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Les Ensablés - "Ruskin et la religion de la beauté", Robert de La Sizeranne

« Il y a quelques années, étant à Florence, je voulus étudier dans le cloître de Santa Maria Novella. Un soleil splendide brillait sur les dômes de la ville des Lys. Voulant être seul, j’arrivai dès neuf heures du matin. Le sacristain avait refermé la porte. Par les vieux arceaux, brillaient les gazons verts. Les cloches sonnaient à toute volée, lorsqu’en approchant de la chapelle des Espagnols, j’entendis naître et croître un léger bruit de paroles, de lecture, de prière. J’entrevoyais dans l’ombre lumineuse des silhouettes de jeunes femmes au profil giottesque, aux chapeaux canotiers, aux voilettes blanches.

Le 10/02/2019 à 09:00 par Les ensablés

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10/02/2019 à 09:00

Les ensablés

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La voix reprenait un texte anglais, l’une d’elle lisait « …cette sagesse supérieure qui gouverne par sa présence toute la conduite des choses terrestres et par son enseignement l’art terrestre tout entier, Florence vous dit qu’elle ne l’a obtenue que par la prière ». Longtemps elle lut ainsi, passant des aperçus les plus éloquents aux remarques les plus minutieuses sur les doigts ou les cheveux de tel personnage de la fresque, notant les repeints, les plis des robes. Quel était ce livre, l’office inconnu de cette religion de la Beauté ? Le sacristain, revenu par là, me jeta ce nom : Ruskin ! ».

Par Antoine Cardinale

Si vos pensées ne sont pas occupées ailleurs ce matin, si elles se présentent dans un ordre convenable, je vous propose de nous rendre à l’office inconnu de cette religion de la Beauté en  compagnie de Robert de La Sizeranne, auteur de ces lignes qui nous introduisent poétiquement dans l’univers de John Ruskin. Nous ferons coup double en découvrant à la fois le grand philosophe anglais et cet historien français de l’art et critique un peu oublié : Robert de La Sizeranne. Il fut, non le prophète, mais celui qui l’annonça, celui qui traduisit, interpréta sa pensée, témoigna, il fut celui qui constitua en somme la science ruskinienne pour le public français au tournant du siècle.

Un Anglais qui voyage

Marcel Proust lui-même, lorsqu’il aborde Ruskin et son œuvre –qui ont tant compté dans sa formation- commence par évoquer Robert de La Sizeranne et « le monument magnifique qu’il a élevé à Ruskin. Le Ruskin de M . de La Sizeranne a été considéré jusqu’à ce jour, et à juste titre, comme le domaine propre de M. de La Sizeranne ; si j’essaie parfois de m’aventurer sur ses terres, ce ne sera pas pour méconnaître ou pour usurper son droit qui n’est pas que celui du premier occupant. Au moment d’entrer dans ce sujet que le monument magnifique qu’il a élevé à Ruskin domine de toute part, je lui devais ainsi rendre hommage et payer tribut »[1].

Commençons par faire la connaissance de John Ruskin. Qui est cet homme né en 1819 dans une famille d’intègres et riches commerçants londoniens sous l’enseigne de la maison Ruskin, Telford and Domecq, qui magnétisa la jeunesse et l’intelligentsia anglaise ? Lorsqu’il monte en chaire à Oxford en 1870 pour sa leçon inaugurale, vêtu de « la longue robe noire du professeur, redingote bleue, avec des poignets blancs épais, un col entonnoir à la Gladstone, une lourde cravate bleue, une élégance grave et surannée »[2], la salle est bondée et la foule se presse à ne pouvoir fermer les portes ; les étudiants désertent les autres cours malgré les plaintes des professeurs, se juchent sur les armoires, grimpent aux fenêtres ; dans cette mêlée, de riches Américaines et des intellectuels venus du monde entier manquent étouffer. Le rayonnement de son œuvre fut immense.

Il grandit dans un milieu, tory en politique et presbytérien en religion, dont le puritanisme nous étonne et dont les prescriptions nous déroutent comme celle qui commandait à cette pieuse famille de voiler les tableaux de la maison afin que rien ne pût les détourner, le jour du Seigneur, de la méditation religieuse, et que nul songe peccamineux d’après dîner ne vienne oblitérer le salut de ces âmes ; mais le reste de la semaine, l’intérêt et le commerce accroupis dans tous les coins ! Extraordinairement, son père aime à voyager et à visiter les beautés de la Nature, car il est curieux de les dessiner, en Suisse, en France et en Italie ; un père qui passe pour un des plus grands connaisseurs de vins de la place de Londres, sans qu’il y entre aucun plaisir, par obligation professionnelle seulement, et qui par ailleurs interdit alcools, gâteaux et sucreries à ses enfants.

A son exemple, John Ruskin n’aura, lorsqu’il commence à voyager, aucune curiosité pour la peinture : à Florence, dont il sera plus tard le guide le plus inspiré, « il n’est frappé par rien » et de son propre aveu, et selon ses propres termes « ne comprend rien »[3], n’entend rien et pour commencer aucune langue étrangère. Lorsqu’un Anglais voyage, il faut s’attendre à d’étranges façons, mais celles de John Ruskin passent la permission ! C’est sous l’influence de Carlyle, de ses éclairs d’éloquence, à travers son horreur des fausses idoles, et en premier lieu de la plus puissante de toutes, le Veau d’or, la puissance de l’argent, sous l’influence naturellement des voyages, il se détache des habitudes et des doctrines de son milieu.

Quelle sera sa doctrine ? Elle est toute entière contenue dans deux affirmations : « La beauté est la signature de Dieu sur ses œuvres » et « la connaissance de ce qui est beau est le vrai chemin et le premier échelon vers la connaissance des choses qui sont bonnes ». Il en découle de ces deux Commandements que l’Art est un enseignement autant qu’une adoration, que l’Art est le chemin qu’ouvre nos sens à la morale et plus loin infiniment, à la divinité.

On le voit, le rigoureux protestant s’est fait une religion à sa façon. Ecoutons de La Sizeranne en faire le commentaire : «  L’artiste se tient entre la Nature et nous ; Il observe la Nature comme une vigie. Il est l’éveilleur de nos admirations. Les lois qui sont les plus insaisissables, c’est lui qui les démêle ; les joies qui sont les plus vives, c’est lui qui nous les donne ; les esthétiques mystères qui nous relient aux choses d’en haut et d’en bas, c’est lui qui marche à leur découverte. Tout grand art est admiration ». Dans cette théologie nouvelle, la Nature devient une manifestation mystique : « Car le monde matériel a été expressément organisé dans un dessein esthétique : la plus éphémère feuille que l’arbre donne au vent qui passe, dans le moindre caillou qui roule de la montagne, car dans chacune de ces choses, des yeux d’artiste savent démêler la signature de l’Artiste suprême. Si vous pouvez peindre une feuille vous pouvez peindre le monde ».

S’il s’éloigne de ces préceptes, de cette forme d’innocence, l’artiste devient un monstre –à la lettre, celui qui donne le jour à des formes que Dieu a rebuté et à des sensations dont il n’a pas voulu dans le monde matériel. Et Ruskin fait remonter à loin ses anathèmes : Mantegna, Dürer, Michel-Ange furent les premiers, selon lui, qui dévièrent du chemin, eux qui à la Renaissance regardèrent la Nature avec des yeux d’enquêteurs et la peignirent avec une cruauté de vivisecteurs.

Ruskin eut pour préférence les fleurs de Fra Angelico, et ces Vierges gothiques dont la poitrine nue dessine à peine une virgule de chair, l’élan de pierre des cathédrales françaises et les rudes sculptures de la Venise d’avant ce que l’histoire de l’art désigne comme son Siècle d’or. Il y a derrière la pensée de John Ruskin, de celui qui à la fin de sa vie passa pour fou, un monde de préceptes étroits, de conseils minutieux et d’anathèmes violents qui effrayent. On le voit, il faut se détromper du dilettantisme, de la curiosité désintéressée, des postures d’esthète qui sont souvent en France les idées qu’on associe à Ruskin. « Il vaudrait mieux que tous les tableaux vinssent à périr plutôt que les oiseaux cessassent de chanter » écrit quelque part sans trembler ce terrible prédicateur.

Comme le devina Proust, « la principale religion de Ruskin fut la religion tout court et son sentiment religieux a dirigé son sentiment esthétique » : ce fou d’Art n’a eu de cesse de dénoncer comme une idôlatrie la volupté des formes et des couleurs, et pour faire bonne mesure flétrit sans pitié l’esprit raisonnable de celui qui aborde en historien les formes artistiques. Prophète plongé dans l’impiété spirituelle de son siècle, il frappe à dextre les tendres poètes de l’Art et à senestre les messieurs de l’Université.

Comment comprendre alors la vogue que déclencha Ruskin, l’enthousiasme qu’inspira cet esprit de révérence, l’ébullition artistique qui sortit de ce dogmatisme et les sincères dévotions à l’art qu’on tira de cette prédication rigide ? Une génération de connoisseurs et d’artistes tira de ses livres -Les Pierres de Venise, La couronne d’oliviers sauvages, Les sept lampes de l’architecture, ou Les Matins de Florence- des secrets qu’on tint vers 1900 pour aussi profonds que ceux que les Anciens recueillaient aux Livres sybillins.

De la Sizeranne vit dans l’œuvre du prophète de Brantwood une leçon de liberté, et c’est cette vision paradoxale qu’il faut explorer. Il nous apprend qu’une œuvre a été faite quelque part, dans une ville qu’il faut visiter, née de la main d’un artiste, dans une époque passée, et qu’il n’est pas indifférent ni inutile de connaître l’un et l’autre ; que les conditions dans lesquels on fait ce voyage sont importantes ; qu’il faut sérieusement interroger nos raisons de faire des voyages qui ne sont pas toujours nécessaires – après tout, le monde est grand à la lueur des lampes  - ; que tout dans ce voyage, le restaurant dans lequel on a dîné, la conversation qu’on a surpris à l’hôtel, les conditions atmosphériques bien entendu, tout cela est une fraction de l’expérience du connaisseur.

Soyons honnête avons-nous l’envie de connaître, d’en recevoir la leçon morale, de faire sa place dans notre vie à ce que l’œuvre réclame de nous ? Ruskin nous donne un regard neuf sur les monuments, les fresques, les peintures, en les ramenant vers nous. Et surtout, Ruskin démolit avec une férocité de prophète les niaiseries de la critique artistique, les petitesses de l’Université et l’aplatissement de l’opinion devant les fausses idoles. Il renverse avec jubilation les monuments les plus établis : ni Titien, ni Michel-Ange, ni Christopher Wren n’échappent à ses anathèmes. Il nous affirme qu’il faut déchirer le voile de la critique, ignorer les gloses séculaires, bousculer le dogme et aller directement à la fraîcheur de l’œuvre, la voir dans sa nouveauté, avec le regard et l’esprit de l’époque qui la vit naître.

Ruskin nous dit quelque part que, lorsque nous donnons une pièce à un mendiant il est indécent de s’interroger sur le mérite du pauvre bougre ; mais qu’il est essentiel en revanche de descendre en nous-même et de scruter notre conscience pour savoir si l’intention de ce don nous laisse pur ; qu’il faut que nous passions ce don au révélateur de la conscience pour savoir si la véritable Charité y est à demeure. Lorsque j’y songe, c’est à un exercice spirituel – un exercice d’humilité-  du même ordre que Ruskin nous propose devant l’art : ne nous demandons pas si cette fresque, si cette sculpture doivent être aimées par nous. Demandons-nous plutôt si nous avons filtré dans notre âme toute les scories du snobisme, les préjugés de la haute culture, les pudeurs de l’éducation : c’est à cette condition-là que nous recevrons –ou que nous rejetterons- cette sculpture, cette fresque –cette offrande de beauté.

Il fut l’homme par qui le scandale arrive. Ses articles furent censurés et poursuivis en justice, sa vie sentimentale clouée au pilori. Il voulait qu’on remisât les locomotives et qu’on détruisît le Crystal Palace, « cette serre à concombres ornée de deux cheminées ». Est-ce excessif ? Est-ce que la France moche n’aurait pas l’usage de cette vigoureuse et intransigeante philosophie du paysage ? Il voulut réhabiliter l’artisanat, en commençant par l’art du tissage, établir une authentique culture populaire, rendre aux classes pauvres et au travail une dignité nouvelle -et s’y ruina au passage- mais tout le mouvement Arts and Crafts est sorti de cette idée - il fut le fondateur en 1871 de cette Guilde de Saint George, devoted to arts, crafts and the rural economy, si active aujourd’hui encore.

Burne-Jones, Dante Rossetti, William Morris, John Millais, c’est Ruskin qui les mit au-dessus des fluctuations de l’opinion et pour ainsi dire les inscrivit dans l’Histoire ; c’est à lui, à son influence, que l’on doit la prodigieuse richesse des musées anglais dans la peinture d’avant Raphael, et particulièrement les cinq salles qu’y consacre la National Gallery ; à lui, après qu’il eut publié les Modern Painters, que l’on doit les Turner que compte toute collection britannique qui se respecte.

Le biographe et son sujet

On prend le risque en chroniquant à la fois le biographe et son sujet, de faire perdre de vue la qualité du premier ou d’escamoter l’importance historique du second. On ne sait prendre son parti ; Proust en convient dans les Journées de pèlerinage au cours desquels il perd parfois Ruskin de vue et s’égare sur des chemins qui seront bientôt ceux de son œuvre à lui, à l’exemple de cette digression où la cathédrale d’Amiens se colore au fil d’une seule phrase de tous les instants d’une journée « bleue dans le brouillard le matin, éblouissante le matin, grassement dorée l’après-midi, rose et fraîchement nocturne au couchant » et où l’on ne sait s’il faut reconnaitre là le ressouvenir d’un tableau de Turner ou bien celui de la lampe magique de l’enfance où Golo monte vers le château de Geneviève de Brabant.

C’est un risque de digression où l’on ne prendra pas de La Sizeranne : la biographie qu’il consacre à Ruskin est exacte, tout y vient à point, dévote et admirative. Le plan de l’ouvrage comporte outre l’Introduction trois parties dont je livre les intitulés et conserve à dessein les majuscules : Sa Physionomie, Ses Paroles, Sa Pensée esthétique et sociale. Mais dans le genre qu’explore Ruskin, il n’est de mérite, il n’est de place que pour l’inventeur et de La Sizeranne eut la sagesse d’entendre cette maxime, et quoiqu’il se soit à l’évidence reconnut dans le prophète de Brantwood, il sut rester lui-même, et n’eut d’autre souci que de s’effacer devant celui qu’il considéra comme le plus grand philosophe de son siècle.

Il fallut attendre la série de trois volumes qu’il écrivit entre 1913 et 1927, Masques et Portraits de la Renaissance, pour qu’il livre au public l’originalité de sa propre philosophie et la profondeur de sa culture visuelle.

A l’imitation de sa méthode, essayons de deviner sa personnalité, en partant d’un des rares portraits littéraires qui nous le restitue [4]: cape de laine bourrue, nez vif, collier de barbe et  le poil dru, chapeau à la tyrolien, rudes gants de peau, gourdin noueux, « l’air d’un carbonaro qui connait tous les chemins de la montagne » ; à Paris, passant très pressé, toujours parti, il a néanmoins, aussi bien qu’un autre, fréquenté au Faubourg Saint Germain au temps de sa jeunesse.

Grand voyageur, de l’Engadine à la Toscane avec ses cyprès aux ombres d’un seul morceau, des féeries de la Méditerranée aux brumes empoisonnées de Londres ; mais il n’est pas un déraciné, au contraire essentiellement un vieux gentilhomme français, héritier de séculaires traditions qu’il veut faire servir au monde moderne ; à sa place à la cour et à la ville, et surtout à la campagne, connaissant les champs et les vignes de son canton, poète du vin, causant avec les paysans de la vendange qui vient ; son œuvre politique et sociale fait écho aux projets de Ruskin, ce qui l’amène à former parmi les premiers le syndicat agricole, et avec son frère Maurice, à œuvrer pour l’éducation des aveugles au sein d’une association qui existe encore.

En 1895, à travers seulement quatre articles il devient en France le spécialiste de la peinture anglaise contemporaine[5], dont il devine la singularité, et qu’il fait connaître, relayant à sa manière les Modern Painters de Ruskin[6]. Il n’entra jamais à l’Académie, et on dénia même à cet esprit libre la qualité d’historien de l’art.
Pour finir là où toute biographie devrait commencer, penchons-nous un instant sur son enfance à lui, cette enfance d’autrefois. Fils d’une vieille famille terrienne, il est un enfant des montagnes du Dauphiné ; sur les pas d’un père qui peint, il parcourt l’Oisans, le Vercors et les Savoies, le sac au dos et le carton à dessiner sous le bras, faisant son éducation dans la maison familiale de Tain auprès tour à tour d’un précepteur, du curé ou de l’instituteur. Même le vin fait liaison entre Ruskin, commerçant de porto et vins fins, et celui qui, non content de chanter ses vins de l’Hermitage, « gardien des soleils qui se sont éteints », les éleva dans ses chais.

Il reste aussi, pour notre plus grand plaisir un homme de l’ancien temps, du temps que nos pères voyageaient en chaise de poste ; on savait, au cri du postillon « des chevaux, des chevaux ! » qu’on allait relayer, et que bientôt, dans l’endormissement du chemin, le même horizon flotterait longtemps à l’imagination ; où l’on arrivait dans les villes par les vieilles portes antiques ; laissons-le nous raconter « ces accidents certains des longs voyages. Des ombres se lèveront pour flotter avec nous sur la route solitaire, lorsque l’âcre parfum des herbes de la vallée semble l’âme errante de la nuit claire. Aventures de coches, carrosses rencontrés, chaises versées sous les balustres de la vieille terrasse, torches sortant du château inconnu, destinées frôlées pendant une heure, silhouettes entrevues et disparues à jamais ».

De La Sizeranne écrivit en 1906 la préface aux Pierres de Venise ; il en avait prononçé le discours un an auparavant à Venise, au Palais des Doges, devant le roi et la reine d’Italie, « en robe de velours gris pailleté d’argent, au milieu des vivats et des applaudissements sans fin de tout un peuple massé sur la place Saint-Marc », nous dit le chroniqueur de la Revue des Deux Mondes, dans une cérémonie qui fit date.

Dans ce discours, de La Sizeranne caractérise bien l’originalité de Ruskin dont l’œuvre n’appartient ni à l’érudition, ni à la critique, qui tendrait par moment vers une forme de prophétisme, si un humour très anglais ne l’en tenait éloigné. Une œuvre qui demande des leçons de beauté au Passé mais pas une loi ; qui voit en l’art le miroir de la Vie, mais pas la vie même ; qui nous prépare à défier les convenances et les arguments d’autorité ; d’apprendre en face d’une œuvre à penser par soi-même, et comme si nous avions une conversation avec celui qui la créa ; qui nous enseigne à passer « des aperçus les plus éloquents aux remarques les plus minutieuses » ; qui vous recommande de manger des gâteaux avec d’entrer dans la cathédrale d’Amiens mais d’impérativement vous souvenir, dans le recueillement, du Psaume 19, avant que d’en sortir.

Il existe deux courants principaux de la critique d’art en France – prenons le risque de la simplification ! L’un est nourri par une culture philologique et historique et a le souci de replacer les courants artistiques dans l’histoire globale de son époque : l’art est ainsi l’aspect le plus brillant de son époque, mais il n’en est qu’un des aspects et solidaire des autres ; ce courant trouve par son exigence sa place dans le monde académique et c’est au XIXème siècle, à l’unisson du grand essor des sciences sociales qu’il se situe.

L’autre courant, qui est plus ancien, nourri de subjectivité, mais dont l’érudition soutient la démonstration, qui laisse une place beaucoup plus considérable au génie individuel, se plaisant même à le désolidariser de son époque d’une part, en affirmant l’autonomie de la « vie des formes » sur les phénomènes sociaux et historiques.

De La Sizeranne aura tenté, en vain, d’introduire une troisième voie : celle d’une critique d’art fortement greffée sur une culture morale et religieuse qui tend à objectiver le beau ; je laisse à décider si c’est le fonds laïc qui en France a rejeté cette greffe ou si l’étrangeté de cette forme critique, son insularité, a interdit qu’elle puisse prendre racine. L’accueil dans le public cultivé fut enthousiaste et c’est dans la culture du goût que l’héritage ruskinien a été le plus profond : par son attention à la culture de l’artisanat par opposition aux formes et aux procédés industriels ; par la prise de conscience que le Beau ne peut être étranger, ni dissocié d’une réflexion sur l’état social et moral d’une société ; pour le dire autrement, parce que la culture et l’esthétique d’une part et l’action sociale et politique d’autre part sont sœurs et vont ensemble. Ces préceptes, si décisifs pour le goût de cette époque, constitutifs d’elle, ont cependant été sentis, en France, comme inutilisables et furent sans portée concrète pour les artistes. Contrairement à la Grande-Bretagne, où il marqua profondément le courant artistique, il n’y eut pas en France un art d’après Ruskin.

Beauté, nature et liberté, ces mots, que Ruskin avait lié en une gerbe glorieuse, de La Sizeranne les a ramassés, il les a naturalisés dans notre langue, il en a tiré une philosophie dont il est bon, il me semble, que l’amateur d’art fasse l’essai.

Antoine Cardinale - février 2019

[1] La mort des cathédrales, Marcel Proust, 1904
[2] Ruskin et la religion de la Beauté, Robert de La Sizeranne, Librairie Hachette,1897
[3] Praeterita, préface de Robert de La Sizeranne, Librairie Hachette, 1911
[4] Revue des Deux Mondes, avril 1920
[5] La peinture anglaise contemporaine, Robert de La Sizeranne, Librairie Hachette, 1895
[6] Après la Commune, de nombreux artistes français dont Monet, Pissaro, Carpeaux ou Dalou trouvèrent à Londres un asile, dont ils revinrent pour la plupart après la loi d’amnistie de 1880. Malgré Tissot ou de Sisley, compagnons d’atelier et tous les deux sujets britanniques, il est curieux de constater que cet exil n’altéra en rien l’imperméabilité des milieux artistiques français aux influences du pré-raphaélisme.

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Suzy avait de grandes jambes. Longues et musclées, assez affolantes. Et un nez fort, signe de caractère. Une blondeur pâle, des yeux délavés par la mer, une frange au carré, du talent et de l’énergie à revendre. Introduite dans les milieux parisiens par Yvonne de Bremond d’Ars, célèbre antiquaire, Suzy va vite mettre Paris à ses pieds. Symbole de la « garçonne » des années folles, Suzy Solidor s’illustra comme actrice et comme chanteuse dans les années 30 et 40.  Mais peu le savent, la grande Suzy fut aussi romancière. Par Denis Gombert

22/05/2022, 09:00

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Les Ensablés - Les saints vont en enfer, de Gilbert Cesbron

Ses romans ont connu de grands succès de librairie, vendus à plusieurs reprises à plus de 1 million d’exemplaires, et même largement au-delà (Chiens Perdus sans Collier, porté au cinéma avec Jean Gabin dans le rôle principal frôla les 4 millions d’exemplaires). Gilbert Cesbron (1911-1979) a donc été un écrivain célèbre dans la deuxième moitié du XX siècle ; il est aujourd’hui inconnu des moins de cinquante ans, un cas exemplaire d’ensablé et peut être d’enterré. Par Henri-Jean Coudy

08/05/2022, 09:00

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Les Ensablés - Direction Etoile (1937) de Francis de Miomandre

Les éditions de l’Arbre Vengeur nous ont donné une réédition de Direction Etoile, de Francis de Miomandre (1880-1959). Bernard Quiriny, par ailleurs biographe de Henri de Régnier, auteur cher aux Ensablés , signe une préface pleine d’humour ; les dessins de Regis Lejonc accompagnent merveilleusement le lecteur dans ce conte désenchanté. Puisse cette réédition rendre de nombreux lecteurs au sixième lauréat du prix Goncourt ! Par Antoine Cardinale.

 

24/04/2022, 09:00

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Les Ensablés - Les enfants aveugles, de Bruno Gay-Lussac (1918-1995) par Hervé Bel

C’était il y a peu dans le 6ème arrondissement, un samedi, jour béni entre tous puisque le dimanche nous protège encore du lundi. En passant devant la librairie « Le dilettante », maison d’édition dont les Ensablés affectionnent les publications, je tombe sur des bacs remplis de livres d’occasion. L’un d’eux attire mon attention : « Les enfants aveugles » d’un certain Bruno Gay-Lussac, avec une introduction de François Mauriac. Mauriac? Il fallait que ce roman oublié ait quelque qualité... Alors je l’ai acheté. Par Hervé Bel 

10/04/2022, 09:00

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“Raymond Schwab : mystification littéraire d’un génie méconnu” par François Ouellet

Les Sept dormants (1896), Confession de Sainte-Croix (1902), les deux volumes de poèmes Feuilles sous la glace écrits entre 1899 et 1913 ou encore l’autobiographie posthume Mon Bourreau, vous connaissez ? Ce sont quelques-unes des œuvres du poète Mathias Crismant (1882-1913), dont Raymond Schwab (1884-1956) entreprit de raconter la vie singulière et tourmentée dans un livre simplement intitulé Mathias Crismant, paru chez Plon en 1925. Par François Ouellet.

27/03/2022, 08:25

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Les Ensablés - Avec le feu de Victor Barrucand (1864-1934)

« Décennie de la bombe», les dernières années du 19ème siècle furent marquées en France par l’anarchisme insurrectionnel: attentats à la dynamite, assassinat du Président Carnot et autres pratiques de «propagande par le fait», dans un pays par ailleurs perturbé par d’autres mouvements révolutionnaires et déchiré par l’affaire Dreyfus. Remettant en cause la logique de subordination des gouvernés aux gouvernants, l’anarchisme -malgré sa violence terroriste et une certaine naïveté idéologique- fascine nombre d’intellectuels et artistes tel que Mallarmé («Le poème est comme une bombe»). Par Marie Coat

 

13/03/2022, 09:00

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Les Ensablés - Le Siège de Bruxelles (1996) de Jacques Neirynck

Au milieu des années 1990 paraît ce détonnant roman à clefs, une politique-fiction imaginant la fin de la Belgique par la prise d’indépendance de la Flandre et le déclenchement d’une guerre civile dans la capitale. Soulevés par une atmosphère décliniste, violente et baroque, des personnages symboliques hauts en couleur discourent et agissent au nom de passions diverses, confrontés aux mystères du sens du hasard et de l’Histoire. Racontés a posteriori sous forme de mémoires, ces événements sont censés s’être déroulés en l’an 2007. Par Louis Morès. 

27/02/2022, 09:00

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Les Ensablés - La psychanalyse de Freud de Pierre Janet, par Armel Job

Quand on parle de maladies mentales, s’il est un nom qui accourt spontanément sur toutes les lèvres, c’est bien celui de Sigmund Freud (1856-1939). Freud a été élevé au rang des grands génies de l’humanité pour avoir exploré un véritable continent, terra incognita avant lui, à savoir le monde de l’inconscient. La méthode psychanalytique qu’il mit au point s’est frayé un chemin dans cet univers ténébreux afin d’en révéler les mystères. De nos jours, le public cultivé pourra citer quelques noms supplémentaires des explorateurs de ce monde parmi les disciples ou les épigones du maître viennois, tels Jung, Adler, ou Lacan. Mais qui se souvient de Pierre Janet ? Par Armel Job, écrivain

06/02/2022, 09:00

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Les Ensablés – Hélène ou la solitude, de Jean Gaulmier

Roman fleuve, roman monde, Hélène ou la solitude de Jean Gaulmier avait il y a quelques années déclenché l’enthousiasme de notre ami et fondateur des Ensablés, Hervé Bel. Son engouement a suscité l’envie d’un éditeur, en l’occurrence les éditions de la Belle Étoile, de republier cet ouvrage. Que cet éditeur soit ici remercié d’avoir fait confiance au goût d’un lecteur pour prendre un tel pari. Doublement remercié même, car ce roman mérite assurément de sortir du petit cercle des amateurs éclairés auxquels il était jusqu’alors confiné pour être désormais disponible auprès d’un public plus large. Par Carl Aderhold, écrivain.

23/01/2022, 10:17

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Les Ensablés - On ne revient pas, le roman exupérien d'Hélène Froment

Hélène Froment (1908-2003), auteure d’un excellent premier roman paru chez Gallimard en 1941, On ne revient pas, est le pseudonyme d’Hélène Jaunez, qui a épousé l’aristocrate Jean de Vogüé (futur chef de la Résistance) en 1927. Dite Nelly de Vogüé, elle est surtout connue pour avoir été la maîtresse de Saint-Exupéry à partir de leur rencontre chez Louise de Vilmorin en 1929, deux ans avant le mariage de l’écrivain avec Consuelo. En 1949, cette fois-ci sous le pseudonyme de Pierre Chevrier, Nelly va lui consacrer un ouvrage, Antoine de Saint-Exupéry (Gallimard, 1949), et sera responsable de l’édition posthume de Citadelle (1948) et des Carnets (1953) de l’écrivain. par François Ouellet.

02/01/2022, 09:00

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Les Ensablés - Batouala (1921) de René Maran (1887-1960)

Les Ensablés ont le plaisir d'accueillir aujourd'hui dans leur rubrique Marie Coat, grande lectrice, qui nous fera partager au fil du temps ses découvertes. Merci à elle. Il y a tout juste un siècle, le 14 décembre 1921, le prix Goncourt fut attribué à René Maran, administrateur des colonies, pour son roman Batouala, proposé au jury par Henri de Régnier. Par Marie Coat

19/12/2021, 09:00

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Les Ensablés - Amour étrusque (1898) de JH Rosny aîné (1856-1940)

La littérature française est riche d’innombrables récits tirés de l’Antiquité grecque ou romaine. Sans remonter aux Aventures de Télémaque, nous avons tous lu La Venus d’Ille de Mérimée et son cruel dénouement, Gautier et Arria Marcella, Dumas et sa sulfureuse Acté et bien entendu Salammbô dans lequel Flaubert, de son aveu même, voulut appliquerà l’Antiquité les règles du roman moderne. L’Antiquité comme décor fabuleux et comme recueild’exemples politiques, mais aussi l’Antiquité onirique, féroce et sensuelle dont les jeunes latinistes découvraient avec ébahissement qu’elle reposait, au sens chrétien, sur une immoralité sans limite. Par Antoine Cardinale.

05/12/2021, 09:00

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Les Ensablés - Quinze rounds de Henri Decoin

Henri Decoin a connu plusieurs vies. Il fut tour à tour sportif de haut niveau – et le livre du jour fera montre de la science qu’il avait du noble art, la boxe -, héros de guerre, journaliste et cinéaste. Il fut aussi romancier. L’arbre vengeur a la bonne idée de rééditerune petite pépite, Quinze rounds, récit retraçant l’histoire d’une rencontre de boxe commentée par un boxeur sur le ring en temps réel. L’expérience littéraire y croise étonnamment les gants avec l’expérience sportive. Par Denis Gombert

21/11/2021, 09:19

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Les Ensablés – Les Maîtres du vertige, six romans de “merveilleux scientifique”

L’Arbre Vengeur, jamais en reste pour nous surprendre, nous offre aujourd’hui un très beau livre (sur la forme et le fond), Maîtres du Vertige, qui regroupe six romans de science-fiction — ou plutôt de « merveilleux scientifique », ayant été écrit par des auteurs de langue française du début du vingtième siècle… L’occasion, pour tous les curieux, épris de bonne littérature, de découvrir, non plus un seul auteur oublié, mais toute une littérature « ensablée », un continent, aurais-je envie de dire, dont j’ignorais jusqu’à l’existence. Par Hervé Bel.

08/11/2021, 16:26

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Les Ensablés – La Cité ardente d’Henry Carton de Wiart (1869-1951)  

La ville de Liège doit son célèbre surnom au titre de ce roman historique publié en 1905 (Paris, Perrin) par le comte Henry Carton de Wiart, le premier d’une série de cinq livres constituant le « cycle de la Destinée nationale ». L’ambition de l’auteur, qui s’apprête à occuper d’importantes fonctions gouvernementales au seuil de la guerre, est de renforcer le sentiment national belge en illustrant littérairement des épisodes de vaillance, de courage et de résistance puisés dans l’Histoire. Par Louis Mores

24/10/2021, 16:00

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Les Ensablés - La grande peur dans la montagne (1925) de Charles-Ferdinand Ramuz

L’œuvre de Ramuz comprend une vingtaine de romans. La grande peur dans la montagne est un texte de 1925 qui fait montre d’une grande maturité d’un auteur qui a entamé une carrière littéraire à Paris en 1900, à l’âge de vingt ans. Cependant, à Paris, là où son éditeur Bernard Grasset lui demandera toute sa vie de « se montrer », Charles Ferdinand Ramuz aura à cœur de toujours se mettre en retrait des mondanités. Par pudeur ainsi que par méfiance de la corruption urbaine, Ramuz est avant tout un homme de la terre. Par Denis Gombert

11/10/2021, 16:51

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Les Ensablés - L’univers sévère et lumineux de Maria Borrély (1890-1963)

Maria Borrély, le nom n’est pas connu. Pourtant, il devrait !...Il est toujours émouvant de découvrir des auteurs du passé. Je ne parle pas d’auteurs renommés qu’on lit pour la première fois, mais de ces auteurs complètement oubliés, que plus personne ne lit depuis longtemps, si tant est qu’ils ont déjà été lus. Par François Ouellet. 

27/09/2021, 09:39

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Les Ensablés - Les quatre éléments (1935) d'André Chamson (1900-1983)

« Mort sont les beaux diseurs/Mais le livre est écrit/Morts sont les bâtisseurs/mais le temple est bâti » (F.Mistral) André Chamson fit un voyage au Japon qu’il relate dans ses souvenirs. Nous avons été naturellement chez les geishas qui ne sont pas ce que l’on peut croire. La fille qui était venue sur le tatami pour allumer ma cigarette m’a dit « Monsieur, j’ai lu votre livre les Quatre éléments ». Les quatre éléments étaient devenus « le soleil, la rivière, la montagne » et je ne sais plus quoi… Par Antoine Cardinale

12/09/2021, 14:02

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Les Ensablés – La Rédemption de Mars de Pierre Nothomb (1887-1966)

Au sortir de la Première Guerre mondiale, durant laquelle il a travaillé pour le Gouvernement belge en exil au Havre (Sainte-Adresse) et publié des essais défendant et illustrant les positions de son pays, Pierre Nothomb (1887-1966) mène une vie littéraire entre la Belgique et la France et fait notamment paraître à Paris le roman La Rédemption de Mars (Paris, Plon, 1922). Par Louis Morès.

18/07/2021, 10:00

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Les Ensablés - Prétextat, de Pierre Bost (1901-1975)

Nos fidèles lecteurs n'ignorent pas que nous aimons Pierre Bost (1), écrivain d'avant-guerre devenu scénariste célèbre après 1945, et que nous aimons aussi les Editions de la Thébaïde qui, il y a deux ans, ont publié un recueil de nos articles sur les écrivains oubliés (Lectures en stock). Il était donc évident et naturel que nous parlions aujourd'hui de la réédition de Prétextat (1925) de Pierre Bost, d'autant plus que la préface a pour auteur François Ouellet, chroniqueur des "Ensablés", et par ailleurs grand spécialiste de l'écrivain. Par Hervé Bel.

27/06/2021, 13:22

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Les Ensablés – La Maison Camille, (1935) de Henri Duvernois

Les fidèles de notre rubrique se rappelleront que nous avons déjà chroniqué deux romans de cet auteur prolixe (Edgar, L’homme qui s’est retrouvé) mort en 1937, juste avant la guerre ; ce qui lui fut peut-être fatal, car, en 1945, on était passé à un autre monde, pas forcément meilleur. À côté de Camus, Sartre, et tant d’autres, Duvernois ne faisait plus très sérieux, d’autant que l’homme, dans sa vie comme dans ses écrits, avait toujours imité la légèreté. Je dis « imité » à dessein, car l’œuvre de Duvernois, sous des apparences d’ironie et de comique, dissimule une profonde mélancolie, une réflexion désabusée sur l’homme. Par Hervé Bel.

06/06/2021, 19:41

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Les Ensablés - Voyage d’un livre à travers la Bibliothèque Nationale de  Henri Beraldi

Exhumé de l’oubli, ce petit texte écrit par un bibliophile passionné raconte et s’inquiète de la croissance des arrivées des livres en masse à la Bibliothèque Nationale. Nous sommes à la fin du XIXe siècle et la noble institution enregistre déjà 500.000 références disponibles (14 millions aujourd’hui !). « La vérité, annonce l’auteur, est que, de ces espaces, aujourd’hui, il n’y en a plus. La Bibliothèque est pleine, archipleine, bondée, bourrée jusqu’à refus. » Voyage au cœur de la Bibliothèque, ogre-machine qui tourne à plein régime. 

23/05/2021, 20:41

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Les Ensablés - Hiver 1814, de Bernard Michel, la Campagne de France

Les Ensablés ont plusieurs fois évoqué Napoléon pour rappeler que dans sa jeunesse, il avait écrit des nouvelles, et qu’à Sainte-Hélène, il avait retrouvé son désir d’écrire et pu assouvir sa passion pour la lecture. Il faut lire Le Mémorial pour mesurer l’étendue de sa culture littéraire. Il profita de son inactivité pour écrire quelques ouvrages, dont une étude sur « La guerre des Gaules », et une espèce de fiction sur son exil à Sainte-Hélène. Par Hervé Bel

 

09/05/2021, 10:22

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Les Ensablés - Black (1858) d’Alexandre Dumas (1802-1870)

« Pas de mystère, pas de souterrain, pas de ténèbres dans cette œuvre ; partout le rayonnement, partout le plein midi », disait Victor Hugo. L’œuvre d’Alexandre Dumas n’intéresse pas l’Histoire de l’art. En 1840 certes, résidant à Florence, il lui fut commandé, pour la somme considérable de dix mille francs, un ouvrage sur la galerie des Offices. La description des trois cent cinquante portraits de peintres qui sont dans ce fameux musée devait former L’histoire biographique et anecdotique de la peinture depuis huit siècles. Par Antoine Cardinale.

25/04/2021, 10:12

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Jerry Stahl en compagnie des "touristes des camps de la mort"

Comment survivre à un voyage organisé dans les camps de la mort quand on est juif et dépressif ? C'est le défi que s'est lancé Jerry Stahl, dans une enquête délirante et grinçante, monument d'humour noir et d'autodérision, sur fond de satire de l'amérique trumpiste.

30/11/2022, 09:30

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Dans son nouveau recueil élégamment intitulé Imprécations Nocturnes, préfacé par Jean-Louis Kuffer, l’auteur poursuit sa quête inlassable ou plutôt sa « hantise insondable », amplement signifiée dès son premier recueil, Conspiration du Réel, dont j’avais dans un article précédent vanté les qualités littéraires. Mais également le contenu singulier, dont les thèmes récurrents qui n’ont rien d’une argumentation passive ou poussive, c’est selon, convoquent une fois de plus les affres de la vie et plus encore ses pernicieux revers.

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Une somme humaine : coup de projecteur sur l’humanité

La narratrice n’est jamais nommée, pourtant c’est l’entièreté de sa vie qu’elle offre à travers le voile de la mort. Son passé, ses pensées, ses espoirs et ses déboires, mais aussi une vision de l’humanité — crue, accusatrice, féroce. Son récit débute avec la fin de sa vie : le souhait de disparaître, ces moments où elle imagine comme s’y prendre, puis le saut sur les rails, devant un train à Paris, cette ville devenue son refuge face à une enfance d’une violence inouïe.

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Trillion game : gagner 1000 milliards de dollars à partir de rien  

Haru et Gaku, meilleurs amis depuis le lycée, tentent de trouver leur premier emploi. Ils visent tous deux la prestigieuse Dragon Bank – mais beaucoup trop introvertis, Gaku échoue lamentablement à l’entretien. Ce n’est pas ça qui va les séparer ! Haru leur lance un défi : à eux deux, ils vont monter une boîte, et obtenir 1000 milliards de dollars.

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Héliotrope, l’amour déjanté

Le prolifique Joann Sfar commence une nouvelle série fantastique en collaboration avec Benjamin Chaud. Le Tome 1 d’Héliotrope, publié en juin 2022 aux Éditions Dupuis (le T.2 ce 18 novembre), est empreint de toute la verve de Sfar. Mais convainc moins que la saga Petit Vampire

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23/11/2022, 08:00

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Sonia Mossé, biographie d'une reine sans couronne

Sans ambitionner d’être catalogué biographe, Gérard Guégan s’est montré fort habile, depuis une douzaine d’années, à filmer littérairement des Français au destin tragique : Jean Fontenoy, Aragon, Drieu La Rochelle, Théodore Fraenkel, qui avaient en commun d’être nés à l’extrême fin du XIXe siècle. Après eux, on espérait une femme. La voici enfin. Plus jeune que les précédents (née à Paris en 1917), belle et blonde, Sonia Mossé est juive comme Fraenkel et plus franchement homosexuelle qu’Aragon. Sa vie sera plus brève, puisque, arrêtée à Paris par des inspecteurs du service des Affaires juives, elle mourra gazée à Sobibór avec sa demi-sœur en 1943. Texte par Adrien Le Bihan.

22/11/2022, 12:33

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Philippe Besson de retour : Ceci n'est pas un fait divers

BONNES FEUILLES - « Papa vient de tuer maman. » Passée la sidération, deux enfants brisés vont devoir se débattre avec le chagrin, la colère, la culpabilité. Et réapprendre à vivre.

22/11/2022, 09:00

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Sous les apparences, les vrais Monstres

Paris, dans la France du XVIIe siècle. Un lieu, à l’époque, où règnent le chaos et l’immondice en termes d’hygiène. Ici, tout est « gris, sale, étroit, boueux, disparate », au point que les rues et les parcs sont devenus les poubelles et les latrines des habitants — impossible, donc, de naviguer dans cette ville sans heurter ses narines ou crotter ses chaussures. Pourtant, au cœur de Paris se dresse Le Louvre, ce palais merveilleux de beauté et de parfums épicés, « une perle dans une huître ».

21/11/2022, 12:53

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La Main de Dieu : l'Église, la mafia ou les deux

En ce matin de 13 janvier, après un bref passage au bureau, le Commissaire Soneri était parti faire un tour dans les rues de Parme pour faire passer sa mauvaise humeur quand le téléphone le ramena à la triste réalité : un policier l’appelait pour lui annoncer la découverte d’un cadavre échoué sur la grève de la Parma au niveau du Ponte di Mezzo. Comme il était juste à deux pas dudit pont, il put observer un moment, avec les badauds qui se délectaient du spectacle et immortalisaient l’instant avec leurs téléphones portables, l’agitation des agents autour du corps que la baisse du niveau de l’eau avait dû déposer là après les grosses pluies des jours précédents.

21/11/2022, 12:12

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Zanzibar, l'autre voie d'Altaïr Despres

BONNES FEUILLES - Ce premier roman raconte une île tropicale d’une beauté franche et sale, théâtre de rencontres exaltées entre des jeunes Européennes qui ont tout plaqué pour faire leur vie loin de chez elles, et des beach boys, décidés à saisir les opportunités laissées par un tourisme écrasant.

21/11/2022, 09:00

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Les désobéissantes dévoilent les secrets de Marcus Solar

BONNES FEUILLES - On dit de lui qu’il a eu mille vies. Une enfance passée à l’orphelinat, une jeunesse marquée par le succès et, au faîte de sa gloire, des fiançailles avec une riche Américaine.

21/11/2022, 08:00

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Le Roitelet, de l'oiseau fragile au roi sans prestige

BONNES FEUILLES - Un homme vit paisiblement à la campagne avec sa femme Livia, son chien Pablo et le chat Lennon. Pour cet écrivain parvenu à l’aube de la vieillesse, l’essentiel n’est plus tant dans ses actions que dans sa façon d’habiter le Monde, et plus précisément dans la nécessité de l’amour.

21/11/2022, 07:00

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Défaire l'amour : l'art de l'autosabotage amoureux

BONNES FEUILLES - À vingt ans, fuyant Paris et mon chaos intérieur, je débarquai dans un Istanbul en pleine effervescence. 

20/11/2022, 09:00

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Ta seule issue, un premier thriller glaçant pour Giles Kristian

BONNES FEUILLES - Une nature hostile. Un tueur impitoyable. Qui sera la proie ?

20/11/2022, 08:00