Entre le 18 et le 24 septembre 2026, la revue du web littéraire s’appuie sur 243 contributions recensées par Bibliosurf : 201 avis, 14 podcasts et 28 vidéos. Romans de rentrée, controverses, exils, mémoire, violences et récits noirs composent une semaine où Thélyson Orélien domine très largement les discussions, devant Chuck Wendig, Philippe Jaenada, Franck Thilliez et Abdellah Taïa, au fil d’une réception critique particulièrement dense.
Le 25/09/2026 à 11:07 par Bernard Strainchamps
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Publié le :
25/09/2026 à 11:07
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Cette semaine, les lectures se concentrent autour d’un roman-phénomène et de la polémique qui l’accompagne : C’était ça ou mourir, de Thélyson Orélien. Derrière lui, forêts inquiétantes, faits divers, survie, exils et filiations traversent les chroniques. Les critiques se partagent aussi sur plusieurs romans noirs, tandis que blogs, presse, podcasts et vidéos dessinent une réception particulièrement contrastée, entre enthousiasmes, réserves et désaccords.
| # | Titre | Auteur | Mentions | Sources dominantes | Ventes |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | C’était ça ou mourir (Grasset) | Thélyson Orélien | 28 | vidéos · presse · blogs | 41.163 |
| 2 ★ | L’Escalier dans les bois (Sonatine - trad. , Paul Simon Bouffartigue) | Chuck Wendig | 4 | blogs | 278 |
| 3 ↑ | L’inconnue du quai de Javel (Flammarion) | Philippe Jaenada | 4 | blogs · vidéos | 33.319 |
| 4 ★ | La route du diable (Fleuve) | Franck Thilliez | 4 | blogs · vidéos | 15.252 |
| 5 ★ | Debout dans tes rêves (Julliard) | Abdellah Taïa | 4 | blogs · presse · vidéos | 1722 |
(données de ventes fournies par Edistat, semaine 38 du 14 au 20 septembre)
La rentrée littéraire 2026 a désormais un roman-phénomène, et une polémique à sa mesure. C’était ça ou mourir (Grasset) de Thélyson Orélien, stable en tête cette semaine, continue de rassembler les jurys — du Goncourt au Renaudot, en passant par le Prix Fnac déjà décroché — tandis que Coin lecture de Nath tranche : « S’il ne faut lire qu’un livre de cette rentrée, c’est celui-ci. »
Nicole Giroud salue un roman « truffé de véritables perles d’écriture », quand ActuaLitté souligne comment le rire y devient « économie de survie ». Mais le roman est aussi assailli par une controverse retentissante : Le Monde rapporte que des libraires continuent à le défendre malgré les accusations d’usage de l’IA, tandis que Libération détaille les accusations et que l’auteur se défend ailleurs dans le même journal en affirmant : « [J]e ne vois pas pourquoi je ferais appel à une machine. »
Virginie Despentes s’en mêle avec fracas, comme le rapporte Libération, et Le Regard culturel évoque la notion de « littérature industrielle ». Plusieurs chaînes d’information, de M6 Info à FRANCE 24 en passant par Radio-Canada Info, ont consacré des reportages à l’affaire, tandis que franceinfo donne la parole à Nora Hamadi qui interroge le fond racial de la polémique, et que La Presse recueille les doutes intimes de l’auteur lui-même.
Dans un tout autre registre, L’Escalier dans les bois (Sonatine) de Chuck Wendig fait une entrée remarquée, avec son dispositif temporel confrontant cinq amis à un escalier surgi dans la forêt 20 ans plus tôt. K-libre tempère l’enthousiasme en rattachant le roman aux « énormes hou-fais-moi-peur » du genre, quand Dealer de lignes salue au contraire un « véritable labyrinthe » démoniaque, et Benzine Magazine évoque un roman « un peu trop long sans doute » mais aux « personnages faillibles et humains ».
L’inconnue du quai de Javel (Flammarion) de Philippe Jaenada, qui progresse encore dans les discussions, poursuit son enquête sur le fait divers de 1949 resté irrésolu quai de Javel. Autre entrée marquante, La route du diable (Fleuve), signée Franck Thilliez sous le pseudonyme Caleb Traskman, embarque le lecteur dans un survival glaçant en pleine taïga : Culturellement Vôtre parle d’un roman « qui se dévore littéralement », tandis que Les livres de K79 lui consacre également une vidéo.
Enfin, Debout dans tes rêves (Julliard) d’Abdellah Taïa, qui rejoint lui aussi les tables cette semaine, retrace le parcours de Majid entre précarité administrative et lien filial improvisé : Diacritik y voit « le roman de l’espoir revenu, de la Lumière dans la Nuit ».
Plusieurs romans de la semaine interrogent ce qui se transmet — ou pas — d’une génération à l’autre. Nous aussi (Actes Sud) d’Anne Godard, pressenti pour le Goncourt, démonte « l’édifice familial » selon leclaireur.fnac.com, avec une « construction d’une remarquable précision » saluée par L’Apostrophée, tandis que l’autrice elle-même confie au micro des Midis de Culture avoir trouvé « dans la langue » le moyen de dire l’indicible.
Dans un registre voisin, Un retour impossible (Après Mireille) (Mercure de France) de Robin Josserand se referme sur un « entretien fictif » avec une arrière-grand-mère, loué par Diacritik, et Fille de (Finitude) d’Anne Pitteloud explore « l’éternelle quête de la reconnaissance » filiale selon Mon roman ? Noir et bien serré !.
La violence, qu’elle soit intime ou institutionnelle, irrigue nombre de titres. La malédiction des colons (Le tripode) frappe par son « écriture incandescente et martelée » selon En attendant Nadeau, quand Ce qui se joue (Rouergue) de Caroline Hinault donne à voir l’institution scolaire avec « beaucoup de lucidité » d’après Les mafieuses. Le thriller judiciaire n’est pas en reste avec Ceux qui frappent (Les Léonides) d’Anaïs Llobet, où Mes p’tits lus souligne la « théâtralité d’une salle de jugement ».
La question migratoire traverse aussi les lectures de la semaine à travers Les Vents de Maracaibo (Michel Lafon) de María Elena Morán, dont Collectif polar salue « la colère » et « la tendresse », et Les Lieux souterrains (Christian Bourgois) de Gustavo Faveron Patriau, que Le Monde qualifie de « formidable » enchevêtrement de récits sur l’Amérique latine.
Du côté des romans plus discrets mais largement commentés, Rouges-Truites (Éditions POL) de Pierric Bailly suscite des jugements contrastés : La bibliothèque de Delphine-Olympe regrette un « sillon romanesque beaucoup plus anecdotique », tandis que Kesketalu ? confie ressortir « désarçonnée » sans avoir toujours adhéré à l’intrigue.
En votre âme et conscience (Gallimard) de S. J. Fleet fait davantage consensus : The killer inside me salue une tension maintenue sur 500 pages, rejoint par Actu du noir qui y voit un « véritable plaisir de lecture ». Le Serment (La Martinière) d’Arttu Tuominen déçoit en revanche Mes Lectures du Dimanche, qui pointe des scènes violentes trop appuyées et des questions sans réponse.
Stephen King, avec Ne Jamais Trembler (Albin Michel), reçoit un accueil mitigé de la part des Chroniques Acides De Lord Arsenik, qui évoquent « une version light » de l’auteur. Enfin, La tristesse du samouraï (Actes Sud) de Víctor del Árbol divise également : Dequoilire salue la construction en puzzle tout en regrettant une noirceur qui empêche l’attachement aux personnages.
Les Amateurs (Agullo) de Yan Lespoux illustre qu’un roman noir peut aussi se déguster avec humour, comme le confirme Le polar sonne toujours deux fois, qui y voit la preuve qu’un polar peut être drôle, tandis que Des livres et délires RCFM parle d’un « roman noir et lumineux ». De l’autre côté du lac (Éditions de Minuit) de Sylvain Prudhomme, présenté aux abords d’un lac de haute montagne dans l’entretien accordé à QWERTZ, séduit également Les Amis du Grain des Mots par sa capacité à « saisir l’essence de ce qui nous entoure » avec une écriture « calme et attentive ».
Je suis né dans la tempête (Allary) de Jérôme Colin, présenté à la Librairie francophone aux côtés de Guillaume de Tonquédec et Isabelle Cornaz, trouve un écho tout particulier chez Aude Bouquine, qui salue un texte qui « pose les bonnes questions sur notre époque » et découvre « une lumière d’espérance dans la résistance au bruit ».
Baignade surveillée (Gallimard) de Laura Kasischke (The Life Before Her Eyes) divise la critique : Papivore avoue sa déception face à des « procédés narratifs, relevant d’une mécanique bien (trop) huilée », tandis que le roman fait par ailleurs l’objet d’un long entretien au Book Club autour de cette journée particulière du 16 juillet 1969.
La Maison des os et de la pluie (Sonatine) de Gabino Iglesias (House of Bone and Rain) suscite des avis plus contrastés encore : Shangols juge que l’auteur « ne parvient pas à trouver le bon équilibre entre le thriller et le fantastique », quand Télérama évoque au contraire un « récit saturé de fantômes, d’une impressionnante précision », et que Dealer de lignes salue un roman « dévastateur » qui « frappe fort ».
243 contributions recensées cette semaine (201 avis, 14 podcasts, 28 vidéos).
| Source | Type | Chroniques |
|---|---|---|
| En attendant Nadeau | blog | 9 |
| Le Monde | presse | 8 |
| K-libre | blog | 7 |
| Les mafieuses | blog | 6 |
| Mes Lectures du Dimanche | blog | 6 |
| Libération | presse | 6 |
| Benzine Magazine | blog | 6 |
| Les Amis du Grain des Mots | blog | 5 |
| Le Monde du Polar | blog | 5 |
| Collectif polar | blog | 5 |
Crédits illustration : Reading Room de la Boston Public Library, CC 0
DOSSIER - Plagiat, IA : l'affaire Thélyson Orélien, la grande déflagration
Par Bernard Strainchamps
Contact : bs@bibliosurf.com
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1 Commentaire
SAINTE BEUVE
25/09/2026 à 11:42
Bon ! De l’animation dans une Rentrée littéraire qui paraissait plutôt morne , ça ne peut pas faire de mal . Je suis intrigué par la parution du dernier (?) roman du mythique Thomas Pynchon ( auteur qui m’a souvent épuisé ) , un « petit Pynchon » selon certains ce qui est finalement rassurant ;-). Et ne pas manquer une première œuvre littéraire monumentale : Paradisi Gloria ( à comparer aux romans cachectiques de Nothomb ou Hassaine ) .