quelques recherches sur internet afin de mieux comprendre la problématique et de soutenir l'action de ces professionnels que j'aime tant.
Après une heure de lecture, force est de constater que je ne sais plus quoi en penser ...
Sur le fond, je ne peux que soutenir votre combat qui parait bien légitime : la création est précieuse, elle doit être rémunérée à sa juste valeur et reconnue dans ses spécificités.
Sur la forme, par contre, de votre article mais aussi de beaucoup d'autres, je suis en colère : il faut croire que chaque profession qui se bat défend sa chapelle en tirant sur celle des autres, au mépris de toute justesse dans ses propos.
Je suis orthophoniste - donc indépendante - et je rêve de vivre dans un monde qui m’octroierait le statut que vous décrivez !
Tout comme pour vous, l'augmentation de la CSG des professionnels de santé - exception faite des médecins - ne sera pas compensée à hauteur de ce qu'elle va nous coûter. Pourquoi ? parce que le calcul de la compensation intègre des charges que nous ne payons déjà pas.
Tout comme vous, nous cotisons pour des droits que nous n'avons pas comme le chômage par exemple. Je vous conseille aussi de vous intéresser au mode de calcul de nos congés maternité payés au forfait alors que nous cotisons sur un pourcentage de notre chiffre d'affaire. Résultat : le forfait n'est bien évidemment que très rarement à la hauteur de nos cotisations ( du simple au double pour la majorité des orthophonistes). Et je vous déconseille de tomber malade pendant votre grossesse : vous démarreriez alors le décompte de vos trois mois d'arrêt et pourriez être obligée de reprendre le travail le lendemain de votre accouchement ... D'ailleurs, je vous déconseille franchement de tomber malade tout court, vos indemnités misérables démarrant après 3 mois d'arrêt ! A moins, bien sûr, de payer une assurance privée !
Tout comme pour vous, nombreux sont les indépendants inquiets de la mise en place du prélèvement à la source. Les artisans, les architectes, les artisans d'art aussi voient leurs revenus variés d'une année sur l'autre. Les architectes aussi peuvent être payés avec un délai de dingue surtout s'il travaille sur la construction d'un bâtiment public.
Tout comme vous, nous travaillons aussi souvent pour les beaux yeux de la princesse de Prusse : réunions dans les écoles pour nos patients non rémunérées, guidance des familles non rémunérées, revalorisation de nos actes ne suivant pas -loin de là-l'inflation, frais de fonctionnement retenus par les cliniques pour des services inexistants, ... Le pompon est à donner aux infirmières libérales qui ne peuvent facturer qu'un nombre d'actes limité par patient et par jour. Votre parent grabataire a besoin de plus ? et bien elles ne seront pas payées !
Tout comme vous, nous ne sommes pas entendus et il y a peu de chance que les choses s'arrangent. Pourquoi ? Parce que nous sommes peu nombreux au plan national, parce que jamais nous ne pourrons interrompre les soins de nos patients pour montrer notre colère mais surtout parce que les négociations privilégient toujours les médecins au détriment des autres professionnels. Résultat : alors que leur statut progresse régulièrement, le notre stagne depuis des années.
Je pourrais continuer longtemps mais je pense que vous avez saisi l'idée ... Vous en avez marre d'être ignorés ? Et nous donc !! Opposer votre situation à la notre ne fera avancer personne. Cela discrédite même votre combat quand à la lecture d'un article on se dit " Mais moi aussi !" alors que vous présentez votre situation comme très à part.
Ceci dit, parce que reconnaître la difficulté de votre situation n'enlève rien à mon combat à moi, j'aiderai les auteurs du mieux que je peux.
En vous souhaitant le meilleur ,

Lolotte

PS : Si j'ai bien compris, vous êtes environ 200 000 professionnels concernés par ces difficultés. Savez-vous que le nombre de médecins généralistes est de 226 000 en France en 2018 ? Loin de moi, l'idée de dire que nous avons plus besoin de soignants que d'auteurs mais force est de constater que si l'ensemble de la population fait appel aux médecins, le pourcentage de lecteurs diminuent constamment. Au delà de la surproduction, peut-être faut-il aussi s'interroger sur ces chiffres ?

Florence Hinckel

19/06/2018 à 14:16

« Opposer votre situation à la notre ne fera avancer personne » : je suis entièrement d’accord et c’est pourquoi je ne l’ai fait à aucun endroit de mon texte, et je n’ai « tiré » sur aucune autre profession, nulle part. Comment avez-vous pu comprendre cela ? Ca me laisse assez interdite, mais bref... La personne avec qui je vis étant indépendante je connais bien ces problématiques et loin de moi l’idée de dire que c’est un statut de rêve (néanmoins il ne cotise pas pour le chômage puisqu’il n’y a pas droit, c’est étrange que vous si, mais peut-être est-ce une spécificité absurde des métiers de la santé). Je cotoie des tas et des tas de gens avec des statuts différents et qui en bavent, et je les soutiens, sans jamais penser à leur dire « mais pourquoi tu parles de tes difficultés, tu crois que ta situation est pire que la mienne ? » Je suis contente que vous ayez trouvé cet endroit pour expliquer vos difficultés et j’espère qu’elles seront entendues. J’espère que vous pourrez à votre tour publier une tribune pour expliquer tout cela à une large audience, comme j’ai pris le temps de le faire ici. j’espère de tout coeur que cela fera avancer les choses. Je suis bien certaine que cela ne diminuera ni n’accentuera les difficultés des auteurs et autrices. Parler des difficultés des uns, ce n’est pas nier celles des autres, c’est dommage de penser le contraire et c’est cela qui ne fait que nous opposer... ce que, je le répète, je n’ai fait en aucune manière, ni même n’en ai eu l’intention à aucun moment. Merci pour votre lecture et votre intérêt. Et bon courage, dans l’espoir que les conditions de votre profession s’améliore.

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23/02/2021, 15:01

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La justice pardonne-t-elle les critiques élogieuses de livres dangereux pour la santé ?

La justice nous porte souvent vers les confins du sublime, dans une langue magique. La Cour de Justice de l’Union européenne, régulièrement évoquée dans nos colonnes, donne l’occasion d’un petit sourire, voire d’un clin d’œil, facétieux. En effet, l’arrêt dans l’affaire C-65/20 autoriserait, selon un de nos lecteurs, que les mauvais livres — indigestes pour l’esprit — puissent malgré tout être encensés. Attention, mauvaise foi et bonne humeur exigées…

10/06/2021, 12:52

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D'Amélie à Mademoiselle Nothomb : “Tu es encore là toi ?!’

Amélie Nothomb rencontrera pour la première fois depuis très longtemps son public ce samedi 12 juin, dans le cadre du Festival Les mots libres à Courbevoie. On sait combien elle entretient un rapport très particulier, dans tous les sens du terme, avec ses lecteurs, et son impatience à l’idée de les revoir n’était pas feinte. En attendant la rentrée littéraire et son prochain titre, Premier Sang, discussion autour de son dernier roman paru, Les aérostats, des monstres et de l’écriture, et de ses lecteurs.

04/06/2021, 11:47

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Voutch : “Un dessin d’humour, c’est un rébus, entre le texte et le visuel”

Avec une exposition en trois parties, Voutch régalera le public des Mots libres, festival qui s’ouvre ce 1er juin à Courbevoie. Une composition réunissant ses dessins réalisés pour un livre sur les Fables de La Fontaine en 2018, ainsi que des dessins de son dernier album De surprise en surprise. Et puis, des strips, ces petites BD commencées en 2016 sur un blog du Monde, avant de devenir deux livres au Cherche midi.

31/05/2021, 09:13

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Pass Culture : unique réussite d'un Emmanuel Macron tout schuss ?

L’éducation et la culture étaient les pans prioritaires du programme d’Emmanuel Macron candidat à la présidence. Et sur le second point, la mesure probablement la plus novatrice consistait à copier le Bonus Cultura mis en place par Matteo Renzi, Premier ministre italien, en octobre 2016. Baptisé par les équipes Macron Pass Culture, il promettait un bifton numérique de 500 € aux jeunes atteint de majorité, pour des dépenses folles en biens culturels…

21/05/2021, 17:05

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Des dessins inédits de Milan Kundera exposés à Paris

« Par mes expériences et mes goûts je suis centre-européen […], mais au milieu de ma vie, ma femme et moi avons émigré en France. Cet événement est le plus décisif de toute mon existence : il est la clef de ma vie et de mon travail », écrivait Milan Kundera. Français, Tchèque, et Centre-européen, l’écrivain est au cœur d’une exposition organisée par le Centre tchèque de Paris, offrant un regard inédit sur les dessins de l’auteur.

21/05/2021, 10:25

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Marcel Proust devenu auteur de science-fiction

Chercher, Pierre-Carl Langlais adore : il s’est lancé dans des études en histoire de la presse, mobilisant les ressources de l’Intelligence Artificielle pour analyser des corpus entiers. Et au fil des morceaux de code, s’est intéressé à l’outil GPT-2 – logiciel de traitement automatique du langage, produit par OpenAI (société de Elon Musk). « À partir d’un corpus, on propose à la machine un début de phrase, et elle génère le texte qui suit. On peut ainsi croiser deux types de textes, pour emprunter un style à l’un et un univers à l’autre », nous explique le post-doctorant.

13/05/2021, 16:24

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HoomBand : lectures et ambiances pour les angoissés du sommeil

TEST – Le soleil revient, repart, les terrasses restent vides, les pro et anti-vaccins s’empoignent… tout cela donne envie de faire une belle sieste. Mais difficile de s’endormir avec un tel vacarme en bruit de fond ? Taratata, ActuaLitté vous a dégoté un petit gadget presque sexy, qui aide à l’endormissement. Une sorte d’assistant-conteur, capable de vous plonger dans une ambiance sonore, ou une œuvre, afin de favoriser le sommeil. En avant.

10/05/2021, 16:40

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Karl Zéro : l'absence de pub “donne une indépendance éditoriale”

À 59 ans, le journaliste Karl Zéro se lance dans une nouvelle aventure : il vient de lancer avec les éditions Télémaque L’Envers des affaires, un trimestriel décidé à prendre son temps. Une revue consacrée aux grandes enquêtes de notre époque, entre décryptages, analyses et théories. Et qu’il nous présente, avec élégance et sourires.

10/05/2021, 09:10

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Rembourser l'avance perçue : quand l'éditeur devient banquier des auteurs

Il plane dans l’atmosphère comme une odeur de faillites rances, dans certaines maisons d’édition. Au point que leurs dirigeants imaginent toutes les manœuvres à leur portée pour récupérer un peu d’argent — une fois la liquidation prononcée. Plusieurs témoignages concordants font état de demandes, parfois adressées par l’intermédiaire d’avocats, réclamant la restitution d’avances sur droits. Au moins deux structures y ont récemment eu recours, provoquant l’inquiétude des auteurs concernés. 

07/05/2021, 11:23

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En ce 1er mai, “Hommage à tous mes collègues précaires”

Marie Lebert est traductrice et auteure. Depuis des années, elle propose dans nos colonnes des réflexions sur les métiers du livre, l'évolution numérique de l'objet et bien d'autres. Son dernier dossier, Portraits de traductrices et traducteurs du passé portait l'accent sur l'un des rôles invisibles et cruciaux de l'édition. Aujourd'hui, elle souhaite rendre un hommage « à tous mes collègues précaires ». 

01/05/2021, 11:12

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Écouter des bandes dessinées, l'audacieux pari de Blynd

La jeune société de production audiovisuelle Blynd, installée à Lyon, s'est lancée dans un projet relevé : adapter des bandes dessinées au format audio, en s'affranchissant du support graphique. Tim Borne, cofondateur, revient avec nous sur les enjeux et les défis de ces adaptations sonores.

27/04/2021, 14:58

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La Grange Batelière : éditer “de la littérature populaire dans des livres précieux”

Antoine Cardinale collabore aux Ensablés depuis plusieurs année : cette interview qu'il nous propose a été réalisée suite à la publication d'un livre "oublié" d'Alexandre Dumas, Black, par une maison d'édition courageuse, qui soigne en outre la présentation de ses livres.. Par ailleurs, les Ensablés cherchent également à promouvoir les maisons d'édition pas forcément très connues, mais qui ont le courage de publier des livres... perdus dans les sables.

25/04/2021, 10:23

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“Le livre résiste partout, en France et en Italie” (Vincent Raynaud)

ENTRETIEN – « Je suis devenu traducteur d’italien parce que c’est l’une des langues que je lisais et quand j’ai commencé, il y a 20 ans, fin 2001, bizarrement il n’y avait pas beaucoup de traducteurs de l’italien. Il y avait d’excellents traducteurs, mais ils n’étaient pas très nombreux », nous explique Vincent Raynaud, qui officie également en espagnol et en anglais. Un entretien croisé entre France et Italie, autour de la littérature et de ses auteurs.

23/04/2021, 14:10

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Voyage dans la Rome de Gianfranco Calligarich, avec sa traductrice

Voici l’un des textes « intemporels » de la littérature italienne : Le dernier été en ville de Gianfranco Calligarich. Depuis 1973, date de sa parution, l’ouvrage du cinéaste et dramaturge, L'ultima estate in città, était resté inédit en France. Ancré à Rome, dans les années 60, il suit les déboires du jeune milanais Leo Gazzarra, perdu dans une vie privée de sens. Entretien avec la traductrice Laura Brignon.

13/04/2021, 09:51

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Covid : fatigue et inquiétude gagnent des bibliothèques

Depuis le 28 novembre, les bibliothèques, aux côtés des services d'archives et centres de documentation, font partie des seuls lieux culturels de proximité à être ouverts au public, malgré le contexte sanitaire. Ce sort réservé aux établissements de lecture publique, qui reconnaît leur caractère essentiel, en vient toutefois à peser sur certains professionnels des bibliothèques, qui craignent pour leur santé et soulignent une fatigue générale. À ce contexte viennent souvent s'ajouter des revendications plus larges, sur les conditions de travail.

09/04/2021, 16:32

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“L'émotion suscitée par les événements les plus minuscules” : hommage à Gil Jouanard

Gil Jouanard est mort le 25 mars dernier à l'âge de 83 ans. Directeur de la Maison du Livre et des Écrivains pendant deux décennies, à l'origine de nombreux événements littéraires, le poète s'investissait considérablement dans la vie de l'écrit. L'écrivain Antoine Spire, président du PEN Club français, lui rend hommage dans un texte que nous reproduisons ci-dessous.

07/04/2021, 14:37

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Avec ou sans pandémie, le difficile accès aux livres des détenus français

La pandémie de Covid-19 aura fait vivre à l'ensemble de la population l'expérience du confinement, de la privation de liberté et des difficultés qui les accompagnent. Parmi ces dernières, l'accès aux livres et à la lecture. Pour les détenus des prisons françaises, ce droit reste très difficile à faire appliquer, les progrès sont timides et le statu quo souvent de mise. La crise sanitaire, évidemment, n'améliore pas les conditions.

02/04/2021, 11:53

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Bientôt morts, vivants en sursis : Pré-Mortem, à découvrir en 6 séries et films

Patrick McSpare vient de faire paraître aux éditions Leha son dernier roman, Pré-Mortem. Ce passionné de mythologie celtique fait toujours naviguer ses univers entre un monde réel et des créatures fantastiques, pas toujours commodes. Dans ce livre, l’humanité tout entière apprend le jour précis de sa mort, lors de l’apparition de Banshees, le 31 octobre. Joyeux Hallloween…

02/04/2021, 09:43

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Antonio Tabucchi, “le plus italien des écrivains portugais”

Écrivain, certes, mais aussi traducteur de Fernando Pessoa en italien, Antonio Tabucchi a lié avec le Portugal une relation particulière. Enseignant tout à la fois la langue et la littérature lusophone, à Sienne, il est décédé à Lisbonne en mars 2012. Comme si quelque chose devait s’écrire ainsi. Clelia Bettini, de l’université de Coimbra, faculté de Lettres, nous en offre un portrait inédit.

01/04/2021, 16:33

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Juan Branco : “Il y a encore la possibilité d’une guerre civile dans ce pays”

ENTRETIEN — En 2018, Juan Branco publiait Crépuscule, un ouvrage qui mettait en lumière les puissances à l’œuvre derrière l’ascension d’Emmanuel Macron. Devenu un best-seller, le pamphlet avait accompagné l’élan révolutionnaire des Gilets jaunes. Aujourd’hui, l’avocat dissident publie un nouveau manifeste aux éditions Michel Lafon : Abattre l’Ennemi. Au sein de cette œuvre dont le titre annonce déjà la couleur, c’est une refonte totale de la politique française qui est proposée au lecteur « Ce livre est là pour aider ceux qui le souhaitent à rompre avec le système existant dans les mois et années à venir. »

 

31/03/2021, 15:27

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La lutte pour l’organisation d’élections professionnelles n’est pas un détail

L'écrivain Frédéric Maupomé vient de signer une tribune évoquant la question des élections professionnelles pour les artistes auteurs. Il nous propose ici un texte mettant à plat toutes les problématiques de ce sujet. Son plaidoyer est proposé en intégralité.

22/03/2021, 07:57

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Trigger warning en littérature : du danger d'avertir du danger

La censure de six ouvrages du Dr Seuss nous avait donné l’opportunité d’interviewer le traducteur français de certains titres. Stephen Carrière est avant tout éditeur, et posait les bases de réflexions plus profondes sur ce qu’il identifiait comme des menaces pour l’industrie du livre. Devant l'enthousiasme suscité par ce premier entretien, nous lui avons demandé de développer plus largement ses intuitions et de revenir sur la question du trigger warning. Un principe d’avertissement pas forcément charitable.

15/03/2021, 07:05

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“Chaque traduction est une nouvelle traduction“, Nathalie Bauer

Assise à un ancien bureau en bois, une série de gravures raffinées derrière elle, une femme élégante répond avec affabilité et calme à nos questions. Il s'agit de Nathalie Bauer, l'une des plus célèbres traductrices de l'italien vers le français, avec plus de cent cinquante ouvrages à son actif. Sa passion pour la langue italienne est née à l'âge de quinze ans et s’est développée en autodidacte à l’aide d’un livre, L’italien en 90 leçons. Son travail a commencé par hasard, à une époque plus facile, où l’on pouvait encore faire de la traduction littéraire son seul métier.  Par Thea Rimini.

09/03/2021, 08:57

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Développement rural et de sécurité alimentaire : La dernière mission

Auteur de l’essai La Faim du monde (Balland 2019), Nasser Brahimi travaille auprès d’agences internationales et pour des programmes liés aux Nations Unies. Le consultant, fils de parents algériens, a vécu à Paris, avant de retourner à Alger et de s’installer finalement à Rome. Expert en communication, il travaille au développement de deux agences, l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture et le Fonds international de développement agricole. Son texte raconte un moment de ces expériences.

07/03/2021, 17:31

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Seuss, le vivre-ensemble et la cancel culture

Cesser la commercialisation de livres du Dr Seuss, accusés de véhiculer un « racisme infect » par certains commentateurs, voilà qui donne à réfléchir. Les ouvrages jeunesse de l’Américain n’ont pas connu en France le succès d’outre-Atlantique. Pourtant, leur traducteur français s’inquiète, à plus d’un titre, de ces comportements. D’autant que Stephen Carrière, qui a traduit une dizaine d’oeuvres de Seuss, est également éditeur, directeur des éditions Anne Carrière. Il nous répond.

05/03/2021, 14:37

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#AdopteUnLibraire : “Il n’y a pas d’écrivain sans librairie”

Les librairies ont été hissées au rang de commerces essentiels dans le décret n° 2021-217. Ou plus précisément « les commerces de détail de livres ». Contraint et forcé, comme tant d'autres, non plus d'imaginer, mais de vivre dans un pays aux librairies fermées, le romancier Gilles Marchand, auteur entre autres d’un Funambule sur le sable, adresse à ActuaLitté un texte passionné. 

03/03/2021, 11:10

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France : Amazon assigné en justice pour concurrence déloyale

EXCLUSIF – Le confinement a révélé, à son insu, quelques secrets de fabrication et autres télescopages douteux chez Amazon France. Un différend juridique entre une éditrice et son prestataire a mis en lumière de manière flagrante les arrangements de la firme, aboutissant à une distorsion de concurrence. Tout à la fois revendeur et fournisseur de services, elle aura rendez-vous avec la justice française pour en répondre.

02/03/2021, 15:10

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Québec : dix ans après, revient l'idée d'un prix unique du livre

La sortie de la députée Ruba Ghazal (Québec solidaire) a pris de court bien des observateurs et acteurs de l’industrie québécoise du livre. Pour autant, sa demande, « est pleinement pertinente », assure Katherine Fafard, directrice générale de l’Association des Libraires du Québec. Et pour cause, un prix réglementé sur la vente de livres intéresse. Et le Québec, de par sa position au sein du Canada, aurait toutes les armes pour se lancer dans la procédure législative.

02/03/2021, 09:12

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Lise Caillat, traductrice : “Aujourd’hui, quand je ne traduis pas, je lis”

Après une Maîtrise de Langue, Littérature et Civilisation italiennes (Université Stendhal-Grenoble III) et un DESS Édition (Université Paris XIII), Lise Caillat a travaillé pendant dix ans dans l’édition puis en librairie, tout en développant son activité de traduction littéraire. Depuis 2017, elle se consacre totalement à cette dernière ainsi qu’à la recherche d’auteurs et d’ouvrages italiens à faire découvrir au public français. Elle anime également des ateliers de traduction qui visent à sensibiliser les lecteurs et les amoureux des mots aux joies et aux défis du métier. Par Paolo Grossi.

01/03/2021, 09:10

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Vivants à l'unisson : à la défense du spectacle et des artistes

Ne pas laisser mourir les artistes et le spectacle : voici en quelques mots le sens du texte écrit et diffusé par le chanteur Cali, la thérapeute Anne-Laure Buffet et le poète Éric Poindron. Plus qu’un mouvement d’humeur, un appel à l’aide, parti à la défense (et illustration ?) du spectacle vivant. Un manifeste que ActuaLitté diffuse dans son intégralité.

28/02/2021, 10:35

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Le Pass Culture et la lecture : et si ça fonctionnait ?

Toujours en phase d'expérimentation, le Pass Culture doit prochainement révéler les conditions de sa généralisation à tous les jeunes Français et Françaises de 18 ans, doté de 300 € et non 500 € comme prévu. Dans les librairies, les niveaux des réservations sont généralement très bons, malgré certaines réserves sur les effets concrets du Pass dans la promotion de la lecture.

26/02/2021, 13:00

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Traduire Dante : “En poésie, le rythme impose un sens supérieur au sens.”

Coutumier des grands noms de la littérature italienne, Michel Orcel a fréquenté Giacomo Leopardi, aussi bien que Lorenzo Da Ponte. En 2019, La Dogana publiait sa traduction de La Divine Comédie (Enfer, Purgatoire, celle du Paradis arrivera au printemps), en édition bilingue. Alors que 2021 rime avec les célébrations du 700e anniversaire de la mort de Dante, le traducteur revient avec nous sur ce travail du texte d’Aligheri, les choix opérés et la relation au poète italien. Propos recueillis par Federica Malinverno.

22/02/2021, 12:28

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Portrait des bibliothèques en ”sociétés d'émulation“, ou laboratoires d'idées

Les bibliothèques auraient l'environnement nécessaire pour devenir des think tank modernes – quoique le terme soit désormais connoté. L'auteur Jean Behue le suggère : il présente une invitation à réinventer les bibliothèques en sociétés d'émulation, ces cercles d'amateurs et de passionnés qui ont fleuri dès le XVIIIe siècle, et se sont prolongés par la suite dans un bel élan de libération individuelle et collective. Un billet à savourer.

22/02/2021, 09:36

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Aramebook : précurseur du livre numérique pour les lecteurs d'Algérie

Créée en 2018, la plateforme Aramebook propose des livres numériques au format PDF. Première du genre en Algérie, cette plateforme dont le nom vient de Aram – ces grosses pierres qui servaient de repères aux voyageurs –, et ebook, a pour vocation de promouvoir la lecture et la littérature algérienne à travers le monde. Rencontre avec sa fondatrice, Nacéra Khiat, également éditrice chez Sedia.

Propos recueillis par Chloé Martin pour ActuaLitté

19/02/2021, 13:09

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Éditeur indépendant : passion ou profession ?

« En avril 2021, cela fera 10 ans que je fais officiellement des livres, au sein de ma petite maison d’édition indépendante de livres d’art : les Éditions Hartpon. Si cette date anniversaire est une bonne occasion de constater que la “passion“ reste intacte, je me dis qu’elle pourrait l’être également pour faire un premier bilan de ma manière de considérer cette “profession“, aujourd’hui. » Par Caroline Perreau, fondatrice des Éditions Hartpon.

18/02/2021, 12:56

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L'infernale circulaire 2016, ou la retraite à prix d'or pour les auteurs

Ah, la retraite : paisible repos après une dure vie de labeur, accompagnée d’un pécule qui permettra d’offrir les étrennes de fin d’année ou la petite enveloppe d’anniversaire. Ou dans certains cas, plus rares, de faire creuser la piscine rêvée. Pour les artistes-auteurs, l’Agessa se vit confier le soin de collecter les sommes, avec l’incurie que l’on a fini par découvrir… Et qui n’en finit pas. 

17/02/2021, 15:58