#Economie

Les Ensablés – “Beautés de la Provence” de Jean-Louis Vaudoyer

C’est le temps des vacances. Paris se vide. Il faut partir aussi, et nous avons choisi de suivre Jean-Louis Vaudoyer (1883-1963), l’auteur des Beautés de la Provence (1926). Voici donc une carte postale un peu paresseuse qui nous rappellera « avec ses plus amicaux souvenirs littéraires, Jean-Louis Vaudoyer ».

Le 29/07/2018 à 09:00 par Les ensablés

1 Réactions | 1 Partages

Publié le :

29/07/2018 à 09:00

Les ensablés

1

Commentaires

1

Partages

Partager cet article sur Bluesky Partager cet article sur Mastodon Partager cet article sur Linkedin Partager cet article par mail Imprimer cet article
ActuaLitté

Par Antoine Cardinale

Nous aurions vingt ans, ce serait l’été de 1926, et ce romancier et poète, cet élégant critique d’art de quarante-trois ans, ami de Marcel Proust et de Jean Giraudoux, nous serait le guide que nous n’avons jamais eu, et que pourtant tout jeune homme qui aime l’art et ignore la vie devrait avoir : érudit, voluptueux, instruit de tout, amusé par un rien, avec des habitudes de gaieté, mélancolique mais rarement et avec discrétion, il incarne comme le dit Roger Martin du Gard  «l’honnête homme, le Français classique ».

Ce que je vous invite à visiter au moyen de cette longue carte postale, ce sont moins des monuments, des œuvres d’art ou des paysages que le goût d’une époque –si le goût d’une époque se peut visiter- dont Jean-Louis Vaudoyer fut un des éducateurs les plus éminents : romancier à succès, critique à l’Echo de Paris et de cent revues et gazettes, conservateur du musée Carnavalet et administrateur de la Comédie française.

On prend vers le soir le chemin de la gare de Lyon : la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée, me dit-il, lui fait profiter d’un « titre de parcours », je crois que nous en profiterons  aussi. Où est notre voiture ? « Viens avec moi » nous dit-il dans sa préface : suivons-le, les vacances commencent enfin !

On s’est endormi, bercé par le roulis et au matin dans notre couchette, à travers l’intervalle des rideaux de laine brune, le soleil pose une lame chauffée à blanc sur notre visage : nous sommes arrivés ! Le soleil qui claque comme un coup de feu, cette détonation silencieuse de la lumière, c’est Marseille, c’est Saint-Charles ! Certes la Nationale 8 aurait pu nous y conduire, puisque les Citröen et autres Panhard-Levasseur ont porté l’automobile à un point de vitesse qui ne sera pas dépassé mais, nous dit Vaudoyer « si tu peux, arrive à Marseille en bateau ; le mieux serait de revenir de la Chine, des Indes ou d’Alger. Les îles sont devant toi, Ratonneau et Pomègues, tu verrais de loin les monts de l’Estaque, les monts de l’Etoile. Enchante tes yeux de la seule mer bleue ».

Bien sûr ce sont des solutions modernes car aux siècles anciens, « la route reine c’était la route du Rhône, grand chemin d’eau et de soleil » du temps que les routes étaient peu sûres : on arrivait à Aix comme on rejoint un port après un voyage aux Barbaresques ; Marseille n’était plus loin.

Car si, sur de nombreux points, et dans l’esprit même, les chroniques des  Beautés de la Provence  ont beaucoup à voir avec le Journal de Montaigne ou celui du président de Brosses, les choses modernes, l’électricité, la radiophonie, l’automobile et les aéroplanes, s’y mêlent aux choses anciennes : un sarcophage au relief tout arrondi par l’usure, une colonne de brèche africaine ou une tapisserie des Gobelins ; et tout cela sur une mode fantastique et poétique, comme les elfes et les fées de la Nuit d’été qui rentrent dans les maisons et les étables et posent des perles surle front des vaches et glissent des grenouilles dans le lit des jeunes filles .

Assis à l’ombre d’une terrasse, après un riche repas : « des olives à la jeune chair, le tulle d’une omelette légère, le velours du bœuf en daube, des artichauts à la barigoule, des confitures de coing, arrosé d’un agile et chaud petit blanc des Mées et d’un Chateauneuf du Pape couché dans le bourdaloue d’osier »,  parlons un peu avec notre guide de notre plan de voyage.

Comme Napoléon déployait devant son frère Lucien la carte du monde en lui lançant « Choisis parmi les royaumes du monde », peut-être me dira-t-il « Choisis toutes les étapes, je te dirai toutes les particularités, tous les secrets de ce beau pays ». S’il me le demande, alors nous irons aux Lecques souvent, dans une évocation qu’embrume peut-être un peu « un vin blanc de Cassis aux vertus sournoises » puisque de là, il voit de La Ciotat et l’envers, Ceyreste et l’endroit, le Bec de l’Aigle ; il sera peu utile d’aller au-delà de Toulon, puisque cet au-delà appartient davantage à l’héritage italien de la France qu’à l’ancienne Provence.

Il faudra à toute force aller en Avignon, où comme André Hallays, il maudit cette manie des architectes des Monuments historiques de refaire des créneaux et des machicoulis partout où se retrouve un mur ancien ; à Montpellier, Arles et à Nîmes bien sûr. Et il ne faudra pas manquer d’aller aux Saintes-Maries. Je lui demanderai aussi de me mener vers le Lubéron « déchu mais non point mort » et sa litanie de villages, Gordes, Oppèdes, Apt et Ménerbes ; vers toutes les belles fontaines de ce pays sans eaux : celles d’Aix bien sûr, mais aussi celles de Salon, de Toulon, de Signes ou de Méounes –Avignon qui n’en a pas, ayant, fons purissima, le Rhône. Il nous tiendra à l’écart, autant qu’il sera possible de « ceshordes qui s’abattent, flairent et passent ; n’étant pas dignes de rien voir ».

Mais surtout, comment rêver compagnon plus averti, plus sensible ? Visitons avec  lui l’ancien évêché de Carpentras, et observons comment sa science saute toujours sur l’imagination de situations romanesques :

Sous ces beaux plafonds encore très Louis XIII, les frises sont profusément peuplées de déesses et de nymphes aux épaules rondes, aux rondes poitrines : de dieux et de héros qui font glorieusement bomber leurs pectoraux. L’ensemble a la sensualité à demi romanesque, à demi cérémonieuse que les artistes français apprirent des Carrache et du Bernin. De qui sont ces excellentes peintures ? On les donne naturellement à Nicolas Mignard. On lui donne dans le Midi, tout ce qui a été peint au XVIIème siècle (comme on donne à Puget tout ce qui a été sculpté). Personne, à notre connaissance, n’a étudié ces gaies décorations profanes qui dans le Comtat et en Provence, ornent beaucoup d’édifices publics ou privés. Proposons ce sujet à un jeune clerc de l’Ecole du Louvre. Quelle chance pour lui : quitter quelques mois les brouillards de la Seine pour aller vivre sous le plus beau ciel de France !  Il irait à Aix ; il irait à Marignane. Il obtiendrait d’être introduit dans maint hôtel, pavillon et château…

Car jamais Vaudoyer ne se prit pour un prophète, et jamais sa fierté ne le rangea au rang de guide d’excursion. Il ne tient pas à dicter, à nous obliger à voir la Provence comme il la voit. Il a un art particulier, qui met énormément de distance dans sa conversation. Vermeer nous oblige à voir Delft telle qu’il le voit, et c’est Châteaubriand qui aujourd’hui encore nous dicte Rome ; Vaudoyer ne nous imposera pas sa Provence, comme si une tristesse infinie, un voile de mélancolie, doux et trouble comme une brume de chaleur, venait, à son esprit même, en rendre vagues les contours, changeantes et incertaines les couleurs. Devait-il à sa mère, Geneviève Bréton, qui fut la fiancée de Henri Regnault, ce peintre qui portait les plus riches promesses, et dont elle dut reconnaître le cadavre sur le champ de bataille à Buzenval, ce deuil qui par éclipses, vient jeter une nuit tragique sur les paysages provençaux ? Il y a une vérité de la vie spirituelle dans laquelle nous ne rentrerons pas, que nous ne connaitrons pas chez celui qui prit pour devise « Rêver sa vie, vivre ses rêves ».

La Provence et les Comtats, en romancier né, il nous la fait voir, dans une charmante et savante série de cartes postales, à travers les personnages les plus fantastiques qu’on puisse voir : monsieur de Savine, qui fut évêque constitutionnel de Viviers, promenant entre deux orgies une statue de la Vierge coiffée du bonnet phrygien au son de la carmagnole mais terminant sa vie comme un saint, emmuré volontaire quasiment, dans une oraison perpétuelle ;  Joseph Bonaventure Laurens, le félibre sentimental, érudit musical, parmi les premiers à ressusciter Jean-Sébastien Bach, peintre à ses heures et à plein temps coureur de jolies filles  – un pistachié en somme, ce personnage de la crèche provencale, valet de ferme, rusé gourmand, un peu fripon, mais sachant donner à pleines mains ; aux Saintes-Maries de la Mer, Joseph d’Arbaud qui maintint, face à l’oubli, le flambeau du félibrige.

Car Jean-Louis Vaudoyer a, lui aussi,  ses ensablés : Paul Arène, auteur de Jean-des-Figues, grand homme en son pays dont cinquante ans plus tard, à Sisteron, personne ne savait plus indiquer la maison ; à Arles, le déplorable Cyrille, chrétien des premiers jours et dont le zèle transforma la plus belle ville grecque de la Gaule, mamillaria Arleas,  en un champ de ruines , dont on désensablera quatorze siècles plus tard, Vaudoyer nous le raconte, cette Venus que Girardon n’a pas respecté, et que vous pouvez voir au Louvre ; ensablé aussi, Evariste de Valernes, le seul élève de Degas, lequel ému par la misère dans laquelle le Contadin était tombé, lui rendit visite : pour l’aider, le peintre que tout Paris s’arrachait emmena une toile et la voulut vendre : à Carpentras personne n’en voulut ! et Degas en fut quitte pour donner trois mille francs en espèces au pauvre Evariste.

Personnages extravagants, ils sont la face malheureuse de l’Art que Vaudoyer, ce jeune homme trop heureux  -c’est son père qui le dit-  a dépeint avec une prédilection teintée d’un sombre repentir. Ce sont des personnages qui ont poussé jusqu’au bout de leurs forces, pas assez grandes, sur des routes qui étaient trop longues, l’idéal de leur art. Vaudoyer les regarde avec amitié mais ne les rejoint pas, il s’en tient prudemment comme à distance et pour cela trouve dans un sensualisme sans détour un anesthésiant quotidien.

Car ce sceptique, dont la seule religion fut l’Art, est aussi un voluptueux auquel rien n’échappe, ni de jolies épaules, la molle courbe d’un sein, ni la pétulance d’un regard, l’accord miraculeux d’un pied et d’une jambe, ni

                    ….ces bras nus si émouvants / Avec leur duvet d’or et cette veine bleue

Il les aime toutes il me semble, maigres fées ou grosses filles à chignon, Sybilles de carrefour aux grands corps complaisants, cette Anglaise à la peau mate et rose, ou cette noire Bohémienne dans l’église des Saintes-Maries. L’instant d’une imagination chaude qui vous monte à la tête, le temps d’un bal au Jazz Printania, à la sortie des bureaux ou à la table d’un café,  elles deviennent tour à tour les Isolde, Nausicaa ou Myriam, Artemis, Manon ou Carmen du voyageur : « Les trésors les plus sûrs sont ceux qu’on peut toucher » écrit il, sage épicurien, dans un charmant poème à Fragonard : et il est vrai que souvent les pages des Beautés ressemblent à un carnet de croquis de Fragonard ou de Hubert. Le trait est rapide, la couleur vite et bien suggéré, le détail est parfois risqué, mais on n’y voit jamais que de la lumière et à pleine coupe, la Beauté.

Et il y a aussi, plus gravement, dans un moment qui touche au secret d’une blessure, celle qu’il ne vit « que du train, lorsqu’il attendit cinq minutes, un soir de juin », sœur de celle que vit et aima Marcel Proust, remontant le train, en route pour Balbec. L’amour, qui ne se peut voir que de loin, immobile point terrestre que la vie qui passe n’attendra pas, rejoint l’essence de l’Art : on le voit, on l’admire dans les musées ou dans l’architecture, dans l’éblouissement d’une partition : on ne l’atteint jamais, il est une nostalgie absolue ; il ne s’enfuit ni ne se cache ; c’est nous qui passons.

Comme les grands artistes de la Renaissance qui s’intitulaient volontiers architecte, peintre et sculpteur, de même est-il poète, critique et romancier, et il en parle avec une égale puissance les trois langues ; mais je donnerai ma préférence pour le poète. Il fut le poignant biographe de Jenny, l’héroïne poignante de La grenade entr’ouverte de Théodore Aubanel

sa raubo de lano/Coulor de la miougrano/Eme soun front tant lisc et si grands iue tant beu

sa robe de laine, couleur de grenade/avec son front uni et ses grands yeux si beaux :  ce sont les meilleures pages des Beautés. Il fut l’ami aussi de Paul-Jean Toulet, qui nous plonge comme lui dans une matérialité qui flotte dans la magie du souvenir, nous ressaisit et nous abandonne dans une pirouette :

Entre sa nuque et son bonnet / Frise une boucle blonde / Mais elle plonge ; disparaît / Te voici seul au monde

Léger, Jean-Louis Vaudoyer ? qui ne peut méditer et pleurer en lisant les vers qu’il écrivit avec tant de gravité à la mort de son ami Paul Drouot

Ami, je songe aux vers que tu n’écriras pas

Aux livres émouvants, aux magiques mirages

Aux beaux, mystérieux et tendres personnages

Qui sans avoir vécu partagent ton trépas.

Ils sont morts avec toi. Je pensais les voir naître,

Les écouter venir du fonds de ton esprit

Comme l’aube qui sort du sein noir de la nuit.

Car cet esthète a fait la guerre ; engagé volontaire, il accepte le grade, médiocre, la boue, la gale et les bombardements. Il y acceptera surtout l’humanité, qui est au cœur de la beauté puisque l’artiste y habite. Il n’en parle pas, écrivit peu sur le sujet et indirectement. Et qu’il y ait un avant et un après de la guerre, peut-être est-ce une explication de cette personnalité où l’on sent que le passé et le présent ne sont pas cousus ensemble, comme si la main invisible de la douleur en avait déchiré les lais de souvenirs, si bien qu’ils ne se chevauchent ni ne se recoupent plus, flottant au tourbillon du regret.

Dans cet âme d’artiste, était creusé un grand froid de glace qu’il fallait bien qu’il réchauffât souvent au soleil de Provence ; ce feu des cinq cent pages des Beautés, emportons le, serrons-le au fond de notre bagage.Il n’est pas certain que ayons jamais besoin d’autre chose.

Antoine Cardinale

Par Les ensablés
Contact : contact@actualitte.com

1 Commentaire

 

Christine Belcikowski

02/08/2018 à 08:23

Magnifique !

Plus d'articles sur le même thème

ActuaLitté

Les Ensablés - Journal d'un salaud d'Henri Queffélec

Avant de devenir l'inépuisable romancier de la mer et de la Bretagne, Henri Queffélec (1910-1992) a commencé sa carrière par un roman noir dans les eaux troublées de l’Occupation : c’est le Journal d’un Salaud, publié à la Libération en 1944 chez Stock. Par Nicolas Acker

07/06/2026, 09:03

ActuaLitté

Raymonde Vincent, Albert Béguin, Nous vivons côte à côte d'une existence toute mêlée. Correspondance 1927-1957

Oui, oui, je sais, le livre fait près de 900 pages, et cela peut effrayer celui qui ne connaîtrait ni Raymonde Vincent (prix Femina pour « Campagne », et « Elisabeth » récemment réédités par Le Passeur), ni Albert Béguin. Mais ce serait une grave erreur de passer à côté. Il faut en effet lire cet incroyable échange de lettres qui s’échelonne de 1927 à 1957, entre deux êtres d’exception : c'est un document précieux sur la vie littéraire française, mais aussi et surtout une espèce de roman épistolaire qui raconte dans la durée la vie périlleuse d’un amour que traversent la guerre et la débâcle de 40. Comme tout roman, il comporte des ellipses que le lecteur doit combler avec son imagination... C’est ainsi que je l’ai lu, moi qui sors bouleversé par ma lecture  rendue possible  grâce à l’immense travail critique de Renan Prévot qui a rassemblé ici 451 lettres, pas moins ! Par Hervé BEL

24/05/2026, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Près du sol de Emile Guillaumin (1873-1951)

Toute sa vie, Émile Guillaumin resta paysan, cultivant sa propriété de trois hectares dans l'Allier. En parallèle, muni de son seul certificat d'études, il se fit aussi poète et romancier du monde rural. Son premier roman La vie d'un simple (objet d'un précédent article des Ensablés), fut publié en 1904 et reçut un excellent accueil, glanant des voix pour le prix Goncourt. Par Isabelle Luciat

10/05/2026, 09:04

ActuaLitté

Les Ensablés - L'animale, de Rachilde, une réédition bienvenue

Il y a les Ensablés que nous connaissons bien, cohorte d’auteurs jouets du ressac des modes et de la gloire. Il y a les Oubliés, perdus au fond des mers.  Et il y a aussi quelques miraculés sauvés des eaux. Rachilde est de ceux-là. Célèbre et célébrée en son temps, cette grande scandaleuse aurait fini par disparaitre complétement de l’histoire littéraire qui ne retient guère que George Sand comme grande figure féminine pour la littérature au XIXème et Germaine de Staël pour la pensée, si quelques universitaires et éditeurs ne s’étaient acharnés à la faire reconnaître. Par Denis Gombert

26/04/2026, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Faux-passeports, de Charles Plisnier

« Le personnage qui dit “je” dans ce livre, souhaiterait garder quelque mystère. » La première phrase de cet vrai-faux roman Faux-passeports (1937), qui se compose en fait de cinq nouvelles reliées entre elles par un même narrateur, pose d’emblée la véritable nature de ce livre, un savant mélange d’autobiographie, de romanesque et d’essai sur ce qu’est l’engagement pour une cause. Par Carl Aderhold.

12/04/2026, 09:55

ActuaLitté

Les Ensablés - Le bouquet de Henri Calet

Cela fait 70 ans qu’Henri Calet (1904-1956) a quitté le monde des vivants. Mais un certain nombre de lecteurs, dont les Ensablés, travaille régulièrement à sa résurrection. Pas étonnant, puisque ce chroniqueur des vies fragiles, à commencer par la sienne, est un auteur des plus attachants. La poisse toujours en bandoulière, son humour caustique semble vouloir excuser une mélancolie persistante. Le Bouquet (1945) revient sur l’expérience de la débâcle de 1940, de la captivité à l’évasion de son auteur. Fidèle à son style, Calet déroule avec une simplicité désarmante le récit doux-amer de ce moment de bascule pour l’écrivain comme pour le pays. Par Nicolas Acker. 

29/03/2026, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Ma petite Yvette, d'André Dumas

En terminant la lecture de Ma petite Yvette d’André Dumas (1874-1943), récemment réédité par J’ai lu, je me suis demandé aussitôt : est-ce un chef-d’œuvre ? Mon cœur  me répondait « oui ! », tandis que ma raison, le souvenir des romans de Proust, de George Eliot (bref les écrivains de mon Panthéon) me disaient que non, ce n’était pas tout à faire un chef-d’œuvre. J’ai ma petite idée désormais. Par Hervé BEL

15/03/2026, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Le vitriol de Lune de Henri Béraud

Au rebours des titres à rallonge péniblement explicites dont raffolent certains plumitifs contemporains, il en est d’intrigants et mystérieux qui suscitent curiosité et envie de lire. Ainsi des ouvrages d’Henri Béraud (1885-1958), qui avait indubitablement l’art de trousser des titres originaux, du Martyre de l’obèse au Flâneur salarié, en passant par La croisade des longues figures ou le surprenant Vitriol de Lune.

Par Marie Coat

01/03/2026, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - L'insaisissable, de Liane de Pougy (1869-1950)

La vie de Liane de Pougy, de son vrai nom Anne-Marie Chassaigne (1869-1950), est une œuvre à programme, passant du vice au luxe, du luxe à la vie spirituelle. Elle est l’une des grandes courtisanes de la Belle Époque avant de devenir écrivaine puis tertiaire dominicaine. Issue d’un milieu modeste, danseuse puis demi-mondaine adulée du Tout-Paris, elle incarna la somptuosité, l’esprit et la liberté scandaleuse de la fin du XIXᵉ siècle, fréquentant artistes, aristocrates et écrivains. Elle connut une célébrité éclatante grâce à ses romans et journaux à clé. Après la Première Guerre mondiale, elle se retira progressivement du monde, se rapprocha du catholicisme et termina sa vie dans la prière, à Lausanne, laissant l’image paradoxale d’une femme passée de l’érotisme mondain à l’ascèse religieuse.

Par Nicolas Kinosky     

15/02/2026, 17:17

ActuaLitté

Les Ensablés - Les hommes sont pressés, de Juliette Pary

Née Julia Gourfinkel en 1903 à Odessa, mais venue en France à la suite de la Révolution russe de 1917, Juliette Pary  (1903-1950) a été une journaliste de gauche pour divers périodiques (Marianne, Regards, Le Journal Juif, etc.) à l’époque du Front populaire, menant des reportages parmi les milieux populaires, traitant des questions sociales ; traductrice notamment de Stefan Zweig et d’Hermann Hesse, d’Agatha Christie et de romans populaires américains pour la revue hebdomadaire Confidences ; auteure elle-même de polars désopilants et d’un remarquable roman non moins burlesque, Les Hommes sont pressés, paru chez Gallimard au printemps 1934. Par François Ouellet.

31/01/2026, 13:29

ActuaLitté

Les Ensablés - Caserne 1900, de Léon Werth (1878-1958)

Si Léon Werth fit scandale en 1919 après la publication de sa charge antimilitariste Clavel soldat et Clavel chez les majors (objets d'un précédent article des Ensablés) il reste dans les mémoires comme le dédicataire du Petit Prince dont la page de garde affiche: A Léon Werth quand il était petit garçon». Et c'est bien ainsi qu'il apparaît sur la photographie qui orne la couverture de son Caserne 1900 réédité en 1993 par les éditions Viviane Hamy.POar Isabelle Luciat.

18/01/2026, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - La Billebaude, de Henri Vincenot

Le premier article des Ensablés de cette année 2026 (16 ans d'existence)  est consacré à la réédition d’un roman que les lecteurs de moins de vingt ans ne peuvent pas connaître : « La Billebaude » (1978), du bourguignon Henri Vincenot (1912-1985) dont le passage à Apostrophes (heureux temps !) assura la gloire dès 1976. Une fois de plus, ce sont les éditions Le Passeur qui prennent l’initiative de cette publication, après avoir, l’année dernière, réédité l’admirable Campagne de Raymonde Vincent… Par Hervé BEL.

04/01/2026, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Les demi-vierges, de Marcel Prévost, par Jean-Marc Quaranta

Romancier à succès des années 1890-1920, Marcel Prévost (1862-1941) partage avec Marcel Proust son prénom et l’étymologie de son nom. Altération locale du substantif prévôt, le patronyme de Proust a été parfois confondu avec celui de cet autre Marcel, alors plus connu que lui et dont le nom semblait comme « une faute d’impression du » sien, comme il l’écrit en 1912 à Louis de Robert[1]. La postérité a réglé la question et donné raison au cadet : Prévost est complètement oublié, ensablé, quant à Proust chacun le connaît, beaucoup le lisent encore et sa place dans l’histoire de la littérature – comme fondement du Nouveau Roman et de l’autofiction – n’est plus à faire. Par Jean-Marc Quaranta

21/12/2025, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Il y a cinquante ans décédait Pierre Bost

J’écris cet article au moment où je termine l’écriture d’une biographie de Pierre Bost, écrivain, journaliste, scénariste. On pourra la lire ultérieurement. En attendant, relisons l’écrivain, dont le 6 décembre 2025 a marqué le 50e anniversaire de sa disparition. Par François Ouellet.

07/12/2025, 17:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Les Réveillés de la vie et Les Irréductibles de Zoé Oldenbourg

Avec Les réveillés de la vie (1956) et Les Irréductibles (1958), Zoé Oldenbourg (1916-2002) retrace l’histoire d’un amour impossible. De la fin des années 1930 à l’aube des années 1950, Elie et Stéphanie se cherchent et se fuient dans une valse-hésitation cruellement heurtée par la guerre. Semblable à son premier diptyque médiéval qu’il l’avait révélée, la romancière-historienne projette ici ses personnages dans la lumière contemporaine du XXe siècle où s’étirent encore les ombres portées du Moyen Age et ses dilemmes spirituels.

Par Nicolas Acker.

23/11/2025, 10:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Huysmans vivant d'Agnès Michaux

Bravo à Agnès Michaux d’avoir osé s’attaquer à Huysmans dans son épais volume publié au Cherche Midi il y a peu ! Il fallait le faire ! « Huysmans vivant » est la première biographie depuis celle de Robert Baldick publiée en 1958 (chez Denoël). Vieil admirateur du romancier, je me la suis procurée aussitôt, curieux de voir comment cette romancière (La fabrication des chiens) et spécialiste de la fin du XIXème siècle a pu traiter ce sujet vaste et ardu. En effet, aborder la vie de Huysmans, c'est aussi évoquer tout un pan de la littérature du XIXeme siècle.
Par Hervé Bel

09/11/2025, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - La Maternelle de Léon Frapié

Que reste-t-il de nos Goncourts ? Nombre d’heureux lauréats de ce prix littéraire tant convoité ne sont pas passés à la postérité et leurs romans sont aujourd’hui bien ignorés... Entre les oubliettes où ils churent et le Panthéon des auteurs consacrés, se maintiennent bon an mal an quelques romanciers dont la notoriété subit certes des éclipses, mais dont on redécouvre périodiquement l’intérêt. Par Marie Coat

 

26/10/2025, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Le tout sur le tout, de Henri Calet (1904-1956)

Henri Calet (de son vrai nom Raymond Barthelmess) n'est pas un inconnu pour Les Ensablés qui l'ont abondamment célébré, notamment au travers de son roman majeur Monsieur Paul (publié en 1950). C'est que l'homme qui se devine au travers d'une œuvre largement autobiographique, est éminemment énigmatique et attachant, se caractérisant, selon les termes de son biographe Michel P. Schmitt par « un fin humour allié à la peine de vie la plus noire » . Dans l'un des articles que Les Ensablés lui ont consacrés, il est dit que « La vie de Calet fut riche en aventures dans sa première moitié, beaucoup moins dans la seconde ».

Par Isabelle Luciat.

12/10/2025, 09:00

ActuaLitté

Les Ensables - Les modérés, d'Abel Bonnard

Le parcours d’Abel Bonnard  (1883-1968) est l’un des plus surprenants parmi les écrivains du XXe siècle. Son destin intellectuel et politique est un précipité d’ambiguïtés, de compromissions et de fulgurances. Par Nicolas Kinosky 

28/09/2025, 10:42

ActuaLitté

Les Ensablés - La Reine battue, d'Henri Duvernois

Le propre du « petit maître » est d’être discret. Un temps, il s’impose, il plaît... Puis disparaît, écrasé sous les poids des « grands ». C’est que l’on ne peut pas retenir tout le monde. J’ai mes « petits maîtres » favoris, et l’un d’eux, vous le savez peut-être, car j’en ai déjà parlé, s’appelle Henri Duvernois. Récemment, dans un vide-grenier, perdu dans un amas de livres vendus un euro chacun, je suis tombé sur son roman « La Reine battue » publié sur papier alfa bouffant dans la belle collection de luxe Le livre de demain, où le texte s’orne de gravures. Je l’ai acheté évidemment, sachant à l’avance que je ne serais pas déçu. Par Hervé Bel.

14/09/2025, 10:00

ActuaLitté

Les Ensablés - La Pierre angulaire, de Zoé Oldenbourg

Zoé Oldenbourg (1916-2002) fut longtemps associée aux succès d’édition de grandes fresques médiévales. Son premier livre, Argile et Cendres (1946) qui suit les péripéties d’un petit seigneur partant pour les croisades, impressionna tellement par sa précision et son ampleur qu’on y vit un potentiel Goncourt. Le couronnement arrivera finalement en 1953 avec son second roman La Pierre angulaire qui remporte le Prix Femina. Zoé Oldenbourg y expose les tableaux contrastés d’un Moyen-Âge où même les âmes les plus abjectes vivent dans l’espérance du salut éternel. Par Nicolas Acker.

31/08/2025, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - La vierge et le taureau, de Jean Meckert

Les éditions Joëlle Losfeld poursuivent avec bonheur la réédition des romans de Jean Meckert  (1910-1995). Le dernier en date, La vierge et le taureau, occupe une place à part dans l’œuvre de Meckert. D’abord parce qu’il s’agit du dernier publié sous son propre nom. S’il continue à publier par la suite, ce sera désormais sous le pseudonyme de Jean Amila, bien connu des amateurs de romans policiers. Dernier roman de Meckert donc, La vierge et le taureau est aussi entouré d’une légende noire qui fait de ce livre, une sorte d’ouvrage maudit qui a donné libre cours à de nombreuses spéculations. Par Carl Aderhold

17/08/2025, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Le wagon à vaches (1953), de Georges Hyvernaud

Sa prose noire et acérée rappelle Raymond Guérin. Son ironie pessimiste penche du côté d’Emmanuel Bove. Le phrasé rageur est célinien. Nous sommes en 1953 lorsque Georges Hyvernaud publie son deuxième récit le Wagon à vaches. On y retrouve la veine existentialiste, sans le torse bombé de l’intellectuel engagé. Par Nicolas Acker.

27/07/2025, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - La fin de la IIIe République, de Emmanuel Berl

Paru en 1968 dans la célèbre collection de Gallimard, « Les trente journées qui ont fait la France », La fin de la IIIerépublique est republiée quelques années plus tard dans une autre collection intitulée «Témoins». Ce passage révèle bien à la fois la nature de cet ouvrage mais aussi celle de son auteur, Emmanuel Berl (1892-1976). S’il est aujourd’hui tombé dans l’oubli (tout juste certains se souviennent qu’il fut le mari de la chanteuse Mireille), il a pourtant marqué la vie intellectuelle des années 1930 par ses positions que ses biographes qualifient volontiers d’inclassables. Par Carl Aderhold

06/07/2025, 10:45

ActuaLitté

Les Ensablés - Le roi dort, de Charles Braibant

« Nos pays ne sont pas beaux...mais il y a en eux une espèce de grandeur calme et comme un peu dédaigneuse qui est beaucoup plus captivante que la beauté ». Ainsi Charles Braibant (1889-1976), Champenois de lignée et de coeur, décrit-il sa région d’élection dans son roman Le roi dort qui, s’il rata de peu le prix Goncourt, fut couronné du Renaudot en 1933. Par Marie Coat

 

22/06/2025, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - La peau et les os de Georges Hyvernaud

Dans la fosse commune de l’oubli, Georges Hyvernaud n’a non seulement rien fait pour l’éviter - en ne publiant que deux livres de son vivant - mais y a sauté à pieds joints. La Peau et les os (1949), court mais édifiant récit de sa captivité pendant la seconde guerre mondiale, puis Le Wagon à Vaches (1953), roman implacable de l’impossible réadaptation à une vie dite normale, prouvent que l’écrivain avait pris le parti non négociable d’une vérité humaine très difficile à vendre. Par Nicolas ACKER.

08/06/2025, 19:15

ActuaLitté

Les Ensablés - Planète sans visa, de Jean Malaquais

Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais  (1908-1998) - quitta la Pologne à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Mobilisé en 1939, il fut fait prisonnier, puis parvint à s'évader. Juif et apatride, il partagea alors l'existence précaire de nombre de personnes réfugiées à Marseille dans l'espoir d'obtenir un visa. Grâce à l'aide de son ami Gide, il obtint ce précieux sésame et gagna les Etats-Unis où il vécut plusieurs années, enseignant la littérature. Malaquais n'a publié que trois romans : « Les Javanais » (prix Renaudot 1939),  « Le Gaffeur » (publié en 1953), tous deux objets de précédents articles et  « Planète sans visa », grand roman de la France sous l'occupation, publié en 1947 et qu'il remania jusqu'à ses derniers jours. Ce roman de plus de 500 pages a été réédité en 1999 après sa mort.

25/05/2025, 09:41

ActuaLitté

Les Ensablés - La Saint-Michel et le Pont Euxin d'Anne Lacroix, par François Ouellet

Anne Lacroix (1897-1982) n’aurait publié qu’un seul roman, La Saint-Michel et le Pont-Euxin chez Grasset en janvier 1933. À cette date, elle a déjà commencé un deuxième roman, Rézle (et même annoncé un troisième titre, Les Bergers d’Arcadie), soumis en décembre de la fin de cette même année pour le Prix du roman du Temps ; les quelques voix qu’elle récolte seront insuffisantes pour qu’elle obtienne ce prix qui consiste dans la publication du roman dans les pages du quotidien. Mais, cinq ans plus tard, en mars 1938, Rézle paraîtra en feuilleton dans Le Temps. Il ne semble pas que la carrière d’Anne Lacroix ait connu d’autres développements. Par François Ouellet.

11/05/2025, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - L'Impassible de Frédéric Berthet (1954-2003)

Lorsque la critique d’un livre est aussi intéressante, voire plus, que le livre dont elle parle, lorsqu’on se régale de son style, de son ironie, de sa drôlerie, et si transparaît à travers ses mots l’originalité de l’homme lui-même, alors on peut se dire qu’elle est elle-même œuvre littéraire, et que son auteur est un sacré bonhomme. Voilà la réflexion que je me suis faite après la lecture de ce recueil d’articles de Frédéric Berthet, récemment paru chez La Table Ronde sous le titre L’Impassible. Par Hervé BEL

27/04/2025, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Happe-Chair de Camille Lemonnier (1844-1913)

Happe-Chair, un titre qui a tout de suite attiré mon attention. Je me trouvais alors dans une des dernières librairies anciennes de la rue Saint-Sulpice (pour combien de temps encore sera-t-elle là ?), dans la bonne odeur des vieux livres, lorsque je suis tombé sur la réédition de 1908 de ce roman de Camille Lemonnier publié une première fois en 1886 chez Kiestmaeckers…  par Hervé Bel. 

13/04/2025, 12:28

ActuaLitté

Les Ensablés - Jacques Rivière, Sentiments et critique

À l’occasion du centenaire de sa mort, la collection Bouquins consacre un volume à Jacques Rivière, critique et essayiste, véritable cheville ouvrière de la Nouvelle revue française dont il assura la direction durant plus de 10 ans. Mort prématurément en 1925 à l’âge de 39 ans, celui qui fut à la fois le grand ami et le beau-frère d’Alain Fournier, l’auteur du Grand Meaulnes, révèle par la quantité d’articles qu’il donna à la revue une perspicacité critique étonnante. Sensuelle et inspirée. Par Denis Gombert

30/03/2025, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Lire sous l'occupation de Jacques Cantier

Le monde des livres sous l’Occupation a déjà été étudié par l’historien Jacques Cantier qui s’était intéressé à la trajectoire de l’une des figures maudites des lettres françaises avec sa biographie de Pierre Drieu La Rochelle (Perrin, 2011). Cette fois, avec Lire sous l’Occupation, publié en 2019 et en poche en 2024 aux Éditions CNRS, il nous présente un panorama global de la lecture entre 1939 et 1945. , par Nicolas Acker.

16/03/2025, 16:50

ActuaLitté

Les Ensablés - La femme qui boit de Colette Andris, par Marie Coat

En mars 2023, Gallimard publiait dans sa collection L’imaginaire un grand succès de son catalogue paru en 1929, réédité à huit reprises puis repris en 1934 dans sa collection de poche : La femme qui boit », première oeuvre d’une jeune femme de 29 ans, Pauline Toutey. Par Marie  Coat

02/03/2025, 19:56

ActuaLitté

Les Ensablés - Le gaffeur de Jean Malaquais

Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais - quitta la Pologne  à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Cette période de sa vie fut marquée par une grande précarité et  par la volonté farouche de vivre de sa plume. Mobilisé en 1939 puis fait prisonnier, il s'évada et émigra vers le continent américain. Par Isabelle Luciat

16/02/2025, 10:09

ActuaLitté

Les Ensablés - Le Boucher des Hurlus de Jean Meckert

Jean Meckert (alias Jean Amila, 1910-1995) est mort il y a trente ans… Pas tout à fait mort, car ses romans ont continué d’être réédités et nous n’avons pas manqué d'en parler dans nos colonnes (1). Cette fois, c’est la courageuse Ronces éditions (2) qui republie Le boucher des hurlus paru chez Gallimard en 1982 et signé du nom Jean Amila qu’il avait adopté pour ses romans publiés dans la Série Noire. Par Hervé BEL

02/02/2025, 19:38

ActuaLitté

Les Ensablés - L'inconstante de Marie de Régnier

Fille de José Marie de Heredia, épouse du poète Henri de Régnier, Marie de Régnier n’eût peut-être d’autre choix que de devenir une femme de lettres. Mais en adoptant un nom d’homme tout de même, société corsetée oblige ! C’est ainsi que Marie de Régnier entama très tôt une carrière littéraire au confluent de deux siècles, à la période de la Belle Epoque, sous le nom de de Gérard d’Houville, puis de Gérardine (la renommée de Caroline Rémy, dite Séverine, étant peut-être passée par là). Par Denis Gombert.

19/01/2025, 09:00

Autres articles de la rubrique Livres

ActuaLitté

Une expérience qui fait peur parce qu’elle est vraie

Naples, 1974. Andrea, passionné d’art, inaugure sa première galerie. Il a fait venir une jeune artiste de vingt-sept ans, Marina Abramović, qui l’avait stupéfié lors d’une performance à Belgrade. Marina incarne le corps communiste qui a grandi sous Tito.

18/06/2026, 07:00

ActuaLitté

Benjamin Graham, Peter Lynch, Morgan Housel : trois livres pour comprendre les marchés

Les marchés financiers fascinent depuis longtemps les écrivains, les économistes et les journalistes. Bien avant l’apparition des applications de trading, les livres tentaient déjà d’expliquer les mécanismes de la spéculation, les ressorts psychologiques des investisseurs et les risques liés à la recherche du profit.

 

17/06/2026, 17:58

ActuaLitté

Une adorable ourse : Woodbrook cache encore ses morts

Après un premier volume qui a dépassé les 13.200 exemplaires, Beneath the three where nobody sees, de Patrick Horvath revient dans une suite, tout aussi inquiétante. Parce que raconter l’histoire d’une tueuse en série, quand bien même on utilise des animaux anthropomorphiques, cela n’a rien d’un conte de fées… Promenons-nous dans les bois, à partir du 3 juillet.

17/06/2026, 16:55

ActuaLitté

Beneath the trees where nobody sees

17/06/2026, 16:45

ActuaLitté

Le joueur de flûte des enchères

Une fable aussi étrange qu'effrayante sur l'air du joueur de flûte de Hamelin. Le premier et unique roman de Joan Samson est une histoire puissante qui va prendre la tête du lecteur et ne pas la lâcher facilement. Un roman qui a tout pour devenir un livre culte.

17/06/2026, 12:35

ActuaLitté

Annie Ferret sonde les secrets des pères dans Désir des hommes

Un vieux batik signé Daouda rouvre l’histoire d’Émeline, de Gilles et d’Everett, entre Ouagadougou, mémoire familiale et violences enfouies. Avec Désir des hommes, Annie Ferret compose un roman ample sur la filiation, le deuil, l’emprise, la paternité et la force des femmes. La figure du devin relie les récits, recueille les secrets et fait surgir ce que chacun croyait tenir à distance. Attendu pour le 20 août (très attendu).

17/06/2026, 11:56

ActuaLitté

La Punition : un père, un fils, une parole impossible

Dans La Punition, publié chez P.O.L, Arthur Dreyfus revient vers une scène de 2003 : un père transforme le coming out de son fils en faute, en choix, en condamnation. Le récit suit les effets de cette parole dans le corps, le désir, la honte et l’écriture. Cru, mobile, parfois vertigineux, le livre cherche une forme capable de traverser le trauma sans lui abandonner toute la vie. La sanction tombera le 20 août.

17/06/2026, 11:55

ActuaLitté

Cantique du chaos

17/06/2026, 11:30

ActuaLitté

L’ex-candidate à la Maison-Blanche met le manoir en crise

« Pas de temps à perdre. Aujourd’hui, je meurs. » C’est par ces mots que, le 9 juin 1927, Victoria Woodhull annonce à son domestique Ménélas Daisastre, un jeune Marseillais traumatisé par la Grande Guerre, qu’elle entame la dernière journée de son existence. À quatre-vingt-huit ans, elle est coutumière des prédictions catastrophiques au manoir de Norton’s Park.

17/06/2026, 09:00

ActuaLitté

Trois vies liées par le désir de réussir autrement

Thessa écrit une longue lettre à Blue, la fille de son amie de toujours, Jypsi. Il est temps de lui révéler comment est arrivée la tragédie qui a infléchi le cours de leurs vies.

17/06/2026, 08:00

ActuaLitté

Un premier roman salué par Amélie Nothomb

Elles vivent dans une cabane isolée, au cœur de la forêt, là où rien ne peut les atteindre. À seize ans, l’adolescente ne connaît pas d’autre visage que celui de sa mère. Son monde se résume à quelques arpents de terre, ses jours sont rythmés par le passage des saisons et les rituels que Maya lui impose pour la protéger de la corruption qui guette de l’autre côté de la barrière.

17/06/2026, 07:00

ActuaLitté

Tous les jardins du monde

16/06/2026, 17:54

ActuaLitté

Sauf la frontière

16/06/2026, 11:30

ActuaLitté

Résister quand l’histoire accélère : une boussole face au fascisme

À Perm-36, ancien camp du Goulag, Catherine Dorion découvre une mémoire nue : des cellules, du froid, du silence, des morts, et la sensation physique d’un avertissement. De cette visite à l’année 2025, Le courage et la joie relie les récits du totalitarisme, la montée des autoritarismes contemporains et les mécanismes psychiques qui désarment les sociétés démocratiques. À paraître le 21 août.

16/06/2026, 11:26

ActuaLitté

Ibtisam Azem imagine un matin sans Palestiniens

Au réveil, les Palestiniens ont disparu. Mais les maisons, les téléphones, les rues, les noms anciens et les cahiers restent là. Dans Le Livre de la disparition, Ibtisam Azem transforme cette hypothèse sidérante en roman de mémoire et d’effacement. Entre le cahier rouge d’Alaa, Palestinien de Jaffa, et le regard d’Ariel, journaliste israélien, l’absence devient une présence impossible à contenir. Apparition, le 26 août.

16/06/2026, 10:36

ActuaLitté

Le pacte des Héritières de Lucie Castel : la saga des femmes du clan des Rochefort

Tout est réuni dans cette saga familiale pour captiver les lecteurs et lectrices : un clan familial très riche gère ses affaires au sein d’un conseil d’administration exclusivement constitué d’hommes. À la mort du patriarche, le testament comporte une énigme et celui qui saura la résoudre prendra la place du défunt.

16/06/2026, 09:41

ActuaLitté

Landru, Barbe-Bleue passé au noir et blanc

Chabouté s'empare du mythe « Landru » et réinvente l'histoire à sa façon, dans un petit thriller malicieux au dénouement très politique.

16/06/2026, 09:23

ActuaLitté

La maîtresse juive de Mussolini

En 1947, Margherita Sarfatti est de retour dans sa villa du lac de Côme après la guerre et son exil provoqué par les lois raciales. Elle retrouve un décor presque intact, mais hanté par les fantômes du fascisme, de son fils mort au front et de son ancien amant, Benito Mussolini.

16/06/2026, 09:00

ActuaLitté

Comme un bon roman, l’entretien auto se lit à l’avance : tout ce que vous ignorez sur le remplacement des amortisseurs

Un récit bien construit sème ses indices longtemps avant le dénouement. Une voiture procède de la même manière : elle parle, elle prévient, elle laisse des traces, mais encore faut-il savoir les lire. 

16/06/2026, 08:17

ActuaLitté

Une vie en caravane, loin de la maison promise

Depuis vingt ans, Sofia, Roumaine d’une soixantaine d’années, vit dans un camping en Espagne. Elle dort dans une caravane, travaille à la réception jusqu’à l’épuisement, et se heurte chaque jour à une langue qui la trahit, ce qui lui rappelle sans cesse qu’elle n’est qu’une étrangère de passage. Partie pour offrir un avenir à son fils Robert et à son père restés en Roumanie, elle découvre, au seuil de la retraite, que tout ce qu’elle a sacrifié – argent, temps, présence – s’est effondré.

16/06/2026, 08:00

ActuaLitté

Une famille portoricaine prise entre deux pays

1968, Porto Rico. En épousant Peter, un séduisant Américain d’origine irlandaise, Rafaela s’efforce d’étouffer les doutes qui l’assaillent. Pour cette jeune femme hantée par la faillite financière de ses parents et par son amour caché envers le fils de sa gouvernante, quitter son île natale apparaît comme un possible renouveau. 

16/06/2026, 07:00

ActuaLitté

Christine Jordis, présidente du Femina et grande passeuse des lettres anglaises

Christine Jordis est une figure peu commune du Prix Femina - elle est présidente du jury cette année -, et de l'érudition littéraire. La meilleure des collections, Bouquins, réunit deux de ses ouvrages majeurs : Gens de la Tamise et d’autres rivages et Promenades anglaises. Fidèle comme on en rêve, aux lettres anglaises, impériales puis post-impériales, et aux paysages britanniques, elle tient ensemble l'effort, le goût et l'attention.

15/06/2026, 18:22

ActuaLitté

Quartier des fantômes

15/06/2026, 12:00

ActuaLitté

Quand l’enfance à la ferme se change en cauchemar, Lait cru

Rien ne se dépose vraiment dans Lait cru : ni le froid, ni la faim, ni les odeurs, ni les bêtes. Depuis une chambre de soin où l’écriture le ramène vers son passé, le narrateur de Steve Poutré rouvre son enfance dans une ferme des Cantons-de-l’Est. Le roman avance par fragments sensoriels, entre rudesse agricole, vertige mental et violence familiale, sans folklore ni nostalgie. À surveiller, dès le 20 août.

15/06/2026, 10:51

ActuaLitté

Ceux qui nous frappent : la violence invisible mise au procès

Un procès inventé, mais nécessaire, ouvre Ceux qui nous frappent sur une question que le droit peine à saisir : comment juger une violence qui ne laisse pas toujours de traces visibles ? Dans la salle 403 du tribunal de Rennes, Anaïs Llobet confronte la mort de Sara Messina, boxeuse disparue, aux récits de ceux qui prétendent la comprendre, l’aimer, la défendre ou l’expliquer. Un roman judiciaire tendu, précis, traversé par la colère et le doute. Ouverture, le 26 août.

15/06/2026, 10:45

ActuaLitté

L’affaire Violette Nozière, entre crime et patriarcat

Avec ce portrait de la célèbre parricide, le texte de Jérôme Leroy, éclairé par une prose lumineuse et très documentée, nous offre une immersion glaçante dans la société patriarcale des années 30.

15/06/2026, 10:40

ActuaLitté

André Velter, le galop libre de la poésie

Avec Où se risque la chance, André Velter poursuit ce qu’il fait depuis des décennies : transformer la poésie en manière d’habiter le monde intensément, sans hiérarchie entre les cultures, les paysages, les musiques, les colères et les émerveillements. Mais ce nouveau livre, publié dans la collection Blanche de Gallimard, possède quelque chose de plus libre encore, presque dionysiaque : une écriture qui refuse toute ligne droite et préfère les surgissements, les éclats, les bifurcations de la mémoire et du désir.

15/06/2026, 10:38

ActuaLitté

Reconnaître le fascisme avant qu’il ne soit trop tard

Alors que des personnalités autoritaires se hissent partout au pouvoir et que les discours de haine se multiplient, nous assistons impuissants à la montée de l’anxiété et nous nous y habituons. Nous vaquons à nos occupations. 

15/06/2026, 08:00

ActuaLitté

Le jour où les civils ont marché vers les soldats

26 mars 1962. Une semaine après la signature des accords d’Évian, l’armée et l’OAS s’affrontent à Bab El Oued, quartier populaire d’Alger soumis à un blocus total. Le temps d’une journée, six personnages vont être précipités dans le crépuscule de l’Algérie française.

14/06/2026, 09:00

ActuaLitté

Une pensionnaire avec trop de choses à perdre

Élisheva, dite Éli, est la petite dernière d’une famille de réfugiés argentins installés à Paris dans le quartier du canal Saint-Martin à la fin des années 1970. Début 2000, Éli a 15 ans. Elle vient de redoubler sa seconde après une année chaotique.

14/06/2026, 08:00

ActuaLitté

Quand une phrase inachevée dérange toute une vie

Jennifer a une vie qui la satisfait quand, au détour d’une panne de clavier d’ordinateur, une phrase surgit, inachevée, qui fait déraper l’apparente logique de son existence : « Devant Autant en emporte le vent, Vivien Leigh et Clark Gable vont s’embrasser quand quelqu’un appuie sur pause et ». Et rien. Un blanc après ce et qui envahit la page, troue sa mémoire. Jennifer se lance alors dans une enquête hilarante et inquiétante. 

14/06/2026, 07:00

ActuaLitté

Deux disparitions, un meurtre, vingt-cinq ans de silence

Pierric Bailly livre un roman noir d’aventures, entre le Vercors et le Jura, mais aussi le Mexique et l’Afrique. Tout commence à la fin des années 1980, par l’amitié entre deux couples de frères et sœurs, dès l’école primaire. Un coup de feu retentit une nuit d’avril 1998. Pascal, le père de Paloma et Leo, est retrouvé mort avec une balle dans la tête. Les enfants, eux, se sont volatilisés. Leurs amis, Cédric et Delphine, sont bouleversés. 

13/06/2026, 09:00

ActuaLitté

Constable, Spinoza, guerre mondiale : la Booksletter fête son 100e numéro

Pour son 100e numéro, la Booksletter réunit peinture, géopolitique, essai littéraire, philosophie religieuse et mémoire politique. De Constable à Spinoza, de la Première Guerre mondiale au Bund, cette livraison éclaire des livres récents qui interrogent notre rapport au réel, au désir, à l’histoire, aux croyances et aux appartenances, tout en prolongeant la veille d’ActuaLitté sur les tensions actuelles du monde du livre et de la lecture contemporaine.

13/06/2026, 08:27

ActuaLitté

La violence ordinaire du droit d’asile

Dans Ainsi la Cour décide, Caroline Knecht propose le décorticage d’une institution : la Cour nationale du droit d’asile, là où s’expriment chaque jour des récits d’exil et de survie. Par courts chapitres où se mêlent narration et collage, il met au jour la mécanique judiciaire, révélant comment l’institution écoute, classe – et ce qu’elle ne peut entendre. Le texte fait ainsi apparaître la géométrie politique du droit d’asile et sa sourde violence.

13/06/2026, 08:00

ActuaLitté

Comprendre le passé eugéniste Américain

Avant « Make America Great Again », il y a eu « Make America Great » ou tout comme : c’est en effet pour rendre le pays plus puissant et son peuple plus performant que certains États ont, durant la première moitié du XXe siècle, encouragé des recherches en vue « d’améliorer la race » et promulgué des lois eugénistes..

13/06/2026, 07:00

ActuaLitté

Marc Bloch avant le Panthéon : dans l’atelier de La société féodale

Marc Bloch entre au Panthéon, Marc Bloch écrit La société féodale. Avant l'orietur, science avec patience, le supplice fut sûr : les lettres, les hésitations, les plans remaniés, les éditeurs, les contraintes matérielles et les guerres qui entourent la naissance d’un classique.

12/06/2026, 18:22