La Pleureuse (trad. Susanne Juul - Andréas Saint Bonnet) s’ouvre dans l’étouffement. Une jeune fille lutte, perd le contrôle de son corps, tente de comprendre ce qui lui arrive. Une phrase suffit à installer la menace : « Elle ne voulait pas mourir. » Camilla Läckberg ne cherche pas encore l’énigme ; elle impose d’abord une sensation. Puis Fjällbacka retrouve son quotidien, ses restaurants, ses familles, ses plaisanteries, ses habitudes. Sous cette normalité, pourtant, quelque chose attend depuis trente ans.
Le 30/09/2026 à 14:00 par Nicolas Gary
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30/09/2026 à 14:00
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Sofie Rudberg a disparu adolescente. Le nouveau restaurant de sa famille ouvre précisément le jour anniversaire de l’affaire : « ça fait exactement trente ans depuis la disparition de Sofie. » La coïncidence remet déjà les souvenirs en mouvement. Quand un élément majeur vient bouleverser l’enquête, Erica Falck reçoit la nouvelle comme un choc : « Sofie. Retrouvée. »
À l’échelle de la petite ville, l’affaire demeure « une immense blessure ouverte ». Läckberg tient là son ressort le plus efficace : montrer comment une communauté a continué à vivre autour d’un vide qu’elle n’a jamais réellement refermé.
Ce douzième volet de la série Fjällbacka retrouve l’équilibre entre Erica Falck et Patrik Hedström. Lui travaille avec les procédures, les auditions, les rapports et les preuves ; elle avance par curiosité, intuition, voisinage, souvenirs, réflexe d’écrivaine. Le dispositif évite de dupliquer l’investigation : deux méthodes se croisent, se complètent et parfois se gênent. L’une cherche ce qui peut être démontré, l’autre la forme cachée que prennent les faits lorsqu’on les rapproche.
La construction repose sur une circulation très maîtrisée entre le crime et la vie ordinaire. Un dossier de police peut céder la place à un biberon, une conversation familiale, une plaisanterie ou un dîner. Ce contraste donne au suspense son efficacité : le danger ne vient pas d’un univers séparé, il s’insinue dans le quotidien. Les personnages restent des parents, des conjoints, des collègues avant d’être les pièces d’une mécanique policière. Cette continuité domestique évite également que les suspects se réduisent à des fonctions : chacun conserve une histoire, des liens, une manière de se protéger. Lorsque l’étau se resserre, c’est tout un réseau affectif qui se tend avec lui.
Läckberg joue surtout avec ce que chacun a choisi de taire. Yvonne formule involontairement la règle du roman : « Tant que le mystère restait intact, personne ne touchait aux vieux secrets. » Trente années ont laissé le temps aux souvenirs de se déformer, aux culpabilités de s’installer, aux relations de se recomposer. Le passé n’est donc jamais livré comme un bloc fiable ; il arrive par fragments, témoignages, silences et versions concurrentes. Aino, la Pleureuse, ajoute une zone d’incertitude : ses paroles peuvent être divagation, mémoire ou indice. Le récit retarde habilement le moment où l’on saura comment les entendre.
Erica résume elle-même la difficulté lorsqu’elle constate qu’« il lui manquait encore beaucoup de pièces du puzzle. » Plus loin, le motif se déplace : « j’ai l’impression de regarder dans un kaléidoscope. Mille petits morceaux qui ne s’assemblent pas. » Ces deux images décrivent exactement l’architecture du polar. Les indices sont distribués avec méthode, mais leur sens change dès qu’une pièce pivote. Le lecteur progresse moins par coups de théâtre mécaniques que par recompositions successives.
La traduction de Susanne Juul et Andreas Saint Bonnet conserve une langue rapide, familière dans les dialogues, plus tendue dans les scènes d’investigation, sans rupture artificielle entre les registres.
La Pleureuse repose ainsi sur des qualités très concrètes : lisibilité de la structure, pluralité des points de vue, dosage précis de l’information, efficacité des scènes domestiques, relance régulière du suspense. Sans dévoiler son issue, le roman rappelle ce que Fjällbacka sait faire depuis longtemps : donner au passé assez de poids pour qu’il finisse toujours par remonter à la surface.
Par Nicolas Gary
Contact : ng@actualitte.com
Paru le 07/10/2026
480 pages
Actes Sud Editions
23,50 €
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Dans Imago je suis, Dan Yodwira donne voix à une narratrice confrontée à la perte de ses illusions et à ses propres contradictions. Entre colère et espoir, elle cherche un chemin vers la liberté et une possible renaissance.
10/10/2026, 06:30
Pour la cinquième semaine consécutive, Sarah Knafo conserve la première place des meilleures ventes de livres en France. Du 28 septembre au 4 octobre 2026, Le Casse du siècle (Fayard) enregistre 37.294 ventes supplémentaires. Derrière l'eurodéputée, One Piece reste deuxième, tandis que Thélyson Orélien monte sur le podium.
09/10/2026, 12:22
Certains auteurs ne se contentent pas d'inventer des histoires ou de rendre compte de l'état du monde : ils utilisent la puissance de la bande dessinée pour donner naissance à un univers qui n'existe nulle part ailleurs, forgé dans un alliage unique de dessins, de situations, de personnages, de de tempo et de dialogues. De livre en livre, les lecteurs explorent cet espace hors du temps et de la géographie qui leur semble de plus en plus familier. Erik Svetoft est sans nul doute un de ces artistes puissants, dont l’œuvre, de titre en titre, forge un univers qui ne ressemble à aucun autre et certainement pas au nôtre.
09/10/2026, 11:50
Avant de trouver sa place dans le chœur, Coralie Grimand cherche où poser sa voix. Française, amoureuse depuis l’adolescence de la littérature russe, elle rejoint une chorale ukrainienne au début de l’invasion. La guerre ne lui retire ni Pouchkine ni Dostoïevski ; elle rend cet amour inconfortable.
09/10/2026, 10:30
Dans une mansarde du 11e arrondissement de Paris, une psychologue reçoit des patients aux parcours singuliers. Jusqu’au jour où la mort de l’un d’eux, tué le 13 novembre 2015, bouleverse son rapport à son métier et la conduit à franchir certaines limites.
09/10/2026, 07:30
À L’Anse-à-Beaufils, près de Percé, un homme est retrouvé mort en pleine saison touristique. Son passé sulfureux lui avait valu de nombreux ennemis. Tandis que l’enquête commence, les souvenirs des villages disparus de Gaspésie refont surface.
09/10/2026, 06:15
Quatre balles dans la nuque, disposées en carré. Le 6 mai 1995, Joseph Vitali, grand producteur de cinéma et personnage trouble, est exécuté dans un parking. Personne n'est arrêté. Trente ans plus tard, jour pour jour, sa fille Ana disparaît. On retrouve son corps au fond d'un puits, dans la forêt de Meudon. Les Vitali ne croient pas aux coïncidences. Estelle Voldor non plus. À la tête de True Crime, magazine spécialisé dans les affaires non résolues, elle flaire le sujet qui fera trembler la rédaction : « Rien que l’histoire de cette famille, j’achète ! » Reste à convaincre Jed Jarzinski de s'en charger. Mauvaise humeur comprise.
08/10/2026, 19:02
Un Shinkansen file vers Tokyo. Dans le casque de Philippe Séclier, Keith Jarrett improvise. Quelques mois plus tard, un coffret couleur sable acheté au Japon devient le point de départ d’une enquête : les Sun Bear Concerts, huit récitals donnés en novembre 1976, dont cinq furent réunis sur dix vinyles.
08/10/2026, 17:13
L’amitié a longtemps occupé, dans les récits, la place de la relation qui va de soi : solide, secondaire, moins spectaculaire que l’amour. Autant que l’amour refuse précisément ce confort. Sous la direction de Charlotte Pudlowski, six textes de non-fiction signés par sept autrices regardent ce lien là où il protège, déçoit, domine, libère ou recommence.
08/10/2026, 10:22
Dans un monde partagé entre quatre peuples, la mort d’un jeune Naga lors d’un rituel va bouleverser un fragile équilibre. Accusé à tort, Ryun Pei fuit vers le nord, où il doit rejoindre une escorte composée de représentants de chacun des peuples. Traduit du coréen par Kette Amoruso.
08/10/2026, 07:30
Une joggeuse disparaît sans laisser de trace. Son mari, écrivain de romans policiers, devient le principal suspect. Cinq ans plus tard, la découverte d’ossements humains relance une affaire que certains auraient préféré voir enterrée. Avec The Crime Writer, Diane Jeffrey mêle enquête, secrets de famille et fascination pour le crime parfait.
08/10/2026, 06:00
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Malgré l’abordage de One Piece, Sarah Knafo règne sur les ventes de livres Sarah Knafo reste en tête des ventes, Thélyson Orélien grimpe malgré la polémique Prix Goncourt 2026 : plus que huit romans en compétition “J’ai juste l’impression de lire pour lire : je ne sais pas si j’achèterai encore des livres”
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