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Jean-Louis Gauthey : “Le modèle diffusion/distribution est obsolète” (Cornélius)

Installée depuis un peu plus de quatre ans à Bordeaux, l'équipe de la maison d'édition Cornélius poursuit le travail de longue haleine commencé en 1991 avec la création de la société. Jean-Louis Gauthey, à la tête d'une équipe de 3 personnes, mène la barque avec détermination, mais sans se prétendre certain de la destination à atteindre.

Le 29/10/2018 à 10:13 par Antoine Oury

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Publié le :

29/10/2018 à 10:13

Antoine Oury

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ActuaLitté

Les éditions Cornélius au FIBD 2018
(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

ActuaLitté : Comment a évolué l'équipe par rapport à la création de Cornélius ?

Jean-Louis Gauthey : Quand j'ai démarré en 1991, j'étais tout seul, et puis, en 1996-1997, une personne m'a rejoint, qui n'est plus dans l'équipe mais avec qui je suis toujours en contact puisqu'il est devenu auteur. Il s'agit de Blexbolex. Je l’ai poussé dans cette carrière. Nous sommes encore amis et je l’édite régulièrement. Par la suite, l'activité d'édition m'a poussé à embaucher, et le fait d'embaucher m'a conduit à poursuivre. Sinon, j'aurais probablement arrêté autour des années 2000. Aujourd'hui, nous sommes quatre, avec Hugues, mon assistant graphique et fabrication, Adèle, qui s'occupe de toute la communication, et Céline, qui gère tout ce qui est administratif et juridique. Moi, je m'occupe de la partie éditoriale et graphique.

En tant qu'éditeur, vous assumez une certaine responsabilité vis-à-vis des auteurs et autrices, aussi ?

Jean-Louis Gauthey : Si je ne peux pas parler d'équipe, il est indéniable que les auteurs et les autrices font aussi partie de Cornélius pour moi. C'est cet ensemble de personnes qui a fait que j'ai perdu la possibilité de mettre un terme à cette expérience. En 1997, les auteurs étaient peu nombreux, une quinzaine dans le catalogue de Cornélius, contre environ quatre-vingt aujourd'hui. Nous n'avons jamais travaillé avec énormément d'auteurs, nous essayons plutôt de leur garantir de bonnes conditions — pas financières, malheureusement, même si nous payons des à-valoir et 10 % de droits d'auteurs. Mais nous leur offrons des délais, de l'écoute, et tout ce qui peut aboutir à ce que leur manuscrit soit le plus proche d'eux, en apportant à la réalisation de leur livre le plus de soin possible.

À la création de Cornélius, comment êtes-vous entré en contact avec les auteurs ?

Jean-Louis Gauthey : C'était essentiellement de la cooptation, parce que, dès les débuts, Cornélius a été assez proche de L'Association. Je les connaissais et j'étais particulièrement complice de Jean-Christophe Menu, qui a été le premier membre de L'Association à vouloir publier chez Cornélius parce qu'il n'arrivait pas à se discipliner suffisamment pour se publier lui-même dans cette structure : il avait besoin d'un autre éditeur. Il a été celui pour lequel j'ai créé la collection des « comix », avec des couvertures en sérigraphie.

Cela a donné envie à Lewis Trondheim, dont L'Association ne pouvait pas absorber toute la production, et à David B. de se joindre à l'expérience. C’était exigeant pour eux car il fallait fournir 24 pages tous les trimestres. Seul Lewis y est parvenu — même moi, j’ai craqué. Ils ont été les trois premiers membres de L'Association qui ont été à cheval sur les deux structures. Ensuite, L'Association et Cornélius ont reçu en même temps des propositions de manuscrits de Joann Sfar, que nous avons tous deux acceptées.

Par la suite, j'ai mis un terme à la relation avec Joann, non pas parce que je ne m'entendais pas avec lui, mais parce que nous étions dans des modes de travail trop tranchés pour que cela puisse fonctionner. Je lui ai rendu ses droits et il a pu reprendre les pages qu'il avait faites à Cornélius chez L'Association.

Parleriez-vous d'une famille Cornélius-L'Association ?

Jean-Louis Gauthey : Nous avions d'autres auteurs en commun avec L'Association, comme Berberian, Blutch ou Fabio... Ces deux maisons étaient proches sur le plan esthétique, mais aussi éditorial. Par ailleurs, s'ajoutait à cela une proximité géographique puisque nous avions des locaux à la même adresse, au 100 rue de la Folie-Méricourt, ce qui était une volonté commune.

Pour achever de créer une sorte de confusion dans l'identité de Cornélius, qui a longtemps été considéré comme un satellite de L'Association, nous nous sommes diffusés ensemble, avec nos propres moyens. C'était d'ailleurs essentiellement L'Association qui s'occupait de la partie diffusion, même si je pouvais occasionnellement contacter des libraires.

L'Association au FIBD 2018 (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

Physiquement, les auteurs étaient aussi proches ?

Jean-Louis Gauthey : Oui, bien sûr. Dans la première vie de Cornélius — j'entends par là le premier lieu occupé par Cornélius, avant d'avoir des locaux à la même adresse que L'Association —, l'atelier que j'occupais était dans une rue où Willem avait son atelier, c'est comme ça que je l'ai rencontré. Philippe Dupuy et Blutch se sont par la suite installés dans cette même rue. Nous déjeunions souvent ensemble, je venais voir les auteurs qui leur rendaient visite... À l'époque, Paris était très différent, et les échanges y étaient possibles du fait que la mixité sociale était une réalité. Dans le quartier Place Clichy-Pigalle, on pouvait rencontrer dans un bistrot des poivrots, des représentants de commerce, des artisans, tout autant que des artistes, auteurs de BD, écrivains ou cinéastes.

Avant d'être éditeur, vous étiez auteur : exercez-vous toujours aujourd'hui ?

Jean-Louis Gauthey : Oui, mais je suis un auteur très intermittent en bande dessinée parce que, outre le fait que Cornélius me prend beaucoup de temps, je reste gérant bénévole, ce qui m'oblige à exercer un autre métier. Je suis scénariste et directeur d'écriture dans l'audiovisuel, ce qui me prend énormément de temps. Par ailleurs, je ne suis pas si sûr d'avoir le besoin personnel d'avoir une reconnaissance artistique. Je dessine beaucoup chez moi, dans différentes techniques assez éloignées de la bande dessinée, et je ne suis pas du tout certain d'avoir cette nécessité d'être lu ou apprécié par d'autres. J'ai un regret, c'est de ne pas avoir assez de temps à consacrer aux scénarios de bandes dessinées que j'ai en cours pour d'autres auteurs. J’ai quand même deux ou trois projets. « On verra bien » comme disait Gus Bofa…

Pourquoi vous être lancé dans Cornélius à l'époque ?

Jean-Louis Gauthey : Si je repense à ma situation de l'époque, c'était pour m'extraire du monde du travail et de ses contraintes. Mais si je me réfère à ce que je faisais quand j'étais enfant, je faisais déjà des livres en un seul exemplaire pour moi. Et si je me projette aujourd'hui, je me dis que tout ça n'était peut-être qu'un moyen de trouver une activité qui me permette d'être autonome et qui me dégage du stress d'être un artiste jugé, commenté, voire pas lu, tout simplement. C'est difficile de savoir quelle est la raison première, et figer ça dans une « vérité » me semble illusoire.

Peut-on revenir sur ce moment où Cornélius a failli s'arrêter ?

Jean-Louis Gauthey : C'est en 2000 que j'ai hésité à arrêter, nous étions au bord de la faillite. Nous avions aussi des propositions d'un autre éditeur pour un rachat, nous avons travaillé à cette vente qui ne s'est finalement pas faite, l'éditeur ayant renoncé au dernier moment. Et c'était une chance pour Cornélius, parce que c'est ce qui nous a permis de gagner en professionnalisme, de faire des démarches pour obtenir des documents que nous n'avions pas... Ce travail m'a fait prendre conscience que Cornélius était une structure qui n'avait aucune gestion de quelque ordre que ce soit et que si on devait continuer, il fallait passer par ce type de... torture.

Cette proposition de rachat émanait d'un éditeur plus gros, plus institutionnalisé... Est-ce que vous l'avez vécu comme une bascule, le signal que la maison n'était plus aussi impertinente ou provocante ?

Jean-Louis Gauthey : Il n'y a jamais eu de volonté de provoquer chez Cornélius, ce n'était pas un enjeu et ça ne le sera jamais. La provocation a été totalement dévoyée par la télévision et la communication; la provocation n’a plus rien de subversif aujourd’hui, elle est même le plus souvent réactionnaire. Certes, des gens peuvent avoir une lecture militante de Cornélius. Pour ma part, je place notre engagement du côté de la curiosité, de l’exigence, de l’alternative à l’édition industrielle. Il ne faut pas confondre mon agressivité et Cornélius, ce sont deux choses distinctes. Quand je m'exprime sur l'édition avec un ton ironique ou sarcastique, ça n'englobe pas l'équipe ou les auteurs et les autrices. 

Ce rachat m'a appris qu'on avait fait suffisamment de chemin — la maison avait alors 9 années d'existence — et qu'on représentait quelque chose de suffisamment intéressant pour que d'autres puissent avoir envie de se l'approprier. Cela a été un autre bénéfice, ça nous a donné confiance en nous. C'était une autre incitation à poursuivre.

Avec le recul, comment évaluez-vous l'impact de Cornélius sur le marché de la BD ?

Jean-Louis Gauthey : C'est toujours difficile à analyser, car nous ne sommes pas les mieux placés pour mesurer l'impact bénéfique qu'on peut avoir sur un marché ou sur son propre milieu. Je peux juste observer qu'à une époque, avec L'Association et une génération d'éditeurs apparus dans la foulée comme Atrabile, Les Requins Marteaux ou le Frèmok, on a initié un mouvement de rupture avec le format standardisé de l'époque, — le cartonné 48 pages couleurs — pour revenir à une diversité que le marché avait choisi d'oublier. Ça a amené d'autres propositions sur le plan esthétique et narratif.

Nous avons permis à une BD plus expérimentale, en opposition à la norme du moment, d'exister et de revivifier le secteur. C'est déjà ancien, mais à la fin des années 1990, beaucoup d'éditeurs plus mainstream ont repris nos modèles, ont fait des « romans graphiques » et se sont remis à faire des BD en noir et blanc. Cela signifie que cette génération d'éditeurs a apporté quelque chose. Et qu'elle doit soutenir la génération qui lui succède. C'est pour ça qu'on a créé un syndicat d'éditeurs alternatifs, le S.E.A. Pour en revenir à l'impact que Cornélius pourrait avoir sur le marché, je me contente de rencontrer des gens heureux de lire nos livres sur les festivals : en soi, ça me suffit.

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

Quel élément vous parait aujourd'hui le plus difficile dans la vie de Cornélius, et sur le marché de la BD français ?

Jean-Louis Gauthey : D'une manière générale, ce qui reste difficile, ce sont les fins de mois. Et je crois que c'est le cas pour beaucoup de maisons d'édition, quelle que soit leur taille. Après, plus on est petit, plus ces fins de mois paraissent inatteignables, car on a rarement le soutien d'un banquier. Chez Cornélius, nous sommes d'une taille intermédiaire, mais ça ne nous met pas à l'abri de ce type de problème. Il y a des hauts et des bas tous les ans. Mais si on fait le choix de ne pas faire les livres dont on sait qu'ils ne vont pas marcher, on s'éloigne de ce qui fait l'intérêt de Cornélius aussi. Après, que les lecteurs ne soient pas disponibles pour consacrer leur budget à des livres plus difficiles, ça me désole, mais je peux le comprendre. Ce n'est pas pour autant que ces livres là ne doivent pas exister. Je pense qu'ils sont plus essentiels que d'autres livres qui marchent mieux.

Vous les repérez à l'avance ces titres, à force d'exercer le travail d'un éditeur ?

Jean-Louis Gauthey : Je suis encore suffisamment relié à ce qui a fait que Cornélius s'est créé pour percevoir que ce qui fait l'identité de la maison, c'est cette prise de risques sans laquelle il n'y a plus d'expérience, plus de diversité. Si c'est pour faire que des livres dont on sait à l'avance qu'ils vont marcher, je ne vois pas trop l'intérêt de faire ce métier. Étant donné que je fais ça de manière bénévole, il faut quand même que j'ai la sensation d'être un minimum utile, à mon échelle, à des auteurs, des autrices, des lecteurs et des lectrices. Parfois, des livres qui n'ont pas marché ont pu frapper quelques dizaines de personnes et il arrive que ces personnes viennent s'en ouvrir à moi 20 ans plus tard. Ce qui me conforte sur l'utilité d'avoir fait ce livre. Même les bides de Cornélius, j'espère tous les rééditer un jour, car ils ne sont pas des échecs pour moi.

L'idée de soutenir un auteur ou une autrice est-elle une motivation pour exercer ce métier ?

Jean-Louis Gauthey : Bien sûr, cela fait partie du métier et de l'engagement moral qu'on prend vis-à-vis d'un auteur. Après, il peut y avoir plus ou moins d'affinités et la relation dans le temps peut s'interrompre, mais rarement pour des questions artistiques. Quand je commence à travailler avec un auteur ou une autrice, je fais en sorte de l'aider, ce qui signifie parfois lui conseiller de publier ailleurs, voire le mettre en contact avec des éditeurs qui lui offriront des conditions financières meilleures. Cela fait partie de ce contrat basé sur la confiance.

Vous avez des exemples dans l'histoire de Cornélius ?

Jean-Louis Gauthey : Bien sûr, il y en a eu plein : Blutch, Giacomo Nanni, Hugues Micol, Fanny Michaëlis, Ludovic Debeurme... Il y a l'idée d'échanger sur ce qu'est leur situation, leurs envies, parfois de les aider autrement qu'en les éditant, leur expliquer l'intérêt à avoir une stratégie vis-à-vis de maisons d'édition plus grosses et les aider dans les négociations.

Ce qui semble de plus en plus nécessaire alors que la situation des auteurs gagne en complexité...

Jean-Louis Gauthey : C'est très difficile d'être auteur ou autrice. On ne s'en rend pas compte, mais cela demande énormément de sacrifices sur le plan du confort. Parfois, cela fonctionne, et tant mieux, mais c'est relativement rare. Tous les auteurs que je connais font face à la précarisation, c'est une réalité très concrète. Je l'ai vue s'aggraver depuis 15 ans, et c'est directement lié, quoi qu'en disent ceux qui ont une croyance dans l'autorégulation du marché, à la surabondance. C'est-à-dire ce modèle ultra-consumériste qui voudrait que la prolifération soit bénéfique à la diversité. Ce n'est pas comme cela que ça marche, ce n'est pas parce qu'on met de plus grandes quantités de livres en librairie que ces derniers vont plus se vendre. 

(ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

De fait, si on plonge un petit peu dans le détail des chiffres, on s'aperçoit que le chiffre d'affaires de la BD a progressé beaucoup moins vite que le nombre de livres produits. Ce qui signifie qu'on produit beaucoup plus de livres pour gagner à peine plus. Les éditeurs ont encouragé à s'engager dans cette voie des auteurs pour lesquels la longévité n'était pas assurée. Quelque part, ils les ont induit en erreur, se désintéressant de leur cas lorsque les ventes ne sont pas au rendez-vous.

Et ça, c'est terrible, car beaucoup d'auteurs découvrent tardivement qu'ils sont des variables d'ajustement, qu'ils sont remplaçables et que les éditeurs ne leur donnent pas la possibilité de devenir des auteurs à part entière. Dans ces cas-là, ils se retrouvent vraiment à la merci de leurs éditeurs, qui peuvent décider de les payer de moins en moins correctement.

Le rôle d'un éditeur est donc aussi de refuser d'éditer...

Jean-Louis Gauthey : Produire plus, ce n'est pas forcément produire bien. Cornélius n'a jamais dépassé les 20 livres par an, alors que la société aurait pu le faire. Et c'était un bon choix : je ne crois pas du tout que l'on puisse s'abstraire de la réalité économique de l'écosystème aujourd'hui dérégulé que représente le marché de la BD.

Ce système dérégulé a un impact sur Cornélius ?

Jean-Louis Gauthey : Très clairement, cela ne nous facilite pas la vie. D'une manière générale, les ventes moyennes de tous les livres chez tous les éditeurs — à l'exception de ce qui constitue les best-sellers — sont en baisse. Moi qui ai aussi publié des livres chez différents éditeurs, je suis encore mieux placé pour pouvoir le dire, car mes propres ventes moyennes ont baissé. C'est tout simplement lié à une érosion des mises en place de base suite à une production trop abondante. 

Les BD de Cornélius n'y échappent pas. Nous avons mis en place différentes stratégies, mais l'essentiel est de convaincre que le monde de l'édition ne doit pas autant se concentrer sur le principe de la nouveauté qui, en tant que telle, ne veut rien dire. Il y a un caractère illusoire dans le fait de dire que la nouveauté incarne une forme de vivacité : il y a des livres parus il y a 40 ans qui sont plus modernes que ce que l'on publie aujourd'hui pour assurer un flux économique.

La création du Syndicat des éditeurs alternatifs s'inscrivait-elle dans cette nécessaire prise de conscience ?

Jean-Louis Gauthey : Je pense que c'est une action qui a permis, à son niveau, de rééquilibrer certains rapports de force, et aussi de diffuser de façon plus coordonnée des informations importantes sur la réalité de ce marché qui est fait d'individus qui ont besoin de vivre. Souvent, les éditeurs qui atteignent un certain volume de production oublient des réalités concrètes qui touchent les auteurs et autrices qu'ils publient.

Alors que le public y semble sensible...

Jean-Louis Gauthey : Je ne sais pas. Un certain type de public, peut-être. En tout cas, des gens qui, par leur culture politique ou autre, ont une forme d'empathie pour les gens qui font la culture, mais c'est très difficile à définir, tout cela.

Récemment, des mouvements d'auteurs ont réussi à toucher un plus large public...

Jean-Louis Gauthey : Oui, mais ils n'ont pas obtenu grand-chose, finalement. Ils ont capté l'attention des médias et celle des éditeurs, qui ne tiennent pas à ce que tout cela tourne mal sur le plan médiatique et que cela les classe dans le camp des méchants. Mais, concrètement, quand je regarde le statut des auteurs, je ne vois pas de progression particulière : leur statut en tant que tel n'existe pas, avec tout ce que cela impliquerait de reconnaissance de l'État, de l'administration fiscale, et de tous les dispositifs qui régissent la vie des salariés lambda. Ce statut aujourd'hui, il reste à définir véritablement et à acter. C'est la première chose à accomplir.

Ce que l'on peut vérifier, c'est que la valeur que l'on accorde à la culture est de moins en moins reconnue. On la confond souvent avec l'éducation, ou la pédagogie. Je ne conteste pas qu'il puisse y avoir des points de croisement, mais c'est autre chose : la culture, pour moi, c'est un outil d'émancipation, pas de normalisation. Ce qui me pose problème aujourd'hui, c'est que la culture n'est considérée comme une valeur mesurable que lorsqu'elle est accolée à un dispositif éducatif. Et je pense que les auteurs devraient s'en soucier, car c'est aussi un problème pour eux.

Quand on leur propose d'intervenir et d'être rémunéré, en général c'est une « animation » qui s'inscrit dans un cadre plus ou moins directement pédagogique. Je ne suis pas sûr que ce soit cela, un auteur, une autrice : n'est-on pas en train d'instrumentaliser, de façon abusive, ce qu'ils sont ? Sans parler du fait que ce temps est pris sur leur temps de création…

Ces revenus annexes sont au coeur du débat, notamment par l'intermédiaire d'une rémunération des dédicaces : qu'en pensez-vous ?

Jean-Louis Gauthey : Les dédicaces sont effectivement un problème, car elles prennent du temps à l'auteur sans lui apporter de rémunération. Les éditeurs expliquent que cela fait partie de la promotion de l'ouvrage et qu'en faisant des dédicaces, l'auteur développe son public, etc. Certes, je peux l'entendre, mais si cela fait vendre les livres, l'éditeur s'y retrouve aussi. Les points de vue diffèrent beaucoup sur le sujet. À titre personnel, je suis opposé aux dédicaces : je n'ai pas envie que quelqu'un vienne gribouiller sur mon livre, surtout que peu de dédicaces sont convaincantes. 

C'est un exercice que je trouve morbide, par ailleurs. Si j'aime le travail d'un auteur ou d'une autrice, je vais plutôt essayer d'acquérir un original, ou me procurer l'ensemble de sa bibliographie. Je n'aime pas non plus ce que cela suscite chez les lecteurs, aussi bien le fait de collectionner de manière compulsive que le rapport qui se met en place entre lecteur et auteur. Il faut s'interroger aussi sur ce qui s'est créé autour de la dédicace, et la raison pour laquelle on l'a tellement encouragé : c'est une solution très paresseuse pour lier auteurs et lecteurs autour d'un acte commercial. J'aimerais qu'on trouve autre chose : il y a quelques années, avec d'autres éditeurs, alors qu'Angoulême était en travaux, nous avions fait un off, avec des rencontres, des débats, des ateliers, mais pas de dédicaces. C'était bien plus intéressant.

Séance de dédicace au FIBD 2018 (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

Et cet accent mis sur les revenus annexes, vous y croyez ?

Jean-Louis Gauthey : Il y a un exemple qui est souvent utilisé par des éditeurs qui, à mon sens, n'ont pas assez conscience de ce que vivent les auteurs : « Regardez, quasiment aucun romancier ou aucune romancière ne vit de ses droits d'auteur. » Sauf qu'écrire un roman, et pour le coup je le sais, ce n'est pas comme faire de la bande dessinée. Personnellement, je peux écrire deux heures par soir et j'avance, mais je ne peux pas faire une bande dessinée deux heures par soir, c'est impossible. 

Faire une bande dessinée, c'est beaucoup plus physique et cela nécessite de se mettre dans une condition particulière, qui n'est pas qu'une condition d'imagination, mais aussi de disponibilité technique du corps. Et ça, après une journée de travail, c'est quasiment impossible. Il est envisageable d'avoir un dessin relâché, qui va rejoindre une forme de méditation ; la peinture, par exemple, que je pratique et qui peut me détendre, mais la BD, c'est un travail de concentration extrême qui porte en lui-même une dimension laborieuse.

Un rapport sur le monde de la bande dessinée est attendu pour le début de l'année prochaine au ministère de la Culture, qu'en attendez-vous ?

Jean-Louis Gauthey : J'espère que les mesures présentées permettront d'améliorer la situation des auteurs, des autrices et des libraires. J'espère aussi que de nouveaux dispositifs seront imaginés, qui permettront d'encourager la diversité. Mais, comme j'ai pu le constater ces quinze dernières années, l'État est plutôt démissionnaire, il n'attache plus autant d'importance à la culture et au bien-être social qu'elle peut favoriser.

Cela supposerait de réguler, ce qui n'est plus vraiment raccord avec le libéralisme affiché des gouvernements...

Jean-Louis Gauthey : Les règles de savoir-vivre au sein d'une corporation ne sont pourtant jamais mauvaises, car elles pacifient les choses. S'il n'y avait pas eu la loi Lang, le marché du livre en France ne vaudrait pas beaucoup plus que celui de l'Italie, de l'Espagne, de la Belgique, de l'Allemagne, qui sont des marchés assez peu dynamiques sur le plan de la création. La France reste le marché le plus créatif au monde, devant le Japon et les États-Unis. Une grande partie de cette créativité est liée à la loi Lang, qui a introduit une régulation au sein du marché. Et qui est, de manière absurde, régulièrement contestée par certains acteurs de l'édition qui refusent de voir le profit qu’ils tirent de la dynamique plurielle de ce marché.

Pour finir, comment voyez-vous l'avenir de Cornélius ?

Jean-Louis Gauthey : Je ne le vois pas du tout, je m'interroge beaucoup, y compris sur la capacité de Cornélius à durer dans le temps, au-delà de mon investissement personnel. Parfois, je me demande s'il ne faudrait pas revenir à des choses plus artisanales. Je pense que nous avons fait beaucoup d'efforts pour comprendre la façon dont fonctionnait ce marché tout en conservant notre identité et notre façon de faire des choses. Je me pose la question de savoir si on ne serait pas plus heureux et peut-être plus utiles en faisant des choses moins visibles, mais mieux dirigées.

J'évoque ici moins le contenu que la façon de le faire connaitre. Je suis personnellement convaincu que le modèle de diffusion/distribution à la française est obsolète. La plupart des acteurs de ce marché le reconnaissent, pas forcément publiquement, mais dans des conversations d'ordre privées. Pour le moment, aucune réponse n'a surgi pour constituer l'alternative. Néanmoins, ce type de fonctionnement est périmé et ne produit plus de résultats probants. Il n'est plus en capacité d'offrir une véritable variété et de permettre à des auteurs et autrices de toucher « leur » public, ceux qui les attendent.

Cela me pose un problème. Il y aura une phase de destruction, c'est évident et il faut s'y préparer, mais il faudra sans doute en passer par un retour à une forme d'artisanat pour voir émerger un nouveau modèle, un nouveau type de fonctionnement. Le gaspillage actuellement produit par le système est affolant : aujourd'hui, cela coûte moins cher de détruire des livres, sur un salon, que de les remettre en stock – Cornélius ne le fait pas, mais je l’observe ailleurs.. Quand on arrive à ce type de logique, ça veut dire que le système est malade. Les dix prochaines années vont être décisives, c'est certain.

5 Commentaires

 

Bigbijou

31/10/2018 à 15:55

Il est toujours étonnant de voir les responsables de la situation actuelle de la BD se plaindre de ce qui lui est arrivée, par leur faute.
Au delà de l'autosatisfaction,des mantras et incantations culturellement corrects habituels,il s'agirait de se poser les bonnes questions sur le pourquoi de la desafection du public,pour un média très apprécié et lu il y a encore peu.

Pas impossible que les discours excluants qui se sont multipliés ces deux décennies y soient pour quelque chose.La surproduction a bon dos.

Gentrification quand tu nous tiens.

Diane

01/11/2018 à 10:22

Excellente interview, merci !
Malheureusement, là où il y a de l'intelligence, il y a toujours un Bigbijou qui apparait.
C'est fascinant ces sempiternels clichés : "saleté d'alternatifs, de bobos, d'éditeurs de BD prises de tête, qui dorment dans leurs lofts sur les millions qu'ils ont volé (?) ! Rendez-nous la BD qu'on aimait quand on était petit (et que le monde tournait dans le bon sens) !
Pourquoi tant de haine (et de bêtise) ? Sans doute de mauvais choix de lectures.

Bigbijou

01/11/2018 à 15:38

C'est donc vrai que l'on a le public qu'on mérite.

C'est fascinant le besoin qu'ont certains-intelligents ou pas- de se faire enfumer.Les gourous et embobineurs de toutes sortes le savent bien,qui prospèrent sur les capacités intellectuelles hors-normes des plus rutilants d'entre-nous.Un peu de perlinpinpin,d'estime de soi titillée,de promesses de lendemains qui chantent,d'extraction de la masse,d'assurance d'être dans le camp du bien et de l'ordre juste....et le tour est joué,le gogo-à ne pas confondre avec le bobo,attention-se précipite,qui en veut pour son argent.

Vous avez l'air de bien connaître la BD (pardon le Roman Graphique,ne mélangeons pas les torchons et les serviettes) son histoire,sa mécanique,donc n'hésitez à me faire une liste de bons choix de lectures.

Merci d'avance.

Dewere

26/05/2019 à 20:14

Une interview passionnante et très étrange. Je n'avais jamais vu un éditeur aussi lucide sur son métier, qui parle sans faux-semblants et qui ne se place pas au-dessus des auteurs et des autrices. Je réalise que je connais peu ce catalogue et je vais m'y intéresser (pourquoi l'article ne propose pas une seule image du catalogue de Cornélius ? Même pas une photo de l'éditeur ? C'est assez décevant et pas très correct, je trouve).

Team ActuaLitté

26/05/2019 à 20:17

Bonjour
Merci pour ces conseils quant à l'illustration et l'iconographie. L'éditeur ne souhaitait pas spécifiquement apparaître, et nous avons illustré par des visuels de son propre stand.
Pour le reste, trouver son site internet ne devrait pas vous être bien compliqué.
Excellente fin de journée.

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ENTRETIEN – « Je suis devenu traducteur d’italien parce que c’est l’une des langues que je lisais et quand j’ai commencé, il y a 20 ans, fin 2001, bizarrement il n’y avait pas beaucoup de traducteurs de l’italien. Il y avait d’excellents traducteurs, mais ils n’étaient pas très nombreux », nous explique Vincent Raynaud, qui officie également en espagnol et en anglais. Un entretien croisé entre France et Italie, autour de la littérature et de ses auteurs.

23/04/2021, 14:10

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Voyage dans la Rome de Gianfranco Calligarich, avec sa traductrice

Voici l’un des textes « intemporels » de la littérature italienne : Le dernier été en ville de Gianfranco Calligarich. Depuis 1973, date de sa parution, l’ouvrage du cinéaste et dramaturge, L'ultima estate in città, était resté inédit en France. Ancré à Rome, dans les années 60, il suit les déboires du jeune milanais Leo Gazzarra, perdu dans une vie privée de sens. Entretien avec la traductrice Laura Brignon.

13/04/2021, 09:51

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Bientôt morts, vivants en sursis : Pré-Mortem, à découvrir en 6 séries et films

Patrick McSpare vient de faire paraître aux éditions Leha son dernier roman, Pré-Mortem. Ce passionné de mythologie celtique fait toujours naviguer ses univers entre un monde réel et des créatures fantastiques, pas toujours commodes. Dans ce livre, l’humanité tout entière apprend le jour précis de sa mort, lors de l’apparition de Banshees, le 31 octobre. Joyeux Hallloween…

02/04/2021, 09:43

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Juan Branco : “Il y a encore la possibilité d’une guerre civile dans ce pays”

ENTRETIEN — En 2018, Juan Branco publiait Crépuscule, un ouvrage qui mettait en lumière les puissances à l’œuvre derrière l’ascension d’Emmanuel Macron. Devenu un best-seller, le pamphlet avait accompagné l’élan révolutionnaire des Gilets jaunes. Aujourd’hui, l’avocat dissident publie un nouveau manifeste aux éditions Michel Lafon : Abattre l’Ennemi. Au sein de cette œuvre dont le titre annonce déjà la couleur, c’est une refonte totale de la politique française qui est proposée au lecteur « Ce livre est là pour aider ceux qui le souhaitent à rompre avec le système existant dans les mois et années à venir. »

 

31/03/2021, 15:27

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“Chaque traduction est une nouvelle traduction“, Nathalie Bauer

Assise à un ancien bureau en bois, une série de gravures raffinées derrière elle, une femme élégante répond avec affabilité et calme à nos questions. Il s'agit de Nathalie Bauer, l'une des plus célèbres traductrices de l'italien vers le français, avec plus de cent cinquante ouvrages à son actif. Sa passion pour la langue italienne est née à l'âge de quinze ans et s’est développée en autodidacte à l’aide d’un livre, L’italien en 90 leçons. Son travail a commencé par hasard, à une époque plus facile, où l’on pouvait encore faire de la traduction littéraire son seul métier.  Par Thea Rimini.

09/03/2021, 08:57

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Seuss, le vivre-ensemble et la cancel culture

Cesser la commercialisation de livres du Dr Seuss, accusés de véhiculer un « racisme infect » par certains commentateurs, voilà qui donne à réfléchir. Les ouvrages jeunesse de l’Américain n’ont pas connu en France le succès d’outre-Atlantique. Pourtant, leur traducteur français s’inquiète, à plus d’un titre, de ces comportements. D’autant que Stephen Carrière, qui a traduit une dizaine d’oeuvres de Seuss, est également éditeur, directeur des éditions Anne Carrière. Il nous répond.

05/03/2021, 14:37

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Lise Caillat, traductrice : “Aujourd’hui, quand je ne traduis pas, je lis”

Après une Maîtrise de Langue, Littérature et Civilisation italiennes (Université Stendhal-Grenoble III) et un DESS Édition (Université Paris XIII), Lise Caillat a travaillé pendant dix ans dans l’édition puis en librairie, tout en développant son activité de traduction littéraire. Depuis 2017, elle se consacre totalement à cette dernière ainsi qu’à la recherche d’auteurs et d’ouvrages italiens à faire découvrir au public français. Elle anime également des ateliers de traduction qui visent à sensibiliser les lecteurs et les amoureux des mots aux joies et aux défis du métier. Par Paolo Grossi.

01/03/2021, 09:10

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Traduire Dante : “En poésie, le rythme impose un sens supérieur au sens.”

Coutumier des grands noms de la littérature italienne, Michel Orcel a fréquenté Giacomo Leopardi, aussi bien que Lorenzo Da Ponte. En 2019, La Dogana publiait sa traduction de La Divine Comédie (Enfer, Purgatoire, celle du Paradis arrivera au printemps), en édition bilingue. Alors que 2021 rime avec les célébrations du 700e anniversaire de la mort de Dante, le traducteur revient avec nous sur ce travail du texte d’Aligheri, les choix opérés et la relation au poète italien. Propos recueillis par Federica Malinverno.

22/02/2021, 12:28

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Aramebook : précurseur du livre numérique pour les lecteurs d'Algérie

Créée en 2018, la plateforme Aramebook propose des livres numériques au format PDF. Première du genre en Algérie, cette plateforme dont le nom vient de Aram – ces grosses pierres qui servaient de repères aux voyageurs –, et ebook, a pour vocation de promouvoir la lecture et la littérature algérienne à travers le monde. Rencontre avec sa fondatrice, Nacéra Khiat, également éditrice chez Sedia.

Propos recueillis par Chloé Martin pour ActuaLitté

19/02/2021, 13:09

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Les Sept Péchés capitaux, entre “parfum d’éternité et aperçu d’anthropologie”

7... chiffre sacré, mystique, évocateur s’il en est ! Il se trouve tout aussi bien associé aux merveilles du monde antique, qu’aux péchés capitaux. À ce titre, sept écrivains ont été mis au défi : produire un texte, libre, s’emparant de l’un de ces péchés sur un mode contemporain, dans le cadre d’une aventure collective et totalement incarnée. La collection regroupant leurs œuvres vient de sortir aux éditions du Cerf, sous l'appellation, Les Sept Péchés capitaux. 

06/02/2021, 12:55

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“Les romans épuisés, oubliés que je souhaite publier furent des histoires d’amour pour moi”

À la tête de la rubrique Les Ensablés, Hervé Bel s'efforce chaque semaine de redécouvrir un ouvrage injustement oublié et perdu dans le flot des années et des nouvelles parutions. Parfois, un éditeur se décide à rendre justice à ces livres, en leur offrant une nouvelle vie. Cette semaine, rencontre avec Philippe Guyot-Jeannin, libraire et éditeur dans le Jura. Il a créé les Éditions de la Belle étoile, qui ont récemment attiré l'oeil de notre chroniqueur.

21/01/2021, 11:45

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Résonances de femmes : trilogie en poche du postféminisme

PORTRAIT – Pourquoi le post-féminisme en poche sous la forme d’une trilogie embrassant plusieurs décennies de combats ? Parce qu’une édition ramassée révèle la densité d’un déploiement, l’intensité d’un engagement indéfectible au fil des années, la concision d’un message doté de la force d’un mouvement : le MLF, mouvement de libération des femmes, dont Antoinette Fouque a été la cofondatrice en 1968.

11/01/2021, 09:58

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“S'emparer des jouets laissés par Lovecraft était très plaisant” (Alex Nikolavitch)

Arkham, 1941. Le corps déchiqueté du détective Mike Danjer est retrouvé au milieu d'un monceau de papiers. Il pourrait s'agir à première vue d'un banal meurtre en chambre close. L'examen des feuillets souillés, un dossier qu'il avait constitué au fil d'une très longue enquête, démontre qu'il avait mis au jour un indicible complot. Dans le Dossier Arkham, Alex Nikolavitch nous embarque dans une aventure lovecraftienne passionnante. Et nous en dévoile ici les arcanes.

28/12/2020, 09:41

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L'Iconopop, pour plus de poésie : “Nous sommes l’allumette”

L’Iconopop est la nouvelle collection de L’Iconoclaste. Plus que de poésie, il y est question d’une parole qui vibre, qu’on lit et qui se vit à la scène, dans la rue, dans un pré, sur la toile... qu’importe ! Juste des mots sans tabou à déguster, à crier, à partager. Partout et surtout pas dans les sages cercles d’initiés. Un duo éditorial de choc se charge de coucher sur papier l’électricité contenue dans ces rumeurs éclatantes : Cécile Coulon, romancière, poète, et Alexandre Bord, ancien camarade libraire.

22/12/2020, 08:00

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Michèle Benbunan : avec Vivendi, Editis “est présent dans tous les univers médias”

« Voilà un an, Editis était place d’Italie, avec une fin d’année marquée en France par de nombreux évènements, très perturbants pour l’activité... » Michèle Benbunan, directrice générale du groupe aux 49 maisons d’édition, boucle une première année dense. Elle revient avec nous sur ces 12 mois passés.

07/12/2020, 11:27

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Les libraires des Pays de la Loire prennent le virage de la vente en ligne

ENTRETIEN – Les librairies des Pays de la Loire opèrent une transition numérique majeure, avec ce second confinement. L’association au service des librairies indépendantes des Pays de la Loire, ALIP, a observé un envol des chiffres de vente liés au click and collect.

17/11/2020, 16:32

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“L'univers de Pagnol représente la vie normale, celle qu'on ne peut avoir en ce moment”

Après avoir adapté en bandes dessinées les quatre ouvrages du cycle des Souvenirs d’enfance, les éditions Grand Angle poursuivent leur entreprise : en tout, 15 bandes dessinées sont déjà sorties dans la collection. C'est à présent avec la pièce Marius que la maison poursuit son travail autour de l'oeuvre de l’écrivain provençal. À l’occasion de la sortie du second volume de la série, nous nous sommes entretenus avec Nicolas Pagnol, petit-fils de Marcel, et garant des ayants droit de l’œuvre familiale. 

05/11/2020, 16:02

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“Les prix littéraires sont des éléments-clés de la vie du livre” (Olivier Bessard-Banquy)

Des prix, pour tous, et presque tout. Les jurys des grandes récompenses d’automne ont décidé de reporter leurs annonces, pour soutenir la librairie. Derrière cette décision, une stratégie économique est à l’oeuvre. L’universitaire français, Olivier Bessard-Banquy, spécialiste des lettres et de l'édition contemporaine décrypte avec nous cette position.

31/10/2020, 09:11

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L'agence littéraire britannique Curtis Brown se tourne vers les auteurs français

EXCLUSIF – Curtis Brown est l’une des plus anciennes agences littéraires britanniques, fondée en 1899 par Albert Curtis Brown. Depuis, la structure a amplement dépassé le cadre de la représentation d’auteurs, pour déborder sur d’autres secteurs culturels. Francophones toutes deux, Roxane Edouard et Claire Nozieres, vont lancer un pont entre la perfide Albion et l’Hexagone. 

07/10/2020, 10:06

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Marc Levy : “Avec Facebook, Mark Zuckerberg est un Goebbels moderne”

ENTRETIEN – C’est arrivé la nuit, le dernier roman de Marc Levy, traite tout à la fois de manipulation des masses par l’extrême droite, de montée des populismes, de l’infox dispersée abondamment sur les réseaux sociaux… et du scandale de l’insuline. Un nouveau genre, qu’explore le romancier ? Pas tant que cela.

30/09/2020, 17:37

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Liban : regards croisés d'éditeurs, “l'édition est le secteur le plus affecté”

Sept éditeurs indépendants au Liban témoignent, dans une série d’interviews réalisées en partenariat avec l’Alliance internationale des éditeurs indépendants, qui en assure également la traduction. Ces regards croisés permettent de mieux mesurer la situation où chacun se trouve. ActuaLitté propose ce document inédit en exclusivité.

29/09/2020, 14:42

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Stéphane Bern : “Je me ferai toujours le défenseur des bibliothèques ”

Il n’est pas homme à polémiques, pas plus que politicien. Mais attaqué sur « une regrettable maladresse », Stéphane Bern sort de sa réserve. « Je me ferai toujours le défenseur des bibliothèques », indique-t-il à ActuaLitté. Qu’on se le tienne pour dit.

21/09/2020, 07:15

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Et si la librairie de demain était coopérative, mutualiste, écocitoyenne ?

Deux années pour que le projet voie finalement le jour en 2021. La librairie Gibert Joseph du IIe arrondissement de Paris changera bientôt de mains, autant que de perspective. Un projet de Scop se met en place avec pour nom la coopérative des idées, porté par Renny Aupetit.

16/09/2020, 18:30

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Prévenir les catastrophes patrimoniales : “Le temps et l'argent se font rares”

Plusieurs catastrophes patrimoniales de grande envergure, notamment l'incendie de la Cathédrale Notre-Dame de Paris, ont dernièrement attiré l'attention médiatique et suscité l'émotion populaire. Mais ces événements sont malheureusement assez fréquents : le Groupe d'Aide en cas de Sinistre Patrimonial (GASP), en Normandie, apporte ressources et aides pour prévenir ou limiter ces catastrophes. Anthony Zurawski, chargé de mission au sein de La Fabrique de patrimoines, revient sur les activités du GASP.

03/09/2020, 11:57

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De la plantation à la fabrication de papier : ouverture d’une ferme papetière

Papetiers d’art depuis plus de cinq ans, Laurence et Bruno Pasdeloup se sont lancés dans une nouvelle aventure : ouvrir leur papeterie paysanne. Située dans le hameau de Puyberaud (Creuse), la propriété de près d’un hectare leur permettra de cultiver leurs propres matières premières et d’accueillir collaborateurs et curieux, souhaitant mettre « la main à la pâte ». 

26/08/2020, 14:18

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Île Maurice : la crise Covid a multiplié les “entraves à la liberté d’expression”

Éditrice et fondatrice de la maison Atelier des nomades, à l’ile Maurice, Corinne Fleury raconte l’incidence de la crise sanitaire sur son métier. Après 10 années de parutions, avec son conjoint Anthony Vallet, la réalité devient complexe. Et comme on le constate, l’un des enjeux actuels est celui des atteintes aux libertés d’éditer... qui sont malmenées. 

19/08/2020, 11:19

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La Gazette du Sorcier, deux décennies avec Harry Potter

Animer un site web consacré à une seule œuvre témoigne d'une certaine constance, et le faire pendant vingt ans, d'une passion dévorante. La Gazette du Sorcier, un des principaux sites francophones consacrés à Harry Potter, célèbre en 2020 deux décennies d'informations et de créations autour de l'univers créé par J.K. Rowling. 

17/08/2020, 10:33

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“La valeur des bibliothèques ne se mesure pas uniquement sur du quantitatif”

Baisse de la fréquentation et, surtout des inscriptions : la dernière édition de l'enquête « Pratiques culturelles des Français », assurée par le ministère de la Culture, apportait des chiffres assez peu réjouissants pour les bibliothécaires. L'Association des Bibliothécaires de France (ABF) appelle toutefois à relativiser ces données, par la voix de sa présidente Alice Bernard.

03/08/2020, 12:15

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Leha rachète Lynks : “L’imaginaire et la jeunesse vont très bien ensemble”

EXCLUSIF – Le monde de la jeunesse et de l’imaginaire se croisent souvent, et s’apprécient désormais un peu plus. Quelques semaines avant la rentrée littéraire, les Editions Leha – qui publient Pierre Bordage, Steven Erikson ou encore Philippe Tessier – vont reprendre les Editions Lynks. Une nouvelle corde pour l’arc de la jeune Leha.

31/07/2020, 19:00

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Mélanie Leblanc inscrit sa poésie dans les pages, sur les murs et les corps

Mélanie Leblanc aime à disséminer. En dehors des luminaires, des vitrines et des potirons ou, récemment, lors de l’exposition Relier au musée Mallarmé, sur le corps des visiteurs, elle écrit sur papier et publie. Disons qu’elle est une variété de liseron qui fait feu de tous supports. Dès qu’ils sont à sa portée, ses tiges volubiles s’y enroulent. Sa poésie est le liseron bleu, variété cultivée qui ne renie pas ses origines sauvages, le volubilis. Une forme certaine de liberté ne renonçant à explorer aucune direction.

30/07/2020, 11:36

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“Internet ne change pas la poésie, mais en modifie l’accès et la diffusion”

Président du Pen Club français entre 2005 et 2012, et désormais président d’honneur, Sylvestre Clancier aime les mots comme tout poète. Impliqué dans la vie poétique sur le territoire, mais également dans la philosophie — qu’il a enseignée au Québec — il répond à ActuaLitté. Littérature, poésie et bien d’autres au menu.

27/07/2020, 11:46

Autres articles de la rubrique À la loupe

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La lecture dans les établissements de santé, “espace d’intimité, d’évasion, de liberté”

La Fédération interrégionale du livre et de la lecture (Fill) s'engage dans une vaste opération de rapprochement entre les professionnels de la santé et ceux de la lecture publique, pour multiplier les projets culturels autour du livre et de la lecture dans les établissements de santé. Nous reproduisons ci-dessous le plaidoyer de la fédération, destiné à convaincre de l'importance cruciale de la lecture dans le parcours de soins.

18/06/2021, 15:06

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Histoire de l'ebook #5 - Les premières liseuses    

Sans surprise, les premières liseuses voient le jour dans la Silicon Valley, terre des projets technologiques les plus fous, avec les fonds nécessaires pour les développer. Ces liseuses sont le Rocket eBook (de NuvoMedia) et le SoftBook Reader (de SoftBook Press), qui virent le jour en 1998. D'autres modèles suivent, par exemple le Gemstar eBook (de Gemstar) en 2000, le LIBRIe (de Sony) en 2004, le Cybook Gen2 (de Bookeen) à la même date, le Sony Reader (de Sony) en 2006, le Kindle (d'Amazon) en 2007, le Nook (de Barnes & Noble) en 2009 et l'iPad (d'Apple) en 2010. 

 

18/06/2021, 11:31

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Histoire de l'ebook #4 - Du PDA au smartphone

En 2001, la liseuse n’a pas encore gagné son pari. On compte 17 millions de PDA (Personal Digital Assistants) dans le monde pour seulement 100.000 liseuses, d'après un Seybold Report publié en avril 2001. 13,2 millions de PDA sont vendus en 2001, dont le Palm Pilot (lancé en mars 1996) et le Pocket PC de Microsoft (lancé en mars 2000). En 2005, le PDA laisse progressivement la place au smartphone. L’iPhone d’Apple (lancé en juin 2007) devient le produit phare de toute une génération.

17/06/2021, 09:43

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Histoire de l’ebook #3 - Les débuts de Gallica, bibliothèque numérique de la BnF

Gallica est inauguré en octobre 1997 avec des textes et des images du XIXe siècle francophone, « siècle de l’édition et de la presse moderne, siècle du roman mais aussi des grandes synthèses historiques et philosophiques, siècle scientifique et technique ». Gallica élargit ensuite son champ d’action et devient rapidement l’une des grandes bibliothèques numériques mondiales.

16/06/2021, 13:19

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Histoire de l’ebook #2 - Gabriel, portail des bibliothèques nationales européennes

Mis en ligne en janvier 1997, Gabriel est un portail trilingue (anglais, allemand, français) offrant un point d’accès unique aux services internet des bibliothèques nationales européennes. Sans les patients efforts de Gabriel (et de l’European Library), la bibliothèque numérique européenne Europeana n’aurait peut-être jamais vu le jour dix ans plus tard.

15/06/2021, 09:29

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Librairie Les mots à la bouche : transmettre culture et héritage LGBT+, inlassablement

Nouvellement installée dans le XIe arrondissement de Paris, la librairie LGBT+ Les mots à la bouche lançait ce 31 mai un crowdfunding pour changer son modèle économique et devenir une société coopérative. Avec 40.000 euros réunis en à peine trois jours, les membres de la SCOP sont aujourd’hui assurés de pouvoir reprendre l'entreprise. Une façon pour le lieu de continuer à vivre aux mains d’une nouvelle génération de libraires engagés, ayant à cœur de prolonger l’héritage LBGT. Mais aussi de proposer une littérature qui raconte ses luttes et son histoire.

14/06/2021, 18:01

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Histoire de l’ebook #1 - Le PDF, format pionnier lancé par Adobe

L’ebook aura bientôt 50 ans. Non, il ne fait pas son âge. Mais pour mieux contextualiser son existence, ActuaLitté vous propose de retrouver une série d’articles, rédigés par Marie Lebert, pour bien mener les célébrations. Peu après les débuts du web en 1990, la société Adobe lance en juin 1993 le format PDF (Portable Document Format), tout comme l’Acrobat Reader (gratuit, pour lire les PDF) et l’Adobe Acrobat (payant, pour créer les PDF).

14/06/2021, 09:51

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La justice pardonne-t-elle les critiques élogieuses de livres dangereux pour la santé ?

La justice nous porte souvent vers les confins du sublime, dans une langue magique. La Cour de Justice de l’Union européenne, régulièrement évoquée dans nos colonnes, donne l’occasion d’un petit sourire, voire d’un clin d’œil, facétieux. En effet, l’arrêt dans l’affaire C-65/20 autoriserait, selon un de nos lecteurs, que les mauvais livres — indigestes pour l’esprit — puissent malgré tout être encensés. Attention, mauvaise foi et bonne humeur exigées…

10/06/2021, 12:52

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FIBD : les Autrices et Auteurs en Action “demandent maintenant des actes”

Le collectif AAA (Autrices et Auteurs en Action) entend attirer l'attention des pouvoirs publics sur les suites données au rapport Racine sur la condition des auteurs, qu'il estime « enterré ». Après une proposition de boycott du Festival international de la bande dessinée d'Angoulême 2021, le collectif a proposé un vote pour Bruno Racine, pour le Grand Prix. Vote qui ne sera pas comptabilisé, a confirmé l'organisation. Le collectif prend acte, mais demande à présent au festival de démontrer son soutien aux auteurs, lors de la prochaine édition. Nous reproduisons le courrier de réponse au FIBD ci-dessous.

09/06/2021, 14:49

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Les auteurs de Suisse s'expriment en faveur de la loi Covid-19 

La Suisse doit prochainement s’exprimer sur une législation et les débats vont bon train. Le secteur de la Culture touché au même titre que d’autres reste en demande d’actions. Et le collectif Suisse Culture, dont l’association des auteurs partage le message, demande donc que la loi Covid-19 fasse l’unanimité. « Qui dit non à la loi Covid-19 rend impossible tout soutien aux branches les plus durement touchées : la culture, l’événementiel, la gastronomie et le sport. » Leur appel est ici reproduit dans son intégralité.

31/05/2021, 17:01

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Affaire Marsan : huit autrices de Bragelonne “rappellent la société à ses obligations”

Une enquête de Mediapart, en avril dernier, a fait état des témoignages d'une vingtaine de femmes, qui pointaient le comportement « déplacé » de l'éditeur Stéphane Marsan, directeur du groupe Bragelonne, dans un cadre professionnel, à l'occasion de réunions ou lors de festivals. Depuis, la société n'a pas réagi publiquement, et aucune mesure ne semble avoir suivi ces révélations. Huit autrices de livres publiés par le groupe rappellent la société à ses obligations, menaçant de reprendre leurs droits sur leurs créations. Nous reproduisons ci-dessous, en intégralité, leurs revendications et leur lettre ouverte.

28/05/2021, 09:00

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En Biélorussie, la liberté d'expression et l'opposition en danger

Le détournement d'un avion de ligne par un appareil militaire, pour arrêter l'opposant et journaliste Roman Protassevitch, constitue le dernier « coup d'éclat » du régime autoritaire d'Alexandre Loukachenko. Depuis les résultats des élections présidentielles de 2020, contestés par une partie de la population, la répression s'intensifie. Le PEN Club français fait part de son inquiétude pour la liberté d'expression, dans un texte que nous reproduisons ci-dessous.

27/05/2021, 09:26

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Pass Culture : unique réussite d'un Emmanuel Macron tout schuss ?

L’éducation et la culture étaient les pans prioritaires du programme d’Emmanuel Macron candidat à la présidence. Et sur le second point, la mesure probablement la plus novatrice consistait à copier le Bonus Cultura mis en place par Matteo Renzi, Premier ministre italien, en octobre 2016. Baptisé par les équipes Macron Pass Culture, il promettait un bifton numérique de 500 € aux jeunes atteint de majorité, pour des dépenses folles en biens culturels…

21/05/2021, 17:05

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Des dessins inédits de Milan Kundera exposés à Paris

« Par mes expériences et mes goûts je suis centre-européen […], mais au milieu de ma vie, ma femme et moi avons émigré en France. Cet événement est le plus décisif de toute mon existence : il est la clef de ma vie et de mon travail », écrivait Milan Kundera. Français, Tchèque, et Centre-européen, l’écrivain est au cœur d’une exposition organisée par le Centre tchèque de Paris, offrant un regard inédit sur les dessins de l’auteur.

21/05/2021, 10:25

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Perdue en mer de Chine ? Roselyne Bachelot face à ses contradictions

Voilà quelques jours, la ministre de la Culture se lançait dans d’hasardeuses comparaisons : d’un côté les tensions en mer de Chine, de l’autre celles entre organisations représentatives des artistes-auteurs, qui seraient plus ardues à résoudre que les premières. Les intéressés — les artistes-auteurs, pas les Chinois… — ont décidé de répondre à Roselyne Bachelot, considérant que le mépris avait des limites… Leur texte est ici proposé dans son intégralité. 

17/05/2021, 15:21

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Marcel Proust devenu auteur de science-fiction

Chercher, Pierre-Carl Langlais adore : il s’est lancé dans des études en histoire de la presse, mobilisant les ressources de l’Intelligence Artificielle pour analyser des corpus entiers. Et au fil des morceaux de code, s’est intéressé à l’outil GPT-2 – logiciel de traitement automatique du langage, produit par OpenAI (société de Elon Musk). « À partir d’un corpus, on propose à la machine un début de phrase, et elle génère le texte qui suit. On peut ainsi croiser deux types de textes, pour emprunter un style à l’un et un univers à l’autre », nous explique le post-doctorant.

13/05/2021, 16:24

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HoomBand : lectures et ambiances pour les angoissés du sommeil

TEST – Le soleil revient, repart, les terrasses restent vides, les pro et anti-vaccins s’empoignent… tout cela donne envie de faire une belle sieste. Mais difficile de s’endormir avec un tel vacarme en bruit de fond ? Taratata, ActuaLitté vous a dégoté un petit gadget presque sexy, qui aide à l’endormissement. Une sorte d’assistant-conteur, capable de vous plonger dans une ambiance sonore, ou une œuvre, afin de favoriser le sommeil. En avant.

10/05/2021, 16:40

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“Essentiel c’est-à-dire absolument nécessaire” : des libraires privés d'activité

Malgré les menaces de la crise sanitaire, le retour des beaux jours ouvre des perspectives plus heureuses, avec une reprise d'activité. Certains libraires, notamment ceux proposant des livres d'occasion, se trouvent toutefois privés de participation aux marchés en extérieur. Une situation incompréhensible, portée à la connaissance de la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot, par Frédéric Mignon et Pascale Chassang, libraires à la Librairie Sans Nom, au Mans, dans une lettre ouverte publiée dans nos colonnes, en intégralité.

07/05/2021, 14:56

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Une loi sur les bibliothèques, “un marqueur fort et une opportunité”

Déposée au Sénat le 3 février dernier, la proposition de loi de Sylvie Robert (Ille-et-Vilaine), relative aux bibliothèques et au développement de la lecture publique, a bien sûr attiré l'attention des professionnels du secteur. Trois associations professionnelles saluent cette proposition de loi dans un communiqué, reproduit intégralement ci-dessous.

07/05/2021, 11:29

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Rembourser l'avance perçue : quand l'éditeur devient banquier des auteurs

Il plane dans l’atmosphère comme une odeur de faillites rances, dans certaines maisons d’édition. Au point que leurs dirigeants imaginent toutes les manœuvres à leur portée pour récupérer un peu d’argent — une fois la liquidation prononcée. Plusieurs témoignages concordants font état de demandes, parfois adressées par l’intermédiaire d’avocats, réclamant la restitution d’avances sur droits. Au moins deux structures y ont récemment eu recours, provoquant l’inquiétude des auteurs concernés. 

07/05/2021, 11:23

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Institut du service public : les conservateurs généraux des bibliothèques volontaires

Dans la foulée de l'Association des directrices et directeurs des bibliothèques municipales et groupements intercommunaux des villes de France, l'Association française des directeurs et personnels de direction des bibliothèques universitaires et de la documentation plaide pour une intégration des conservateurs généraux des bibliothèques au sein du futur Institut du service public (ISP). Nous reproduisons le texte de l'association ci-dessous.

06/05/2021, 11:24

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“Oui, on le savait. Mais personne n’a rien dit, surtout par peur”

Le 21 avril dernier, un article de Médiapart dévoilait les nombreux témoignages de professionnelles. Chacune pointait, dans ses relations, le responsable éditorial des éditions Bragelonne, Stéphane Marsan. Après la vague de révélations viennent les interrogations, les inquiétudes, les attentes. Adrien Tomas, auteur de fantasy, avait vivement réagi, et accepte de nous confier son texte. Le voici publié dans son intégralité.

04/05/2021, 11:32

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#MeToo dans l'édition : “Je suis Jeanne”, une témoin se dévoile

« Je suis Jeanne, l’une des témoins cités sous pseudo par Médiapart dans son enquête du 21 avril 2021. M. Marsan a répondu à cet article en identifiant les témoins, les unes après les autres, dans un exercice d’intimidation qui doit figurer dans un chapitre du Nécronomicon. Dans l’un des derniers paragraphes et sous couvert d’éloges contrits, il rend mon identité publique en citant Albin Michel, ma maison d’édition. Déjà, tout le monde s’en fout, de mon identité, donc joke’s on you. » Par Marguerite Imbert.

01/05/2021, 12:50

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En ce 1er mai, “Hommage à tous mes collègues précaires”

Marie Lebert est traductrice et auteure. Depuis des années, elle propose dans nos colonnes des réflexions sur les métiers du livre, l'évolution numérique de l'objet et bien d'autres. Son dernier dossier, Portraits de traductrices et traducteurs du passé portait l'accent sur l'un des rôles invisibles et cruciaux de l'édition. Aujourd'hui, elle souhaite rendre un hommage « à tous mes collègues précaires ». 

01/05/2021, 11:12

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Haute fonction publique : les conservateurs des bibliothèques attentifs

Après la suppression de l'École nationale d'administration (ENA), Emmanuel Macron propose une réforme de la haute fonction publique, avec pour principale mesure la « fonctionnalisation » de l’Inspection générale des Finances (IGF), de l’Inspection générale de l’Administration (IGA) et de l’Inspection générale des Affaires sociales (Igas). Les conservateurs et conservatrices des bibliothèques saisissent l'occasion pour demander une prise en considération de certaines revendications, portées par l'Association des directrices et directeurs des bibliothèques municipales et groupements intercommunaux des villes de France (ADBGV), dont nous reproduisons le texte ci-dessous.

29/04/2021, 16:20

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Harcèlement sexuel : soutien à "celles et ceux qui osent témoigner publiquement" 

Dans le contexte de l'enquête menée par Médiapart publiée le 21 avril dernier, où plusieurs autrices, auteurs et anciens salariés de la maison d'édition Bragelonne témoignent d'une attitude déplacée de Stéphane Marsan, directeur des éditions. Une pétition a été initiée sur le site de Chance.org par Lionel Evrard pour mettre fin à cette « omerta ». Nous reproduisons ici ses propos, dans leur intégralité. 

28/04/2021, 17:40

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Archives : le déménagement qui interroge

Le ministère de la Culture a récemment annoncé le dépôt des archives municipales de Troyes et des archives de Troyes Champagne Métropole aux Archives départementales de l’Aube, dans le cadre des dispositions prévues par le Code du patrimoine. Cette situation, inédite à cette échelle, soulève des questions sur la responsabilité et l’investissement des collectivités envers leur patrimoine archivistique, ainsi que le détaille l'Association des archivistes français dans une tribune, ici reproduite en intégralité.

23/04/2021, 09:21

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“Face à la détresse scolaire des étudiants, faire de l’enseignement supérieur une priorité”

Devant l'ampleur de la crise sanitaire, le groupe des éditeurs universitaires du Syndicat national de l'édition lance un appel, voire un cri d'alerte. Leur message est ici reproduit dans son intégralité. 

19/04/2021, 09:33

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Égypte : un chercheur détenu pour son travail sur les droits des femmes

74 organisations non gouvernementales internationales cosignent une tribune pour exiger la libération de l'étudiant et chercheur égyptien Ahmed Samir Santawy. Le 1er février dernier, il a été interpelé alors qu'il rendait visite à sa famille en Égypte, et reste aujourd'hui en détention provisoire, pour des motifs non expliqués. Nous reproduisons ci-dessous le texte des ONG, en intégralité.

16/04/2021, 16:57

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Québec : le devenir des écrivains au coeur des préoccupations

L’Union des écrivaines et écrivains québécois fait état de la publication de deux sondages convergents. Le premier, auprès de la population du Québec, le second auprès des écrivains, mais tous deux font état d’une prise de conscience et d’un réel soutien aux artistes. Nous reproduisons ici leur tribune, dans son intégralité. 

16/04/2021, 13:29

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Les bibliothèques universitaires demandent “une offre riche et diversifiée” d'ebooks

Les bibliothèques françaises des établissements de l’Enseignement Supérieur et des écoles de management, soutenues par le consortium Couperin, qui négocie les accès aux œuvres au format numérique, demandent dans une tribune un accès plus large et économiquement viable aux catalogues numériques des éditeurs. Nous reproduisons ci-dessous, en intégralité, leur texte.

15/04/2021, 16:58

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Covid : fatigue et inquiétude gagnent des bibliothèques

Depuis le 28 novembre, les bibliothèques, aux côtés des services d'archives et centres de documentation, font partie des seuls lieux culturels de proximité à être ouverts au public, malgré le contexte sanitaire. Ce sort réservé aux établissements de lecture publique, qui reconnaît leur caractère essentiel, en vient toutefois à peser sur certains professionnels des bibliothèques, qui craignent pour leur santé et soulignent une fatigue générale. À ce contexte viennent souvent s'ajouter des revendications plus larges, sur les conditions de travail.

09/04/2021, 16:32

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Roselyne Bachelot et l'Observatoire des métiers : “Un problème de méthode”

ActuaLitté reproduit ici une lettre ouverte de l’intersyndicale signée par 20 organisations professionnelles d’artistes-auteurs. Datée du 8 avril, elle concerne l’une des rares promesses de la ministre Roselyne Bachelot sur un Observatoire des métiers. Une annonce qui semble déjà fortement compromise compte tenu de la méthodologie du ministère, analysent-elles.

08/04/2021, 10:19

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“L'émotion suscitée par les événements les plus minuscules” : hommage à Gil Jouanard

Gil Jouanard est mort le 25 mars dernier à l'âge de 83 ans. Directeur de la Maison du Livre et des Écrivains pendant deux décennies, à l'origine de nombreux événements littéraires, le poète s'investissait considérablement dans la vie de l'écrit. L'écrivain Antoine Spire, président du PEN Club français, lui rend hommage dans un texte que nous reproduisons ci-dessous.

07/04/2021, 14:37

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“Le poids parfaitement illégitime de la commandite” d'Arnaud Lagardère

En tant qu’actionnaires minoritaires des Éditions Calmann-Lévy aux côtés de Hachette Livre, Éliane et Christopher Calmann-Lévy ont pris acte du départ d’Arnaud Nourry qui présidait aux destinées de Hachette Livre depuis 18 années. Dans un message communiqué à ActuaLitté, ils évoquent cette rupture, pour l’ex-PDG passé de « l’homme fort » au « maillon faible ».

03/04/2021, 17:24

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Ouverture des bibliothèques : “Aucune solution unique ne saurait être imposée”

Après les annonces présidentielles de ce mercredi 31 mars, les mêmes questions reviennent, du côté des professionnels des bibliothèques. Encore une fois, les associations interprofessionnelles apporteront des réponses, mais l'Association des Bibliothécaires de France (ABF) tient à avertir les autorités de la situation et des difficultés actuelles. Nous reproduisons ci-dessous le message de l'organisation.

02/04/2021, 14:47