Le New York Times vient de dévoiler son classement des 100 meilleures séries télévisées du XXIe siècle. Breaking Bad prend la première place, devant The Wire et Mad Men, mais pour les lecteurs, un autre classement se dessine derrière celui-ci : au moins treize des séries retenues sont directement issues d’un roman, d’un cycle littéraire ou d’un ouvrage de non-fiction. La mieux placée est...
Le 25/09/2026 à 18:18 par Hocine Bouhadjera
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25/09/2026 à 18:18
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Mais avant, pour établir ce classement, le New York Times a sollicité 516 personnalités du monde de la télévision - acteurs, scénaristes, showrunners, techniciens, producteurs ou dirigeants - en leur demandant de choisir jusqu’à dix séries ayant débuté depuis le 1er janvier 2000. Tous les formats et toutes les langues étaient admis.
Les votants ont ensuite été invités à départager, à plusieurs reprises, deux séries choisies au hasard. Ces confrontations ont été combinées au nombre de voix recueillies pour établir le Top 100. Parmi eux, plusieurs écrivains à succès, dont Stephen King, Harlan Coben et Nicholas Sparks, ou des figures comme Matt Groening.
Première adaptation littéraire du classement, Game of Thrones occupe la sixième place. La série de HBO est tirée du cycle qu'on ne présente plus, A Song of Ice and Fire de George R. R. Martin, commencé en 1996 avec A Game of Thrones.
En France, Le Trône de fer est publié par Pygmalion et disponible en poche chez J’ai lu. Jean Sola a assuré la traduction des quatre premières intégrales, Patrick Marcel prenant notamment le relais pour la cinquième. La série télévisée a fini par dépasser les romans publiés, les derniers volumes du cycle n’ayant toujours pas paru.
Friday Night Lights: A Town, a Team, and a Dream, publié en 1990 par le journaliste H. G. « Buzz » Bissinger, raconte une saison passée auprès des Panthers du lycée Permian, à Odessa, au Texas. À travers le football américain, le livre observe aussi les fractures sociales, raciales et économiques de la ville.
Il inspire d’abord un film de Peter Berg en 2004, puis la série lancée deux ans plus tard. Malgré la notoriété de celle-ci, l’ouvrage reste, à notre connaissance, inédit en traduction française.
Avant Kevin Garvey et les disparitions inexpliquées de la série HBO, il y avait le roman The Leftovers de Tom Perrotta, publié en 2011. En France, le texte devient Les Disparus de Mapleton, traduit par Emmanuelle Ertel et publié chez Fleuve noir en 2013, puis repris chez 10/18.
Damon Lindelof a adapté le livre avec Perrotta lui-même : la première saison en reprend largement la matière avant que la série ne s’en éloigne pour construire sa propre mythologie.
Band of Brothers, de l’historien américain Stephen E. Ambrose, a été publié en 1992, et retrace le parcours de la Easy Company, unité parachutiste américaine engagée en Europe pendant la Seconde Guerre mondiale.
Steven Spielberg et Tom Hanks en feront la minisérie devenue Frères d’armes en France. Le livre est lui aussi disponible sous ce titre chez Albin Michel, dans une traduction d’Alain Deschamps.
Frank Underwood doit beaucoup à Francis Urquhart. Avant la série américaine de Netflix, House of Cards est un roman de Michael Dobbs publié en 1989, puis adapté par la BBC dès 1990. La version américaine déplace ensuite la mécanique de conquête du pouvoir britannique vers Washington.
En France, la trilogie de Michael Dobbs a été publiée chez Bragelonne, puis en poche chez Milady, dans une traduction de Frédéric Le Berre. Les volumes suivants portent les titres Échec au roi et Coup de grâce.
Juste derrière arrive l’une des adaptations littéraires les plus identifiables de ces dernières années : Normal People, de Sally Rooney, paraît en 2018 et suit sur plusieurs années la relation de Marianne et Connell, de leur adolescence en Irlande à leurs études à Dublin.
La série portée par Daisy Edgar-Jones et Paul Mescal conserve cette structure intime. Le roman est publié en France aux éditions de l’Olivier, dans une traduction de Stéphane Roques.
Les espions disgraciés de Jackson Lamb viennent eux aussi des rayonnages. Slow Horses ouvre en 2010 la série Slough House du Britannique Mick Herron, consacrée aux agents du MI5 relégués dans un service réservé aux éléments devenus indésirables.
En France, le premier volume, La Maison des tocards, a d’abord paru chez Presses de la Cité en 2012, avant d’être repris par Actes Sud. Une nouvelle édition de poche est parue en août 2026 dans la collection Babel noir, toujours dans la traduction de Samuel Sfez.
Difficile de dissocier désormais les silhouettes rouges de la série du roman de Margaret Atwood. The Handmaid’s Tale paraît pourtant dès 1985. Deux ans plus tard, Robert Laffont publie La Servante écarlate dans la traduction de Sylviane Rué, toujours utilisée dans les éditions françaises.
La première saison de la série suit assez étroitement le livre, avant que le récit télévisé ne prolonge l’univers de Gilead au-delà du texte original. Atwood lui donnera elle-même une suite littéraire en 2019 avec Les Testaments.
Le succès mondial de la minisérie Netflix a remis en lumière un roman publié près de quarante ans auparavant. Walter Tevis fait paraître The Queen’s Gambit en 1983. Une première traduction française, signée Pierre Alien, paraît chez Albin Michel en 1990.
Après l’adaptation, Gallmeister remet le texte en circulation en 2021 sous le titre Le Jeu de la dame, dans une nouvelle traduction de Jacques Mailhos.
Justified entretient une relation un peu différente avec son matériau littéraire. Le marshal Raylan Givens apparaît chez Elmore Leonard dans plusieurs textes, notamment Pronto, Riding the Rap et la nouvelle Fire in the Hole, qui sert directement de point de départ à la série.
En français, Rivages a publié Pronto dans une traduction de Michel Lebrun, Riding the Rap sous le titre Beyrouth-Miami, traduit par Danièle et Pierre Bondil, puis Raylan, traduit par Pierre Bondil. Leonard continuera d’ailleurs à écrire autour de son personnage pendant la diffusion de la série.
La nouvelle adaptation de Shōgun a ramené au premier plan le roman-fleuve publié en 1975 par James Clavell. Dans le Japon de 1600, l’Anglais John Blackthorne découvre une société dont il ignore les codes et se retrouve entraîné dans les luttes de pouvoir qui entourent Toranaga.
En France, les éditions Callidor ont publié en 2024 une version en deux tomes, présentée comme intégralement révisée et complétée. La traduction est créditée à Robert Fouques Duparc, Ivan Berton, Thierry Fraysse et Luc Lavayssière, Patrick Marcel participant également au second volume.
Avant Michael C. Hall, Dexter Morgan apparaît sous la plume de Jeff Lindsay dans Darkly Dreaming Dexter, publié en 2004. Le roman devient en France Ce cher Dexter, traduit par Sylvie Lucas et publié au Seuil dès 2005, avant une édition en Points.
La première saison reprend largement l’intrigue du livre ; les scénaristes prennent ensuite leurs distances avec les volumes suivants, tout en conservant le personnage, son « Passager noir » et son code meurtrier.
Station Eleven ferme cette liste d’adaptations littéraires à la 93e place. Publié en 2014 par Emily St. John Mandel, le roman imagine un monde ravagé par une pandémie dans lequel une troupe itinérante continue de jouer Shakespeare. En France, Rivages publie le livre dans une traduction de Gérard de Chergé. Il est également disponible au Livre de Poche.
La minisérie créée par Patrick Somerville conserve le cœur du roman - la catastrophe, le théâtre et la nécessité de l’art — tout en réorganisant largement les parcours de ses personnages.
Deux autres séries du classement méritent d’être rapprochées du livre sans être considérées exactement comme des adaptations. Classée 39e, Watchmen reprend l’univers imaginé par Alan Moore et Dave Gibbons, mais l’action de la série HBO se déroule plusieurs décennies après le comic original. En France, Watchmen est publié par Urban Comics dans la traduction devenue historique du romancier Jean-Patrick Manchette.
À la 19e place, Chernobyl n’adapte pas officiellement un ouvrage unique. Son créateur Craig Mazin a toutefois expliqué que son intérêt pour la catastrophe avait notamment été nourri par Voices from Chernobyl de Svetlana Alexievitch. Le livre, construit à partir des voix de centaines de témoins, est publié en France sous le titre La Supplication. Tchernobyl, chroniques du monde après l’apocalypse, chez JC Lattès puis J’ai lu, dans une traduction de Galia Ackerman et Pierre Lorrain.
Pour le reste, le haut du classement privilégie nettement les créations originales. Breaking Bad est désignée meilleure série du XXIe siècle par le New York Times, devant The Wire, Mad Men, Succession et Fleabag.
La France obtient aussi une place dans ce Top 100 : Le Bureau des légendes, créé par Éric Rochant, arrive 54e. Une présence que le journal américain accompagne d’une petite pique : la série « mériterait d’être plus haut », mais elle est française, « c’est la vie ».
Le classement complet est à retrouver ici.
Crédits photo : capture d’écran de la série Le Bureau des légendes, diffusée sur Canal+
Par Hocine Bouhadjera
Contact : hb@actualitte.com
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318 pages
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Paru le 10/10/2019
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