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Jean-Louis Gauthey : “Le modèle diffusion/distribution est obsolète” (Cornélius)

Installée depuis un peu plus de quatre ans à Bordeaux, l'équipe de la maison d'édition Cornélius poursuit le travail de longue haleine commencé en 1991 avec la création de la société. Jean-Louis Gauthey, à la tête d'une équipe de 3 personnes, mène la barque avec détermination, mais sans se prétendre certain de la destination à atteindre.

Le 29/10/2018 à 10:13 par Antoine Oury

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29/10/2018 à 10:13

Antoine Oury

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ActuaLitté

Les éditions Cornélius au FIBD 2018
(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

ActuaLitté : Comment a évolué l'équipe par rapport à la création de Cornélius ?

Jean-Louis Gauthey : Quand j'ai démarré en 1991, j'étais tout seul, et puis, en 1996-1997, une personne m'a rejoint, qui n'est plus dans l'équipe mais avec qui je suis toujours en contact puisqu'il est devenu auteur. Il s'agit de Blexbolex. Je l’ai poussé dans cette carrière. Nous sommes encore amis et je l’édite régulièrement. Par la suite, l'activité d'édition m'a poussé à embaucher, et le fait d'embaucher m'a conduit à poursuivre. Sinon, j'aurais probablement arrêté autour des années 2000. Aujourd'hui, nous sommes quatre, avec Hugues, mon assistant graphique et fabrication, Adèle, qui s'occupe de toute la communication, et Céline, qui gère tout ce qui est administratif et juridique. Moi, je m'occupe de la partie éditoriale et graphique.

En tant qu'éditeur, vous assumez une certaine responsabilité vis-à-vis des auteurs et autrices, aussi ?

Jean-Louis Gauthey : Si je ne peux pas parler d'équipe, il est indéniable que les auteurs et les autrices font aussi partie de Cornélius pour moi. C'est cet ensemble de personnes qui a fait que j'ai perdu la possibilité de mettre un terme à cette expérience. En 1997, les auteurs étaient peu nombreux, une quinzaine dans le catalogue de Cornélius, contre environ quatre-vingt aujourd'hui. Nous n'avons jamais travaillé avec énormément d'auteurs, nous essayons plutôt de leur garantir de bonnes conditions — pas financières, malheureusement, même si nous payons des à-valoir et 10 % de droits d'auteurs. Mais nous leur offrons des délais, de l'écoute, et tout ce qui peut aboutir à ce que leur manuscrit soit le plus proche d'eux, en apportant à la réalisation de leur livre le plus de soin possible.

À la création de Cornélius, comment êtes-vous entré en contact avec les auteurs ?

Jean-Louis Gauthey : C'était essentiellement de la cooptation, parce que, dès les débuts, Cornélius a été assez proche de L'Association. Je les connaissais et j'étais particulièrement complice de Jean-Christophe Menu, qui a été le premier membre de L'Association à vouloir publier chez Cornélius parce qu'il n'arrivait pas à se discipliner suffisamment pour se publier lui-même dans cette structure : il avait besoin d'un autre éditeur. Il a été celui pour lequel j'ai créé la collection des « comix », avec des couvertures en sérigraphie.

Cela a donné envie à Lewis Trondheim, dont L'Association ne pouvait pas absorber toute la production, et à David B. de se joindre à l'expérience. C’était exigeant pour eux car il fallait fournir 24 pages tous les trimestres. Seul Lewis y est parvenu — même moi, j’ai craqué. Ils ont été les trois premiers membres de L'Association qui ont été à cheval sur les deux structures. Ensuite, L'Association et Cornélius ont reçu en même temps des propositions de manuscrits de Joann Sfar, que nous avons tous deux acceptées.

Par la suite, j'ai mis un terme à la relation avec Joann, non pas parce que je ne m'entendais pas avec lui, mais parce que nous étions dans des modes de travail trop tranchés pour que cela puisse fonctionner. Je lui ai rendu ses droits et il a pu reprendre les pages qu'il avait faites à Cornélius chez L'Association.

Parleriez-vous d'une famille Cornélius-L'Association ?

Jean-Louis Gauthey : Nous avions d'autres auteurs en commun avec L'Association, comme Berberian, Blutch ou Fabio... Ces deux maisons étaient proches sur le plan esthétique, mais aussi éditorial. Par ailleurs, s'ajoutait à cela une proximité géographique puisque nous avions des locaux à la même adresse, au 100 rue de la Folie-Méricourt, ce qui était une volonté commune.

Pour achever de créer une sorte de confusion dans l'identité de Cornélius, qui a longtemps été considéré comme un satellite de L'Association, nous nous sommes diffusés ensemble, avec nos propres moyens. C'était d'ailleurs essentiellement L'Association qui s'occupait de la partie diffusion, même si je pouvais occasionnellement contacter des libraires.

L'Association au FIBD 2018 (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

Physiquement, les auteurs étaient aussi proches ?

Jean-Louis Gauthey : Oui, bien sûr. Dans la première vie de Cornélius — j'entends par là le premier lieu occupé par Cornélius, avant d'avoir des locaux à la même adresse que L'Association —, l'atelier que j'occupais était dans une rue où Willem avait son atelier, c'est comme ça que je l'ai rencontré. Philippe Dupuy et Blutch se sont par la suite installés dans cette même rue. Nous déjeunions souvent ensemble, je venais voir les auteurs qui leur rendaient visite... À l'époque, Paris était très différent, et les échanges y étaient possibles du fait que la mixité sociale était une réalité. Dans le quartier Place Clichy-Pigalle, on pouvait rencontrer dans un bistrot des poivrots, des représentants de commerce, des artisans, tout autant que des artistes, auteurs de BD, écrivains ou cinéastes.

Avant d'être éditeur, vous étiez auteur : exercez-vous toujours aujourd'hui ?

Jean-Louis Gauthey : Oui, mais je suis un auteur très intermittent en bande dessinée parce que, outre le fait que Cornélius me prend beaucoup de temps, je reste gérant bénévole, ce qui m'oblige à exercer un autre métier. Je suis scénariste et directeur d'écriture dans l'audiovisuel, ce qui me prend énormément de temps. Par ailleurs, je ne suis pas si sûr d'avoir le besoin personnel d'avoir une reconnaissance artistique. Je dessine beaucoup chez moi, dans différentes techniques assez éloignées de la bande dessinée, et je ne suis pas du tout certain d'avoir cette nécessité d'être lu ou apprécié par d'autres. J'ai un regret, c'est de ne pas avoir assez de temps à consacrer aux scénarios de bandes dessinées que j'ai en cours pour d'autres auteurs. J’ai quand même deux ou trois projets. « On verra bien » comme disait Gus Bofa…

Pourquoi vous être lancé dans Cornélius à l'époque ?

Jean-Louis Gauthey : Si je repense à ma situation de l'époque, c'était pour m'extraire du monde du travail et de ses contraintes. Mais si je me réfère à ce que je faisais quand j'étais enfant, je faisais déjà des livres en un seul exemplaire pour moi. Et si je me projette aujourd'hui, je me dis que tout ça n'était peut-être qu'un moyen de trouver une activité qui me permette d'être autonome et qui me dégage du stress d'être un artiste jugé, commenté, voire pas lu, tout simplement. C'est difficile de savoir quelle est la raison première, et figer ça dans une « vérité » me semble illusoire.

Peut-on revenir sur ce moment où Cornélius a failli s'arrêter ?

Jean-Louis Gauthey : C'est en 2000 que j'ai hésité à arrêter, nous étions au bord de la faillite. Nous avions aussi des propositions d'un autre éditeur pour un rachat, nous avons travaillé à cette vente qui ne s'est finalement pas faite, l'éditeur ayant renoncé au dernier moment. Et c'était une chance pour Cornélius, parce que c'est ce qui nous a permis de gagner en professionnalisme, de faire des démarches pour obtenir des documents que nous n'avions pas... Ce travail m'a fait prendre conscience que Cornélius était une structure qui n'avait aucune gestion de quelque ordre que ce soit et que si on devait continuer, il fallait passer par ce type de... torture.

Cette proposition de rachat émanait d'un éditeur plus gros, plus institutionnalisé... Est-ce que vous l'avez vécu comme une bascule, le signal que la maison n'était plus aussi impertinente ou provocante ?

Jean-Louis Gauthey : Il n'y a jamais eu de volonté de provoquer chez Cornélius, ce n'était pas un enjeu et ça ne le sera jamais. La provocation a été totalement dévoyée par la télévision et la communication; la provocation n’a plus rien de subversif aujourd’hui, elle est même le plus souvent réactionnaire. Certes, des gens peuvent avoir une lecture militante de Cornélius. Pour ma part, je place notre engagement du côté de la curiosité, de l’exigence, de l’alternative à l’édition industrielle. Il ne faut pas confondre mon agressivité et Cornélius, ce sont deux choses distinctes. Quand je m'exprime sur l'édition avec un ton ironique ou sarcastique, ça n'englobe pas l'équipe ou les auteurs et les autrices. 

Ce rachat m'a appris qu'on avait fait suffisamment de chemin — la maison avait alors 9 années d'existence — et qu'on représentait quelque chose de suffisamment intéressant pour que d'autres puissent avoir envie de se l'approprier. Cela a été un autre bénéfice, ça nous a donné confiance en nous. C'était une autre incitation à poursuivre.

Avec le recul, comment évaluez-vous l'impact de Cornélius sur le marché de la BD ?

Jean-Louis Gauthey : C'est toujours difficile à analyser, car nous ne sommes pas les mieux placés pour mesurer l'impact bénéfique qu'on peut avoir sur un marché ou sur son propre milieu. Je peux juste observer qu'à une époque, avec L'Association et une génération d'éditeurs apparus dans la foulée comme Atrabile, Les Requins Marteaux ou le Frèmok, on a initié un mouvement de rupture avec le format standardisé de l'époque, — le cartonné 48 pages couleurs — pour revenir à une diversité que le marché avait choisi d'oublier. Ça a amené d'autres propositions sur le plan esthétique et narratif.

Nous avons permis à une BD plus expérimentale, en opposition à la norme du moment, d'exister et de revivifier le secteur. C'est déjà ancien, mais à la fin des années 1990, beaucoup d'éditeurs plus mainstream ont repris nos modèles, ont fait des « romans graphiques » et se sont remis à faire des BD en noir et blanc. Cela signifie que cette génération d'éditeurs a apporté quelque chose. Et qu'elle doit soutenir la génération qui lui succède. C'est pour ça qu'on a créé un syndicat d'éditeurs alternatifs, le S.E.A. Pour en revenir à l'impact que Cornélius pourrait avoir sur le marché, je me contente de rencontrer des gens heureux de lire nos livres sur les festivals : en soi, ça me suffit.

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

Quel élément vous parait aujourd'hui le plus difficile dans la vie de Cornélius, et sur le marché de la BD français ?

Jean-Louis Gauthey : D'une manière générale, ce qui reste difficile, ce sont les fins de mois. Et je crois que c'est le cas pour beaucoup de maisons d'édition, quelle que soit leur taille. Après, plus on est petit, plus ces fins de mois paraissent inatteignables, car on a rarement le soutien d'un banquier. Chez Cornélius, nous sommes d'une taille intermédiaire, mais ça ne nous met pas à l'abri de ce type de problème. Il y a des hauts et des bas tous les ans. Mais si on fait le choix de ne pas faire les livres dont on sait qu'ils ne vont pas marcher, on s'éloigne de ce qui fait l'intérêt de Cornélius aussi. Après, que les lecteurs ne soient pas disponibles pour consacrer leur budget à des livres plus difficiles, ça me désole, mais je peux le comprendre. Ce n'est pas pour autant que ces livres là ne doivent pas exister. Je pense qu'ils sont plus essentiels que d'autres livres qui marchent mieux.

Vous les repérez à l'avance ces titres, à force d'exercer le travail d'un éditeur ?

Jean-Louis Gauthey : Je suis encore suffisamment relié à ce qui a fait que Cornélius s'est créé pour percevoir que ce qui fait l'identité de la maison, c'est cette prise de risques sans laquelle il n'y a plus d'expérience, plus de diversité. Si c'est pour faire que des livres dont on sait à l'avance qu'ils vont marcher, je ne vois pas trop l'intérêt de faire ce métier. Étant donné que je fais ça de manière bénévole, il faut quand même que j'ai la sensation d'être un minimum utile, à mon échelle, à des auteurs, des autrices, des lecteurs et des lectrices. Parfois, des livres qui n'ont pas marché ont pu frapper quelques dizaines de personnes et il arrive que ces personnes viennent s'en ouvrir à moi 20 ans plus tard. Ce qui me conforte sur l'utilité d'avoir fait ce livre. Même les bides de Cornélius, j'espère tous les rééditer un jour, car ils ne sont pas des échecs pour moi.

L'idée de soutenir un auteur ou une autrice est-elle une motivation pour exercer ce métier ?

Jean-Louis Gauthey : Bien sûr, cela fait partie du métier et de l'engagement moral qu'on prend vis-à-vis d'un auteur. Après, il peut y avoir plus ou moins d'affinités et la relation dans le temps peut s'interrompre, mais rarement pour des questions artistiques. Quand je commence à travailler avec un auteur ou une autrice, je fais en sorte de l'aider, ce qui signifie parfois lui conseiller de publier ailleurs, voire le mettre en contact avec des éditeurs qui lui offriront des conditions financières meilleures. Cela fait partie de ce contrat basé sur la confiance.

Vous avez des exemples dans l'histoire de Cornélius ?

Jean-Louis Gauthey : Bien sûr, il y en a eu plein : Blutch, Giacomo Nanni, Hugues Micol, Fanny Michaëlis, Ludovic Debeurme... Il y a l'idée d'échanger sur ce qu'est leur situation, leurs envies, parfois de les aider autrement qu'en les éditant, leur expliquer l'intérêt à avoir une stratégie vis-à-vis de maisons d'édition plus grosses et les aider dans les négociations.

Ce qui semble de plus en plus nécessaire alors que la situation des auteurs gagne en complexité...

Jean-Louis Gauthey : C'est très difficile d'être auteur ou autrice. On ne s'en rend pas compte, mais cela demande énormément de sacrifices sur le plan du confort. Parfois, cela fonctionne, et tant mieux, mais c'est relativement rare. Tous les auteurs que je connais font face à la précarisation, c'est une réalité très concrète. Je l'ai vue s'aggraver depuis 15 ans, et c'est directement lié, quoi qu'en disent ceux qui ont une croyance dans l'autorégulation du marché, à la surabondance. C'est-à-dire ce modèle ultra-consumériste qui voudrait que la prolifération soit bénéfique à la diversité. Ce n'est pas comme cela que ça marche, ce n'est pas parce qu'on met de plus grandes quantités de livres en librairie que ces derniers vont plus se vendre. 

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

De fait, si on plonge un petit peu dans le détail des chiffres, on s'aperçoit que le chiffre d'affaires de la BD a progressé beaucoup moins vite que le nombre de livres produits. Ce qui signifie qu'on produit beaucoup plus de livres pour gagner à peine plus. Les éditeurs ont encouragé à s'engager dans cette voie des auteurs pour lesquels la longévité n'était pas assurée. Quelque part, ils les ont induit en erreur, se désintéressant de leur cas lorsque les ventes ne sont pas au rendez-vous.

Et ça, c'est terrible, car beaucoup d'auteurs découvrent tardivement qu'ils sont des variables d'ajustement, qu'ils sont remplaçables et que les éditeurs ne leur donnent pas la possibilité de devenir des auteurs à part entière. Dans ces cas-là, ils se retrouvent vraiment à la merci de leurs éditeurs, qui peuvent décider de les payer de moins en moins correctement.

Le rôle d'un éditeur est donc aussi de refuser d'éditer...

Jean-Louis Gauthey : Produire plus, ce n'est pas forcément produire bien. Cornélius n'a jamais dépassé les 20 livres par an, alors que la société aurait pu le faire. Et c'était un bon choix : je ne crois pas du tout que l'on puisse s'abstraire de la réalité économique de l'écosystème aujourd'hui dérégulé que représente le marché de la BD.

Ce système dérégulé a un impact sur Cornélius ?

Jean-Louis Gauthey : Très clairement, cela ne nous facilite pas la vie. D'une manière générale, les ventes moyennes de tous les livres chez tous les éditeurs — à l'exception de ce qui constitue les best-sellers — sont en baisse. Moi qui ai aussi publié des livres chez différents éditeurs, je suis encore mieux placé pour pouvoir le dire, car mes propres ventes moyennes ont baissé. C'est tout simplement lié à une érosion des mises en place de base suite à une production trop abondante. 

Les BD de Cornélius n'y échappent pas. Nous avons mis en place différentes stratégies, mais l'essentiel est de convaincre que le monde de l'édition ne doit pas autant se concentrer sur le principe de la nouveauté qui, en tant que telle, ne veut rien dire. Il y a un caractère illusoire dans le fait de dire que la nouveauté incarne une forme de vivacité : il y a des livres parus il y a 40 ans qui sont plus modernes que ce que l'on publie aujourd'hui pour assurer un flux économique.

La création du Syndicat des éditeurs alternatifs s'inscrivait-elle dans cette nécessaire prise de conscience ?

Jean-Louis Gauthey : Je pense que c'est une action qui a permis, à son niveau, de rééquilibrer certains rapports de force, et aussi de diffuser de façon plus coordonnée des informations importantes sur la réalité de ce marché qui est fait d'individus qui ont besoin de vivre. Souvent, les éditeurs qui atteignent un certain volume de production oublient des réalités concrètes qui touchent les auteurs et autrices qu'ils publient.

Alors que le public y semble sensible...

Jean-Louis Gauthey : Je ne sais pas. Un certain type de public, peut-être. En tout cas, des gens qui, par leur culture politique ou autre, ont une forme d'empathie pour les gens qui font la culture, mais c'est très difficile à définir, tout cela.

Récemment, des mouvements d'auteurs ont réussi à toucher un plus large public...

Jean-Louis Gauthey : Oui, mais ils n'ont pas obtenu grand-chose, finalement. Ils ont capté l'attention des médias et celle des éditeurs, qui ne tiennent pas à ce que tout cela tourne mal sur le plan médiatique et que cela les classe dans le camp des méchants. Mais, concrètement, quand je regarde le statut des auteurs, je ne vois pas de progression particulière : leur statut en tant que tel n'existe pas, avec tout ce que cela impliquerait de reconnaissance de l'État, de l'administration fiscale, et de tous les dispositifs qui régissent la vie des salariés lambda. Ce statut aujourd'hui, il reste à définir véritablement et à acter. C'est la première chose à accomplir.

Ce que l'on peut vérifier, c'est que la valeur que l'on accorde à la culture est de moins en moins reconnue. On la confond souvent avec l'éducation, ou la pédagogie. Je ne conteste pas qu'il puisse y avoir des points de croisement, mais c'est autre chose : la culture, pour moi, c'est un outil d'émancipation, pas de normalisation. Ce qui me pose problème aujourd'hui, c'est que la culture n'est considérée comme une valeur mesurable que lorsqu'elle est accolée à un dispositif éducatif. Et je pense que les auteurs devraient s'en soucier, car c'est aussi un problème pour eux.

Quand on leur propose d'intervenir et d'être rémunéré, en général c'est une « animation » qui s'inscrit dans un cadre plus ou moins directement pédagogique. Je ne suis pas sûr que ce soit cela, un auteur, une autrice : n'est-on pas en train d'instrumentaliser, de façon abusive, ce qu'ils sont ? Sans parler du fait que ce temps est pris sur leur temps de création…

Ces revenus annexes sont au coeur du débat, notamment par l'intermédiaire d'une rémunération des dédicaces : qu'en pensez-vous ?

Jean-Louis Gauthey : Les dédicaces sont effectivement un problème, car elles prennent du temps à l'auteur sans lui apporter de rémunération. Les éditeurs expliquent que cela fait partie de la promotion de l'ouvrage et qu'en faisant des dédicaces, l'auteur développe son public, etc. Certes, je peux l'entendre, mais si cela fait vendre les livres, l'éditeur s'y retrouve aussi. Les points de vue diffèrent beaucoup sur le sujet. À titre personnel, je suis opposé aux dédicaces : je n'ai pas envie que quelqu'un vienne gribouiller sur mon livre, surtout que peu de dédicaces sont convaincantes. 

C'est un exercice que je trouve morbide, par ailleurs. Si j'aime le travail d'un auteur ou d'une autrice, je vais plutôt essayer d'acquérir un original, ou me procurer l'ensemble de sa bibliographie. Je n'aime pas non plus ce que cela suscite chez les lecteurs, aussi bien le fait de collectionner de manière compulsive que le rapport qui se met en place entre lecteur et auteur. Il faut s'interroger aussi sur ce qui s'est créé autour de la dédicace, et la raison pour laquelle on l'a tellement encouragé : c'est une solution très paresseuse pour lier auteurs et lecteurs autour d'un acte commercial. J'aimerais qu'on trouve autre chose : il y a quelques années, avec d'autres éditeurs, alors qu'Angoulême était en travaux, nous avions fait un off, avec des rencontres, des débats, des ateliers, mais pas de dédicaces. C'était bien plus intéressant.

Séance de dédicace au FIBD 2018 (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

Et cet accent mis sur les revenus annexes, vous y croyez ?

Jean-Louis Gauthey : Il y a un exemple qui est souvent utilisé par des éditeurs qui, à mon sens, n'ont pas assez conscience de ce que vivent les auteurs : « Regardez, quasiment aucun romancier ou aucune romancière ne vit de ses droits d'auteur. » Sauf qu'écrire un roman, et pour le coup je le sais, ce n'est pas comme faire de la bande dessinée. Personnellement, je peux écrire deux heures par soir et j'avance, mais je ne peux pas faire une bande dessinée deux heures par soir, c'est impossible. 

Faire une bande dessinée, c'est beaucoup plus physique et cela nécessite de se mettre dans une condition particulière, qui n'est pas qu'une condition d'imagination, mais aussi de disponibilité technique du corps. Et ça, après une journée de travail, c'est quasiment impossible. Il est envisageable d'avoir un dessin relâché, qui va rejoindre une forme de méditation ; la peinture, par exemple, que je pratique et qui peut me détendre, mais la BD, c'est un travail de concentration extrême qui porte en lui-même une dimension laborieuse.

Un rapport sur le monde de la bande dessinée est attendu pour le début de l'année prochaine au ministère de la Culture, qu'en attendez-vous ?

Jean-Louis Gauthey : J'espère que les mesures présentées permettront d'améliorer la situation des auteurs, des autrices et des libraires. J'espère aussi que de nouveaux dispositifs seront imaginés, qui permettront d'encourager la diversité. Mais, comme j'ai pu le constater ces quinze dernières années, l'État est plutôt démissionnaire, il n'attache plus autant d'importance à la culture et au bien-être social qu'elle peut favoriser.

Cela supposerait de réguler, ce qui n'est plus vraiment raccord avec le libéralisme affiché des gouvernements...

Jean-Louis Gauthey : Les règles de savoir-vivre au sein d'une corporation ne sont pourtant jamais mauvaises, car elles pacifient les choses. S'il n'y avait pas eu la loi Lang, le marché du livre en France ne vaudrait pas beaucoup plus que celui de l'Italie, de l'Espagne, de la Belgique, de l'Allemagne, qui sont des marchés assez peu dynamiques sur le plan de la création. La France reste le marché le plus créatif au monde, devant le Japon et les États-Unis. Une grande partie de cette créativité est liée à la loi Lang, qui a introduit une régulation au sein du marché. Et qui est, de manière absurde, régulièrement contestée par certains acteurs de l'édition qui refusent de voir le profit qu’ils tirent de la dynamique plurielle de ce marché.

Pour finir, comment voyez-vous l'avenir de Cornélius ?

Jean-Louis Gauthey : Je ne le vois pas du tout, je m'interroge beaucoup, y compris sur la capacité de Cornélius à durer dans le temps, au-delà de mon investissement personnel. Parfois, je me demande s'il ne faudrait pas revenir à des choses plus artisanales. Je pense que nous avons fait beaucoup d'efforts pour comprendre la façon dont fonctionnait ce marché tout en conservant notre identité et notre façon de faire des choses. Je me pose la question de savoir si on ne serait pas plus heureux et peut-être plus utiles en faisant des choses moins visibles, mais mieux dirigées.

J'évoque ici moins le contenu que la façon de le faire connaitre. Je suis personnellement convaincu que le modèle de diffusion/distribution à la française est obsolète. La plupart des acteurs de ce marché le reconnaissent, pas forcément publiquement, mais dans des conversations d'ordre privées. Pour le moment, aucune réponse n'a surgi pour constituer l'alternative. Néanmoins, ce type de fonctionnement est périmé et ne produit plus de résultats probants. Il n'est plus en capacité d'offrir une véritable variété et de permettre à des auteurs et autrices de toucher « leur » public, ceux qui les attendent.

Cela me pose un problème. Il y aura une phase de destruction, c'est évident et il faut s'y préparer, mais il faudra sans doute en passer par un retour à une forme d'artisanat pour voir émerger un nouveau modèle, un nouveau type de fonctionnement. Le gaspillage actuellement produit par le système est affolant : aujourd'hui, cela coûte moins cher de détruire des livres, sur un salon, que de les remettre en stock – Cornélius ne le fait pas, mais je l’observe ailleurs.. Quand on arrive à ce type de logique, ça veut dire que le système est malade. Les dix prochaines années vont être décisives, c'est certain.

Par Antoine Oury
Contact : ao@actualitte.com

6 Commentaires

 

Bigbijou

31/10/2018 à 15:55

Il est toujours étonnant de voir les responsables de la situation actuelle de la BD se plaindre de ce qui lui est arrivée, par leur faute.
Au delà de l'autosatisfaction,des mantras et incantations culturellement corrects habituels,il s'agirait de se poser les bonnes questions sur le pourquoi de la desafection du public,pour un média très apprécié et lu il y a encore peu.

Pas impossible que les discours excluants qui se sont multipliés ces deux décennies y soient pour quelque chose.La surproduction a bon dos.

Gentrification quand tu nous tiens.

Diane

01/11/2018 à 10:22

Excellente interview, merci !
Malheureusement, là où il y a de l'intelligence, il y a toujours un Bigbijou qui apparait.
C'est fascinant ces sempiternels clichés : "saleté d'alternatifs, de bobos, d'éditeurs de BD prises de tête, qui dorment dans leurs lofts sur les millions qu'ils ont volé (?) ! Rendez-nous la BD qu'on aimait quand on était petit (et que le monde tournait dans le bon sens) !
Pourquoi tant de haine (et de bêtise) ? Sans doute de mauvais choix de lectures.

Bigbijou

01/11/2018 à 15:38

C'est donc vrai que l'on a le public qu'on mérite.

C'est fascinant le besoin qu'ont certains-intelligents ou pas- de se faire enfumer.Les gourous et embobineurs de toutes sortes le savent bien,qui prospèrent sur les capacités intellectuelles hors-normes des plus rutilants d'entre-nous.Un peu de perlinpinpin,d'estime de soi titillée,de promesses de lendemains qui chantent,d'extraction de la masse,d'assurance d'être dans le camp du bien et de l'ordre juste....et le tour est joué,le gogo-à ne pas confondre avec le bobo,attention-se précipite,qui en veut pour son argent.

Vous avez l'air de bien connaître la BD (pardon le Roman Graphique,ne mélangeons pas les torchons et les serviettes) son histoire,sa mécanique,donc n'hésitez à me faire une liste de bons choix de lectures.

Merci d'avance.

Dewere

26/05/2019 à 20:14

Une interview passionnante et très étrange. Je n'avais jamais vu un éditeur aussi lucide sur son métier, qui parle sans faux-semblants et qui ne se place pas au-dessus des auteurs et des autrices. Je réalise que je connais peu ce catalogue et je vais m'y intéresser (pourquoi l'article ne propose pas une seule image du catalogue de Cornélius ? Même pas une photo de l'éditeur ? C'est assez décevant et pas très correct, je trouve).

Team ActuaLitté

26/05/2019 à 20:17

Bonjour
Merci pour ces conseils quant à l'illustration et l'iconographie. L'éditeur ne souhaitait pas spécifiquement apparaître, et nous avons illustré par des visuels de son propre stand.
Pour le reste, trouver son site internet ne devrait pas vous être bien compliqué.
Excellente fin de journée.

François Ruy-Vidal

11/07/2022 à 16:20

Mieux que bien. sincère, intelligent, fondé, stimulant et tout à fait conforme à ce que je pense de l'édition de type familiale française, cathos de droite jouant les chrétiens de gauche, où pour se maintenir au pouvoir d'un traditionalisme conformiste périmé, tous les coups-bas sont permis.
A commencer notamment par le système de diffusion et de distribution où, le plus souvent, se camouflant sous la liberté du commerce, les 24 000 lieux de ventes sont mis sous tutelle par les actionnaires des trusts internationaux en connivence avec les éditeurs d'héritages, en laissant peau de chagrin aux quelques 400 librairies indépendantes.
A entendre Jean-Louis Gauthey, j'ai l'impression de réentendre ce que je me disais en 1970.
Ce qui me force à ajouter que le mot obsolète qu'il emploie n'est pas assez juste et assez fort quand il l'applique à la diffusion-distribution puisque c'est un système illégal, apanage des trusts familiaux et internationaux qui sont parfaitement conscients de son illégalité mais qui ne veulent pas qu'il soit remis en cause puisque ce serait remettre en cause leurs productions conformistes et, partant, leurs profits... A l'équipe avec un grand salut d'encouragement. FRV

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Marraine de la 5e édition de Passeurs de Livres, à Alès, Laure de Chantal y revient avec un attachement particulier. Normalienne, agrégée de lettres classiques, directrice de plusieurs collections aux Belles Lettres, autrice de nombreux ouvrages sur l’Antiquité, la mythologie et la langue française, elle voit dans ce festival un lieu où se rejoignent deux fidélités : les livres et les Cévennes.

04/06/2026, 18:11

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Passeurs de Livres : le pari des sciences humaines au cœur des Cévennes

Jeudi 4 juin au matin, avenue Carnot, le festival n’a pas encore ouvert officiellement au public. Les stands achèvent de se monter, certains exposants prennent leurs marques, l’équipe règle les derniers détails techniques - jusqu’à ce compteur de visiteurs qu’il faut encore retrouver pour suivre au plus juste la fréquentation du salon. Malgré l’effervescence des derniers préparatifs, Franck Belloir, directeur du festival Passeurs de Livres, a pris le temps de nous répondre.

04/06/2026, 16:30

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Darwin et les bas-bleus : entretien avec Françoise Lavocat

Paru en mai 2026 aux éditions Station Zapata, Darwin et les bas-bleus, de Françoise Lavocat, nous plonge dans le monde politique et littéraire de la première moitié du XIXe siècle.

02/06/2026, 15:44

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“Je ne regrette aucun message” : Tommaso Debenedetti, 15 ans à inventer la mort d'écrivains

Il affirme être Tommaso Debenedetti, faussaire médiatique passé des fausses interviews littéraires aux fausses annonces de décès d’écrivains. Dans cet entretien (réalisé par email), où l’identité même de l’interlocuteur impose une prudente réserve, il revendique ses canulars comme une enquête permanente sur la crédulité des médias, l’autorité des institutions et la puissance émotionnelle de la mort à l’ère des réseaux sociaux.

02/06/2026, 10:39

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Gilles Francescano veut “offrir au monde de l’imaginaire le plus beau des festivals”

Directeur artistique des Imaginales depuis quatre ans, et acteur de l'événement depuis toujours, Gilles Francescano dresse un premier bilan de cette édition consacrée au thème « Alter ego ». Entre affluence, chaleur exceptionnelle, place de l’autre, relation gémellaire, accessibilité et avenir du festival, il défend une ambition claire : faire des Imaginales un lieu de pensée libre, d’accueil et de circulation entre les auteurs, les publics et la ville.

01/06/2026, 16:07

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Uranium, spectres et totalitarisme : le roman tchèque qui secoue les Imaginales 

Aux Imaginales, la Tchèque Lenka Elbe présentait Uranova, son premier roman, publié en français aux Forges de Vulcain dans une traduction d’Eurydice Antolin. Un livre ambitieux, impressionnant, difficile à ranger dans une seule case : enquête, roman d’amour endeuillé, récit politique, horreur, fantastique, humour noir, mémoire familiale et histoire tchèque s’y contaminent sans cesse. Au centre, une ville réelle : Jáchymov.

31/05/2026, 18:45

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Christopher Bouix, coup de coeur 2026 : “La littérature doit mordre ou griffer”

Coup de cœur des Imaginales 2026, Christopher Bouix arrive à Épinal avec une œuvre déjà multiple : un triptyque d’anticipation sur l’intelligence artificielle et les futurs déshumanisés, un roman d’horreur où les enfants massacrent les adultes, un passé d’auteur jeunesse repéré par Netflix, mais aussi un détour plus ancien par l’Antiquité, les textes grecs et latins, Socrate, la démocratie et les sorcières. Rencontre avec un écrivain qui aime les livres noirs, drôles, mordants, et les questions que le futur pose au présent.

31/05/2026, 14:00

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François Richard : “Vivre est le seul vrai choix”

C’est une épiphanie littéraire. François Richard fait paraître aux éditions du Grand Souffle Division Eidola, le troisième tome de son cycle V I E, qui peut se lire indépendamment des deux précédents bien qu’il en tire les fils narratifs jusqu’au bout de la nuit. Une épiphanie dans laquelle l’auteur manifeste la réalité cachée comme fin de la quête de ses personnages. Exacerbation, comme une bombe à fragmentation, du précepte proustien dans Le Temps retrouvé : « La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c’est la littérature. » Par Olivier Stroh.

29/05/2026, 11:12

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“Un potager résilient, c’est être prêt à devenir autonome le jour où c’est nécessaire”

Après une carrière dans l’industrie du jeu vidéo, Didier Flipo a choisi le maraîchage bio, le sol vivant et la transmission. Avec Le Potager résilient, il propose bien plus qu’un guide de jardinage : une réflexion concrète sur l’autonomie, la résilience et notre rapport au vivant. Entre écologie pratique, production de semences, soin des sols et critique des faux conseils circulant en ligne, il défend une approche patiente, pédagogique et profondément ancrée dans le réel. Un entretien où le potager devient aussi une manière de penser le monde contemporain.

20/05/2026, 14:48

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Pour une édition de proximité : Le Cercle ouvert, publier moins pour mieux lire

Avec Le Cercle ouvert, Mathieu Larnaudie et Bertrand Py défendent une maison à la production resserrée, attentive aux auteurs, aux libraires et aux lecteurs. Adossée à Terre Neuve et donc au groupe Albin Michel, elle publiera ses premiers titres le 20 août 2026 autour d’une idée presque révolutionnaire : moins publier pour mieux accompagner les livres et refaire communauté, sans céder sur le catalogue.

19/05/2026, 17:29

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“Acheter un livre dans une librairie indépendante, c’est presque militant”

À Limoges, la librairie jeunesse Rêv’en Pages, ouverte depuis plus de quarante ans, est en redressement judiciaire. Confrontée à la hausse de ses charges et à la baisse du panier moyen, sa gérante, Rachel Faure-Lencroz, cherche à adapter son fonctionnement : changement de transporteur, projet de librairie mobile, développement de la romance, du young adult et de l’occasion.

 

19/05/2026, 12:13

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Xavier Coste : comment 1984 est devenu “le projet de [sa] vie”

À Palaiseau, les planches de Xavier Coste autour de 1984 et du Journal de 1985 dévoilent les coulisses d’une obsession graphique née à l’adolescence. Dans le cadre du salon Dimension, croquis, originaux et reproductions éclairent la construction d’un univers dystopique où l’adaptation devient affaire d’émotion, de fidélité intérieure et de vision.

 

18/05/2026, 17:15

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Murielle Compère-Demarcy : Artaud, le feu du langage

Originaire de Compiègne, très active dans le milieu littéraire, Murielle Compère-Demarcy, qui signe parfois MCDem, dirige depuis 2022 la collection « Présences d’écriture » aux éditions Douro, et rédige de nombreuses chroniques pour diverses revues. Auteure d’une vingtaine de livres, Murielle Compère-Demarcy semble, entre autres, très marquée par Antonin Artaud, auquel elle consacre Alchimiste du soleil pulvérisé en 2019, recueil publié chez Z4. Par Étienne Ruhaud.

18/05/2026, 10:30

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Palaiseau : comment le salon Dimension veut réconcilier science et littérature

Grégory Hermant, responsable du service événementiel de la ville de Palaiseau, revient sur la troisième édition de Dimension, salon du livre consacré aux liens entre science, science-fiction et vulgarisation. Un rendez-vous encore jeune, mais déjà identifié par son public, ses auteurs et ses partenaires.

13/05/2026, 17:01

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“Il y a des possibilités pour les femmes de vivre beaucoup mieux”

Dans Digitopuncture et santé féminine, Jacques Staehle condense plus de soixante ans de pratique des médecines naturelles. À partir de son parcours personnel et des questions reçues en séminaire, il propose une approche accessible de la digitopuncture appliquée aux troubles féminins, entre gestes précis, équilibre énergétique et transmission d’expérience. À bientôt 95 ans, l’acupuncteur et naturopathe affiche une énergie et une vitalité qui donnent, au minimum, envie d’écouter ce qu’il a à dire.

13/05/2026, 13:38

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Angeline Delcroix : victimes ou coupables, “la frontière est très difficile à déterminer”

Angelina Delcroix ouvre les portes de sa Fabrique du Mal, où l'on entre par la violence, mais refuse d’y installer le lecteur pour le seul choc. À paraître ce 13 mai, la romancière nous immerge dans son univers, entre réalisme glacé et espoirs d'une vie meilleure.

11/05/2026, 10:43

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Estelle Derouen :“ Un livre n’est pas seulement un objet culturel”

Le phénomène Estelle Derouen est avant tout un phénomène de société. Sur Instagram a imposé une présence singulière. Ni critique institutionnelle ni simple prescriptrice numérique, elle occupe une place à part, quelque part entre la lectrice passionnée, la passeuse intraitable et la créatrice de contenu qui refuse de laisser les livres se dissoudre dans le grand marché des recommandations interchangeables.

08/05/2026, 14:12

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“Le Prix Lumière d’août est né d’une amitié — et d’un refus”

À l’heure où les distinctions littéraires cherchent à se renouveler, l’écrivain et psychanalyste Vincent Hein lance, avec le photographe Sylvain Holtermann, le Prix Lumière d’août. Un projet singulier, à la croisée de la littérature et de l’image, nourri par une histoire commune, mais aussi par une prise de position face aux mutations du monde éditorial.

08/05/2026, 13:54

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Quitter Grasset ? Pour Gilles Ascaride, “on reste, on occupe le terrain et on se bagarre”

Alors que le licenciement d’Olivier Nora accaparait l’attention médiatique, l’auteur Gilles Ascaride adressait un email entre désinvolture et bravade, intitulé “Je quitte Grasset.”. Curieux ? Non, enfin, un peu tout de même. ActuaLitté est allé à la rencontre de l’écrivain qui revendiquait déjà d’avoir « tué Maurice Thorez (Maurice qui ?) ». 

05/05/2026, 16:11

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La Mutinerie : former les lecteurs d’aujourd’hui à devenir les citoyens de demain

Face au recul du temps de lecture chez les adolescents, La Mutinerie défend une conviction simple : l’écriture peut ramener les jeunes vers les livres, mais aussi vers eux-mêmes. Créée par Guillaume Le Cornec, cette structure associe auteurs, établissements scolaires, lieux culturels et scientifiques pour faire des collégiens de véritables coauteurs. À travers ces projets collectifs, la littérature devient un outil de médiation, de confiance et d’apprentissage du monde.

30/04/2026, 12:52

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Accessibilité numérique : “Les bibliothèques des collectivités territoriales sont en retard”

La Journée mondiale du livre, le 23 avril dernier, a été assombrie par un constat implacable, établi par la Fédération des aveugles et amblyopes de France. L'accès aux livres numériques reste extrêmement complexe pour les personnes atteintes d’une déficience visuelle, en particulier via les bibliothèques et médiathèques publiques. Le ministère de la Culture, conscient de cette problématique, envisage plusieurs pistes d'action.

29/04/2026, 12:54

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Gabrielle de Tournemire, une entrée remarquée “dans la cour des grands”

Lauréate du Prix Le Livre à Metz | Marguerite Puhl-Demange 2026 pour Des enfants uniques (Flammarion), Gabrielle de Tournemire signe un premier roman déjà largement salué. Elle revient, pour ActuaLitté, sur cette distinction, son travail d’écriture et la manière dont son roman s’inscrit dans le thème de cette édition du Livre à Metz, « Habiter le monde ».

09/04/2026, 14:34

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Camille Giordani et Thomas Baas : habiter le monde à hauteur de Paulette

À l’occasion de l’édition 2026 du Livre à Metz, dont le thème « Habiter le monde » irrigue l’ensemble de la programmation, le Prix Graoully-Batigère a été attribué à Mais où va Paulette ? (Actes Sud jeunesse), écrit par Camille Giordani et illustré par Thomas Baas. Ce prix distingue chaque année une œuvre qui, par son écriture et son regard, se situe à la croisée de la littérature et d’une certaine manière de raconter le réel. Rencontre croisée avec ses deux lauréats.

08/04/2026, 15:59

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Felix Macherez : une épitaphe comme ultime oeuvre

Né en 1989, écrivain et rédacteur en chef des pages Livres d'Art Press, Felix Macherez revient aujourd’hui avec un quatrième livre, trois ans après la surprenante fresque Les Trois Pylônes. Le propos relève cette fois de l’humour noir, cher à Breton : jeune nihiliste de trente-trois ans, Cid Sabacqs résout de se suicider. Par Étienne Ruhaud.

07/04/2026, 10:42

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“On cherche des livres qui interrogent le monde”

À l’occasion de l’édition 2026 du prix du livre Les Visionnaires, porté par le réseau des médiathèques de Saint-Quentin-en-Yvelines, son directeur, Pascal Visset, revient sur l’origine et les enjeux de cette distinction née en 2022. Entre réflexion sur le rôle des auteurs, importance du style et interrogations sur l’intelligence artificielle, il défend une littérature qui propose une véritable vision du monde et de son avenir.

01/04/2026, 17:29

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Ludothécaires et bibliothécaires : “Il y a une réelle complémentarité des profils”

Deux organisations nationales, l'Association des Bibliothécaires de France et l'Association des Ludothèques Françaises, ont lancé un appel pour politique commune du jeu en tant que pratique culturelle. Organisation des services, cadre juridique ou formation des professionnel·les, le sujet soulève de nombreuses questions. Suffisamment pour se prendre au jeu...

31/03/2026, 09:32

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Écrire la version française : l’art du dialogue selon Manchette-Niemiec

Un débat anime depuis longtemps les amoureux du cinéma, qui semble opposer les « vrais cinéphiles » aux « simples amateurs » : VOST contre VF. 

27/03/2026, 17:18

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IA : “Aujourd’hui, les auteurs ne peuvent rien prouver”, alerte Pierre Ouzoulias

Après l’avis du Conseil d’État sur la proposition de loi portée par plusieurs sénateurs pour encadrer l’usage des œuvres par les systèmes d’intelligence artificielle, le débat se précise. Aux côtés des sénatrices Laure Darcos et Agnès Evren, Pierre Ouzoulias, du Groupe Communiste (Hauts-de-Seine), défend un texte qui entend agir concrètement sur le terrain juridique, mais aussi provoquer une recomposition des rapports entre plateformes technologiques et ayants droit.

26/03/2026, 13:15

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Laure Darcos, l'IA et les ayants droit : “On veut siffler la fin de la récré“

Après un avis du Conseil d’État salué comme une avancée, mais loin d’être une victoire totale pour les ayants droit, la sénatrice Laure Darcos détaille la stratégie derrière sa proposition de loi. Entre rééquilibrage juridique, pression politique et volonté de forcer les acteurs de l’IA à négocier, elle défend un texte « pesé à la virgule près », et conçu comme le premier étage d’une réforme plus large.

25/03/2026, 12:16

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Financer, imprimer, publier : le défi des éditions étudiantes L’Apprentie

À Bordeaux, les éditions étudiantes L’Apprentie ont ouvert une campagne de financement participatif pour finaliser l’impression de sept ouvrages. Porté par des étudiants en master et en BUT, le projet repose sur une organisation collective qui permet aux étudiants de pratiquer en conditions réelles les métiers de l’édition. Face à une collecte en ralentissement, l’équipe a décidé de prolonger la cagnotte et de renforcer sa communication pour atteindre ses objectifs financiers.

23/03/2026, 15:32

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“Un livre visionnaire parle avant tout de notre époque“

Médiathécaire engagée dans le prix littéraire des Visionnaires, Nathalie Pascal participe à la sélection des romans proposés aux lecteurs. Pour elle, un texte visionnaire ne se contente pas d’imaginer l’avenir : il éclaire le présent et invite à réfléchir. À condition, insiste-t-elle, que la force du sujet s’accompagne d’une véritable écriture.

17/03/2026, 18:06

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Entre Montaigne, Nerval et Pascal Quignard : le voyage littéraire d’Éric Poindron

Passionné par les auteurs mineurs, les petites éditions, le tout jeune sexagénaire Éric Poindron nous parle de livres, de voyages et d’amitié à travers un récit autobiographique qu’on pourrait qualifier d’hybride. Propos recueillis par Étienne Ruhaud.

 

13/03/2026, 15:37

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La Peuplade a 20 ans : “Plus la maison va bien, plus on peut prendre des risques”

Fondateur de La Peuplade en 2006 aux côtés de Mylène Bouchard, Simon Philippe Turcot dirige aujourd’hui une maison québécoise solidement implantée au Canada et désormais installée dans le paysage français. À l’heure des 20 ans, il revendique moins la taille que le mouvement, moins la posture que l’élan. Portrait d’un éditeur qui traverse l’Atlantique comme il défend ses livres : sans relâche.

12/03/2026, 12:34

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“Internet, l’eldorado utopiste qui a fini en LIDL”

Il y a environ vingt-cinq ans Thierry Théolier faisait la couverture de Technikart. Avec son look original, branché, sa casquette Paris enflammée et son style unique, l’homme était coutumier des soirées mondaines, où il venait délibérément jouer les pique-assiettes et les provocateurs. Influencé par le concept de happening, Thierry, polyvalent, s’illustre à la fois sur le web, sur scène en tant que DJ, poète-performer, mais aussi en tant qu’auteur, et en tant que théoricien, volontairement « crevard », de la dude attitude, telle qu’exposée dans le Dude manifesto, essai publié en 2015. Propos recueillis par Etienne Ruhaud.

10/03/2026, 12:08

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Hiro Mashima à l’honneur : Amiens célèbre les 20 ans de Fairy Tail

Un arbre suspendu au-dessus d’un îlot rocheux, la guilde de Fairy Tail reconstituée à taille réelle, des fac-similés de planches et des croquis de travail : aux Rendez-vous de la BD d’Amiens, l’exposition Fairy Tail, une épopée draconique propose une traversée de l’univers créé par Hiro Mashima. Un parcours qui s’intéresse autant à l’imaginaire de la série qu’à sa fabrication.

 

07/06/2026, 19:26

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Emil Ferris : les monstres ont pris leurs quartiers à Amiens

Aux Rendez-vous de la BD d’Amiens, Les Monstres d’Emil Ferris fait dialoguer Moi, ce que j’aime, c’est les monstres avec la collection du Frac Picardie. Le parcours explore le journal intime, le polar, le gothique, Chicago, la Shoah ou encore la puissance féministe d’une œuvre où les monstres deviennent une façon de lire le monde.

06/06/2026, 19:46

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Tom Gauld à Amiens : les bibliothécaires n’ont pas dit leur dernier mot

À la bibliothèque Louis Aragon, dans le cadre des RDVBD 2026, La Revanche des bibliothécaires déploie l’univers de Tom Gauld avec une élégance rare. Le dessinateur écossais y confirme ce talent singulier : faire rire avec trois traits, un sens parfait du décalage et une culture graphique qui ne pèse jamais. Une exposition vive, malicieuse et profondément réjouissante.

05/06/2026, 18:41

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Le livre survivra-t-il à l’économie de l’instant ?

Guilhem Méric, auteur de romans de l’imaginaire, analyse les difficultés croissantes du monde du livre. Entre baisse des ventes, concurrence des écrans et transformation des usages culturels, il alerte sur une crise de l’attention qui touche aujourd’hui toute la chaîne de l’édition.

05/06/2026, 16:57

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Mickey à Amiens : la souris de Walt Disney sort de sa boîte

À la Maison de la Culture d’Amiens, les 30es Rendez-Vous de la Bande Dessinée accueillent « Mickey, tout a commencé par une souris ». L’exposition du Fonds Glénat, visible du 5 juin au 14 septembre 2026, remonte le fil d’une icône née au cinéma, passée par la presse et devenue, vitrine après vitrine, une petite machine à souvenirs.

05/06/2026, 15:32

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Librairie indépendante : derrière le récit héroïque, une brutale réalité économique

En 2024, David Piovesan proposait une analyse des Rencontres nationales de la librairie, qui s'étaient déroulées à Strasbourg : désormais, le marché de la librairie se relit sous un jour plus politique. Les libraires ont bâti un récit collectif puissant face aux plateformes. Reste une épreuve plus rude : convertir cette identité professionnelle en modèle économique durable.

04/06/2026, 16:55

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L'union fera-t-elle la force des librairies indépendantes ?

La vente en ligne a changé d’échelle. Pour rester visibles, les librairies indépendantes doivent-

elles construire une puissance collective ? Renny Aupetit, propriétaire de la librairie Le Comptoir des Lettres (Paris, 5e), pose la question.

04/06/2026, 11:47

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Face aux grands groupes, l’édition indépendante n’a plus le luxe de jouer seule

La réponse de l’édition indépendante à la concentration doit passer par le collectif. Car, pour ne rien arranger, le plus important parmi ces groupes la double d’une offensive idéologique délétère. La coopérative OPlibris nous adresse un texte, affirmant ses valeurs, autant que ses objectifs.

02/06/2026, 17:37

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Le livre se meurt, lancez-le plus fort

Voici un petit texte, rafraîchissant – ce qui ne manque déjà pas d'à-propos quand il pleut. Il est extrait d'une suite théâtrale que Christophe Esnault est en train de constituer. Et qui s'autorise pensée critique et humour. « Comme toujours je suis très mignon avec ce microcosme éditorial et simili culturel », nous explique-t-il. Et on le croit sur parole, bien entendu. Jugez sur pièce.

02/06/2026, 12:24

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Rochefort et les tristesses de l’enfance de Pierre Loti

Les petites poupées, collées sur des morceaux de carton, sont si minuscules, si délicates, qu’elles semblent n’exister que par la fantaisie d’un enfant : des nuages soufflés par le rêve, fragiles comme les bateaux des pêcheurs bretons qui naviguaient pendant des mois dans la brume, autour de l’Islande.

02/06/2026, 11:10

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Le “don” en voyance : de quoi parle-t-on vraiment ?

Malgré une meilleure visibilité sur les réseaux sociaux ou dans les médias, le sujet de la voyance reste encore tabou. Toutefois, je peux accorder aux sceptiques que leur méfiance n’est pas toujours sans objet, car tout dépend de quel type de voyance on parle. Il règne effectivement une grande confusion dans ce monde mystérieux et inquiétant, mais, cependant, très attirant de la voyance. Alors vous êtes en droit de vous demander : illusion, arnaque ou don réel ? Par Sabrina Depraz, autrice de La voyance : mode d'emploi.

02/06/2026, 06:25

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Les catalogues de bibliothèque ont-ils déjà perdu face à l’IA ?

Au début de l'année 2005, j'avais posté sur biblio-fr un vœu que le BBF reprit en ouverture de son numéro consacré à la "Mort et transfiguration des catalogues" : "Le catalogage et l'indexation prennent leur place au musée de la bibliothéconomie." Anne-Marie Bertrand y voyait une transfiguration en marche. Vingt ans plus tard, je rouvre le dossier, cette fois avec l'IA générative comme pièce à conviction.

31/05/2026, 10:48

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Canicules : quand la France étouffe sous les alertes météo

La France ne connaît pas une canicule généralisée, mais certains départements restent concernés par une vigilance canicule, après un épisode de chaleur inédit pour un mois de mai. Derrière le dôme anticyclonique, la masse d’air subtropicale et le réchauffement climatique, la question météorologique se déplace : non plus seulement combien de degrés, mais quelles vies deviennent plus fragiles sur une planète moins habitable ?

30/05/2026, 16:10

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Narbonne fait vibrer les livres, les voix et les idées

Du 29 au 31 mai 2026, le Grand Narbonne donne rendez-vous aux passionnés de lecture, aux familles et aux jeunes lecteurs pour la 12e édition de son Salon du livre. Pendant trois jours, la ville de Narbonne devient un espace de circulation des textes et des idées, entre rencontres, lectures et propositions artistiques, attirant chaque année un public toujours plus nombreux.

 

26/05/2026, 17:16

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Époque, le festival des livres qui éclairent notre temps

Cette 12e édition d’Époque, festival et salon du livre de Caen, fera la part belle au voyage et à l’ailleurs, sans se départir de son identité : éclairer les grands sujets de notre temps.

26/05/2026, 17:02

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En librairie, la profusion de nouveautés rend-elle le fonds invisible ?

La nouveauté domine-t-elle désormais trop fortement l’économie de la librairie ? Dans cette analyse, Jean-Charles Caplier, directeur commercial chez Dilisco, analyse le ralentissement du réassort du fonds, moins comme un désintérêt des libraires que comme le symptôme d’un marché sous tension, pris entre trésoreries fragilisées, rotation ralentie, surproduction et pression permanente de l’actualité éditoriale.

22/05/2026, 09:06

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IA et livres : la France protège, mais sait-elle vendre ?

En Corée du Sud, le livre ne se défend plus seulement contre l’IA : il devient une donnée qualifiée, négociable, rémunérée. En France, le législateur avance par un autre chemin, plus contentieux mais décisif : rendre prouvable l’usage des œuvres par les modèles. Entre opt-out, AI Act et présomption d’utilisation, l’industrie du livre quitte l’indignation pure pour entrer dans le dur du rapport de force.

21/05/2026, 13:00

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“Le libraire ne reste peut-être qu’un commerçant”

Tout le secteur du livre s'interroge aujourd'hui sur la place des librairies indépendantes face à la montée de l’extrême droite, le poids du groupe Bolloré dans l’édition et la responsabilité des libraires dans la défense du pluralisme démocratique. Dans ce texte proposé par Christophe Marie, co-gérant de la librairie Au saut du livre, à Joigny, dans l’Yonne, tout un pan de l'industrie du livre est questionné. Et ses clients avec lui.

21/05/2026, 10:21

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Après Grasset, Canal+ : quand la critique de Bolloré vaut liste noire

Canal+ a donné un nom à la peur qui traverse désormais l’édition : la liste noire. L'intervention de Maxime Saada, président du directoire de Canal+, qui refuse désormais de travailler avec les 600 personnes ayant signé une petition contre son patron, Vincent Bolloré, introduit une singulière logique de groupe. 

18/05/2026, 13:09

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Britannica pillé par ChatGPT : comment Umberto Eco avait prévu ce vertige

Encyclopaedia Britannica et Merriam-Webster poursuivent OpenAI, accusé d’avoir utilisé leurs contenus pour entraîner ChatGPT et de capter leurs lecteurs par des réponses proches de leurs textes. Au-delà du droit d’auteur, l’affaire pose une question qu’Umberto Eco avait placée au cœur du Nom de la rose (trad. Jean-Noël Schifano) : qui garde la bibliothèque, qui classe le savoir, qui vérifie la réponse quand la source disparaît ?

16/05/2026, 11:17

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La crise Grasset “exige du discernement : chaque contrat est différent, chaque situation unique”

La crise Grasset dépasse le tumulte médiatique : elle interroge le lien intime entre auteurs, éditeurs et contrats. Dans un texte qu'elle adresse à ActuaLitté, Liliane de Carvalho appelle au discernement juridique. Rapporteure de la réforme du contrat d’édition numérique 2013 et spécialiste de la propriété intellectuelle, elle invite à examiner les situations au cas par cas et refuse les réponses automatiques. 

15/05/2026, 17:33

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“Un enfant ne regarde pas une saison. Il la vit”

Entre ville et campagne, enfance et parentalité, Alexandra MacCorvus interroge notre rapport aux saisons. À travers les gestes simples d’une vie de famille — récolter des pommes, sentir l’air changer, attendre les fêtes — il rappelle que le temps ne se mesure pas seulement au calendrier : il se ressent, se partage et se transmet dans l’émerveillement quotidien. Elle vient de publier Beltane, chez Piktos jeunesse.

15/05/2026, 15:19

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Quand ActuaLitté se découvre, malgré lui, encarté chez La France Insoumise (LFI)

Un visuel diffusé sur Facebook associe un article d’ActuaLitté consacré au scandale Agessa au logo de La France insoumise. L’exercice entend sans doute servir la cause des artistes-auteurs. Il réussit surtout une (contre)performance graphique plus douteuse : transformer un travail journalistique indépendant en élément de communication politique. 

15/05/2026, 13:01

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L’Autre Livre : un rendez-vous à taille humaine qui fait vivre les éditeurs indépendants

Le Salon international de l’édition indépendante de L’Autre Livre avance à son rythme pour l'édition de mai 2026 — calme, posé, propice aux échanges, bien que chahutée. Dans les allées, on circule sans heurt, on s’arrête facilement, on engage la conversation. Ici, le temps ne se mesure pas seulement au nombre de visiteurs.

14/05/2026, 09:19

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“Pour que la pensée demeure libre, il faut que l'édition soit libre” - Jean-Yves Mollier

Les auteurs Grasset ont initié ce 13 mai les Etats généraux de l'édition, devenus Etats généreux – s'inscrivant dans le sillage des actions menées par les auteurs de Fayard pour la récupération de leurs droits. A ce titre, l'universitaire Jean-Yves Mollier intervenait au théâtre de la Concorde où nom de 87 autres écrivains de la maison, mais également pour présenter son propre combat.

14/05/2026, 09:03

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Des États généraux aux États généreux : les auteurs Grasset prennent leur avenir en main

Était-ce un jour historique ? Ce 13 mai avait des accents d’appel du 18 juin : une volonté de résistance, de libération, quand tout un pan de l’industrie du livre mesure « à quel point c’est un rapport de force ». Ces États généraux de l'édition, conséquence du licenciement d’Olivier Nora ont en effet engendré un mouvement hors norme : des centaines auteurs décidés à quitter leur maison, contre la figure du croque-mitaine, Vincent Bolloré.

13/05/2026, 17:43

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Gibert Joseph : “La routine a anesthésié l’esprit commerçant des libraires”

Après l’« affaire Nora » et le placement en redressement judiciaire de Gibert Joseph, Francis Kapétanovic, fondateur des éditions Abak, interroge l’effet ciseaux qui frappe les librairies indépendantes — baisse des ventes de livres neufs, hausse des coûts fixes — et les pistes possibles pour sortir de l’ornière. ActuaLitté lui donne la parole.

13/05/2026, 17:18

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Philip Roth et Franz Kafka contre la démocratie au guichet de Donald Trump

Deux fronts obsèdent actuellement l’administration Trump : une poussée fédérale vers des scrutins gérés localement et une pression accrue sur les universités, des visas étudiants aux données d’admission. Ces affaires, ancrées dans le droit électoral et académique ouvrent cependant une question de lecture : que deviennent des vies quand l’État transforme le contrôle en procédure, l’arbitraire en formulaire et le soupçon en méthode ?

12/05/2026, 12:48

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Au Maroc, le chantier qui scandalise archéologues et défenseurs du patrimoine

Le sociologue Mustapha Saha et l'archéologue Youssef Bokbot alertent sur le devenir de Sijilmassa, ancienne cité caravanière du Tafilalet et haut lieu de la mémoire maghrébine. Face à un projet d’aménagement touristique et muséal jugé destructeur, ils dénoncent une atteinte irréversible aux vestiges encore enfouis. Le texte plaide pour l’arrêt du chantier, la poursuite des fouilles archéologiques et une approche respectueuse des équilibres historiques, écologiques et humains du site.

11/05/2026, 14:44

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L’odeur des livres ardéchois ne plairait-elle pas aux Parisiens ?

Depuis l’Ardèche, Fabienne De Dyn défend une édition indépendante, lente et vivante, trop souvent ignorée par Paris. Un appel à ouvrir les librairies, les chroniques et les salons aux livres venus des territoires.

11/05/2026, 14:32

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Les livres qui veulent vous réparer vous détruisent

L'auteur Charles Garatynski interroge l’essor d’une littérature dite thérapeutique, pensée pour réparer, rassurer ou réconcilier le lecteur avec lui-même. À rebours des promesses de consolation, il défend une littérature de l’inconfort, capable non de guérir la souffrance, mais de lui donner une forme, une langue et une dignité.

11/05/2026, 13:35

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TikTok, enfance et attention : qui raconte encore l’adolescence ?

Le signalement de TikTok au parquet de Paris par le ministère de l’Éducation, dans un contexte mondial de restrictions d’accès aux réseaux sociaux pour les mineurs, pose une question plus ancienne que l’algorithme : qui raconte encore l’adolescence ? Face à l’écran infini, les romans réinstallent la chambre, l’ennui, la honte, le désir, le regard des autres et le temps long, fragile, de la formation de soi, loin des réponses administratives. 

07/05/2026, 14:38

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“Pas de liberté de création sans indépendance éditoriale”

La fronde des auteurs et autrices des éditions Grasset choqués par le limogeage du PDG Olivier Nora, ordonné par l'actionnaire Vincent Bolloré, a ouvert tout un champ de réflexion et d'interrogations quant au manque de protections des écrivains face aux maisons d'édition et leurs propriétaires. Les membres de la Scam et les lauréats et lauréates du Prix Albert Londres affirment leur solidarité, dans un texte reproduit ci-dessous.

07/05/2026, 13:13

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Affaire Grasset : pourquoi 617 artistes-auteurs réclament une “nouvelle loi Jean Zay” ?

ENQUÊTE — La crise qui secoue Grasset a déclenché un mouvement inédit d’auteurs. Mais elle révèle surtout une histoire plus longue : celle d’un rendez-vous manqué pour les auteurs, depuis 1936, avec des droits sociaux et professionnels que les éditeurs ont contribué à empêcher.

07/05/2026, 11:41

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Écrire un roman ? Je n'attendais que ça

9 Octobre 2018 : Un brin soûl de quelques mignonnettes de whisky enchaînées dans l’avion — bien loin tout de même des outrances d’Ange Delagrive, je rissole sur le tarmac de l’aéroport international de Fa’a'ā en attendant mes bagages. Par Arnaud Garnier.

06/05/2026, 11:07

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Éditeur “référent”, cession de 10 ans maximum... Comment éviter une nouvelle affaire Grasset

Le limogeage d'Olivier Nora, ex-PDG de Grasset, par Vincent Bolloré a mis en lumière la puissance de l'actionnaire, mais aussi la faiblesse de l'auteur dans la relation contractuelle avec une maison ou un groupe d'édition. Dans un texte reproduit ci-dessous, le Conseil Permanent des Écrivains (CPE) appelle les pouvoirs publics à agir pour renforcer le droit d'auteur, via plusieurs mesures.

05/05/2026, 12:14