Journaliste de longue date, mais jeune auteur qui va publier son premier livre, Pierre Théobald a fait l’amère expérience du parcours du combattant d’un auteur en devenir, avec contrat d'édition à l'appui, voulant faire reconnaître son existence aux yeux de l’administration. Une tribune relayant les méandres Kafkaïens de Pôle Emploi, et faisant le récit du triste paradoxe des auteurs en France : parfois des actifs, parfois rien du tout.
Le 14/08/2018 à 14:51 par Auteur invité
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14/08/2018 à 14:51
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Il y a quelques jours j’ai découvert le texte de Delphine Bertholon disponible dans cette même rubrique. Je me trouvais en Bretagne, dans un appartement mis à ma disposition afin que je puisse apporter, à l’écart de l’été, la dernière main à un manuscrit ; l’espace de quelques minutes, cette lecture m’a sorti de ma solitude et fait un bien fou.
Je vous explique…
J’ai été journaliste pendant plus de vingt ans. En janvier 2018, j’ai quitté un poste de chef de service au sein du quotidien régional qui m’employait pour tenter la GAE (Grande Aventure de l’Écriture).
Je ne l’ignorais pas, du fait de cette démission j’allais devoir tirer un trait sur de potentielles allocations chômage pendant au moins quatre mois (durée de la période de carence à l’issue de laquelle je serai éligible à l’ouverture de mes droits devant Pôle Emploi, amen).
Qu’importe (roulement des pectoraux).
J’avais deux-trois économies devant moi, de quoi tenir un peu (un peu), et surtout, surtout, j’avais de quoi me motiver à fond : l’automne précédent, j’avais reçu un mail d’une éditrice qui disait apprécier les petits textes de fiction que je bricolais en ligne, nous nous étions rencontrés à Paris, autour d’un café elle m’avait encouragé à bosser, à persévérer (promis, je ferai).
Bien que l’éditrice en question ne se fut engagée sur aucune promesse, il s’agissait d’une occasion unique à saisir.
N’ayant ni enfants à charge (ce qui me contrarie) ni traites à rembourser (ce qui m’arrange), j’ai donc franchi le pas de la GAE, en commençant par démissionner (bim !).
Le paradoxe, c’est que je n’osais même pas envisager une publication. L’objectif me semblait fou et inaccessible (du calme, ne rêvons pas). En revanche, je tenais à me placer dans les meilleures conditions possible, en m’accordant le temps et la disponibilité d’esprit que requiert l’écriture. Je voulais essayer. Au moins ça : essayer (sagesse du quadragénaire qui voit le temps s’accumuler). Quant au résultat… Ma foi, le résultat serait ce qu’il serait. Au moins n’aurais-je aucun regret (sagesse, bis).
Bref, j’ai pris le risque, pour m’attribuer l’expression de Delphine Bertholon.
En janvier, je me suis retroussé les manches et craché dans les pognes.
En avril, j’ai envoyé un manuscrit à trois maisons d’édition. Deux l’ont accepté (sûr, hein ? c’est pas une blague ?), dont l’une se trouve être celle où officie l’éditrice dont j’avais fait la connaissance.
Autant dire que c’est gonflé d’une confiance sans précédent et armé d’un dossier en béton (on va voir ce qu’on va voir) que je suis retourné, début mai, aux guichets de Pôle Emploi, ainsi que me l’y autorisait la fin de la période de carence.
Aucun doute : avec un contrat en poche (dans une maison de premier ordre, de surcroît), cette histoire d’ouverture de droits, j’allais te la régler comme à la parade ! Sans compter qu’en dehors d’une parenthèse d’une quinzaine de mois au chômage il y a plusieurs années de cela, j’avais cotisé sans interruption depuis 1997 et que de toute manière, je n’avais pas l’intention de vivre éternellement aux crochets du contribuable, tant s’en faut, seulement besoin de joindre les deux bouts le temps d’un changement de cap.
Du tout cuit, je vous dis…
Las !
Début juillet, Pôle Emploi m’a notifié par mail le rejet de mon dossier. « En effet, après examen des pièces que vous avez fournies (…), l’instance paritaire n’a pas jugé vos efforts de reclassement suffisants pour vous attribuer des allocations de chômage », était-il précisé.
J’admets : à l’écran, la formule m’est restée coincée en travers des amygdales.
Insuffisantes, les pleines journées et les nuits blanches à se cogner aux textes ? À s’inquiéter d’eux. À y revenir, encore et encore (pire que de veiller sur un nouveau-né)…
Insuffisant, le contrat signé ? (Oh, les gars ! un contrat à compte d’éditeur quoi !)
Insuffisante, la production d’efforts afin de rendre un manuscrit à peu près présentable, puis celle, en juillet, destinée à l’améliorer, le lisser, l’unifier, l’enrichir ? (Alors que la plage me tendait les bras.)
Insuffisant, de fait, le travail mené avec l’éditrice ?
Les séances de brainstorming, nos échanges de mails, nos prises de tête, mes reprises du texte… Insuffisants ?
Non mais Pôle Emploi ! Tu n’y entends donc rien ? (Je te tutoie, c’est comme ça.)
J’en étais là de mes ressassements, un peu chiffon pour tout avouer (ma sagesse est à géométrie variable). Et puis j’ai découvert le témoignage de Delphine Bertholon. J’en ai lu d’autres, qui tous faisaient part des mêmes difficultés. Alors je me suis posé. J’ai réfléchi. Et j’ai compris. J’ai compris où ils voulaient en venir, à Pôle Emploi.
C’était limpide.
Je me rêve auteur (brave garçon) ?
C’est très bien tout cela, l’activité d’auteur est sans doute fort utile pour frimer un peu dans les dîners ou favoriser, sur une méprise, l’intérêt d’une fille ou deux (hypothèse haute) en soirée ; mais après ? Auteur, il suffit d’ouvrir un peu les yeux, de regarder autour de soi, auteur, à de rares exceptions près, c’est quand même tout sauf un métier — au mieux un passe-temps, un hobby, une lubie, comme d’autres ont le macramé, le molky ou la confection d’herbiers (moins efficaces pour draguer, certes).
Alors, en me refusant mes droits, il n’est ni question d’une sanction, ni d’un plaisir sadique à me foutre dans la mouise jusqu’aux oreilles. Rien du tout ! Fausse route ! Pas le genre de Pôle Emploi. Tout au contraire même. D’une main douloureuse sur mon épaule (ça réconforte), Pôle Emploi ne cherche qu’à me tirer du guêpier dans lequel je me suis fourré, et m’en conjure, l’autre main sur le cœur (serré d’une inquiétude tremblante) : sauve-toi de là bonhomme, passe ton chemin, trouve un itinéraire bis, une alternative, une vraie situation, une qui soit reconnue, avec un statut, un vrai statut, encadré, considéré, une qui rapporte, qui paie un loyer, un Caddie de courses, le plein d’essence, deux-trois extras, vite, bonhomme, dépêche-toi. Arrête les frais. N’aggrave pas ton cas.
Plus tard tu ne pourras pas dire que tu ne savais pas.
Parce que nous, on t’aura prévenu.
En gros.
C’est drôlement sympa, Pôle Emploi, vraiment sympa ce que tu fais pour moi (gros plan sur mon regard humide de gratitude), néanmoins ce que je vois, moi, dans ta décision et dans tes justifications, c’est :
1) un raisonnement par l’absurde de ta part qui me hérisse le poil dans des proportions que tu imagines mal (et j’ai le poil dru et envahissant figure-toi, pas facile du tout à manœuvrer, alors chapeau à toi) ;
2) l’illustration ahurissante de ce paradoxe dénoncé par le mouvement #auteursencolère : l’auteur-est-un-actif-comme-les-autres-mais-pas-tout-à-fait-comme-les-autres-quand-même (un actif au rabais en somme, doté de droits à l’avenant) ;
3) un encouragement à m’entêter parce que si l’écriture est un sport de combat, manifestement en vivre – ou en survivre – l’est tout autant, et que s’il y a bien une vertu que le sport enseigne, c’est qu’on ne jette pas l’éponge sans avoir un tant soit peu combattu.
Alors je vais prendre le risque, tu vois. Avec ou sans toi. Sans toi, pour le moment. Mais il n’est pas trop tard, tu es le bienvenu ! Tu viens ?
Par Auteur invité
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10/06/2026, 10:48
Elles forment un tandem sénatorial très actif sur les questions culturelles, et plus particulièrement les sujets relatifs au livre. Laure Darcos, sénatrice de l'Essonne (Les Indépendants - République et Territoires) et Sylvie Robert, sénatrice d'Ille-et-Vilaine (Socialiste, Écologiste et Républicain) et vice-présidente du Sénat, évoquent leur proposition de loi sur le contrat d'édition, la lutte contre la concentration du secteur, et dressent aussi un premier bilan du sort réservé à la culture sous les mandats d'Emmanuel Macron.
09/06/2026, 16:20
Restructurer et innover dans la filière. Face à la financiarisation de l’édition, à l’affaiblissement des soutiens publics et aux bouleversements technologiques, l’édition indépendante cherche désormais moins à survivre seule qu’à se structurer collectivement. Entre la FEDEI et OPlibris, une même ambition se dessine : défendre la matérialité du livre, sans renoncer à penser les outils de demain.
09/06/2026, 16:16
Avec son Découvrir Rimbaud aux Éditions sociales, Alix Stéphan relit le poète à travers l’histoire, la révolution et les lignes politiques de son œuvre. De l’opacité des textes aux héritages décoloniaux, du refus du travail aux rapports de domination, elle défend une lecture située de Rimbaud, attentive au contexte sans épuiser le mystère des poèmes. Propos recueillis par Vivian Petit.
09/06/2026, 12:28
Fondée par Charlotte Cruz et Chilly Charly, La Goutte Créative rejoint le réseau de diffusion et de distribution de DG Diffusion. La jeune maison indépendante défend un catalogue à la croisée des sagesses du monde, de l’imaginaire, de la transmission et du développement personnel. Charlotte Cruz y voit surtout un moyen d’élargir la portée d’un projet éditorial fondé sur l’éthique, l’écologie et le lien direct avec les lecteurs.
08/06/2026, 17:01
Lors de la London Tech Week, le Premier ministre du Royaume-Uni a sommé les entreprises technologiques de bloquer, sur les appareils utilisés par des mineurs, l’envoi et la réception d’images sexuellement explicites. Derrière l’urgence de protection, les livres déplacent le débat : consentement, honte, cyberviolence, économie de l’image, surveillance et responsabilité des adultes.
08/06/2026, 14:36
Le Syndicat national de l’édition n’a rien contre les prélèvements. Il a simplement ses pudeurs. Quand l’argent remonte vers les auteurs et les éditeurs, le vocabulaire se fait noble : rémunération, compensation, gestion collective, partage de la valeur. Quand il risque de redescendre vers les librairies indépendantes, les éditeurs fragiles ou les auteurs, le ton change. Le même geste devient un « réflexe » qui ne serait « pas forcément sain ». Mais alors, à quel sain se vouer ?
08/06/2026, 12:28
Un arbre suspendu au-dessus d’un îlot rocheux, la guilde de Fairy Tail reconstituée à taille réelle, des fac-similés de planches et des croquis de travail : aux Rendez-vous de la BD d’Amiens, l’exposition Fairy Tail, une épopée draconique propose une traversée de l’univers créé par Hiro Mashima. Un parcours qui s’intéresse autant à l’imaginaire de la série qu’à sa fabrication.
07/06/2026, 19:26
Au festival Passeurs de Livres, il y a les grands rendez-vous annoncés, les conférences, les auteurs attendus, les maisons mises à l’honneur. Et puis il y a les allées. Les tables serrées sous le chapiteau, les livres empilés, les affiches accrochées aux grilles, les auteurs qui se lèvent pour présenter un roman, un témoignage, une vie. C’est là aussi que se raconte une partie de cette édition 2026, consacrée aux « Difficiles libertés ».
07/06/2026, 09:30
Aux Rendez-vous de la BD d’Amiens, Les Monstres d’Emil Ferris fait dialoguer Moi, ce que j’aime, c’est les monstres avec la collection du Frac Picardie. Le parcours explore le journal intime, le polar, le gothique, Chicago, la Shoah ou encore la puissance féministe d’une œuvre où les monstres deviennent une façon de lire le monde.
06/06/2026, 19:46
Deux anciens détenus témoignent qu’une autre vie reste possible, même après les foyers, les braquages, les centrales, les années de prison et les retours presque impossibles. Au festival Passeurs de Livres, à Alès, Richard Sebag et Patrick Aurignac présentent chacun un récit autobiographique : Quelques lumières sur le chemin pour le premier, Mes chemins de travers pour le second, tous deux publiés par la maison nîmoise Nombre7. Ils parlent sans fard de leurs parcours, de leurs erreurs, de la violence, mais aussi des mains tendues qui ont permis la sortie.
06/06/2026, 13:00
À la bibliothèque Louis Aragon, dans le cadre des RDVBD 2026, La Revanche des bibliothécaires déploie l’univers de Tom Gauld avec une élégance rare. Le dessinateur écossais y confirme ce talent singulier : faire rire avec trois traits, un sens parfait du décalage et une culture graphique qui ne pèse jamais. Une exposition vive, malicieuse et profondément réjouissante.
05/06/2026, 18:41
À la Maison de la Culture d’Amiens, les 30es Rendez-Vous de la Bande Dessinée accueillent « Mickey, tout a commencé par une souris ». L’exposition du Fonds Glénat, visible du 5 juin au 14 septembre 2026, remonte le fil d’une icône née au cinéma, passée par la presse et devenue, vitrine après vitrine, une petite machine à souvenirs.
05/06/2026, 15:32
Il y a des parcours qui avancent par bifurcations successives, mais toujours dans la même direction. Chez Fanny Destenay, l’énergie frappe d’abord : ancienne professionnelle de l’hôtellerie, passée, entre autres, par les pompiers volontaires, puis par la politique, l’écriture, les réseaux sociaux, les livres jeunesse et désormais l’édition, elle donne l’impression de transformer chaque expérience en terrain d’action.
05/06/2026, 15:10
Marraine de la 5e édition de Passeurs de Livres, à Alès, Laure de Chantal y revient avec un attachement particulier. Normalienne, agrégée de lettres classiques, directrice de plusieurs collections aux Belles Lettres, autrice de nombreux ouvrages sur l’Antiquité, la mythologie et la langue française, elle voit dans ce festival un lieu où se rejoignent deux fidélités : les livres et les Cévennes.
04/06/2026, 18:11
En 2024, David Piovesan proposait une analyse des Rencontres nationales de la librairie, qui s'étaient déroulées à Strasbourg : désormais, le marché de la librairie se relit sous un jour plus politique. Les libraires ont bâti un récit collectif puissant face aux plateformes. Reste une épreuve plus rude : convertir cette identité professionnelle en modèle économique durable.
04/06/2026, 16:55
Jeudi 4 juin au matin, avenue Carnot, le festival n’a pas encore ouvert officiellement au public. Les stands achèvent de se monter, certains exposants prennent leurs marques, l’équipe règle les derniers détails techniques - jusqu’à ce compteur de visiteurs qu’il faut encore retrouver pour suivre au plus juste la fréquentation du salon. Malgré l’effervescence des derniers préparatifs, Franck Belloir, directeur du festival Passeurs de Livres, a pris le temps de nous répondre.
04/06/2026, 16:30
La réponse de l’édition indépendante à la concentration doit passer par le collectif. Car, pour ne rien arranger, le plus important parmi ces groupes la double d’une offensive idéologique délétère. La coopérative OPlibris nous adresse un texte, affirmant ses valeurs, autant que ses objectifs.
02/06/2026, 17:37
Voici un petit texte, rafraîchissant – ce qui ne manque déjà pas d'à-propos quand il pleut. Il est extrait d'une suite théâtrale que Christophe Esnault est en train de constituer. Et qui s'autorise pensée critique et humour. « Comme toujours je suis très mignon avec ce microcosme éditorial et simili culturel », nous explique-t-il. Et on le croit sur parole, bien entendu. Jugez sur pièce.
02/06/2026, 12:24
Les petites poupées, collées sur des morceaux de carton, sont si minuscules, si délicates, qu’elles semblent n’exister que par la fantaisie d’un enfant : des nuages soufflés par le rêve, fragiles comme les bateaux des pêcheurs bretons qui naviguaient pendant des mois dans la brume, autour de l’Islande.
02/06/2026, 11:10
Il affirme être Tommaso Debenedetti, faussaire médiatique passé des fausses interviews littéraires aux fausses annonces de décès d’écrivains. Dans cet entretien (réalisé par email), où l’identité même de l’interlocuteur impose une prudente réserve, il revendique ses canulars comme une enquête permanente sur la crédulité des médias, l’autorité des institutions et la puissance émotionnelle de la mort à l’ère des réseaux sociaux.
02/06/2026, 10:39
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Étienne Klein perd son doctorat après une enquête sur le plagiat de sa thèse “Je suis plus français que toi, parce que moi, j’ai choisi” : dans les allées de Passeurs de Livres Plagiat d'Étienne Klein : des excuses au règlement de comptes Lionnel Astier : “Tout ce qui leur restait, c’était la parole”
19 Commentaires
LAURENT
14/08/2018 à 15:38
Moi je ne démissionne pas, j'écris, suis même publié chez un petit éditeur dont on me fait comprendre qu'il ne fait pas parti de la bonne liste, je fais ma pub (il ne la font pas) et continue à vivre de mon travail officiel, l'autre celui qui m'intéresse ne me rapporte même pas de quoi me payer un billet de bus (et le bus c'est moins cher que le train). "Lettres à Jules Verne", une pièce de théâtre chez Edilivre
Anna von
14/08/2018 à 17:03
Cher ami et collègue (confrère ?) auteur; Comment te dire ? un truc du genre "toi qui entres ici -dans la GAE- oublie toute velléité de gagner ta vie avec l'écriture, ou alors prends pour pseudo Levy (pas Strauss, l'autre !) ou Musso"(pas le copain de Placide, l'autre !) ou ... je ne sais pas, je n'ai lu que ces deux-là. Pour voir comment ça fonctionne, pour trouver le canevas, la trame du succès. J'avoue que j'ai moyennement aimé. Et je suis retournée à mon incognitude. Et j'écris et je les emmerde. Ce qui ne me rapporte pas grand-chose... mais j'écris parce que je suis auteure. Je t'embrasse et t'envoie du courage, Pierre !
koinsky
15/08/2018 à 07:43
Ben oui c'est logique. Je vois ce qu'il y a à monter sur ses grands chevaux. Pôle Emploi est juste dans son rôle : faire en sorte que ses ouailles trouvent un job suffisamment rémunérateur pour vivre/survivre dans le système et cotiser. Le problème c'est pas Pôle Emploi, le problème c'est notre manque de mobilisation (sauf depuis quelques mois, enfin !) contre les mauvais traitements infligés aux auteurs par le monde "précarré"de l'édition dans son ensemble. Notre problème c'est nous (les bisounours). Notre solution c'est nous (nous mobiliser et nous battre auprès des éditeurs pour que nos droits d'auteurs soient sérieusement revalorisés). Nous attendons trop qu'on nous donne la becquée parce qu'on est éduqué comme ça, à quémander, depuis l'enfance. Regardons les choses en face et saisissons le taureau par les cornes plutôt que de nous lamenter sur notre triste sort, qui n'est triste que parce que nous le voulons bien.
Frédéric
15/08/2018 à 15:02
Bonjour Pierre (et courage)... Nous nous sommes rencontrés dans une rédaction d'un quotidien luxembourgeois.
Amusant que je lise de tes nouvelles alors que je pense suivre ta voie...
Au plaisir de prendre un café ensemble (à Metz??)
Seiya
15/08/2018 à 16:56
C'est bien beau de rêver... Ce n'est pas compatible avec notre société malheureusement. Je vous souhaite tout de même de réussir et de vivre de votre passion (de nos jours, très peu le peuvent). Si d'aventure, il vous arrivait de vouloir reprendre un emploi en qualité de salarié, sachez que Pôle emploi n'est là "que" pour vous aiguiller, vous conseiller et vous orienter, pas là pour vous trouver du boulot... Et vu votre âge, ça ne sera pas simple, là non plus... Bon courage.
Alfred Boudry
15/08/2018 à 17:25
Bien, ce coup de gueule!
Bon, après, croire que Pole Emploi "raisonne" (même par l'absurde) ou est constitué d'êtres humains (même vaguement), c'est un peu utopique, aussi.. Il fallait s'attendre à des déconvenues. Moi, ça fait longtemps que je les ai envoyé balader (pour dire les choses poliment). Entre autres débilités, je rappelle que Pôle Emploi (et l'ANPE avant) n'a jamais su faire la différence entre un traducteur et un interprète. Pour eux, c'est le même métier. Quand on sait le monde qui sépare trad. littéraire de trad. technique, on rit (ou on pleure).
Et sinon, comme je le dis depuis plus de dix ans (cf. blog Le bazar impertinent, articles "Il était une mauvaise foi" et sq.), si nous (les écrivains) voulons que les choses changent vraiment, il faut faire changer la loi (l'article 132 du CPI) qui définit le statut des auteurs et casser la main-mise des éditeurs sur nos droits. Commençons par là et après, on aura peut-être moins de débiles/ignares/têtes-de-noeuds à supporter chaque jour.
Good night and good luck !
koinsky
15/08/2018 à 18:39
Sans doute l'émergence d'agences littéraires "à l'américaine" dans le paysage éditorial germanopratin va-t-elle accélérer le processus de redistribution des cartes et permettre de changer en partie la donne en "professionnalisant" et en "instrumentalisant" l'auteur, qui ne sera plus désormais seulement l'écrivain, mais aussi le représentant commercial et l'animateur de réseaux sociaux, devenant ainsi plus important et bancable que son best-seller. Mais il est à parier qu'ajouter un étage de plus à l'échafaudage aura pour effet in fine d'accentuer la charge sur sa base. Bref, l'auteur continuera de porter sur ses seules épaules tout un éco-système gras et ventripotent qui se sert depuis toujours sur la bête. Et l'auteur de continuer d'avance cahin-caha en gémissant du sort qu'on lui réserve, tel Sisyphe aux enfers, avec cette surcharge pondérale juchée sur ses frêles épaules...
69chris69
16/08/2018 à 06:35
Bonjour,
Dommage pour un journaliste de ne pas vérifier ses sources...
L'instance paritaire régionale, qui évalue si vous avez effectué suffisamment de recherches d'emploi est totalement indépendante de Pôle emploi!
Elle est composée de représentants des salariés et de représentants des employeurs... A vous de voir si vous voulez écrire le même article à leur encontre! Il est toujours si facile de critiquer quand on ne connaît pas...
Pierre Théobald
16/08/2018 à 16:20
Bonjour. Sur ce sujet, et comme d'autres personnes en font la remarque après vous, j'ai apporté des commentaires en deuxième page. Bien à vous.
Alexis
16/08/2018 à 07:58
69chris69, j'ai pensé exactement la même chose en lisant l'article ! La coquille !
Mais en même temps, l'article a beaucoup moins de portée si on ne tape pas sur Pôle Emploi mais sur une instance méconnue du public...
Zazou
16/08/2018 à 10:12
Ce n'est pas pôle emploi qui décide mais les partenaires sociaux (syndicats patrons et salariés).
koinsky
16/08/2018 à 10:33
Peu importe qui décide : Il se trouve que quelqu'un, quelque chose d'estampillé "officiel" décide qu'écrire un roman n'est pas une activité sérieuse tant qu'elle ne vous rapporte pas suffisamment pour vivre. Donc, c'est pas la nature de l'activité qui compte, mais sa capacité à vous rémunérer. Car ce qui importe c'est : combien vous gagnez et si vous cotisez bien à toutes les caisses et assurances auxquelles vous devez cotiser comme tout bon citoyen qui se respecte. Il ne reste plus que ça dans notre belle société bien policée de partout mais insipide au possible : le dogme, la norme, les procédures, le zèle, le degré d'obéissance et d'asservissement... la banalité du bien (pensant) et du politiquement correct. Rien ne doit dépasser dans les marges.
Pierre Théobald
16/08/2018 à 11:55
Bonjour,
Surpris du nombre de réactions et touché par les messages de sympathie.
La diversité des expériences vécues et des choix effectués en dit long je crois sur l’absence de statut propre aux auteur-es. Chacun-e se débrouille dans un espace mal défini il me semble.
S’agissant de Pôle Emploi, qui est votre guichet et votre interlocuteur uniques, je sais bien qu’il s’agit d’une instance paritaire qui a pouvoir de décision dans ce genre de situation. Sans démission, l’ouverture des droits se serait sans doute faite de manière mécanique et l'affaire était pliée.
Cependant cette instance paritaire se positionne en fonction des règles de l’assurance chômage et d’elles seules, sans autre marge de manœuvre.
Donc il me semble que commission paritaire ou non, cela ne change rien aux enjeux du débat : aux yeux de l’assurance chômage un contrat d’édition n’a aucune validité, un-e auteur-e n’a donc aucune chance d’accéder à l’ouverture de ses droits.
Cette tribune n'avait pas d'autre ambition que d'illustrer cette ineptie.
Babast
16/08/2018 à 15:27
Bonjour, pour informations et arrêter la diffusion de fausses informations, ce n'est pas a pôle emploi que revient la décision d'une ouverture de droits suite a une démission. Mais bien a une commission comme indiquée dans votre texte qui est constituée pour moitié de salariés et pour moitié d'employeurs. Rendons a césar....,En espérant que vous ayez l'honnêteté de rectifier vos dires plutôt que de céder a la facilité du choix de votre «bourreau».
Pierre Théobald
16/08/2018 à 16:12
Bonjour. Comme indiqué dans mon commentaire précédent, je sais bien que c'est une instance paritaire qui étudie ce genre de dossier (sans entendre le demandeur ou la demandeuse soit dit en passant), pour autant Pôle Emploi est l'interlocuteur unique : c'est à Pôle Emploi qu'est remis le dossier, et Pôle Emploi qui porte et communique la décision. Pour le demandeur ou la demandeuse, mis-e à l'écart des délibérations de la commission, il n'y a donc qu'un guichet, qu'un interlocuteur, qu'une incarnation si vous préférez. Et encore une fois : à travers le rôle de Pôle Emploi dans sa relation au demandeur ou à la demandeuse, c'est le mépris dans lequel l'assurance chômage tient les auteur-es qui est mis en avant dans cette tribune. Rien d'autre. Bien à vous
Daniel Blake
16/08/2018 à 20:46
Comme toujours les gardiens de l'institution pôle emploi qui apparaissent à la moindre critique.
Daniel Blake
16/08/2018 à 20:52
"Ineptie" et "mépris" cela caractérise parfaitement l'attitude du pôle emploi malgré le discours de façade.
69chris69
25/08/2018 à 01:43
@Daniel Blake, votre "mépris" et "vos inepties" ne méritent pas plus de réponses!
Concernant les instances paritaires, pôle emploi est tout autant exclu des décisions que les demandeurs d'emploi.
Le rôle de pôle emploi est de transmettre la demande à l'instance paritaire... et de transmettre la réponse de celle-ci aux demandeurs d'emploi quelque soit la réponse...
Ce n'est vraiment pas une tâche facile.
De même, la réglementation de l'assurance chômage n'est pas écrite par pôle emploi mais par les partenaires sociaux et l'Unedic.
Pôle emploi est toujours en première ligne et toujours mis au pilori...
Enfin, sur les instances paritaires, elles ont beaucoup plus de marge de manoeuvre que ce que vous ne pensez... on peut avoir de vraies surprises dans leurs décisions, dans un sens ou un autre...
En tout cas bon courage pour la suite, je vous souhaite une grande réussite dans vos travaux d'écriture. :-)
frédéric Marcou
25/09/2018 à 18:39
Depuis treize ans que j’ai écrit mon premier livre (en 2005), le coup du rien du rien du tout pour l’administration, je l’ai intégré, il y a eus rupture des relations diplomatique depuis longtemps avec L’ANPE…il y a plus que les psy qui me permettent de faire ce que j’aime.