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Les Ensablés - "Souvenirs d'un ours" de Lucien Descaves (1861-1949)

LES ENSABLES - Pour cette rentrée littéraire, un voyage dans le passé, grâce à l’entremise de l’écrivain Lucien Descaves… Lucien Descaves… Qui s’en souvient ? Son nom apparaît régulièrement dans les ouvrages d’histoire littéraire, dans le journal de Jules Renard, et même dans celui de Gide. Mais on lit son nom sans le retenir.

Le 30/09/2018 à 09:00 par Les ensablés

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30/09/2018 à 09:00

Les ensablés

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Par Hervé Bel

Ceux qui, comme moi, apprécient Huysmans se rappellent peut-être que Descaves, naturaliste, disciple de Zola, fut un de ses plus fidèles amis. Les Céliniens doivent également le connaître, car Descaves, membre de l’académie Goncourt (il était le dixième couvert, actuellement occupé par Pierre Assouline), essaya, avec Léon Daudet, de faire donner le prix à Louis-Ferdinand Céline en 1932. Il échoua et refusa dès lors de siéger avec ses collègues. Les Proustiens, en revanche, n’oublient pas qu’il s’opposa, en vain d’ailleurs, à l’obtention du prix pour « A l’ombre des jeunes filles en fleurs. » Quant aux inconditionnels de Guitry, ils ne peuvent ignorer que Descaves le détestait.

Mais de l’œuvre de Descaves, qu’a-t-on retenu ? Rien ou pas grand-chose. Il est l’auteur d’un roman intitulé « Sous-offs » (1889), brûlot jugé suffisamment antimilitariste pour faire l’objet d’un procès dont Descaves ressortit blanchi. Ce fut son premier titre de gloire ; son second d’avoir été un des signataires du manifeste dit « des cinq » qui s’élevait contre le naturalisme de Zola, à la suite de la publication de « La Terre ». Mais il n’y eut pas de suite : aucun des cinq écrivains qui l’avaient rédigé n’a eu de postérité véritable. Pour le reste, l’œuvre de Descaves a été complètement oubliée, y compris son roman sur les aveugles intitulé « Les emmurés » que Huysmans estimait comme son meilleur livre. S’il retient encore l’attention, ce n’est pas grâce à ses écrits, mais parce à la chance qu’il a eu de vivre longtemps et de participer activement, en tant que membre de l’Académie Goncourt, à la vie littéraire française. Il a laissé un livre de souvenirs passionnant intitulé « Souvenirs d’un ours » publié peu avant sa mort et dont je recommande vivement la lecture (pour mémoire un « ours », dans le langage d’imprimerie est le nom donné à l’imprimeur, cf. Balzac dans « les Illusions perdues »).

Il y raconte sa vie. Et sa vie, c’est triste à dire, ne vaut que par ses rencontres. Né en 1861 d’un père graveur et artiste, Descaves, enfant, assiste à la Commune et en conserve un vif souvenir qui le pousse, toute sa vie, à aider les vieux communards. En 1878, il entre en apprentissage dans une banque, rue Drouot. Mais ce n’est qu’un gagne-pain, il s’y ennuie (« la stérilité de la vie de bureau est extraordinaire. ») : lorsqu’il ne travaille pas, Descaves complète son instruction : « Jeune homme, je ne fréquentai ni les cafés, ni les brasseries du Quartier latin. ». Ce qu’il aime, c’est « le travail, la lecture, les rêveries d’un promeneur solitaire et le sommeil réparateur des nuits calmes. » Descaves, influencé par Richepin et les naturalistes, écrit un petit recueil de poésie et de nouvelles qu’il soumet à l’éditeur belge Kistemaeckers. Les nouvelles sont acceptées sous le titre « Le calvaire d’Héloïse Pajadou » et paraissent en 1882. Aucun succès, mais, acte fondamental dans son existence, il va aller lui-même présenter son livre à Huysmans et Léon Hennique (tous deux futurs membres de l’académie Goncourt). Cette démarche change le cours de sa vie, et dès lors, il ne cessera plus d’être mêlé à l’Histoire littéraire avec un grand H. « Les souvenirs d’un ours » est avant tout un recueil de portraits des auteurs qu’il a croisés et qui ont, pour la plupart, laissé un nom. Il raconte sa première entrevue avec Huysmans, 10 rue de Sèvres, où l’auteur d’à vau-l’eau habitait. Huysmans lui-même lui ouvre la porte. Il a quarante ans, des cheveux en brosse, « encore drus mais blancs ». « Les yeux pétillaient dans le foyer du visage, réchauffaient la bûche inégale d’un nez important, et les cendres éteintes de la barbe, cachant à demi une bouche crispée, une grille tordue et refroidie (p.51). » Immédiatement, les deux hommes sympathisent, mais la relation n’est pas égale.

Descaves écrit « ce fut à la fois mon ami, mon maître et mon directeur de conscience littéraire (p.51). » Huysmans, homme peu commode, semble avoir été touché par la fidélité de son ami dont il fit son exécuteur testamentaire. Mais il avait la dent dure. Dans son journal en date du 2 juin 1899, l’abbé Mugnier raconte qu’à la sortie d’un dîner chez les Descaves à Petit Montrouge, Huysmans s’exclame à propos de Madame Descaves : « Quand je songe à cette femme avec laquelle Descaves va copuler, le soir, je trouve qu’il est plus agréable d’entendre les complies et d’aller se coucher tout seul. (1) » Plus tard, en 1935, Descaves découvrira la mauvaise opinion que son maître avait de sa femme et en fut très peiné. A son retour du service militaire qui lui inspire « Sous-offs », Descaves fréquente le salon d’Alphonse Daudet, l’auteur des « Contes de mon moulin », que lui avait présenté Paul Bonnetain, auteur d’un roman « Charlot s’amuse » dont le thème, exploité selon la méthode naturaliste, avait fait scandale puisqu’il portait sur la masturbation (thème que Raymond Guérin exploitera plus tard, avec « L’apprenti »). Du salon de Daudet, Descaves écrit : « On entrait ; Daudet, sans se lever, tendait une longue main amaigrie, tournait vers le visiteur, assis au coin du bureau, son visage résigné où seule, semblait-il, la souffrance pouvait encore mettre de la vie (…). Rien ne restait étranger à Alphonse Daudet. Il abordait tous les sujets avec une aisance et une lucidité pareilles. (p.65-66) » Daudet aimait les récits de voyage, se passionnait pour l’expédition Stanley, et surtout avait une culture livresque sans pareil. Souffrant, Daudet ne pouvait plus dormir et lisait donc, la nuit. Comme l’écrit joliment Descaves : « Les jours avaient pour lui deux fois vingt-quatre heures et, comme des rats, amis du silence et des solitudes, tous les volumes de la bibliothèque attendaient qu’il fût couché pour envahir sa chambre, grimper le long de son lit et courir sur les couvertures (p.67).

A l’occasion de ces visites, Descaves rencontre Léon Daudet, futur membre de l’Académie Goncourt, et soutien indéfectible de Proust et de Céline. Grâce à Huysmans, il fréquente le terrible Léon Bloy, et l’étrange Villiers de l’Isle-Adam, l’auteur des “Contes cruels”, aussi pauvre que l’était Bloy. Descaves raconte plusieurs anecdotes savoureuses sur Villiers. Le 14 juillet 1887, en compagnie de Huysmans, il se rend chez Villiers pour lui proposer de dîner avec eux chez son père. “A cinq heures de relevée, il (Villiers) était encore couché et travaillait dans son lit. Il accepta mon invitation et ne demanda que la permission (…) d’emmener Totor, son petit garçon. Une femme de ménage que nous sûmes plus tard être sa mère, habilla rapidement l’enfant (p.70).” A cette occasion, Villiers se met au piano : “Le bouquet du feu d’artifice fut La mort des amants de Baudelaire, mise en musique par (…) Villiers lui-même.” La soirée dure jusqu’à trois heures du matin.

Une autre fois, Huysmans organise un dîner chez lui. Villiers fait de la boxe avec un certain Louis Montchal. Puis à table, il chante, se met en scène “tout cela d’un comique irrésistible, sans pareil ! Il était capable de déclamer le monologue d’Hamlet, mieux, de le jouer à la commande.” Deux ans plus tard, en 1889, Villiers, issu d’une des plus vieilles noblesses françaises, mourait dans la misère, reconnaissant in extremis son fils Totor en épousant sa compagne qui ne savait même pas écrire… …

L’année 1887 fut décidément décisive pour Descaves. Cette année-là, parrainé par Alphonse Daudet et J.K Huysmans, il est admis pour la première fois au Grenier d’Auteuil où Edmond de Goncourt recevait. “Tous les dimanches, Goncourt, vieux maréchal des lettres, à demi-couché sur un large divan, au fond de la pièce, un foulard blanc au cou, accueillait ceux que l’on a représentés comme ses thuriféraires et qui n’étaient que ses admirateurs respectueux.” Là, se rencontraient Zola, Daudet, Bracquemond, Huysmans, Hennique, Bourget, Heredia, Mirbeau, etc.

“Il (Goncourt) ne causait pas de longue haleine et la conversation était ordinairement sans éclat jusqu’à l’arrivée de Daudet. Goncourt parlait peu, écoutait, se contentait de résumer en formules brèves les opinions des uns et des autres sur un livre, une exposition, une pièce de théâtre ou un tableau… (p.81)” S’agissant de son œuvre, “Certes, il avait dans son œuvre une foi absolue, et s’il interrogeait, comme Dumas à ses derniers jours, sur la valeur de son apport et la destinée de sa production, ce n’était pas pour en préjuger la fragilité, au contraire (p.81).” On sait ce qu’il en est advenu. Qui lit encore Manette Salomon ? De Goncourt, on ne retient que le prix, et de Descaves, sa participation à l’Académie fondée en 1903 grâce au testament de Goncourt. Un chapitre entier des “Souvenirs d’un ours” s’intitule “Jules Renard”, auteur du fameux “Poil de Carotte” (cf. article de Laurent Jouannaud consacré à ce roman) et de “L’écornifleur”.

Mais il est peut-être significatif de noter que Descaves ne parle de Renard que pour rappeler qu’il aida sa veuve. Descaves aimait rendre service, par bonté ou, selon René Benjamin dans son livre à charge “La galère des Goncourt”, pour obliger les gens à la gratitude. Mais au fond qui était Descaves ? En parlant de ce qu’il a vu, j’en oublie ce qu’il était. Les témoignages concordent sur un point : Descaves était quelqu’un très sérieux, plutôt bougon, procédurier dès lors qu’il s’agissait de l’Académie. Il avait une marotte : la Commune qu’il n’avait pourtant connue qu’enfant, et sur laquelle il était intarissable comme l’indique Jules Renard dans son Journal (2). Il est peut-être significatif de noter que le Journal de Renard (comme celui de Mugnier d’ailleurs) ne comporte aucune description précise de Descaves, en bien ou en mal, et que les mots d’esprit rapportés sont absents. L’éditeur Stock estimait que “Descaves était un faux brave homme (3).”

Dans son livre cité plus haut, René Benjamin à qui Descaves ne pardonna jamais l’élection de Sacha Guitry à l’Académie, le décrit comme un homme médiocre, un “Pense-petit (4)”. Il ajoute quelques détails : “Il a toujours travaillé debout, sur un pupitre haut, reçu debout, grogné debout ; d’abord, parce qu’étant petit, même debout, il paraît assis ; ensuite, parce que les vrais ouvriers, ceux qui lui plaisent, travaillent debout ; enfin parce qu’il mettait du défi et une leçon dans son attitude (5).” La rancœur est évidente, et sans doute la mauvaise foi. Si Benjamin eut le Goncourt pour son livre “Gaspard”, ce fut grâce à Descaves, et s’il fut membre de l’académie, il le dut encore à lui. Laisser entendre qu’un homme fut bon toute sa vie par intérêt, celui de susciter la reconnaissance, est un peu court, en tout cas invérifiable. Et l’on peut, dans ces conditions, douter de tout et de tous.

Si les actes seuls comptent, alors Descaves mérite plus de considération. Il était fidèle en amitié, eut une vie honnête, et servit la littérature sans y trouver la fortune. Il eut ses petitesses, mais qui n’en eût jamais ? Relevons d’ailleurs dans les dernières pages des “Souvenirs d’un ours”, ces mots à propos de René Benjamin qui lui en avait pourtant fait voir : “Je ne veux pas davantage clore ces pages sans atténuer ma rigueur envers Benjamin qui est aujourd’hui, à mes yeux, plus à plaindre qu’à accabler. Son fils (…) a été tué le 9 février 1945 sur le front d’Alsace (…) La douleur d’un père ne m’a jamais laissé insensible (p.293).”

Pierre Assouline raconte pour l’année 1923 une anecdote dans son livre “Du côté de chez Drouant (6) qui témoigne selon moi du caractère scrupuleux de Descaves : ‘Bizarrement, Lucien Descaves appelle à la dissolution de la société littéraire des Goncourt dans un article publié par Comoedia ; enfin, il le dit sans l’écrire tout à fait mais en le pensant très fort, c’est ainsi que chacun l’entend, et tout cela pourquoi ? Parce qu’il lui apparaît désormais impossible de respecter une clause du testament (Goncourt) stipulant que le prix doit aller au meilleur roman de l’année car nul ne peut en lire quatre-cents.’ Réflexion qui reste d’actualité, à l’heure où les romans sont encore plus nombreux et réservés à certaines maisons d’édition, tandis que d’autres sont automatiquement exclues. Descaves prenait sa tâche au sérieux. Il termine son ouvrage par cette citation du poème de Vigny : ‘Fais énergiquement ta longue et lourde tâche/Dans la voie où le sort a voulu t’appeler,/Puis après, comme moi, souffre et meurs sans parler. ’

Descaves meurt en 1949 et depuis le silence s’est fait sur son nom.

(1)   Journal de l’abbé Mugnier, page 114. Mercure de France. A noter Descaves est cité plus de 40 fois dans ce journal célèbre.

(2)   Journal de Jules Renard, p.1156. Pléiade.

(3)   Journal de l’abbé Mugnier, op.cit. page 172

(4)   La galère des Goncourt, p.18. L’élan, 1948.

(5)   La galère des Goncourt, p.17. L’élan, 1948.

(6)   Du côté de chez Drouant, p ; 43 Gallimard, 2013     

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Les Ensablés ont le plaisir d'accueillir aujourd'hui dans leur rubrique Marie Coat, grande lectrice, qui nous fera partager au fil du temps ses découvertes. Merci à elle. Il y a tout juste un siècle, le 14 décembre 1921, le prix Goncourt fut attribué à René Maran, administrateur des colonies, pour son roman Batouala, proposé au jury par Henri de Régnier. Par Marie Coat

19/12/2021, 09:00

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Les Ensablés - Amour étrusque (1898) de JH Rosny aîné (1856-1940)

La littérature française est riche d’innombrables récits tirés de l’Antiquité grecque ou romaine. Sans remonter aux Aventures de Télémaque, nous avons tous lu La Venus d’Ille de Mérimée et son cruel dénouement, Gautier et Arria Marcella, Dumas et sa sulfureuse Acté et bien entendu Salammbô dans lequel Flaubert, de son aveu même, voulut appliquerà l’Antiquité les règles du roman moderne. L’Antiquité comme décor fabuleux et comme recueild’exemples politiques, mais aussi l’Antiquité onirique, féroce et sensuelle dont les jeunes latinistes découvraient avec ébahissement qu’elle reposait, au sens chrétien, sur une immoralité sans limite. Par Antoine Cardinale.

05/12/2021, 09:00

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Les Ensablés - Quinze rounds de Henri Decoin

Henri Decoin a connu plusieurs vies. Il fut tour à tour sportif de haut niveau – et le livre du jour fera montre de la science qu’il avait du noble art, la boxe -, héros de guerre, journaliste et cinéaste. Il fut aussi romancier. L’arbre vengeur a la bonne idée de rééditerune petite pépite, Quinze rounds, récit retraçant l’histoire d’une rencontre de boxe commentée par un boxeur sur le ring en temps réel. L’expérience littéraire y croise étonnamment les gants avec l’expérience sportive. Par Denis Gombert

21/11/2021, 09:19

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Les Ensablés – Les Maîtres du vertige, six romans de “merveilleux scientifique”

L’Arbre Vengeur, jamais en reste pour nous surprendre, nous offre aujourd’hui un très beau livre (sur la forme et le fond), Maîtres du Vertige, qui regroupe six romans de science-fiction — ou plutôt de « merveilleux scientifique », ayant été écrit par des auteurs de langue française du début du vingtième siècle… L’occasion, pour tous les curieux, épris de bonne littérature, de découvrir, non plus un seul auteur oublié, mais toute une littérature « ensablée », un continent, aurais-je envie de dire, dont j’ignorais jusqu’à l’existence. Par Hervé Bel.

08/11/2021, 16:26

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Les Ensablés – La Cité ardente d’Henry Carton de Wiart (1869-1951)  

La ville de Liège doit son célèbre surnom au titre de ce roman historique publié en 1905 (Paris, Perrin) par le comte Henry Carton de Wiart, le premier d’une série de cinq livres constituant le « cycle de la Destinée nationale ». L’ambition de l’auteur, qui s’apprête à occuper d’importantes fonctions gouvernementales au seuil de la guerre, est de renforcer le sentiment national belge en illustrant littérairement des épisodes de vaillance, de courage et de résistance puisés dans l’Histoire. Par Louis Mores

24/10/2021, 16:00

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Les Ensablés - La grande peur dans la montagne (1925) de Charles-Ferdinand Ramuz

L’œuvre de Ramuz comprend une vingtaine de romans. La grande peur dans la montagne est un texte de 1925 qui fait montre d’une grande maturité d’un auteur qui a entamé une carrière littéraire à Paris en 1900, à l’âge de vingt ans. Cependant, à Paris, là où son éditeur Bernard Grasset lui demandera toute sa vie de « se montrer », Charles Ferdinand Ramuz aura à cœur de toujours se mettre en retrait des mondanités. Par pudeur ainsi que par méfiance de la corruption urbaine, Ramuz est avant tout un homme de la terre. Par Denis Gombert

11/10/2021, 16:51

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Les Ensablés - L’univers sévère et lumineux de Maria Borrély (1890-1963)

Maria Borrély, le nom n’est pas connu. Pourtant, il devrait !...Il est toujours émouvant de découvrir des auteurs du passé. Je ne parle pas d’auteurs renommés qu’on lit pour la première fois, mais de ces auteurs complètement oubliés, que plus personne ne lit depuis longtemps, si tant est qu’ils ont déjà été lus. Par François Ouellet. 

27/09/2021, 09:39

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Les Ensablés - Les quatre éléments (1935) d'André Chamson (1900-1983)

« Mort sont les beaux diseurs/Mais le livre est écrit/Morts sont les bâtisseurs/mais le temple est bâti » (F.Mistral) André Chamson fit un voyage au Japon qu’il relate dans ses souvenirs. Nous avons été naturellement chez les geishas qui ne sont pas ce que l’on peut croire. La fille qui était venue sur le tatami pour allumer ma cigarette m’a dit « Monsieur, j’ai lu votre livre les Quatre éléments ». Les quatre éléments étaient devenus « le soleil, la rivière, la montagne » et je ne sais plus quoi… Par Antoine Cardinale

12/09/2021, 14:02

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Les Ensablés – La Rédemption de Mars de Pierre Nothomb (1887-1966)

Au sortir de la Première Guerre mondiale, durant laquelle il a travaillé pour le Gouvernement belge en exil au Havre (Sainte-Adresse) et publié des essais défendant et illustrant les positions de son pays, Pierre Nothomb (1887-1966) mène une vie littéraire entre la Belgique et la France et fait notamment paraître à Paris le roman La Rédemption de Mars (Paris, Plon, 1922). Par Louis Morès.

18/07/2021, 10:00

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Les Ensablés - Prétextat, de Pierre Bost (1901-1975)

Nos fidèles lecteurs n'ignorent pas que nous aimons Pierre Bost (1), écrivain d'avant-guerre devenu scénariste célèbre après 1945, et que nous aimons aussi les Editions de la Thébaïde qui, il y a deux ans, ont publié un recueil de nos articles sur les écrivains oubliés (Lectures en stock). Il était donc évident et naturel que nous parlions aujourd'hui de la réédition de Prétextat (1925) de Pierre Bost, d'autant plus que la préface a pour auteur François Ouellet, chroniqueur des "Ensablés", et par ailleurs grand spécialiste de l'écrivain. Par Hervé Bel.

27/06/2021, 13:22

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Les Ensablés – La Maison Camille, (1935) de Henri Duvernois

Les fidèles de notre rubrique se rappelleront que nous avons déjà chroniqué deux romans de cet auteur prolixe (Edgar, L’homme qui s’est retrouvé) mort en 1937, juste avant la guerre ; ce qui lui fut peut-être fatal, car, en 1945, on était passé à un autre monde, pas forcément meilleur. À côté de Camus, Sartre, et tant d’autres, Duvernois ne faisait plus très sérieux, d’autant que l’homme, dans sa vie comme dans ses écrits, avait toujours imité la légèreté. Je dis « imité » à dessein, car l’œuvre de Duvernois, sous des apparences d’ironie et de comique, dissimule une profonde mélancolie, une réflexion désabusée sur l’homme. Par Hervé Bel.

06/06/2021, 19:41

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Les Ensablés - Voyage d’un livre à travers la Bibliothèque Nationale de  Henri Beraldi

Exhumé de l’oubli, ce petit texte écrit par un bibliophile passionné raconte et s’inquiète de la croissance des arrivées des livres en masse à la Bibliothèque Nationale. Nous sommes à la fin du XIXe siècle et la noble institution enregistre déjà 500.000 références disponibles (14 millions aujourd’hui !). « La vérité, annonce l’auteur, est que, de ces espaces, aujourd’hui, il n’y en a plus. La Bibliothèque est pleine, archipleine, bondée, bourrée jusqu’à refus. » Voyage au cœur de la Bibliothèque, ogre-machine qui tourne à plein régime. 

23/05/2021, 20:41

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Les Ensablés - Hiver 1814, de Bernard Michel, la Campagne de France

Les Ensablés ont plusieurs fois évoqué Napoléon pour rappeler que dans sa jeunesse, il avait écrit des nouvelles, et qu’à Sainte-Hélène, il avait retrouvé son désir d’écrire et pu assouvir sa passion pour la lecture. Il faut lire Le Mémorial pour mesurer l’étendue de sa culture littéraire. Il profita de son inactivité pour écrire quelques ouvrages, dont une étude sur « La guerre des Gaules », et une espèce de fiction sur son exil à Sainte-Hélène. Par Hervé Bel

 

09/05/2021, 10:22

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Les Ensablés - Black (1858) d’Alexandre Dumas (1802-1870)

« Pas de mystère, pas de souterrain, pas de ténèbres dans cette œuvre ; partout le rayonnement, partout le plein midi », disait Victor Hugo. L’œuvre d’Alexandre Dumas n’intéresse pas l’Histoire de l’art. En 1840 certes, résidant à Florence, il lui fut commandé, pour la somme considérable de dix mille francs, un ouvrage sur la galerie des Offices. La description des trois cent cinquante portraits de peintres qui sont dans ce fameux musée devait former L’histoire biographique et anecdotique de la peinture depuis huit siècles. Par Antoine Cardinale.

25/04/2021, 10:12

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Même si je dois y laisser ma culotte, un roman feel-good qui tombe à plat

Le premier roman de Daphné Woodfight, publié le 15 septembre 2022 aux Hey Éditions, interpelle par son titre et déçoit par son contenu. La couverture et l’histoire de Même si je dois y laisser ma culotte, sont attrayantes, car elles se détachent de manière assumée du registre dramatique. Mais l’écriture lourde et l’humour à répétition font de la lecture de ce roman, un moment qui est loin d’être une partie de plaisir.

02/12/2022, 15:31

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Riad Sattouf et la BD sur le toit des meilleures ventes

Difficile de faire entrée plus spectaculaire. Tout juste sorti, le tome 6 de L’Arabe du futur, qui conclut la série de Riad Sattouf, remporte la première place du classement des meilleures ventes de la semaine avec 51 300 exemplaires. Autre nouvelle sortie et autre bande dessinée, le tome 29 de Blake et Mortimer, intitulé Huit heures à Berlin, peut se vanter d’une seconde place avec 29 155 éditions vendues. 

 

02/12/2022, 12:20

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Les Éphémérides de Patrice Franceschi, la vie en poésie

BONNES FEUILLES - Modestement, mais avec certitude, Patrice Franceschi a fait de sa vie une poésie en acte. Sous sa plume, aventure et poésie nous offrent la possibilité fragile, mais sans cesse présente, de vivre doublement.

02/12/2022, 09:00

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Quelques moments sans gravité pour le plus grand des secrets

BONNES FEUILLES - L’univers original de Karin Serres nous enchante une nouvelle fois dans ce roman plein de subtilité et d’audace, où l’étrange se mêle avec grâce au poétique.

02/12/2022, 08:00

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Le livre audio, une solution quand on ne peut plus lire ?

Avec l’âge, les différentes facultés de perception s’amenuisent, parfois considérablement, à tel point qu’il peut devenir très pénible de lire. Après les lunettes, on va utiliser une loupe. Mais, avec une main tremblante, l’exercice est rapidement fastidieux et rend compliquée une lecture quelque peu étendue.

01/12/2022, 16:25

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La Furieuse, rives et dérives par Michèle Lesbre

BONNES FEUILLES - « Rives et dérives » est un parfait sous-titre pour ce nouveau texte de Michèle Lesbre. Elle y emprunte des chemins de traverse afin de rejoindre une rivière, la Furieuse, dont le nom – sans qu’elle la connaisse – a résonné en elle de manière particulière. 

01/12/2022, 09:00

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Par la fenêtre, entre mémoire et Histoire par Allain Glyko

BONNES FEUILLES - Aujourd’hui disparu, Philippe était un brillant étudiant en philosophie, disciple de Gilles Deleuze. Bébé, il avait réchappé à la mort de justesse, une photo a immortalisé son départ pour l’hôpital. 

01/12/2022, 08:00

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Stéphanie Garzanti interroge l'acte d'écrire dans Petite Nature

BONNES FEUILLES - Après Les Orageuses de Marcia Burnier et La Vie têtue de Juliette Rousseau, la
collection Sorcières propose un nouveau premier roman, celui de l'artiste plasticienne Stéphanie Garzanti.

 

01/12/2022, 07:30

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Jerry Stahl en compagnie des "touristes des camps de la mort"

BONNES FEUILLES - Comment survivre à un voyage organisé dans les camps de la mort quand on est juif et dépressif ? C'est le défi que s'est lancé Jerry Stahl, dans une enquête délirante et grinçante, monument d'humour noir et d'autodérision, sur fond de satire de l'amérique trumpiste.

30/11/2022, 09:30

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La plus grande catastrophe écologique du XXe

BONNES FEUILLES - Une histoire d’amour entre un ingénieur soviétique et une chamane sur fond de la plus grande catastrophe écologique du XXe siècle.

30/11/2022, 09:00

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La découverte d'un autre Rimbaud avec Henri Guyonnet

BONNES FEUILLES - Une exofiction qui retrace la découverte, par Rodolphe Darzens, de l’œuvre poétique d’Arthur Rimbaud, dans un chassé-croisé haletant.

30/11/2022, 08:00

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L’indépendance des États-Unis ou le jeu de dupes des nations 

Quel livre déroutant que voila. Signé par Joel Richard Paul, professeur de droit à l’université de Californie, l'ouvrage est intitulé Unlikely Allies - How a Merchant, a Playwright, and a Spy Saved the American Revolution (littéralement Improbables alliés - Comment un marchand, un dramaturge et un espion ont sauvé la révolution américaine) dans sa version originale. Traduit chez Perrin par Espions en révolution – Beaumarchais, le chevalier d’Éon, Silas Deane & les secrets de l’indépendance américaine, ce titre aurait peut-être dû s’arrêter au marchand et au dramaturge. Passé une certaine déception, il devient fort intéressant à lire. Voici pourquoi. 

29/11/2022, 12:40

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Grégory Rateau et ses Imprécations Nocturnes…

Dans son nouveau recueil élégamment intitulé Imprécations Nocturnes, préfacé par Jean-Louis Kuffer, l’auteur poursuit sa quête inlassable ou plutôt sa « hantise insondable », amplement signifiée dès son premier recueil, Conspiration du Réel, dont j’avais dans un article précédent vanté les qualités littéraires. Mais également le contenu singulier, dont les thèmes récurrents qui n’ont rien d’une argumentation passive ou poussive, c’est selon, convoquent une fois de plus les affres de la vie et plus encore ses pernicieux revers.

29/11/2022, 11:29

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Les trompettes de la mort : un premier album puissant

C'est toujours un bonheur de tomber sur un album qui happe les lecteurs comme le tuyau d'un aspirateur emporte la poussière. Les trompettes de la mort a la puissance des grands livres, à savoir celle qui efface le monde environnant et nous plonge de la tête aux pieds dans le pur espace de la fiction. Et plus particulièrement dans les décors d'une campagne nostalgique qui évoque à peu près tout sauf le bonheur et l'insouciance.

29/11/2022, 11:24

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Paula Jacques débarque à New York avec Mon oncle de Brooklyn

BONNES FEUILLES - Quand Éva débarque à New York, elle a plus d’une idée en tête : côté pile, interviewer des personnalités apparemment inaccessibles pour une jeune journaliste française – comme l’impressionnante Toni Morrison, qui pourrait se confier sur les très récentes émeutes raciales qui viennent d’enflammer la ville. 

29/11/2022, 09:00

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Aurélien Delsaux : tirer à vue sur l'époque

BONNES FEUILLES - Etienne rentre de vacances avec sa famille parfaite et son apparent bien-être. Sa vie est confortable, routinière. Il mène une vie normale, c’est l’essentiel. 

28/11/2022, 09:30

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Le destin d'un ténor d'exception par Alexia Stresi

BONNES FEUILLES - Paris, 1935. Ce soir-là, à la Première du Rigoletto de Verdi à l’Opéra-Comique, une chose inouïe se produit.

28/11/2022, 09:00

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Laurent Quintreau : hommes et femmes à travers les âges

BONNES FEUILLES - Une fresque intergénérationnelle explorant l'évolution des rapports de force entre hommes et femmes, construite à partir d'une seule histoire familiale, dont on suit la trajectoire du milieu du XIXe siècle jusqu'en 2050, à l'aube du transhumanisme et de la disparition de la famille traditionnelle.

28/11/2022, 08:00

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Véronique Ovaldé laisse s'exprimer la Fille en colère sur un banc de pierre

BONNES FEUILLES - Quand elle décroche, Aïda entend sa sœur lui lancer un grotesque « coucou » ; on ne dit pas coucou à quelqu’un qu’on n’a pas vu (et pas voulu voir) pendant quinze ans. 

27/11/2022, 09:00

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Thibaut Solano met Clermont à l'épreuve dans Les Dévorés

BONNES FEUILLES - Un roman social avec comme toile de fond le mouvement des gilets jaunes et la sauvagerie d'un grand méchant loup moderne. 

27/11/2022, 08:00

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Rodolphe Danjou imagine Ces vies d'où l'on vient

BONNES FEUILLES - Faut-il retourner aux sources pour rebattre les cartes ? Faut-il revenir d’où l’on vient pour tout recommencer ? Tel est le pari d’Adrien, quadra. 

26/11/2022, 09:00

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Mickaël Brun-Arnaud explore Les vallées closes

BONNES FEUILLES - On pardonne rarement à celui qui s'éloigne du troupeau. Une tragédie moderne et poignante sur le déterminisme social. 

26/11/2022, 08:00

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Le temps des orphelins, autofiction de Claude Rodhain

Avocat honoraire, désormais installé dans les Bouches-du-Rhône, Claude Rodhain a fort bien évoqué son parcours d’enfant abandonné devenu notable dans Le Destin bousculé, autobiographie parue chez Robert Laffont en 1986, deuxième prix des lectrices du magazine Elle, succès de librairie. Vingt-six ans plus tard, l’homme revient avec une suite, plus romancée, plus sombre aussi. Texte d'Étienne Ruhaud.

25/11/2022, 15:35

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Meilleures ventes : l'éternel effet prix

On le sait, nous le savons, ils savent. Les prix littéraires ont une influence considérable sur les meilleures ventes des livres, en fin d'année. Alors un prix Goncourt à un petit mois de Noël, c'est quasi synonyme de première place au classement. Cette année, c'est Brigitte Giraud qui en profite : son roman Vivre vite (Flammarion) a convaincu 24.048 lecteurs cette semaine.

25/11/2022, 12:22

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Eric Faye présente sa petite saga des années 2010

BONNES FEUILLES - Dans les années 2010, un journaliste vit, de l’intérieur, les convulsions de l’entreprise de presse dans laquelle il travaille depuis de nombreuses années : rachat, brutalité managériale, obsession du profit envers et contre tout... 

25/11/2022, 09:00

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Boris, 1985 : un premier “je” pour Douna Loup

BONNES FEUILLES - Janvier 1985. Boris Weisfeiler, quarante-quatre ans, disparaît dans le Chili de Pinochet. Né en URSS au sein d’une famille juive, ce surdoué des chiffres s’exile aux États-Unis pour pouvoir exercer librement les mathématiques. 

25/11/2022, 08:00

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Nesrine Slaoui à la croisée des vies d'Anissa et de Nora avec Seule

BONNES FEUILLES - À la mort d'Anissa qu'elle était trop loin pour empêcher, Nora décide d'en finir radicalement avec la violence des hommes.

25/11/2022, 07:30

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Moïse ou la Chine, un monde sans Dieu

Le titre est lié à une pensée de Pascal, qu'il a ensuite raturée : « Lequel est le plus croyable des deux ? Moïse ou la Chine ? ». L’enjeu, mettre Dieu en comparaison, est de taille ! Et propre à effrayer. François Jullien pratique un vis-à-vis des deux cultures, il ne les mesure pas, ne mesure pas leur distance, leurs écarts, il ne les frotte pas l’une contre l’autre ni pour faire des étincelles, ni pour les faire briller. S’il dit l’une de la fenêtre de l’autre, en alternance et réciprocité, c’est pour les écrire au mieux, les décrire mieux. Texte d'Orelien Péréol. 

24/11/2022, 15:38

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Une somme humaine : coup de projecteur sur l’humanité

La narratrice n’est jamais nommée, pourtant c’est l’entièreté de sa vie qu’elle offre à travers le voile de la mort. Son passé, ses pensées, ses espoirs et ses déboires, mais aussi une vision de l’humanité — crue, accusatrice, féroce. Son récit débute avec la fin de sa vie : le souhait de disparaître, ces moments où elle imagine comme s’y prendre, puis le saut sur les rails, devant un train à Paris, cette ville devenue son refuge face à une enfance d’une violence inouïe.

24/11/2022, 12:17

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Isabelle Rodriguez dévoilent Les Orphelines du mont Luciole

BONNES FEUILLES - Un retour envoûtant sur les lieux de l’enfance et l’imaginaire qui s’y déploie. Une supplique pour que la mémoire des campagnes ne s’efface jamais.

24/11/2022, 09:00

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Samuel Dock fait la lumière sur une triste vérité avec L'enfant thérapeute

BONNES FEUILLES - Quand faire le deuil de son enfance implique de faire celui de l’enfance que sa propre mère n’a jamais eue. Samuel Dock livre un récit poignant sur l’enfance maltraitée, ses saccages, la reconstruction et la puissance du lien filial.

24/11/2022, 08:00

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Trillion game : gagner 1000 milliards de dollars à partir de rien  

Haru et Gaku, meilleurs amis depuis le lycée, tentent de trouver leur premier emploi. Ils visent tous deux la prestigieuse Dragon Bank – mais beaucoup trop introvertis, Gaku échoue lamentablement à l’entretien. Ce n’est pas ça qui va les séparer ! Haru leur lance un défi : à eux deux, ils vont monter une boîte, et obtenir 1000 milliards de dollars.

23/11/2022, 15:22

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Héliotrope, l’amour déjanté

Le prolifique Joann Sfar commence une nouvelle série fantastique en collaboration avec Benjamin Chaud. Le Tome 1 d’Héliotrope, publié en juin 2022 aux Éditions Dupuis (le T.2 ce 18 novembre), est empreint de toute la verve de Sfar. Mais convainc moins que la saga Petit Vampire

23/11/2022, 09:59

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Le retour de Janvier ou la France des tempêtes

BONNES FEUILLES - Dans un monde qui refuse de voir son lent effondrement, l’odyssée de Janvier Bonnefoi pour rentrer chez lui et tenter de reconstruire sur les ruines. Un premier roman remarquable, d’une étonnante crédibilité.

23/11/2022, 09:00

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Les heures abolies, entre sauvagerie et civilisation

BONNES FEUILLES - Dans un golfe étroit veillé par des montagnes jumelles et des forêts ogresses, un couple traverse l’obscurité de l’hiver boréal pendant plusieurs semaines.

23/11/2022, 08:00

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Sonia Mossé, biographie d'une reine sans couronne

Sans ambitionner d’être catalogué biographe, Gérard Guégan s’est montré fort habile, depuis une douzaine d’années, à filmer littérairement des Français au destin tragique : Jean Fontenoy, Aragon, Drieu La Rochelle, Théodore Fraenkel, qui avaient en commun d’être nés à l’extrême fin du XIXe siècle. Après eux, on espérait une femme. La voici enfin. Plus jeune que les précédents (née à Paris en 1917), belle et blonde, Sonia Mossé est juive comme Fraenkel et plus franchement homosexuelle qu’Aragon. Sa vie sera plus brève, puisque, arrêtée à Paris par des inspecteurs du service des Affaires juives, elle mourra gazée à Sobibór avec sa demi-sœur en 1943. Texte par Adrien Le Bihan.

22/11/2022, 12:33