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Les Ensablés - Les hauts quartiers de Paul Gadenne : les tempêtes de sable s’abattent-elles toujours au hasard ?

 « Alors deux hommes seront aux champs : l’un sera pris, l’autre laissé. Deux femmes moudront au moulin : l’une sera prise, l’autre laissée. » (1) La parabole de saint Matthieu a parfois l’air de s’appliquer, avec son arbitraire sans « pourquoi », aux verdicts de l’Histoire littéraire, surtout quand elle laisse dans les limbes le roman posthume Les Hauts-Quartiers de Paul Gadenne (1907-1956), paru en 1973 dans la collection « Cadre rouge » des Éditions du Seuil et réédité chez Points en 2013. Par Hortense Miginiac *

Le 27/09/2026 à 13:39 par Les ensablés

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27/09/2026 à 13:39

Les ensablés

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Limbes toutes relatives, puisque la parution de ses Carnets aux éditions des Instants remet en lumière cet « ensablé », déjà évoqué (ici) par Isabelle Luciat. Le roman qui nous occupe aujourd’hui avait été acclamé lors de sa publication comme une œuvre originale et fastueuse, « à la signification spirituelle la plus profonde » (Gaétan Picon), mais aussi critiqué, pour sa construction désordonnée et fastidieuse, « pas assez purement romanesque » (André Le Vot). 

Exposé des faits. Dans Les Hauts-Quartiers, Didier Aubert, tuberculeux, professeur et philosophe (mal) installé à Irube, petite ville bourgeoise du sud-ouest de la France, travaille à l'œuvre de sa vie, une thèse sur l’esprit de pauvreté. Son existence est de plus en plus précaire à mesure qu’il s’affaiblit et se radicalise dans sa contestation de la bourgeoisie. De logement insalubre en taudis misérable, l’impossibilité à habiter nulle part devient la métaphore de son agonie. 

Parfois, rendre justice à un écrivain, ce n’est pas nécessairement dire qu’il a été un auteur majeur oublié mais reconnaître qu’il a raté et l’accepter tel qu’il est, sans renier une expérience intime de l’échec sur laquelle se fonde la sincérité d’un geste créateur. Or, en dépit des publicités mensongères, Les Hauts-Quartiers est à la peine tout au long de ses 787 pages. 

Les Hauts-quartiers, l’écriture d’un échec, l’échec d’une écriture ? 

Dès le début du roman surgit un prometteur personnage en la précoce Rosa Pardoux, 13 ans (ce qui est bien assez si l’on songe que la Juliette de Roméo en avait 13 et que la Lolita de Nabokov en avait 12), aussi jolie que provocante, aussi téméraire que paresseuse, Lolita de pacotille qui parvient à l’existence par de troublantes descriptions, de suggestifs portraits et quelques péripéties bien campées, autant d’amuse-gueule avant l’intrigue. On attend. Rosa Pardoux se tient là, le lecteur la voit bronzer, les jambes à l’air dans le jardin sous la fenêtre, bouquinant ses petits romans d’amour. Soudain elle disparaît. Voilà notre petite nymphette sournoise, toute désireuse qu’elle était de jouer son rôle dans l’histoire, laissée en plan par un Docteur Frankenstein fuyant d’un coup sa créature qui prend vie. Trouvaille romanesque en pure perte. Rosa Pardoux déménage dans le Béarn. Nous sommes page 63 et on n’en parlera plus. Liberté du romancier ? Non, plutôt un ghosting narratif — tout aussi coupable que l’amoureux. 

D’autres épisodes s’épanouissent brièvement et témoignent des aptitudes romanesques de Gadenne, mais là encore, ils s’arrêtent vite et s’insèrent mal dans l’économie d’ensemble. Bien souvent, la narration sert seulement d’apologue et la morale est trop soulignée. Ailleurs, quand la fonction instrumentale des scènes et des personnages ne transforme pas le récit en album de philosophie illustré, c’est l’invraisemblance de certains protagonistes qui alourdit le rythme et enraye tout le roman. 

En réalité, Paul Gadenne semble oublier qu’il écrit un roman. Il se défausse, recherchant une narration sans intention d’auteur pour montrer, peut-être, le silence de la Providence ou l’inanité de l’action ; ce faisant, il oublie le drame des écrivains :  ils ne peuvent que mimer l’arbitraire de la vie, par des moyens métaphoriques. Tout ce qui arrive dans un roman est toujours voulu par son auteur. Ils ne peuvent être absurdes. 

Convergence des luttes, ou, Gadenne non plus n’a pas de « chambre à soi »

Ce semi-échec romanesque des Hauts Quartiers s’explique aussi par la trop grande proximité de l’auteur et de son personnage (déjà dans les années cinquante, l’autofiction faisait des ravages). 

Paul Gadenne, comme Didier Aubert, est un homme de lettres qui se vit comme « empêché » (« Comment aurait-il pu songer à exposer des idées alors qu’il était exposé lui-même tous les jours ? »), brimé, exclu de la société des hommes et arraché malgré lui à sa vocation littéraire. Didier dénonce les brimades que subissent les misérables mais l’injustice qu’il subit est plus grande encore le concernant car, lui, est un homme d’une valeur supérieure : « Ces êtres autour de lui, qui ne cessaient de l’écraser, ne pouvaient rien faire de leur vie ; lui, il pouvait. » S’il poursuivait jusqu’au bout sa réflexion, ce Didier-Raskolnikov nous offrirait un genre de Dostoïevski français, mais il s’arrête là. Il ne tue pas la vieille. Il geint. 

Faux socialiste, Gadenne se voudrait, comme Proust, riche et débarrassé des préoccupations matérielles (ce qui le mettrait bien en peine d’écrire, puisqu’il les prend pour sujet.) Il ne s’agit pas de lui reprocher d’être un traître à la cause, mais de lui appliquer, peut-être, ce qu’observait Virginia Woolf à propos des femmes dans Une chambre à soi, dont le chapitre 4 s’occupe de l’esprit de ressentiment qui habite celles qui, à force d’un désir d’écrire contrecarré, sont condamnées à voir leur talent « envahi des mauvaises herbes et cerné de ronces », « comme si un concombre géant s'était déployé sur toutes les roses et tous les œillets du jardin et les avait étouffés ». Quand on pense à la passion pour les jardins de Didier Aubert, la métaphore de Woolf semble coupée sur-mesure. La pauvreté, la maladie, l’impossibilité d’être rentier — dont on admettra qu’elle puisse sembler révoltante à défaut d’être tout à fait légitime — font à Didier Aubert le même effet que la condition féminine aux femmes (convergences des luttes ?).

Mais si Les Hauts-Quartiers n’est pas un roman socialiste, ni un roman engagé, ni un roman romanesque, il réussit par là où il rate : de femme en femme, de logement en logement, il se lit comme une sorte de roman chrétien hérétique.  

De femme en femme, de place en place : la passion à rebours de Paul Gadenne

Elles sont beaucoup : Rosa, Betty, Paula, Fernande Chotard [nom emblématique, pour cette sensuelle refoulée], Lucile d’Hems, Flopie, enfin. La litanie des femmes n’a d’égale que celle des logements (2), et les deux tracent une irrémédiable descente aux enfers. Didier se plaint d’ailleurs autant des femmes que des logements : « Elles n’étaient que grossièreté, humeur et matière, le creuset machinal du monde, le laboratoire crépitant et visqueux où la vie organise ses orgies, dans un effort stupide pour se perpétuer, pour faire éclater le scandale de l’absence monstrueuse de Dieu (3). » (Morceau de bravoure misogyne qui montre que Gadenne a lu son Schopenhauer avec profit.) Mais c’est par le chemin de croix dont chaque femme indique une station que s’accomplit le destin de Didier, qui refuse ainsi la proposition de la belle et riche Paula de l’épouser, parce qu’il ne veut pas se ranger du « côté des vainqueurs. » 

Pis : il s’abaisse, à la fin du roman, jusqu’à épouser Flopie, orpheline et bonne à tout faire d’une famille de forains, tombée enceinte après avoir été violée. Didier avait pressenti que Flopie serait le point d’arrivée de son apprentissage : « Ma conscience peut mourir dans le sein profané de cette fille. Ainsi s’établira la gloire de Dieu. Judas est nécessaire au monde. Mais est nécessaire aussi, beaucoup moins que Judas, quelque chose comme le valet de Judas (4). » 

En quelque sorte, Didier réalise la vocation de certains sages qui, dans l’Islam, se profanent eux-mêmes pour s’affranchir de tout ego. Il lui-même cite « ces sages de l’Inde qu’on appelle les Malâmatiyya (5) », ceux qui, au lieu de rechercher l’éloge en faisant le bien comme les autres hommes, recherchent le blâme par une débauche voulue. Il médite aussi les exemples de certains mystiques qui, « incapables de refléter dans leurs actes la réalité divine dont ils sont intérieurement possédés, [...] commettent dans la vie quotidienne mille extravagances (6). »

Ainsi dans ce roman sublime et raté, sublime parce que raté, peut-être à dessein, se lit une tentative désespérée pour s’avilir dans l’espoir de se sanctifier. Assumons le parti-pris : Gadenne ne prend pas. Mais n’en va-t-il pas des bons romans comme des jolies femmes ?  Laissons-les donc aux hommes sans imagination. 

Hortense Miginiac, septembre 2026

(1)  Matthieu 24, 40-41

(2) Le champ des Beauchamp, la chambre des Popard, la propriété d’Arditeya, Stellamare chez Madame Chotard, Arditeya deuxième version, en cohabitation avec une famille de forains, les Maillechort, la soupente sinistre de la rue Maubec

(3)  p. 683

(4) p. 433

(5) En réalité la Malâmatiyya est la voie suivie par les “hommes du blâme”, ou malâmatis, que l’on appelle aussi les Qalandars

(6) P. 509. Sur ce point on pourra aussi penser au Zut zut zut zut du jeune narrateur de Du côté de chez Swann, débordé par la richesse de son expérience et incapable de l’exprimer autrement que par une quadruple et dérisoire interjection : « Et voyant sur l'eau et à la face du mur un pâle sourire répondre au sourire du ciel, je m'écriai dans mon enthousiasme en brandissant mon parapluie refermé : ‘Zut, zut, zut, zut.’ Mais en même temps je sentis que mon devoir eût été de ne pas m'en tenir à ces mots opaques et de tâcher de voir plus clair dans mon ravissement.”

* Les Ensablés sont heureux d'accueillir une nouvelle contributrice. Hortense Miginiac est agrégée de lettres modernes. Anciennement enseignante en lycée, elle travaille désormais dans un think tank ; elle assure également un cours de lettres-philosophie en CPGE scientifiques. Son premier roman, Les éléments de langage, doit paraître en 2027 aux éditions Métalepse.

 
 
 
 
 
 

Par Les ensablés
Contact : contact@actualitte.com

1 Commentaire

 

Bénard

29/09/2026 à 11:56

Bienvenue. Et longue présence (régulière) chez ActuaLitté.

Les hauts-quartiers

Paul Gadenne

Paru le 12/09/2013

786 pages

Points

14,60 €

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Le propre du « petit maître » est d’être discret. Un temps, il s’impose, il plaît... Puis disparaît, écrasé sous les poids des « grands ». C’est que l’on ne peut pas retenir tout le monde. J’ai mes « petits maîtres » favoris, et l’un d’eux, vous le savez peut-être, car j’en ai déjà parlé, s’appelle Henri Duvernois. Récemment, dans un vide-grenier, perdu dans un amas de livres vendus un euro chacun, je suis tombé sur son roman « La Reine battue » publié sur papier alfa bouffant dans la belle collection de luxe Le livre de demain, où le texte s’orne de gravures. Je l’ai acheté évidemment, sachant à l’avance que je ne serais pas déçu. Par Hervé Bel.

14/09/2025, 10:00

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Les Ensablés - La Pierre angulaire, de Zoé Oldenbourg

Zoé Oldenbourg (1916-2002) fut longtemps associée aux succès d’édition de grandes fresques médiévales. Son premier livre, Argile et Cendres (1946) qui suit les péripéties d’un petit seigneur partant pour les croisades, impressionna tellement par sa précision et son ampleur qu’on y vit un potentiel Goncourt. Le couronnement arrivera finalement en 1953 avec son second roman La Pierre angulaire qui remporte le Prix Femina. Zoé Oldenbourg y expose les tableaux contrastés d’un Moyen-Âge où même les âmes les plus abjectes vivent dans l’espérance du salut éternel. Par Nicolas Acker.

31/08/2025, 09:00

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Les Ensablés - La vierge et le taureau, de Jean Meckert

Les éditions Joëlle Losfeld poursuivent avec bonheur la réédition des romans de Jean Meckert  (1910-1995). Le dernier en date, La vierge et le taureau, occupe une place à part dans l’œuvre de Meckert. D’abord parce qu’il s’agit du dernier publié sous son propre nom. S’il continue à publier par la suite, ce sera désormais sous le pseudonyme de Jean Amila, bien connu des amateurs de romans policiers. Dernier roman de Meckert donc, La vierge et le taureau est aussi entouré d’une légende noire qui fait de ce livre, une sorte d’ouvrage maudit qui a donné libre cours à de nombreuses spéculations. Par Carl Aderhold

17/08/2025, 09:00

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Les Ensablés - Le wagon à vaches (1953), de Georges Hyvernaud

Sa prose noire et acérée rappelle Raymond Guérin. Son ironie pessimiste penche du côté d’Emmanuel Bove. Le phrasé rageur est célinien. Nous sommes en 1953 lorsque Georges Hyvernaud publie son deuxième récit le Wagon à vaches. On y retrouve la veine existentialiste, sans le torse bombé de l’intellectuel engagé. Par Nicolas Acker.

27/07/2025, 09:00

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Les Ensablés - La fin de la IIIe République, de Emmanuel Berl

Paru en 1968 dans la célèbre collection de Gallimard, « Les trente journées qui ont fait la France », La fin de la IIIerépublique est republiée quelques années plus tard dans une autre collection intitulée «Témoins». Ce passage révèle bien à la fois la nature de cet ouvrage mais aussi celle de son auteur, Emmanuel Berl (1892-1976). S’il est aujourd’hui tombé dans l’oubli (tout juste certains se souviennent qu’il fut le mari de la chanteuse Mireille), il a pourtant marqué la vie intellectuelle des années 1930 par ses positions que ses biographes qualifient volontiers d’inclassables. Par Carl Aderhold

06/07/2025, 10:45

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Les Ensablés - Le roi dort, de Charles Braibant

« Nos pays ne sont pas beaux...mais il y a en eux une espèce de grandeur calme et comme un peu dédaigneuse qui est beaucoup plus captivante que la beauté ». Ainsi Charles Braibant (1889-1976), Champenois de lignée et de coeur, décrit-il sa région d’élection dans son roman Le roi dort qui, s’il rata de peu le prix Goncourt, fut couronné du Renaudot en 1933. Par Marie Coat

 

22/06/2025, 09:00

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Les Ensablés - La peau et les os de Georges Hyvernaud

Dans la fosse commune de l’oubli, Georges Hyvernaud n’a non seulement rien fait pour l’éviter - en ne publiant que deux livres de son vivant - mais y a sauté à pieds joints. La Peau et les os (1949), court mais édifiant récit de sa captivité pendant la seconde guerre mondiale, puis Le Wagon à Vaches (1953), roman implacable de l’impossible réadaptation à une vie dite normale, prouvent que l’écrivain avait pris le parti non négociable d’une vérité humaine très difficile à vendre. Par Nicolas ACKER.

08/06/2025, 19:15

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Les Ensablés - Planète sans visa, de Jean Malaquais

Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais  (1908-1998) - quitta la Pologne à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Mobilisé en 1939, il fut fait prisonnier, puis parvint à s'évader. Juif et apatride, il partagea alors l'existence précaire de nombre de personnes réfugiées à Marseille dans l'espoir d'obtenir un visa. Grâce à l'aide de son ami Gide, il obtint ce précieux sésame et gagna les Etats-Unis où il vécut plusieurs années, enseignant la littérature. Malaquais n'a publié que trois romans : « Les Javanais » (prix Renaudot 1939),  « Le Gaffeur » (publié en 1953), tous deux objets de précédents articles et  « Planète sans visa », grand roman de la France sous l'occupation, publié en 1947 et qu'il remania jusqu'à ses derniers jours. Ce roman de plus de 500 pages a été réédité en 1999 après sa mort.

25/05/2025, 09:41

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Les Ensablés - La Saint-Michel et le Pont Euxin d'Anne Lacroix, par François Ouellet

Anne Lacroix (1897-1982) n’aurait publié qu’un seul roman, La Saint-Michel et le Pont-Euxin chez Grasset en janvier 1933. À cette date, elle a déjà commencé un deuxième roman, Rézle (et même annoncé un troisième titre, Les Bergers d’Arcadie), soumis en décembre de la fin de cette même année pour le Prix du roman du Temps ; les quelques voix qu’elle récolte seront insuffisantes pour qu’elle obtienne ce prix qui consiste dans la publication du roman dans les pages du quotidien. Mais, cinq ans plus tard, en mars 1938, Rézle paraîtra en feuilleton dans Le Temps. Il ne semble pas que la carrière d’Anne Lacroix ait connu d’autres développements. Par François Ouellet.

11/05/2025, 09:00

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Les Ensablés - L'Impassible de Frédéric Berthet (1954-2003)

Lorsque la critique d’un livre est aussi intéressante, voire plus, que le livre dont elle parle, lorsqu’on se régale de son style, de son ironie, de sa drôlerie, et si transparaît à travers ses mots l’originalité de l’homme lui-même, alors on peut se dire qu’elle est elle-même œuvre littéraire, et que son auteur est un sacré bonhomme. Voilà la réflexion que je me suis faite après la lecture de ce recueil d’articles de Frédéric Berthet, récemment paru chez La Table Ronde sous le titre L’Impassible. Par Hervé BEL

27/04/2025, 09:00

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Ce que ma mère a laissé derrière elle : les secrets d’une mère révélés après sa mort

Après la mort de sa mère, Jade découvre une vieille photographie représentant une jeune femme souriante aux côtés d’un homme inconnu. À partir de ce cliché, elle se lance sur les traces d’un passé familial qu’elle pensait connaître, entre secrets enfouis et histoire contemporaine de la Corée. Traduit du coréen par Yeong-Hee Lim.

10/10/2026, 07:30

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Imago je suis : une voix poétique face aux désillusions du monde

Dans Imago je suis, Dan Yodwira donne voix à une narratrice confrontée à la perte de ses illusions et à ses propres contradictions. Entre colère et espoir, elle cherche un chemin vers la liberté et une possible renaissance.

10/10/2026, 06:30

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Timika

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Juno et Legs

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Sarah Knafo reste en tête des ventes, Thélyson Orélien grimpe malgré la polémique

Pour la cinquième semaine consécutive, Sarah Knafo conserve la première place des meilleures ventes de livres en France. Du 28 septembre au 4 octobre 2026, Le Casse du siècle (Fayard) enregistre 37.294 ventes supplémentaires. Derrière l'eurodéputée, One Piece reste deuxième, tandis que Thélyson Orélien monte sur le podium.

09/10/2026, 12:22

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Grop d'Erik Svetoft : bizarre, vous avez dit bizarre

Certains auteurs ne se contentent pas d'inventer des histoires ou de rendre compte de l'état du monde : ils utilisent la puissance de la bande dessinée pour donner naissance à un univers qui n'existe nulle part ailleurs, forgé dans un alliage unique de dessins, de situations, de personnages, de de tempo et de dialogues. De livre en livre, les lecteurs explorent cet espace hors du temps et de la géographie qui leur semble de plus en plus familier. Erik Svetoft est sans nul doute un de ces artistes puissants, dont l’œuvre, de titre en titre, forge un univers qui ne ressemble à aucun autre et certainement pas au nôtre.

09/10/2026, 11:50

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Le Chœur ukrainien : quand l’exil trouve une voix commune

Avant de trouver sa place dans le chœur, Coralie Grimand cherche où poser sa voix. Française, amoureuse depuis l’adolescence de la littérature russe, elle rejoint une chorale ukrainienne au début de l’invasion. La guerre ne lui retire ni Pouchkine ni Dostoïevski ; elle rend cet amour inconfortable.

09/10/2026, 10:30

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Vital : une psy face au deuil d’un patient

Dans une mansarde du 11e arrondissement de Paris, une psychologue reçoit des patients aux parcours singuliers. Jusqu’au jour où la mort de l’un d’eux, tué le 13 novembre 2015, bouleverse son rapport à son métier et la conduit à franchir certaines limites.

 

09/10/2026, 07:30

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À la grâce des fous : un meurtre au cœur des fantômes de la Gaspésie

À L’Anse-à-Beaufils, près de Percé, un homme est retrouvé mort en pleine saison touristique. Son passé sulfureux lui avait valu de nombreux ennemis. Tandis que l’enquête commence, les souvenirs des villages disparus de Gaspésie refont surface.

 

09/10/2026, 06:15

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L'Affaire au carré : Un producteur assassiné, sa fille retrouvée morte

Quatre balles dans la nuque, disposées en carré. Le 6 mai 1995, Joseph Vitali, grand producteur de cinéma et personnage trouble, est exécuté dans un parking. Personne n'est arrêté. Trente ans plus tard, jour pour jour, sa fille Ana disparaît. On retrouve son corps au fond d'un puits, dans la forêt de Meudon. Les Vitali ne croient pas aux coïncidences. Estelle Voldor non plus. À la tête de True Crime, magazine spécialisé dans les affaires non résolues, elle flaire le sujet qui fera trembler la rédaction : « Rien que l’histoire de cette famille, j’achète ! » Reste à convaincre Jed Jarzinski de s'en charger. Mauvaise humeur comprise.

08/10/2026, 19:02

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Keith Jarrett au Japon : sur les traces des Sun Bear Concerts

Un Shinkansen file vers Tokyo. Dans le casque de Philippe Séclier, Keith Jarrett improvise. Quelques mois plus tard, un coffret couleur sable acheté au Japon devient le point de départ d’une enquête : les Sun Bear Concerts, huit récitals donnés en novembre 1976, dont cinq furent réunis sur dix vinyles. 

08/10/2026, 17:13

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Autant que l’amour : sept autrices mettent l’amitié à l’épreuve

L’amitié a longtemps occupé, dans les récits, la place de la relation qui va de soi : solide, secondaire, moins spectaculaire que l’amour. Autant que l’amour refuse précisément ce confort. Sous la direction de Charlotte Pudlowski, six textes de non-fiction signés par sept autrices regardent ce lien là où il protège, déçoit, domine, libère ou recommence. 

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L’oiseau qui boit des larmes T2 : une fantasy coréenne entre meurtre et lutte de pouvoir

Dans un monde partagé entre quatre peuples, la mort d’un jeune Naga lors d’un rituel va bouleverser un fragile équilibre. Accusé à tort, Ryun Pei fuit vers le nord, où il doit rejoindre une escorte composée de représentants de chacun des peuples. Traduit du coréen par Kette Amoruso.

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Quand le mari est auteur de polars, le crime parfait devient une possibilité

Une joggeuse disparaît sans laisser de trace. Son mari, écrivain de romans policiers, devient le principal suspect. Cinq ans plus tard, la découverte d’ossements humains relance une affaire que certains auraient préféré voir enterrée. Avec The Crime Writer, Diane Jeffrey mêle enquête, secrets de famille et fascination pour le crime parfait.

08/10/2026, 06:00

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Un polar survolté où son héroïne Abigail Boone fait une entrée fracassante, au propre comme au figuré

Premier roman du britannique Dominic Nolan : On a parlé de Dominic Nolan l'an passé avec un sacré roman, White City, un polar inscrit dans sa fresque socio-historique sur le Londres des années passées, qui lui a valu notoriété et succès depuis Vine Street. Le revoici dans un registre plus classique, avec J'étais Abigail Boone qui fut son premier roman publié en 2019 en VO. Un second épisode mettant en scène l’héroïne amnésique Abigail Boone (After Dark - 2020 en VO) n'a pas encore été traduit en français.

07/10/2026, 17:38

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Le Boléro de nos vies : ce que nous héritons des générations précédentes

Les Uns et les Autres raconte en effet beaucoup de choses. Des histoires d’amour. Des séparations. Des ambitions. Des rencontres. Des enfants. Des morts. Mais le film raconte surtout que nous vivons des vies personnelles à l’intérieur d’une Histoire qui, elle, ne nous demande jamais notre avis. Propos recueillis par Jean-Charles Bettan, psychanalyste à Cannes.

 

07/10/2026, 16:35

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Bernard-Henri Lévy : on ne se souvient jamais deux fois de la même façon

Dès le préambule, la subjectivité du philosophe est impossible à séparer de ce qu’il raconte. Mais comment écrire ses mémoires partagés avec ce que l’on a vu, ceux que l’on a rencontrés, les causes que l’on a défendues ou abandonnées, les conflits que l’on a traversés ou atténués, et surtout les noms qui nous ont influencés ? Tout cela compose peu à peu le tableau d’une époque qui n’existe plus tout à fait, mais aussi l’image d’un homme dont l’identité elle-même est déjà un récit.

07/10/2026, 12:19

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Tiphaine Raffier : mourir sous le regard des autres

Un micro derrière un Vermeer. Une chaise médicalisée qui résiste au montage. Un chronomètre autour du cou. Une cassette qu’on ne sait plus faire jouer. Et, au milieu, Laure, revenue dans la maison familiale de Morsan pour y vivre ses derniers jours. Tiphaine Raffier installe L’Hors-Présence ou Chimères du pays de Morsan avec une précision clinique, puis laisse tout se dérégler. 

 

07/10/2026, 10:00

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Esquisse d’une serial killer : derrière la Diabolique, une enquête dérangeante

Le titre désigne déjà un piège. Esquisse d’une serial killer (trad. Pierre-Mong Lim) promet le monstre, la mécanique du crime, peut-être le frisson confortable du true crime. Hu Mu-ching fait exactement l’inverse. Elle revient vers Lin Yu-ju, condamnée à mort à Taïwan pour trois meurtres et très vite figée par les médias sous un surnom : la Diabolique. Ébauche prévue le 15 octobre.

06/10/2026, 17:59

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Le souci de vivre : parler de la mort pour donner du sens à l’absurde

Il y a des livres qu’on offre sans raison particulières, juste pour faire plaisir, petit format, une centaine de pages, un prix raisonnable, un livre qui pique notre curiosité ; vous connaissez toutes et tous ce genre de livre qu’on lit en une après-midi et qui laisse une empreinte importante par la suite. Le souci de vivre d’Olivier Carré fait partie de ces livres qui reste longtemps en mémoire tant il parle d’un sujet auquel nous tous aurons à faire face un jour ou l’autre : la mort. 

06/10/2026, 17:57

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Lola Lafon enferme quatre amis dans un aéroport sous tension

Une valise, un mot, une fracture politique : voici la nouvelle pièce de Lola Lafon. Une valise dépasse de quelques centimètres et, avec elle, tout déborde. Dans une salle d’embarquement, quatre amis d’une quarantaine d’années devraient partir en vacances. Décollage (ou pas), le 15 octobre.

06/10/2026, 17:20

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Sur la route du retour de Franck Maubert : révéler la nudité désolée

Il y a un principe dans la vie sur lequel il est difficile d’y revenir : on ne peut pas donner l’amour que l'on n’a pas reçu. Pour Franck Maubert, l’amour non reçu vient de cette mère distante, froide, qui le place durant sa petite enfance chez un couple vivant dans une ferme, puis viendra le reprendre pour le laisser à ses parents, couple âgé qui se désintéresse de lui avant de le conduire contrainte chez elle. De cette enfance heureuse en campagne, l’auteur découvrira la joie du silence et une quête mystique dans les églises.

06/10/2026, 15:12

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Le Parfum des feuilles de thé : quitter Tokyo pour recommencer

Tokyo s’éloigne, la route monte, le béton cède aux pentes de Shizuoka. Mayumi et Akane ont trente-cinq ans, sont amoureuses et décident de reprendre la plantation de thé du grand-père d’Akane, affaibli par un AVC. Sur le papier, tout ressemble au fantasme contemporain du grand départ : quitter la ville, retrouver la terre, repartir de zéro. Infusion dès le 15 octobre.

06/10/2026, 14:06

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Voyage avec un âne : ce que Modestine change au récit de Stevenson

Il part à pied pour se remettre d’un chagrin, s’équipe beaucoup trop, achète une ânesse pour porter le tout et découvre presque aussitôt qu’elle n’a aucun goût pour les itinéraires bien tracés. Voyage avec un âne dans les Cévennes tient depuis 1879 sur ce délicieux désaccord entre un homme qui veut avancer et Modestine, qui préfère brouter. Parution le 15 octobre

06/10/2026, 13:32

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Toute la famille a eu de la chance : Auschwitz au bout du couloir

Philippe Schwartz commence par se méfier de sa propre mémoire. C’est une excellente manière d’entrer dans Toute la famille a eu de la chance. « Aujourd’hui, j’ai conscience d’enjoliver. J’en fais une légende. » Le narrateur ne promet donc ni archive pure ni reconstitution infaillible. Sortie le 15 octobre.

06/10/2026, 12:55

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Mom Alone : la maternité solo, sans filtre et sans mode d’emploi

Il y a les livres sur la parentalité, avec leurs principes, leurs méthodes, leurs lendemains mieux organisés. Et puis il y a 17 h 30. Le travail n’est pas fini, les enfants reviennent dans le cadre, le dîner se rapproche et quelqu’un pense soudain : « Purée... Il est déjà 17h30 ! » Quelques cases plus loin tombe le verdict : « J’ai rien foutu. » Mom Alone habite exactement cet espace-là : celui où les bonnes intentions se froissent au contact du réel.

05/10/2026, 17:30

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Peut-on vendre un rein ? Cinq livres pour interroger nos certitudes

Cette semaine, la Booksletter explore cinq livres qui déplacent le regard sur l’histoire, la morale et nos sociétés : l’économie quotidienne de la Rome antique, les grandes expéditions britanniques en Antarctique, l’humour noir face à la mort, les marchés jugés moralement « répugnants » et le poids de l’époque dans les trajectoires criminelles. Cinq lectures pour éclairer autrement des questions anciennes et très contemporaines, sans simplifier.

03/10/2026, 11:13

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La fille aux huit vagins, et autres histoires postporno

Dans ce recueil de cinq nouvelles toutes plus originales les unes que les autres, Agnieszka Szpila, autrice du très remarqué Hexes, également traduit et publié par Notabilia, imagine de nouvelles manières de désirer pour repenser notre rapport au monde, à l’altérité et à la littérature, qu’elle soit lue ou écrite. Par Emma Tholozan.

03/10/2026, 09:00

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Phébus ressort La boîte en os, un roman gothique aussi fascinant que dérangeant

À l’occasion de son cinquantenaire, la maison Phébus publie une édition collector d’un de ses romans emblématiques : La boîte en os, d’Antoinette Peské. Un nouvel écrin pour un petit bijou de la littérature du XXe siècle. Par Emma Tholozan.

02/10/2026, 17:37

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Grandir comme la nuit

02/10/2026, 17:09

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La dislocation

02/10/2026, 13:48

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Soif d’idéal : Rocheteau raconte ce qui reste après les matchs

Dominique Rocheteau avance par souvenirs, visages, sensations et fidélités. Trente récits plutôt qu’une autobiographie chronologique : le dispositif lui va bien et forme cette Soif d’idéal. Il préfère le lien au palmarès, l’émotion au monument. Dès les premières pages, la ligne est donnée : « L’émotion avant tout. » Le ton ne variera guère, direct, pudique, sans désir de régler des comptes. Sortie le 8 octobre. 

02/10/2026, 13:13

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Malgré l’abordage de One Piece, Sarah Knafo règne sur les ventes de livres

Jamais deux sans trois… ou quatre ? Sarah Knafo refuse visiblement de rendre la médaille d’or : Le Casse du siècle (Fayard) reste numéro un avec 42.023 ventes sur la semaine et 201.985 exemplaires cumulés.

 

02/10/2026, 11:00

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Comment expliquer la liberté aux enfants ?

Être libre, est-ce faire tout ce que l’on veut ? Avec Vive la liberté !, Sybille Hein aborde cette grande question à hauteur d’enfant, en partant de situations concrètes pour aider les plus jeunes à comprendre ce que signifie être libre, mais aussi les limites et les responsabilités qui l’accompagnent. Traduit et adapté de l’allemand par Camille Logoz.

02/10/2026, 07:00