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De la librairie à l’édition : pourquoi toute l'industrie du livre se fragilise

Il est grand temps de changer la terminologie depuis bien trop longtemps en vigueur dans l’industrie de l’édition : non plus chaîne du livre, car d’un maillon à l’autre, on finit par ignorer ce qui se passe plus loin, mais écosystème. Et quitte à renverser la table (et pas que celle des nouveautés), troquons “indépendant” pour “interdépendant”. Une notion bien plus proche de la réalité économique…

Le 16/09/2026 à 17:03 par Nicolas Gary

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16/09/2026 à 17:03

Nicolas Gary

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Librairies en redressement, distributeurs fragilisés, éditeurs indépendants privés de trésorerie, festivals sous pression et lectorat en recul : en 2026, les alertes ne viennent plus d’un seul métier. Les chiffres disponibles ne décrivent pas un effondrement général, mais une économie où les marges de sécurité se réduisent et où la difficulté d’un acteur se transmet désormais beaucoup plus vite aux autres.

Sur le premier semestre 2026, les données Edistat livrent un état des lieux préoccupant : 112,692 millions d’exemplaires vendus, soit 1,406 milliard € de chiffre d’affaires éditeur. La même période examinée sur 2025 affiche 120,862 millions d’exemplaires pour 1,5 milliard €. Statistiquement, quelque chose coince : 6,76 % de recul en volumes, avec 8,17 millions d’exemplaires en moins et 6,27 % en valeur, soit 94 millions € de moins.

Et une femme de ménage qui perturbe grandement les données, tant la place prise par les ouvrages de Freida McFadden fait peur. GkF l’avait analysé en mai dernier : si la romancière américaine était une maison d’édition, elle serait à elle seule 6e dans le classement des plus grandes structures éditoriales françaises. Terrifiant.

Quand la crise d’un maillon gagne toute la chaîne

Librairies en redressement, distributeurs fragilisés, éditeurs indépendants privés de trésorerie, festivals sous pression et lectorat en recul : en 2026, les alertes ne viennent plus d’un seul métier. Les chiffres disponibles ne décrivent pas un effondrement général, mais une économie où les marges de sécurité se réduisent et où la difficulté d’un acteur se transmet désormais beaucoup plus vite aux autres.

L’année 2025 avait déjà marqué un tassement : le Syndicat national de l’édition chiffre le revenu des éditeurs à 2,883 milliards €, en baisse de 0,63 %, pour 419,6 millions d’exemplaires vendus, soit -1,49 %.

DOSSIER - Marché du livre : 2025, l’équilibre sous tension

Les périmètres diffèrent — ventes au détail d’un côté, chiffre d’affaires des éditeurs de l’autre — mais la contraction des volumes est commune. Par rapport à 2019, le SNE relève encore une progression de 2,8 % en valeur en 2025, contre une baisse de 3,6 % du nombre d’exemplaires.

Le secteur évolue en outre dans une économie française où les défaillances restent élevées. À fin juillet 2026, la Banque de France en recensait 70.605 sur douze mois, soit +4,6 % sur un an et +19 % par rapport à la moyenne 2010-2019. Ce chiffre concerne toutes les entreprises, pas le seul livre, mais il donne le décor d’une période où les trésoreries les plus faibles encaissent mal les chocs.

Librairies : le retournement après l’embellie

C’est dans la librairie que le changement de régime est le mieux documenté. En 2025, le Centre national du livre a recensé 83 ouvertures contre 85 fermetures : premier solde négatif depuis la création de ce suivi. Cinquante-sept établissements ont parallèlement fait l’objet d’une reprise. Un an auparavant, 129 créations pour 72 fermetures laissaient encore un solde positif de 57 librairies.

Le CNL rappelle toutefois la singularité des années 2021 à 2023, avec près de 150 créations annuelles en moyenne. Les disparitions récentes concernent largement des commerces jeunes : en 2025, 48 % des établissements fermés avaient ouvert depuis 2017 et 38 % depuis 2021. À quelques exceptions près, leur chiffre d’affaires restait inférieur à 200.000 €.

Le problème n’est donc pas une hécatombe uniforme, mais un effet de ciseaux. Sur les quatre premiers mois de 2026, l’Observatoire de la librairie du Syndicat de la librairie française mesurait -2,9 % en valeur et -3,3 % en volume dans son panel de près de 500 librairies indépendante. Dans le même temps, salaires, loyers, transport et autres coûts fixes ne reculent pas.

L’étude Xerfi présentée aux Rencontres nationales de la librairie en juin mesure cette vulnérabilité. Sur 1.595 librairies indépendantes observées entre 2019 et 2024, l’excédent brut d’exploitation se situait autour de 2 à 3 % du chiffre d’affaires en 2023 et 2024. Les petites structures sont particulièrement sensibles aux loyers et aux frais de transport, tandis que les charges de personnel pèsent davantage sur les établissements moyens et importants,.

Autre signal : Xerfi recense 201 opérations liées à des procédures collectives dans le commerce du livre en 2025, contre 157 en 2024, 116 en 2023 et 96 en 2022. Attention au vocabulaire : il s’agit d’« opérations », y compris des sorties de procédures, et une même entreprise peut être concernée par plusieurs opérations successives — sauvegarde, redressement ou liquidation. Parler de « 201 librairies en faillite » serait donc faux. Les données figurent dans le document de synthèse publié à l’occasion des Rencontres nationales de la librairie.

Le tableau est d’ailleurs paradoxal. Le taux de défaillance du commerce de détail de livres est redescendu à 1,4 % en 2025, l’un de ses niveaux historiquement les plus bas selon Xerfi. Mais son indicateur de risque remonte parallèlement à 66,8, niveau associé par l’institut à une « probabilité de défaut significative ». La photographie est moins celle d’un réseau déjà effondré que d’entreprises dont le coussin financier s’amincit.

Les dossiers du printemps ont rendu cette fragilité très visible. Gibert a été placé en redressement judiciaire le 28 avril. Faute de repreneur, ses magasins d’Évreux et de Poitiers ainsi que la Librairie de la Place, quai Saint-Michel à Paris, ont ensuite été placés en liquidation judiciaire. Le plan de transformation présenté durant l’été prévoyait 84 suppressions de postes à l’échelle du groupe, bien qu'à Paris, les négociations ont ramené à 24 le nombre de suppressions dans le PSE, contre 30 initialement envisagées.

Le 1er juin, Nosoli, maison mère du Furet du Nord et de Decitre, a à son tour été placé en redressement judiciaire. Le groupe comptait alors 27 librairies et environ 600 salariés ; son projet de restructuration prévoit la fermeture de 11 magasins et jusqu’à 163 suppressions de postes. À Montpellier, Sauramps, placé en redressement à la mi-juin, a été liquidé le 3 juillet : 54 salariés étaient concernés.

Pris séparément, aucun de ces dossiers ne décrit « la librairie française ». Leur accumulation révèle toutefois ce qui devient le cœur du problème : lorsqu’un point de vente important ne peut plus honorer normalement ses échéances, la difficulté remonte immédiatement vers ses fournisseurs.

Makassar, la crise qui circule

Le cas Makassar en fournit l’illustration la plus nette. Fondé en 1995, le diffuseur-distributeur travaillait avec quelque 200 éditeurs indépendants. Ses comptes 2024 faisaient apparaître une perte de 737.000 €, après 752.000 € en 2023, et une créance de 1.335.224,93 € sur l’un de ses principaux clients. Une cyberattaque ayant perturbé le logiciel Octave en 2024, la transition informatique qui a suivi puis les difficultés de plusieurs grands comptes de la librairie ont encore tendu la situation.

Fin juin, son dirigeant, Vincent Dodivers, assurait au même titre qu’« il n’y a aucune procédure en cours, que ce soit redressement judiciaire ou autre », et que la société recherchait des solutions extérieures. Au fil de l’été, les éditeurs concernés ont néanmoins organisé leur transfert vers d’autres opérateurs. La prudence juridique s’impose donc : faute de décision judiciaire publiquement établie, il est plus exact de parler de défaillance économique de Makassar que de lui attribuer un redressement judiciaire.

Pour les maisons concernées, l’effet est immédiatement mesurable. Fin août, Les Éditions sociales et La Dispute chiffraient à plus de 130.000 € le produit de livres vendus qu’elles ne devraient pas percevoir, soit entre un tiers et près de la moitié de leur chiffre d’affaires annuel, selon ActuaLitté. Les ouvrages ont été édités, fabriqués, livrés et achetés ; les dépenses ont été engagées. La recette, elle, ne remonte plus.

Toute la mécanique apparaît alors. Le distributeur stocke et expédie, facture les libraires, encaisse puis reverse aux éditeurs. Quand un grand compte ne règle plus normalement ses échéances, la créance fragilise le distributeur ; quand celui-ci ne reverse plus les ventes, l’éditeur perd la trésorerie nécessaire aux prochains titres. La dette ne disparaît pas : elle voyage.

Début septembre, La Générale Librest, filiale de Nosoli depuis 2023 et affectée par le redressement du groupe, a de son côté cessé son activité de distribution pour le compte d’éditeurs et son comptoir destiné aux librairies indépendantes de l’est parisien. Les activités liées aux collectivités, ainsi que Lalibrairie.com, sont maintenues, mais ce nouvel épisode montrait que la tension sur la logistique indépendante ne se résume déjà plus au seul cas Makassar.

Des éditeurs sans amortisseur

Pour l’édition indépendante, aucune série nationale publique identifiée ne permet actuellement d’affirmer que les procédures collectives auraient progressé de X % en 2025 ou 2026. Additionner les liquidations relatées dans la presse pour fabriquer un taux serait trompeur. En revanche, l’étude socio-économique réalisée par Axiales pour la Fédération des éditions indépendantes documente précisément la faiblesse des marges de sécurité.

Publiée en 2025 à partir de données 2023, elle porte sur 278 maisons. Soixante-sept pour cent déclarent moins de 75.000 € de revenus annuels. Parmi les 183 structures ayant communiqué leur chiffre d’affaires, la médiane s’établit à 49.000 €. Cinquante-six pour cent recourent à l’emprunt, 47 % des dirigeants disposent d’une autre source de revenus et la moitié perçoit moins de 15.000 € par an. Ces données ne décrivent pas directement 2026, mais elles permettent de comprendre pourquoi un impayé de quelques dizaines de milliers d’euros peut devenir existentiel.

Elles donnent aussi un arrière-plan aux procédures récentes : Le Troisième Homme, à Angoulême, a été placé en redressement judiciaire le 7 mai, comme l’a rapporté ActuaLitté. Hikari Éditions a été liquidée en juin. Petit à Petit, placé en redressement en décembre 2025, a été repris par Hachette Livre en février 2026.

La sortie de crise n’est donc pas toujours la disparition : elle peut aussi passer par l’intégration d’un catalogue indépendant à un groupe disposant d’une puissance financière supérieure. La question économique rejoint alors celle, plus ancienne, de la concentration éditoriale.

Festivals : mêmes charges, moins de marge

Les manifestations littéraires apportent aux petites maisons une visibilité, des rencontres et des ventes directes difficiles à obtenir autrement. Or leur environnement financier se tend à son tour.

Le Baromètre des festivals 2025 du ministère de la Culture, publié en juillet 2026 auprès de 3.200 manifestations, ne porte pas spécifiquement sur le livre : musique et spectacle vivant y sont majoritaires. Il reste éclairant.

Quarante-neuf pour cent des répondants déclarent avoir rencontré « un peu » de difficultés financières et 28 % « beaucoup », soit 77 % au total. Les dépenses artistiques ont augmenté pour 41 % des festivals, les dépenses techniques, logistiques et de sécurité pour 43 %, celles de voyage, d’hôtellerie et de restauration pour 46 %. Parallèlement, 39 % signalent une baisse des subventions départementales.

Le constat doit être nuancé : 88 % pensent que leur prochaine édition aura certainement lieu. Et, pour les seules manifestations littéraires, il manque encore une statistique nationale comparable.

C’est précisément pourquoi la Direction générale des médias et des industries culturelles a lancé en 2026, avec la Sofia, RELIEF, le Club 99 et la Fédération des Salons et Fêtes du livre de jeunesse, une étude consacrée à leur économie et à leur impact culturel et social. Les précédents n’en sont pas moins significatifs. La Fête du Livre de Bron s’est arrêtée en 2024 après 39 éditions, malgré 40.000 visiteurs cette année-là, sur fond de situation financière précaire, d’inflation, de hausse des coûts et d’épuisement des équipes.

Au bout de la chaîne, moins de lecteurs

Reste le lecteur. Le baromètre CNL-Ipsos 2025 indique que 56 % des Français de 15 ans et plus se déclarent lecteurs réguliers, cinq points de moins qu’en 2023, au plus bas depuis le lancement du baromètre en 2015. 63 % déclarent avoir lu au moins cinq livres au cours des douze derniers mois, soit six points de moins en deux ans.

Chez les jeunes, le tableau est plus contrasté qu’une simple « disparition de la lecture ». L’étude CNL-Ipsos bva publiée en avril 2026 établit que 81 % des 7-19 ans lisent encore pour leurs loisirs. Mais plus d’un tiers des 16-19 ans ne lit pas du tout pour ses loisirs et le temps consacré à cette pratique n’est plus que de 18 minutes par jour, contre 3 h 1 pour les écrans, hors lecture numérique et livre audio.

Les écrans n’expliquent évidemment pas à eux seuls les redressements judiciaires d’une librairie ou la défaillance d’un distributeur. Les causes se cumulent : loyers, masse salariale, coûts logistiques, endettement, transformation des achats, développement de l’occasion et du commerce en ligne, concentration des ventes, financements culturels contraints. Mais le recul de la lecture régulière retire progressivement de l’air à un système déjà tendu.

La crise actuelle du livre français tient ainsi moins à l’effondrement d’un métier qu’à la disparition progressive des amortisseurs entre les différents métiers. Une librairie peut tenir avec 2 ou 3 % d’excédent brut d’exploitation tant que les ventes résistent ; un distributeur, tant que ses clients paient ; un éditeur, tant que le produit des ventes revient à temps ; un festival, tant que recettes et soutiens compensent les coûts.

Lorsque plusieurs de ces conditions se dégradent ensemble, la difficulté ne reste plus chez celui qui l’a rencontrée le premier. Elle circule. Rien ne permet encore de parler d’un effondrement généralisé de la chaîne du livre, mais chaque maillon dispose désormais de moins de marge pour absorber la défaillance du voisin.

Crédits photo : ActuaLitté, CC BY SA 4.0

 

 
 
 

Par Nicolas Gary
Contact : ng@actualitte.com

8 Commentaires

 

Michel Degrève

16/09/2026 à 20:01

En tant qu'auteur ide science-fiction et éditeur indépendant, je constate la même tendance et elle est inquiétante. De plus (et l'article le montre fort bien) les grandes maisons d'édition américaines débarquent sur le marché francophone avec des moyens financiers considérables, faisant monter les prix de nos publicités sur Amazon de façon exponentielle. À cela, s'ajoute une déferlante de livres écrits avec l'intelligence artificielle. Certains de bonne qualité, mais beaucoup plus de facture médiocre qui plombent encore un peu plus nos marges déjà de plus en plus précaires, à cause du fait qu'elles compliquent nos placements dans top 100 des catégories sur Amazon qui nous correspondent. Alors, quelle est la solution ? À mon avis, seule la coopération entre auteurs indépendants sauvera nos publications. Critiques d'ouvrages croisées, publications partagées, autant d'outils pour rendre à notre lectorat l'envie de redécouvrir les auteurs indépendants. J'ai créé une petite structure que je propose de partager : www.michel-degreve.com. Examinons ensemble comment sauver notre profession.

Lecteur

17/09/2026 à 12:06

Quand les écrans tuent le livre, l'option"listes de lecture" ne sauvera, relativement, que les classiques.
Olivenne veut produire moins pour vendre plus, Bolloré surfe sur de l'évenementiel politique, Gallimard reste élitiste et les moyens/petits sont noyés.
L'état et les banques n'ont ni l'intention ni les moyens de soutenir ce qui apparait comme un gouffre sans fond.
Seules les productions scolaires, religieuses et jeunesse gardent la tête hors de l'eau et l'IA arrive qui va bousculer ce qui est déjà fragile.
C'est un monde qui change

Manuel S.

17/09/2026 à 17:30

Excellent article ! (comme souvent)
Il manque juste un aspect fondamental : la surproduction.
Avec des ventes moyennes qui diminuent, les auteurs sont moins payés (en moyenne) pour leur livre et les éditeurs ont (en moyenne) bien moins de revenus. Source de beaucoup d'énervements et malentendus.
Tout le monde est d'accord pour moins produire mais peu le font, pourquoi ?
L'éditeur a une perte sûre de chiffre d'affaires, sans être sûr de mieux vendre ses autres livres.
L'auteur ne choisira jamais de ne pas être publié (ou à la marge). Le libraire doit choisir entre plus de références qui se vendent moins bien.

Il faudrait donc un organe de concertation des différents acteurs avec un pilotage général. Ou laisser faire le marché (qui résoudra ce problème par des crises récurrentes). Certains pourraient estimer que ce rôle de régulation pourrait être celui de l’État.

C'est un vrai angle mort du marché du livre et aucun acteur (ni l'Etat, qui aurait plutôt à tendance à favoriser la production via des aides directes et indirectes) ne s'en empare au nom du bien commun.

Nicolas Gary - ActuaLitté

17/09/2026 à 20:14

Tout d'abord, merci !
Ensuite... évidemment, car la surproduction représente une dimension importante du problème — avec toutefois une difficulté : si tout le monde s’accorde assez facilement sur son existence, beaucoup moins sur celui qui surproduit. (donc, de là à la quantifier...)

L’histoire est assez savoureuse. En 2006, Le Monde, rapportant un entretien donné à Paris Match par Antoine Gallimard et Francis Esménard, écrivait que les petites maisons étaient « responsables de l’augmentation de la production ». Gallimard avait toutefois rectifié quelques jours plus tard : il refusait de faire porter la responsabilité aux seuls petits éditeurs et visait plutôt la multiplication de livres substituables.

Vingt ans après, les chiffres permettent surtout de sortir de ce jeu de renvoi. L’étude AQOA présentée aux Rencontres nationales de la librairie 2026 montre que la production a augmenté de 57 % entre 2000 et 2025, mais pas de manière homogène. Les marques publiant 1 à 5 livres par an n'ont accru leur production que de 18 % sur la période, contre 70 % pour celles dépassant 200 publications annuelles. En 2025, ces dernières représentent 28 % de toute la production, les plus petites seulement 6 %. Autrement dit, la multiplication des petits éditeurs n’explique pas, à elle seule — loin de là — l’emballement du nombre de titres.

Il faut également apporter une autre nuance à l’idée que « peu d’éditeurs » auraient commencé à réduire la voilure. C’est précisément ce qui se produit depuis quelques années : selon AQOA, le nombre de nouveautés a reculé de 7,4 % entre 2022 et 2025 ; selon le périmètre différent du SNE, on est passé de 44.660 nouveautés en 2019 à 36.119 en 2025, soit –19,2 %. Le problème est que cette décrue intervient après vingt années d’expansion et que la pression demeure très forte en librairie : sur le panel constant de 170 librairies étudié par AQOA, 73 % des publications sont encore reçues en 2025, contre 64,1 % en 2017.

Quant au lien entre cette abondance et la rémunération des auteurs, il paraît intuitif, mais mérite lui aussi d’être manié prudemment : moins de ventes moyennes par titre peut réduire les droits d’un auteur donné, mais les données agrégées ne permettent pas d’en déduire une baisse générale de leur rémunération. Le SNE constate même que les droits d’auteur portés en charge par les éditeurs sont passés de 521,6 à 543,8 millions d’euros entre 2024 et 2025 (+4,27 %). Cela ne dit évidemment rien de leur répartition entre auteurs.

Reste donc la vraie question que vous posez : comment coordonner une réduction dont chacun peut souhaiter les bénéfices collectifs, alors que chaque éditeur pris séparément prend le risque de laisser de la place à ses concurrents ? C’est probablement là que se situe le nœud économique du problème.

Mais on le sait : l'enfer, c'est les autres. :-)

Laetitia Pacareau

17/09/2026 à 20:06

Parlez-nous un peu de l'augmentation de la rémunération des dirigeants de grandes maisons d'édition, et de leur parachute doré quand ils s'en vont nuire ailleurs ?

Liger

20/09/2026 à 13:34

Très intéressant.

Au passage, veuillez nous épargner le pénible et sournois étasunisme " industrie " (cf. " the movie industry ") et utiliser le mot français approprié, à savoir " secteur " : " le secteur du livre et non " l'industrie du livre " svp !

Scriniarius

20/09/2026 à 18:13

https://www.dictionnaire-academie.fr/article/A9I1018

INDUSTRIE nom féminin
Étymologie : xive siècle. Emprunté du latin industria, « application, activité, assiduité ».
1. Adresse, habileté à exécuter un ouvrage ; puissance de travail et de création. Cela est fait avec beaucoup d’industrie, avec une admirable industrie. L’industrie des abeilles.
▪ Fig. Ingéniosité ; savoir-faire. Réussir, s’élever par son industrie. À force d’industrie, il parvint au succès. Péj. Vivre d’industrie, subsister par des expédients. Chevalier d’industrie, se dit d’un individu habile et peu scrupuleux, dont l’activité, en marge des règlements, est douteuse, voire délictueuse.
2. Métier manuel, mécanique ou mercantile qui comporte une certaine ingéniosité. Exercer quelque industrie. Sa petite industrie lui permet de vivre. C’est une industrie comme une autre. Fig. Coupable industrie, se dit d’une activité profitable mais condamnable.
3. S’est dit de toute sorte d’activité concourant à la production et à la circulation des richesses. Industrie agricole, commerciale, manufacturière.
▪ Désigne aujourd’hui l’ensemble des activités ayant pour objet l’exploitation des richesses minières et des sources d’énergie, la transformation des matières premières en produits fabriqués ainsi que chacune des branches de ce secteur économique. Protéger, favoriser le commerce et l’industrie. La petite, la grande industrie. Les différentes branches de l’industrie. L’industrie chimique, pharmaceutique, textile. Les industries agro-alimentaires. L’industrie du livre. L’industrie de la chaussure.
▪ Industrie lourde, qui concerne l’extraction et la première transformation des matières minérales. Les industries extractives, la sidérurgie sont des industries lourdes. Industrie légère, qui transforme les produits issus de l’industrie lourde en produits finis ou semi-finis. Industrie de transformation, qui fabrique des biens d’équipement ou de consommation à partir des productions de l’industrie légère. L’industrie automobile est une industrie de transformation. Industrie de pointe, qui fait appel à la technologie et aux progrès scientifiques les plus récents. L’industrie aéronautique, l’industrie nucléaire, sont des industries de pointe.
▪ Par métonymie. Entreprise industrielle, établissement industriel. Une industrie va s’implanter dans la commune. Chef, capitaine d’industrie, qui est à la tête d’une grande entreprise industrielle.
▪ Par analogie. Se dit d’autres secteurs d’activité producteurs de richesses par la vente de services, considérés dans leur organisation d’ensemble. L’industrie hôtelière. L’industrie du spectacle.

Olivier Bleys

22/09/2026 à 15:57

Un article pointu et argumenté sur une réalité que nous vivons tous.
Mon seul regret : dans la chaîne du livre dont sont précisément décrits et soupesés tous les maillons… pas une seule mention de l'auteur ! Alors que sa précarité extrême l'expose, bien plus encore qu'un éditeur ou un distributeur, aux mauvais vents de l'époque. Pour lui, bien sûr, pas de chômage, pas d'indemnité de licenciement, pas de dépôt de bilan effaçant l'ardoise…
C'est inouï d'écrire "Reste le lecteur" sans, je le répète, avoir une seule pensée pour l'auteur. À croire que les gens qui fabriquent les livres, qui les font circuler, qui les vendent, ont oublié d'où les livres proviennent !
Mon nom apparaît sur une quarantaine de couvertures, chez Gallimard, Actes Sud ou Albin Michel, c'est un milieu que je prétends bien connaître. Mais ce péché originel, l'oubli de l'auteur, n'a jamais à mes yeux reçu d'explication.

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Le 11 septembre 2026, New York commémore les 2977 morts des attentats d’al-Qaïda tandis que la ville ouvre plus de 170.000 pages d’archives sur leurs conséquences sanitaires. Un quart de siècle après, l’événement déborde encore Ground Zero : guerres, soupçon et Guantánamo ont prolongé son histoire. Huit livres rendent à ce récit ce que les doctrines effacent : des enfants, des corps, des familles et des voix.

 

11/09/2026, 13:08

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Silver Surfer : Parabole, le jour où Moebius redessina un dieu avec Stan Lee

En 1988, une rencontre improbable se produit chez Marvel. Stan Lee reprend le personnage dont il avait façonné la voix vingt ans plus tôt ; face à lui, Moebius, maître de la science-fiction européenne, accepte de se plier aux contraintes du comic book américain. À peine cinquante pages plus tard, Silver Surfer: Parable a transformé le combat entre Galactus et son ancien héraut en réflexion sur la foi, le pouvoir et la liberté.

05/09/2026, 11:50

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Rentrée scolaire : six professeurs convoqués par l'Inspection

Les élèves ont repris le chemin de l’école ce 1er septembre 2026. Pour certains enseignants, la rentrée pourrait tourner court. Expérience autoritaire, lancer d’élèves, fascination fasciste, bacchanale et cours particulier achevé au couteau : les dossiers ont ébranlé les services de l'Inspection. Pour l'Éducation nationale, une question : peut-on vraiment les laisser poursuivre ?

05/09/2026, 06:00

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Lamartine, Nerval, Gautier : les écrivains français amoureux d’Istanbul

Carrefour des civilisations, théâtre où se sont jouées les destinées de l'Orient et de l'Occident, Istanbul a fasciné des générations d'écrivains français qui, du XVIIe au XXe siècle, ont tenté de refléter dans leurs œuvres l'indicible beauté de cette cité millénaire. Par Amel Aït-Hamouda.

04/09/2026, 14:58

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Une IA explore la mémoire moléculaire des livres anciens

Exclusif - Après avoir identifié protéines, médicaments ou autres résidus sur les documents de Vlad III, Jack London, Casanova et Alessandro Volta, l’équipe de Gleb et Svetlana Zilberstein veut franchir une nouvelle étape. Son « Cabilly Project » associe données biochimiques, archives et intelligence artificielle pour générer des hypothèses historiques. ActuaLitté révèle aussi l’existence de travaux, encore non publiés, sur André Malraux, Stendhal et Marcel Proust.

03/09/2026, 17:07

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Yannick Haenel : comme un air de déjà-lu dans la rentrée littéraire

Exclusif - Un manuscrit de professeur refusé chez Gallimard, le roman d'un ex-professeur publié trois ans plus tard par la maison et de l'un à l'autre ouvrage des scènes, motifs et références parfois voisins. La comparaison de Grand Poisson, de Fabrice Sanchez (Plon, août 2025), avec La solitude des professeurs est infinie, de Yannick Haenel (Gallimard, août 2026), ne révèle pas de contrefaçon, mais soulève quelques sourcils.

02/09/2026, 17:01

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Antonin Artaud : la guerre des archives n’est pas terminée (réponse à Florence de Mèredieu)

Le 7 août 2026, ActuaLitté publiait l’article Comment la souffrance a forgé le jeune Artaud, version abrégée, sans photographies ni appareil de sources, de l'étude d'Ilios Chailly, Une géographie de la souffrance : les cures d’Antonin Artaud, de La Rouguière au Chanet, 1915-1919. Florence de Mèredieu, biographe d’Antonin Artaud, a réagi à cet article dans les commentaires. Quelques échanges ont suivi. Ilios Chailly propose ici une réponse plus développée, pour revenir point par point sur les questions soulevées.

01/09/2026, 17:05

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De Proust à Perec : comment Shéhérazade a changé la littérature française

Au XXe siècle, les écrivains français n’ont pas seulement lu Les Mille et Une Nuits : ils s’en sont emparés comme d’un modèle d’écriture. De la mémoire proustienne à l’ambition romanesque de Perec, en passant par le merveilleux surréaliste et la figure de Shéhérazade devenue symbole de résistance, ce recueil sans auteur ni fin a profondément travaillé l’imaginaire littéraire. Par Amel Aït-Hamouda.

31/08/2026, 17:44

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Freida McFadden : anatomie d'une machine, aux accents bien connus

Voilà des semaines et des mois, des années bientôt qu'elle trône au sommet des meilleures ventes, au point qu'on ne sache plus trop comment s'en dépatouiller... Un peu comme dans ses livres : Freida McFadden connaît la fin avant de commencer. Le retournement vient d’abord et le roman s’organise en fonction. Indices, fausses pistes, silences, informations données trop tôt pour être comprises : tout permet au lecteur de voir après coup ce qu’il n’avait pas vu venir. Mais comment ?

29/08/2026, 10:00

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Six livres créent une application de rencontre pour éviter de finir seuls en rayon

On a longtemps cru qu’un livre abandonné sur une table de librairie souffrait en silence. Erreur. Il regarde les autres partir. Le prix littéraire avec son lecteur pressé, la romance dans un tote bag, le polar sous le bras de quelqu’un qui assure « ne lire que du vrai ». Lui reste là, tranche vers le public, à feindre l’indifférence.

29/08/2026, 08:00

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Après Perec, Queneau et Calvino : l’Oulipo peut-il encore surprendre ?

Le 5 mai 2026, jour de naissance de Karl Marx, Clémentine Mélois a dû mourir pour obtenir le droit de démissionner. À 18h16 exactement, au café L’Arrêt, anciennement L’Espérance, dans le VIIe arrondissement de Paris, l’écrivaine et plasticienne a retrouvé, selon sa propre formule, sa « liberté de manœuvre pour l’éternité ».

28/08/2026, 17:22

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Six romans recalés à l’aéroport pour excédent de bagage... émotionnel

Les compagnies aériennes sont formelles : au-delà de 23 kilos, il faut payer un supplément. La littérature, beaucoup moins regardante, autorise ses personnages à embarquer avec une enfance traumatique, trois générations de non-dits, un père mort, plusieurs amours compliquées et parfois une résurrection complète. Au retour des vacances, il était temps que quelqu’un contrôle tout cela.

22/08/2026, 11:05

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Voyageuses en Orient : entre émancipation et clichés

Si Flaubert, Chateaubriand ou Nerval ont construit l’Orient rêvé du XIXe siècle, des écrivaines-voyageuses en ont, elles, franchi les portes closes. De Lady Montagu à Isabelle Eberhardt, elles ont observé l’intimité des harems et la vie des tribus. Mais ce regard « de l’intérieur » les a-t-il vraiment affranchies des clichés orientalistes ? Récit d’une émancipation littéraire aux mille contradictions. Par Amel Aït-Hamouda.

19/08/2026, 18:18

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Journée mondiale du moustique : les insectes réclament des dommages et intérêts à la littérature

Ce 20 août, Journée mondiale du moustique, les insectes ont déposé une plainte collective contre plusieurs siècles de littérature. Motifs : diffamation, séquestration, exploitation et atteinte répétée à la dignité des arthropodes. Cinq livres comparaissent. Les fourmis se constituent partie civile, les papillons demandent réparation et Gregor Samsa exige qu’on cesse enfin de l’appeler cafard. L’audience promet d’être piquante. (ceci est une fiction, hein...)

19/08/2026, 14:46

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Gestion contestée et conflit familial : un été au tribunal pour l'Harmattan

Exclusif - La gestion des Éditions L'Harmattan, dirigées depuis 2010 par Xavier Pryen, est vivement contestée depuis quelques années, tandis qu'un conflit familial se joue en arrière-plan : Denis Pryen, cofondateur du groupe, estime que son neveu a engagé le « démantèlement » de ce dernier. Deux décisions de justice, rendues cet été, se sont révélées favorables au cofondateur de L'Harmattan.

19/08/2026, 09:09

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Quand Carl Jung descendait dans ses propres ténèbres

Manuscrit médiéval au siècle de l’acier et du béton, Le Livre rouge est une anomalie. Un Carl Jung en crise y confia visions, dialogues intérieurs, peintures et mythes, prélude à ses concepts les plus importants. Allons à la découverte de cet objet fascinant, où un homme tente de donner une forme à ce qui, sans elle, risquait de le posséder.

12/08/2026, 18:08

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Un devoir rendu suffit-il encore à prouver qu’on l’a écrit ?

Au Danemark, le gouvernement répond à la triche par IA en déplaçant la preuve : les examens rédigés à domicile devront être défendus oralement, tandis que surveillance et travaux sous contrôle seront renforcés. Une mesure scolaire qui réveille une vieille question littéraire : signer suffit-il à être l’auteur, ou faut-il encore pouvoir répondre personnellement de ce qui est écrit ?

 

10/08/2026, 07:30

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Et si la nouvelle censure culturelle était celle qu’on ne voit plus ?

Une œuvre interdite, une exposition vandalisée, un concert annulé : la censure possède encore des images faciles à reconnaître. Le Rapport annuel 2025 pour la liberté de création du ministère de la Culture décrit pourtant un déplacement plus discret. Projets modifiés avant la polémique, programmation ajustée par anticipation, financement devenu levier, décisions administratives difficiles à qualifier : l’atteinte la plus efficace pourrait être celle qui évite d’avoir à se montrer.

08/08/2026, 13:36

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Des groupes anti-liberté d’expression identifiés et suivis par le renseignement

Le Rapport annuel 2025 pour la liberté de création contient une drôle de discrétion. Plusieurs « groupements formellement constitués », à l’origine d’actions organisées contre des acteurs culturels, seraient « pour la plupart identifiés par les services de renseignement territorial ». Voilà pour ce que l’État sait. Pour savoir qui ils sont, en revanche, le lecteur repassera : ni noms, ni nombre précis, ni famille politique ou religieuse. Le renseignement est là. L’information, beaucoup moins.

08/08/2026, 13:25

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Livres brûlés, vitrines brisées : librairies et bibliothèques sous pression en France

Entre mars 2025 et mars 2026, le ministère de la Culture a recensé 76 incidents affectant les libertés de création, correspondant à 91 mécanismes d’atteinte. Douze situations sont explicitement rattachées au livre : six pour « livre et lecture publique », six pour les librairies. Acquisitions sous pression, ouvrages détruits, rencontres déprogrammées, vitrines attaquées ou mesures de saisie : le premier bilan annuel montre surtout ce qui demeure difficile à compter. 

08/08/2026, 12:19

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Comment la souffrance a forgé le jeune Antonin Artaud

De 1915 à 1919, Antonin Artaud passe de cliniques en stations thermales, de Marseille à Neuchâtel, dans une tentative presque continue d’apaiser des troubles nerveux qui marqueront durablement son existence. Ilios Chailly reconstitue cette « géographie de la souffrance » à partir d’archives, de sources médicales et de documents parfois inédits, et montre combien ces années de cures, de diagnostics et de traitements ont participé à façonner l’homme, l’artiste et la pensée d’Artaud.

07/08/2026, 16:20

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Lunettes connectées : comment encore rester hors champ ?

En Australie, la commissaire à la vie privée Carly Kind s’interroge sur la nécessité de nouvelles règles face aux lunettes connectées. En France, la CNIL redoute déjà une surveillance mobile et presque invisible. Mais ces mêmes appareils peuvent accroître l’autonomie des personnes aveugles ou malvoyantes. De Robbe-Grillet à Samanta Schweblin, les livres posent alors la vraie question : peut-on encore choisir de rester hors champ ?

07/08/2026, 15:51

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Du papier au numérique, la révolution qui bouleverse le manga japonais

Le Weekly Shonen Jump, berceau de Dragon Ball, One Piece ou Naruto, est tombé à un plus bas historique depuis 1971 : son tirage moyen n’était plus que de 985.000 exemplaires entre avril et juin 2026. C’est la première fois en 55 ans que la revue repasse sous le seuil symbolique du million d’exemplaires. Plus qu’un simple mauvais chiffre, ce recul illustre l’effacement progressif d’un modèle longtemps central au Japon : celui du grand magazine imprimé de prépublication.

07/08/2026, 15:45

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L’AFDAS suspend les formations pour artistes-auteurs centrées sur l’IA

L’AFDAS a instauré un moratoire sur le financement des formations principalement consacrées à l’intelligence artificielle générative. Limitée au fonds de formation des artistes-auteurs, la mesure s’appliquera jusqu’au 31 décembre 2026. Les enseignements professionnels dans lesquels ces outils n’interviennent qu’à titre secondaire restent éligibles.

06/08/2026, 10:06

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À Ceuta, 72 000 migrants et des vies laissées hors compte

À Ceuta, Madrid estime que 72 000 personnes ont franchi la frontière et que 70 000 sont reparties ou ont été reconduites. Le bilan humain reste disputé, tandis qu’environ un millier de mineurs non accompagnés demeurent dans l’enclave et que des familles cherchent leurs proches. Sept récits, romans, albums et essais rouvrent ce que les mots « flux », « retour » et « sécurisation » voudraient déjà refermer.

05/08/2026, 17:34

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“Aujourd’hui, une banque a remplacé Verlaine, Zweig et Yahya Kemal”

Au 27, boulevard Saint-Michel, il ne reste rien du café Vachette où Verlaine, Moréas, Yahya Kemal ou İbrahim Çallı ont laissé leurs traces. Rien, sinon des récits, des plaques déplacées et quelques souvenirs incertains. Entre littérature, peinture et mémoire parisienne, Adnan Algın, correcteur, remonte le fil d’un lieu disparu, où l’on payait parfois ses dettes en vers, en leçons ou en tableaux. Aujourd’hui, une banque tient les comptes. À sa manière.

05/10/2026, 17:35

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PLF 2027 : “L’État renonce à soutenir pleinement les artistes”

Le projet de loi de finances 2027, présenté le 1er octobre dernier, procède à une nouvelle réduction des budgets alloués au ministère de la Culture. Les collectivités territoriales, premières financeuses du secteur culturel, voient elles aussi leurs moyens se rabougrir. Le Syndeac, premier syndicat des entreprises du spectacle vivant public, dénonce un choix politique aux lourdes conséquences.

05/10/2026, 15:07

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“Une partie de notre psychisme réclame des métamorphoses”

Phénomène identitaire largement porté par les réseaux sociaux, le thérianisme désigne le sentiment d’une proximité profonde avec un animal, jusqu’à parfois se vivre comme partiellement animal. Le psychanalyste Jean-Charles Bettan interroge ce que cette identification dit du rapport au corps, à l’adolescence et à la construction de soi, tout en mettant en garde contre les rapprochements trop rapides avec la dysphorie de genre.

05/10/2026, 10:52

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Drieu la Rochelle et Colette Jéramec : l’histoire d’un couple impossible

Avec La Rédemption, Jean-Noël Orengo revient sur un couple pris dans les bouleversements du XXe siècle : Pierre Drieu la Rochelle et sa première épouse, Colette Jéramec. Derrière l’écrivain collaborationniste et antisémite, le romancier fait réapparaître une femme longtemps restée dans l’ombre, médecin et chercheuse à l’Institut Pasteur, arrêtée avec ses deux enfants en 1943.

02/10/2026, 18:04

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2026 en Ukraine, les livres brûlent. Littéralement.

Cécile Deniard, traductrice littéraire, s’est rendue deux semaines en Ukraine pour apporter son soutien à ses collègues au nom du Conseil européen des associations de traducteurs littéraires (CEATL). Elle y a participé au festival BookForum de Lviv mi-septembre, puis est allée à Kyiv afin d'y rencontrer d'autres acteurs de la chaîne du livre. Leur énergie, leur créativité, mais aussi le besoin de solidarité qui s’est souvent exprimé au cours de ces entretiens, lui ont inspiré cette tribune.

02/10/2026, 13:02

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“Si nous voyons le nom, nous ne lisons peut-être plus tout à fait la même phrase”

Le nom d’un auteur change-t-il notre manière de lire ? À partir du Prix de la Page 111, qui soumet au jury des textes anonymisés, Adnan Algın, écrivain, poète et correcteur, interroge le poids de la réputation dans le jugement littéraire. Prix, éditeur, critiques et œuvres antérieures composent un « capital de la signature » capable d’accorder davantage de crédit à une phrase — ou d’en refuser à celle d’un inconnu. Une invitation à relire les textes avant leurs auteurs.

01/10/2026, 16:14

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Clémentine Mélois : “Toute la vie n’est faite que de ruptures successives”

James Joyce avait fait entrer l’épopée dans la vie ordinaire, jusqu’à faire tenir une Odyssée entière dans une journée. Clémentine Mélois choisit, elle aussi, de partir de presque rien : un déménagement, une séparation, quelques cartons, un verre à moutarde, un rouleau de Sopalin. Dans Choses que je croyais perdues, finaliste du 93e prix des Deux Magots, l’autrice-artiste fait de « l’infraordinaire » sa matière romanesque.

01/10/2026, 15:33

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Véronique Ovaldé : “J’ai toujours inventé d’autres vies à ma mère”

On connaît Véronique Ovaldé pour ses fictions et leurs vies toujours prêtes à bifurquer. Avec Vivre sans bonheur et n’en point dépérir, paru chez Flammarion en cette rentrée littéraire, elle se tourne cette fois vers sa propre mère. Le récit est plus intime, sans abandonner l’imaginaire, et la place parmi les finalistes du prix des Deux Magots 2026.

30/09/2026, 17:03

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Pangram peut-il vraiment prouver que le roman de Thélyson Orélien a été écrit par une IA ?

Depuis le début de l’affaire Thélyson Orélien, le débat s’est concentré sur l’usage possible de l’intelligence artificielle, la fiabilité des détecteurs, puis les affaires de plagiat. Un aspect a toutefois été moins examiné : le calcul utilisé pour affirmer qu’il était presque impossible que Pangram se soit trompé sur les 20 passages du roman présentés comme suspects par « Balance ton Claude », compte derrière lequel se trouve notamment l’essayiste Samuel Fitoussi. Pour ActuaLitté, le mathématicien Mouhamadou Sy revient sur ce calcul, sur l’hypothèse d’indépendance qu’il suppose et sur ce qu’il permet réellement, ou non, de conclure.

30/09/2026, 16:08

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“L’écoute de cette sélection de chansons a joué un rôle crucial d’inspiration”

Cyril Camus publiera Grand-Guignol aux éditions Anacharsis, ce 16 octobre. S’il revendique depuis l’enfance une passion pour les livres et l’horreur, l’écrivain entretient avec la musique une relation tout aussi profonde — quoique née plus tardivement, presque par accident. Du punk français aux chants celtiques, de Bob Dylan au free-jazz, des musiques de films à la darksynth, ses écoutes accompagnent autant son quotidien que son travail d’écriture. Au point de faire de la bande-son de Grand-Guignol une composante à part entière du roman. Il revient sur cette « musicobsession », ses découvertes fondatrices et ces morceaux qui, parfois, donnent à la fiction sa couleur avant même que les mots ne l’installent.

30/09/2026, 13:35

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Édition classique, crowdfunding ? “Choisir le modèle le plus juste pour chaque œuvre”

Auteur et président de l’Association de sauvegarde de l’Abbaye Saint-Félix de Montceau, Guilhem Méric revendique un parcours d’« auteur hybride », entre maisons d’édition et publication indépendante. À l’occasion du lancement de MORLHED – L’Ombre des Primordiaux, il explique pourquoi il a choisi le financement participatif, entre maîtrise des droits, cohérence de son univers, contexte économique du livre et relation directe avec ses lecteurs.

30/09/2026, 12:48

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À 80 ans, Lucky Luke court toujours : dans les coulisses de l’exposition avec Joub

À 80 ans, Lucky Luke n’a pas fini de galoper. Commissaire de l’exposition Lucky Luke court toujours !, présentée à Quai des Bulles, Joub a replongé dans l’ensemble de la série pour raconter autrement le cow-boy de Morris : par le dessin, la couleur, les gags et les motifs qui traversent huit décennies d’albums.

30/09/2026, 12:04

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Lucie Rico : “Dire quelque chose, c’est déjà le transformer”

Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer ? Une question qui a conduit Lucie Rico jusqu’à la finale du prix des Deux Magots 2026. Dans ce troisième roman publié chez P.O.L, une phrase inachevée ouvre une enquête sur un souvenir d’enfance, entre le baroque du giallo, reconstitution comme les vrais enquêteurs judiciaires, et mémoire familiale.

29/09/2026, 15:07

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Le Goncourt craint pour son intégrité ? Alors Pangram pour les 15 autres romans, fissa !

L’Académie Goncourt a donc retiré de Thélyson Orélien, de sa première sélection, au nom de plagiats antérieurs et d’analyses concluant que le roman serait « selon toute vraisemblance » produit avec IA. Une décision loin d'être unanime, on compte au moins Pascal Bruckner dans la résistance. Puisque l’Académie introduit le détecteur dans son prétoire, qu’elle aille au bout de sa logique : même outil, même protocole, même soupçon. Sinon, ce n’est plus une règle. C’est un traitement d’exception. 

29/09/2026, 14:48

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Quai des Bulles : 45 ans de BD, de rencontres et de passion

Traditionnellement, le festival Quai des Bulles décale ses dates pour cause de Route du Rhum et ouvre ses portes ces 9-10-11 octobre, à Saint-Malo. L’occasion, s’il en fallait une, de venir flâner sur les remparts se gaver d’air iodé et de bande dessinée…

29/09/2026, 14:22

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Elsa Holfert : "Le burn-out n’est pas que professionnel"

Paru le 22 avril 2026 aux Éditions Dangles, Fatigue chronique, et si c’était un épuisement surrénalien ? d’Elsa Holfert explore les mécanismes de l’épuisement liés au stress chronique. Kinésithérapeute de formation, l’autrice exerce aujourd’hui comme praticienne en santé fonctionnelle et en hormonologie.

28/09/2026, 16:40

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Affaire Thélyson Orélien : “Un score de génération par IA n’est pas une preuve”

Créée en juillet 2024 pour distinguer les œuvres d’origine humaine des contenus générés par intelligence artificielle, l’association Fabrication Humaine défend un label gratuit fondé sur l’engagement de l’artiste. Dans cette tribune, elle prend appui sur l’affaire Thélyson Orélien pour interroger la place prise par les outils de détection : sans trancher sur l’origine de C’était ça ou mourir, elle appelle à distinguer l’indice de la preuve et plaide pour davantage de transparence dans les processus de création. 

28/09/2026, 16:30

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IA et littérature : et si on arrêtait de s’écharper pour s’entendre, bordel !

Nathalie Hug a publié en juin dernier 92 BPM, Mais bordel qui a écrit ce roman ? aux Éditions Télémaque, un texte qu’elle présente comme entièrement hybride, né de 18 mois de travail avec l’intelligence artificielle et accompagné d’un making-of détaillant cette expérience. Dans cette tribune, elle revient sur la polémique autour de C’était ça ou mourir, de Thélyson Orélien, accusé d’avoir été écrit avec l’IA, et élargit le débat à la place de ces outils dans la création littéraire, à la transparence envers les lecteurs et à l’avenir de l’écriture humaine.

28/09/2026, 14:22

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Thélyson Orélien : “Pourquoi tant d’acharnement sur un écrivain ?”

L’affaire Thélyson Orélien s’est imposée en quelques jours au cœur de la rentrée littéraire. Soupçonné d’avoir eu recours à l’intelligence artificielle pour écrire C’était ça ou mourir, puis rattrapé par plusieurs cas de plagiat concernant des textes anciens, l’auteur québécois conteste les accusations visant son roman. Le retrait du livre de la sélection du Goncourt a encore amplifié une controverse qui interroge désormais tout le monde éditorial. Par Auguste Feydeau.

26/09/2026, 14:00

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Affaire Thélyson Orélien : “Réinventons le pacte entre l’auteur, l’éditeur et le lecteur”

Thomas Perroud, normalien, est animateur de l’émission Anachroniques consacrée notamment aux premiers romans sur Fréquence protestante. Il revient sur les soupçons d’usage de l’intelligence artificielle au sujet du premier roman de Thélyson Orélien, C’était ça ou mourir (Grasset).

24/09/2026, 16:32

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Violences sexistes et sexuelles : 50 ans pour passer de l'intime à la loi

Après des décennies de mobilisations, de recherches et de récits, les violences sexistes et sexuelles ne sont plus seulement appréhendées comme une succession de drames privés. Elles constituent un objet politique, juridique et culturel. La proposition de « loi intégrale » actuellement examinée à l’Assemblée nationale en offre une nouvelle traduction — et invite à regarder l’histoire des mots qui ont rendu ces faits visibles.

24/09/2026, 16:10

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Pour encadrer l'IA, La France insoumise convoque Isaac Asimov

Exclusif — Une figure de la science-fiction s'invite à l'Assemblée nationale, à la faveur d'une proposition de loi déposée par René Pilato, député La France insoumise — Nouveau Front Populaire de Charente. Les fameuses « lois de la robotique », conçues par l'écrivain américain, y sont citées, afin de motiver et nourrir un encadrement des intelligences artificielles mises à la disposition du grand public.

24/09/2026, 15:58

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“L’IA est arrivée, et le mot “aide” s’est complètement décousu”

Entre correction, réécriture et création, où commence véritablement « l’aide » à un auteur ? Écrivain, poète et correcteur, Adnan Algın plonge dans ses propres archives éditoriales pour interroger les interdictions visant l’intelligence artificielle. De ses interventions sur des romans aux cas célèbres de Raymond Carver ou T. S. Eliot, il questionne une frontière que l’IA n’a peut-être pas inventée, mais sérieusement brouillée.

24/09/2026, 11:53

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“L’horreur est le meilleur genre de l’histoire de la fiction”

Cyril Camus publiera Grand-Guignol aux éditions Anacharsis, ce 16 octobre. L'écrivain revendique une passion pour l’horreur née dans les livres, nourrie par le cinéma. De Guillermo del Toro à Stephen King, l’écrivain revient sur les monstres qui ont façonné son imaginaire et défend une conviction paradoxale : l’épouvante peut nous rassurer. Les démons de fiction ont sur les terreurs du réel un avantage décisif : ils n’existent pas. Une invitation à frissonner pour mieux souffler, qu'il partage dans nos colonnes...

23/09/2026, 17:36

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“La véritable violence, c’est le déni, l’indifférence”

Mère isolée, actrice pornographique quadragénaire, Sabine élève seule son fils Romain dans le vingtième arrondissement. Adolescent « normal », moyen, ce dernier subit un harcèlement en règle dès lors qu’une vidéo de Sabine fuite au collège, et fait le tour des réseaux sociaux… La suite ? Accompagnée par le hardeur Joseph, et par Enguerrand, bourgeois blasé, Sabine résout de se venger, guidée par son seul amour maternel. Une deuxième intrigue se met en place, mêlant cette fois milieux d’affaire et hauts-fonctionnaires, sur fond de revenge porn et de libertinage. Propos recueillis par Étienne Ruhaud.

21/09/2026, 16:54

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Jean-Yves Mollier : LFI chez Fayard, “un véritable coup de poignard dans le dos”

La publication annoncée chez Fayard du prochain livre du député LFI Aurélien Taché provoque la colère de Jean-Yves Mollier. Dans cette tribune, l’historien dénonce ce qu’il considère comme une contradiction avec le soutien affiché par La France insoumise aux auteurs mobilisés autour des États Généreux, après les bouleversements intervenus chez Fayard et Grasset.

21/09/2026, 16:19

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“Avons fait l’impossible, mais avions rêvé davantage”

Aux Deux Magots, Jean-Luc Coatalem a connu presque toutes les places : celle du jeune homme qui observe, du lauréat photographié sur le boulevard, puis du juré chargé, à son tour, de choisir. À l’heure où le prix 2026 entre dans le vif de ses délibérations, l’écrivain ouvre les portes d’une institution qu’il connaît désormais de l’intérieur, avec ses goûts, ses rites et ses petites stratégies.

21/09/2026, 15:53

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Les livres prophétiques ne sont peut-être pas ceux que nous croyons

De George Orwell à André Malraux, en passant par Aldous Huxley, Ray Bradbury, Friedrich Nietzsche et Franz Kafka, Bertrand Jouvenot propose de déplacer notre regard sur les « livres prophétiques ». Dans cette tribune, il distingue les œuvres qui ont anticipé les formes visibles de notre monde de celles qui auraient saisi des mutations plus profondes : crise du sens, autonomie des systèmes, transformation de notre rapport au temps et à nous-mêmes.

21/09/2026, 12:32

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Et si le vrai danger n’était pas la mort du livre, mais celle de la lecture ?

ActuaLitté ouvre ses colonnes à la Fondation Jean-Jaurès, qui revient sur le rapport « La République des lecteurs – Pour en finir avec la mort du livre », signé par Arthur De Grave et Diana Filippova. Face au recul de la place de l’écrit et aux mutations des pratiques culturelles, le texte présente dix propositions pour replacer la lecture et l’écriture au cœur des politiques publiques. 

21/09/2026, 11:42

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“Humanité générique” : La fabrique défend Louisa Yousfi après la polémique

Une phrase de Louisa Yousfi, extraite d’un entretien publié début septembre, a déclenché une vive polémique et plusieurs annonces de saisines judiciaires. Son éditeur, La fabrique, prend aujourd’hui sa défense dans une tribune adressée à ActuaLitté. Avant de la publier intégralement, nous revenons sur l’origine des propos, leur contexte, les critiques qu’ils ont suscitées, les soutiens exprimés et le sens du concept d’« humanité générique » invoqué dans le débat.

19/09/2026, 10:30

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“Le risque de devenir « un LinkedIn du livre » existe évidemment”

L'écueil, Jean-Charles Caplier le formule lui-même : créer « un LinkedIn du livre » de plus. Alors que LivreConnect ouvre officiellement le 16 septembre, son fondateur défend un espace transversal entre les métiers, nourri de ressources, d’outils et d’un assistant IA. Pour ActuaLitté, il précise ce qui permettra de juger si le projet a vraiment trouvé sa place — et jusqu’où il entend laisser Volt’R intervenir.

16/09/2026, 09:30

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”Chaque livre mérite de trouver ses lecteurs” : Béliveau éditeur à la conquête de l’Europe

Reprise en juillet 2026 par Amélie McNicoll et Alexandre Vézina, Béliveau Éditeur entend revoir autant sa sélection de projets que leur commercialisation. Les deux entrepreneurs veulent associer davantage les auteurs à la stratégie de leurs livres, relancer la production et renforcer la présence de cette maison québécoise de plus de 50 ans en France, en Belgique et en Suisse, avec un objectif de 25 à 30 titres à court terme.

16/09/2026, 09:00

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À quelques pas de toi : le podcast qui a relié les générations

Il y a des a priori auxquels il faut tordre le cou : « il ne se passe pas grand-chose en milieu rural » est un préjugé qui vient de prendre du plomb dans l’aile grâce à une dynamique mise en place dans une petite commune de Gironde.

14/09/2026, 16:07

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Intuition : “Le corps sait souvent avant nous”

Pourquoi devient-il parfois si difficile de savoir ce que l’on pense vraiment, ce que l’on ressent ou même ce que l’on veut ? Sollicitations permanentes, rythme soutenu et bruit mental finissent par couvrir cette perception plus discrète que l’on appelle intuition. Fondatrice du centre d’enseignement Infinite Spirit, formatrice et thérapeute, Johanna Hani propose de retrouver un peu de silence, de revenir aux sensations du corps et d’apprendre à distinguer l’intuition de l’anxiété ou de la peur. 

14/09/2026, 14:58

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“Le problème n’est pas de savoir si une IA a touché au texte, mais qui décide”

À mesure que l’intelligence artificielle s’immisce dans les pratiques d’écriture, une question revient avec insistance : que reste-t-il de l’auteur lorsque la machine intervient dans le texte ? Nicolas, créateur d’Atypikal Life, propose de déplacer le débat. Plutôt que d’opposer frontalement écriture humaine et IA, il interroge la transparence, la responsabilité et ce que l’auteur choisit — ou refuse — de déléguer.

14/09/2026, 07:00

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Faire exister des espaces littéraires alternatifs contre vents et marées

À l’occasion de la 4e édition du festival Read & Shine, ActuaLitté ouvre ses colonnes à Déli, fondatrice d’Overbookées. Elle revient sur la naissance de ce rendez-vous dédié aux littératures et savoirs féministes et antiracistes, sur la nécessité de faire entendre des voix encore marginalisées dans l’édition, et sur les enjeux d’une nouvelle édition placée sous le signe des « Mémoires pour les lendemains ».

09/09/2026, 13:56