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Les Ensablés - "Tu seras ouvrier" de Georgette Gueguen-Dreyfus (1892-1973)

Le Maitron (Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier) nous apprend que Georgette Gueguen-Dreyfus et son mari Georges Dreyfus militaient au sein du Parti communiste et qu’ils étaient membres de l’Association des Écrivains et Artistes Révolutionnaires (AEAR). Ensemble, ils participèrent activement à la Résistance dans le maquis de l’Indre, ce dont l’écrivaine rendra compte dans des reportages à la Libération. Elle en tirera un ouvrage en deux tomes, Résistance Indre et vallée du Cher (Éditions sociales en 1970).

Le 19/05/2019 à 09:00 par Les ensablés

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19/05/2019 à 09:00

Les ensablés

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Par François Ouellet

En 1935, Georgette Gueguen-Dreyfus publie un premier roman au titre programmatique : Tu seras ouvrier. Dédié à son mari, qui sera tué neuf ans plus tard, en août 1944, par des légionnaires indiens enrôlés par les Allemands, le roman est publié en feuilleton dans L’Humanité et paraît aux Éditions Sociales Internationales ; il est traduit en russe en 1936, en même temps que Passage à niveau (rééd. chez Plein chant en 2017) de Georges David et Manifestations interdite (rééd. chez Delga en 2019) de Léon Moussinac. L’écriture de Gueguen-Dreyfus souscrit finement aux dictats du réalisme socialiste, le parcours du jeune héros de Tu seras ouvrier n’étant jamais trop appuyé ; on n’y trouve pas, comme chez Jean Fréville, par exemple, de ces envolées trop marquées idéologiquement qui nous font quitter le territoire du romanesque pour le pamphlet. Tu seras ouvrier reste aujourd’hui un excellent roman, agréable à lire, même s’il souffre de quelques longueurs.

Il relate la vie et le développement idéologique de Jean Tessier depuis son enfance jusqu’au début de la vingtaine. Jean habite dans un immeuble ouvrier de Belleville avec sa mère et sa jeune sœur. À l’école, son meilleur ami est un fils de bourgeois ; lorsque celui-ci rentre à l’école professionnelle, car il souhaite devenir ingénieur, Jean est pris de détresse à la pensée que son destin à lui est d’être ouvrier, comme son père. « Il savait ce que cela voulait dire, il les connaissait assez les ouvriers. C’était ceux qui s’arrêtaient au bistrot, le soir, et que les gosses allaient chercher pour le dîner, comme lui l’avait fait tant de fois. C’était ceux qui portaient des habits raccommodés, des grosses godasses, ceux dont les poches étaient pleines de tabac émietté, ceux qui sentaient la sueur et le vin ; c’était ceux qui n’avaient jamais assez d’argent pour finir la semaine. »

À la maison, Jean et sa sœur ne mangent jamais à leur faim, et les malheurs, la difficulté à joindre les deux bouts ont épuisé la patience de la mère : au moindre écart, à la moindre contrariété, elle frappe ses enfants, et son amour en souffre. Ce n’est pas une mère indigne, elle est simplement dépassée par la misère ; en outre, elle est sérieusement malade, ses jours sont comptés. À trente-six ans, elle est usée. Cependant, Jean est trop jeune pour comprendre le désarroi de sa mère, bien qu’il soit sensible à l’injustice de leur condition sociale, car leur pauvreté l’afflige. Un soir, alors que la mère bat sa fille qui n’a pourtant rien à se reprocher, Jean la traite de mauvaise mère. « Moi, une mauvaise mère… moi qui me donne tant de mal pour élever mes enfants… une mauvaise mère. Non, c’est trop dur, j’aime mieux mourir tout de suite. »  Le sort la prend au mot : dans la nuit, une hémorragie la tue. Cette première partie, la meilleure du roman, est remarquable. Les images sont fortes, le style a de la gueule, le portrait de la mère, le récit de la misère, tout cela est très juste.

Jean et sa sœur sont recueillis par un oncle tailleur qui habite en Bretagne, à Saint-Nazaire, près du port, où Jean aime flâner. Il entre au chantier naval. Mais son oncle, désireux d’assurer un avenir meilleur à Jean, lui fait suivre des cours de dessin industriel ; au grand dam de l’oncle, Jean choisit de revenir auprès des ouvriers parmi lesquels il se plaît. Commence alors son éducation politique : il lit L’Humanité, milite dans le syndicat, ce qui lui fait perdre son emploi ; il monte à Paris, travaille dans la métallurgie, crée une jeune cellule communiste, participe aux événements de février 34, manifeste contre le fascisme… Deux cent pages de roman de formation qui culminent sur un dernier très beau chapitre, qui offre un contraste saisissant avec les manifestations précédentes. Jean et ses copains de la cellule se trouvent à la plage. C’est le premier dimanche de mai, il fait beau, la vie est belle. Le soleil, l’eau, le paysage brillent comme le signe d’un avenir qui leur appartient et qui sera inévitablement meilleur.

Dans un compte rendu de Tu seras ouvrier qu’il publie dans la revue Europe en juillet 1935, et donc un an avant son voyage avec André Gide et Louis Guilloux en Russie, où il trouvera la mort, Eugène Dabit disait sa joie de lire un roman qui lui rappelait, par son écriture authentique et engagée, le bonheur qu’il avait éprouvé l’année précédente à la lecture d’une autre romancière de la condition ouvrière, Henriette Valet (dont les éditions L’Arbre vengeur viennent de rééditer le très réussi Madame 60 bis). « Dans Tu seras ouvrier, on est heureux de rencontrer autre chose que des soucis esthétiques, et, même, intellectuels ; heureux de sentir que ce livre répond à un vrai besoin ; qu’il est fait de chair, de sang, de peines, encore plus que de paroles et d’images », écrivait l’auteur de L’Hôtel du Nord. Et il terminait sur cette phrase qui lui ressemble : « C’est une œuvre simple, calme, saine, douloureuse souvent, qui témoigne d’une foi sincère dans l’homme et son destin d’homme libre. »

Ces phrases me rappellent ce que le romancier et critique André Thérive disait à propos de Dabit lui-même au lendemain de sa disparition : « Son talent même offrait le plus haut degré de simplicité. […] Le réalisme, puisqu’un tel mot existe, y est exempt de toute ostentation : c’est une simple fidélité au propos, une économie des moyens, la suprême élégance. »

Je ne ferais pas tout à fait le même éloge de Tu seras ouvrier, et Dabit y reconnaissait d’ailleurs certains faiblesses. C’est Paul Nizan qui, dans un compte rendu de l’hebdomadaire Monde, en a le mieux cerné le principal défaut : « Sans doute le livre manque de stylisation nécessaire. Un grand art exige plus de sacrifices : Georgette Gueguen-Dreyfus veut tout dire. Elle arrive donc à une certaine monotonie et ne distribue pas les épisodes de son livre en fonction de l’intensité particulière que certains d’entre eux devraient comporter. » C’est tout à fait juste, mais cette difficulté à resserrer les événements est souvent le propre des premiers romans. Il faut dire aussi que cette volonté de tout dire, c’est le travers qui guette inévitablement le roman d’apprentissage, d’autant plus s’il est déterminé idéologiquement, car la forme même du roman se soumet à ce qu’il cherche à dire. Cela dit, et je le répète, c’est un roman excellent, et même parfois très beau, ce qui n’est pas toujours la même chose.

Gueguen-Dreyfus n’avait pas ces visées littéraires du grand écrivain, celui qui assez tôt porte déjà en lui tout un monde, et la réussite littéraire ne lui importait visiblement pas. Elle avait quelque chose à dire d’immédiat, elle voulait témoigner au présent ; d’ailleurs, l’auteure situe la dernière scène du roman le mois même où elle en achève l’écriture. Cette proximité saisissante du réel et de la fiction dit déjà beaucoup de choses de la posture de la romancière.  

Après la guerre, Guegnen-Dreyfus s’installe à Tulle, où elle décède en octobre 1973. Outre Tu seras ouvrier et ses témoignages de la Résistance, elle a laissé une poignée d’ouvrages devenus introuvables ainsi qu’un manuscrit inédit sur la Guerre d’Espagne.

François Ouellet
Mai 2019

Par Les ensablés
Contact : contact@actualitte.com

1 Commentaire

 

Gilles P

14/08/2024 à 16:51

Bonjour,

Georgette Gueguen-Dreyfus s'appelle en réalité "Marie Georgette Pouliquen". "Guéguen" est le nom de jeune fille de sa mère dont elle se sert comme nom de plume.

Quelques éléments factuels:

Naissance - 26/05/1892 - Brest
POULIQUEN Marie Georgette Jeanne
fille de Jean Guillaume Marie, Marchand de tissus , âgé de 30 ans et de Marie Perrine GUÉGUEN, âgée de 27 ans.
Mentions marginales : X le 08/09/1919 à Saint-Brevin-les-Pins (Loire-Atlantique) avec Prescotte Bull Spencer BAILEY ; XX le 28/09/1926 à Paris 13ème avec DREYFUS Georges ; dcd le 07/10/1973 à Tulle (Corrèze)
Notes : Parents X le 26/05/1887 - Brest
Identifiant CGF de l'acte : N-1892-2901900-04662-00648 - (Relevé 'Etat civil NMD >=1793')

État civil, Paris, 13 arrondissement, mariage, 1926, acte n°1405
« Le 26 septembre 1926, à 10h 35, devant nous, ont comparu publiquement en la maison commune, Georges DREYFUS, employé de commerce, né à Vesoul (Haute-Saône), le 2 avril 1901, 25 ans, domicilié 97 boulevard Voltaire, fils de Jacques DREYFUS et de Julie SCHWOB, époux sans profession, domiciliés à Vesoul 5 place du Champ-de-foire, d’une part. Et Marie Georgette Jeanne POULIQUEN, née à Brest (Finistère) le 26 mai 1892, 34 ans, domiciliée 45 rue Jeanne-d’Arc, Fille de Guillaume Marie POULIQUEN, et de Marie Perrine GUEGUEN, époux décédés. Divorcée de Spénier Bailey Prescotte BULL, depuis le 7 septembre 1925, d’autre part. » (...)

En 1939, Georges DREYFUS, employé de bureau, né le 2 avril 1901 à Vesoul, habite rue Jean Wéber à Paris (liste électorale sur site Web des Archives de Paris)

Bien cordialement

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06/07/2025, 10:45

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Les Ensablés - Le roi dort, de Charles Braibant

« Nos pays ne sont pas beaux...mais il y a en eux une espèce de grandeur calme et comme un peu dédaigneuse qui est beaucoup plus captivante que la beauté ». Ainsi Charles Braibant (1889-1976), Champenois de lignée et de coeur, décrit-il sa région d’élection dans son roman Le roi dort qui, s’il rata de peu le prix Goncourt, fut couronné du Renaudot en 1933. Par Marie Coat

 

22/06/2025, 09:00

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Les Ensablés - La peau et les os de Georges Hyvernaud

Dans la fosse commune de l’oubli, Georges Hyvernaud n’a non seulement rien fait pour l’éviter - en ne publiant que deux livres de son vivant - mais y a sauté à pieds joints. La Peau et les os (1949), court mais édifiant récit de sa captivité pendant la seconde guerre mondiale, puis Le Wagon à Vaches (1953), roman implacable de l’impossible réadaptation à une vie dite normale, prouvent que l’écrivain avait pris le parti non négociable d’une vérité humaine très difficile à vendre. Par Nicolas ACKER.

08/06/2025, 19:15

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Les Ensablés - Planète sans visa, de Jean Malaquais

Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais  (1908-1998) - quitta la Pologne à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Mobilisé en 1939, il fut fait prisonnier, puis parvint à s'évader. Juif et apatride, il partagea alors l'existence précaire de nombre de personnes réfugiées à Marseille dans l'espoir d'obtenir un visa. Grâce à l'aide de son ami Gide, il obtint ce précieux sésame et gagna les Etats-Unis où il vécut plusieurs années, enseignant la littérature. Malaquais n'a publié que trois romans : « Les Javanais » (prix Renaudot 1939),  « Le Gaffeur » (publié en 1953), tous deux objets de précédents articles et  « Planète sans visa », grand roman de la France sous l'occupation, publié en 1947 et qu'il remania jusqu'à ses derniers jours. Ce roman de plus de 500 pages a été réédité en 1999 après sa mort.

25/05/2025, 09:41

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Les Ensablés - La Saint-Michel et le Pont Euxin d'Anne Lacroix, par François Ouellet

Anne Lacroix (1897-1982) n’aurait publié qu’un seul roman, La Saint-Michel et le Pont-Euxin chez Grasset en janvier 1933. À cette date, elle a déjà commencé un deuxième roman, Rézle (et même annoncé un troisième titre, Les Bergers d’Arcadie), soumis en décembre de la fin de cette même année pour le Prix du roman du Temps ; les quelques voix qu’elle récolte seront insuffisantes pour qu’elle obtienne ce prix qui consiste dans la publication du roman dans les pages du quotidien. Mais, cinq ans plus tard, en mars 1938, Rézle paraîtra en feuilleton dans Le Temps. Il ne semble pas que la carrière d’Anne Lacroix ait connu d’autres développements. Par François Ouellet.

11/05/2025, 09:00

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Les Ensablés - L'Impassible de Frédéric Berthet (1954-2003)

Lorsque la critique d’un livre est aussi intéressante, voire plus, que le livre dont elle parle, lorsqu’on se régale de son style, de son ironie, de sa drôlerie, et si transparaît à travers ses mots l’originalité de l’homme lui-même, alors on peut se dire qu’elle est elle-même œuvre littéraire, et que son auteur est un sacré bonhomme. Voilà la réflexion que je me suis faite après la lecture de ce recueil d’articles de Frédéric Berthet, récemment paru chez La Table Ronde sous le titre L’Impassible. Par Hervé BEL

27/04/2025, 09:00

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Les Ensablés - Happe-Chair de Camille Lemonnier (1844-1913)

Happe-Chair, un titre qui a tout de suite attiré mon attention. Je me trouvais alors dans une des dernières librairies anciennes de la rue Saint-Sulpice (pour combien de temps encore sera-t-elle là ?), dans la bonne odeur des vieux livres, lorsque je suis tombé sur la réédition de 1908 de ce roman de Camille Lemonnier publié une première fois en 1886 chez Kiestmaeckers…  par Hervé Bel. 

13/04/2025, 12:28

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Les Ensablés - Jacques Rivière, Sentiments et critique

À l’occasion du centenaire de sa mort, la collection Bouquins consacre un volume à Jacques Rivière, critique et essayiste, véritable cheville ouvrière de la Nouvelle revue française dont il assura la direction durant plus de 10 ans. Mort prématurément en 1925 à l’âge de 39 ans, celui qui fut à la fois le grand ami et le beau-frère d’Alain Fournier, l’auteur du Grand Meaulnes, révèle par la quantité d’articles qu’il donna à la revue une perspicacité critique étonnante. Sensuelle et inspirée. Par Denis Gombert

30/03/2025, 09:00

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Six sirènes : un mythe moderne, entre magie et politique

Irène a 11 ans. Elle s’est toujours sentie un peu différente, pas tout à fait comme les autres enfants de sa classe. Avec des certificats médicaux en pagaille, elle est dite « fragile », c’est sa maman qui le dit. Alors pas de jeux violents, pas d’exposition prolongée au soleil, pas de sucrerie… et surtout, pas de natation. La piscine, comme la mer, elle n’y met jamais les pieds. Le comble, pour une gamine qui grandit à Marseille…

19/08/2026, 10:05

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Suffit-il de Croire au code ?

Notre narratrice est une jeune femme d’une intelligence redoutable. Informaticienne puis docteure en intelligence artificielle, elle est pourtant issue d’un milieu populaire. Elle a été obligée de se battre au fil des années pour prouver sa valeur, montrer qu’elle avait du talent, de l’envie, une réelle capacité à briller. Aux réunions parents-professeurs, on a même fini par dire d’elle qu’elle était « douée ». Alors, lorsqu’elle obtient le job de ses rêves, là haut, dans cette belle tour de verre, au sein d’une start-up pleine de promesses, elle s’y accroche de toutes ses forces. Sortie le 27 août.

19/08/2026, 09:11

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Sous le grand soleil, Pauline de Vergnette embrase la famille

Tout tient d’abord à presque rien : une maison au bout de l’allée, la piscine, les cousins, le café, les repas qui n’en finissent pas et Grand-mère au centre de tout. Rien ne devrait arriver. C’est justement le problème. Pauline de Vergnette installe le confort des vacances familiales, ce drôle de pays où chacun retrouve sa place avant même d’avoir posé sa valise. Puis elle serre. Un degré de plus, une phrase qui revient, un arbre qui fatigue, une mare qui sèche. « Jour d’été. Grand soleil. » Le refrain devient battement, puis avertissement. Le décor tient encore. Dessous, ça brûlera, le 20 août.

18/08/2026, 14:29

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Humain : quand les mots des morts refusent de disparaître

Un mot dérape, et tout le livre s’y engouffre. Un an après la crémation de sa grand-mère, le narrateur revient à Humain, village belge où son père l’avait envoyé par erreur le jour des obsèques. Il avait demandé le crématorium ; un homme avait entendu autre chose : « Il n’y a pas d’aquarium ici ». De cette confusion minuscule, Sam Bouffandeau tire une mécanique entière. Sortie de route, le 20 août.

18/08/2026, 13:22

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Vous, Madame de Charlotte Milandri : le corps garde en lui les mensonges et les secrets

Il y a un angle mort dans le combat de #MeToo et la pédocriminalité, une part sombre, marginale, peu médiatisée, mais qui fait tout autant son travail de sape chez les victimes. Jeanne revient chez ses parents pour un week-end, elle apprend la disparition d’une voisine qui était sa prof de sport au collège. 

18/08/2026, 13:14

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Chérine, de Thaïs Dia : la vie rêvée que l’on ne vit pas assèche le cœur

La rentrée littéraire s’accompagne d’un premier roman qui serre le cœur et nous laisse attristés par le parcours d’une jeune fille prénommée Chérine. Ne vous arrêtez pas à la quatrième de couverture, qui laisserait penser qu’il s’agit d’une romance : c’est un récit qui parle du poids écrasant de la tradition qui interdit aux femmes d’être heureuses.

18/08/2026, 13:10

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Avec Abdallah superstar, Iman Ahmed fait danser les fantômes sur YouTube

Un père meurt. Sa chaîne YouTube, elle, continue. Les vidéos restent en ligne, les miniatures reviennent, les synthés grésillent dans des serveurs quelque part en Californie. Iman Ahmed part de cette étrangeté très contemporaine : on peut perdre quelqu’un et continuer à tomber sur lui par algorithme. « Mon père est mort mais il occupe des gigas aux États-Unis. » Tout Abdallah superstar se loge dans cet écart : le corps a disparu, les données insistent. The show will go on, le 26 août.

18/08/2026, 11:51

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Chez les Flynn, tout le monde a un problème

Bud envisage de se jeter dans la mer avec son minivan. Catherine a décidé que le couple libre sauverait peut-être son mariage. Abigail sort avec un ancien militaire surnommé Wes Crimes de Guerre. Louise cherche une cause à laquelle se donner tout entière. À un prêtre qui s’inquiète de sa foi, elle répond : « Ma vertu est post-théocratique. » Voilà l'affaire lancée : une phrase sérieuse, une absurdité prononcée sans ciller : la catastrophe peut continuer. La sauterie vous attend le 26 août.

18/08/2026, 09:00

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Entre le swing et la poudre, Paris ne meurt jamais

Dany Brillant ne choisit pas entre le revolver et la trompette : il met les deux sur la même table et regarde ce qui explose. Paris ne meurt jamais suit Matteo Casalonga, fils d’un parrain corse de Pigalle, promis aux affaires familiales mais attiré par un autre territoire : Saint-Germain-des-Prés, ses caves, son jazz, ses écrivains, ses nuits où l’on parle de liberté comme si elle pouvait réellement changer une vie.

18/08/2026, 08:30

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Horélie : derrière l’écran, quelqu’un regarde

Il suffit d’un doigt. Un écran. Un rectangle bleu : suivre. Et voilà. On regarde une vie plus belle que la sienne, on revient cinq minutes plus tard, puis deux, puis sans même s’en apercevoir. Delphine Saada part de ce geste minuscule et remonte jusqu’au couteau. Neige et pixels ce 19 août.

18/08/2026, 07:30

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Butare, la ville avant la nuit

Il faut d’abord entrer dans Butare. Pas dans le Rwanda déjà mangé par les images du génocide, pas dans une cité réduite à ce que l’Histoire en retient, mais dans celle d’avant : bruyante, savante, insolente, sensuelle, pleine de bars, de radios, de terrains de basket, de séminaristes, de prostituées, d’étudiants et de fous magnifiques. Sortie le 19 août.

18/08/2026, 06:30

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L’écrivain de Tanger : Dounia Tengour entre Histoire, exil et secrets

Après avoir écrit une biographie croisée, remarquée et remarquable, sur Catherine d’Aragon et Jeanne la Folle, publiée l’année dernière chez Perrin, la docteure en civilisations hispaniques, journaliste politique et critique littéraire Dounia Tengour signe, aux éditions du Rocher, son premier roman, L’écrivain de Tanger, à paraître ce 26 août 2026.

17/08/2026, 13:00

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De bêtes et d'oiseaux : la douleur crue et son lot de folie

Coro prend la route parce qu’elle ne sait plus très bien quoi faire du reste. De sa sœur morte. De ses tableaux. De cette fatigue qui transforme chaque décision en obstacle. Elle oublie son téléphone, manque d’essence et s’égare jusqu’à Béthanie, une maison perdue où vivent des femmes, des chiens, une enfant, des habitudes et des règles. Le piège est là. Visible. Et pourtant jamais tout à fait nommé. Une faune envahissante, dès le 21 août. 

17/08/2026, 09:00

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Les trois rivières

17/08/2026, 08:30

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Quand l'Allemagne assista à sa propre destruction : La Croix damnée

La neige tombe. Les cloches sonnent. On prépare l’oie, on allume les bougies, on plaisante encore. Chez les Kluger, rien ne devrait pouvoir arriver. Noël protège tout : les habitudes, les enfants devenus grands, les fiançailles de Lexa et Moritz, le vieux bonheur domestique. « Noël, c’était le moment et l’espace où s’entretissait le bonheur de chacun, où se refermait le cercle magique formé par leur famille. » Bruits de bottes, à compter du 26 août.

17/08/2026, 08:00

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Chiens de rizières : dans le delta, les hommes ont toujours une version

À La Plantation, bistrot de Saigon où le pastis chauffe plus vite que les consciences, Mỹ devient vite une histoire avant d’avoir le droit d’être une personne. Rapatriée de Singapour, hébergée, observée, désirée, commentée, elle passe de bouche en bouche. Antoine l’aime. Puis Antoine meurt sur une route du delta. Traversée, le 20 août.

17/08/2026, 07:30

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Les Serments trahis : le futur avait sept ans

Une phrase contient déjà tous le livre : « Aujourd’hui, je suis plus âgée que mon père. » Le temps, chez Šeila Pohara, ne passe pas vraiment : il se fend. D’un côté, Sarajevo, l’école, le violon, les voisins, les cassettes, la rakija, Babaroga et les fils de soie bleu clair que la narratrice imagine entre les êtres. De l’autre, l’Histoire : elle ne frappe pas à la porte, elle entre, change les collines en postes de tir, les caves en chambres, les camarades en ennemis, un père en fantôme. Promesse tenue, le 27 août.

17/08/2026, 07:00

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Le Cercle de Kern : Une fille disparaît, tout un village cache la vérité

À La Sagnée, hameau isolé au cœur d’une forêt, Philippe Kern cherche désespérément sa fille Chloé, douze ans, disparue sans laisser de trace. Très vite, le comportement des habitants l’inquiète : regards fuyants, réponses évasives, réunions nocturnes et silences obstinés. Parmi eux, Sylvain, un simple d’esprit qui dessine des cercles sur les arbres et les fenêtres, semble détenir une part du mystère.

17/08/2026, 06:30

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Esclaves à Paris : la capitale et ses lumières, face à ses captifs

Il suffit d’un cachot, d’une livrée, d’un certificat de liberté, d’un reçu ou de quelques morceaux de métal pour faire vaciller une légende nationale. Dans Esclaves à Paris, Miranda Spieler s’attaque à l’un des principes les plus flatteurs de l’Ancien Régime : « Nul n’est esclave en France. » Nul ? Vies cachées et histoires fugitives sidérantes, le 20 août.

17/08/2026, 06:00

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Ces 6 maisons de romans qui sont un cauchemar absolu pour un assureur

Surface habitable supérieure au cadastre, anciens occupants toujours actifs après leur décès, divinités captives, marées intérieures, château sans adresse fixe, siège social doué de vie propre : avant de renouveler six contrats, un expert a fait ce que tout professionnel raisonnable aurait fait. Il a étudié les dossiers. Puis cherché la sortie.

15/08/2026, 09:00

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Après un accident, elle perd la vue et change de vie

Le 30 novembre 2023, la vie de Stella bascule. Le jour de ses 33 ans, elle perd sa meilleure amie, survit à un accident de voiture et apprend que sa cécité sera irréversible. Hypersensible et profondément indépendante, elle doit désormais reconstruire son existence dans un monde privé de repères familiers. Le noir me va si bien de Sabrina Depraz imagine une romance spirituelle autour du deuil, du handicap et de la reconstruction. Le roman paraîtra le 14 octobre, chez Lune noire. 

15/08/2026, 06:30

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Chercher la bête en eux, en elles, en nous…

Et si le monde tel qu’on le connaît aujourd’hui basculait, du jour au lendemain ? Pas une catastrophe de grande ampleur, de déferlante, de comète qui s’écrase sur la surface de la planète… Mais un virus, insidieux, qui s’insinue, se glisse dans nos veines et ne nous lâche pas. Les humains deviennent des bêtes – pire, même. Violence poussée à l’extrême, insatiable, incontrôlable, qui détruit tout sur son passage. Et si on n’arrivait plus à raisonner qui que ce soit ? Et si c’est comme ça qu’on finissait par s’éteindre en tant que civilisation ? Et si tout commençait… dans un abattoir ? 

14/08/2026, 20:04

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Imperium : le polar suisse qui fait dérailler les certitudes

Un quai. Une pluie lourde. Un train qui approche. Et un homme qui marche sans savoir qu’il ne finira pas le trajet. Imperium, de Nicolas Feuz et Marc Voltenauer, ne perd pas de temps à installer la menace : elle est déjà là, fondue dans la foule. Sortie le 27 août.

14/08/2026, 17:30

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Des “fermes vampires” aux fjords : l’Islande qui dérange

La Finlandaise qui s'est installée en Islande pour tricoter des polars, nous livre le troisième épisode de sa série où l'on découvrira enfin les secrets de Jakob, mais aussi la face cachée des « fermes vampires » où l'on élève des chevaux…

14/08/2026, 15:55

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Cocaïne sur les plages landaises : Yan Lespoux régale avec Les Amateurs

Un roman qu'on hésite à qualifier de noir tellement il est joyeux, lumineux et tellement on s'y amuse. Le Médoquin Yan Lespoux nous invite sur ses terres à prendre un pastis ou un café dans un bar qui serait comme une version landaise de Bagdad Café, en compagnie d'une ribambelle de loustics qu'on n'oubliera pas de sitôt.

14/08/2026, 15:49

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Meilleures ventes : l'odyssée de Freida McFadden n'a pas de fin

L’été sourit décidément à Freida McFadden, si tant est qu’il existe encore une mauvaise saison pour l’autrice de La Femme de ménage : Le dîner conserve largement la première place des ventes. Mieux encore, l’Américaine place six livres dans le top 10, dont deux en tête de classement. Derrière, Virginie Grimaldi, Valérie Perrin et Guillaume Musso tentent de résister. Le poche, avec neuf titres sur dix, règne presque sans partage : moins cher, plus léger, facile à emporter sur la plage.

14/08/2026, 15:27

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Le dernier Himalayen : deux objets réapparaissent et bouleversent son existence

Toulouse, Biarritz et la vallée de Katmandou, Élodie Ridolfi mêle reconstruction intime, spiritualité et symbolisme dans un récit où les coïncidences finissent par dessiner un chemin. Avec Le dernier Himalayen,  elle signe un premier roman placé sous le signe du voyage intérieur. Le livre paraîtra le 14 octobre 2026 dans la collection Feel Good de Lune noire. 

14/08/2026, 06:30

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Tiffany Tavernier : quinze jours de vacances pour changer une vie

Emma ne sait pas partir. Elle sait travailler. Compter les pièces, tenir la cadence, coudre le soir, serrer les dents, recommencer. Alors, quand Luis l’arrache à Pantin pour quinze jours à Biarritz avec Julien, son fils de dix-sept ans, ce n’est pas seulement une ouvrière qui monte dans le train : c’est un corps façonné par l’usine qu’on force soudain à s’arrêter. Départ pour le sud-ouest, ce 27 août.

13/08/2026, 12:35

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Éden : Pierre Ducrozet embarque son héros au bout du monde

Éden a vingt-trois ans, Marseille sous les semelles, une colère impossible à ranger et la danse pour seule manière de remettre les choses à leur place. Il zone, trafique un peu, cogne parfois, se cogne surtout. À sa mère disparue, à ses origines trouées, à cette époque qui promet tout et ne sait plus très bien où poser les pieds. Puis le récit déboîte : une sale histoire, un cargo au départ de Fos-sur-Mer, l’océan, Java, le Pacifique. Départ le 19 août.

13/08/2026, 12:33

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Le Phare de l’impossible : un écrivain bouleverse la vie de deux gardiens isolés

Le Phare de l’impossible, roman de Michael Pedersen traduit de l’anglais (Écosse) par Claire-Marie Clévy, paraîtra le 27 août 2026 aux éditions Buchet-Chastel. Sur l’île isolée de Muckle Flugga, l’arrivée d’un écrivain vient bouleverser l’existence d’un gardien de phare et de son fils.

13/08/2026, 07:39

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La promesse des chiens : quand on un besoin d'un gros canin

Janvier 1925. Nome, Alaska. La mer de Béring se ferme. D’abord une croûte, puis les plaques se soudent, l’horizon disparaît. « De la glace à l’infini. » Claudie Gallay commence par immobiliser le monde. Ensuite elle écoute ce qui bouge encore dessous : la marée, les poissons, les peurs, les chiens, les hommes. Et Ada Blackjack. Une femme qui porte, travaille, nourrit, veille. Son fils Bennett respire mal. Bientôt d’autres enfants aussi. La diphtérie gagne la ville. Il faut du sérum. Il est loin. Entre les deux, il y a le froid. Glacial dès le 20 août.

12/08/2026, 11:46

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L’Audition : où se cache la vérité ?

Elle est une actrice accomplie. Le genre de femme d’âge mûr qui impose sa présence avec grâce et assurance. Elle prépare une nouvelle pièce de théâtre, son temps est majoritairement dédié aux répétitions et à ce travail personnel qui consiste à réellement s’approprier le personnage qu’elle joue. Face à elle, dans ce restaurant au cœur de Manhattan, Xavier. Il pourrait être son fils. Qui est-il pour elle, qui est-elle pour lui ? En voilà, un beau mystère…

12/08/2026, 10:45

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Olivier Grondeau raconte l’arrestation qui a interrompu son voyage vers l’Inde

Joseph dans la nuit, premier livre d’Olivier Grondeau, paraît le 20 août 2026 aux éditions L’Iconoclaste. L’auteur y raconte son arrestation en Iran, ses deux ans et demi de détention et les ressources trouvées dans la littérature et l’imaginaire pour résister à l’enfermement.

12/08/2026, 08:19

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L’Enfant grise de Grégoire Courtois, une rencontre au cœur de la forêt

L’Enfant grise, roman de Grégoire Courtois publié aux éditions Robert Laffont le 3 septembre 2026, suit un garçon capable de percevoir les messages de la nature, dont la vie bascule lorsqu’il rencontre une mystérieuse fillette qui partage le même lien avec le monde végétal.

12/08/2026, 06:56

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Oracles et tasses de thé

11/08/2026, 17:30

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Carnets noirs, ou la petite fabrique des salauds

Il s’appelle Pierre Mignon. Le nom prête à sourire, le personnage beaucoup moins. Cadre moyen au service des ventes de Toys International Ltd., il nourrit une ambition simple et dévorante : monter. Monter encore. Atteindre la direction des ventes, puis, pourquoi pas, franchir un jour les lourdes portes de la Direction générale. Pour y parvenir, Pierre Mignon possède une arme redoutable. Des carnets noirs dans lesquels, depuis des années, il consigne méthodiquement les faiblesses, les erreurs, les secrets et les petites lâchetés de ses collègues.

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