L'écueil, Jean-Charles Caplier le formule lui-même : créer « un LinkedIn du livre » de plus. Alors que LivreConnect ouvre officiellement le 16 septembre, son fondateur défend un espace transversal entre les métiers, nourri de ressources, d’outils et d’un assistant IA. Pour ActuaLitté, il précise ce qui permettra de juger si le projet a vraiment trouvé sa place — et jusqu’où il entend laisser Volt’R intervenir.
Le 16/09/2026 à 09:30 par Nicolas Gary
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16/09/2026 à 09:30
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Créer un réseau professionnel du livre quand le secteur n’en manque pas : la question attendait LivreConnect au tournant. Jean-Charles Caplier ne l’esquive pas. Son projet, assure-t-il, n’est pas né du constat qu’il manquerait un outil de plus, mais de la difficulté persistante à faire circuler expériences et savoir-faire entre des métiers qui disposent déjà de leurs propres espaces d’échange.
LivreConnect ouvre officiellement le 16 septembre, après plusieurs semaines de pré-lancement. Selon son communiqué, 500 personnes se sont inscrites avant l’ouverture, dont 100 membres associés à cette première phase. L’ensemble réunit profils, communautés, analyses, formations, services métiers et Volt’R, un assistant fondé sur les modèles GPT d’OpenAI.
Le constat de Caplier tient presque du cloisonnement par habitude. Les éditeurs parlent beaucoup aux éditeurs, les libraires aux libraires, les auteurs aux auteurs. Les organisations professionnelles remplissent leur rôle de représentation et les solutions spécialisées répondent à des besoins précis. LivreConnect entend donc chercher sa place ailleurs.
« Ce qui manque davantage, à mes yeux, c’est un espace transversal où les différents métiers puissent se rencontrer, comprendre leurs contraintes respectives, partager leurs pratiques et accéder à des ressources qui ne soient pas pensées uniquement depuis leur propre métier. »
Autrement dit, travailler « dans les interstices ». Mais réunir tout le monde sous le même toit numérique ne garantit encore rien. « La transversalité ne se décrète pas en réunissant différentes professions sur une même plateforme. Il faut créer des raisons concrètes de se parler. »
C’est là que se jouera l’essentiel. Les retours de livres, par exemple, concernent tout autant libraires, éditeurs, diffuseurs et distributeurs ; la visibilité des titres, la prescription, les données de vente, l’intelligence artificielle ou les transformations économiques de la filière traversent elles aussi les frontières professionnelles.
Caplier reconnaît d’ailleurs le piège : « Le risque de devenir “un LinkedIn du livre” existe évidemment. » Pour l’éviter, il compte moins sur la taille du fil d’actualité que sur ce qu’un membre pourra réellement y apprendre, résoudre ou construire avec les autres.
Dans un an, le nombre de comptes créés ne lui suffira donc pas pour dresser un bilan. Il veut regarder si des collaborations sont apparues, si les outils servent, si les membres de professions différentes se rencontrent — et, surtout, s’ils reviennent. « Si nous avons beaucoup de comptes mais peu d’usages, nous aurons simplement créé un réseau supplémentaire. »
L’autre pari porte sur l’intelligence artificielle. Volt’R peut, explique Jean-Charles Caplier, aider à structurer un argumentaire commercial, préparer une négociation, synthétiser des informations, examiner différents scénarios ou simplement mieux formuler une problématique professionnelle. Mais la frontière qu’il pose est explicite : « Augmenter la capacité d’analyse du professionnel, pas automatiser sa compétence. »
Un libraire restera plus à même de connaître sa clientèle, un directeur artistique de juger une couverture, un représentant de comprendre son interlocuteur. Et l’assistant, insiste-t-il, n’a pas vocation à remplacer l’auteur, l’éditeur, le traducteur ou le correcteur dans les tâches qui relèvent de leur expertise et de leur responsabilité.
LivreConnect ne présente d’ailleurs pas Volt’R comme une technologie maison : le service repose sur les modèles GPT d’OpenAI, auxquels sont associés des outils adaptés aux problématiques de la filière. Concernant les données, l’entreprise indique que son utilisation nécessite un consentement spécifique et révocable, distinct de l’acceptation des conditions générales. Elle assure également que ni le nom ni l’adresse électronique de l’utilisateur ne sont transmis au fournisseur d’IA et qu’un filtrage est appliqué au contenu textuel envoyé pour traitement.
De son côté, OpenAI indique que, pour sa plateforme API, entrées et sorties ne sont pas utilisées par défaut pour entraîner ou améliorer ses modèles, sauf choix explicite du client de partager ces données. Caplier préfère, sur ce terrain, avancer sans promesse démesurée : « Sur l’IA, je préfère que LivreConnect évolue progressivement, en fonction des usages réels et des retours des professionnels, plutôt que de promettre que l’IA peut tout faire. »
Reste à financer l’ensemble. LivreConnect fonctionne sur un modèle freemium : l’inscription et une première partie des services sont accessibles sans paiement, tandis que l’abonnement Basic est affiché à 9,90 € TTC par mois. Le projet, porté par SAS CAPARO, est présenté à ce stade comme autofinancé.
L’équation n’est pas tout à fait anodine dans un secteur où cohabitent groupes importants, indépendants, auteurs, libraires, traducteurs, correcteurs et très petites structures. « Si LivreConnect veut réellement créer des passerelles, l’accès à la communauté ne peut pas être réservé à ceux qui disposent des budgets les plus importants. »
Pour autant, Caplier refuse de faire de la gratuité un principe absolu. Développement technique, contenus, formations, nouveaux services et évolution de Volt’R ont un coût. « Chaque service payant doit apporter une valeur suffisamment concrète pour que le professionnel comprenne ce qu’il finance. »
Le fondateur préfère ainsi une croissance plus lente à un modèle gratuit dont le financement resterait à inventer. Et renvoie LivreConnect à son véritable juge de paix : non pas le volume d’inscriptions le jour de l’ouverture, mais la capacité, dans quelques mois, à faire revenir des métiers qui avaient déjà leurs réseaux ailleurs.
Crédits photo : LivreConnect
Par Nicolas Gary
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26/09/2026, 08:00
Thomas Perroud, normalien, est animateur de l’émission Anachroniques consacrée notamment aux premiers romans sur Fréquence protestante. Il revient sur les soupçons d’usage de l’intelligence artificielle au sujet du premier roman de Thélyson Orélien, C’était ça ou mourir (Grasset).
24/09/2026, 16:32
Après des décennies de mobilisations, de recherches et de récits, les violences sexistes et sexuelles ne sont plus seulement appréhendées comme une succession de drames privés. Elles constituent un objet politique, juridique et culturel. La proposition de « loi intégrale » actuellement examinée à l’Assemblée nationale en offre une nouvelle traduction — et invite à regarder l’histoire des mots qui ont rendu ces faits visibles.
24/09/2026, 16:10
ActuaLitté a retrouvé, dans un article publié en 2023 sur un site alors animé par Thélyson Orélien, une phrase qui ressemble à une consigne de rédaction laissée par erreur. Un indice concret, distinct des détecteurs d’IA, qui vient désormais s’ajouter à une série d’éléments exhumés ces derniers jours par plusieurs médias et internautes autour des textes de l’auteur. Au-delà de son cas, l’affaire touche désormais à quelque chose de plus vertigineux : la possible fin d’un monde où l’on croyait encore savoir, sans trop de doute, ce qu’était un auteur.
24/09/2026, 13:34
Entre correction, réécriture et création, où commence véritablement « l’aide » à un auteur ? Écrivain, poète et correcteur, Adnan Algın plonge dans ses propres archives éditoriales pour interroger les interdictions visant l’intelligence artificielle. De ses interventions sur des romans aux cas célèbres de Raymond Carver ou T. S. Eliot, il questionne une frontière que l’IA n’a peut-être pas inventée, mais sérieusement brouillée.
24/09/2026, 11:53
Cyril Camus publiera Grand-Guignol aux éditions Anacharsis, ce 16 octobre. L'écrivain revendique une passion pour l’horreur née dans les livres, nourrie par le cinéma. De Guillermo del Toro à Stephen King, l’écrivain revient sur les monstres qui ont façonné son imaginaire et défend une conviction paradoxale : l’épouvante peut nous rassurer. Les démons de fiction ont sur les terreurs du réel un avantage décisif : ils n’existent pas. Une invitation à frissonner pour mieux souffler, qu'il partage dans nos colonnes...
23/09/2026, 17:36
La publication annoncée chez Fayard du prochain livre du député LFI Aurélien Taché provoque la colère de Jean-Yves Mollier. Dans cette tribune, l’historien dénonce ce qu’il considère comme une contradiction avec le soutien affiché par La France insoumise aux auteurs mobilisés autour des États Généreux, après les bouleversements intervenus chez Fayard et Grasset.
21/09/2026, 16:19
De George Orwell à André Malraux, en passant par Aldous Huxley, Ray Bradbury, Friedrich Nietzsche et Franz Kafka, Bertrand Jouvenot propose de déplacer notre regard sur les « livres prophétiques ». Dans cette tribune, il distingue les œuvres qui ont anticipé les formes visibles de notre monde de celles qui auraient saisi des mutations plus profondes : crise du sens, autonomie des systèmes, transformation de notre rapport au temps et à nous-mêmes.
21/09/2026, 12:32
ActuaLitté ouvre ses colonnes à la Fondation Jean-Jaurès, qui revient sur le rapport « La République des lecteurs – Pour en finir avec la mort du livre », signé par Arthur De Grave et Diana Filippova. Face au recul de la place de l’écrit et aux mutations des pratiques culturelles, le texte présente dix propositions pour replacer la lecture et l’écriture au cœur des politiques publiques.
21/09/2026, 11:42
Une phrase de Louisa Yousfi, extraite d’un entretien publié début septembre, a déclenché une vive polémique et plusieurs annonces de saisines judiciaires. Son éditeur, La fabrique, prend aujourd’hui sa défense dans une tribune adressée à ActuaLitté. Avant de la publier intégralement, nous revenons sur l’origine des propos, leur contexte, les critiques qu’ils ont suscitées, les soutiens exprimés et le sens du concept d’« humanité générique » invoqué dans le débat.
19/09/2026, 10:30
Le 21 septembre, l’ONU célèbre la Journée internationale de la paix. Mauvaise nouvelle pour la littérature : si ses personnages pratiquaient le dialogue, la médiation et le simple fait d’attendre la fin d’une phrase, des rayonnages entiers perdraient quelques centaines de pages. Cinq romans en apportent la preuve : ici, le non-dit, l’accusation mal étayée ou le bébé mal identifié suffisent à mettre le feu aux poudres.
19/09/2026, 10:00
On connaissait la pièce de Luigi Pirandello : Six personnages en quête d'auteur. Alors, il fallait bien que cela arrive. Après les cadres en reconversion, les salariés victimes d’un plan social et les quinquagénaires priés de devenir « entrepreneurs d’eux-mêmes », France Travail accueille une nouvelle catégorie de demandeurs : les personnages secondaires. Mobilité inter-romanesque exigée.
19/09/2026, 07:30
Il est grand temps de changer la terminologie depuis bien trop longtemps en vigueur dans l’industrie de l’édition : non plus chaîne du livre, car d’un maillon à l’autre, on finit par ignorer ce qui se passe plus loin, mais écosystème. Et quitte à renverser la table (et pas que celle des nouveautés), troquons “indépendant” pour “interdépendant”. Une notion bien plus proche de la réalité économique…
16/09/2026, 17:03
Pourquoi devient-il parfois si difficile de savoir ce que l’on pense vraiment, ce que l’on ressent ou même ce que l’on veut ? Sollicitations permanentes, rythme soutenu et bruit mental finissent par couvrir cette perception plus discrète que l’on appelle intuition. Fondatrice du centre d’enseignement Infinite Spirit, formatrice et thérapeute, Johanna Hani propose de retrouver un peu de silence, de revenir aux sensations du corps et d’apprendre à distinguer l’intuition de l’anxiété ou de la peur.
14/09/2026, 14:58
À mesure que l’intelligence artificielle s’immisce dans les pratiques d’écriture, une question revient avec insistance : que reste-t-il de l’auteur lorsque la machine intervient dans le texte ? Nicolas, créateur d’Atypikal Life, propose de déplacer le débat. Plutôt que d’opposer frontalement écriture humaine et IA, il interroge la transparence, la responsabilité et ce que l’auteur choisit — ou refuse — de déléguer.
14/09/2026, 07:00
Ben Templesmith se reconnait en humant les planches, les yeux fermés : des histoires où le papier sent l'humidité, la lumière malade et les personnages contaminés par quelque chose qui les dépasse. En 20 ans, de Hellspawn, 30 Days of Night à Wormwood, l'Australien a construit un dessin qui s'est métamorphosé sans s'assagir : juste plus précis dans l'angoisse. Il suffit de regarder ses noirs.
13/09/2026, 07:00
Dans les romans, le Code du travail semble avoir été imprimé en caractères minuscules, puis abandonné quelque part entre la page de copyright et la table des matières. Enquête à l’autre bout du monde, magie non déclarée, poisons au Vatican, cadavres à restaurer : six personnages passent aujourd’hui leur visite médicale. Certains auraient dû venir plus tôt.
12/09/2026, 06:00
Le 11 septembre 2026, New York commémore les 2977 morts des attentats d’al-Qaïda tandis que la ville ouvre plus de 170.000 pages d’archives sur leurs conséquences sanitaires. Un quart de siècle après, l’événement déborde encore Ground Zero : guerres, soupçon et Guantánamo ont prolongé son histoire. Huit livres rendent à ce récit ce que les doctrines effacent : des enfants, des corps, des familles et des voix.
11/09/2026, 13:08
5 Commentaires
serge
16/09/2026 à 19:02
Je suis assez déçu, il serait peut-être temps d'arrêter de soutenir ces pseudo-professionnels du livre qui demandent à ChatGPT de faire un site avec pour seul objectif de faire de l'argent sur le dos d'artisans du livre qui peinent à remplir leur frigo à chaque fin de mois.
Comme Panodyssey, il y a quelques mois, ActuaLitté devient au fur et à mesure Partenaire de ces personnes malveillantes et prenant la place de passionnés qui ont réellement le goût du livre.
Les articles sont toujours bien écrit et agréable à lire, mais les titres et sujets putaclic commencent à arriver sur ActuaLitté et ce serait dommage que ce site soit rabaissé à cela.
Nicolas Gary - ActuaLitté
17/09/2026 à 10:11
Merci pour votre fidélité à ActuaLitté — et pour le compliment sur nos articles. Pour le reste, permettez-nous tout de même de rectifier quelques points.
Interroger un entrepreneur ne signifie ni le soutenir, ni devenir son « partenaire ». C’est précisément le rôle d’un média que de présenter une initiative, puis de poser à ceux qui la portent les questions que son modèle soulève.
Et, en l’occurrence, avez-vous lu l’interview ? Nous demandons très directement à Jean-Charles Caplier ce que LivreConnect apporte dans un secteur qui ne manque déjà pas de réseaux professionnels. Nous l’interrogeons sur le risque de devenir « un LinkedIn du livre » supplémentaire, sur l’usage de modèles GPT, sur la place laissée à l’intelligence artificielle et sur un modèle économique qui demande 9,90 € par mois à des professionnels dont nous connaissons parfaitement la fragilité économique.
Difficile d’y voir un soutien inconditionnel.
En revanche, affirmer que des personnes sont « malveillantes », qu’elles auraient demandé « à ChatGPT de faire un site » ou que leur « seul objectif » serait de gagner de l’argent « sur le dos » des professionnels du livre suppose des éléments factuels. Si vous en disposez, transmettez-les-nous : nous les examinerons volontiers. Sans cela, il s’agit d’un procès d’intention, pas d’une analyse pertinente.
Quant au titre, il reprend littéralement l’un des principaux points de vigilance reconnu par le fondateur lui-même : « Le risque de devenir “un LinkedIn du livre” existe évidemment. » On peut difficilement faire passer pour du « putaclic » une citation qui résume précisément l’un des enjeux centraux de l’entretien.
ActuaLitté continuera donc à parler des initiatives qui traversent le monde du livre, qu’elles plaisent ou non, et surtout à interroger ceux qui les portent. Ce n’est pas leur faire de la publicité : c’est faire notre travail.
serge
17/09/2026 à 10:24
Étant concepteur de sites internet, je n'ai aucun mal à détecter les sites internet utilisant l'IA et celui-ci l'utilise en majeure partie.
Concernant le "partenariat" en s'inscrivant sur le site, nous pouvons remarquer une image (créée par l'IA, bien évidemment) publiée par son Fondateur mettant en avant un Partenariat avec ActuaLitté.
Peut-être n'étiez-vous pas au courant ? Si c'est le cas, cela révèle d'une malhonnêteté significative de la part du Fondateur.
Je n'irai pas plus loin sur cet article afin de ne pas donner l'impression d'une généralité car la majeure partie d'entre-eux restent de qualité.
Nicolas Gary - ActuaLitté
17/09/2026 à 10:54
Vous avez raison sur un point : une collaboration entre LivreConnect et ActuaLitté est bien prévue.
En revanche, avant d’en tirer des conclusions sur sa nature, son objet ou ce qu’elle impliquerait pour ActuaLitté, encore faut-il attendre qu’elle soit effectivement présentée. À ce stade, juger cette collaboration à partir d’un visuel publié sur la plateforme revient nécessairement à lui prêter un contenu qu’elle n’a pas encore publiquement exposé.
Cette collaboration ne change d’ailleurs rien à notre traitement éditorial de LivreConnect. L’interview dont nous parlons ici en est plutôt une bonne illustration : les questions posées portent précisément sur le modèle économique, le recours à l’intelligence artificielle, la pertinence d’un nouveau réseau professionnel et le risque de devenir un « LinkedIn du livre ».
Quant au fait que le site ait été conçu, en tout ou partie, avec des outils d’intelligence artificielle, c’est un élément qui peut naturellement être discuté. Mais il ne permet pas, à lui seul, de conclure aux intentions de ses fondateurs ni de préjuger de la nature de notre collaboration avec eux.
Attendez donc que celle-ci soit présentée avant de la juger : il sera alors tout à fait légitime de la commenter, favorablement ou non, sur la base de ce qu’elle est réellement.
LivreConnect
20/09/2026 à 22:49
Bonjour Serge,
Puisque vos commentaires nous mettent directement en cause, nous nous permettons de vous répondre une fois, simplement et factuellement.
Vous avez parfaitement le droit d'être sceptique sur LivreConnect, sur son modèle économique, sur l'utilisation de l'intelligence artificielle ou même sur son utilité. Ces questions sont légitimes et, comme le montre cette interview, nous ne cherchons pas à les éluder.
En revanche, qualifier ceux qui portent ce projet de « pseudo-professionnels », leur prêter comme « seul objectif » de gagner de l'argent sur le dos des professionnels du livre ou évoquer une quelconque « malhonnêteté » relève davantage du procès d'intention que de la critique du projet.
Je travaille dans la filière du livre depuis une trentaine d'années. Je connais ses métiers, ses contraintes économiques et la fragilité de nombre de ses acteurs. C'est précisément l'une des raisons pour lesquelles LivreConnect repose sur un modèle freemium : l'accès à la communauté et une première partie des services sont gratuits. Les services payants doivent, eux, démontrer suffisamment de valeur pour justifier leur prix.
Concernant l'intelligence artificielle, nous ne la dissimulons pas. Elle fait partie du projet et cette interview lui consacre d'ailleurs une large place. Nous faisons le choix de l'utiliser comme un outil au service des professionnels, pas comme un substitut à leurs compétences.
Enfin, LivreConnect vient d'ouvrir. Nous ne vous demandons donc pas de croire aujourd'hui à sa réussite. Nous vous proposons quelque chose de beaucoup plus simple : laissons les professionnels du livre utiliser, ou pas, la plateforme.
Dans quelques mois, nous pourrons regarder les usages, la diversité des métiers présents, les échanges créés, les services réellement utilisés et la capacité des membres à y trouver de la valeur.
Nous aurons alors des faits pour en discuter. Et si LivreConnect ne répond pas aux besoins auxquels il prétend répondre, ces faits le montreront aussi.