Depuis lundi, C’était ça ou mourir, l’un des romans les plus en vue de la rentrée, est au centre d’une polémique sur l’usage de l’intelligence artificielle. Auprès de Libération, Thélyson Orélien dément catégoriquement. Grasset lui apporte désormais sa « confiance absolue ». Dans le même temps, franceinfo a multiplié les tests et les comparaisons, et les résultats ne plaident pas vraiment en faveur de l’auteur...
Le 22/09/2026 à 18:44 par Hocine Bouhadjera
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Publié le :
22/09/2026 à 18:44
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Le contraste est brutal : lundi 21 septembre au matin, Thélyson Orélien était couronné du Prix du Roman Fnac pour C’était ça ou mourir. Quelques heures plus tard, son premier roman se retrouvait au centre d’une accusation autrement moins flatteuse : aurait-il été rédigé, au moins en partie, par une intelligence artificielle ?
La charge est venue du compte X anonyme « Balance ton Claude », identifié par le pseudonyme @Pangramed. Celui-ci affirme avoir soumis plusieurs extraits du roman au détecteur Pangram et obtenu, à de nombreuses reprises, des résultats classant le texte comme généré par IA. Le compte en tire une conclusion très lourde : le livre aurait été écrit « presque intégralement » par une machine.
Le fil a rapidement circulé, alors que l’ouvrage est toujours en lice pour les sélections du Goncourt, du Renaudot, du Femina, du Médicis et du prix Décembre. Il raconte l’odyssée de Jonas Dorléon, professeur haïtien contraint de quitter Port-au-Prince et de traverser les Amériques dans l’espoir d’atteindre le Canada. Ses droits ont été cédés dans plus d’une vingtaine de pays.
Thélyson Orélien a finalement répondu ce mardi 22 septembre, auprès de Libération. « J’ai toujours aimé la création et l’écriture, je ne vois pas pourquoi je ferais appel à une machine », affirme-t-il. L’écrivain canado-haïtien de 38 ans défend précisément ce qui est mis en cause : « Les images, les répétitions et les rythmes sont une parole vivante, elles sont miennes. Mes traditions sont haïtiennes et caribéennes », explique-t-il.
Il avance aussi une hypothèse : « Je pense que le logiciel est habitué aux traditions littéraires françaises et aux auteurs classiques. »
Thélyson Orélien replace par ailleurs la polémique dans un climat qu’il décrit comme hostile depuis son arrivée en France. Il affirme subir « de nombreuses attaques racistes », venant selon lui non de lecteurs mais de personnes cherchant à lui nuire. « Je ne suis pas triste mais en colère », dit-il. Il annonce constituer avec ses éditeurs français et québécois un dossier destiné à documenter son travail.
Quelques heures plus tard, Grasset est à son tour sorti du silence. Dans un communiqué transmis à la presse, la maison dit s’élever « fermement contre tout propos malveillant affirmant de façon péremptoire que le livre aurait été nourri ou écrit par une IA » et renouvelle à l’écrivain sa « confiance absolue ».
Surtout, l’éditeur apporte au débat un élément nouveau : une chronologie de l’écriture. Dans une déclaration jointe au communiqué, Thélyson Orélien affirme : « J’ai commencé à écrire C’était ça ou mourir à l’automne 2017 et j’en ai achevé le premier jet en 2019. » Soit plusieurs années avant l’arrivée auprès du grand public des principaux outils d’IA générative actuels.
L’auteur développe par ailleurs sur l’origine de son style : « Je viens d’une tradition littéraire haïtienne et caribéenne où la poésie, les images, les répétitions et le rythme portent une parole vivante. » Il cite Aimé Césaire et Jacques Stephen Alexis, avant d’ajouter : « On peut discuter de mon style, mais faire de ses procédés des preuves d’intelligence artificielle n’a rien à voir avec la critique littéraire. »
Le vrai ou faux de franceinfo a soumis à son tour plusieurs passages de C’était ça ou mourir à la version gratuite de Pangram : extraits de longueurs différentes, dialogues, descriptions, textes en français ou passages mêlant français, anglais et espagnol. Le résultat a été identique à chaque fois : Pangram estime que 100 % des mots des passages soumis ont été écrits avec l’aide d’une IA. Un extrait testé parallèlement avec GPTZero, un autre détecteur, obtient pour sa part une probabilité de 87 % d’avoir été rédigé avec une intelligence artificielle.
Franceinfo a surtout effectué deux tests de comparaison particulièrement intéressants. Deux textes plus anciens de Thélyson Orélien - Le temps qui reste, publié en 2015, et un article publié dans le Huffington Post en 2014 - sont identifiés par Pangram comme écrits à 100 % par un humain.
Le média a également testé des extraits de quatre autres romans de la rentrée : Chronique d’un royaume perdu d’Ananda Devi, L’Inconnue du quai de Javel de Philippe Jaenada, L’Adolescence du perroquet d’Amélie Nothomb et Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer ? de Lucie Rico. Pangram les classe entre 99 et 100 % comme d’origine humaine.
Ces résultats rendent l’interrogation plus sérieuse, mais ne constituent toutefois toujours pas une trace matérielle du processus d’écriture : Pangram analyse le texte final, mais ne fournit ni historique du manuscrit, ni fichiers de travail, ni prompts éventuels.
La question est d’autant moins simple à écarter que Pangram fait partie des détecteurs les mieux évalués. Franceinfo s’appuie notamment sur deux travaux récents, une étude de Chicago publiée en 2025 et une étude belge de 2026, qui le placent devant plusieurs outils concurrents dans leurs évaluations.
Pangram revendique lui-même pour sa dernière génération de détecteur un taux de faux positifs de 0,0041 %, soit environ un texte humain sur 24.000, lors de ses tests de référence en anglais. Sa documentation mentionne également 14 faux positifs parmi 996.273 documents humains dans un ensemble multilingue constitué de textes antérieurs à 2022.
Il faut néanmoins éviter un raccourci statistique. « Balance ton Claude » a notamment multiplié ce taux de faux positifs pour plusieurs passages du roman afin d’aboutir à une probabilité extraordinairement faible. Or des extraits provenant du même livre, présentant le même style et les mêmes caractéristiques, ne sont pas 20 expériences indépendantes. Une contre-analyse publiée ce mardi sur le fascinant site du sulfureux Zoé Sagan insiste notamment sur cette limite.
Le style de C’était ça ou mourir faisait déjà discuter avant que l’affaire ne prenne cette ampleur. Phrases courtes, images en cascade, répétitions, aphorismes et formules très travaillées avaient attiré l’attention indépendamment de toute question liée à l’IA.
Laurent LD Bonnet a élargi la discussion à la réception critique du roman, en reprenant notamment les réserves formulées par Fabrice Colin sur la répétition des aphorismes, des structures en « Pas… Pas… Juste… » et de certaines métaphores. Le propos dépassait alors la seule question de l’IA pour interroger plus largement le travail éditorial et les mécanismes d’emballement autour des livres de rentrée.
Sur les réseaux, plusieurs voix affirment désormais que le malaise était antérieur aux premières analyses de Pangram. Juliette Briens, journaliste à L’Incorrect - mensuel « conservateur et de toutes les droites » - et chroniqueuse dans Estelle Midi sur RMC, estime ainsi que, sur Facebook, « le malaise était déjà présent depuis plusieurs semaines parmi les communautés de lecteurs assidus », exemples à l'appui.
Jean-Sébastien Ferjou, cofondateur et directeur de la publication d’Atlantico, affirme de son côté que des lecteurs pointaient déjà « sa faible qualité d’écriture » et soupçonnaient parfois l’IA. Il met également en cause la réception critique du roman, qu’il relie à son sujet migratoire. Le compte « Je Réinforme », qui relaie régulièrement des contenus et personnalités de la droite nationaliste, a pour sa part exhumé un ancien article de Thélyson Orélien, antérieur à l’essor des IA génératives, avec ce commentaire : « le type ne sait pas écrire ».
Samuel Fitoussi, essayiste et chroniqueur au Figaro, auteur notamment de Woke Fiction puis de Pourquoi les intellectuels se trompent, considère pour sa part comme acquise l’hypothèse d’un recours à l’IA. Il présente les quelque 35.000 lecteurs du roman comme les « victimes » d’une rupture du « pacte moral » entre un écrivain et son public : « Ils ont cru passer des heures en compagnie d’un homme et de sa subjectivité, et [...] les ont passées en compagnie d’un robot. » Une conclusion qui va, à ce stade, plus loin que ce qui a été matériellement établi.
Valeurs actuelles attaque tout aussi frontalement. Sous le titre « Littérature artificielle : le cas Thélyson Orélien », l’hebdomadaire se demande comment un roman jugé « si artificiel dans sa langue, sa morale et sa consécration » a pu susciter « un tel consensus » ?
Philippe Fabry, avocat et essayiste qui intervient régulièrement sur des sujets historiques et politiques, attaque directement la défense de l’éditeur : « Grasset se ridiculise totalement. C’est grotesque. »
Boréal, qui a publié le roman au Québec au printemps avant sa reprise par Grasset en France, avait indiqué à l’AFP avoir « pris connaissance des allégations » et ne pas les « prendre à la légère », tout en assurant que sa confiance envers Thélyson Orélien « demeure entière ».
Grasset va désormais beaucoup plus loin, en parlant de propos qui « blessent affreusement l’écrivain » et en affirmant se tenir aux côtés de son auteur « contre toute machine ou tentative de mesurer, normer ou faire taire les écritures à jamais libres ».
Crédits photo : Thélyson Orélien (©JF PAGA, Grasset)
DOSSIER - Plagiat, IA : l'affaire Thélyson Orélien, la grande déflagration
Par Hocine Bouhadjera
Contact : hb@actualitte.com
39 Commentaires
Lyo
22/09/2026 à 21:33
Bizarrement, il n'est pas le seul auteur noir à être visé. Et effectivement, les détecteurs d'IA, c'est nul. Avec une amie, on a fait un truc chelou. On a écrit un texte, à chaque nouveaux paragraphes on le passait sur Antidote pour corriger les fautes et ensuite sur un détecteur d'IA. On a fait ça sur un texte de 5000 mots. Tous les paragraphes qu'on a passé ont été détecté 100% humain.
Mais, quand on a mis le texte en entier, d'un coup, ça a été détecté à 97% d'IA. On n'a pas compris.
totoletiti
22/09/2026 à 23:12
c'est fou parce qu'à la lecture du livre, il y a une quinzaine de jours, j'avais un ressenti d'un style mécanique assez perturbant et j'avais au final posé la question à ChatGPt en balançant des extraits. Et selon lui c'était possible que ce soit rédigé au moins en partie par une IA. Bon ça m'attristait un peu pour l'auteur de se dire que ce pouvait être le cas. D'autant plus que le voyant en interview, le bonhomme n'est pas un "bon client", pas à l'aise devant les micros et ça se comprend, ce n'est pas donné à tout le monde. Mais il y a un truc qui attire mon attention et qui me faisait encore plus de peine, c'est qu'il a un tic de langage où il dit "y'a" pour "il y a". Et j'entends forcément "IA". Du coup, aujou'dhui avec le recul, je suis en train de me demander si toute cette histoire ne serait pas un immense canular à la Emile Ajar. Ce serait drôole. J'espère avoir raison ;)
tiwi
24/09/2026 à 12:45
je ne vais pas parler du livre lui même puisque je l'ai pas ( encore?) lu. J'en ai entendu parler pendant la"grande librairie", avant que la polémique n'éclate. Ce qui m'avait surpris , c'est que les autres écrivains et l'animateur de l'émission présents sur le plateau faisaient grand cas de ce roman et qu'on y présentait l'auteur comme brillantissime alors qu'il m'a semblé pataud , incapable de parler de son roman autrement qu'en en faisant un résumé digne de celui d'un collégien. cela ne prouve certes rien , mais ça m'avait vraiment sauté aux oreilles.....
Edco
26/09/2026 à 15:00
Cela ne veut rien dire ... Un écrivain est à l ' aise à l' écrit , pas forcément à l' oral .....Écoutez Modiano......!
tiwi
29/09/2026 à 14:34
Bien entendu et Modiano en est un bon exemple en effet. Mais ce n'est pas tant la timidité ou maladresse qui m'a gêné mais ses interventions totalement dépourvues d'intérêt. Vraiment il donnait l'impression d'être étranger à son roman et je crois que les auteurs autour de lui ressentaient une certaine gêne aussi . Vous pouvez aller écouter et dites moi ce que vous en pensez.
Edco
29/09/2026 à 15:06
Je l ' avais vu bien sûr !!!! Ne jamais se fier aux apparences ....
Pas simple de se retrouver à Paris , honorer toutes les invitations, et en province , répondre à des questions identiques .....Lire un article intéressant de Libé du 23 de Rachid Laireche sur la vie de Thelyson .....
Ce n ' est pas simple l' éloquence, et selon les pays , il y a des codes ... Ne jamais se fier à des impressions clichés ! De même que certains orateurs à l' aise baratinent, manipulent, séduisent.....Ne pas s' y fier non plus .....! Bref, lisons les écrits 🙏
Autre article
"Je l'ai beaucoup aimé, j'assume de le proposer" : malgré la polémique, des libraires continuent de défendre le roman de Thélyson Orélien – franceinfo https://share.google/eV15ykxwx2Ka4qvlb
Henri Mojon
23/09/2026 à 05:05
Procès complétement stupide et dépassé.
C'est comme si au début des années 80, une étude avait démontré qu'un roman avait été écrit directement sur l'ordinateur par l'écrivain et non écrit à la main ou tapé à la machine.
Nous utilisons tous l'IA et nous avons tous essayé d'écrire un prix Goncourt. Qui parmi nous est dans la liste? Avec ou sans IA, le talent reste le talent.
mystere
23/09/2026 à 11:28
Non, on n’utilise pas tous l’IA.
Le talent de qui? de quoi ?
Henri Mojon
23/09/2026 à 18:36
alors déjà on va commencer par traduire correctement l'IA en français. Si en anglais c'est intelligence artificial la traduction française intelligence est un faux ami car la CIA ce n'est pas l'Agence Centrale de l'Intelligence mais du renseignement. L'IA est en premier lieu un mode de relation par le langage entre l'homme et la machine. Et oui maintenant je l'utilise quotidiennement dans toutes mes recherches google. Avant notre source première était Wikipédia il faut le reconnaitre mais aujourd'hui il est quand même hallucinant de pouvoir passer son après midi avec les grands philosophes. Pour le reste j'ai tout essayé, l'IA est un piètre écrivain et c'est vraiment dommage car je connais un éditeur.
Scythe
23/09/2026 à 19:02
Pff, ce relativisme est ridicule. La machine à écrire ou le traitement de texte ne peut pas écrire à ta place.
Henri Mojon
24/09/2026 à 10:48
ma fille de 17 ans me demande comment nous faisions sans smartphone, la génération d'après lui demandera comment elle a fait sans agent numérique.
Pour tout ceux qui ont peur, vous oubliez le plaisir incomparable de lire, raison pour laquelle la lecture n'a pas disparu avec la télévision, la radio, internet, le cinéma, le jeu vidéo etc.
Chatgpt ne remplacera jamais les écrivains qui nous transportent alors relisez Cent ans de solitude, cela vous rassurera.
Scythe
24/09/2026 à 12:15
J'ignore pourquoi vous me prêtez de la peur, je suis loin d'être technophobe ou de rejeter catégoriquement l'usage de l'IA dans la création. Je pointais simplement le ridicule de votre relativisme parce que non, tout ne se vaut pas.
J'ignore aussi pourquoi vous pensez que j'oublie le plaisir de la lecture. Mais comme vous portez beaucoup de présomptions à mon encontre, je vais présumer que vous faites partie de ces lecteurs sans oreille ni exigence littéraire. Il serait d'ailleurs de bon ton de définir ce que vous mettez dans le mot "plaisir". Plaisir du divertissement ? Plaisir esthétique ? Parce que rien qu'un désaccord sur ce point créera un dialogue de sourds.
Revenons sur votre affirmation par rapport à la disparition de la lecture, elle n'a en effet pas disparue, mais on ne peut pas dire qu'elle se porte bien non plus, pas en France. Le niveau de lecture baisse, l'attention est moindre, et la lecture a reculé face au cinéma ou au vidéoludisme.
Les éditeurs finiront par produire des livres IA. Parce que ça coûtera moins cher, que ce sera plus rapide pour répondre aux modes, qu'il n'y aura pas d'auteur à rémunérer, et il y aura des consommateurs pour ça. Comme il y en a pour la standardisation Netflix. On aura peut-être une édition à deux vitesses, avec encore moins de place pour les auteurs, avec des collections d'entrée de gamme faites par IA et des collections prestiges avec des vrais écrivains. Les maisons d'éditions font déjà ce genre de choix cyniques en publiant des textes médiocres d'influenceurs juste pour leur nom qui garantit les ventes.
Bref, je m'égare. Je m'égare parce que le problème ici est que n'importe quel utilisateur régulier de LLM est capable de sentir un texte écrit par une IA et qu'ils sentent ça dans le roman de cet auteur, et que si jamais ce roman a effectivement été gratté, ou pire, réécrit par une IA, ce n'est indiqué nulle part. Et même si ce roman n'a pas été écrit par une IA, le fait qu'on puisse le confondre est en soi légitime à se questionner sur la qualité littéraire réelle du texte.
Henri Mojon
24/09/2026 à 20:40
Et vous voulez une explication sur le plaisir sexuel? ou ce plaisir là vous n'avez pas besoin d'avoir une définition? Pour le reste votre verbiage n'a aucun intérêt.
Scythe
25/09/2026 à 10:09
Merci pour votre démonstration d'ignorance, évitez de vous lancer dans des débats esthétiques à l'avenir.
Gisèle Bourgois
23/09/2026 à 09:58
Il n'est pas interdit que je sache de se faire aider éventuellement par l'IA. Cet écrivain a vécu ce qu'il raconte dans son livre. Ces accusations sont d'une méchanceté et d'un racisme primaires. On n'oblige personne à lire cette œuvre. Je suis triste de toute cette malveillance ambiante qui règne dans mon pays d'origine.
bibliosurf
23/09/2026 à 10:37
L'IA n'a pas bonne presse.
L'IA pille des contenus intellectuels.
L'IA, c'est aussi la nouvelle bulle économique et un accélérateur du changement climatique avec une consommation effrénée d'eau et d'énergie.
L'IA va aussi tous nous mettre au chômage et demain contrôler les moindres gestes de notre quotidien.
L'IA démultiplie les capacités de nuire.
L'IA permet à tout un chacun d'écrire des articles et même des romans primés.
Qui utilise l'IA aujourd'hui dans son quotidien ? Absolument personne de responsable.
À part moi, qui l'utilise au quotidien dans mon travail, pour coder, écrire des articles et animer Bibliosurf.
Rodolphe
23/09/2026 à 11:09
Comme beaucoup de lecteurs, je suis le feuilleton Thelyson Orelien depuis deux jours.
Je n'ai pas lu le livre et je ne me prononce donc pas quant au recours ou non à l'IA. Si ce recours est avéré, c'est grave et dans le même temps ironique (nos prestigieux jurys littéraires sont-ils donc tous pour l'essentiel des pigeons ?) ; s'il ne l'est pas, c'est grave aussi, pour les accusateurs cette fois. Du reste je doute qu'on puisse jamais avoir une réponse définitive.
En revanche je cherchais, en bon contradicteur que je suis, un son de cloche différent. Je l'ai trouvé grâce à vous sur le blog de Zoé Sagan...
Jusqu'à ce que ma lecture me convainque que cette "argumentation" est elle-même rédigée par IA ! Pour les mêmes raisons : structures de phrases répétitives, statistiques bizarres, argumentation stéréotypée, etc.
Soit c'est un énième foutage de gueule, soit c'est une méta-dénonciation de génie ! Quel est votre avis chez Actualitté ?
mystere
23/09/2026 à 11:24
Votre article est objectif: très bien, mais le titre!
Ce qui est important: production humaine ou non? Mais le « à droite, on jubile. » en dit plus long sur vous.
Ernestine
23/09/2026 à 11:24
du harcèlement
je ne connaissais pas l'auteur
une amie canadienne qui le suit depuis plusieurs années ne croit pas à cette campagne
« De » Balzac
23/09/2026 à 12:01
« Révélations » malaisantes comme on dit dorénavant , mais il faudrait passer TOUS les romans vedettes de cette Rentrée littéraire à la moulinette : on aura sûrement des surprises , ceci dit je ne prends pas ces accusations pour argent comptant . Raison de plus pour finir la PAL des 3000 « romans » incontournables de la Littérature française et mondiale depuis 3000 ans .
Aurelien Terrassier
23/09/2026 à 13:10
Peu importe si Thélyson Orelien l'IA pour son livre. Peut-être qu'il s'est aidé de cela pour certains passages de son livre et les tests IA sont surtout truffés d'erreurs. Les attaques racistes contre Thélyson Orelien sont ignobles et les critiques des medias d'extrême droite et de droite dure sont tout aussi pathétiques surtout que Ferjou, Briens et Fitoussi eux ne savent pas écrire et mieux encore en plateaux tv et radio ils utilisent peut-être des anti-seches sur leur smartphone et ce grâce à l'IA!
Sarah 54
23/09/2026 à 13:14
Le problème n'est pas l'utilisation de via mais plutôt le faux engouement suscité par cette rentrée littéraire
Chaque année c'est la même chose : une carte spécifique nous fait croire que si nous n'avons pas lu tel ou tel livre nous sommes des idiots et qu'il est impensable de ne pas l'avoir lu même avant sa sortie !!
Utilisation de l'IA ou pas, c'est le texte d'origine n'est pas 100 % humain aucun intérêt qu'il soit nommé dans n'importe quel autre prix pendant que d'autres écrivains c'est Chine a créé des textes authentiques...
Pour ma part si le texte doit me plaire je le lirai pas de préconçue ni de préavis avant même qu'il soit diffusé...
Krusty 44
23/09/2026 à 14:10
La question n'est pas de savoir si le livre a été écrit par un noir ou un blanc ou un métis, mais s'il l'a été intégralement ou quasi par l'IA, sur des prompts de l'auteur. Dans ce cas, si une plainte au pénal est déposée contre celui-ci (guillemets à "auteur" ) la justice aura accès à son ordinateur et pourra instruire l'affaire. Soit "l'auteur" - noir ou blanc voire métis - sera "blanchi" soit il sera démontré qu'il fait parti de ces centaines de commerçants-écrivains qui doivent l'essentiel de leur notoriété et revenus à l'IA. Au-delà de ce cas particulier, soyons tous conscients que l'IA est un rouleau compresseur que rien n'arrêtera. Artistes, avocats, médecins, chercheurs … on aurait tous intérêts, dès à présent, à se chercher un autre avenir.
jwint
23/09/2026 à 16:05
Krusty 44 écrit : "La question n'est pas de savoir si le livre a été écrit par un noir ou un blanc ou un métis, mais s'il l'a été intégralement ou quasi par l'IA, sur des prompts de l'auteur."
Il n'existe pas d'IA capable d'écrire un roman, fût-ce avec des prompts qu'on lui aurait fournis. Tout au plus mes amis qui s'y connaissent expliquent-ils qu'on peut obtenir l'équivalent d'une nouvelle, et encore pas très longue.
La question semble donc bien de voir qui hurle avec les loups. Et de remarquer qu'encore une fois, avec ces mêmes loups, on hurle à propos d'un auteur noir.
Oups, j'utilise une métaphore, une IA déclarerait mon texte 100 % IA !
;-)
Gilles Gerardin
25/09/2026 à 11:45
Un réflexe pavlovien a poussé une grande partie de la presse (et des contributeurs ici même) à dénoncer comme une "campagne raciste" les premiers soupçons à l'encontre de Thélyson Orelien. Ce même réflexe qui conduit à traiter "d'antisémite" toute mise en cause du gouvernement israélien dans la façon peu amicale dont il traite ses voisins palestiniens. Le postulat est qu'une victime ne peut pas être coupable. Que les souffrances et l'injustice endurées pendant des siècles l'exonèrent de toute responsabilité. D'une part, c'est infantilisant pour tous ceux sur qui cette étrange bienveillance s'étend, de l'autre, c'est la porte ouverte à tous les abus.
Annichou
23/09/2026 à 16:41
Tout cette affaire me met en colère tant elle ressemble à ce qui est arrivé il y a plus de 50 ans à Yombo Ouologuem. Lui aussi jeune écrivain prometteur, d’origine malienne, il a obtenu en 1968 le prix Renaudot pour un livre dérangeant (« Le devoir de violence ») dans lequel il dénonçait non seulement le colonialisme mais aussi le concept de négritude porté par Césaire et Senghor. Il a été accusé de plagiat, alors que c’est son éditeur qui avait supprimé les guillemets des nombreuses citations de son livre. Blessé, il a tout abondonné et il est parti vivre au Mali. C’est son histoire que Mohamed Mbougar Sarr raconte dans « La plus secrète mémoire des hommes », prix Goncourt en 2021.
Jai lu « C’était ça ou mourir » avant qu’il obtienne le moindre prix et soit sur toutes les listes (je suis bibliothécaire). Je l’ai trouvé très beau et je comprends que cette vision sensible et humaine du « migrant » soit dérangeante pour ceux qui ont fait de l’émigration, voire de la remigration, leur cri de ralliement. Tout le reste (IA à 100% ? À 85% ? Pangram est-il fiable ? Un auteur a-t-il le droit de faire cela ? etc.) n’est qu’un prétexte pour agiter le chiffon rouge - même si le débat, dans un autre contexte, mérite d’être posé. Mais le mal est fait. Comme pour toutes les fake news, le soupçon va coller à la peau de ce jeune auteur (par ailleurs - tiens donc ? - signataire du livre collectif des auteurs ayant quitté Grasset, « La grande évasion » ), même s’il parvient un jour à prouver son innocence. Ce que j’espère de tout cœur.
Balouba
23/09/2026 à 17:58
Je suis absolument d'accord. Un coup tordu de Bolloré (le livre étant publié chez Grasset, choix fait à l'époque Olivier Nora ?) ? Histoire de discréditer Nora et son équipe qui se serait fait "avoir" par une IA ? Et surtout pour qu'un auteur noir ne soit pas la meilleure vente et le livre le plus honoré de cette rentrée littéraire dans une maison désormais propriété d'un militant d'extrême-droite et c'est puant de racisme.
sylvie
28/09/2026 à 07:42
je suis totalement d'accord avec Annichou, je crois que votre avis de bibliothéquaire, c'est a dire d'une professionnelle sans parti pris , sans appât du gain, juste animée par l'amour des livres et de la transmission, vous donne la compétence pour juger de cette affaire. D'autre par référence a Yombo Ouologuem me semble particulièrement pertinente, j'ai bien suivi cette affaire et partage votre avis.
Dans torrent de boue, vous êtes un joli nénuphar.
PASSANT
23/09/2026 à 17:18
C ' etait IA... ou la page... blanche
seingelt
23/09/2026 à 19:43
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Salanson
24/09/2026 à 11:18
Le plus drôle dans cette histoire c'est que la droite extrême, trop heureuse d'avoir trouvé une nouvelle cible avec ce Thélyson Orélien, se retrouve à taper sur un auteur Grasset, maison reprise en main par Bolloré comme on le sait. Et le tout avec un texte qui avait été accepté par... Olivier Nora avant son renvoi de cette maison. Faut pas être schizophrène ;-) ! Ce même Nora qui doit bien se marrer maintenant, d'avoir, involontairement, laissé traîner chez Grasset cette bombe à retardement.
PASSANT
24/09/2026 à 11:43
"Sait-on ce que c'est qu'écrire? Une ancienne et très vague mais jalouse pratique, dont gît le sens au mystère du coeur. Qui l'accomplit, intégralement, se retranche." [1]
( MALLARMÉ )
MG
24/09/2026 à 13:36
Ce que révèle cette affaire est merveilleux ! Auteurs, éditeurs, journaleux, jurés, y'en a pour tout le monde !
Lionel
27/09/2026 à 14:28
Question du plagiat mise à part si avéré (bien sûr condamnable s'il porte sur le travail d'autres auteurs), c'est surtout le spectacle navrant d'une humanité délirante en perte de son éthique (largement observable ailleurs) et de ses facultés, au nom du "progrès" : une société qui aborde tout à travers la technologie et qui condamne désormais pour ne plus être suffisamment humain sur verdict d'une machine.
Il semblerait que les noeuds commencent déjà à s'arrêter au peigne.
Yann22
29/09/2026 à 14:57
Une chronique publiée en 2013 dans La Presse est, selon le journal, dans sa « quasi-totalité » une « traduction légèrement remaniée » d’un article du Philippine Star paru quelques jours plus tôt (signé Dean Andy Bautista). La Presse a ajouté sur la page que l’auteur avait commis un plagiat.
La nouvelle Où va le monde, qui lui avait valu un prix du public de Radio-Canada vers 2012, reprend des passages de la préface du Matin des magiciens de Louis Pauwels et Jacques Bergier (1960). Radio-Canada estime qu’environ la moitié du texte en est proche.
D’autres chroniques et billets (HuffPost Québec, blog Mediapart, Mondoblog de RFI) reprennent des passages d’un article du quotidien indien The Hindu, d’une analyse en espagnol de La República, ou des tournures de l’auteur danois Pablo Saborio.
François Cardinal, éditeur adjoint de La Presse, a parlé d’une « tromperie décevante et inexcusable ». L’équipe des Décrypteurs de Radio-Canada a recensé au moins cinq textes d’opinion de 2012-2013 en partie copiés.
Edco
29/09/2026 à 17:12
Oui oui on en a parlé dans la presse..... !
C est le fameux .....Il a volé ce boeuf ....car avant il avait volé un oeuf ....! 🤔😭🫣
PASSANT
03/10/2026 à 09:31
Euh... il avait déjà volé... un troupeau de boeufs... 23!... aux dernières nouvelles !
PASSANT
03/10/2026 à 09:35
Ps... Un vrai méchant de western !...