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Jean-Louis Gauthey : “Le modèle diffusion/distribution est obsolète” (Cornélius)

Installée depuis un peu plus de quatre ans à Bordeaux, l'équipe de la maison d'édition Cornélius poursuit le travail de longue haleine commencé en 1991 avec la création de la société. Jean-Louis Gauthey, à la tête d'une équipe de 3 personnes, mène la barque avec détermination, mais sans se prétendre certain de la destination à atteindre.

Le 29/10/2018 à 10:13 par Antoine Oury

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Publié le :

29/10/2018 à 10:13

Antoine Oury

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ActuaLitté

Les éditions Cornélius au FIBD 2018
(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

ActuaLitté : Comment a évolué l'équipe par rapport à la création de Cornélius ?

Jean-Louis Gauthey : Quand j'ai démarré en 1991, j'étais tout seul, et puis, en 1996-1997, une personne m'a rejoint, qui n'est plus dans l'équipe mais avec qui je suis toujours en contact puisqu'il est devenu auteur. Il s'agit de Blexbolex. Je l’ai poussé dans cette carrière. Nous sommes encore amis et je l’édite régulièrement. Par la suite, l'activité d'édition m'a poussé à embaucher, et le fait d'embaucher m'a conduit à poursuivre. Sinon, j'aurais probablement arrêté autour des années 2000. Aujourd'hui, nous sommes quatre, avec Hugues, mon assistant graphique et fabrication, Adèle, qui s'occupe de toute la communication, et Céline, qui gère tout ce qui est administratif et juridique. Moi, je m'occupe de la partie éditoriale et graphique.

En tant qu'éditeur, vous assumez une certaine responsabilité vis-à-vis des auteurs et autrices, aussi ?

Jean-Louis Gauthey : Si je ne peux pas parler d'équipe, il est indéniable que les auteurs et les autrices font aussi partie de Cornélius pour moi. C'est cet ensemble de personnes qui a fait que j'ai perdu la possibilité de mettre un terme à cette expérience. En 1997, les auteurs étaient peu nombreux, une quinzaine dans le catalogue de Cornélius, contre environ quatre-vingt aujourd'hui. Nous n'avons jamais travaillé avec énormément d'auteurs, nous essayons plutôt de leur garantir de bonnes conditions — pas financières, malheureusement, même si nous payons des à-valoir et 10 % de droits d'auteurs. Mais nous leur offrons des délais, de l'écoute, et tout ce qui peut aboutir à ce que leur manuscrit soit le plus proche d'eux, en apportant à la réalisation de leur livre le plus de soin possible.

À la création de Cornélius, comment êtes-vous entré en contact avec les auteurs ?

Jean-Louis Gauthey : C'était essentiellement de la cooptation, parce que, dès les débuts, Cornélius a été assez proche de L'Association. Je les connaissais et j'étais particulièrement complice de Jean-Christophe Menu, qui a été le premier membre de L'Association à vouloir publier chez Cornélius parce qu'il n'arrivait pas à se discipliner suffisamment pour se publier lui-même dans cette structure : il avait besoin d'un autre éditeur. Il a été celui pour lequel j'ai créé la collection des « comix », avec des couvertures en sérigraphie.

Cela a donné envie à Lewis Trondheim, dont L'Association ne pouvait pas absorber toute la production, et à David B. de se joindre à l'expérience. C’était exigeant pour eux car il fallait fournir 24 pages tous les trimestres. Seul Lewis y est parvenu — même moi, j’ai craqué. Ils ont été les trois premiers membres de L'Association qui ont été à cheval sur les deux structures. Ensuite, L'Association et Cornélius ont reçu en même temps des propositions de manuscrits de Joann Sfar, que nous avons tous deux acceptées.

Par la suite, j'ai mis un terme à la relation avec Joann, non pas parce que je ne m'entendais pas avec lui, mais parce que nous étions dans des modes de travail trop tranchés pour que cela puisse fonctionner. Je lui ai rendu ses droits et il a pu reprendre les pages qu'il avait faites à Cornélius chez L'Association.

Parleriez-vous d'une famille Cornélius-L'Association ?

Jean-Louis Gauthey : Nous avions d'autres auteurs en commun avec L'Association, comme Berberian, Blutch ou Fabio... Ces deux maisons étaient proches sur le plan esthétique, mais aussi éditorial. Par ailleurs, s'ajoutait à cela une proximité géographique puisque nous avions des locaux à la même adresse, au 100 rue de la Folie-Méricourt, ce qui était une volonté commune.

Pour achever de créer une sorte de confusion dans l'identité de Cornélius, qui a longtemps été considéré comme un satellite de L'Association, nous nous sommes diffusés ensemble, avec nos propres moyens. C'était d'ailleurs essentiellement L'Association qui s'occupait de la partie diffusion, même si je pouvais occasionnellement contacter des libraires.

L'Association au FIBD 2018 (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

Physiquement, les auteurs étaient aussi proches ?

Jean-Louis Gauthey : Oui, bien sûr. Dans la première vie de Cornélius — j'entends par là le premier lieu occupé par Cornélius, avant d'avoir des locaux à la même adresse que L'Association —, l'atelier que j'occupais était dans une rue où Willem avait son atelier, c'est comme ça que je l'ai rencontré. Philippe Dupuy et Blutch se sont par la suite installés dans cette même rue. Nous déjeunions souvent ensemble, je venais voir les auteurs qui leur rendaient visite... À l'époque, Paris était très différent, et les échanges y étaient possibles du fait que la mixité sociale était une réalité. Dans le quartier Place Clichy-Pigalle, on pouvait rencontrer dans un bistrot des poivrots, des représentants de commerce, des artisans, tout autant que des artistes, auteurs de BD, écrivains ou cinéastes.

Avant d'être éditeur, vous étiez auteur : exercez-vous toujours aujourd'hui ?

Jean-Louis Gauthey : Oui, mais je suis un auteur très intermittent en bande dessinée parce que, outre le fait que Cornélius me prend beaucoup de temps, je reste gérant bénévole, ce qui m'oblige à exercer un autre métier. Je suis scénariste et directeur d'écriture dans l'audiovisuel, ce qui me prend énormément de temps. Par ailleurs, je ne suis pas si sûr d'avoir le besoin personnel d'avoir une reconnaissance artistique. Je dessine beaucoup chez moi, dans différentes techniques assez éloignées de la bande dessinée, et je ne suis pas du tout certain d'avoir cette nécessité d'être lu ou apprécié par d'autres. J'ai un regret, c'est de ne pas avoir assez de temps à consacrer aux scénarios de bandes dessinées que j'ai en cours pour d'autres auteurs. J’ai quand même deux ou trois projets. « On verra bien » comme disait Gus Bofa…

Pourquoi vous être lancé dans Cornélius à l'époque ?

Jean-Louis Gauthey : Si je repense à ma situation de l'époque, c'était pour m'extraire du monde du travail et de ses contraintes. Mais si je me réfère à ce que je faisais quand j'étais enfant, je faisais déjà des livres en un seul exemplaire pour moi. Et si je me projette aujourd'hui, je me dis que tout ça n'était peut-être qu'un moyen de trouver une activité qui me permette d'être autonome et qui me dégage du stress d'être un artiste jugé, commenté, voire pas lu, tout simplement. C'est difficile de savoir quelle est la raison première, et figer ça dans une « vérité » me semble illusoire.

Peut-on revenir sur ce moment où Cornélius a failli s'arrêter ?

Jean-Louis Gauthey : C'est en 2000 que j'ai hésité à arrêter, nous étions au bord de la faillite. Nous avions aussi des propositions d'un autre éditeur pour un rachat, nous avons travaillé à cette vente qui ne s'est finalement pas faite, l'éditeur ayant renoncé au dernier moment. Et c'était une chance pour Cornélius, parce que c'est ce qui nous a permis de gagner en professionnalisme, de faire des démarches pour obtenir des documents que nous n'avions pas... Ce travail m'a fait prendre conscience que Cornélius était une structure qui n'avait aucune gestion de quelque ordre que ce soit et que si on devait continuer, il fallait passer par ce type de... torture.

Cette proposition de rachat émanait d'un éditeur plus gros, plus institutionnalisé... Est-ce que vous l'avez vécu comme une bascule, le signal que la maison n'était plus aussi impertinente ou provocante ?

Jean-Louis Gauthey : Il n'y a jamais eu de volonté de provoquer chez Cornélius, ce n'était pas un enjeu et ça ne le sera jamais. La provocation a été totalement dévoyée par la télévision et la communication; la provocation n’a plus rien de subversif aujourd’hui, elle est même le plus souvent réactionnaire. Certes, des gens peuvent avoir une lecture militante de Cornélius. Pour ma part, je place notre engagement du côté de la curiosité, de l’exigence, de l’alternative à l’édition industrielle. Il ne faut pas confondre mon agressivité et Cornélius, ce sont deux choses distinctes. Quand je m'exprime sur l'édition avec un ton ironique ou sarcastique, ça n'englobe pas l'équipe ou les auteurs et les autrices. 

Ce rachat m'a appris qu'on avait fait suffisamment de chemin — la maison avait alors 9 années d'existence — et qu'on représentait quelque chose de suffisamment intéressant pour que d'autres puissent avoir envie de se l'approprier. Cela a été un autre bénéfice, ça nous a donné confiance en nous. C'était une autre incitation à poursuivre.

Avec le recul, comment évaluez-vous l'impact de Cornélius sur le marché de la BD ?

Jean-Louis Gauthey : C'est toujours difficile à analyser, car nous ne sommes pas les mieux placés pour mesurer l'impact bénéfique qu'on peut avoir sur un marché ou sur son propre milieu. Je peux juste observer qu'à une époque, avec L'Association et une génération d'éditeurs apparus dans la foulée comme Atrabile, Les Requins Marteaux ou le Frèmok, on a initié un mouvement de rupture avec le format standardisé de l'époque, — le cartonné 48 pages couleurs — pour revenir à une diversité que le marché avait choisi d'oublier. Ça a amené d'autres propositions sur le plan esthétique et narratif.

Nous avons permis à une BD plus expérimentale, en opposition à la norme du moment, d'exister et de revivifier le secteur. C'est déjà ancien, mais à la fin des années 1990, beaucoup d'éditeurs plus mainstream ont repris nos modèles, ont fait des « romans graphiques » et se sont remis à faire des BD en noir et blanc. Cela signifie que cette génération d'éditeurs a apporté quelque chose. Et qu'elle doit soutenir la génération qui lui succède. C'est pour ça qu'on a créé un syndicat d'éditeurs alternatifs, le S.E.A. Pour en revenir à l'impact que Cornélius pourrait avoir sur le marché, je me contente de rencontrer des gens heureux de lire nos livres sur les festivals : en soi, ça me suffit.

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

Quel élément vous parait aujourd'hui le plus difficile dans la vie de Cornélius, et sur le marché de la BD français ?

Jean-Louis Gauthey : D'une manière générale, ce qui reste difficile, ce sont les fins de mois. Et je crois que c'est le cas pour beaucoup de maisons d'édition, quelle que soit leur taille. Après, plus on est petit, plus ces fins de mois paraissent inatteignables, car on a rarement le soutien d'un banquier. Chez Cornélius, nous sommes d'une taille intermédiaire, mais ça ne nous met pas à l'abri de ce type de problème. Il y a des hauts et des bas tous les ans. Mais si on fait le choix de ne pas faire les livres dont on sait qu'ils ne vont pas marcher, on s'éloigne de ce qui fait l'intérêt de Cornélius aussi. Après, que les lecteurs ne soient pas disponibles pour consacrer leur budget à des livres plus difficiles, ça me désole, mais je peux le comprendre. Ce n'est pas pour autant que ces livres là ne doivent pas exister. Je pense qu'ils sont plus essentiels que d'autres livres qui marchent mieux.

Vous les repérez à l'avance ces titres, à force d'exercer le travail d'un éditeur ?

Jean-Louis Gauthey : Je suis encore suffisamment relié à ce qui a fait que Cornélius s'est créé pour percevoir que ce qui fait l'identité de la maison, c'est cette prise de risques sans laquelle il n'y a plus d'expérience, plus de diversité. Si c'est pour faire que des livres dont on sait à l'avance qu'ils vont marcher, je ne vois pas trop l'intérêt de faire ce métier. Étant donné que je fais ça de manière bénévole, il faut quand même que j'ai la sensation d'être un minimum utile, à mon échelle, à des auteurs, des autrices, des lecteurs et des lectrices. Parfois, des livres qui n'ont pas marché ont pu frapper quelques dizaines de personnes et il arrive que ces personnes viennent s'en ouvrir à moi 20 ans plus tard. Ce qui me conforte sur l'utilité d'avoir fait ce livre. Même les bides de Cornélius, j'espère tous les rééditer un jour, car ils ne sont pas des échecs pour moi.

L'idée de soutenir un auteur ou une autrice est-elle une motivation pour exercer ce métier ?

Jean-Louis Gauthey : Bien sûr, cela fait partie du métier et de l'engagement moral qu'on prend vis-à-vis d'un auteur. Après, il peut y avoir plus ou moins d'affinités et la relation dans le temps peut s'interrompre, mais rarement pour des questions artistiques. Quand je commence à travailler avec un auteur ou une autrice, je fais en sorte de l'aider, ce qui signifie parfois lui conseiller de publier ailleurs, voire le mettre en contact avec des éditeurs qui lui offriront des conditions financières meilleures. Cela fait partie de ce contrat basé sur la confiance.

Vous avez des exemples dans l'histoire de Cornélius ?

Jean-Louis Gauthey : Bien sûr, il y en a eu plein : Blutch, Giacomo Nanni, Hugues Micol, Fanny Michaëlis, Ludovic Debeurme... Il y a l'idée d'échanger sur ce qu'est leur situation, leurs envies, parfois de les aider autrement qu'en les éditant, leur expliquer l'intérêt à avoir une stratégie vis-à-vis de maisons d'édition plus grosses et les aider dans les négociations.

Ce qui semble de plus en plus nécessaire alors que la situation des auteurs gagne en complexité...

Jean-Louis Gauthey : C'est très difficile d'être auteur ou autrice. On ne s'en rend pas compte, mais cela demande énormément de sacrifices sur le plan du confort. Parfois, cela fonctionne, et tant mieux, mais c'est relativement rare. Tous les auteurs que je connais font face à la précarisation, c'est une réalité très concrète. Je l'ai vue s'aggraver depuis 15 ans, et c'est directement lié, quoi qu'en disent ceux qui ont une croyance dans l'autorégulation du marché, à la surabondance. C'est-à-dire ce modèle ultra-consumériste qui voudrait que la prolifération soit bénéfique à la diversité. Ce n'est pas comme cela que ça marche, ce n'est pas parce qu'on met de plus grandes quantités de livres en librairie que ces derniers vont plus se vendre. 

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

De fait, si on plonge un petit peu dans le détail des chiffres, on s'aperçoit que le chiffre d'affaires de la BD a progressé beaucoup moins vite que le nombre de livres produits. Ce qui signifie qu'on produit beaucoup plus de livres pour gagner à peine plus. Les éditeurs ont encouragé à s'engager dans cette voie des auteurs pour lesquels la longévité n'était pas assurée. Quelque part, ils les ont induit en erreur, se désintéressant de leur cas lorsque les ventes ne sont pas au rendez-vous.

Et ça, c'est terrible, car beaucoup d'auteurs découvrent tardivement qu'ils sont des variables d'ajustement, qu'ils sont remplaçables et que les éditeurs ne leur donnent pas la possibilité de devenir des auteurs à part entière. Dans ces cas-là, ils se retrouvent vraiment à la merci de leurs éditeurs, qui peuvent décider de les payer de moins en moins correctement.

Le rôle d'un éditeur est donc aussi de refuser d'éditer...

Jean-Louis Gauthey : Produire plus, ce n'est pas forcément produire bien. Cornélius n'a jamais dépassé les 20 livres par an, alors que la société aurait pu le faire. Et c'était un bon choix : je ne crois pas du tout que l'on puisse s'abstraire de la réalité économique de l'écosystème aujourd'hui dérégulé que représente le marché de la BD.

Ce système dérégulé a un impact sur Cornélius ?

Jean-Louis Gauthey : Très clairement, cela ne nous facilite pas la vie. D'une manière générale, les ventes moyennes de tous les livres chez tous les éditeurs — à l'exception de ce qui constitue les best-sellers — sont en baisse. Moi qui ai aussi publié des livres chez différents éditeurs, je suis encore mieux placé pour pouvoir le dire, car mes propres ventes moyennes ont baissé. C'est tout simplement lié à une érosion des mises en place de base suite à une production trop abondante. 

Les BD de Cornélius n'y échappent pas. Nous avons mis en place différentes stratégies, mais l'essentiel est de convaincre que le monde de l'édition ne doit pas autant se concentrer sur le principe de la nouveauté qui, en tant que telle, ne veut rien dire. Il y a un caractère illusoire dans le fait de dire que la nouveauté incarne une forme de vivacité : il y a des livres parus il y a 40 ans qui sont plus modernes que ce que l'on publie aujourd'hui pour assurer un flux économique.

La création du Syndicat des éditeurs alternatifs s'inscrivait-elle dans cette nécessaire prise de conscience ?

Jean-Louis Gauthey : Je pense que c'est une action qui a permis, à son niveau, de rééquilibrer certains rapports de force, et aussi de diffuser de façon plus coordonnée des informations importantes sur la réalité de ce marché qui est fait d'individus qui ont besoin de vivre. Souvent, les éditeurs qui atteignent un certain volume de production oublient des réalités concrètes qui touchent les auteurs et autrices qu'ils publient.

Alors que le public y semble sensible...

Jean-Louis Gauthey : Je ne sais pas. Un certain type de public, peut-être. En tout cas, des gens qui, par leur culture politique ou autre, ont une forme d'empathie pour les gens qui font la culture, mais c'est très difficile à définir, tout cela.

Récemment, des mouvements d'auteurs ont réussi à toucher un plus large public...

Jean-Louis Gauthey : Oui, mais ils n'ont pas obtenu grand-chose, finalement. Ils ont capté l'attention des médias et celle des éditeurs, qui ne tiennent pas à ce que tout cela tourne mal sur le plan médiatique et que cela les classe dans le camp des méchants. Mais, concrètement, quand je regarde le statut des auteurs, je ne vois pas de progression particulière : leur statut en tant que tel n'existe pas, avec tout ce que cela impliquerait de reconnaissance de l'État, de l'administration fiscale, et de tous les dispositifs qui régissent la vie des salariés lambda. Ce statut aujourd'hui, il reste à définir véritablement et à acter. C'est la première chose à accomplir.

Ce que l'on peut vérifier, c'est que la valeur que l'on accorde à la culture est de moins en moins reconnue. On la confond souvent avec l'éducation, ou la pédagogie. Je ne conteste pas qu'il puisse y avoir des points de croisement, mais c'est autre chose : la culture, pour moi, c'est un outil d'émancipation, pas de normalisation. Ce qui me pose problème aujourd'hui, c'est que la culture n'est considérée comme une valeur mesurable que lorsqu'elle est accolée à un dispositif éducatif. Et je pense que les auteurs devraient s'en soucier, car c'est aussi un problème pour eux.

Quand on leur propose d'intervenir et d'être rémunéré, en général c'est une « animation » qui s'inscrit dans un cadre plus ou moins directement pédagogique. Je ne suis pas sûr que ce soit cela, un auteur, une autrice : n'est-on pas en train d'instrumentaliser, de façon abusive, ce qu'ils sont ? Sans parler du fait que ce temps est pris sur leur temps de création…

Ces revenus annexes sont au coeur du débat, notamment par l'intermédiaire d'une rémunération des dédicaces : qu'en pensez-vous ?

Jean-Louis Gauthey : Les dédicaces sont effectivement un problème, car elles prennent du temps à l'auteur sans lui apporter de rémunération. Les éditeurs expliquent que cela fait partie de la promotion de l'ouvrage et qu'en faisant des dédicaces, l'auteur développe son public, etc. Certes, je peux l'entendre, mais si cela fait vendre les livres, l'éditeur s'y retrouve aussi. Les points de vue diffèrent beaucoup sur le sujet. À titre personnel, je suis opposé aux dédicaces : je n'ai pas envie que quelqu'un vienne gribouiller sur mon livre, surtout que peu de dédicaces sont convaincantes. 

C'est un exercice que je trouve morbide, par ailleurs. Si j'aime le travail d'un auteur ou d'une autrice, je vais plutôt essayer d'acquérir un original, ou me procurer l'ensemble de sa bibliographie. Je n'aime pas non plus ce que cela suscite chez les lecteurs, aussi bien le fait de collectionner de manière compulsive que le rapport qui se met en place entre lecteur et auteur. Il faut s'interroger aussi sur ce qui s'est créé autour de la dédicace, et la raison pour laquelle on l'a tellement encouragé : c'est une solution très paresseuse pour lier auteurs et lecteurs autour d'un acte commercial. J'aimerais qu'on trouve autre chose : il y a quelques années, avec d'autres éditeurs, alors qu'Angoulême était en travaux, nous avions fait un off, avec des rencontres, des débats, des ateliers, mais pas de dédicaces. C'était bien plus intéressant.

Séance de dédicace au FIBD 2018 (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

Et cet accent mis sur les revenus annexes, vous y croyez ?

Jean-Louis Gauthey : Il y a un exemple qui est souvent utilisé par des éditeurs qui, à mon sens, n'ont pas assez conscience de ce que vivent les auteurs : « Regardez, quasiment aucun romancier ou aucune romancière ne vit de ses droits d'auteur. » Sauf qu'écrire un roman, et pour le coup je le sais, ce n'est pas comme faire de la bande dessinée. Personnellement, je peux écrire deux heures par soir et j'avance, mais je ne peux pas faire une bande dessinée deux heures par soir, c'est impossible. 

Faire une bande dessinée, c'est beaucoup plus physique et cela nécessite de se mettre dans une condition particulière, qui n'est pas qu'une condition d'imagination, mais aussi de disponibilité technique du corps. Et ça, après une journée de travail, c'est quasiment impossible. Il est envisageable d'avoir un dessin relâché, qui va rejoindre une forme de méditation ; la peinture, par exemple, que je pratique et qui peut me détendre, mais la BD, c'est un travail de concentration extrême qui porte en lui-même une dimension laborieuse.

Un rapport sur le monde de la bande dessinée est attendu pour le début de l'année prochaine au ministère de la Culture, qu'en attendez-vous ?

Jean-Louis Gauthey : J'espère que les mesures présentées permettront d'améliorer la situation des auteurs, des autrices et des libraires. J'espère aussi que de nouveaux dispositifs seront imaginés, qui permettront d'encourager la diversité. Mais, comme j'ai pu le constater ces quinze dernières années, l'État est plutôt démissionnaire, il n'attache plus autant d'importance à la culture et au bien-être social qu'elle peut favoriser.

Cela supposerait de réguler, ce qui n'est plus vraiment raccord avec le libéralisme affiché des gouvernements...

Jean-Louis Gauthey : Les règles de savoir-vivre au sein d'une corporation ne sont pourtant jamais mauvaises, car elles pacifient les choses. S'il n'y avait pas eu la loi Lang, le marché du livre en France ne vaudrait pas beaucoup plus que celui de l'Italie, de l'Espagne, de la Belgique, de l'Allemagne, qui sont des marchés assez peu dynamiques sur le plan de la création. La France reste le marché le plus créatif au monde, devant le Japon et les États-Unis. Une grande partie de cette créativité est liée à la loi Lang, qui a introduit une régulation au sein du marché. Et qui est, de manière absurde, régulièrement contestée par certains acteurs de l'édition qui refusent de voir le profit qu’ils tirent de la dynamique plurielle de ce marché.

Pour finir, comment voyez-vous l'avenir de Cornélius ?

Jean-Louis Gauthey : Je ne le vois pas du tout, je m'interroge beaucoup, y compris sur la capacité de Cornélius à durer dans le temps, au-delà de mon investissement personnel. Parfois, je me demande s'il ne faudrait pas revenir à des choses plus artisanales. Je pense que nous avons fait beaucoup d'efforts pour comprendre la façon dont fonctionnait ce marché tout en conservant notre identité et notre façon de faire des choses. Je me pose la question de savoir si on ne serait pas plus heureux et peut-être plus utiles en faisant des choses moins visibles, mais mieux dirigées.

J'évoque ici moins le contenu que la façon de le faire connaitre. Je suis personnellement convaincu que le modèle de diffusion/distribution à la française est obsolète. La plupart des acteurs de ce marché le reconnaissent, pas forcément publiquement, mais dans des conversations d'ordre privées. Pour le moment, aucune réponse n'a surgi pour constituer l'alternative. Néanmoins, ce type de fonctionnement est périmé et ne produit plus de résultats probants. Il n'est plus en capacité d'offrir une véritable variété et de permettre à des auteurs et autrices de toucher « leur » public, ceux qui les attendent.

Cela me pose un problème. Il y aura une phase de destruction, c'est évident et il faut s'y préparer, mais il faudra sans doute en passer par un retour à une forme d'artisanat pour voir émerger un nouveau modèle, un nouveau type de fonctionnement. Le gaspillage actuellement produit par le système est affolant : aujourd'hui, cela coûte moins cher de détruire des livres, sur un salon, que de les remettre en stock – Cornélius ne le fait pas, mais je l’observe ailleurs.. Quand on arrive à ce type de logique, ça veut dire que le système est malade. Les dix prochaines années vont être décisives, c'est certain.

5 Commentaires

 

Bigbijou

31/10/2018 à 15:55

Il est toujours étonnant de voir les responsables de la situation actuelle de la BD se plaindre de ce qui lui est arrivée, par leur faute.
Au delà de l'autosatisfaction,des mantras et incantations culturellement corrects habituels,il s'agirait de se poser les bonnes questions sur le pourquoi de la desafection du public,pour un média très apprécié et lu il y a encore peu.

Pas impossible que les discours excluants qui se sont multipliés ces deux décennies y soient pour quelque chose.La surproduction a bon dos.

Gentrification quand tu nous tiens.

Diane

01/11/2018 à 10:22

Excellente interview, merci !
Malheureusement, là où il y a de l'intelligence, il y a toujours un Bigbijou qui apparait.
C'est fascinant ces sempiternels clichés : "saleté d'alternatifs, de bobos, d'éditeurs de BD prises de tête, qui dorment dans leurs lofts sur les millions qu'ils ont volé (?) ! Rendez-nous la BD qu'on aimait quand on était petit (et que le monde tournait dans le bon sens) !
Pourquoi tant de haine (et de bêtise) ? Sans doute de mauvais choix de lectures.

Bigbijou

01/11/2018 à 15:38

C'est donc vrai que l'on a le public qu'on mérite.

C'est fascinant le besoin qu'ont certains-intelligents ou pas- de se faire enfumer.Les gourous et embobineurs de toutes sortes le savent bien,qui prospèrent sur les capacités intellectuelles hors-normes des plus rutilants d'entre-nous.Un peu de perlinpinpin,d'estime de soi titillée,de promesses de lendemains qui chantent,d'extraction de la masse,d'assurance d'être dans le camp du bien et de l'ordre juste....et le tour est joué,le gogo-à ne pas confondre avec le bobo,attention-se précipite,qui en veut pour son argent.

Vous avez l'air de bien connaître la BD (pardon le Roman Graphique,ne mélangeons pas les torchons et les serviettes) son histoire,sa mécanique,donc n'hésitez à me faire une liste de bons choix de lectures.

Merci d'avance.

Dewere

26/05/2019 à 20:14

Une interview passionnante et très étrange. Je n'avais jamais vu un éditeur aussi lucide sur son métier, qui parle sans faux-semblants et qui ne se place pas au-dessus des auteurs et des autrices. Je réalise que je connais peu ce catalogue et je vais m'y intéresser (pourquoi l'article ne propose pas une seule image du catalogue de Cornélius ? Même pas une photo de l'éditeur ? C'est assez décevant et pas très correct, je trouve).

Team ActuaLitté

26/05/2019 à 20:17

Bonjour
Merci pour ces conseils quant à l'illustration et l'iconographie. L'éditeur ne souhaitait pas spécifiquement apparaître, et nous avons illustré par des visuels de son propre stand.
Pour le reste, trouver son site internet ne devrait pas vous être bien compliqué.
Excellente fin de journée.

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7... chiffre sacré, mystique, évocateur s’il en est ! Il se trouve tout aussi bien associé aux merveilles du monde antique, qu’aux péchés capitaux. À ce titre, sept écrivains ont été mis au défi : produire un texte, libre, s’emparant de l’un de ces péchés sur un mode contemporain, dans le cadre d’une aventure collective et totalement incarnée. La collection regroupant leurs œuvres vient de sortir aux éditions du Cerf, sous l'appellation, Les Sept Péchés capitaux. 

06/02/2021, 12:55

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“Les romans épuisés, oubliés que je souhaite publier furent des histoires d’amour pour moi”

À la tête de la rubrique Les Ensablés, Hervé Bel s'efforce chaque semaine de redécouvrir un ouvrage injustement oublié et perdu dans le flot des années et des nouvelles parutions. Parfois, un éditeur se décide à rendre justice à ces livres, en leur offrant une nouvelle vie. Cette semaine, rencontre avec Philippe Guyot-Jeannin, libraire et éditeur dans le Jura. Il a créé les Éditions de la Belle étoile, qui ont récemment attiré l'oeil de notre chroniqueur.

21/01/2021, 11:45

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Résonances de femmes : trilogie en poche du postféminisme

PORTRAIT – Pourquoi le post-féminisme en poche sous la forme d’une trilogie embrassant plusieurs décennies de combats ? Parce qu’une édition ramassée révèle la densité d’un déploiement, l’intensité d’un engagement indéfectible au fil des années, la concision d’un message doté de la force d’un mouvement : le MLF, mouvement de libération des femmes, dont Antoinette Fouque a été la cofondatrice en 1968.

11/01/2021, 09:58

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“S'emparer des jouets laissés par Lovecraft était très plaisant” (Alex Nikolavitch)

Arkham, 1941. Le corps déchiqueté du détective Mike Danjer est retrouvé au milieu d'un monceau de papiers. Il pourrait s'agir à première vue d'un banal meurtre en chambre close. L'examen des feuillets souillés, un dossier qu'il avait constitué au fil d'une très longue enquête, démontre qu'il avait mis au jour un indicible complot. Dans le Dossier Arkham, Alex Nikolavitch nous embarque dans une aventure lovecraftienne passionnante. Et nous en dévoile ici les arcanes.

28/12/2020, 09:41

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L'Iconopop, pour plus de poésie : “Nous sommes l’allumette”

L’Iconopop est la nouvelle collection de L’Iconoclaste. Plus que de poésie, il y est question d’une parole qui vibre, qu’on lit et qui se vit à la scène, dans la rue, dans un pré, sur la toile... qu’importe ! Juste des mots sans tabou à déguster, à crier, à partager. Partout et surtout pas dans les sages cercles d’initiés. Un duo éditorial de choc se charge de coucher sur papier l’électricité contenue dans ces rumeurs éclatantes : Cécile Coulon, romancière, poète, et Alexandre Bord, ancien camarade libraire.

22/12/2020, 08:00

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Michèle Benbunan : avec Vivendi, Editis “est présent dans tous les univers médias”

« Voilà un an, Editis était place d’Italie, avec une fin d’année marquée en France par de nombreux évènements, très perturbants pour l’activité... » Michèle Benbunan, directrice générale du groupe aux 49 maisons d’édition, boucle une première année dense. Elle revient avec nous sur ces 12 mois passés.

07/12/2020, 11:27

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Les libraires des Pays de la Loire prennent le virage de la vente en ligne

ENTRETIEN – Les librairies des Pays de la Loire opèrent une transition numérique majeure, avec ce second confinement. L’association au service des librairies indépendantes des Pays de la Loire, ALIP, a observé un envol des chiffres de vente liés au click and collect.

17/11/2020, 16:32

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“L'univers de Pagnol représente la vie normale, celle qu'on ne peut avoir en ce moment”

Après avoir adapté en bandes dessinées les quatre ouvrages du cycle des Souvenirs d’enfance, les éditions Grand Angle poursuivent leur entreprise : en tout, 15 bandes dessinées sont déjà sorties dans la collection. C'est à présent avec la pièce Marius que la maison poursuit son travail autour de l'oeuvre de l’écrivain provençal. À l’occasion de la sortie du second volume de la série, nous nous sommes entretenus avec Nicolas Pagnol, petit-fils de Marcel, et garant des ayants droit de l’œuvre familiale. 

05/11/2020, 16:02

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“Les prix littéraires sont des éléments-clés de la vie du livre” (Olivier Bessard-Banquy)

Des prix, pour tous, et presque tout. Les jurys des grandes récompenses d’automne ont décidé de reporter leurs annonces, pour soutenir la librairie. Derrière cette décision, une stratégie économique est à l’oeuvre. L’universitaire français, Olivier Bessard-Banquy, spécialiste des lettres et de l'édition contemporaine décrypte avec nous cette position.

31/10/2020, 09:11

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L'agence littéraire britannique Curtis Brown se tourne vers les auteurs français

EXCLUSIF – Curtis Brown est l’une des plus anciennes agences littéraires britanniques, fondée en 1899 par Albert Curtis Brown. Depuis, la structure a amplement dépassé le cadre de la représentation d’auteurs, pour déborder sur d’autres secteurs culturels. Francophones toutes deux, Roxane Edouard et Claire Nozieres, vont lancer un pont entre la perfide Albion et l’Hexagone. 

07/10/2020, 10:06

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Marc Levy : “Avec Facebook, Mark Zuckerberg est un Goebbels moderne”

ENTRETIEN – C’est arrivé la nuit, le dernier roman de Marc Levy, traite tout à la fois de manipulation des masses par l’extrême droite, de montée des populismes, de l’infox dispersée abondamment sur les réseaux sociaux… et du scandale de l’insuline. Un nouveau genre, qu’explore le romancier ? Pas tant que cela.

30/09/2020, 17:37

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Liban : regards croisés d'éditeurs, “l'édition est le secteur le plus affecté”

Sept éditeurs indépendants au Liban témoignent, dans une série d’interviews réalisées en partenariat avec l’Alliance internationale des éditeurs indépendants, qui en assure également la traduction. Ces regards croisés permettent de mieux mesurer la situation où chacun se trouve. ActuaLitté propose ce document inédit en exclusivité.

29/09/2020, 14:42

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Stéphane Bern : “Je me ferai toujours le défenseur des bibliothèques ”

Il n’est pas homme à polémiques, pas plus que politicien. Mais attaqué sur « une regrettable maladresse », Stéphane Bern sort de sa réserve. « Je me ferai toujours le défenseur des bibliothèques », indique-t-il à ActuaLitté. Qu’on se le tienne pour dit.

21/09/2020, 07:15

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Et si la librairie de demain était coopérative, mutualiste, écocitoyenne ?

Deux années pour que le projet voie finalement le jour en 2021. La librairie Gibert Joseph du IIe arrondissement de Paris changera bientôt de mains, autant que de perspective. Un projet de Scop se met en place avec pour nom la coopérative des idées, porté par Renny Aupetit.

16/09/2020, 18:30

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Prévenir les catastrophes patrimoniales : “Le temps et l'argent se font rares”

Plusieurs catastrophes patrimoniales de grande envergure, notamment l'incendie de la Cathédrale Notre-Dame de Paris, ont dernièrement attiré l'attention médiatique et suscité l'émotion populaire. Mais ces événements sont malheureusement assez fréquents : le Groupe d'Aide en cas de Sinistre Patrimonial (GASP), en Normandie, apporte ressources et aides pour prévenir ou limiter ces catastrophes. Anthony Zurawski, chargé de mission au sein de La Fabrique de patrimoines, revient sur les activités du GASP.

03/09/2020, 11:57

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De la plantation à la fabrication de papier : ouverture d’une ferme papetière

Papetiers d’art depuis plus de cinq ans, Laurence et Bruno Pasdeloup se sont lancés dans une nouvelle aventure : ouvrir leur papeterie paysanne. Située dans le hameau de Puyberaud (Creuse), la propriété de près d’un hectare leur permettra de cultiver leurs propres matières premières et d’accueillir collaborateurs et curieux, souhaitant mettre « la main à la pâte ». 

26/08/2020, 14:18

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Île Maurice : la crise Covid a multiplié les “entraves à la liberté d’expression”

Éditrice et fondatrice de la maison Atelier des nomades, à l’ile Maurice, Corinne Fleury raconte l’incidence de la crise sanitaire sur son métier. Après 10 années de parutions, avec son conjoint Anthony Vallet, la réalité devient complexe. Et comme on le constate, l’un des enjeux actuels est celui des atteintes aux libertés d’éditer... qui sont malmenées. 

19/08/2020, 11:19

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La Gazette du Sorcier, deux décennies avec Harry Potter

Animer un site web consacré à une seule œuvre témoigne d'une certaine constance, et le faire pendant vingt ans, d'une passion dévorante. La Gazette du Sorcier, un des principaux sites francophones consacrés à Harry Potter, célèbre en 2020 deux décennies d'informations et de créations autour de l'univers créé par J.K. Rowling. 

17/08/2020, 10:33

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“La valeur des bibliothèques ne se mesure pas uniquement sur du quantitatif”

Baisse de la fréquentation et, surtout des inscriptions : la dernière édition de l'enquête « Pratiques culturelles des Français », assurée par le ministère de la Culture, apportait des chiffres assez peu réjouissants pour les bibliothécaires. L'Association des Bibliothécaires de France (ABF) appelle toutefois à relativiser ces données, par la voix de sa présidente Alice Bernard.

03/08/2020, 12:15

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Leha rachète Lynks : “L’imaginaire et la jeunesse vont très bien ensemble”

EXCLUSIF – Le monde de la jeunesse et de l’imaginaire se croisent souvent, et s’apprécient désormais un peu plus. Quelques semaines avant la rentrée littéraire, les Editions Leha – qui publient Pierre Bordage, Steven Erikson ou encore Philippe Tessier – vont reprendre les Editions Lynks. Une nouvelle corde pour l’arc de la jeune Leha.

31/07/2020, 19:00

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Mélanie Leblanc inscrit sa poésie dans les pages, sur les murs et les corps

Mélanie Leblanc aime à disséminer. En dehors des luminaires, des vitrines et des potirons ou, récemment, lors de l’exposition Relier au musée Mallarmé, sur le corps des visiteurs, elle écrit sur papier et publie. Disons qu’elle est une variété de liseron qui fait feu de tous supports. Dès qu’ils sont à sa portée, ses tiges volubiles s’y enroulent. Sa poésie est le liseron bleu, variété cultivée qui ne renie pas ses origines sauvages, le volubilis. Une forme certaine de liberté ne renonçant à explorer aucune direction.

30/07/2020, 11:36

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“Internet ne change pas la poésie, mais en modifie l’accès et la diffusion”

Président du Pen Club français entre 2005 et 2012, et désormais président d’honneur, Sylvestre Clancier aime les mots comme tout poète. Impliqué dans la vie poétique sur le territoire, mais également dans la philosophie — qu’il a enseignée au Québec — il répond à ActuaLitté. Littérature, poésie et bien d’autres au menu.

27/07/2020, 11:46

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La Compagnie Pyramid fait danser les livres au son du hip-hop

Depuis 2015, la compagnie de danse Pyramid sillonne les routes de France et d’Europe pour présenter son spectacle « Index ». Sur scène, les danseurs s’emparent d’ouvrages, devenant alors partie intégrante de la scénographie en tant qu’éléments plastiques et sonores. Outre une recherche d’interaction entre corps et décors, il s’agit également de rendre hommage au livre et d’interroger notre rapport à cet objet. 

24/07/2020, 16:57

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La Bourse aux Livres, nouvel acteur dans la vente de livres d’occasion

Jeune start-up française, La Bourse aux Livres se présente comme une alternative écologique et économique à l’achat de livres neufs. D’abord, à travers une application qui permet à tout un chacun de vendre ses livres d’occasion sous le modèle du dépôt-vente. Puis prochainement, avec sa boutique en ligne. Annoncée pour le 1er juillet 2020, cette initiative marque l'entrée de la société dans le secteur de la vente de livres. L’objectif : revaloriser le plus grand nombre possible d’ouvrages d’occasion en proposant un service simple et transparent.

24/06/2020, 11:37

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Aurélie Filippetti : “La politique culturelle est encore entravée par le fait du Prince”

ENTRETIEN – Députée de la Moselle et ancienne ministre de la Culture, Aurélie Filippetti évoque les deux mois de confinement et la situation de l’industrie du livre. Libraires, éditeurs, auteurs, mais également plateforme américaine : panorama d’une crise sociale et économique de la filière livre.

18/05/2020, 11:41

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Laurent Beccaria : “Le pilon est un indicateur d’un marché qui dysfonctionne.”

Dans une double tribune, libraires et éditeurs posaient plusieurs constats, au sortir du confinement. La filière livre sort à peine d’une période douloureuse, occasionnant de multiples réflexions sur l’avenir. Laurent Beccaria, directeur des éditions Les Arènes, revient avec nous sur les futurs du livre.

15/05/2020, 12:22

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“Être très créatifs pour protéger la culture, faire vivre, livres et librairies”

Gaëlle Nohant a passé le confinement à Lyon. Et justement, on assimile facilement et hâtivement cette réclusion au travail même de l’auteur. Invitée de notre podcast Les mots en boîte, la romancière répond à nos questions.

12/05/2020, 16:31

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Maxence Fermine : " Dès qu’une menace disparaît, tout le monde oublie l’essentiel. "

« Le bonheur est parfois une petite porte ouverte sur l’intranquillité », et qui détermine consciemment ou inconsciemment la nature d’une quête ou tout bonnement d’un cheminement. Alors que s’il existe une science du doute, celle-ci ne s’abreuve qu’aux confins d’un questionnement initialement irrésolu en arguant sur différents principes souvent contradictoires ; entre soudaine apparition et fulgurante disparition. Ainsi le bonheur devient-il presque logiquement et, inévitablement ombrageux quand bien même, il aspirerait en retour à quelques naïfs espoirs. « L’âme reste un poids pour l’homme ».

28/04/2020, 16:43

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Se baser sur ses émotions pour choisir sa prochaine lecture : Love for Livres

Le développement des technologies liées aux intelligences artificielles, couplé aux possibilités de traitement de masse des données, a ouvert un nouveau champ dans l'étude des émotions liées à l'expérience culturelle. Avec de premières applications intéressantes dans le domaine de la recommandation : le site Love for Livres propose ainsi de découvrir sa prochaine lecture en fonction des émotions que l'on recherche, ou que l'on ressent sur le moment. Entretien avec Céline Mas, sa cofondatrice.

15/04/2020, 12:00

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1 million € d'aide aux auteurs : la SGDL veut “permettre à tous d'en bénéficier”

Situation insolite : début mars, le président de la Société des Gens de Lettres était remplacé, après neuf mois d’activité – en cause, un individualisme peu à l’écoute. Le Comité choisissait alors de le remplacer, sans apporter plus de précisions. Dans un entretien à ActuaLitté, les membres expliquent finalement ce choix, et détaillent le positionnement de l’association. 

04/04/2020, 12:21

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Activité partielle : “Un dossier sur dix seulement passe sans problème”

ENTRETIEN – À situation exceptionnelle, mesures d’exception, comme celle aboutissant à la fermeture des librairies. Le président de la République l’a martelé : « L’État paiera. » Et des mesures pour accompagner les entreprises ont été progressivement mises en place — avec des aides sectorielles spécifiques.

30/03/2020, 10:43

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Véronique Aubouy : “Je n'explique pas Proust, je le vis de l'intérieur”

Rencontre — Après un premier volet pour parler avec Véronique Aubouy de Proust Lu, son projet matrice autour de À la recherche du temps perdu, nous avons poursuivi la rencontre autour de sa performance dans laquelle elle tente de résumer l’ouvrage en une heure. Un échange plus intime, où l’artiste cinéaste se confie sur l’impossibilité de réussir une telle tentative. Et parle de la nécessité de la lecture et de l’importance de s’identifier à d’autres « je » afin d’approcher une multitude de vies possibles. 

26/03/2020, 09:14

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Développement rural et de sécurité alimentaire : La dernière mission

Auteur de l’essai La Faim du monde (Balland 2019), Nasser Brahimi travaille auprès d’agences internationales et pour des programmes liés aux Nations Unies. Le consultant, fils de parents algériens, a vécu à Paris, avant de retourner à Alger et de s’installer finalement à Rome. Expert en communication, il travaille au développement de deux agences, l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture et le Fonds international de développement agricole. Son texte raconte un moment de ces expériences.

07/03/2021, 17:31

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Objet : atteinte aux droits sociaux des artistes-auteurs et autrices

Il n’y aura pas de confinement du week-end, ainsi l’a voulu Emmanuel Macron. Voilà qui laissera plus de temps encore aux ministres interpellés par une vingtaine d’organisations professionnelles, sur la question des cotisations sociales. Un courrier enlevé et senti, qui remet l’église au centre du village. Leur texte est ici relayé dans son intégralité.

04/03/2021, 14:31

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#AdopteUnLibraire : “Il n’y a pas d’écrivain sans librairie”

Les librairies ont été hissées au rang de commerces essentiels dans le décret n° 2021-217. Ou plus précisément « les commerces de détail de livres ». Contraint et forcé, comme tant d'autres, non plus d'imaginer, mais de vivre dans un pays aux librairies fermées, le romancier Gilles Marchand, auteur entre autres d’un Funambule sur le sable, adresse à ActuaLitté un texte passionné. 

03/03/2021, 11:10

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La Commission européenne en conflit avec les éditeurs et auteurs belges 

Depuis 2019, La Commission européenne refuse de verser une rémunération aux éditeurs belges pour la photocopie de leurs œuvres par des entreprises et des institutions publiques. L'organisme de gestion collective des ayants droit belges Reprobel publie aujourd'hui un communiqué pour protester contre cette décision. Selon eux, la Commission prétendrait à tort que cette rémunération constituerait une "taxe" dont elle-même et les institutions européennes qu'elle représente en sont exonérées. Nous publions ici leur texte dans son intégralité. 

 

 

03/03/2021, 11:09

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Rapport Racine : “Un an plus tard, nous n’oublions pas”

« Un an après la remise du rapport Bruno Racine, rien ne bouge plus. Notre situation économique et sociale n’a jamais même été aussi catastrophique ! Vous êtes donc nombreux et nombreuses à vouloir agir. Des actions sont nées spontanément de toutes parts (BD, audiovisuel, etc.), et ont été plus ou moins bien médiatisées. Mais, malgré des problèmes communs, rien n’avait encore été rédigé pour l’ensemble des créateurs et créatrices, qui sont pourtant unis par un même statut social et fiscal », indique la Ligue des Auteurs Professionnels.

02/03/2021, 15:43

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France : Amazon assigné en justice pour concurrence déloyale

EXCLUSIF – Le confinement a révélé, à son insu, quelques secrets de fabrication et autres télescopages douteux chez Amazon France. Un différend juridique entre une éditrice et son prestataire a mis en lumière de manière flagrante les arrangements de la firme, aboutissant à une distorsion de concurrence. Tout à la fois revendeur et fournisseur de services, elle aura rendez-vous avec la justice française pour en répondre.

02/03/2021, 15:10

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Les bibliothèques, “des biens communs au service de tous” (ABF)

L'Association des Bibliothécaires de France (ABF) et d'autres organisations rappellent, dans un communiqué, la politique documentaire qui constitue le cadre du travail des bibliothécaires, garants des « équilibres de toutes sortes, à l’indispensable pluralisme des goûts, genres et orientations, sans jamais faire prévaloir leurs propres opinions ». Cette piqûre fait suite à deux événements récents qui illustrent une possible ingérence d'une hiérarchie administrative dans ce cadre et ces missions... Nous reproduisons ci-dessous l'intégralité du texte communiqué.

02/03/2021, 14:45

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Québec : dix ans après, revient l'idée d'un prix unique du livre

La sortie de la députée Ruba Ghazal (Québec solidaire) a pris de court bien des observateurs et acteurs de l’industrie québécoise du livre. Pour autant, sa demande, « est pleinement pertinente », assure Katherine Fafard, directrice générale de l’Association des Libraires du Québec. Et pour cause, un prix réglementé sur la vente de livres intéresse. Et le Québec, de par sa position au sein du Canada, aurait toutes les armes pour se lancer dans la procédure législative.

02/03/2021, 09:12

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Vivants à l'unisson : à la défense du spectacle et des artistes

Ne pas laisser mourir les artistes et le spectacle : voici en quelques mots le sens du texte écrit et diffusé par le chanteur Cali, la thérapeute Anne-Laure Buffet et le poète Éric Poindron. Plus qu’un mouvement d’humeur, un appel à l’aide, parti à la défense (et illustration ?) du spectacle vivant. Un manifeste que ActuaLitté diffuse dans son intégralité.

28/02/2021, 10:35

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Édition : M. le ministre, “les procédures bâillons menacent l’information”

La liberté d'information, mais aussi la liberté de publier, sont toutes deux menacées par un processus judiciaire vieux de cent quarante ans, dénonce l'éditeur Florent Massot dans un courrier envoyé au Garde des Sceaux, ministre de la Justice Éric Dupond-Moretti. D'après Florent Massot, le coût pour l'accusé de la citation directe, dans le cadre d'une plainte en diffamation, est dangereux pour la liberté d'informer. Nous reproduisons ci-dessous le courrier envoyé par l'éditeur au ministre de la Justice, en intégralité.

26/02/2021, 15:11

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La “censure politique et idéologique” menace en Pologne

Le PEN Club polonais vient de communiquer à ActuaLitté une déclaration officielle sur la situation juridique du pays. Au cœur de cette intervention, un exercice de censure « politique et idéologique ». Une situation d’autant plus délicate qu’elle découle d’une destruction méthodique du travail universitaire, autant que d’une réécriture de l’Histoire. Le texte est ici présenté dans son intégralité.

26/02/2021, 14:16

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Le Pass Culture et la lecture : et si ça fonctionnait ?

Toujours en phase d'expérimentation, le Pass Culture doit prochainement révéler les conditions de sa généralisation à tous les jeunes Français et Françaises de 18 ans, doté de 300 € et non 500 € comme prévu. Dans les librairies, les niveaux des réservations sont généralement très bons, malgré certaines réserves sur les effets concrets du Pass dans la promotion de la lecture.

26/02/2021, 13:00

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“La responsabilité sociale et environnementale est au cœur de notre projet”, Éditions Leduc

Les éditions Leduc viennent de communiquer un détail, non exhaustif, de leurs engagements écoresponsables, « mis en pratique depuis des années maintenant ». Et d’ajouter : « Comme toujours, ce sont tous nos services et chacun de nos salariés qui portent individuellement et collectivement ces engagements. » Le texte est proposé dans son intégralité.

25/02/2021, 09:54

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Recherche universitaire : une “police de la pensée” bientôt à l'oeuvre ?

Quand les situations économiques et sociales des étudiants et des universités frisent la catastrophe, les responsables politiques évoquent l'« islamo-gauchisme » qui orienterait de nos jours la recherche universitaire. Un concept aux contours flous, adopté par Jean-Michel Blanquer, Gérald Darmanin et désormais Frédérique Vidal, dont la Ligue des Droits de l'Homme pointe la dangerosité. Nous reproduisons ci-dessous le texte que nous a fait parvenir l'organisation.

23/02/2021, 15:01

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Étudier la Shoah en Pologne et risquer un procès en diffamation...

Pour défendre la liberté d’expression et exprimer sa solidarité avec les professeurs et historiens Barbara Engelking et Jan Grabowski, le Centre PEN suisse romand interpelle le président de la République de Pologne. L’organisation fait part d’une grave inquiétude au sujet du procès en diffamation contre ces deux chercheurs de renommée internationale et co-auteurs d’une publication intitulée Night without End (Plus loin, c’est encore la Nuit) et publiée en 2018.

23/02/2021, 10:04

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Le PEN Club français condamne les violations évidentes des droits humains par le Maroc

Le jeudi 28 janvier dernier, l'historien et intellectuel Maâti Monjib a été condamné à un an d'emprisonnement, jugé coupable de « fraude » et d'« atteinte à la sécurité de l'État ». Un verdict qui survient plusieurs années après le début du procès en question, ouvert en 2015, et qui évoque une « mesure arbitraire » au PEN Club français. Nous reproduisons ci-dessous, en intégralité, le texte diffusé par l'organisation.

22/02/2021, 16:44

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Portrait des bibliothèques en ”sociétés d'émulation“, ou laboratoires d'idées

Les bibliothèques auraient l'environnement nécessaire pour devenir des think tank modernes – quoique le terme soit désormais connoté. L'auteur Jean Behue le suggère : il présente une invitation à réinventer les bibliothèques en sociétés d'émulation, ces cercles d'amateurs et de passionnés qui ont fleuri dès le XVIIIe siècle, et se sont prolongés par la suite dans un bel élan de libération individuelle et collective. Un billet à savourer.

22/02/2021, 09:36

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Biélorussie : créateurs, artistes, auteurs “particulièrement visés par la répression“

Depuis plusieurs mois, la Biélorussie traverse une forte période d'instabilité politique : si le président Alexandre Loukachenko a été réélu en août 2020, une partie de la population conteste les résultats de cette élection. Et, plus largement, dénonce le climat liberticide dans le pays. Le PEN Club français témoigne de sa solidarité avec les manifestants, et en particulier les créateurs et artistes, dans un texte que nous reproduisons ci-dessous.

19/02/2021, 11:19

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Éditeur indépendant : passion ou profession ?

« En avril 2021, cela fera 10 ans que je fais officiellement des livres, au sein de ma petite maison d’édition indépendante de livres d’art : les Éditions Hartpon. Si cette date anniversaire est une bonne occasion de constater que la “passion“ reste intacte, je me dis qu’elle pourrait l’être également pour faire un premier bilan de ma manière de considérer cette “profession“, aujourd’hui. » Par Caroline Perreau, fondatrice des Éditions Hartpon.

18/02/2021, 12:56

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L'infernale circulaire 2016, ou la retraite à prix d'or pour les auteurs

Ah, la retraite : paisible repos après une dure vie de labeur, accompagnée d’un pécule qui permettra d’offrir les étrennes de fin d’année ou la petite enveloppe d’anniversaire. Ou dans certains cas, plus rares, de faire creuser la piscine rêvée. Pour les artistes-auteurs, l’Agessa se vit confier le soin de collecter les sommes, avec l’incurie que l’on a fini par découvrir… Et qui n’en finit pas. 

17/02/2021, 15:58

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Tribune : lettre ouverte à “Mon Amie L'Urssaf“

« Tu dois fredonner Dalida chaque matin au petit déj, mon Amie (cf : Paroles paroles) À l'autre bout du téléphone, l'AA (cf : Artiste Auteur) songe à se reconvertir. Moine Bouddiste ou Sado Maso ? Macramé ou bilboquet ? On hésite. » Virginie Jouannet est écrivaine et dépend du statut Artiste Auteur. Dans son texte que nous reproduisons ici en intégralité, elle évoque un quotidien fait d'infinies mésaventures administratives. 

17/02/2021, 12:06

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Poésie et livre numérique : la délicate transition du mot à l'écran

Si vous avez déjà acheté de la poésie au format numérique, et à plus forte raison de la poésie en vers, vous vous êtes sans doute rendu compte que les contraintes formelles propres à ce genre littéraire se heurtent aux contraintes techniques de l’ebook. Face à ce constat, les éditeurs de poésie adoptent différentes stratégies, allant de la non-publication de leurs titres en numérique à une réflexion sur la manière dont le numérique peut servir la poésie.

16/02/2021, 14:46

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Territoires, collectivités et culture : “On ne peut plus attendre”

L’urgence se dessine. La Fédération nationale des collectivités pour la culture (FNCC) alerte le gouvernement, alors que l'été se profile.... et que, déjà, des festivals annoncent l’annulation de leur édition 2021. Le désarroi s’ancre dans le monde des arts et de la culture. Une colère légitime grandit. Dans un tribune, la FNCC demande instamment à Roselyne Bachelot d'être reçue, et entendue. Leur texte est ici diffusé dans son intégralité.

16/02/2021, 11:37

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Les avanies des auteurs face à l'URSSAF : “C'est de mal en pis”

« L'impéritie informatique et téléphonique de l'Urssaf vis-à-vis des auteurs se perpétue. Matinées perdues à tenter de parler à un humain, site informatique nase, lettre comminatoire vous enjoignant de faire une déclaration en ligne sous peine de lourdes amendes, journées en vain perdues à tenter de le faire... » Dominique Sels est autrice, et comme d’autres, en proie aux affres de l’URSSAF. Dans un billet, elle évoque les difficultés rencontrées « avec ces bandits de grand chemin ».

16/02/2021, 09:22

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Rustica et Système D interpellent leur PDG, Vincent Montagne

Le groupe Lagardère n’est pas seul à s’interroger sur le devenir de ses médias. Au sein de Média Participations, groupe éditorial comptant plusieurs magazines et présidé par Vincent Montagne, certaines structures tirent la sonnette d’alarme. En effet, la direction du magazine de jardinage Rustica et du magazine de bricolage Système D a décidé de contraindre ses journalistes à accepter des tâches publicitaires ou de « placements de produits ».

12/02/2021, 12:27

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Droit de réponse d'Emmanuel Pierrat : des accusations “diffamatoires” et “grotesques”

Suite à un article publié le 8 février dernier, qui évoquait le dépôt d'une plainte pénale par le PEN Club français contre son ancien président, Emmanuel Pierrat, ce dernier a fait parvenir un droit de réponse à la rédaction d'ActuaLitté. Nous le reproduisons ci-dessous, dans son intégralité. Emmanuel Pierrat avait pourtant été contacté, préalablement à la publication de l'article en question, mais n'avait pas donné suite.

09/02/2021, 16:35

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Ankama, c’est aussi de la bande dessinée

RENCONTRE – Ankama Éditions fête ses quinze ans cette année. Occasion de revenir sur une initiative éditoriale née un peu par hasard. Ankama, c’est avant tout des jeux vidéo en ligne, mais aussi des livres. Si la société roubaisienne est toujours associée à Dofus, elle s’est aussi fait une place dans le monde de l’édition, et plus particulièrement de la bande dessinée, en une quinzaine d’années. 

09/02/2021, 13:06

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Pour avoir préféré la croyance à la pensée, et pour le reste : “Ni oubli ni pardon”

Depuis des mois maintenant, le monde de la culture et de la création ne cesse de hurler  à la mort. La sienne. Mille fois, du plus humble au plus célèbre, les créateurs, auteurs ou interprètes, dans une unanimité inédite, ont répété partout que fermer durablement les lieux de spectacles, de monstration, de vente, était un désastre. Désastre culturel, désastre économique, désastre personnel, désastre social, désastre psychologique, désastre à tous les étages. Par Yves Frémion, écrivain animateur de PEPS-Culture.

09/02/2021, 11:10

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Moniteurs étudiants : entre la “procédure” et la “bienveillance", Paris 3 balance

Ce mardi 2 février, les moniteurs étudiants de la bibliothèque Sainte-Barbe, rattachée à l'université Sorbonne Nouvelle — Paris 3, débrayaient une nouvelle fois, accompagnés par des bibliothécaires permanents et des professeurs de l'université. Alors que la crise sanitaire frappe de plein fouet les étudiants, ils réclament le maintien de leur rémunération en cas de confinement et de fermeture de l'établissement. Une partie du personnel de la bibliothèque les soutient et réclame plus de moyens.

05/02/2021, 17:41

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Gabriel Matzneff publie Vanessavirus, son ultime livre

EXCLUSIF – Ce mois de janvier ne manque définitivement pas de rebondissements : alors que le titre de Camille Kouchner, La familia grande, vient de sortir en grand format, sa parution fait écho à la sortie en poche du Consentement, l’ouvrage de Vanessa Springora. L’éditrice avait dénoncé avec force les actes de Gabriel Matzneff, et toute la complaisance autour du personnage. Quelque peu oublié des médias, l’auteur n’a pour autant pas quitté la plume. Et s'apprête même à publier son prochain titre, Vanessavirus.

02/02/2021, 09:30

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Édition : “Le livre et la revue de théâtre souffrent actuellement”

Plusieurs marchés du livre dans le monde, notamment anglophones ou européens (en partie), font petit à petit état d'une année 2020 pas si catastrophique, économiquement parlant. On ne le répétera toutefois jamais assez : un chiffre d'affaires global masque de fortes disparités, notamment selon les tailles des maisons d'édition. Ou les secteurs : 12 maisons d'édition de théâtre alertent ainsi sur leur situation, et celle du livre et de la revue de théâtre. Leur texte est reproduit ci-dessous, en intégralité.

29/01/2021, 10:00

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Financement, structure, Livre Paris : les Grandes espérances 2021 du SNE

Livre Paris 2020 compte parmi les premiers salons victime de la crise sanitaire. Pas de manifestation pour la capitale française, et pas de revenus pour le Syndicat national de l’édition, coorganisateur avec Reed Expositions France. Au cours des dernières semaines, les messages promotionnels n’ont pourtant pas manqué, rassurants ou tentant de l'être. Ainsi, la programmation se dévoile pour partie : l’Inde reste le pays à l’honneur, quand le monde d’après servira de fil rouge à l'ensemble. 

27/01/2021, 16:20

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Auteurs : des “pratiques injustes et inéquitables”

Le ministère de la Culture et des Communications du Québec procède actuellement à une consultation en ligne sur la révision des deux lois sur le statut de l’artiste. Dans son mémoire déposé aujourd’hui au ministère, l’Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ) affirme que la loi qui régit le statut des écrivain·e·s est injuste, inéquitable et inapplicable, et revendique un nouvel encadrement législatif. L'association accompagne son intervention d'un texte reproduit ici dans son intégralité.

26/01/2021, 13:06

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FIBD d'Angoulême : “[N]ous avons plutôt le sentiment d’être exemplaires”

Un an après le dévoilement du Rapport Racine, destiné à améliorer la condition des artistes-auteurs, le collectif Artistes Auteurs en Action (AAA) levait le poing et appelait à un boycott du Festival international de la bande dessinée d'Angoulême (FIBD). L'organisation pointait le manque d'engagement politique et d'effets, après ce rapport, mais critiquait aussi la posture du FIBD. Franck Bondoux, délégué général de la manifestation, leur répond dans un texte, reproduit ici dans son intégralité.

26/01/2021, 09:28

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Et si se remettre à lire était aussi génial qu'arrêter de fumer ?

Personne n’a raté l’intervention du ministre de la Santé : avec l’arrivée du variant britannique – qui n’a rien d’un patient anglais – se profile un reconfinement. Ces mesures durcies, en regard d’un couvre-feu déjà plombant, résonnent avec les propos de décembre dernier : nous étions avertis. Alors, comment préparer cette prochaine période de disette, quand on a abandonné la lecture ? Aujourd’hui, petit traité d’optimisme.

22/01/2021, 17:26

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Secret défense : une classification d'archives sans limite de temps ?

Depuis un an, l’association des archivistes français se bat pour faire la lumière sur les archives classées Secret défense. En cause, l’avenir des documents, pour lesquels l’AAF demande une déclassification. L’association vient d’entamer une nouvelle procédure, en déposant un recours au Conseil d’État « contre la nouvelle version de l’IGI 1300 et pour l’accès aux archives selon les termes de la loi ». Leur tribune est diffusée en intégralité ci-dessous.

20/01/2021, 11:51