Je n’ai pas eu la chance d’être en Troisième A2 un jour lointain des années soixante, mais en troisième A 1 au Petit Lycée Condorcet, aujourd’hui collège Condorcet. Cela m'a empêché d’avoir Roger Ikor comme professeur, dont chacun parlait alors avec respect.
Le 09/12/2018 à 09:00 par Les ensablés
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09/12/2018 à 09:00
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il avait reçu le prix Goncourt quelques années auparavant pour Les Eaux Mêlées et si nous ne mesurions pas très bien l’importance du Goncourt, le prestige du prix, connu lui, donnait au professeur Ikor, agrégé des Lettres, une place toute particulière dans l’établissement. Je suis certain qu'avec lui, la récitation de l’aoriste optatif (ce sont un temps et un mode du grec ancien) m’aurait paru moins rébarbatif...
Par Henri-Jean Coudy
Le roman Les Eaux mêlées a été publié il y a plus de soixante ans. Il est en réalité la deuxième partie des Fils d’Avrom, ce que je n’ai découvert qu’à la lecture.
L'histoire est sans doute largement inspirée par le destin de la famille de Roger Ikor, celui d’une famille qui quitte son pays pour en rejoindre un autre. Un avenir meilleur l'y attend peut-être mais avec le risque de l'oubli de ce qui fut son monde, sa culture, sa place à part.
C’est le récit de l’immigration yiddisphone, des juifs ashkenazes, chassés d’europe de l’est par la montée des nationalismes et la continuité des pogroms. Et comme destination la France, la France républicaine, la France laïque et égalitaire, la France qui, certes a condamné le capitaine Dreyfus mais qui l’a réhabilité.
Le récit commence avant 1914 .
Au centre, Yankel qui a fui la Russie tsariste, avec son épouse et ses quatre enfants; un lieu appelé Rakwomir, situé aux confins de l’actuelle Lithuanie. Yankel est un juif russe, fabricant de casquettes, métier qu’il reprend en France, parce que la casquette permet de faire vivre son petit monde sans avoir besoin de voir plus loin, de viser plus haut. Il a bien un frère et une sœur qui ne se sont pas arrêtés sur les bords de l’Atlantique, mais lui Yankel, c’est à Paris qu’il a posé ses valises, au bout d’un long et dangereux voyage, et il y jouit d’un « bonheur ensommeillé » qui lui suffit bien.
Yankel est un homme de principes: travailleur, il respecte les règles juives même s’il n’est pas vraiment croyant. Et être juif, pour lui, c’est être bienveillant à l’égard de l’humanité.
Mais en devenant français, quelle sorte de juif est devenu Yankel ?
A Rakwomir, c’était simple : d’un côté les Russes, chrétiens orthodoxes, ça va de soi, et de l’autre, les Juifs, sans doute sujets du Tsar mais certainement pas russes. Ne parlaient-ils pas leur propre langue, le yiddish?
« Moi, je suis un étranger …Un étranger partout ! Je ne suis plus tout à fait juif, et je ne suis pas tout a fait français. Resté à mi-route, aurais- je pu poursuivre jusqu’au bout ? N’étais je pas déjà trop âgé quand je suis arrivé en France ? ».
Yankel va bien s’en apercevoir en 14 lorsque la guerre éclate en Europe et qu’il cherche, à trente-huit ans et père de quatre enfants, à se porter volontaire pour combattre pour sa nouvelle patri. Il s’apercevra que la France n’a pas besoin de lui. A sa place, et pour la famille, c’est son frère Moïsche, le second frère, resté en Europe, qui va porter les armes.
Et puis la guerre passe, la paix est là et la vie de la famille continue : d’un côté les vieux parents de Yankel ne veulent pas mourir ailleurs que sur la terre sainte où le nombre croissant d’immigrants juifs soulève déjà la colère arabe.
De l’autre, la génération qui pousse, pas toujours comme on le souhaite. Simon, le fils le plus doué sans doute, ne veut plus entendre parler d’études au désespoir de Yankel et ne se sent pas non plus d’appétence pour la fabrication de casquettes. Pour Simon, ce sera le commerce, l’argent donc, du travail certes mais la belle vie avec voiture de sport.
Et puis la vie tout court : Simon fait une rencontre, celle de Jacqueline, Jacqueline Saulnier, d’une famille de Virolay (Herblay et La Frette, dans l’actuel Val d’Oise) alors pays rural mais d’où la nuit, on aperçoit la lueur de la région parisienne. Elle est donc une « goyé », une non-juive donc, ce qui plonge ses parents dans l’interrogation inquiète. Et les parents Saulnier aussi : «Très fort, mais le cœur battant, Jacqueline prononça : - Ils sont juifs ! – Juifs ? Le père et la mère avaient crié le mot ensemble; et Baptiste ( le père) ne riait plus . – Et après ? C’est des hommes, comme tout le monde ! »
Si la mère n’est pas convaincue, le père finit par accepter cette union après avoir appris que Simon a fait son service militaire.
Oui, mais et les cérémonies ? « Ce fut la mère qui reprit la parole, et sur un ton spécialement acerbe : - Comment il va faire, avec l’Eglise, ton juif ? – Mon juif, mon juif…. » Malgré elle, Jacqueline sentait le trouble l’envahir. Est-ce que Simon n’exigerait pas que les garçons, s’ils en avaient, fussent circoncis ? Accepterait-elle, pour l’amour de lui ?...Le baptême, au fond, ça n’est rien du tout, un geste symbolique, ça n’engage pas l’avenir …tandis que la circoncision mord sur le corps de façon ineffaçable; « Faudra qu’on parle de tout ça ensemble » conclut-elle pour elle-même ».
Finalement, on s’en sort par un compromis. Il y a mariage à l'église, mais le premier enfant n'est ni baptisé, ni circoncis, ce qui chagrine Yankel et encore plus sa femme.
Quel sera le destin de cette famille pendant les temps très difficiles de l’Occupation ? Par chance, elle passera entre les gouttes, quelquefois de justesse, comme Yankel et son épouse s'en apercevront en échappant de peu à une arrestation par la police allemande. Mais ce n’est pas le sujet principal du roman, même si l’un des fils de Simon, engagé dans la Résistance, y laissera sa vie.
Yankel continue à vivre, fréquentant même la sœur aînée de Baptiste, une vieille religieuse ; « Yankel fanfaronne en défendant son panthéisme athée, et elle lui promet qu’il aura le Paradis, car Dieu sauve tous les honnêtes gens, quelle que soit leur croyance, mais ce serait tellement bien s’il se convertissait ; alors il essaye, lui, de la convertir au judaïsme…Elle est le seul être humain avec qui Yankel puisse parler du fond du cœur. »
Le brassage a eu lieu, Rakwomir est loin.
Roger Ikor fut en khagne le condisciple de Georges Pompidou avec lequel il resta lié toute sa vie. Je regrette vraiment de ne pas avoir été élève en troisième A2.
Par Les ensablés
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Brûle bébé, premier livre de Matthieu Barbin, connu sur scène sous le nom de Sara Forever, paraîtra le 9 avril 2026 aux éditions Au diable Vauvert. Ce récit suit la trajectoire d’Alex, jeune homme issu de la banlieue bordelaise dont la découverte de la danse ouvre un chemin artistique et intime où s’entremêlent quête identitaire, création et rupture avec son milieu d’origine.
11/03/2026, 08:15
Romance challenge, de Susan Lee, paraît le 9 avril dans la collection dédiée aux romances chez Robert Laffont. Ce roman met en scène une passionnée de littérature sentimentale qui tente d’appliquer dans sa propre vie les codes narratifs qu’elle analyse et commente en ligne, avec l’espoir de vivre une histoire digne des romans qu’elle dévore. Un livre traduit par Karine Forestier.
11/03/2026, 07:11
Ici, personne n’entre dans l’âge adulte à pas feutrés. Dans les Terres Bannies, on grandit sous la menace, entre fidélités imposées, récits officiels et violence prête à rompre ses chaînes. Avec Le temps de la terreur (trad. Thomas Bauduret), John Gwynne relance sa mythologie par l’héritage empoisonné : une génération née après les grandes batailles découvre que la paix n’était qu’une trêve armée, et que les vainqueurs, eux aussi, cachent leurs failles sous l’armure. par Théo.
10/03/2026, 11:34
Sous le soleil trop vif d’une île du golfe de Naples, l’adolescence n’a rien d’un été léger. Elle ressemble plutôt à un territoire miné : rivalités, regards, hiérarchies invisibles, premières morsures du désir. Avec Terra Murata, Laura Ulonati installe son roman dans cette zone trouble où l’apprentissage du monde passe par les ruines, la mémoire et les corps qui cherchent leur place. Sortie le 25 mars.
10/03/2026, 11:02
Moi qui désormais ne me passionne plus guère que pour le doux silence de la nature ou pour les Suites pour violoncelle de Bach — et qui dois pourtant quotidiennement batailler avec l’horrible patron du bar sis au rez-de-chaussée de mon immeuble afin qu’il renonce aux basses abrutissantes de sa sono —, je dois confesser que Bruits, le titre du dernier roman d’Anne Savelli, avait de quoi m’agacer…
10/03/2026, 10:36
Jaylen, Jonas et Joshua Jann viennent d’emménager dans la maison voisine. Trois frères, silencieux, presque insaisissables, dont la présence trouble immédiatement l’équilibre du quartier. Depuis la fenêtre de sa chambre, la narratrice les observe chaque nuit. Ce rituel d’observation devient rapidement une obsession. Somber jann : saison 1 de Cynthia Havendean, sera disponible le 16 avril.
10/03/2026, 09:00
Ian Soliane publie Le Pèse-Dieu chez Robert Laffont, dans la collection Ailleurs & Demain, un roman attendu en librairie le 16 avril, qui imagine un futur où les morts continuent d’exister dans un au-delà numérique. L’histoire suit un père qui décide de descendre dans cet espace virtuel pour retrouver sa fille disparue, dans un récit mêlant quête intime et exploration d’un monde situé à la frontière entre la vie et la mort.
10/03/2026, 07:07
Avant la Naples de Maradona et Marek Hamsik, il y eut le Royaume de Naples, et Diego n’en était pas le roi. Alain Blondy raconte une longue histoire, du Ve au XIXe siècle, avec des frontières mouvantes, des capitales qui basculent - Palerme ou Naples -, des dynasties qui se succèdent. Et surtout : l’histoire de Naples est indissociable de celle de la Sicile, tantôt jumelle, tantôt rivale, tantôt tenue par le même souverain, sans jamais se confondre vraiment.
09/03/2026, 18:33
Billy the kid, petit gars né possiblement à New-York, possiblement en 1859, avait possiblement pour vrai nom William Henry Mac Carty, ou alors pas, c’est flou. À l’époque, celle de sa naissance, il n’était pas destiné à rester dans les mémoires. D’ailleurs l’est-il ? Resté dans les mémoires ? Ce qui est resté, c’est le mythe d’un jeune bandit habile au pistolet et dégommé par les autorités avant sa vingt-deuxième année. De ce mythe associé à une poignée de photos et faits avérés, Vuillard tire un portrait plutôt collectif et tout à fait captivant de quelques desperados de l’Ouest américain au XIXe siècle.
09/03/2026, 15:05
Troisième épisode des enquêtes du commissaire Bornec du XIIIe arrondissement, chronique sociale du Paris des années 30, les années du Front populaire. Alexandre Courban poursuit sa chronique sociale, policière et bien documentée du Paris ouvrier de cette période.
09/03/2026, 11:42
Dans les livres de Jon Fosse, il suffit parfois d’un homme qui tourne au hasard sur une route pour que le monde bascule. Depuis le Prix Nobel de littérature qui a consacré son œuvre, l’écrivain norvégien s’impose comme l’un des rares auteurs capables de transformer l’immobilité en expérience vertigineuse. Avec Blancheur (trad. Terje Sinding), il pousse plus loin encore cette littérature du seuil, où le réel se fissure et où la lumière devient un passage. Parution le 2 avril.
09/03/2026, 10:27
Un jour, l’argent a appris à voyager sans passeport. Depuis, il circule plus vite que les corps, se dérobe aux frontières et laisse les États courir derrière son ombre. Dans Déclaration de la personne, Elfriede Jelinek observe cette chasse moderne : celle d’institutions qui exigent des individus qu’ils se déclarent pendant que les fortunes, elles, disparaissent dans les marges du monde. La satire devient alors radiographie d’une époque où le capital se cache mieux que les hommes.
09/03/2026, 10:22
Le premier roman de Matthieu Barbin s’ouvre dans le tumulte d’un rassemblement politique place de la République. Sur scène, Alex prend la parole face à une foule compacte. L’instant est survolté, collectif, traversé par la peur d’un basculement politique et par l’énergie d’une mobilisation.
09/03/2026, 10:20
Avec La peur dans l’âme, de Valerio Varesi, (traduit par Gérard Lecas)à paraître le 16 avril chez Agullo Éditions, l’auteur italien poursuit les enquêtes du commissaire Soneri dans un polar situé dans les montagnes des Apennins, où un village isolé voit la peur s’installer après une fusillade inexpliquée et la traque d’un criminel en fuite.
09/03/2026, 07:06
Il existe des livres qui ne racontent pas seulement une histoire : ils ouvrent une cicatrice. Depuis la révolution de 1979, l’Iran vit sous un régime qui a transformé la foi en instrument de pouvoir et les familles en champs de bataille. Dans ce roman inspiré de faits réels, une mère voit ses enfants engloutis par la machine répressive. La littérature ne répare rien ; elle empêche seulement que les morts disparaissent une seconde fois.
07/03/2026, 15:06
Quand on entame la lecture de La partie immergée de l’iceberg. Éloge du GPS algérien, on adhère presque immédiatement à la démarche du nouvel essai que signe le cinéaste Lamine Ammar-Khodja. Par un usage rafraîchissant de l’auto-dérision, la mise en récit de ses déambulations introspectives sur l’histoire algéro-française et ses géographies « brumeuses » trouve un ton juste : agréable, frais, nonchalant et parfois féroce.
07/03/2026, 10:21
Dans le vacarme des algorithmes, des guerres culturelles et des diagnostics en ligne, les livres persistent : ils observent, dissèquent, contestent. Cette semaine, la Booksletter circule de Bach aux dactylos oubliées, des gourous de santé numérique à la désillusion cubaine de Leonardo Padura, jusqu’aux alliances secrètes du vivant. Autant de récits qui scrutent une même question : comment nos sociétés écrivent-elles leur propre partition ?
07/03/2026, 10:09
Lucette Routaboul : une histoire mondiale, de Jean-Robert Jouanny, paraît aux Éditions de l’Aube dans la collection « Regards croisés » le 3 avril 2026. L’ouvrage retrace la trajectoire de Lucette Routaboul, maire d’une petite commune du Tarn, dont la vie permet de parcourir près d’un siècle d’histoire rurale française et d’en saisir les transformations à hauteur d’individu.
07/03/2026, 07:30
Votre cerveau va vous sauver, de Mohamed Boclet, paraît chez Robert Laffont le 9 avril. Dans cet essai consacré aux capacités d’apprentissage et à la plasticité cérébrale, l’auteur propose d’explorer le rôle que peut jouer une meilleure compréhension de notre fonctionnement mental pour améliorer le bien-être et la santé psychique.
07/03/2026, 07:00
Un livre en appelle souvent un autre. C’est en lisant Les fleuves du ciel d’Elif Shafak (Flammarion) que j’ai eu envie d’en savoir plus sur le roi d’Assyrie, Assurbanipal. Et comme si j’avais été écoutée, les éditions Perrin viennent de sortir sa biographie, Assurbanipal. Le roi assyrien derrière la légende de Sardanapale, signée par l’historienne de l’Antiquité, spécialiste de latin, de grec, d’hébreu, d’araméen et d’akkadien, Josette Elayi.
06/03/2026, 16:38
Dans la littérature contemporaine, la maladie surgit souvent comme un révélateur brutal : elle fissure les existences trop lisses et oblige les personnages à regarder leur vie en face. Dans Ce qu’il nous reste à aimer, Camille Dupuis s’inscrit dans cette tradition, mais avec un ton mordant et une ironie sociale qui déplacent le récit vers un territoire plus acide, presque inconfortable. Ici, la fin annoncée devient surtout un laboratoire des illusions familiales et des vies bien rangées.
06/03/2026, 16:04
Reçue par le Premier ministre espagnol et décorée de l’Ordre du Mérite civil, Gisèle Pélicot ne se contente pas de passionner les Français : pour sa deuxième semaine, elle confirme sa place de numéro 1 des ventes sur la période du 23/02 au 01/03, avec 37.840 exemplaires supplémentaires, portant son total à 97.938 ventes pour Et la joie de vivre (Flammarion).
06/03/2026, 12:55
Ce qui est arrivé à la célèbre actrice blonde, nouveau roman de Stéphane Carlier, paraîtra le 2 avril 2026 aux éditions du Tripode. Le livre imagine la journée déroutante d’une immense star du cinéma français qui, du jour au lendemain, se réveille dans le corps d’un homme ordinaire et voit soudain son statut, son entourage et son identité lui échapper.
06/03/2026, 07:26
Le Pacte de Venise, roman de Fabiano Massimi traduit de l’italien par Renaud Temperini, paraîtra aux éditions Albin Michel le 2 avril 2026. Situé à Venise en 1934, au moment de la première rencontre publique entre Benito Mussolini et Adolf Hitler, le livre mêle intrigue politique et enquête autour d’une affaire liée à l’intimité du dictateur italien et au destin d’une femme longtemps effacée de l’histoire.
05/03/2026, 18:38
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1 Commentaire
Sabbá Guimarães, Newton
14/03/2024 à 10:36
J'ai le lu avec une profonde émotion, en Juif que je suis. Bien écrit et sympathique. Merci, m. l'auteur et soyez toujours ami des Juifs. Nous en méritons auourd'hui (comme toujours!) en face des gauches et des terroristes qui nous détestent. Et vous avez parlé de m. le président Pompidou, un admirable homme d'état et un humaniste. Mazal tov, monsieur!