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Les Ensablés - "Ruskin et la religion de la beauté", Robert de La Sizeranne

« Il y a quelques années, étant à Florence, je voulus étudier dans le cloître de Santa Maria Novella. Un soleil splendide brillait sur les dômes de la ville des Lys. Voulant être seul, j’arrivai dès neuf heures du matin. Le sacristain avait refermé la porte. Par les vieux arceaux, brillaient les gazons verts. Les cloches sonnaient à toute volée, lorsqu’en approchant de la chapelle des Espagnols, j’entendis naître et croître un léger bruit de paroles, de lecture, de prière. J’entrevoyais dans l’ombre lumineuse des silhouettes de jeunes femmes au profil giottesque, aux chapeaux canotiers, aux voilettes blanches.

Le 10/02/2019 à 09:00 par Les ensablés

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10/02/2019 à 09:00

Les ensablés

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La voix reprenait un texte anglais, l’une d’elle lisait « …cette sagesse supérieure qui gouverne par sa présence toute la conduite des choses terrestres et par son enseignement l’art terrestre tout entier, Florence vous dit qu’elle ne l’a obtenue que par la prière ». Longtemps elle lut ainsi, passant des aperçus les plus éloquents aux remarques les plus minutieuses sur les doigts ou les cheveux de tel personnage de la fresque, notant les repeints, les plis des robes. Quel était ce livre, l’office inconnu de cette religion de la Beauté ? Le sacristain, revenu par là, me jeta ce nom : Ruskin ! ».

Par Antoine Cardinale

Si vos pensées ne sont pas occupées ailleurs ce matin, si elles se présentent dans un ordre convenable, je vous propose de nous rendre à l’office inconnu de cette religion de la Beauté en  compagnie de Robert de La Sizeranne, auteur de ces lignes qui nous introduisent poétiquement dans l’univers de John Ruskin. Nous ferons coup double en découvrant à la fois le grand philosophe anglais et cet historien français de l’art et critique un peu oublié : Robert de La Sizeranne. Il fut, non le prophète, mais celui qui l’annonça, celui qui traduisit, interpréta sa pensée, témoigna, il fut celui qui constitua en somme la science ruskinienne pour le public français au tournant du siècle.

Un Anglais qui voyage

Marcel Proust lui-même, lorsqu’il aborde Ruskin et son œuvre –qui ont tant compté dans sa formation- commence par évoquer Robert de La Sizeranne et « le monument magnifique qu’il a élevé à Ruskin. Le Ruskin de M . de La Sizeranne a été considéré jusqu’à ce jour, et à juste titre, comme le domaine propre de M. de La Sizeranne ; si j’essaie parfois de m’aventurer sur ses terres, ce ne sera pas pour méconnaître ou pour usurper son droit qui n’est pas que celui du premier occupant. Au moment d’entrer dans ce sujet que le monument magnifique qu’il a élevé à Ruskin domine de toute part, je lui devais ainsi rendre hommage et payer tribut »[1].

Commençons par faire la connaissance de John Ruskin. Qui est cet homme né en 1819 dans une famille d’intègres et riches commerçants londoniens sous l’enseigne de la maison Ruskin, Telford and Domecq, qui magnétisa la jeunesse et l’intelligentsia anglaise ? Lorsqu’il monte en chaire à Oxford en 1870 pour sa leçon inaugurale, vêtu de « la longue robe noire du professeur, redingote bleue, avec des poignets blancs épais, un col entonnoir à la Gladstone, une lourde cravate bleue, une élégance grave et surannée »[2], la salle est bondée et la foule se presse à ne pouvoir fermer les portes ; les étudiants désertent les autres cours malgré les plaintes des professeurs, se juchent sur les armoires, grimpent aux fenêtres ; dans cette mêlée, de riches Américaines et des intellectuels venus du monde entier manquent étouffer. Le rayonnement de son œuvre fut immense.

Il grandit dans un milieu, tory en politique et presbytérien en religion, dont le puritanisme nous étonne et dont les prescriptions nous déroutent comme celle qui commandait à cette pieuse famille de voiler les tableaux de la maison afin que rien ne pût les détourner, le jour du Seigneur, de la méditation religieuse, et que nul songe peccamineux d’après dîner ne vienne oblitérer le salut de ces âmes ; mais le reste de la semaine, l’intérêt et le commerce accroupis dans tous les coins ! Extraordinairement, son père aime à voyager et à visiter les beautés de la Nature, car il est curieux de les dessiner, en Suisse, en France et en Italie ; un père qui passe pour un des plus grands connaisseurs de vins de la place de Londres, sans qu’il y entre aucun plaisir, par obligation professionnelle seulement, et qui par ailleurs interdit alcools, gâteaux et sucreries à ses enfants.

A son exemple, John Ruskin n’aura, lorsqu’il commence à voyager, aucune curiosité pour la peinture : à Florence, dont il sera plus tard le guide le plus inspiré, « il n’est frappé par rien » et de son propre aveu, et selon ses propres termes « ne comprend rien »[3], n’entend rien et pour commencer aucune langue étrangère. Lorsqu’un Anglais voyage, il faut s’attendre à d’étranges façons, mais celles de John Ruskin passent la permission ! C’est sous l’influence de Carlyle, de ses éclairs d’éloquence, à travers son horreur des fausses idoles, et en premier lieu de la plus puissante de toutes, le Veau d’or, la puissance de l’argent, sous l’influence naturellement des voyages, il se détache des habitudes et des doctrines de son milieu.

Quelle sera sa doctrine ? Elle est toute entière contenue dans deux affirmations : « La beauté est la signature de Dieu sur ses œuvres » et « la connaissance de ce qui est beau est le vrai chemin et le premier échelon vers la connaissance des choses qui sont bonnes ». Il en découle de ces deux Commandements que l’Art est un enseignement autant qu’une adoration, que l’Art est le chemin qu’ouvre nos sens à la morale et plus loin infiniment, à la divinité.

On le voit, le rigoureux protestant s’est fait une religion à sa façon. Ecoutons de La Sizeranne en faire le commentaire : «  L’artiste se tient entre la Nature et nous ; Il observe la Nature comme une vigie. Il est l’éveilleur de nos admirations. Les lois qui sont les plus insaisissables, c’est lui qui les démêle ; les joies qui sont les plus vives, c’est lui qui nous les donne ; les esthétiques mystères qui nous relient aux choses d’en haut et d’en bas, c’est lui qui marche à leur découverte. Tout grand art est admiration ». Dans cette théologie nouvelle, la Nature devient une manifestation mystique : « Car le monde matériel a été expressément organisé dans un dessein esthétique : la plus éphémère feuille que l’arbre donne au vent qui passe, dans le moindre caillou qui roule de la montagne, car dans chacune de ces choses, des yeux d’artiste savent démêler la signature de l’Artiste suprême. Si vous pouvez peindre une feuille vous pouvez peindre le monde ».

S’il s’éloigne de ces préceptes, de cette forme d’innocence, l’artiste devient un monstre –à la lettre, celui qui donne le jour à des formes que Dieu a rebuté et à des sensations dont il n’a pas voulu dans le monde matériel. Et Ruskin fait remonter à loin ses anathèmes : Mantegna, Dürer, Michel-Ange furent les premiers, selon lui, qui dévièrent du chemin, eux qui à la Renaissance regardèrent la Nature avec des yeux d’enquêteurs et la peignirent avec une cruauté de vivisecteurs.

Ruskin eut pour préférence les fleurs de Fra Angelico, et ces Vierges gothiques dont la poitrine nue dessine à peine une virgule de chair, l’élan de pierre des cathédrales françaises et les rudes sculptures de la Venise d’avant ce que l’histoire de l’art désigne comme son Siècle d’or. Il y a derrière la pensée de John Ruskin, de celui qui à la fin de sa vie passa pour fou, un monde de préceptes étroits, de conseils minutieux et d’anathèmes violents qui effrayent. On le voit, il faut se détromper du dilettantisme, de la curiosité désintéressée, des postures d’esthète qui sont souvent en France les idées qu’on associe à Ruskin. « Il vaudrait mieux que tous les tableaux vinssent à périr plutôt que les oiseaux cessassent de chanter » écrit quelque part sans trembler ce terrible prédicateur.

Comme le devina Proust, « la principale religion de Ruskin fut la religion tout court et son sentiment religieux a dirigé son sentiment esthétique » : ce fou d’Art n’a eu de cesse de dénoncer comme une idôlatrie la volupté des formes et des couleurs, et pour faire bonne mesure flétrit sans pitié l’esprit raisonnable de celui qui aborde en historien les formes artistiques. Prophète plongé dans l’impiété spirituelle de son siècle, il frappe à dextre les tendres poètes de l’Art et à senestre les messieurs de l’Université.

Comment comprendre alors la vogue que déclencha Ruskin, l’enthousiasme qu’inspira cet esprit de révérence, l’ébullition artistique qui sortit de ce dogmatisme et les sincères dévotions à l’art qu’on tira de cette prédication rigide ? Une génération de connoisseurs et d’artistes tira de ses livres -Les Pierres de Venise, La couronne d’oliviers sauvages, Les sept lampes de l’architecture, ou Les Matins de Florence- des secrets qu’on tint vers 1900 pour aussi profonds que ceux que les Anciens recueillaient aux Livres sybillins.

De la Sizeranne vit dans l’œuvre du prophète de Brantwood une leçon de liberté, et c’est cette vision paradoxale qu’il faut explorer. Il nous apprend qu’une œuvre a été faite quelque part, dans une ville qu’il faut visiter, née de la main d’un artiste, dans une époque passée, et qu’il n’est pas indifférent ni inutile de connaître l’un et l’autre ; que les conditions dans lesquels on fait ce voyage sont importantes ; qu’il faut sérieusement interroger nos raisons de faire des voyages qui ne sont pas toujours nécessaires – après tout, le monde est grand à la lueur des lampes  - ; que tout dans ce voyage, le restaurant dans lequel on a dîné, la conversation qu’on a surpris à l’hôtel, les conditions atmosphériques bien entendu, tout cela est une fraction de l’expérience du connaisseur.

Soyons honnête avons-nous l’envie de connaître, d’en recevoir la leçon morale, de faire sa place dans notre vie à ce que l’œuvre réclame de nous ? Ruskin nous donne un regard neuf sur les monuments, les fresques, les peintures, en les ramenant vers nous. Et surtout, Ruskin démolit avec une férocité de prophète les niaiseries de la critique artistique, les petitesses de l’Université et l’aplatissement de l’opinion devant les fausses idoles. Il renverse avec jubilation les monuments les plus établis : ni Titien, ni Michel-Ange, ni Christopher Wren n’échappent à ses anathèmes. Il nous affirme qu’il faut déchirer le voile de la critique, ignorer les gloses séculaires, bousculer le dogme et aller directement à la fraîcheur de l’œuvre, la voir dans sa nouveauté, avec le regard et l’esprit de l’époque qui la vit naître.

Ruskin nous dit quelque part que, lorsque nous donnons une pièce à un mendiant il est indécent de s’interroger sur le mérite du pauvre bougre ; mais qu’il est essentiel en revanche de descendre en nous-même et de scruter notre conscience pour savoir si l’intention de ce don nous laisse pur ; qu’il faut que nous passions ce don au révélateur de la conscience pour savoir si la véritable Charité y est à demeure. Lorsque j’y songe, c’est à un exercice spirituel – un exercice d’humilité-  du même ordre que Ruskin nous propose devant l’art : ne nous demandons pas si cette fresque, si cette sculpture doivent être aimées par nous. Demandons-nous plutôt si nous avons filtré dans notre âme toute les scories du snobisme, les préjugés de la haute culture, les pudeurs de l’éducation : c’est à cette condition-là que nous recevrons –ou que nous rejetterons- cette sculpture, cette fresque –cette offrande de beauté.

Il fut l’homme par qui le scandale arrive. Ses articles furent censurés et poursuivis en justice, sa vie sentimentale clouée au pilori. Il voulait qu’on remisât les locomotives et qu’on détruisît le Crystal Palace, « cette serre à concombres ornée de deux cheminées ». Est-ce excessif ? Est-ce que la France moche n’aurait pas l’usage de cette vigoureuse et intransigeante philosophie du paysage ? Il voulut réhabiliter l’artisanat, en commençant par l’art du tissage, établir une authentique culture populaire, rendre aux classes pauvres et au travail une dignité nouvelle -et s’y ruina au passage- mais tout le mouvement Arts and Crafts est sorti de cette idée - il fut le fondateur en 1871 de cette Guilde de Saint George, devoted to arts, crafts and the rural economy, si active aujourd’hui encore.

Burne-Jones, Dante Rossetti, William Morris, John Millais, c’est Ruskin qui les mit au-dessus des fluctuations de l’opinion et pour ainsi dire les inscrivit dans l’Histoire ; c’est à lui, à son influence, que l’on doit la prodigieuse richesse des musées anglais dans la peinture d’avant Raphael, et particulièrement les cinq salles qu’y consacre la National Gallery ; à lui, après qu’il eut publié les Modern Painters, que l’on doit les Turner que compte toute collection britannique qui se respecte.

Le biographe et son sujet

On prend le risque en chroniquant à la fois le biographe et son sujet, de faire perdre de vue la qualité du premier ou d’escamoter l’importance historique du second. On ne sait prendre son parti ; Proust en convient dans les Journées de pèlerinage au cours desquels il perd parfois Ruskin de vue et s’égare sur des chemins qui seront bientôt ceux de son œuvre à lui, à l’exemple de cette digression où la cathédrale d’Amiens se colore au fil d’une seule phrase de tous les instants d’une journée « bleue dans le brouillard le matin, éblouissante le matin, grassement dorée l’après-midi, rose et fraîchement nocturne au couchant » et où l’on ne sait s’il faut reconnaitre là le ressouvenir d’un tableau de Turner ou bien celui de la lampe magique de l’enfance où Golo monte vers le château de Geneviève de Brabant.

C’est un risque de digression où l’on ne prendra pas de La Sizeranne : la biographie qu’il consacre à Ruskin est exacte, tout y vient à point, dévote et admirative. Le plan de l’ouvrage comporte outre l’Introduction trois parties dont je livre les intitulés et conserve à dessein les majuscules : Sa Physionomie, Ses Paroles, Sa Pensée esthétique et sociale. Mais dans le genre qu’explore Ruskin, il n’est de mérite, il n’est de place que pour l’inventeur et de La Sizeranne eut la sagesse d’entendre cette maxime, et quoiqu’il se soit à l’évidence reconnut dans le prophète de Brantwood, il sut rester lui-même, et n’eut d’autre souci que de s’effacer devant celui qu’il considéra comme le plus grand philosophe de son siècle.

Il fallut attendre la série de trois volumes qu’il écrivit entre 1913 et 1927, Masques et Portraits de la Renaissance, pour qu’il livre au public l’originalité de sa propre philosophie et la profondeur de sa culture visuelle.

A l’imitation de sa méthode, essayons de deviner sa personnalité, en partant d’un des rares portraits littéraires qui nous le restitue [4]: cape de laine bourrue, nez vif, collier de barbe et  le poil dru, chapeau à la tyrolien, rudes gants de peau, gourdin noueux, « l’air d’un carbonaro qui connait tous les chemins de la montagne » ; à Paris, passant très pressé, toujours parti, il a néanmoins, aussi bien qu’un autre, fréquenté au Faubourg Saint Germain au temps de sa jeunesse.

Grand voyageur, de l’Engadine à la Toscane avec ses cyprès aux ombres d’un seul morceau, des féeries de la Méditerranée aux brumes empoisonnées de Londres ; mais il n’est pas un déraciné, au contraire essentiellement un vieux gentilhomme français, héritier de séculaires traditions qu’il veut faire servir au monde moderne ; à sa place à la cour et à la ville, et surtout à la campagne, connaissant les champs et les vignes de son canton, poète du vin, causant avec les paysans de la vendange qui vient ; son œuvre politique et sociale fait écho aux projets de Ruskin, ce qui l’amène à former parmi les premiers le syndicat agricole, et avec son frère Maurice, à œuvrer pour l’éducation des aveugles au sein d’une association qui existe encore.

En 1895, à travers seulement quatre articles il devient en France le spécialiste de la peinture anglaise contemporaine[5], dont il devine la singularité, et qu’il fait connaître, relayant à sa manière les Modern Painters de Ruskin[6]. Il n’entra jamais à l’Académie, et on dénia même à cet esprit libre la qualité d’historien de l’art.
Pour finir là où toute biographie devrait commencer, penchons-nous un instant sur son enfance à lui, cette enfance d’autrefois. Fils d’une vieille famille terrienne, il est un enfant des montagnes du Dauphiné ; sur les pas d’un père qui peint, il parcourt l’Oisans, le Vercors et les Savoies, le sac au dos et le carton à dessiner sous le bras, faisant son éducation dans la maison familiale de Tain auprès tour à tour d’un précepteur, du curé ou de l’instituteur. Même le vin fait liaison entre Ruskin, commerçant de porto et vins fins, et celui qui, non content de chanter ses vins de l’Hermitage, « gardien des soleils qui se sont éteints », les éleva dans ses chais.

Il reste aussi, pour notre plus grand plaisir un homme de l’ancien temps, du temps que nos pères voyageaient en chaise de poste ; on savait, au cri du postillon « des chevaux, des chevaux ! » qu’on allait relayer, et que bientôt, dans l’endormissement du chemin, le même horizon flotterait longtemps à l’imagination ; où l’on arrivait dans les villes par les vieilles portes antiques ; laissons-le nous raconter « ces accidents certains des longs voyages. Des ombres se lèveront pour flotter avec nous sur la route solitaire, lorsque l’âcre parfum des herbes de la vallée semble l’âme errante de la nuit claire. Aventures de coches, carrosses rencontrés, chaises versées sous les balustres de la vieille terrasse, torches sortant du château inconnu, destinées frôlées pendant une heure, silhouettes entrevues et disparues à jamais ».

De La Sizeranne écrivit en 1906 la préface aux Pierres de Venise ; il en avait prononçé le discours un an auparavant à Venise, au Palais des Doges, devant le roi et la reine d’Italie, « en robe de velours gris pailleté d’argent, au milieu des vivats et des applaudissements sans fin de tout un peuple massé sur la place Saint-Marc », nous dit le chroniqueur de la Revue des Deux Mondes, dans une cérémonie qui fit date.

Dans ce discours, de La Sizeranne caractérise bien l’originalité de Ruskin dont l’œuvre n’appartient ni à l’érudition, ni à la critique, qui tendrait par moment vers une forme de prophétisme, si un humour très anglais ne l’en tenait éloigné. Une œuvre qui demande des leçons de beauté au Passé mais pas une loi ; qui voit en l’art le miroir de la Vie, mais pas la vie même ; qui nous prépare à défier les convenances et les arguments d’autorité ; d’apprendre en face d’une œuvre à penser par soi-même, et comme si nous avions une conversation avec celui qui la créa ; qui nous enseigne à passer « des aperçus les plus éloquents aux remarques les plus minutieuses » ; qui vous recommande de manger des gâteaux avec d’entrer dans la cathédrale d’Amiens mais d’impérativement vous souvenir, dans le recueillement, du Psaume 19, avant que d’en sortir.

Il existe deux courants principaux de la critique d’art en France – prenons le risque de la simplification ! L’un est nourri par une culture philologique et historique et a le souci de replacer les courants artistiques dans l’histoire globale de son époque : l’art est ainsi l’aspect le plus brillant de son époque, mais il n’en est qu’un des aspects et solidaire des autres ; ce courant trouve par son exigence sa place dans le monde académique et c’est au XIXème siècle, à l’unisson du grand essor des sciences sociales qu’il se situe.

L’autre courant, qui est plus ancien, nourri de subjectivité, mais dont l’érudition soutient la démonstration, qui laisse une place beaucoup plus considérable au génie individuel, se plaisant même à le désolidariser de son époque d’une part, en affirmant l’autonomie de la « vie des formes » sur les phénomènes sociaux et historiques.

De La Sizeranne aura tenté, en vain, d’introduire une troisième voie : celle d’une critique d’art fortement greffée sur une culture morale et religieuse qui tend à objectiver le beau ; je laisse à décider si c’est le fonds laïc qui en France a rejeté cette greffe ou si l’étrangeté de cette forme critique, son insularité, a interdit qu’elle puisse prendre racine. L’accueil dans le public cultivé fut enthousiaste et c’est dans la culture du goût que l’héritage ruskinien a été le plus profond : par son attention à la culture de l’artisanat par opposition aux formes et aux procédés industriels ; par la prise de conscience que le Beau ne peut être étranger, ni dissocié d’une réflexion sur l’état social et moral d’une société ; pour le dire autrement, parce que la culture et l’esthétique d’une part et l’action sociale et politique d’autre part sont sœurs et vont ensemble. Ces préceptes, si décisifs pour le goût de cette époque, constitutifs d’elle, ont cependant été sentis, en France, comme inutilisables et furent sans portée concrète pour les artistes. Contrairement à la Grande-Bretagne, où il marqua profondément le courant artistique, il n’y eut pas en France un art d’après Ruskin.

Beauté, nature et liberté, ces mots, que Ruskin avait lié en une gerbe glorieuse, de La Sizeranne les a ramassés, il les a naturalisés dans notre langue, il en a tiré une philosophie dont il est bon, il me semble, que l’amateur d’art fasse l’essai.

Antoine Cardinale - février 2019

[1] La mort des cathédrales, Marcel Proust, 1904
[2] Ruskin et la religion de la Beauté, Robert de La Sizeranne, Librairie Hachette,1897
[3] Praeterita, préface de Robert de La Sizeranne, Librairie Hachette, 1911
[4] Revue des Deux Mondes, avril 1920
[5] La peinture anglaise contemporaine, Robert de La Sizeranne, Librairie Hachette, 1895
[6] Après la Commune, de nombreux artistes français dont Monet, Pissaro, Carpeaux ou Dalou trouvèrent à Londres un asile, dont ils revinrent pour la plupart après la loi d’amnistie de 1880. Malgré Tissot ou de Sisley, compagnons d’atelier et tous les deux sujets britanniques, il est curieux de constater que cet exil n’altéra en rien l’imperméabilité des milieux artistiques français aux influences du pré-raphaélisme.

Par Les ensablés
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Le propre du « petit maître » est d’être discret. Un temps, il s’impose, il plaît... Puis disparaît, écrasé sous les poids des « grands ». C’est que l’on ne peut pas retenir tout le monde. J’ai mes « petits maîtres » favoris, et l’un d’eux, vous le savez peut-être, car j’en ai déjà parlé, s’appelle Henri Duvernois. Récemment, dans un vide-grenier, perdu dans un amas de livres vendus un euro chacun, je suis tombé sur son roman « La Reine battue » publié sur papier alfa bouffant dans la belle collection de luxe Le livre de demain, où le texte s’orne de gravures. Je l’ai acheté évidemment, sachant à l’avance que je ne serais pas déçu. Par Hervé Bel.

14/09/2025, 10:00

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Les Ensablés - La Pierre angulaire, de Zoé Oldenbourg

Zoé Oldenbourg (1916-2002) fut longtemps associée aux succès d’édition de grandes fresques médiévales. Son premier livre, Argile et Cendres (1946) qui suit les péripéties d’un petit seigneur partant pour les croisades, impressionna tellement par sa précision et son ampleur qu’on y vit un potentiel Goncourt. Le couronnement arrivera finalement en 1953 avec son second roman La Pierre angulaire qui remporte le Prix Femina. Zoé Oldenbourg y expose les tableaux contrastés d’un Moyen-Âge où même les âmes les plus abjectes vivent dans l’espérance du salut éternel. Par Nicolas Acker.

31/08/2025, 09:00

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Les Ensablés - La vierge et le taureau, de Jean Meckert

Les éditions Joëlle Losfeld poursuivent avec bonheur la réédition des romans de Jean Meckert  (1910-1995). Le dernier en date, La vierge et le taureau, occupe une place à part dans l’œuvre de Meckert. D’abord parce qu’il s’agit du dernier publié sous son propre nom. S’il continue à publier par la suite, ce sera désormais sous le pseudonyme de Jean Amila, bien connu des amateurs de romans policiers. Dernier roman de Meckert donc, La vierge et le taureau est aussi entouré d’une légende noire qui fait de ce livre, une sorte d’ouvrage maudit qui a donné libre cours à de nombreuses spéculations. Par Carl Aderhold

17/08/2025, 09:00

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Les Ensablés - Le wagon à vaches (1953), de Georges Hyvernaud

Sa prose noire et acérée rappelle Raymond Guérin. Son ironie pessimiste penche du côté d’Emmanuel Bove. Le phrasé rageur est célinien. Nous sommes en 1953 lorsque Georges Hyvernaud publie son deuxième récit le Wagon à vaches. On y retrouve la veine existentialiste, sans le torse bombé de l’intellectuel engagé. Par Nicolas Acker.

27/07/2025, 09:00

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Les Ensablés - La fin de la IIIe République, de Emmanuel Berl

Paru en 1968 dans la célèbre collection de Gallimard, « Les trente journées qui ont fait la France », La fin de la IIIerépublique est republiée quelques années plus tard dans une autre collection intitulée «Témoins». Ce passage révèle bien à la fois la nature de cet ouvrage mais aussi celle de son auteur, Emmanuel Berl (1892-1976). S’il est aujourd’hui tombé dans l’oubli (tout juste certains se souviennent qu’il fut le mari de la chanteuse Mireille), il a pourtant marqué la vie intellectuelle des années 1930 par ses positions que ses biographes qualifient volontiers d’inclassables. Par Carl Aderhold

06/07/2025, 10:45

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Les Ensablés - Le roi dort, de Charles Braibant

« Nos pays ne sont pas beaux...mais il y a en eux une espèce de grandeur calme et comme un peu dédaigneuse qui est beaucoup plus captivante que la beauté ». Ainsi Charles Braibant (1889-1976), Champenois de lignée et de coeur, décrit-il sa région d’élection dans son roman Le roi dort qui, s’il rata de peu le prix Goncourt, fut couronné du Renaudot en 1933. Par Marie Coat

 

22/06/2025, 09:00

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Les Ensablés - La peau et les os de Georges Hyvernaud

Dans la fosse commune de l’oubli, Georges Hyvernaud n’a non seulement rien fait pour l’éviter - en ne publiant que deux livres de son vivant - mais y a sauté à pieds joints. La Peau et les os (1949), court mais édifiant récit de sa captivité pendant la seconde guerre mondiale, puis Le Wagon à Vaches (1953), roman implacable de l’impossible réadaptation à une vie dite normale, prouvent que l’écrivain avait pris le parti non négociable d’une vérité humaine très difficile à vendre. Par Nicolas ACKER.

08/06/2025, 19:15

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Les Ensablés - Planète sans visa, de Jean Malaquais

Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais  (1908-1998) - quitta la Pologne à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Mobilisé en 1939, il fut fait prisonnier, puis parvint à s'évader. Juif et apatride, il partagea alors l'existence précaire de nombre de personnes réfugiées à Marseille dans l'espoir d'obtenir un visa. Grâce à l'aide de son ami Gide, il obtint ce précieux sésame et gagna les Etats-Unis où il vécut plusieurs années, enseignant la littérature. Malaquais n'a publié que trois romans : « Les Javanais » (prix Renaudot 1939),  « Le Gaffeur » (publié en 1953), tous deux objets de précédents articles et  « Planète sans visa », grand roman de la France sous l'occupation, publié en 1947 et qu'il remania jusqu'à ses derniers jours. Ce roman de plus de 500 pages a été réédité en 1999 après sa mort.

25/05/2025, 09:41

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Les Ensablés - La Saint-Michel et le Pont Euxin d'Anne Lacroix, par François Ouellet

Anne Lacroix (1897-1982) n’aurait publié qu’un seul roman, La Saint-Michel et le Pont-Euxin chez Grasset en janvier 1933. À cette date, elle a déjà commencé un deuxième roman, Rézle (et même annoncé un troisième titre, Les Bergers d’Arcadie), soumis en décembre de la fin de cette même année pour le Prix du roman du Temps ; les quelques voix qu’elle récolte seront insuffisantes pour qu’elle obtienne ce prix qui consiste dans la publication du roman dans les pages du quotidien. Mais, cinq ans plus tard, en mars 1938, Rézle paraîtra en feuilleton dans Le Temps. Il ne semble pas que la carrière d’Anne Lacroix ait connu d’autres développements. Par François Ouellet.

11/05/2025, 09:00

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Les Ensablés - L'Impassible de Frédéric Berthet (1954-2003)

Lorsque la critique d’un livre est aussi intéressante, voire plus, que le livre dont elle parle, lorsqu’on se régale de son style, de son ironie, de sa drôlerie, et si transparaît à travers ses mots l’originalité de l’homme lui-même, alors on peut se dire qu’elle est elle-même œuvre littéraire, et que son auteur est un sacré bonhomme. Voilà la réflexion que je me suis faite après la lecture de ce recueil d’articles de Frédéric Berthet, récemment paru chez La Table Ronde sous le titre L’Impassible. Par Hervé BEL

27/04/2025, 09:00

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Les Ensablés - Happe-Chair de Camille Lemonnier (1844-1913)

Happe-Chair, un titre qui a tout de suite attiré mon attention. Je me trouvais alors dans une des dernières librairies anciennes de la rue Saint-Sulpice (pour combien de temps encore sera-t-elle là ?), dans la bonne odeur des vieux livres, lorsque je suis tombé sur la réédition de 1908 de ce roman de Camille Lemonnier publié une première fois en 1886 chez Kiestmaeckers…  par Hervé Bel. 

13/04/2025, 12:28

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Les Ensablés - Jacques Rivière, Sentiments et critique

À l’occasion du centenaire de sa mort, la collection Bouquins consacre un volume à Jacques Rivière, critique et essayiste, véritable cheville ouvrière de la Nouvelle revue française dont il assura la direction durant plus de 10 ans. Mort prématurément en 1925 à l’âge de 39 ans, celui qui fut à la fois le grand ami et le beau-frère d’Alain Fournier, l’auteur du Grand Meaulnes, révèle par la quantité d’articles qu’il donna à la revue une perspicacité critique étonnante. Sensuelle et inspirée. Par Denis Gombert

30/03/2025, 09:00

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Les Ensablés - Lire sous l'occupation de Jacques Cantier

Le monde des livres sous l’Occupation a déjà été étudié par l’historien Jacques Cantier qui s’était intéressé à la trajectoire de l’une des figures maudites des lettres françaises avec sa biographie de Pierre Drieu La Rochelle (Perrin, 2011). Cette fois, avec Lire sous l’Occupation, publié en 2019 et en poche en 2024 aux Éditions CNRS, il nous présente un panorama global de la lecture entre 1939 et 1945. , par Nicolas Acker.

16/03/2025, 16:50

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Les Ensablés - La femme qui boit de Colette Andris, par Marie Coat

En mars 2023, Gallimard publiait dans sa collection L’imaginaire un grand succès de son catalogue paru en 1929, réédité à huit reprises puis repris en 1934 dans sa collection de poche : La femme qui boit », première oeuvre d’une jeune femme de 29 ans, Pauline Toutey. Par Marie  Coat

02/03/2025, 19:56

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Les Ensablés - Le gaffeur de Jean Malaquais

Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais - quitta la Pologne  à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Cette période de sa vie fut marquée par une grande précarité et  par la volonté farouche de vivre de sa plume. Mobilisé en 1939 puis fait prisonnier, il s'évada et émigra vers le continent américain. Par Isabelle Luciat

16/02/2025, 10:09

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Les Ensablés - Le Boucher des Hurlus de Jean Meckert

Jean Meckert (alias Jean Amila, 1910-1995) est mort il y a trente ans… Pas tout à fait mort, car ses romans ont continué d’être réédités et nous n’avons pas manqué d'en parler dans nos colonnes (1). Cette fois, c’est la courageuse Ronces éditions (2) qui republie Le boucher des hurlus paru chez Gallimard en 1982 et signé du nom Jean Amila qu’il avait adopté pour ses romans publiés dans la Série Noire. Par Hervé BEL

02/02/2025, 19:38

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Les Ensablés - L'inconstante de Marie de Régnier

Fille de José Marie de Heredia, épouse du poète Henri de Régnier, Marie de Régnier n’eût peut-être d’autre choix que de devenir une femme de lettres. Mais en adoptant un nom d’homme tout de même, société corsetée oblige ! C’est ainsi que Marie de Régnier entama très tôt une carrière littéraire au confluent de deux siècles, à la période de la Belle Epoque, sous le nom de de Gérard d’Houville, puis de Gérardine (la renommée de Caroline Rémy, dite Séverine, étant peut-être passée par là). Par Denis Gombert.

19/01/2025, 09:00

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Les Ensablés - Autour des trônes que j’ai vus tomber (1921), de la princesse Louise de Belgique

L’Avenue Louise est l’une des plus importantes artères de Bruxelles. On oublie souvent qu’elle fut dédiée à la princesse Louise (1858-1924), fille aînée de Léopold II, le roi bâtisseur qui rénova la ville. Et l’on a tout autant perdu le souvenir de l’histoire rocambolesque et tragique de sa déchéance au sein des cours européennes de son temps... Ces mémoires romancés offrent au lecteur les confessions rares d’une princesse égarée par le destin. Par Louis Morès.

05/01/2025, 09:00

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Les Ensablés - Mes amis d'Emmanuel Bove, centenaire d'un chef-d'oeuvre

On ne pouvait pas laisser s’achever cette année 2024 sans célébrer les cent ans d’un des chefs-d’œuvre romanesques du XXe siècle. Des chefs-d’œuvre, la littérature française en a produit son lot, et les centenaires à venir ne manqueront pas : en 2026, ce sera Les Faux-monnayeurs, en 2032, Voyage au bout de la nuit, en 2038, La Nausée, etc. Mais les auteurs ensablés aussi ont leurs grands et petits chefs-d’œuvre, dont certains ont été chroniqués ici même : L’Enfant à la balustrade, Les Javanais, par exemple. Et maintenant Mes Amis d’Emmanuel Bove : avis à ceux qui ne l’auraient pas encore lu. Par François Ouellet.

15/12/2024, 16:14

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Les Ensablés - Le Poil de la bête de René-Jean Clot

Un peu avant l'excellent Elisabeth que nous avons chroniqué , les éditions Le Passeur avaient réédité en 2023 le roman Le poil de la bête  de René-Jean Clot (1913-1997). Une fois de plus, soyons reconnaissants à cet éditeur d’oser ainsi remettre au goût du jour des auteurs injustement oubliés. René-Jean Clot l’est inexplicablement. Par Hervé Bel

01/12/2024, 09:00

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Les Ensablés - Jabadao (1951) de Anne de Tourville

Lorsqu’il y a tout juste vingt ans, Anne de Tourville  (1910-2004) décéda à 94 ans, elle était bien oubliée du monde littéraire et l’est encore à ce jour. Elle avait pourtant remporté le Prix Femina en 1951 avec son roman «Jabadao» devançant entre autres, dès le deuxième tour, Louise de Vilmorin et Michel de Saint Pierre. Par Marie Coat

11/11/2024, 09:40

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Les Ensablés - L'invitation chez les Stirl, de Paul Gadenne

La vie de Paul Gadenne (1907-1956) a été marquée par l'épreuve de la maladie qui le contraint à abandonner une prometteuse carrière de professeur de lettres classiques et à séjourner périodiquement au sanatorium de Praz-Coutant, en Savoie (cadre de son premier roman « Siloé », objet d'un précédent article). Paul Gadenne termina ses jours à Cambo-Les-Bains, station thermale du pays basque reconvertie dans les années 30 en centre de cure pour les tuberculeux. Par Isabelle Luciat.

27/10/2024, 09:00

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Les Ensablés - La Conspiration de Paul Nizan (1905-1940), par Nicolas Acker

Non, Paul Nizan (1905-1940) ne fut pas seulement l’auteur d’un incipit resté célèbre et redécouvert par la jeunesse étudiante de mai 1968. « J’avais 20 ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie ». Cette « accroche » solennelle cache hélas un peu trop une oeuvre hybride passionnante. Mort en soldat à 35 ans en 1940, il fut jeté aux oubliettes de l’Histoire, répudié par ses camarades communistes. 

Par Nicolas Acker

13/10/2024, 18:34

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Les Ensablés - Octave Feuillet (1821-1890), un parfum de province

On ne lit plus Octave Feuillet (1821-1890), auteur à très grand succès du Second Empire et favori de lˊImpératrice Eugénie ; seul son nom sur la plaque bleue dˊune rue tranquille et banale du XVIème arrondissement, où habitaient de bons amis, m’a un jour rendu curieux de le connaître.
Les titres de ses romans ont l’odeur des armoires à linge bourgeoises, encaustique et lavande : « La Petite Comtesse » (1856), « Histoire de Sybille » (1862), « Julia de Trécoeur » (1872), voire réminiscents de la Comtesse de Ségur « Le Roman dˊun jeune homme pauvre » (1858)… Par Herbert Dune.

29/09/2024, 09:00

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Espagne, Japon, IA, Rousseau : 5 livres pour comprendre le monde autrement

Comme chaque semaine, voici la Booksletter, ou l’actualité à la lumière des livres. On l’ouvre comme une traversée d’idées : identité espagnole, biologie synthétique, mémoire argentine, hiver démographique japonais, Rousseau réinventé. Une revue qui met les ouvrages au travail, non pour illustrer le monde, mais pour le lire autrement.

14/03/2026, 08:39

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Une BD sur le jeu vidéo, l’humour et la pédagogie : Aux pixels près... La pré-prod

Stand Alone Production publie Aux pixels près... Tome 1 : la préprod, un album signé Shong, alias Chong Yong. Avec ce premier volume, l’auteur et illustrateur entraîne le lecteur dans les coulisses d’une production de jeu vidéo, entre festival geek, recrutement inattendu et projet menacé. Cet album raconte, avec humour, les métiers, l’ambiance et les tensions d’un univers fascinant, dans un récit pensé pour tout public. Pédagogique et humain, l’ouvrage ouvre aussi la porte aux plus jeunes lecteurs curieux.

14/03/2026, 07:30

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Florence Magnin revisite Alice au pays des merveilles avec la BD La Dernière Alice

Le 16 avril 2026, les éditions Varou publieront La Dernière Alice, Le pays perdu, un album signé et illustré par Florence Magnin. L’artiste y rouvre la porte d’un territoire que l’on croyait familier pour mieux le dérégler, et entraîne le lecteur dans une traversée où l’enfance, le rêve et l’inquiétude avancent d’un même pas, au bord d’un merveilleux univers soudain traversé de fissures. Un retour ambitieux, pensé pour séduire les curieux autant que les familles, et pour relancer dans l’année un diptyque annoncé d’emblée en deux volets.

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Demande à la brûlure, de Simon Johannin

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Un chef-d’œuvre oublié de la fantasy féminine refait surface en librairie

Abandonnée alors qu’elle n’est encore qu’une enfant, la jeune Halla, orpheline, grandit d’abord au contact du monde sauvage. Recueillie par une ourse, puis élevée par un dragon, elle découvre peu à peu les mystères et les dangers de l’existence avant de croiser la route des humains.

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Le coquelicot noir de Diane Peylin : dans la solitude d’une secret étouffant

Jim est un jeune homme solitaire, peu bavard, timide avec les femmes, mal à l’aise dans les rapports physiques. Il tombe amoureux. Il en est même presque surpris. Elle l’appelle « son Indien », pour lui, c’est « son amoureuse ». Ils filent le parfait amour, mais, il y a un mais... Jim est parfois absent de lui-même, il a des crises d’angoisse, et ses crises vont s’accentuer lors de la naissance de sa fille.

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Coup de balai sur le classement : Guillaume Musso s’empare du podium

Un vent de fraîcheur souffle sur les meilleures ventes cette semaine (du 02/03 au 08/03). Et si vous m’aviez dit, il y a quelques mois, que le classement prendrait cette tournure, je vous aurais sans doute ri au nez...

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Survivre dans un monde où tout semble vouloir vous détruire

Alice, 26 ans, pensait avoir tout oublié de son agression par le mystérieux Lapin. Mais lorsqu’un incendie dévastateur embrase l’hôpital psychiatrique où elle est internée, la jeune femme se retrouve plongée dans les tréfonds de la Vieille Ville, un labyrinthe sordide aux allures de Pays des Merveilles cauchemardesque. 

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Pas une plaisanterie du tout, cette parution prévue le 1er avril. On croyait ouvrir un essai sur la technique ; c’est une alerte sur nos nerfs, nos habitudes et notre docilité qui surgit. Laurence Devillers entre dans le vacarme des promesses algorithmiques comme on pénètre une cathédrale de verre bâtie par les Big Tech, avec ses prophètes, ses séductions et ses angles morts. Derrière la conversation fluide des machines, elle traque une question plus rude : que reste-t-il d’un humain qui délègue son jugement ?

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Les Disparus de Noël : l’un des plus grands mystères criminels français rouvert

Les villages savent enterrer les secrets mieux que les villes. À Boutiers, une nuit de Noël n’a jamais cessé de circuler entre les tables de bar, les souvenirs et les silences. Une famille s’est évaporée en 1972 et, depuis, chacun possède sa version du drame. Entre rumeur, enquête et mémoire collective, le mystère n’a pas disparu : il s’est installé. Et parfois, la littérature devient le seul moyen de regarder ce vide en face.

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Ici, personne n’entre dans l’âge adulte à pas feutrés. Dans les Terres Bannies, on grandit sous la menace, entre fidélités imposées, récits officiels et violence prête à rompre ses chaînes. Avec Le temps de la terreur (trad. Thomas Bauduret), John Gwynne relance sa mythologie par l’héritage empoisonné : une génération née après les grandes batailles découvre que la paix n’était qu’une trêve armée, et que les vainqueurs, eux aussi, cachent leurs failles sous l’armure. par Théo.

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Avec Terra Murata, Laura Ulonati signe un grand roman d’initiation au bord du gouffre

Sous le soleil trop vif d’une île du golfe de Naples, l’adolescence n’a rien d’un été léger. Elle ressemble plutôt à un territoire miné : rivalités, regards, hiérarchies invisibles, premières morsures du désir. Avec Terra Murata, Laura Ulonati installe son roman dans cette zone trouble où l’apprentissage du monde passe par les ruines, la mémoire et les corps qui cherchent leur place. Sortie le 25 mars.

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Et si le danger ne résidait pas dans ce que l’on ignore, mais dans ce que la mémoire refuse de restituer ? Découvrez Tendre promesse assassine signé Laura Ezrena, à paraître le 16 avril...

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Avant la Naples de Maradona et Marek Hamsik, il y eut le Royaume de Naples, et Diego n’en était pas le roi. Alain Blondy raconte une longue histoire, du Ve au XIXe siècle, avec des frontières mouvantes, des capitales qui basculent - Palerme ou Naples -, des dynasties qui se succèdent. Et surtout : l’histoire de Naples est indissociable de celle de la Sicile, tantôt jumelle, tantôt rivale, tantôt tenue par le même souverain, sans jamais se confondre vraiment.

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N’importe quel enfant : Les Orphelins, Une histoire de Billy the Kid d’Éric Vuillard

Billy the kid, petit gars né possiblement à New-York, possiblement en 1859, avait possiblement pour vrai nom William Henry Mac Carty, ou alors pas, c’est flou. À l’époque, celle de sa naissance, il n’était pas destiné à rester dans les mémoires. D’ailleurs l’est-il ? Resté dans les mémoires ? Ce qui est resté, c’est le mythe d’un jeune bandit habile au pistolet et dégommé par les autorités avant sa vingt-deuxième année. De ce mythe associé à une poignée de photos et faits avérés, Vuillard tire un portrait plutôt collectif et tout à fait captivant de quelques desperados de l’Ouest américain au XIXe siècle. 

09/03/2026, 15:05

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Avec Place de la Victoire, 1936, Alexandre Courban poursuit sa chronique du Paris ouvrier

Troisième épisode des enquêtes du commissaire Bornec du XIIIe arrondissement, chronique sociale du Paris des années 30, les années du Front populaire. Alexandre Courban poursuit sa chronique sociale, policière et bien documentée du Paris ouvrier de cette période.

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Jon Fosse : avec Blancheur, le prix Nobel livre un récit bref et vertigineux

Dans les livres de Jon Fosse, il suffit parfois d’un homme qui tourne au hasard sur une route pour que le monde bascule. Depuis le Prix Nobel de littérature qui a consacré son œuvre, l’écrivain norvégien s’impose comme l’un des rares auteurs capables de transformer l’immobilité en expérience vertigineuse. Avec Blancheur (trad. Terje Sinding), il pousse plus loin encore cette littérature du seuil, où le réel se fissure et où la lumière devient un passage. Parution le 2 avril.

09/03/2026, 10:27

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Pourquoi l’argent disparaît toujours avant que le fisc arrive

Un jour, l’argent a appris à voyager sans passeport. Depuis, il circule plus vite que les corps, se dérobe aux frontières et laisse les États courir derrière son ombre. Dans Déclaration de la personne, Elfriede Jelinek observe cette chasse moderne : celle d’institutions qui exigent des individus qu’ils se déclarent pendant que les fortunes, elles, disparaissent dans les marges du monde. La satire devient alors radiographie d’une époque où le capital se cache mieux que les hommes.

09/03/2026, 10:22

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Brûle bébé : premier roman incandescent de Matthieu Barbin

Le premier roman de Matthieu Barbin s’ouvre dans le tumulte d’un rassemblement politique place de la République. Sur scène, Alex prend la parole face à une foule compacte. L’instant est survolté, collectif, traversé par la peur d’un basculement politique et par l’énergie d’une mobilisation.

09/03/2026, 10:20

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Frontières liquides

09/03/2026, 09:00

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Valerio Varesi revient avec La peur dans l’âme, une nouvelle enquête du commissaire Soneri

Avec La peur dans l’âme, de Valerio Varesi, (traduit par Gérard Lecas)à paraître le 16 avril chez Agullo Éditions, l’auteur italien poursuit les enquêtes du commissaire Soneri dans un polar situé dans les montagnes des Apennins, où un village isolé voit la peur s’installer après une fusillade inexpliquée et la traque d’un criminel en fuite.

09/03/2026, 07:06

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Iran : une mère perd quatre enfants dans la répression des mollahs

Il existe des livres qui ne racontent pas seulement une histoire : ils ouvrent une cicatrice. Depuis la révolution de 1979, l’Iran vit sous un régime qui a transformé la foi en instrument de pouvoir et les familles en champs de bataille. Dans ce roman inspiré de faits réels, une mère voit ses enfants engloutis par la machine répressive. La littérature ne répare rien ; elle empêche seulement que les morts disparaissent une seconde fois.

07/03/2026, 15:06

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Désorientations d’un GPS algérien

Quand on entame la lecture de La partie immergée de l’iceberg. Éloge du GPS algérien, on adhère presque immédiatement à la démarche du nouvel essai que signe le cinéaste Lamine Ammar-Khodja. Par un usage rafraîchissant de l’auto-dérision, la mise en récit de ses déambulations introspectives sur l’histoire algéro-française et ses géographies « brumeuses » trouve un ton juste : agréable, frais, nonchalant et parfois féroce.

07/03/2026, 10:21

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Musique classique, santé numérique et désillusion cubaine

Dans le vacarme des algorithmes, des guerres culturelles et des diagnostics en ligne, les livres persistent : ils observent, dissèquent, contestent. Cette semaine, la Booksletter circule de Bach aux dactylos oubliées, des gourous de santé numérique à la désillusion cubaine de Leonardo Padura, jusqu’aux alliances secrètes du vivant. Autant de récits qui scrutent une même question : comment nos sociétés écrivent-elles leur propre partition ?  

07/03/2026, 10:09

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L'Arabe qui sourit

07/03/2026, 09:00