#Prix littéraires

“Avons fait l’impossible, mais avions rêvé davantage”

Aux Deux Magots, Jean-Luc Coatalem a connu presque toutes les places : celle du jeune homme qui observe, du lauréat photographié sur le boulevard, puis du juré chargé, à son tour, de choisir. À l’heure où le prix 2026 entre dans le vif de ses délibérations, l’écrivain ouvre les portes d’une institution qu’il connaît désormais de l’intérieur, avec ses goûts, ses rites et ses petites stratégies.

Le 21/09/2026 à 15:53 par Hocine Bouhadjera

1 Réactions | 471 Partages

Publié le :

21/09/2026 à 15:53

Hocine Bouhadjera

1

Commentaires

471

Partages

Partager cet article sur Bluesky Partager cet article sur Mastodon Partager cet article sur Linkedin Partager cet article par mail Imprimer cet article
ActuaLitté

Il lui faut remonter avant le prix, avant le jury, avant même les livres publiés. Jean-Luc Coatalem était alors étudiant à Angers. Lorsqu’il débarquait à Paris par la gare Montparnasse, il descendait la rue de Rennes.

Sa mère, persuadée de pouvoir lui trouver en trois jours une chambre dans la capitale, avait dû renoncer. Lui s’était installé pour deux ans dans un hôtel du XIVe arrondissement. Au bout de ses promenades : Saint-Germain-des-Prés, La Hune, les librairies, et les Deux Magots.

« Il m’arrivait le samedi de venir boire un café en allant à la librairie, puis de retourner dans cet hôtel. Pour moi, les Deux Magots, ça a toujours été quelque chose d’un peu glamour, une forme de désinvolture, d’insolence, au fond de jeunesse. »

Pour ce provincial et citoyen du monde, le quartier avait alors valeur de capitale dans la capitale. On pouvait choisir son camp, le Flore ou les Deux Magots. il avait choisi le second. Antoine Blondin y avait été couronné, Bernard Frank aussi. Gilles Lapouge, écrivain voyageur dont il admirait les livres, appartenait à ce paysage littéraire. « J’avais l’impression, ici, d’être à Paris, d’être au cœur de Paris. » Quelques décennies plus tard, il est toujours là.

De la Peugeot au boulevard Saint-Germain

Bien avant d’être lui-même couronné, Jean-Luc Coatalem avait déjà vu ce que le prix pouvait produire sur une trajectoire. En 1990, son ami Olivier Frébourg, alors à La Table ronde, reçoit les Deux Magots pour Roger Nimier. Trafiquant d’insolence. L’épisode nourrit longtemps leurs conversations.

« Ça avait été pour lui un moment formidable : il s’était retrouvé sur le boulevard, photographié par une meute de photographes. Et avec une partie de l’argent du prix, il s’était acheté un coupé Peugeot. » Le prix avait donc eu une suite très concrète : des virées à Orly pour regarder décoller les avions, à une époque, précise le juré, où « les aéroports étaient encore fascinants », puis des retours à Saint-Germain pour boire un verre. Bien avant 2002, Jean-Luc Coatalem s’était déjà fabriqué, autour des Deux Magots, une petite mythologie personnelle.

Son tour arrive, avec Je suis dans les mers du Sud, consacré à Paul Gauguin. Ce jour-là, pourtant, il croit longtemps avoir perdu. Son éditeur, Manuel Carcassonne, doit l’appeler à midi. À 13h20, toujours rien. Il marche dans le quartier, passe rue de l’Échaudé et commence à se faire une raison. « Bon ben voilà, ton destin te rattrape, l’échaudé est rue de l’Échaudé. »


Le téléphone sonne enfin.

« On m’a dit : “Tu as le prix des Deux Magots.” Là, c’était une sorte de libération. J’ai couru sur le boulevard et je me suis retrouvé à mon tour, comme Olivier Frébourg, devant cette nuée de photographes. Parce que c’est un prix qui a cette particularité : le lauréat est photographié sur le boulevard. Donc on a l’impression, pendant une minute, d’être Marilyn Monroe ou Cary Grant. Après, ça retombe. »

Le souvenir pourrait suffire à expliquer l’attachement. Mais près de 15 ans après, l’histoire change de côté.

Jean-Luc Coatalem avait fait la connaissance de Jean-Paul Caracalla, l’un des trois présidents qu’a connus le prix depuis sa création en 1933, par l’intermédiaire... d’Olivier Frébourg. Cette grande figure des Deux Magots avait notamment relancé dans les années 1950 La Revue des Voyages, publiée par la Compagnie internationale des Wagons-Lits et nourrie de signatures comme Blaise Cendrars, Paul Morand ou Michel Déon.

Les deux hommes déjeunent, parlent littérature, voyages et écrivains. Puis Caracalla lui propose de rejoindre le jury, à l’occasion de l’édition 2017. « J’ai vécu ça comme un honneur : rejoindre cette espèce de, pas de légende, le mot est trop fort, mais disons une énergie, quelque chose qui vous dépasse un peu. »

« Les jurés des Deux Magots lisent les livres »

Une fois entré dans le jury, Jean-Luc Coatalem en découvre le fonctionnement de l’intérieur : « À la différence d’un certain nombre de jurys que je n’aimerais pas, les jurés des Deux Magots lisent les livres. Ils les lisent, ils les défendent. On a un petit compte WhatsApp où - on ne peut pas trop, parce que le président n’aime pas ça - on commente nos lectures. C’est assez vivant, sympathique. »

Depuis son arrivée, la table a sensiblement changé de visages : Étienne de Montety, lui-même juré et lauréat du prix en 2014, a succédé en 2018 à Jean-Paul Caracalla à la présidence. Après la mort de ce dernier en 2019, sa fille Laurence a rejoint à son tour le jury. Puis le renouvellement s’est accéléré : Isabelle Carré l’intègre en 2022, Clara Dupont-Monod et Abel Quentin arrivent pour les 90 ans du prix, en 2023 ; Jessica Nelson et Nicolas Carreau les rejoignent en 2024, en remplacement d’Isabelle Carré et d’Éric Deschodt.

Cette même année, la disparition de Benoît Duteurtre et les départs de Pierre Kyria et Jean Chalon achèvent de recomposer la table. En 2026, autour d’Étienne de Montety, elle compte 9 membres : Laurence Caracalla, Nicolas Carreau, Jean-Luc Coatalem, Pauline Dreyfus, Clara Dupont-Monod, Jessica Nelson, Marianne Payot et Abel Quentin.


Mais que cherche-t-on exactement lorsqu’on lit pour les Deux Magots ?

Jean-Luc Coatalem commence par une comparaison de mécanicien. « Moi-même écrivant, j’ai tendance à avoir un regard un petit peu technique. Je suis comme un mécanicien qui regarde une belle voiture : je regarde comment ça marche, quel est le moteur. Il y a déjà un regard d’écrivain à écrivain. Et puis, après, quand le livre vous plaît, vous oubliez tout. On se laisse emporter. »

Il cite volontiers Le monde est fatigué de Joseph Incardona, lauréat en 2025 : un roman qui l’avait « bluffé » à la fois par son histoire, son écriture et son suspense. Le mot revient souvent chez le juré. Être bluffé. Sentir qu’un livre sait exactement ce qu’il fait tout en produisant quelque chose qu’on n’avait pas prévu. « Il faut qu’il y ait une séduction. Il ne faut pas que ce soit trop opaque, pas trop alambiqué. Il faut aussi une force de frappe. J’aime bien quand je me dis : “Ah ouais, d’accord… le mec, il assure, il envoie du bois.” »

À LIRE - Dans l'atelier de Joseph Incardona, Prix des Deux Magots 2025

Le Deux Magots, rappelle-t-il, « n’est pas fait pour récompenser des gens qui sont multicouronnés. Ça ne sert à rien. On cherche l’originalité, on cherche la jeunesse, on cherche à être surpris, à être emporté par un livre. Mais si ces livres sont déjà raptés par d’autres prix, on va lâcher. Le but, c’est d’apporter un éclairage sur quelqu’un qui en a un peu manqué ou qui n’a pas tout à fait l’aura qu’il méritait. » Voilà pour la doctrine. Reste la pratique.

Les fixettes de Jean-Luc Coatalem

Un jury littéraire n’est pas une addition de goûts individuels. Il faut faire passer son livre préféré de l’intime au collectif. Jean-Luc Coatalem reconnaît avoir ses « fixettes ». « Il y a des livres que je lis et sur lesquels je vais envoyer quelques messages sur le groupe WhatsApp en disant : “Mais lisez-le, lisez-le, lisez-le !” »

Il arrive que cela fonctionne. À deux reprises au moins, nous assure-t-il, des ouvrages qu’il avait particulièrement défendus ont fini par obtenir le prix. Pas question pour autant de s’en attribuer la victoire : un livre ne gagne que lorsqu’une majorité de lecteurs se déplace vers lui.

Et puis il y a les défaites. Cette année encore, l’un de ses favoris n’a même pas franchi la première sélection. « J’étais le seul à le soutenir. Je n’ai pas réussi à convaincre les autres. Mais bon, si je n’y arrive pas, je n’y arrive pas. Ce sera la prochaine fois ou ce sera autre chose. »


À mesure que les listes raccourcissent, le jeu devient plus subtil. La qualité littéraire reste au centre, mais le contexte des prix commence à peser. Un éditeur déjà très présent, un auteur promis à plusieurs récompenses, un livre qui n’a plus vraiment besoin du projecteur des Deux Magots : autant d’éléments susceptibles de faire bouger une voix.

Il y a donc un peu de stratégie. Pas les grandes manœuvres qu’on prête volontiers aux prix littéraires ici, plutôt une diplomatie de table. « Ça peut m’arriver de parler à un autre juré en disant : “Tu as vu, lui ou elle, ça va être difficile…” On insiste, on essaie de remonter le livre d’un cran pour qu’il soit dans la deuxième ou la troisième sélection. »

Et puis il y a les incompatibilités de goût, qui deviennent presque des instruments de mesure. « Je sais qu’il y a un juré avec lequel, systématiquement, je ne suis pas d’accord. Il me parle d’un livre et je m’aperçois qu’en fait, c’est le livre pour lequel je ne voterai pas. Ça fait trois ou quatre fois que je note que je ne suis systématiquement pas de son avis. Mais il ne gagne pas toujours. »

Ce qui ressemble vu de l’extérieur à une « bataille » est, assure-t-il, beaucoup moins martial une fois assis autour de la table. Des tours de parole, des arguments, des votes. Puis, quelquefois, quelques blocs qui se dessinent.


La différence peut alors se faire à l’oral. « Défendre un livre, ça se fait de manière collégiale, les uns devant les autres. Il faut avoir une force de conviction. Si vous défendez mollement votre livre ou avec des mots approximatifs, ça ne passe pas. Il faut monter un peu au créneau, avoir des arguments, voir les contre-arguments. Vous pouvez convaincre quelques indécis : pas des gens qui étaient contre, mais ceux qui hésitaient entre deux livres et qui vont basculer. »

Après avoir passé des semaines seul devant un texte, le destin d’un livre se joue parfois à la façon dont quelqu’un parvient à en parler, pendant quelques minutes...

Il y a enfin ce qui vient après le dernier vote. Celui qui défendait un autre titre se range derrière le choix collectif. Les jurés se rapprochent, le lauréat arrive et les photographes reprennent leur place sur le boulevard. « Tout d’un coup, on se retrouve tous autour du lauréat et ça fait cohésion, ça fait groupe, un peu équipe de rugby. On incarne de nouveau ce prix. C’est l’idée de faire corps et d’être autour d’un seul livre, avec nos divergences relatives et nos convictions assurées pour certains. »

Un « petit navire vert » sur la mer germanopratine

Jean-Luc Coatalem a beaucoup écrit les ailleurs. La Polynésie, l’Indochine, les îles, les voyageurs et ceux qui disparaissent derrière leur propre légende. Alors, lorsqu’on lui demande de faire des Deux Magots un paysage de récit de voyage, l’image vient immédiatement. « Ce serait un esprit d’équipage. Les Deux Magots seraient un petit navire vert sur la mer germanopratine, le jury serait l’équipage et Étienne de Montety serait notre commandant. »

Un navire qui approche doucement de son siècle et sur lequel l'auteur occupe désormais une place singulière : ancien lauréat, mais toujours écrivain soumis, lui aussi, au regard des autres. Car tandis qu’il lit la rentrée pour le prix, son propre roman se trouve dans les piles. Tête brûlée, publié chez Stock à la rentrée littéraire, raconte Ronan Kerven, vieil officier retiré en Bourgogne après avoir traversé guerres, Légion et contre-espionnage, bientôt rattrapé par les identités et les zones troubles de son passé.

Et le juré redevient alors simplement auteur parmi les 461 romans de cette rentrée 2026, avec ce que cela suppose d’attente, de lectures espérées.

 

La rentrée littéraire reste un moment ingrat pour les auteurs : trop de livres, peu de place, et cette crainte de disparaître dans la rotation. Même après des années de publications et quelques beaux articles, le sentiment demeure : « Comme tout auteur, c’est toujours insuffisant. » Il sourit de cette insatisfaction qui survit apparemment à quelques décennies de publications.

Et convoque pour finir Jean-Baptiste Charcot, bloqué dans les glaces antarctiques, dont il reprend une formule qui pourrait convenir aussi bien aux explorateurs qu’aux écrivains en septembre : « Avons fait l’impossible, mais avions rêvé davantage. »

À LIRE - Avec Catherine Mathivat, cultiver l'héritage littéraire des Deux Magots

La première sélection de l’édition 2026, établie le 2 septembre, compte 10 ouvrages. Une deuxième délibération, ce 21 septembre, doit ramener la liste à 4 ou 5 finalistes avant la remise du prix, le 5 octobre. Le Deux Magots reste doté de 7700 € et entend toujours distinguer, dans l’esprit de sa création en 1933, une littérature moins attendue que celle des grands prix.

Crédits photo : Jean-Luc Coatalem devant le café Les Deux Magots, à Paris (ActuaLitté, CC BY-SA 2.0)

 

 
 
 
 
 

DOSSIER - Les Deux Magots 2026 : une 93e édition entre tradition, indépendance et débat sur l’IA

Par Hocine Bouhadjera
Contact : hb@actualitte.com

1 Commentaire

 

sylvie

22/09/2026 à 07:18

Ce prix est un grand prix, vraiment fondé sur la littérature et l'originalité : n'oublions pas qu'il a couronné Raymond Queneau en 1930 pour : " le chiendent" pour un coup d'essai, ce fut un coup de maître !

ROGER NIMIER.

Olivier Frébourg

Paru le 01/12/1989

172 pages

Editions du Rocher

11,59 €

Je suis dans les mers du Sud

Jean-Luc Coatalem

Paru le 03/10/2001

320 pages

Grasset & Fasquelle

19,60 €

Le monde est fatigué

Joseph Incardona

Paru le 22/08/2025

224 pages

Finitude Editions

21,00 €

Tête brûlée

Jean-Luc Coatalem

Paru le 19/08/2026

227 pages

Stock

20,00 €

Plus d'articles sur le même thème

ActuaLitté

La soif d'idéal de Lionel Destremau : des dirigeants humanistes, et un Goncourt, ou deux

Un Goncourt ou deux ? Lionel Destremau plaisante, avant de ramener ses ambitions de romancier à une aspiration plus essentielle : rencontrer des lecteurs. À Gradignan, le commissaire général de Lire en Poche décline sa « Soif d’idéal » en trois portraits. Entre transmission littéraire, incertitudes sur l’avenir des politiques culturelles et rêve de dirigeants humanistes, ses souhaits finissent par dessiner une même exigence : remettre l’être humain au centre.

11/10/2026, 17:46

ActuaLitté

De l'or, des soldats et des résistants : les dessous de Timika (Papouasie)

Au salon Lire en Poche de Gradignan, Nicolas Rouillé revient sur Timika. Western papou, récompensé par le prix de littérature française 2026 Lire en Poche après une réédition chez Anacharsis. Ce roman, né d'une enquête en Papouasie occidentale, fait se croiser migrants indonésiens, chercheurs d'or et résistants papous autour d'une mine géante. L'écrivain raconte ses rencontres, ses choix de fiction et son souhait de voir un jour le livre traduit pour les lecteurs du territoire.

11/10/2026, 17:27

ActuaLitté

Johana Gustawsson : “On juge sans arrêt, sans savoir”

À Lire en Poche, à Gradignan, Johana Gustawsson revient sur Les Morsures du silence, récompensé par le prix du polar Sud Ouest/Lire en Poche 2026. Derrière une enquête ouverte par un meurtre en costume de Sainte-Lucie, la romancière franco-suédoise explore les blessures familiales, son installation difficile en Suède et les préjugés des lecteurs. Elle raconte aussi son travail à quatre mains avec le Norvégien Thomas Enger.

11/10/2026, 17:18

ActuaLitté

Des livres aux bibliothèques : le combat de Djaïli Amadou Amal

Un livre à couverture rose lui a révélé, enfant, que lire permettait d'imaginer d'autres existences. Rencontrée samedi 10 octobre au salon Lire en Poche, à Gradignan, Djaïli Amadou Amal raconte cette découverte, le refuge trouvé dans l'écriture et le passage de la littérature à l'action. À travers Le Harem du roi, récemment paru en poche, et Espoir, son récit autobiographique, l'écrivaine camerounaise remonte aux origines de son engagement.

10/10/2026, 17:45

ActuaLitté

Maylis de Kerangal: “Ce qui n’est pas juste ne peut pas être beau”

Au salon Lire en Poche de Gradignan, Maylis de Kerangal revient sur Jour de ressac, désormais disponible chez Folio. Le Havre, ville de son enfance, lui permet d’écrire une part d’elle-même sans transformer la narratrice en double. Entre mémoire des lieux, gestes du quotidien et réflexion sur l’intelligence artificielle, la romancière défend une littérature attentive à la justesse du regard, à la beauté et à la liberté de la fiction.

10/10/2026, 17:33

ActuaLitté

La soif d'idéal de Michèle Pedinielli : du prosecco et des enfants heureux

Un prosecco avec des glaçons, des enfants heureux, un roman qu'on pourrait écrire sans paniquer : Michèle Pedinielli ne manque pas d'idéaux. Rencontrée au festival Lire en Poche, à Gradignan, la romancière décline le thème « Soif d'idéal » en trois portraits : la femme, l'autrice et la révoltée. Trois aspirations qui oscillent entre humour et inquiétude, jusqu'à cette envie, aussi simple à formuler que difficile à satisfaire : ne plus avoir peur.

10/10/2026, 12:07

ActuaLitté

Muriel Gilbert : “L’orthographe, pour moi, c’est un jeu.”

Correctrice au Monde depuis une vingtaine d’années, Muriel Gilbert veille sur des règles dont elle connaît pourtant les transformations. Rencontrée au salon Lire en Poche de Gradignan, où elle présente Le Petit Gilbert, la chroniqueuse de RTL revient sur la féminisation des noms de métiers, les expressions qui changent de sens et les accommodements parfois nécessaires avec la norme. Un métier où corriger ne signifie pas toujours avoir le dernier mot.

 

10/10/2026, 09:49

ActuaLitté

Et si les monuments de Paris cachaient des messages que nous avons oubliés ?

Et si Paris cachait, dans ses monuments, des symboles que nous ne savons plus regarder ? Dans Le Paris alchimique, publié chez Trajectoire, Émilie et Nicolas Meillerais Gallois proposent de redécouvrir la capitale à travers l'alchimie et la spiritualité chrétienne. Des sculptures de Notre-Dame aux tapisseries de La Dame à la licorne, leur guide mêle promenade, découverte du patrimoine et réflexion sur la transformation de soi.

09/10/2026, 15:01

ActuaLitté

“La lutte contre le piratage, c'est une conjonction de moyens” (SNE)

Bookys, plateforme pirate diffusant des livres, des revues et des magazines protégés par le droit d'auteur, est visée par une demande de blocage portée par le Syndicat national de l'édition (SNE) et l'Alliance de la presse d'information générale. Adressée aux fournisseurs d'accès à internet, l'assignation ouvre la voie à d'autres actions, comme des mesures contre les sites miroirs ou les prestataires de paiement.

07/10/2026, 16:57

ActuaLitté

Drieu la Rochelle et Colette Jéramec : l’histoire d’un couple impossible

Avec La Rédemption, Jean-Noël Orengo revient sur un couple pris dans les bouleversements du XXe siècle : Pierre Drieu la Rochelle et sa première épouse, Colette Jéramec. Derrière l’écrivain collaborationniste et antisémite, le romancier fait réapparaître une femme longtemps restée dans l’ombre, médecin et chercheuse à l’Institut Pasteur, arrêtée avec ses deux enfants en 1943.

02/10/2026, 18:04

ActuaLitté

Clémentine Mélois : “Toute la vie n’est faite que de ruptures successives”

James Joyce avait fait entrer l’épopée dans la vie ordinaire, jusqu’à faire tenir une Odyssée entière dans une journée. Clémentine Mélois choisit, elle aussi, de partir de presque rien : un déménagement, une séparation, quelques cartons, un verre à moutarde, un rouleau de Sopalin. Dans Choses que je croyais perdues, finaliste du 93e prix des Deux Magots, l’autrice-artiste fait de « l’infraordinaire » sa matière romanesque.

01/10/2026, 15:33

ActuaLitté

Véronique Ovaldé : “J’ai toujours inventé d’autres vies à ma mère”

On connaît Véronique Ovaldé pour ses fictions et leurs vies toujours prêtes à bifurquer. Avec Vivre sans bonheur et n’en point dépérir, paru chez Flammarion en cette rentrée littéraire, elle se tourne cette fois vers sa propre mère. Le récit est plus intime, sans abandonner l’imaginaire, et la place parmi les finalistes du prix des Deux Magots 2026.

30/09/2026, 17:03

ActuaLitté

À 80 ans, Lucky Luke court toujours : dans les coulisses de l’exposition avec Joub

À 80 ans, Lucky Luke n’a pas fini de galoper. Commissaire de l’exposition Lucky Luke court toujours !, présentée à Quai des Bulles, Joub a replongé dans l’ensemble de la série pour raconter autrement le cow-boy de Morris : par le dessin, la couleur, les gags et les motifs qui traversent huit décennies d’albums.

30/09/2026, 12:04

ActuaLitté

Lucie Rico : “Dire quelque chose, c’est déjà le transformer”

Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer ? Une question qui a conduit Lucie Rico jusqu’à la finale du prix des Deux Magots 2026. Dans ce troisième roman publié chez P.O.L, une phrase inachevée ouvre une enquête sur un souvenir d’enfance, entre le baroque du giallo, reconstitution comme les vrais enquêteurs judiciaires, et mémoire familiale.

29/09/2026, 15:07

ActuaLitté

Elsa Holfert : "Le burn-out n’est pas que professionnel"

Paru le 22 avril 2026 aux Éditions Dangles, Fatigue chronique, et si c’était un épuisement surrénalien ? d’Elsa Holfert explore les mécanismes de l’épuisement liés au stress chronique. Kinésithérapeute de formation, l’autrice exerce aujourd’hui comme praticienne en santé fonctionnelle et en hormonologie.

28/09/2026, 16:40

ActuaLitté

Pour encadrer l'IA, La France insoumise convoque Isaac Asimov

Exclusif — Une figure de la science-fiction s'invite à l'Assemblée nationale, à la faveur d'une proposition de loi déposée par René Pilato, député La France insoumise — Nouveau Front Populaire de Charente. Les fameuses « lois de la robotique », conçues par l'écrivain américain, y sont citées, afin de motiver et nourrir un encadrement des intelligences artificielles mises à la disposition du grand public.

24/09/2026, 15:58

ActuaLitté

“La véritable violence, c’est le déni, l’indifférence”

Mère isolée, actrice pornographique quadragénaire, Sabine élève seule son fils Romain dans le vingtième arrondissement. Adolescent « normal », moyen, ce dernier subit un harcèlement en règle dès lors qu’une vidéo de Sabine fuite au collège, et fait le tour des réseaux sociaux… La suite ? Accompagnée par le hardeur Joseph, et par Enguerrand, bourgeois blasé, Sabine résout de se venger, guidée par son seul amour maternel. Une deuxième intrigue se met en place, mêlant cette fois milieux d’affaire et hauts-fonctionnaires, sur fond de revenge porn et de libertinage. Propos recueillis par Étienne Ruhaud.

21/09/2026, 16:54

ActuaLitté

“Le risque de devenir « un LinkedIn du livre » existe évidemment”

L'écueil, Jean-Charles Caplier le formule lui-même : créer « un LinkedIn du livre » de plus. Alors que LivreConnect ouvre officiellement le 16 septembre, son fondateur défend un espace transversal entre les métiers, nourri de ressources, d’outils et d’un assistant IA. Pour ActuaLitté, il précise ce qui permettra de juger si le projet a vraiment trouvé sa place — et jusqu’où il entend laisser Volt’R intervenir.

16/09/2026, 09:30

ActuaLitté

”Chaque livre mérite de trouver ses lecteurs” : Béliveau éditeur à la conquête de l’Europe

Reprise en juillet 2026 par Amélie McNicoll et Alexandre Vézina, Béliveau Éditeur entend revoir autant sa sélection de projets que leur commercialisation. Les deux entrepreneurs veulent associer davantage les auteurs à la stratégie de leurs livres, relancer la production et renforcer la présence de cette maison québécoise de plus de 50 ans en France, en Belgique et en Suisse, avec un objectif de 25 à 30 titres à court terme.

16/09/2026, 09:00

ActuaLitté

À quelques pas de toi : le podcast qui a relié les générations

Il y a des a priori auxquels il faut tordre le cou : « il ne se passe pas grand-chose en milieu rural » est un préjugé qui vient de prendre du plomb dans l’aile grâce à une dynamique mise en place dans une petite commune de Gironde.

14/09/2026, 16:07

ActuaLitté

“Pourquoi tu n’écris pas un livre sur le sexe ?” : la naissance de SexOD

À l'occasion de la sortie de son premier thriller (SexOD - juin 2026 - Patchenco éditions), que ActuaLitté vient de chroniquer, Patrick Collignon a bien voulu répondre à nos questions. On y apprend notamment que si l'écrivain belge a choisi de placer l'intrigue de son roman à Stockholm, ce n'est pas tout à fait par hasard ou pour suivre la mode !

03/09/2026, 18:13

ActuaLitté

Écris-moi une danse.... De la page au mouvement avec Myriam Gourfink

Un roman s’écrit avec des mots, une partition de musique avec des notes, et pour la danse ? Comment expliquer à des danseurs et danseuses les mouvements imaginés par un ou une chorégraphe, des intentions scénographiques qui soient intelligibles par tous et mémorisables. Rencontre avec Myriam Gourfink, danseuse, chorégraphe, riche d’un parcours international, reconnue et très appréciée pour son travail de recherche chorégraphique. 

02/09/2026, 15:56

ActuaLitté

Harcèlement scolaire : apprendre dès 4 ans à poser ses limites

Avec Éduquer contre l’exclusion et le harcèlement – Méthode et outils pédagogiques adaptés au programme EVAR, paru aux éditions Dangles, Chloé Ségneré s’adresse aux enfants de 4 à 7 ans, mais aussi aux adultes qui les accompagnent. Sa méthode Empatikids passe par les émotions, le respect des limites, le consentement ou encore la sécurité pour tenter d’agir avant que les situations d’exclusion ou de harcèlement ne s’installent.

01/09/2026, 17:32

ActuaLitté

“Dieu est mort, mais il n’arrive pas à s’en consoler”

Romancière, poétesse, psychanalyste et traductrice franco-suédoise, Kristina Ifwarson vient de cosigner avec l’éditeur Olivier Gallon la traduction d’un texte de Stig Dagerman inédit en français : Le Jour dernier. Parue de son vivant en 1952, cette pièce radiophonique est l’ultime œuvre de Stig Dagerman. Qu’est-ce qui fait la singularité de ce texte ? Pourquoi a-t-il été « oublié » jusqu’ici en Suède ? Et comment cette traduction pourrait-elle renouveler notre lecture de l’œuvre de Stig Dagerman ? Le point avec Kristina Ifwarson. Par Karim El Haddady.

31/08/2026, 17:11

ActuaLitté

Livre sur les quais 2026 : se renouveler sans rompre le fil

Pour sa 17e édition, Le Livre sur les quais cherche à renouveler ses formes sans perdre ce qui fait son identité. À Morges, Adélaïde Fabre défend un festival plus participatif, ouvert aux autres arts et aux nouveaux publics, mais toujours construit autour de la rencontre et de la transmission.

27/08/2026, 16:45

ActuaLitté

Henri-Frédéric Amiel, écrivain d’une “vie manquée” devenue monument littéraire

Douze tomes, 16.900 pages… Publié en intégralité par L’Âge d’Homme entre 1976 et 1994, le Journal intime d’Henri-Frédéric Amiel (1821-1881), aujourd’hui revendu fort cher sur le marché de l’occasion, demeure peu lu, du moins en intégralité. Agrégée, docteure ès lettres, Géraldine Sauquet a, en quelque sorte, débroussaillé l’épais maquis de ce texte total, récit intime de quatre décennies, histoire de la vie quelque peu terne d’un professeur genevois, extrêmement cultivé, séduisant physiquement, mais miné par une timidité et une aboulie pathologiques. Par Étienne Ruhaud.

26/08/2026, 18:22

ActuaLitté

Quand le format vertical bouscule l’écriture des séries

Pensées pour être regardées sur un smartphone, les fictions verticales ne se cantonnent plus aux productions amateurs des réseaux sociaux. France Télévisions et Arte investissent désormais ce terrain, où la brièveté impose ses propres règles : installer une situation immédiatement, caractériser un personnage en quelques secondes, concentrer les dialogues et maintenir le récit sous tension. Une autre manière d’écrire la fiction ?

25/08/2026, 11:11

ActuaLitté

“Ma mère est partie en Espagne” : Lavinia Braniște écrit l’exil ordinaire

Le 21 août paraît aux éditions des Syrtes le roman Camping de Lavinia Braniște, traduit du roumain par Sylvain Audet-Găinar. Un roman sur l’exil ordinaire et des vies en transit. Dialogue avec son éditrice, Olimpia Verger.

17/08/2026, 17:51

ActuaLitté

“Les richesses du sol africain l’ont carrément appauvri”

Elvis Ntambua Mampuele, romancier, lauréat du Prix Senghor du public du premier roman : « La culture ne met pas fin à une guerre, mais elle peut aider une société à guérir, à se rassembler et à préparer les conditions d’une paix durable » Par Karim El Haddady.

14/08/2026, 16:15

ActuaLitté

“Face à des mégafeux incontrôlables, la Grèce n’en finit plus“

Tout brûle en Grèce, pas seulement la nature éprouvée par la sécheresse et l’incivilité de ses habitants, elle brûle parce que la police est corrompue, l’environnement est bafoué et les hommes politiques sont malhonnêtes. Et pourtant, la Grèce est un pays attachant, plein de ressources et de bonnes volontés. Cependant, la sincérité n’est pas un gage suffisant d’honnêteté, Nikos Nikolopoulos le démontre au fil de ce polar passionnant, efficace dans lequel s’entremêlent plusieurs histoires, passées ou récentes, qui finissent toujours par converger vers un drame.

04/08/2026, 15:33

ActuaLitté

“Un réseau de librairies plus fort et plus moderne” : l’ambition de l’ALIM au Maroc

Hassan El Kamoun est partout. Il porte la voix des libraires du Maroc et celle de l’ALIM. On le voit sur le terrain, dans son pays, mais aussi en France, en Belgique ou aux Émirats arabes unis, inlassablement mobiliser, convaincre et attirer l’attention sur les enjeux de la librairie. Propos recueillis par Agnès Debiage (ADCF Africa).

03/08/2026, 16:07

ActuaLitté

Oser Joyce : deux années avec Ulysse

Pendant deux ans à plein temps, Michel et Michela Gribinski ont vécu au rythme de Leopold Bloom, traversé six fois Dublin et remis chaque phrase sur le métier. De cette immersion naît une nouvelle traduction d’Ulysse, guidée par un pari : retrouver, sous le monument à la réputation si intimidante, le roman, ses corps, ses voix, son burlesque et sa mélancolie.

27/07/2026, 18:22

ActuaLitté

“Le collectif doit primer sur l’ego” : la SAIF invente un prix contre la logique des prix

Comment récompenser des artistes sans renforcer la compétition qui structure déjà leur secteur ? Avec le Prix La SAIF x Ce qui nous lie, Églantine de Boissieu assume ce paradoxe : distinguer un collectif, non pour couronner une œuvre ou une carrière, mais pour lui offrir trois jours durant lesquels il pourra cesser de produire. Une manière de traiter le temps, le repos et les relations de travail comme des ressources politiques.

24/07/2026, 16:16

ActuaLitté

“Quand un artiste affirme que son œuvre n’est pas politique, c’est déjà politique”

Marraine de la première édition du Prix La SAIF x Ce qui nous lie, l’autrice et illustratrice Cy défend une création indissociable des luttes collectives. Remise le 13 septembre, pendant le festival Les Muses, cette nouvelle récompense ne distingue pas une œuvre : elle offre à un collectif engagé trois jours pour se retrouver, réfléchir et reprendre son souffle.

22/07/2026, 15:51

ActuaLitté

La première librairie antiraciste de France mise sur le numérique

Ancienne ingénieure à la SNCF, Nawal Kerdougli a créé au printemps ManYaya, la première librairie exclusivement antiraciste en France. Interrogée par ActuaLitté, elle revient sur les origines de ce projet, ses choix éditoriaux et son ambition de rendre ces ouvrages accessibles partout en France, notamment dans les territoires où l’offre spécialisée est limitée.

17/07/2026, 17:27

ActuaLitté

Renaud Lefebvre (SNE) : “Les opérateurs d'IA sont en infraction permanente”

L'année 2026 n'est pas de tout repos pour l'industrie de l'édition, confrontée à un repli des ventes et à un recul apparent des pratiques de lecture. Parallèlement, la situation budgétaire de l'État entraine une contraction des soutiens publics, tandis que de puissants acteurs technologiques prennent leurs aises, afin de développer des outils d'intelligence artificielle... Renaud Lefebvre, directeur général du Syndicat national de l'édition (SNE), est revenu pour ActuaLitté sur quelques sujets de préoccupation.

16/07/2026, 11:19

Autres articles de la rubrique À la loupe

ActuaLitté

À Paris Acte V du mouvement lycéen : “Pas de futur sans culture”

Paris, mardi 13 octobre. À 14 h 30, rue de Rivoli, le départ du cortège de l’Hôtel de Ville approche. Le mouvement lycéen entre dans son cinquième acte, au lendemain de l’appel au calme d’Emmanuel Macron. En tête des revendications : les moyens pour étudier, les inégalités et les violences policières. Reportage.

 

13/10/2026, 20:42

ActuaLitté

J’invente des mondes : Aujourd’hui, je choisis de défendre le nôtre

Je vais peut-être perdre des lecteurs. Des gens qui aiment mes romans mais préféreraient que je reste bien gentiment dans mes mondes imaginaires. Que je parle de fantasy, d’âmes-sœurs, de héros et de créatures fantastiques. Que je fasse rêver. Et surtout, surtout que je ne parle pas de politique. Tant pis. Parce qu’à un moment, se taire revient aussi à prendre position. Propos recueillis par Guilhem Méric.

 

13/10/2026, 16:59

ActuaLitté

“Et si le vrai lecteur était celui qui ne finit pas ses livres ?”

Et si ne pas finir un livre n’était pas un échec ? À l’heure où l’attention s’éparpille, où les défis de lecture transforment les livres en trophées et où l’intelligence artificielle uniformise les voix, Clément Bosqué défend le droit de lire autrement : lentement, par fragments, sans obligation de résultat. Dans Pensées philosophiques pour raviver la flamme en soi (éditions Oxus), il célèbre la difficulté, la liberté et ce « joyeux entêtement » qui font de la lecture une expérience singulière.
 
 

13/10/2026, 16:05

ActuaLitté

“Le correcteur est prothésiste dentaire : il polit la porcelaine, le propriétaire sourit”

Une virgule sauvée, un accord redressé, une coquille écartée : le lecteur n’en saura rien. De la Bible de 1631 aux imprimeries ottomanes, Adnan Algın, lui-même correcteur, rend hommage à ces artisans invisibles qui veillent sur les livres et les journaux. Entre humour féroce et mélancolie, il raconte un métier dont la réussite se mesure aux erreurs que personne ne verra — et dont l’effacement menace bien davantage que l’orthographe.

13/10/2026, 14:35

ActuaLitté

Critiques littéraires : à force de ménager les éditeurs, qui défend encore les lecteurs ?

À lire certaines pages livres, on dirait que la critique littéraire française a cessé de juger pour se contenter de recevoir et de remercier. C’est un choix éditorial, paraît-il ; le marché est fragile, comprenez-vous. J’appelle cela une abdication. Par Charles Garatynski.

12/10/2026, 18:18

ActuaLitté

Traduire ? Quelques recommandations au fil du temps

Quelques conseils à glaner de la part de nos collègues du passé ? Un exemple parmi d’autres est celui de la traductrice anglaise Sarah Austin pour défendre ses droits intellectuels : « Cela a été ma pratique invariable, dès que je m’engage à traduire une œuvre, d’écrire à l’auteur, lui annonçant mon intention et ajoutant que s’il voit une omission ou s’il a une correction ou un ajout à faire, ceci dépendra de mon bon vouloir et de mon attention à ses suggestions. »

12/10/2026, 10:20

ActuaLitté

Jean-Paul Enthoven, toujours en lice pour le Renaudot, accusé de “piratages” littéraires

Exclusif - Toujours en lice pour le prix Renaudot Essai 2026, Jean-Paul Enthoven poursuit sa course avec son Dictionnaire amoureux du bonheur, paru en cette rentrée chez Plon. Mais certains passages du livre ressemblent singulièrement à des séquences publiées plus de dix ans auparavant par Frédéric Schiffter. ActuaLitté a confronté les textes. Un automne littéraire décidément très à thème...

11/10/2026, 08:00

ActuaLitté

Combien de temps peut-on tenir sans aller aux toilettes dans un roman ?

La littérature demande beaucoup au corps humain. Courir derrière un train, traverser un désert, accoucher, saigner abondamment, tomber amoureux sous une pluie battante ou mourir après quatre cents pages ne semble poser aucune difficulté particulière. Aller aux toilettes, en revanche, embarrasse manifestement la narration.

10/10/2026, 07:00

ActuaLitté

La turquerie, cette mode oubliée qui a marqué la littérature française

Née dans le mirage du Bosphore plutôt que sur le Parnasse, la turquerie fut pour la littérature française une tentation plus qu’un sujet : regarder l’Orient pour mieux se voir. De Molière à Loti, cette muse ambiguë n’a cessé d’éclairer nos imaginaires et nos contradictions. Par Amel Aït-Hamouda.

09/10/2026, 15:49

ActuaLitté

Moins de bébés, moins d’élèves : comment la dénatalité transforme déjà la France

La France fait moins d’enfants, et les effets du basculement débordent déjà les maternités. Nouveau congé de naissance, recul annoncé de 1,7 million d’élèves d’ici 2035, solde naturel négatif en Provence :  trois actualités que La grève des naissances, d’Hervé Le Bras, permet de relire autrement, en interrogeant l’efficacité des politiques familiales, le poids des inégalités et les conséquences territoriales de la dénatalité en France aujourd’hui.

09/10/2026, 10:56

ActuaLitté

Le CNL, indispensable “à l’équilibre de la chaîne du livre et de la lecture”

Une proposition de loi venue de la droite du Sénat entend supprimer, purement et simplement, le Centre national du livre (CNL), au nom d'une lutte contre « l'agencification » de l'État. Plusieurs acteurs du secteur du livre rappellent cependant son rôle crucial dans le soutien à la création et à la diversité, dont le Club 99, Fédération des festivals Bd et arts associés, dans une tribune reproduite ci-dessous.

09/10/2026, 08:28

ActuaLitté

“Diviser pour régner” : les artistes-auteurs accusent les pouvoirs publics

19 organisations représentant les artistes-auteurs, parmi lesquelles la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse, la Ligue des auteurs professionnels et le Syndicat des écrivains de langue française, signent une tribune contre les divisions de leur profession. Elles dénoncent les inégalités de traitement entre les différentes catégories de créateurs et appellent à défendre collectivement leurs droits sociaux, économiques et professionnels.

08/10/2026, 14:50

ActuaLitté

“J’ai juste l’impression de lire pour lire : je ne sais pas si j’achèterai encore des livres”

Dix mois après avoir quitté la librairie, Elsa continue pourtant d’enchaîner les livres. Mais à force de lire sans interruption, une question s’impose : est-ce encore l’envie de lire, ou simplement une habitude devenue refuge ? Entre pile à lire, achats compulsifs, peur du vide et plaisir intact de certaines découvertes, ce billet interroge avec franchise ce que nos lectures disent parfois de nous — et de nos automatismes.

08/10/2026, 09:00

ActuaLitté

Classique = Moderne ? Un étudiant défie l’Académie française sur ses propres règles

Exclusif - C'est à en perdre son latin : cette fois, les Modernes siègent sous la Coupole. Deux prix de poésie de l’Académie française sont contestés pour avoir couronné des écritures qui prennent leurs aises avec la versification régulière. Anton Goubier, jeune étudiant en lettres classiques, réclame la règle, le grand médiéviste et Immortel Michel Zink, 81 ans, lui répond que le classique n’a jamais cessé de bouger.

07/10/2026, 17:00

ActuaLitté

“Quand je n’écris pas mes histoires, j’écris sur celles des autres”

Cyril Camus publiera Grand-Guignol aux éditions Anacharsis, ce 16 octobre. Lorsqu’il n’écrit pas ses propres histoires, il étudie celles des autres. Chercheur à l’Université Toulouse Jean Jaurès, spécialiste de Neil Gaiman, du fantastique, de la bande dessinée et des cultures populaires, il a fait de l’analyse des récits un autre versant de son travail. Ces recherches ont directement nourri Grand-Guignol, de la construction des ambiances au goût pour une documentation fouillée.

07/10/2026, 14:35

ActuaLitté

“Le RN ose tout”, même confisquer Olympe de Gouges, icône féministe

Exclusif — Le Rassemblement national tente, par une initiative parlementaire visant à faire entrer Olympe de Gouges au Panthéon, de se grimer en formation féministe. Les votes du parti d'extrême droite, tout comme les prises de position de Marine Le Pen, sont pourtant bien éloignés des combats de l’autrice de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Une pétition, signée par des historiennes, des universitaires et des spécialistes d'Olympe de Gouges, dénonce « la dernière des impostures » du RN.

07/10/2026, 10:24

ActuaLitté

Sommes-nous vraiment les auteurs de notre propre histoire ?

Ilios Chailly, écrivain et comédien qui travaille depuis plusieurs années sur Antonin Artaud, s’intéresse ici à une question plus large : comment notre identité se construit, se transforme et se raconte. En croisant Ricœur, Deleuze, Derrida, Lacan ou Artaud, on en se refait pas, avec des expériences plus personnelles, il explore ce qui, dans une vie, relève de l’héritage, du récit que l’on fait de soi et de la possibilité de changer.

06/10/2026, 18:11

ActuaLitté

“Aujourd’hui, une banque a remplacé Verlaine, Zweig et Yahya Kemal”

Au 27, boulevard Saint-Michel, il ne reste rien du café Vachette où Verlaine, Moréas, Yahya Kemal ou İbrahim Çallı ont laissé leurs traces. Rien, sinon des récits, des plaques déplacées et quelques souvenirs incertains. Entre littérature, peinture et mémoire parisienne, Adnan Algın, correcteur, remonte le fil d’un lieu disparu, où l’on payait parfois ses dettes en vers, en leçons ou en tableaux. Aujourd’hui, une banque tient les comptes. À sa manière.

05/10/2026, 17:35

ActuaLitté

PLF 2027 : “L’État renonce à soutenir pleinement les artistes”

Le projet de loi de finances 2027, présenté le 1er octobre dernier, procède à une nouvelle réduction des budgets alloués au ministère de la Culture. Les collectivités territoriales, premières financeuses du secteur culturel, voient elles aussi leurs moyens se rabougrir. Le Syndeac, premier syndicat des entreprises du spectacle vivant public, dénonce un choix politique aux lourdes conséquences.

05/10/2026, 15:07

ActuaLitté

“Une partie de notre psychisme réclame des métamorphoses”

Phénomène identitaire largement porté par les réseaux sociaux, le thérianisme désigne le sentiment d’une proximité profonde avec un animal, jusqu’à parfois se vivre comme partiellement animal. Le psychanalyste Jean-Charles Bettan interroge ce que cette identification dit du rapport au corps, à l’adolescence et à la construction de soi, tout en mettant en garde contre les rapprochements trop rapides avec la dysphorie de genre.

05/10/2026, 10:52

ActuaLitté

Après la rentrée littéraire, cinq romans passent au contrôle technique

Une intrigue qui freine mal, des personnages secondaires à peine visibles, des clichés qui enfument l’habitacle : chaque année, des centaines de romans sont mis en circulation sans que personne ne vérifie leur état général. Avec 461 nouveautés annoncées pour la rentrée littéraire 2026, il devenait urgent d’ouvrir un centre agréé. Cinq livres ont accepté de passer sur le pont. Certains auraient mieux fait de ne pas regarder le procès-verbal.

03/10/2026, 07:30

ActuaLitté

Comment les traductions françaises ont transformé Les Mille et Une Nuits

En trois siècles, la traduction française des Mille et Une Nuits est passée du geste fondateur d’Antoine Galland, adaptation libre devenue mythe européen, à l’entreprise savante et sensible de Jamel Eddine Bencheikh et André Miquel, qui restitue dans la Pléiade un texte arabe dans son ampleur, ses rugosités et sa poésie. Entre ces deux bornes, Mardrus, Khawam et bien d’autres ont chacun inventé leur Orient, entre excès d’exotisme et quête d’authenticité. Par Amel Aït-Hamouda.

02/10/2026, 18:11

ActuaLitté

2026 en Ukraine, les livres brûlent. Littéralement.

Cécile Deniard, traductrice littéraire, s’est rendue deux semaines en Ukraine pour apporter son soutien à ses collègues au nom du Conseil européen des associations de traducteurs littéraires (CEATL). Elle y a participé au festival BookForum de Lviv mi-septembre, puis est allée à Kyiv afin d'y rencontrer d'autres acteurs de la chaîne du livre. Leur énergie, leur créativité, mais aussi le besoin de solidarité qui s’est souvent exprimé au cours de ces entretiens, lui ont inspiré cette tribune.

02/10/2026, 13:02

ActuaLitté

Makassar : après la liquidation, la bataille pour récupérer des milliers de livres

Exclusif - Makassar a été placé en liquidation judiciaire le 1er septembre, contraignant les éditeurs partenaires à changer de diffuseur et/ou de distributeur. Pour nombre d’entre eux, c’est chose faite. Reste un détail à régler : les livres. Car des centaines de milliers d’exemplaires attendent de quitter l’entrepôt d’Indre-et-Loire où ils sont toujours détenus. Fâcheux ?

02/10/2026, 11:45

ActuaLitté

“Si nous voyons le nom, nous ne lisons peut-être plus tout à fait la même phrase”

Le nom d’un auteur change-t-il notre manière de lire ? À partir du Prix de la Page 111, qui soumet au jury des textes anonymisés, Adnan Algın, écrivain, poète et correcteur, interroge le poids de la réputation dans le jugement littéraire. Prix, éditeur, critiques et œuvres antérieures composent un « capital de la signature » capable d’accorder davantage de crédit à une phrase — ou d’en refuser à celle d’un inconnu. Une invitation à relire les textes avant leurs auteurs.

01/10/2026, 16:14

ActuaLitté

Pangram peut-il vraiment prouver que le roman de Thélyson Orélien a été écrit par une IA ?

Depuis le début de l’affaire Thélyson Orélien, le débat s’est concentré sur l’usage possible de l’intelligence artificielle, la fiabilité des détecteurs, puis les affaires de plagiat. Un aspect a toutefois été moins examiné : le calcul utilisé pour affirmer qu’il était presque impossible que Pangram se soit trompé sur les 20 passages du roman présentés comme suspects par « Balance ton Claude », compte derrière lequel se trouve notamment l’essayiste Samuel Fitoussi. Pour ActuaLitté, le mathématicien Mouhamadou Sy revient sur ce calcul, sur l’hypothèse d’indépendance qu’il suppose et sur ce qu’il permet réellement, ou non, de conclure.

30/09/2026, 16:08

ActuaLitté

“L’écoute de cette sélection de chansons a joué un rôle crucial d’inspiration”

Cyril Camus publiera Grand-Guignol aux éditions Anacharsis, ce 16 octobre. S’il revendique depuis l’enfance une passion pour les livres et l’horreur, l’écrivain entretient avec la musique une relation tout aussi profonde — quoique née plus tardivement, presque par accident. Du punk français aux chants celtiques, de Bob Dylan au free-jazz, des musiques de films à la darksynth, ses écoutes accompagnent autant son quotidien que son travail d’écriture. Au point de faire de la bande-son de Grand-Guignol une composante à part entière du roman. Il revient sur cette « musicobsession », ses découvertes fondatrices et ces morceaux qui, parfois, donnent à la fiction sa couleur avant même que les mots ne l’installent.

30/09/2026, 13:35

ActuaLitté

Édition classique, crowdfunding ? “Choisir le modèle le plus juste pour chaque œuvre”

Auteur et président de l’Association de sauvegarde de l’Abbaye Saint-Félix de Montceau, Guilhem Méric revendique un parcours d’« auteur hybride », entre maisons d’édition et publication indépendante. À l’occasion du lancement de MORLHED – L’Ombre des Primordiaux, il explique pourquoi il a choisi le financement participatif, entre maîtrise des droits, cohérence de son univers, contexte économique du livre et relation directe avec ses lecteurs.

30/09/2026, 12:48

ActuaLitté

Le Goncourt craint pour son intégrité ? Alors Pangram pour les 15 autres romans, fissa !

L’Académie Goncourt a donc retiré de Thélyson Orélien, de sa première sélection, au nom de plagiats antérieurs et d’analyses concluant que le roman serait « selon toute vraisemblance » produit avec IA. Une décision loin d'être unanime, on compte au moins Pascal Bruckner dans la résistance. Puisque l’Académie introduit le détecteur dans son prétoire, qu’elle aille au bout de sa logique : même outil, même protocole, même soupçon. Sinon, ce n’est plus une règle. C’est un traitement d’exception. 

29/09/2026, 14:48

ActuaLitté

Quai des Bulles : 45 ans de BD, de rencontres et de passion

Traditionnellement, le festival Quai des Bulles décale ses dates pour cause de Route du Rhum et ouvre ses portes ces 9-10-11 octobre, à Saint-Malo. L’occasion, s’il en fallait une, de venir flâner sur les remparts se gaver d’air iodé et de bande dessinée…

29/09/2026, 14:22

ActuaLitté

Affaire Thélyson Orélien : “Un score de génération par IA n’est pas une preuve”

Créée en juillet 2024 pour distinguer les œuvres d’origine humaine des contenus générés par intelligence artificielle, l’association Fabrication Humaine défend un label gratuit fondé sur l’engagement de l’artiste. Dans cette tribune, elle prend appui sur l’affaire Thélyson Orélien pour interroger la place prise par les outils de détection : sans trancher sur l’origine de C’était ça ou mourir, elle appelle à distinguer l’indice de la preuve et plaide pour davantage de transparence dans les processus de création. 

28/09/2026, 16:30

ActuaLitté

IA et littérature : et si on arrêtait de s’écharper pour s’entendre, bordel !

Nathalie Hug a publié en juin dernier 92 BPM, Mais bordel qui a écrit ce roman ? aux Éditions Télémaque, un texte qu’elle présente comme entièrement hybride, né de 18 mois de travail avec l’intelligence artificielle et accompagné d’un making-of détaillant cette expérience. Dans cette tribune, elle revient sur la polémique autour de C’était ça ou mourir, de Thélyson Orélien, accusé d’avoir été écrit avec l’IA, et élargit le débat à la place de ces outils dans la création littéraire, à la transparence envers les lecteurs et à l’avenir de l’écriture humaine.

28/09/2026, 14:22

ActuaLitté

Journée de la traduction : 7 livres où tout aurait mieux fini avec un bon traducteur

Le 30 septembre, l’ONU célèbre la Journée internationale de la traduction. L’occasion de rappeler qu’en littérature, un mot de travers peut envoyer une expédition sur le mauvais continent, transformer Jésus en plante urticante ou rendre une civilisation extraterrestre dépendante à une voix. De Jules Verne à R. F. Kuang, sept livres où comprendre l’autre relève moins du confort que de la survie — avec, parfois, des résultats franchement discutables.

28/09/2026, 12:22

ActuaLitté

Thélyson Orélien : “Pourquoi tant d’acharnement sur un écrivain ?”

L’affaire Thélyson Orélien s’est imposée en quelques jours au cœur de la rentrée littéraire. Soupçonné d’avoir eu recours à l’intelligence artificielle pour écrire C’était ça ou mourir, puis rattrapé par plusieurs cas de plagiat concernant des textes anciens, l’auteur québécois conteste les accusations visant son roman. Le retrait du livre de la sélection du Goncourt a encore amplifié une controverse qui interroge désormais tout le monde éditorial. Par Auguste Feydeau.

26/09/2026, 14:00

ActuaLitté

Journée de l'accès à l'information : 5 livres qu’on n'aurait jamais dû ouvrir

Le 28 septembre célèbre la Journée internationale de l’accès universel à l’information. Excellente initiative. À un détail près : depuis des siècles, la littérature s’échine à démontrer que certains renseignements se porteraient beaucoup mieux sous clé. Lettres compromettantes, manuscrits impossibles, confessions judiciaires, dossiers de surveillance : cinq lectures où ouvrir le mauvais document revient rarement à améliorer sa journée.

26/09/2026, 09:30

ActuaLitté

Démarchage téléphonique : sept livres où un appel a tout fait basculer

Le téléphone avait été inventé pour permettre à deux personnes éloignées de se parler. Puis quelqu’un a compris qu’il pouvait également servir à vendre des fenêtres, proposer une mutuelle, annoncer un décès ou rappeler à quelqu’un que son passé savait toujours composer son numéro.

26/09/2026, 08:00