ActuaLitté a retrouvé, dans un article publié en 2023 sur un site alors animé par Thélyson Orélien, une phrase qui ressemble à une consigne de rédaction laissée par erreur. Un indice concret, distinct des détecteurs d’IA, qui vient désormais s’ajouter à une série d’éléments exhumés ces derniers jours par plusieurs médias et internautes autour des textes de l’auteur. Au-delà de son cas, l’affaire touche désormais à quelque chose de plus vertigineux : la possible fin d’un monde où l’on croyait encore savoir, sans trop de doute, ce qu’était un auteur.
Le 24/09/2026 à 13:34 par Hocine Bouhadjera
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24/09/2026 à 13:34
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Une ancienne publication datée du 17 septembre 2023, intitulée « Renaissance littéraire : La littérature québécoise séduit la scène mondiale », contient une curieuse phrase, difficile à confondre avec le reste du texte. La page n’est plus accessible aujourd’hui, mais une copie indexée par un moteur de recherche en conserve encore le contenu, avec le titre, le nom de l’auteur, la date et le corps du texte. Une version archivée est également disponible sur la Wayback Machine, dans une capture réalisée en octobre 2025.
Après deux paragraphes consacrés au rayonnement international de la littérature québécoise, le texte s’interrompt brusquement pour afficher, entre parenthèses : « Discutez du rôle du Québec en tant que gardien du patrimoine linguistique français en Amérique. »
Puis l’article reprend normalement, avec un développement sur les écrivains québécois, les nominations de Kevin Lambert et d’Éric Chacour aux grands prix littéraires français et la reconnaissance internationale de cette littérature.
Le verbe à l’impératif, « discutez », ne s’adresse pas au lecteur comme le reste de l’article. La phrase ressemble davantage à une instruction de rédaction, ce que l’on appelle couramment un prompt, demande donnée à un système génératif pour lui indiquer ce qu’il doit développer.
La position de cette phrase dans l’article renforce cette impression. Elle arrive exactement après une introduction générale sur la littérature du Québec, avant que le texte poursuive son développement. On pourrait ainsi lire cette parenthèse comme une consigne demandant d’ajouter un passage sur le rôle du Québec dans la préservation du français en Amérique, qui serait restée accidentellement dans la version mise en ligne.
En septembre 2023, pour situer, ChatGPT était déjà accessible depuis plusieurs mois et GPT-4 avait été intégré à ChatGPT Plus en mars de la même année.
Cet élément ne permet pas d’affirmer à lui seul qu’une IA comme ChatGPT a rédigé l’article. La phrase pourrait aussi provenir d’une note préparatoire ou d’une instruction humaine laissée par erreur dans un brouillon. Il n’est pas davantage possible d’en déduire que l’intégralité du texte aurait été produite par une IA. Reste que cette découverte prend une résonance particulière au regard de la polémique actuelle.
La rubrique CheckNews de Libération a retrouvé sur le même domaine un site d'information généraliste animé par Thélyson Orélien entre 2023 et 2024, baptisé Erra Magazine. L'essentiel de ses contenus consistait en des reprises assumées d'articles de presse, auxquelles s'ajoutaient quelques chroniques signées de l'auteur. Celles que Libération a soumises à Pangram ont toutes été classées « 100 % IA ». Erra Magazine disparaît au tournant de 2025, et le domaine devient alors le site personnel de Thélyson Orélien, avant d'être mis hors ligne en 2026.
Depuis le 21 septembre, le dossier a considérablement évolué. Au départ, l'accusation reposait essentiellement sur les tests réalisés par le compte X « Balance ton Claude », qui avait soumis plusieurs passages de C’était ça ou mourir au détecteur Pangram. L'outil les classait, à de nombreuses reprises, comme générés à 100 % par une intelligence artificielle.
Depuis, l'expérience a été reproduite par d'autres, notamment des médias. franceinfo a testé à son tour plusieurs passages du roman, de longueurs et de natures différentes, avec Pangram : le résultat annoncé est resté le même, 100 % des mots considérés comme produits avec l'aide d'une IA. Un extrait soumis à GPTZero, autre détecteur du marché, a obtenu une probabilité de 87 % d'avoir été rédigé par une intelligence artificielle.
Le média a surtout introduit des textes témoins dans l'expérience. Deux publications plus anciennes de Thélyson Orélien, antérieures à l'arrivée de ChatGPT, ont été considérées par Pangram comme humaines. Même constat pour des passages de quatre autres romans de la rentrée, notamment d'Amélie Nothomb, Philippe Jaenada ou Ananda Devi : ceux-ci ont été classés entre 99 et 100 % comme d'origine humaine.
France 24 a cette fois soumis à Pangram l’intégralité de C’était ça ou mourir, soit 63.425 mots : 92 % du texte est classé comme écrit ou assisté par une IA. Marijke Van Vlasselaer, chercheuse à la Vrije Universiteit Brussel et coauteure d’une étude comparant Pangram, GPTZero, Copyleaks et Turnitin, est catégorique : « Parmi l’ensemble des outils testés, Pangram est le meilleur outil ». Dans leur étude, le détecteur n’avait produit aucun faux positif sur les textes entièrement humains du corpus. À propos du score obtenu par le roman, elle évoque « une forte probabilité que l’IA ait été utilisée ».
Tous les détecteurs ne convergent cependant pas : l’AFP a obtenu des résultats contradictoires en testant plusieurs autres outils sur des extraits du roman. Cette dispersion invite à rester prudent sur les scores pris isolément, mais elle ne remet pas en cause le fait que Pangram a donné ici des résultats particulièrement homogènes.
Un autre test est venu s'ajouter le 22 septembre, avec Lucide, une société française qui développe elle-même un détecteur de textes générés par IA. Elle affirme avoir analysé l'intégralité de l'édition numérique québécoise du roman : 59.488 mots, répartis en 34 chapitres et un épilogue, hors pages de titre, dédicace et remerciements. Selon ses résultats, les 35 unités sont toutes classées comme générées : 34 à 100 %, la dernière à 96,7 %. Quatre analyses portant sur de grandes portions du roman, de plus de 13.000 mots chacune, aboutissent également à 100 %.
Lucide a cherché à répondre à une objection centrale de la défense de Thélyson Orélien : et si sa manière d'écrire, notamment son héritage littéraire haïtien et caribéen, trompait simplement les machines ? L'entreprise a donc constitué plusieurs groupes témoins. Trois textes anciens attribués à l'auteur, publiés en 2013 et 2014, n'ont déclenché aucun signalement. Elle affirme également avoir analysé 17 livres entiers, soit 706 chapitres et près de 1,3 million de mots, sans qu'aucun chapitre ne soit classé comme généré. Parmi eux figurent des romans de Dany Laferrière, Louis-Philippe Dalembert, Émmelie Prophète ou encore Néhémy Pierre-Dahomey.
Ces résultats doivent malgré tout être maniés avec précaution. Lucide commercialise précisément le type d'outil dont il cherche ici à démontrer la pertinence. Surtout, aucun détecteur n'a accès au processus réel d'écriture d'un livre. Il analyse le texte terminé et mesure sa ressemblance avec les productions de modèles de langage. Même lorsque deux outils différents convergent, ils peuvent théoriquement partager un même angle mort. Lucide le reconnaît d'ailleurs lui-même.
La preuve décisive serait d'une tout autre nature : brouillons datés, fichiers successifs du manuscrit, historique des modifications, échanges éditoriaux. Thélyson Orélien affirme avoir commencé le roman à l'automne 2017 et en avoir achevé un premier jet en 2019, plusieurs années avant la démocratisation des IA génératives actuelles.
Les soupçons ne se limitent par ailleurs plus au seul C’était ça ou mourir. CheckNews rapporte que La Presse, qui a eu accès à plusieurs ouvrages antérieurs de Thélyson Orélien, a soumis à Pangram des extraits du roman Éternels Amants, publié en 2023 aux Éditions Rocheuses, de l’essai Penser le mot en N : Cartographie d’une blessure vivante, paru en 2024 chez le même éditeur, et du roman Le Rêve de la mer Noire, publié en 2025 chez C3 Éditions. Dans les trois cas, « l'IA y a été repérée par Pangram dans la totalité des passages » testés.
À mesure que la polémique s'étend, les internautes ne se contentent plus d'interroger C’était ça ou mourir. Ils remontent désormais dans les archives de l'auteur, sur un terrain qui n'a plus rien à voir avec les détecteurs d'intelligence artificielle.
Un cas autrement plus troublant concerne un texte récompensé en 2012... En décembre de cette année, Thélyson Orélien remporte le Prix du public d'un défi d'écriture organisé par Radio-Canada avec Où va le monde. Le concours demandait aux participants de raconter, en 500 mots, leur « rencontre marquante avec la science ou la technologie ».
Or, la comparaison de ce texte avec la préface du Matin des magiciens, essai de Louis Pauwels et Jacques Bergier publié chez Gallimard en 1960, fait apparaître une succession particulièrement importante de reprises. Il ne s'agit pas seulement d'une idée commune ou d'une référence littéraire identique : une large partie du récit autobiographique suit la même construction, conserve de nombreux détails précis et reprend plusieurs formulations, tandis que certains éléments personnels sont remplacés.
Chez Louis Pauwels, le narrateur commence par évoquer sa grande maladresse manuelle, puis son beau-père - qu'il appelle son père parce que celui-ci l'a élevé -, ouvrier tailleur décrit comme une « âme puissante » et un « esprit réellement messager ». Chez Thélyson Orélien, la même entrée devient le souvenir de son grand-père, qu'il dit également appeler son père et qui l'aurait élevé. La formule sur la maladresse manuelle, la description de cette figure familiale et jusqu'à l'idée selon laquelle « c'est avec les mains que l'on monte au ciel » se retrouvent dans les deux textes.
La suite reproduit la même progression : Louis Pauwels raconte qu'à seize ans, au cours complémentaire de Juvisy, il devait choisir le samedi entre différents travaux manuels, dont le bois, le modelage et la reliure. Thélyson Orélien se replace lui aussi à seize ans, dans une institution des Frères de l'Instruction chrétienne, et évoque les mêmes activités. Chez Louis Pauwels, la lecture d'Arthur Rimbaud l'amène à renoncer à relier Une Saison en enfer. Chez Thélyson Orélien, Arthur Rimbaud est remplacé par René Char et Philippe Jaccottet, et Une Saison en enfer par La Parole en archipel.
Les correspondances deviennent encore plus précises lorsqu'apparaît l'atelier familial. Louis Pauwels décrit une étroite armoire contenant une trentaine de livres, mêlés à des « bobines, des craies, des épaulettes et des patrons », ainsi que des milliers de notes rédigées pendant les nuits de travail. Thélyson Orélien reprend la même armoire, le même nombre approximatif de livres, les mêmes objets et les mêmes notes.
Les deux récits font ensuite apparaître exactement les mêmes références : Le Monde avant la création de l'homme de Camille Flammarion et Où va le monde ? de Walther Rathenau. Dans les deux cas, c'est le livre de Walther Rathenau que l'adolescent décide de relier. À chaque fois, la figure paternelle y a souligné au crayon rouge une longue phrase, restée gravée dans la mémoire du narrateur.
La séquence se termine également de manière très proche. Louis Pauwels évoque la mort de son père et sa fidélité jusqu'au bout à la « nature créatrice » ainsi qu'à l'espoir de voir la lumière derrière les masses de matière. Thélyson Orélien attribue à son grand-père décédé une formulation et une image presque identiques.
Quelques jours après l'attribution du prix, Radio-Canada publie une entrevue avec Thélyson Orélien. La journaliste lui rappelle qu'il a raconté sa rencontre avec la science « à travers le personnage de votre grand-père et vos souvenirs d'adolescence », puis lui demande si ce choix s'est imposé naturellement.
L'auteur est formel : « Tout ce que j'ai raconté est une évidence. Il n'y a même pas de pieux mensonges ». Thélyson Orélien parle ensuite de son « atmosphère familiale », de la mort de son grand-père et de son passage chez les Frères de l'Instruction chrétienne. La lecture de Walther Rathenau, au cœur du récit primé, est elle aussi présentée comme un souvenir personnel : elle aurait laissé en lui « quelque chose d'indélébile ». Où va le monde a « largement remporté la faveur des lecteurs » et lui a valu le Prix du public.
Sur X, le vidéaste et vulgarisateur MonsieurPhi a exhumé un billet publié en mai 2013, neuf ans avant ChatGPT, sur le blog personnel de Thélyson Orélien hébergé par le Club de Mediapart, intitulé Ne mettons pas nos héros sur un piédestal. MonsieurPhi l'a mis en regard d'une chronique anglophone publiée trois mois auparavant, le 23 février 2013, dans The Philippine Star, sous le titre Falling from pedestals.
Les premiers paragraphes suivent la même progression, convoquent les mêmes exemples - Tiger Woods, Lance Armstrong et Oscar Pistorius - et plusieurs phrases françaises apparaissent comme des traductions extrêmement proches du texte anglais. Plus largement, le texte reprend les mêmes idées dans le même ordre, avec des formulations qui s'apparentent par endroits à des calques du texte original.
Le billet de Mediapart mentionne La Presse, où le texte a également été publié, mais la chronique d'Andy Bautista dans The Philippine Star n'y est pas créditée. Le quotidien québécois a depuis ajouté au-dessus de la chronique Ne mettons pas nos héros sur un piédestal une mention informant désormais ses lecteurs que l'auteur « avait commis un plagiat ». François Cardinal, vice-président Information et éditeur adjoint du journal, parle d'une « tromperie [...] décevante et inexcusable ».
MonsieurPhi a également exhumé La contradiction américaine, publié par Thélyson Orélien en 2014, toujours sur le Club de Mediapart. La comparaison avec El descontento de la superpotencia, paru quelques semaines plus tôt dans le quotidien colombien El Colombiano, révèle bien davantage qu’une proximité de sujets : les deux textes développent, dans le même ordre, le mécontentement politique américain, la reprise économique, le chômage, les inégalités, les guerres d’Afghanistan et d’Irak, les difficultés de l’armée face aux groupes irréguliers puis le désengagement des États-Unis des institutions économiques internationales.
Plusieurs passages français apparaissent en outre comme des traductions très proches de l’espagnol, jusque dans certaines tournures inhabituelles. Ainsi, El Colombiano écrit : « Algunos factores de irritación hacen relación a la coyuntura económica ». Orélien reprend presque mot pour mot : « Si certains facteurs d’irritation ont relation avec la conjoncture économique ». La formulation française, assez peu naturelle, ressemble ici à un calque direct de l’espagnol. Même phénomène avec les « relaciones armónicas con el Congreso », devenues les « relations harmoniques au Congrès », ou encore « La fatiga con las responsabilidades globales », transformée en « La fatigue sur les responsabilités mondiales ».
Le texte d’Orélien ajoute néanmoins plusieurs développements et sources qui ne figurent pas dans la publication colombienne.
ActuaLitté a retrouvé une version encore antérieure du billet français : elle avait été publiée dès le 20 octobre 2014 sur Port d’Attache, le blog d’Orélien au sein du réseau Mondoblog de RFI, seulement douze jours après l’article colombien. Une version légèrement actualisée paraîtra ensuite chez Mediapart le 10 novembre. Dans aucune des deux publications consultées, l’article d’El Colombiano n’est crédité.
Les billets publiés sur le Club de Mediapart l'avaient été par l'auteur lui-même, et non par la rédaction du journal. Mediapart s’est néanmoins saisi à son tour de l’affaire ce 23 septembre, dans un article consacré à la « mécanique » de la polémique. Le journal estime que la campagne a été « orchestrée depuis l’extrême droite médiatique », sans pour autant évacuer les interrogations sur l’usage de l’IA.
Depuis, MonsieurPhi a signalé un troisième rapprochement, plus ancien encore et particulièrement notable au regard du parcours revendiqué par l'auteur : il concerne cette fois un texte consacré à la littérature caribéenne et haïtienne.
Intitulé Les îles des Caraïbes culturellement et linguistiquement fragmentées, l'article attribué à Thélyson Orélien a été publié dans le quotidien haïtien Le Matin. Le site du journal n'étant plus accessible aujourd'hui, le texte subsiste dans une capture de la Wayback Machine datée du 30 janvier 2013. Thélyson Orélien le republiera ensuite, le 14 octobre 2013, sur son blog.
Le texte présente d'importantes similitudes avec l'entrée Caribbean literature de l'Encyclopædia Britannica. Ici encore, la proximité ne repose pas seulement sur les auteurs ou les faits évoqués. Sur plusieurs paragraphes successifs, le texte français conserve l'ordre des informations, les mêmes exemples et la même progression historique que la source anglophone.
La séquence est particulièrement visible lorsque les deux textes abordent les origines de la littérature caribéenne : disparition des traditions des populations précolombiennes, absence de tradition écrite chez les esclaves venus d'Afrique de l'Ouest, longue imitation des modèles littéraires européens, puis émergence de formes spécifiquement caribéennes au XXe siècle. Les mêmes auteurs apparaissent ensuite dans une succession très proche : Luis Palés Matos, Jacques Roumain, Nicolás Guillén, Léon-Gontran Damas, Aimé Césaire et Jean Price-Mars, avant que le texte ne poursuive avec plusieurs figures de la littérature anglophone des Caraïbes.
Certains passages portent également la trace d'une traduction très littérale. L'expression anglaise « formally conservative », qui renvoie au caractère conventionnel des formes littéraires employées, devient ainsi « officiellement conservateur » dans le texte français, un sens inhabituel en français, mais qui correspond directement à l'un des faux amis possibles du mot anglais formally.
Tout l'article d'Orélien ne provient pas pour autant de cette source : son texte contient aussi des développements qui ne figurent pas dans le passage de Britannica comparé. Mais sur une partie substantielle de l'article, la succession des éléments et plusieurs formulations apparaissent comme une traduction très proche de la notice encyclopédique. Britannica n'est pas mentionnée comme source dans les versions consultées.
L'équipe des Décrypteurs de Radio-Canada affirme avoir identifié au moins cinq textes publiés par Thélyson Orélien en 2012 et 2013 comportant des reprises d'autres auteurs. Outre les cas déjà évoqués, elle relève que, dans son texte, Barack Obama aurait pu être Trayvon Martin il y a trois décennies, au moins quatre paragraphes seraient traduits presque directement d’un article de Gilberto Rodrigues publié quelques jours plus tôt par l’agence Pressenza.
Près de la moitié de son texte, Le prochain pape devrait être plus jeune, serait également reprise d'un éditorial du quotidien indien The Hindu paru deux jours plus tôt, ainsi que des phrases et paragraphes de Sommes-nous aussi libres que nous le pensons ? provenant d'un texte de Pablo Saborío publié en 2008, The Problem of Free Will.
Dans le même temps, Thélyson Orélien a précisé sa défense dans un entretien accordé à La Presse. Il est formel cette fois : « Je n’ai jamais utilisé l’intelligence artificielle pour produire des textes », affirme-t-il. Il maintient avoir commencé le roman en 2017 et en avoir disposé d’une première version en 2019, plusieurs années avant l’apparition de ChatGPT auprès du grand public.
Du côté des jurys littéraires, l’heure reste à la prudence. Philippe Claudel, président de l’Académie Goncourt, appelle à ne pas « jeter l’opprobre » sur l’auteur et réclame des éléments suffisamment solides avant d’envisager toute conséquence. Il s’interroge également sur le moment auquel les accusations ont émergé, alors que le roman venait de recevoir le Prix du Roman Fnac et figurait dans plusieurs sélections.
Son éditeur québécois, Boréal, dit à présent prendre les allégations « très au sérieux » et « déployer tous les efforts nécessaires, avec l'auteur comme à l'interne, afin de faire toute la lumière » sur les conditions d'écriture de C'était ça ou mourir.
La polémique déborde désormais largement la seule question de la fiabilité des détecteurs. Simon Johannin, écrivain et poète, auteur notamment de L’Été des charognes et Nino dans la nuit, voit ainsi dans la séquence un « fort relent de racisme ». Il dénonce le fait que la capacité d’un auteur haïtien à écrire son propre livre soit remise en cause à partir des affirmations initiales d’un compte anonyme, et apporte son « soutien total » à Thélyson Orélien et à celles et ceux dont, écrit-il, le talent ou le sérieux seraient contestés en raison de leur origine ou de leur couleur de peau.
Le critique littéraire Johan Faerber, réagissant aux appels à ne pas transformer Thélyson Orélien en nouvelle cible de harcèlement, va plus loin encore : il estime que la polémique vise « le seul auteur noir à succès de la rentrée » et dénonce « un harcèlement xénophobe ». Pour lui, « cette affaire n'est pas littéraire mais uniquement raciste ».
Virginie Despentes a elle aussi pris la défense de Thélyson Orélien sur le plateau de C ce soir, dénonçant un « caractère raciste évident » dans les attaques dont il fait l’objet et estimant que l’écrivain n’a « pas à se justifier » sur sa manière d’écrire. Une position qui trouve un écho, sur un autre registre, chez Guy Birenbaum, auteur et éditeur chez Plon : « Depuis hier, des mecs infoutus d'écrire ici 1500 signes sans une IA se demandent si un roman a été écrit grâce à l'IA. Mesure-t-on bien l'absurdité de cette situation ? »
D’autres internautes et commentateurs ont convoqué le cas de Yambo Ouologuem. En 1968, l’écrivain malien devient le premier auteur africain à recevoir le Prix Renaudot avec Le Devoir de violence. Quelques années plus tard, des passages très proches de textes de Graham Greene, André Schwarz-Bart ou encore Maupassant sont identifiés.
Yambo Ouologuem soutient notamment que son manuscrit initial comportait des guillemets et des références qui auraient disparu au cours du travail éditorial. L’affaire conduit finalement Le Seuil à cesser de réimprimer le livre et l’écrivain se retire durablement de la scène littéraire.
L’ouverture ultérieure des archives de son éditeur compliquera cependant considérablement le récit d’un simple plagiaire pris sur le fait, en révélant notamment que ses pratiques de montage et de réécriture étaient en partie connues. Cette histoire servira, plusieurs décennies plus tard, de matrice à Mohamed Mbougar Sarr pour La Plus Secrète Mémoire des hommes, Prix Goncourt 2021, dédié à Yambo Ouologuem.
Denis Olivennes lui-même, président d’Editis, deuxième groupe d’édition français, concurrent de Hachette dont Grasset est une filiale, est intervenu dans le débat. Il remonte à Alexandre Dumas et à Auguste Maquet, son collaborateur le plus célèbre. En 1845, rappelle-t-il, Eugène de Mirecourt avait attaqué Dumas dans un pamphlet violemment raciste, Fabrique de romans. Maison Alexandre Dumas et Cie, en dénonçant le recours de l’écrivain métis à toute une équipe de collaborateurs.
La collaboration alla jusqu’aux tribunaux. Maquet demanda finalement à être reconnu comme coauteur d’une série de romans auxquels il avait participé, sans parvenir à obtenir que son nom soit placé aux côtés de celui de Dumas. Denis Olivennes cite à ce propos la formule de Fernand Chaffiol-Debillemont : « Dumas avait seul conçu le plan, dessiné les personnages ; bref il avait été l’architecte de l’édifice dont Maquet ne fut que le maçon. » Il reprend également Alain Decaux : « Comme pour les peintres de la Renaissance, il faut que l’on prépare tes fresques [...] mais à la fin celui qui tient la plume, c’est toi. »
Robert Ménard, maire de Béziers, dans une vidéo, avait jugé le roman « formidablement écrit », confiant qu’il y avait « des années et des années » qu’un livre ne l’avait pas autant « bouleversé », au point, disait-il, d’avoir changé son regard sur les migrants. Aujourd'hui, il formule autrement la question : « Si Thélyson Orélien a écrit avec l’IA qu’il le dise. Ce n’est pas un crime. Un mensonge tout de même », écrit-il sur X, avant d’ajouter : « La littérature de toute façon ne sera plus jamais la même. »
Pour Alice Develey, journaliste littéraire au Figaro, la controverse actuelle révèle surtout l’installation d’une nouvelle « ère du soupçon romanesque » : après avoir demandé aux écrivains de justifier leur légitimité à raconter des expériences qu’ils n’ont pas nécessairement vécues, il faudrait désormais établir qu’ils ont bien produit eux-mêmes chaque phrase dès lors qu’un style paraît trop systématique.
« Balance ton Claude », après avoir déclenché l’affaire, appelle à présent à modérer les attaques personnelles contre l’auteur et insiste désormais sur l’information qui devrait être donnée aux lecteurs lorsqu’une IA participe à la fabrication d’un ouvrage.
À LIRE - Yannick Haenel : comme un air de déjà-lu dans la rentrée littéraire
La « blessure narcissique » engendrée par l'IA, ici peut-être d’autant plus vive qu’elle touche l’un des livres les plus célébrés de cette rentrée littéraire, pourrait également expliquer les raisons d’un emballement médiatique rare, lequel semble faire résonner quelque chose de fort en chacun : la fin d’un monde...
Le compte X « Balance ton Claude », à l’origine de l’accusation selon laquelle C’était ça ou mourir aurait été « presque intégralement » écrit avec une intelligence artificielle, n’était finalement pas tenu par un inconnu du débat public. Selon les informations du Figaro, son détenteur est Samuel Fitoussi, chroniqueur au quotidien, essayiste et entrepreneur qui se présente notamment comme « investisseur en IA ».
Né en 1997 et diplômé de Cambridge et d’HEC, Samuel Fitoussi a publié Woke Fiction. Comment l’idéologie change nos films et nos séries en 2023 au Cherche Midi, puis Pourquoi les intellectuels se trompent en 2025 aux Éditions de l’Observatoire, et en septembre dernier, Les Valeurs de la Républiques, et autres contes fantastiques, un « recueil de textes humoristiques sur la France », toujours chez l’Observatoire.
Dans un précédent article, ActuaLitté avait relevé que Samuel Fitoussi s’était montré particulièrement affirmatif sur son compte X personnel après la publication de « Balance ton Claude ». Alors que l’origine du compte demeurait inconnue, il présentait déjà comme acquise l’hypothèse d’un recours à l’IA et décrivait les quelque 35.000 lecteurs du roman comme les « victimes » d’une rupture du « pacte moral » entre l’auteur et son public.
Présent jeudi 24 septembre au festival Les Correspondances de Manosque, Thélyson Orélien estime : « Il y a quand même cette volonté, non seulement d'attaquer le livre, mais surtout ma voix [...], de me faire taire. » L’auteur de C’était ça ou mourir assure toutefois se porter « bien » malgré la pression médiatique, rapporte l'AFP. « Je suis prêt à m'exprimer quand tout sera calme », explique-t-il, ajoutant vouloir « prendre un peu de recul et attendre que tout se calme ».
Crédits photo : Pygmalion embrasse Galatée au moment où la statue qu’il a façonnée prend vie (Jean-Léon Gérôme, Pygmalion et Galatée, vers 1890, domaine public)
DOSSIER - Plagiat, IA : l'affaire Thélyson Orélien, la grande déflagration
Par Hocine Bouhadjera
Contact : hb@actualitte.com
47 Commentaires
Nicolas - liseuses.net
24/09/2026 à 15:25
Belle trouvaille que cette consigne IA !
Je vois les outils IA comme... des outils ! Je les utilise parfois sur mon site pour m'aider dans mes recherches ou pour de la traduction (français vers anglais pour le site anglophone).
Mais, il ne me viendrait pas à l'idée de les utiliser pour publier un texte chez un éditeur et pour lequel mes lecteurs devraient payer. Plutôt mal écrire que "sous écrire" !
Cela étant dit, je pense qu'il n'y a rien de mal à publier des textes IA, à condition que cela soit clairement énoncé et pas trompeur. Après tout James Peterson n'écrit pas tous ses textes et cela ne l'empêche pas faire beaucoup de ventes.
Je pense que maintenant la question est surtout centrée sur l'honnêteté intellectuelle de l'auteur et de son éditeur. Le fait que le texte ait été sélectionné pour des prix est tout aussi intriguant !
Marco
24/09/2026 à 16:14
Pourquoi une femme (nue) pour illustrer ce texte ? Un conseil de IA ou une initiative bien humaine ? Ce choix associe la femme (Galatée) à l'IA, et son créateur à un homme. Quand on sait ce que Pygmalion pensait des femmes... et qu'il était certain d'en créer une idéale, car d'une grande beauté, mais débarrassée de ses vices et défauts... Victor Frankenstein et son cadavre auraient tout aussi bien illustré l'article, non ? Création d'une autrice en plus !
Ah ! Les vieux réflexes...
robert
24/09/2026 à 16:23
Même problème, même défense : c'est un complot de l'extrême droite...
On dirait revenu le cas de Jason Arday à Cambridge !
Que T. Orélien ait écrit son roman avec uniquement une série de prompts sur Chat GPT n'a aucun importance. Ce serait assez minable de ne pas le dire, mais ça n'a aucune importance. En revanche, tous les chevaliers blancs qui hurlent au racisme, en plus de faire du racisme eux-mêmes, semblent par contre passer sous silence, et rapidement, les évidences de plagiats et de vols caractérisés.
Duschnok
24/09/2026 à 23:36
Juger du racisme d'autrui sous prétexte qu'une cible est la même que celle des racistes et ne pas cibler que sa propre logique de préjugé est la même que celle du racisme...
Ironie quand tu nous tiens.
SAINTE BEUVE
24/09/2026 à 18:30
La coupe est pleine …. Et il faut la boire jusqu’à la lie . Jusqu’à présent il existait le plagiat , les effets de mode et leur production industrielle , et on peut penser que l’IA contribue depuis quelques mois à alimenter plusieurs collections littéraires grand public ( romance et toutes ses catégories , entre autres ) . Nous sommes manifestement à un point de bascule pour la Littérature les Auteurs le Éditeurs les Libraires les Lecteurs ( et toutes ces catégories au féminin bien sûr ) . Ceci dit même Balzac et consorts devaient « produire » leurs œuvres en feuilletons pour la presse , ce qui n’est pas forcément très rigoureux . Donc il y aura sûrement un Avant IA ( immense ! ) et un Après IA : où la suspicion sera permanente et où les artisans-artistes-génies Auteurs / Autrices devront faire preuve ( encore plus ! ) d’abnégation pour un sacerdoce , comme le concevait Flaubert par exemple .
Henri Mojon
25/09/2026 à 04:33
Désolé mais là c'est beaucoup trop.
Moi je reste totalement admiratif de cet auteur qui a réussi à écrire un tel succès de librairie et d'estime du monde littéraire avec un tel prénom.
Plus sérieusement, pourquoi personne la seule question intéressante : est-ce que le Goncourt est encore un concours littéraire? Qui a lu ce livre à l'Académie Goncourt et a estimé qu'il méritait d'être sur la liste du Goncourt, le Graal avant le Graal.
MariE
25/09/2026 à 08:01
Que la photo est belle !!
Fulino
25/09/2026 à 08:17
Incroyable enquête de Chatgpt ! L'outil se retourne contre son utilisateur finalement :)
Annichou
25/09/2026 à 09:50
Bravo pour votre enquête très précise, objective et dépassionnée dans cette affaire qui, en effet, déchaine les passions. Elle nous renvoie à nos propres peurs - Individuelles et collectives -,à nos faiblesses, à nos espoirs déçus. On en vient à souhaiter que Thélyson Orélien prenne enfin la parole, non pas pour se justifier mais pour abrèger notre supplice.
Nicolas
25/09/2026 à 10:38
Ce que je trouve étrange, c'est qu'il semble que personne n'ait réellement lu le livre. J'ai pour ma part été choqué de plusieurs rupture narratives grossières. Un carnet de poèmes sans valeur puis vendu, puis qui réapparait. Un téléphone acheté à Santiago avec les premières pièces gagnées comme cireur alors que Jonas ne devient cireur qu'à Santo Domingo. 150 dollars censés venir de ses jours de cireur alors que le texte insiste sur l'absence de clients et le racisme qui l'empêchait de gagner sa vie. Le dialogue avec sa mère à la fin du roman alors qu'au premier chapitre on nous dit qu'elle est morte depuis longtemps. Ce sont des erreurs grossières. Pas de celles que fait un romancier sur un détail annexe. Parfois faites à seulement deux pages d'écart. Typiques de l'incapacité d'un LLM à maintenir une cohérence narrative sur le long terme en revanche...
MariE
25/09/2026 à 11:49
Nicolas, c'est vrai pour 95 % des cas quand l'article concerne un livre fraîchement sorti ou qui sort sous peu !!!
Bruno H
25/09/2026 à 12:00
Enfin un vrai lecteur intelligent.
Nicolas
25/09/2026 à 15:30
Intelligent, je ne sais pas. Je n'avais pas pensé que le livre avait été écrit par une IA. Je n'avais juste pas aimé, sorti du texte par un style assez répétitif, quelques images incongrues (tout en reconnaissant qu'on peut se laisser séduire au début) et surtout des ruptures du pacte narratif qui interdisaient la suspension consentie de l'incrédulité qui nous permet de nous plonger dans une œuvre et d'y croire.
Avec le recul et l'émergence de cette critique d'utilisation d'IA, mes incompréhensions et mes réserves trouvent une autre justification et j'avoue ne plus avoir grand doute. À tort peut-être, mais le plagiat avéré n'aide pas non plus...
PASSANT
25/09/2026 à 17:28
Vous reconnaissez... qu ' on peut se laisser séduire au début... Je viens de lire les 10-12 premières pages... et je suis séduit... Elles sonnent à mes oreilles... comme écrites par un bon écrivain...
robert
25/09/2026 à 18:15
Mais on peut tout à fait être une IA et être un bon écrivain. On peut aussi être une IA et être bon en math.
MariE
26/09/2026 à 13:29
robert, si l'on prolonge votre affirmation, j'ai la naïveté de penser que, le propre de l'humain étant la création, cette dernière est condamnée à disparaître : plus de compositeurs...de musique par exemple...
robert
26/09/2026 à 14:37
Pas à disparaître, mais à coexister. De nombreuses musique ont d'ailleurs déjà été écrites par des IA, et utilisées par certains artistes.
NAUWELAERS
26/09/2026 à 15:10
Robert,
Et l'IA fait même chanter des nouveautés par...des morts !
Des titres inédits par les soi-disant...Everly Brothers (décédés) mais jamais enregistrés par le mythique duo.
Et c'est...extrêmement bien fait au point d'en être effrayant !
On se dirige vers un monde qui n'est plus une dystopie: le faux et le vrai finiront par devenir inséparables, indétectables comme le lait et le café dans la tasse...
Le processus a commencé bien avant l'IA mais celle-ci l'amplifie à l'infini.
Il faut tout faire pour valoriser l'authentique comme les éditions de l'Observatoire et leur label de certification sans IA !
On devrait emboiter ce pas dans tous les domaines de la culture.
CHRISTIAN NAUWELAERS
Nicolas
25/09/2026 à 18:34
Oui totalement. Et même ce n'est pas parce que je n'ai pas aimé (avant cette polémique) que d'autres n'ont pas le droit d'aimer bien sûr ! Pour ma part ma perte d'intérêt a été progressive et c'est vraiment ces incohérences de narration qui m'ony sorti. Mais là aussi je peux comprendre que cela ne dérange pas d'autres personnes.
Après bien sûr l'IA finira par s'inviter dans l'écriture et finira probablement par être meilleur que l'humain. Cela ne m'empêche de trouver cela un peu triste. J'aimerais pouvoir continuer à aimer des choses faites par des hommes et des femmes malgré les imperfections...
Philipp
27/09/2026 à 08:09
"l'IA finira par s'inviter dans l'écriture et finira probablement par être meilleur que l'humain".
Voici une affirmation (que je ne conteste pas, quoi qu'il m'en coûte), mais qui nous place directement au pied du mur en regard de notre place dans l'univers. N'aurons-nous été avant l'oubli que des passeurs dans le grand mouvement de la matière non biotique prenant conscience d'elle-même ?
MariE
27/09/2026 à 09:42
Philipp, comment pouvez- vous écrire "meilleuir e que l'humain?",( tout en le déplorant)? La créature dépasserait le créateur? Mais l' ia ne peut RIEN créer elle-même, résultant de l'Humain. Un commentateur écrit que l'ia a déjà sévi en musique, d'acc mais heureusement qu'elle ne pourra singer un Mozart ou un Ravel...
robert
27/09/2026 à 14:14
Oh, l'IA peut déjà singer ces compositeurs. Ce ne sera jamais du Mozart ou du Beethoven puisqu'ils sont morts depuis longtemps, mais composer "à la manière de..." elle le fait déjà. Et pourra le faire de mieux en mieux.
https://www.youtube.com/watch?v=nGs_lZykK84
MariE
27/09/2026 à 14:36
robert;, je dirai plutôt "de mal en pis", et cela n'échappera pas à nos oreilles (1) .Qui plus est, toute oeuvre ,qui plagie ou non, doit avoir un titre (2). Et "l'oreille absolue", vous connaissez? (3)
PASSANT
25/09/2026 à 12:15
Bonjour à vous...
Très eclairant... ce que vous dites !... Revelateur ?... Peut-être faut-il vous étonner davantage... et etendre votre question... jusqu ' à... l' auteur a-t-il lu son livre ?... Je me la pose... en tout cas... cette question... en prenant connaissance... de vos sagaces observations !...
Merci à vous... pour ce... constructif commentaire... comme on dit... meme IA !...
robert
25/09/2026 à 16:50
Quand on parle d'IA, les gens pensent souvent à Gemini ou ChatGPT etc... mais ce sont des LLM purs. Il existe bien d'autres agents IA qui peuvent s'adosser ou non à ces LLM. Dans le cas de l'écriture d'un roman, puisqu'il s'agit d'un texte, il est certain que le corps de l'IA était un LLM, mais il existe des logiciels (NovelAI, NovelCrafter etc...) dont les fonctionnalités permettent justement de corriger les erreurs que vous pointez et qui pourraient résulter de l'utilisation du modèle de langage.
Une bibliothécaire
25/09/2026 à 12:16
J'avoue que je ne sais pas trop quoi penser de toute cette affaire. Merci pour l'enquête au demeurant.
J'ai vu le post de Sophie Jomain sur Instagram hier qui disait qu'elle avait passé ses propres romans datant de 10-15 ans dans des outils de détection d'IA, et qu'ils étaient ressortis positifs...
Même s'il y a bel et bien des suspicions, quand on sait qui se cache derrière le compte X qui a lancé toute cette affaire, on peut légitimement s'interroger sur les motivations derrière les accusations.
Pour ma part, j'ai commandé le livre pour la bibliothèque dans laquelle je travaille car ç
robert
25/09/2026 à 16:55
On pouvait se poser ces questions au début, mais beaucoup moins maintenant que l'on sait les libertés que l'auteur a prises dans ses textes précédents dont on sait maintenant qu'ils sont nombreux à avoir été plagiés ou simplement volés.
Angela
25/09/2026 à 12:54
Je n'ai pas lu le livre de Thélyson Orélien, je ne porterai pas de jugement sur l'IA ou pas l'IA sans l'avoir lu d'une manière ou d'une autre.
Ce qui me navre, c'est l'idéologisation instantanée de l'information.
Ses défenseurs (donc instantanément on met en avant l'extrême-gauche) objectent qu'on l'attaquerait parce qu'il est haïtien, noir, etc... Or il me semble que de nombreux auteurs et autrices francophones, originaires de partout dans le monde, sont de plus en plus édités ces dernières années , que leur parole est de plus en plus mise en valeur et obtiennent des prix sans que leurs textes soient dénigrés en raison de leur couleur de peau ou de leur origine. D'autres auteurs et autrices haïtiens existent, portant une écriture magnifique, diverse, laquelle n'a pas été remise en cause à ma connaissance.
Ses détracteurs (donc forcément d'extrême-droite) agonisent instantanément d'invectives soi-disant gauche littéraire et les médias ayant exagérément encensé un roman sans que sa qualité littéraire soit mesurée. On parle juste là d'un auteur soupçonné d'utiliser l'IA. Ca a peut-être été le cas avant, avec d'autres auteurs, sans faire la une de l'actualité, de toute façon cela allait arriver tôt ou tard, çà tombe sur lui. C'est ainsi. Et çà ouvre le débat, ce qui est une bonne chose.
Je ne vois pas en quoi découvrir qu'un auteur utilisant l'IA, quelle que soit ses origines, ferait de lui une victime expiatoire d'un racisme débridé, ni par ailleurs que le milieu littéraire en serait responsable.
Les deux parties exagérantes pourrissent les réseaux sociaux et le débat d'idées, avant même de savoir si ladite information d'usage IA est totalement prouvée, ce que l'enquête d'Actualitté abonde plutôt avec des arguments sourcés.
L'agressivité toute honte bue des réseaux sociaux décuple une violence ad hominem que Thélyson Orélien ne mérite pas, IA ou pas.
Laetitia Pacareau
25/09/2026 à 15:07
Sans préjuger de la polmémique, je serais curieuse de savoir ce que donnerait un passage à la moulinette Pangram de certains articles d'ActuaLitté… #mauvaiselangue :-)
Bemmas
25/09/2026 à 18:12
En lisant le commentaire de Nicolas, je suis effarée par l’encensement des critiques, quasiment unanimes sur le livre …
NAUWELAERS
26/09/2026 à 00:31
Super article exceptionnellement bien informé !
Bravo, bravissimo, ça c'est du journalisme !
Bêtise crasse de certains intervenants à la mauvaise foi d'anthologie: Guy Birenbaum en tête...
Que ce type collabore à une maison d'édition réputée donne froid dans le dos.
Samuel Fitoussi n'a jamais été accusé d'écrire avec l'IA, contrairement à la calomnie de ce monsieur.
Il est accusé à tort de façon volontaire («incapable d'écrire 1500 signes» etc.) sans être nommé.
Honteux et lâche !
Et personne ne reproche à l'auteur incriminé de publier chez Grasset ?
Hypocrisie quand tu nous tiens !
Bravo aux éditions de l'Observatoire qui ne publieront dorénavant que des livres avec label certifié
sans IA !
Là on respire loin de ces remugles nauséabonds, des plagiats à l'écriture sous IA...
Un auteur, une autrice digne de ce nom écrit personnellement et ne se sert d'Internet que pour des recherches éventuelles et absolument rien d'autre.
CHRISTIAN NAUWELAERS
MariE
26/09/2026 à 13:19
Nauwelaers, puissent les éditions de l'Observatoire être suivies à 100% par leurs consoeurs ! Cependant, pour un lecteur averti, lire une oeuvre d'un auteur qu'il connait bien et subodorer l'ia doit être aisé.
NAUWELAERS
26/09/2026 à 15:03
MariE,
Si nous sommes habitués à apprécier certains auteurs et certaines autrices (pas d'horrible «auteurices» !), sûr que ces vrais écrivains -et écrivaines si on y tient -n'auront pas recours à l'IA pour l'écriture.
Cette polémique XXL actuelle servira peut-être à refroidir certaines tentations d'abus d'utilisation d'IA mais quant aux plagiats, il y en aura toujours hélas.
Bravo aux éditions de l'Observatoire mais ces éditions publient assez peu, c'est leur choix.
CHRISTIAN NAUWELAERS
MariE
26/09/2026 à 18:24
Nauwelaers, pourquoi pas tant qu'on y est "auteuse et auteure"?
Quand il parait que la lecture dégringole à tous âges, ce qui ne devrait rester qu'un outil contrôlé ne va pas arranger les choses...
yoyo
29/09/2026 à 15:32
Changez le u par un c et tout semble normal : acteur/actrice. On utilise désormais autrice, usage récent, morphologie tradi, roulez jeunesse, c'est tout juste. Faut admettre l'enjeu et reconnaître ici que la modif est judicieuse.
Philipp
27/09/2026 à 07:53
J'ai de demandé à Gemini quel serait le choix des IA si elles devaient voter pour le meilleur livre de la rentrée francophone. La réponse, je l'avoue, m'a un peu fasciné : "Le grand favori des IA serait un livre capable de maximiser la densité d'information par paragraphe tout en éliminant les temps morts.
Le choix logique : Un roman à structure arborescente ou chorale complexe, où toutes les intrigues s'imbriquent de manière géométrique sans aucune incohérence factuelle.
Le cas de la rentrée : Par un biais inhérent, les modèles voteraient massivement pour C'était ça ou mourir de Thélyson Orélien. Non pas par esprit de corps, mais parce que sa structure syntaxique, sa densité de métaphores par page et l'absence totale de "coquilles" ou de digressions inutiles correspondent mathématiquement à la définition d'un texte "parfaitement optimisé" pour un grand modèle de langage. C'est le livre qui offre le meilleur score de perplexité (la mesure de la fluidité prédictive d'un texte)"
On notera entre autres "Non pas par esprit de corps"...
PASSANT
27/09/2026 à 13:41
Savoureuse formule... en effet... On croirait entendre un député !... Pas d' ia godillots !...
robert
27/09/2026 à 18:56
Qui se souviens de cette femme qui avait écrit son autobiographie, rappelant que petite fille elle s'était échappée de deux camps de concentrations avant d'être recueillie par des loups qui l'avaient sauvée ? N'avait-on pas non plus été émus aux larmes ? Et beaucoup de personnalités n'avaient-ellzs pas clamé haut et fort qu'on ne pouvait pas inventer ce genre d'histoire lorsque les premiers doutes étaient arrivés sur la véracité du récit ? Et finalement, qui s'était retrouvé grosjean comme devant ?
IA un problème
30/09/2026 à 09:10
On devrait se pencher sur la manière dont sont écrits certains articles d'Actualitté. Emprunts à la presse étrangère non sourcés s'apparentant à du plagiat, propos tronqués ou sortis de leur contexte, et peut etre même utilisation de l'IA ? On aurait sans doute des surprises...
Lyo
30/09/2026 à 17:59
Mais ça a toujours existé. Avant c'était des écrivains fantôme ou des hommes qui utilisaient le talent de leurs femmes.
Maintenant c'est l'IA. C'est impossible de déterminer si le style de l'IA vu que celle-ci est entraînée sur des textes humains. Mais, faut relever le nombre d'incohérences. C'est comme les images générées par l'IA, en regardant des détails comme les mains, les cheveux...
Rien n'interdit l'IA pour l'instant. Mais ça ressemble à de l'acharnement effectivement.
PASSANT
01/10/2026 à 11:25
En tout cas... les negres litteraires... ceux qui pondent ... les épanchements des " people "... de tout poil et de tout crin... vont être soulagés... de bien des peines... À moins que ces " people "... se disant... " après tout... suis pas plus con qu ' un autre... Avec IA... je peux m' en sortir à moindres frais "... ne leur donnent plus de travail...
Henri Mojon
01/10/2026 à 11:29
Modérateur, merci d'intervenir et de supprimer ce propos raciste. On s'est pas battu pour imposer écrivain fantôme pour rien.
PASSANT
01/10/2026 à 15:29
Cher monsieur MOJON...
Tenez... je suis bon prince... pour pas un rond... gratos... je vous sers sur un plateau... une occasion en or... de faire briller votre vertu... aux yeux du monde ... saisissez-la vite... et allez solliciter... l ' intervention du mediateur... qui a laissé passer... la monstruosité... que vous lui signalez ( sans doute une resurgence... du temps beni de votre enfance... où vous cafardiez vos petits camarades )... J' ai gardé dans ma bibliothèque... " Dix petits nègres "... de Agatha CHRISTIE... et s ' il m' arrive d ' evoquer ce livre... je dis toujours... " Dix petits nègres "... Je dis même... qu' Auguste MACQUET... était le nègre de Alexandre DUMAS... Bref... vous l ' aurez compris... le mot... nègre... ne provoque chez moi... aucune espece de malaise... Mais... qu' avez-vous... monsieur MOJON... vous etes tout blanc... ça va ?... vous vous sentez bien ?...
Henri Mojon
01/10/2026 à 16:02
Ce commentaire a été refusé parce qu’il contrevient aux règles établies par la rédaction concernant les messages autorisés. Les commentaires sont modérés a priori : lus par l’équipe, ils ne sont acceptés qu'à condition de répondre à la Charte. Pour plus d’informations, consultez la rubrique dédiée.
Henri Mojon
02/10/2026 à 07:23
Merci de modérateur d'avoir supprimé mon commentaire avec le mot en deux lettres que l'on ne doit pas utiliser.
Par contre j'ai une question : pourquoi considérez-vous qu'il faille censurer le mot en deux lettres et laissez le mot qui commence par N?
La seule réponse qui me vient à l'esprit est le mot racisme mais je sais que cela n'est pas le cas, je suis curieux de votre réponse que vous pouvez me donner en privé si vous préférez.
PASSANT
02/10/2026 à 10:19
Monsieur MOJON !... Monsieur MOJON !... Vous vous êtes oublié !... Proférer le mot en deux lettres... après avoir si hargneusement combattu... l ' emploi du mot commençant par N !...
Voici ce qui s' appelle... filtrer le moucheron... et laisser passer le chameau... comme on dit... de façon si imagée... dans l ' Evangile...
Sans rancune... Ne vous faites pas cuire la rate au court bouillon... je ne suis pas plus raciste que vous... etalon en la matière...
Lyo
03/10/2026 à 10:12
Quand autant de médias ciblent un seul homme, il y a de quoi se poser des questions.
Personne ne disait rien quand les écrivains piquaient les idées voir les textes de leurs femmes ou lorsqu'il y en a qui faisaient appel à des écrivains fantôme.....
Va falloir se rendre compte que c'est toujours la même problématique mais avec l'IA.