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Ben Templesmith, l'homme qui a appris à l'ombre comment mordre

Ben Templesmith se reconnait en humant les planches, les yeux fermés : des histoires où le papier sent l'humidité, la lumière malade et les personnages contaminés par quelque chose qui les dépasse. En 20 ans, de Hellspawn, 30 Days of Night à Wormwood, l'Australien a construit un dessin qui s'est métamorphosé sans s'assagir : juste plus précis dans l'angoisse. Il suffit de regarder ses noirs.

Le 13/09/2026 à 07:00 par Nicolas Gary

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13/09/2026 à 07:00

Nicolas Gary

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Chez Ben Templesmith, ils ne remplissent presque jamais simplement un fond. Ils montent. Ils mangent les angles d’une pièce, s’accrochent aux visages, transforment un couloir en menace. Même lorsqu’il ne se passe encore rien, quelque chose semble avoir déjà eu lieu. Le monde est devenu légèrement impropre à l’habitation.

Templesmith ne dessine pas tellement l’horreur après son apparition qu’il installe les conditions nécessaires à sa venue. Quelques yeux trop clairs, une silhouette à peine terminée, une bouche dont le sourire dépasse ce que l’anatomie autorise ; le décor flotte quelque part entre le croquis, la photographie abîmée et le souvenir d’un mauvais rêve.

On ne regarde pas véritablement une planche de Ben Templesmith. On y entre et l’on comprend généralement assez vite qu’il aurait mieux valu rester dehors.

Avant la nuit, apprendre à ressembler à quelqu’un d’autre

C’est peut-être le meilleur endroit pour commencer, parce que toute l’histoire de Templesmith tient presque dans ce paradoxe : l’un des dessinateurs les plus immédiatement reconnaissables du comic book contemporain a débuté en essayant volontairement de ne pas l’être.

Au commencement des années 2000, il succède à Ashley Wood sur Hellspawn, déclinaison particulièrement sombre de l’univers de Spawn. Dans un entretien accordé quelques années plus tard, Templesmith racontait avoir intentionnellement rapproché son travail de celui de Wood. Il détestait les changements graphiques brutaux au milieu d’une série : changer de dessinateur, expliquait-il en substance, revenait parfois à changer soudainement de film. Il avait donc choisi d’assurer la continuité.

L’anecdote est magnifique lorsqu’on connaît la suite, comme si tout avait ensuite consisté à découvrir jusqu’où il pouvait s’éloigner de cette continuité.

Ashley Wood restera une influence importante, aux côtés notamment de Ralph Steadman, Ronald Searle, Victor Ambrus ou Dave McKean. Templesmith les a cités à plusieurs reprises, avec une insistance particulière sur le rôle de McKean dans son rapport à l’ordinateur et sur celui d’Ambrus dans son utilisation de la couleur.

Mais les influences, chez lui, vont progressivement cesser d’être des modèles pour devenir un vocabulaire digéré. Le trait se libère. Les accidents restent visibles. La couleur cesse d’accompagner le dessin pour commencer à le contaminer. Puis arrive Barrow, et tout a changé.

Barrow, ou la nuit comme acte de naissance

En 2002, Steve Niles et Ben Templesmith publient chez IDW 30 Days of Night, mini-série en trois épisodes devenue le point de départ d’une longue franchise. Le dispositif demeure d’une efficacité presque insolente : dans la ville de Barrow, en Alaska, la longue nuit hivernale offre à une troupe de vampires le terrain de chasse rêvé. Quelques survivants, autour d’Eben et Stella Olemaun, tentent de résister. IDW continue aujourd’hui encore à présenter ce récit comme le socle de la série qui donnera notamment naissance au film réalisé par David Slade en 2007.

L’idée était déjà excellente, mais le dessin l'a rendue inoubliable. Niles a expliqué qu’au moment d’imaginer l’apparence des vampires, sa description tenait à deux mots : « Land Sharks ». Des requins terrestres. Templesmith s’en empare et élimine presque tout ce qui pouvait subsister de séduction aristocratique dans le vampire classique.

Ses créatures deviennent des animaux sociaux, rapides, affamés, aux dents invraisemblables et aux visages qui semblent dessinés au moment précis où ils cessent d’être humains. Niles considère rétrospectivement que le travail graphique de Templesmith a largement contribué à distinguer le livre. Vingt-quatre ans plus tard, les planches conservent quelque chose de dangereusement instable.

La neige n’y est jamais simplement blanche. Les contours se dissolvent. Les corps paraissent avoir été saisis juste avant que l’image ne réussisse à les fixer. Bleu glacé, rouge sale, halos artificiels, aplats noirs : Barrow n’est pas seulement un décor nocturne. La ville semble avoir été trempée dans la nuit.

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Et surtout, le dessin n’est pas encore entièrement domestiqué, c'est probablement ce qui lui confère cette force. Templesmith expliquera d'ailleurs que son travail de cette époque reposait encore largement sur des crayonnés, alors que ses albums suivants utiliseraient davantage l’encrage. Ce changement, disait-il, résultait autant des contraintes de production que de l’expérience et de l’expérimentation. Autrement dit : 30 Days of Night n’est pas l’aboutissement d’un style. C’est son explosion.

Du papier gris à Photoshop, sans effacer les cicatrices

La méthode Templesmith permet de comprendre pourquoi ses images possèdent cette matérialité étrange. Il travaille traditionnellement sur papier teinté, avec dessin, encre, lavis, peinture et rehauts blancs, puis numérise le résultat. Photoshop intervient ensuite pour la couleur, les textures, certaines photographies ou les effets de composition.

Dans plusieurs entretiens, l’artiste a insisté sur cette distinction : l’ordinateur complète le travail physique, il ne le remplace pas. Il évaluait même sa méthode à environ 80 % de travail manuel pour 20 % de traitement informatique. Voilà pourquoi ses effets numériques vieillissent souvent mieux que ceux de nombre de bandes dessinées contemporaines du début des années 2000. Ils ne cherchent pas à dissimuler le papier, mais ajoutent au contraire une seconde maladie.

Une tache existe avant d’être scannée. Une griffure possède une matière. Une zone blanche a été déposée sur la feuille. Puis l’ordinateur intervient, non pour rendre l’ensemble propre, mais pour superposer d’autres accidents.

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Le résultat demeure reconnaissable entre mille : à la fois cartoon et pictural, spontané et minutieusement construit, sale mais jamais négligé. Et ce qui pouvait sembler, dans 30 Days of Night, relever d’un formidable instinct va bientôt rencontrer quelque chose de plus dangereux encore : la discipline.

Fell, ou comment enfermer le chaos dans neuf cases

En 2005, Warren Ellis et Ben Templesmith lancent Fell chez Image Comics. Richard Fell, inspecteur transféré à Snowtown, découvre une ville en état de décomposition avancée, desservie par un commissariat tellement démuni que ses effectifs semblent appartenir à une mauvaise plaisanterie. Chaque enquête enfonce un peu plus le lecteur dans un quartier où tout le monde cache quelque chose. Image Comics résume encore aujourd’hui la série autour de cette idée simple : à Snowtown, rien ne paraît avoir de sens.

Pour Templesmith, le livre constitue une école. Fell repose essentiellement sur une grille de neuf cases. Ellis a expliqué construire ses scénarios en fonction de ce dispositif extrêmement contraignant ; Templesmith, de son côté, reconnaît que travailler avec cette structure l’a obligé à concentrer davantage son attention sur la narration.

Et c’est là que son dessin devient formidablement intéressant. La grille ne l’assagit pas. Elle l’arme. Puisque la structure de la page reste stable, l’image n’a plus besoin de hurler pour attirer l’attention. Une variation de cadrage suffit. Une tache. Un visage. Une silhouette aperçue derrière une porte.

Dans 30 Days of Night, l’image mordait. Dans Fell, elle regarde avant de mordre. Le chaos acquiert un rythme. Templesmith comprend qu’une atmosphère peut devenir plus oppressante encore lorsqu’on lui impose des murs.

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Écrire soi-même, quitte à apprendre en public

Un an avant Fell, en 2004, Templesmith s’était déjà aventuré seul avec Singularity 7, mini-série de science-fiction postapocalyptique publiée par IDW. Il en assure scénario et dessin. Il ne cherchera jamais à transformer cet essai en chef-d’œuvre rétrospectif.

Interrogé sur ses débuts comme scénariste, il reconnaissait être encore en train d’apprendre à raconter une histoire. Il expliquait également avoir beaucoup appris de Warren Ellis et avoir réinvesti certains de ces acquis lorsqu’il s’est consacré à Wormwood : Gentleman Corpse. Ce constat change la manière de lire son parcours.

Templesmith n’est pas seulement un dessinateur ayant progressivement décidé d’écrire. Il est un raconteur qui a longtemps disposé d’un outil graphique beaucoup plus avancé que son outil scénaristique et qui s’est appliqué à combler la distance entre les deux. Avec Wormwood, cette distance se réduit brutalement. Et l’on découvre autre chose : Templesmith est extrêmement drôle.

Wormwood, ou l’apocalypse après quelques bières

Wormwood: Gentleman Corpse ressemble à ce qui se produirait si toute la cosmologie de Templesmith cessait de faire semblant d’être respectable.

Wormwood est une créature larvaire interdimensionnelle et immortelle qui utilise des cadavres comme enveloppes corporelles. Il boit, fréquente des établissements peu recommandables et se retrouve accompagné d’une galerie de personnages aussi improbables que les catastrophes surnaturelles auxquelles ils doivent faire face. L’éditeur IDW le présente explicitement comme un mélange d’horreur, de science-fiction et d’humour macabre.

Tout ce qui faisait peur chez Templesmith devient soudainement drôle sans cesser d’être monstrueux. Et c’est peut-être ici que son univers gagne véritablement sa profondeur. La noirceur n’est plus une destination. Elle devient une matière suffisamment familière pour qu’on puisse y rire. Les démons peuvent être grotesques. L’apocalypse peut avoir une gueule de bois. Un cadavre peut devenir un costume.

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Templesmith considérait d’ailleurs Wormwood comme son projet le plus personnel, son « plaisir coupable », nourri notamment par son affection pour la science-fiction britannique et Doctor Who.

Le livre révèle surtout quelque chose que la violence spectaculaire de 30 Days of Night pouvait masquer : Templesmith aime profondément les personnages détraqués, fatigués, alcoolisés, inadaptés. Ses monstres sont souvent moins intéressants que ceux qui doivent continuer à vivre à côté d’eux.

Prisons, extraterrestres, policiers et portes de l’enfer

À partir de là, sa bibliographie cesse pratiquement de respecter les frontières de genre. Dans Welcome to Hoxford, qu’il écrit et dessine en 2008, des détenus particulièrement dangereux sont transférés dans une prison privée dont les responsables dissimulent une réalité autrement plus prédatrice. Le loup-garou y rencontre l’univers carcéral dans un récit où les hommes et les monstres deviennent parfois difficiles à hiérarchiser.

La même année, Dead Space, écrit par Antony Johnston, lui permet de pénétrer dans l’univers du jeu vidéo d’Electronic Arts. La mini-série en six épisodes sert de préquelle au premier jeu et raconte les événements précédant la catastrophe de la colonie d’Aegis VII.

En 2009, Groom Lake, scénarisé par Chris Ryall, plonge dans les enlèvements extraterrestres, les bases militaires clandestines et les conspirations gouvernementales. Le livre est déjà beaucoup plus franchement burlesque que le climat de 30 Days of Night.

Puis vient Choker, avec Ben McCool : un polar déglingué dans une ville où drogues, mutations et criminalité brouillent encore la frontière entre noir et fantastique. Templesmith retrouve le territoire urbain, mais ses compositions sont désormais beaucoup plus assurées que dix ans auparavant.

En 2013, J. Michael Straczynski lui confie les quatre premiers numéros de Ten Grand. Joe Fitzgerald, ancien homme de main, y affronte démons et forces surnaturelles dans l’espoir de retrouver la femme qu’il aime. Templesmith ne dessinera pas l’intégralité de la série — C. P. Smith prend le relais au numéro 5 — mais ces quatre épisodes poussent particulièrement loin son goût pour la lumière surnaturelle, les apparitions et les corps soumis à des réalités qui ne respectent plus aucune loi physique. L’horreur, chez lui, n’a finalement jamais constitué un genre, plutôt une façon d’éclairer les choses.

The Squidder, ou reprendre possession de ses monstres

Puis survient un changement moins graphique qu’économique. En 2013, Templesmith finance The Squidder directement auprès de ses lecteurs. L’objectif initial de la campagne Kickstarter est fixé à 18 000 dollars. Elle se termine à 137 708 dollars, réunis auprès de 1 912 contributeurs. 

Dans plusieurs entretiens, Templesmith explique très clairement l’intérêt qu’il voit dans le financement participatif : conserver davantage de contrôle sur le format, le contenu et les droits de ses créations, et établir une relation plus directe avec son public. Il décrit The Squidder comme l’occasion de revenir à ce qui l’avait poussé vers la bande dessinée : raconter ses propres histoires et laisser davantage respirer les images.

Le récit paraît avoir attendu toute sa carrière. Un vieux soldat appartient à une guerre que l’humanité a perdue. Le monde a continué sans lui. Des puissances tentaculaires règnent sur les ruines. Religion, propagande, défaite et créatures cosmiques s’entremêlent. Autrement dit, tout Templesmith est là, mais avec davantage de peinture, davantage de détails et moins de nécessité de rentrer dans les cases d’un autre.

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En 2015, il pousse encore cette logique avec Dagon, adaptation du texte de H. P. Lovecraft. La campagne rassemble 1 928 contributeurs et 144 158 dollars. Templesmith transforme le récit en expérience séquentielle volontairement fiévreuse, comme si Lovecraft avait enfin trouvé un papier suffisamment malade pour recevoir ses visions. Le rapprochement était presque inévitable : Lovecraft avait les profondeurs. Templesmith avait déjà les tentacules. 

Gotham pouvait difficilement rêver meilleur cauchemar

En novembre 2014, DC Comics lance Gotham by Midnight, écrit par Ray Fawkes. Templesmith dessine les cinq premiers épisodes. Jim Corrigan et une petite équipe y enquêtent sur les manifestations surnaturelles de Gotham tandis que le Spectre demeure tapi derrière le personnage. Le premier recueil publié par DC rassemble précisément ces épisodes 1 à 5.

Sur le papier, le mariage paraît presque trop évident. Gotham possède déjà ses gargouilles, ses ruelles, ses lumières sales, ses monstres et ses fantômes. Templesmith ne cherche pourtant pas à dessiner une version légèrement plus macabre de Batman. Il fait subir à la ville son propre traitement. Les murs transpirent, les lumières semblent contaminées, les personnages donnent parfois l’impression d’être moins solides que les ombres qu’ils projettent.

C’est une autre étape de sa trajectoire : entrer dans l’une des mythologies les plus codifiées du comic book américain sans que son dessin soit absorbé par elle. Templesmith ne se contente pas de visiter Gotham. Pendant cinq épisodes, Gotham vient vivre chez Templesmith.

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Une œuvre française aussi

La France joue d’ailleurs un rôle non négligeable dans la réception de son travail. Delcourt publie 30 Jours de nuit dès mars 2004 et accompagnera durablement l’auteur, avec notamment Fell, Wormwood, Bienvenue à Hoxford, Choker, Les Chroniques de Groom Lake ou Ten Grand. Le catalogue français de l’éditeur référence toujours aujourd’hui plusieurs de ces titres et a encore publié en 2025 une nouvelle intégrale de 30 Jours de nuit.

Ce compagnonnage explique en partie pourquoi Templesmith occupe ici une place un peu particulière : celle d’un auteur de comics américain par son industrie, australien par son origine, mais dont l’œuvre a suffisamment circulé en librairie francophone pour ne jamais être restée cantonnée aux seuls lecteurs d’import.

Et cela tombe plutôt bien. Son travail appartient précisément à cette zone où les catégories commencent à perdre leur intérêt. Illustration, bande dessinée, peinture, photographie, traitement numérique : Templesmith mélange tout sans demander les papiers d’identité de chaque technique.

Vingt-quatre ans plus tard, la nuit n’a toujours pas fini de tomber

En 2026, James Tynion IV l’invite à dessiner les épisodes 36 à 38 de The Department of Truth, série créée avec Martin Simmonds autour des théories du complot, de la fabrication des croyances et d’une réalité susceptible de se modifier lorsque suffisamment de gens acceptent le même mensonge.

Tynion indiquait que Templesmith faisait partie des artistes auxquels l’équipe avait pensé dès les débuts du titre. Les trois épisodes paraissent le 25 mars, le 13 mai et le 15 juillet 2026 ; ils sont depuis repris dans le septième volume de la série publié par Image Comics.

CHRONIQUE - Wormwood Tome 1 : Gentleman zombie

Évidemment qu’il est chez lui : cette série raconte un monde dans lequel les images, les récits et les croyances peuvent finir par produire du réel. Templesmith dessine depuis plus de vingt ans des réalités qui semblent justement ne plus être certaines d’exister.

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Ses textures ressemblent à des preuves détériorées. Ses silhouettes pourraient provenir de photographies saisies une seconde trop tard. Ses couleurs possèdent quelque chose de radioactif. Ses créatures paraissent parfois moins dessinées que découvertes sous les couches de l’image.

Mais le Templesmith de 2026 n’est plus celui de Barrow. Et c’est précisément ce qui rend son parcours passionnant. Le jeune dessinateur laissait le chaos envahir la planche. Celui d’aujourd’hui sait exactement quelle quantité de chaos elle peut supporter.

Dans 30 Days of Night, le trait pouvait sembler courir devant lui-même. Dans Fell, il a appris la grille. Avec Wormwood, il a découvert que la noirceur pouvait rire. Avec Welcome to Hoxford, Choker ou Gotham by Midnight, il a éprouvé son langage sur d’autres territoires. The Squidder lui a permis de reprendre entièrement possession de son imaginaire. Dagon l’a confronté directement à l’une des sources souterraines de tout cet univers. Et The Department of Truth montre aujourd’hui un artiste capable de revenir à l’horreur sans revenir en arrière.

Voilà peut-être ce qu’est réellement son oeuvre : pas une collection de vampires, de cadavres, de démons, d’extraterrestres et de poulpes cosmiques. Une recherche obstinée sur l’instabilité du monde.

Chez lui, une rue peut devenir un organisme. Une ombre peut prendre plus de place qu’un personnage. Une tache rouge peut faire du bruit. Un visage peut suffire à raconter qu’une catastrophe s’est produite avant même que le scénario ne l’annonce.

Très peu de dessinateurs ont réussi à rendre leur manière de voir aussi immédiatement identifiable sans finir prisonniers de leur propre signature. Templesmith y est parvenu parce que son style n’est jamais vraiment devenu un style, c’est resté un processus. Il existe des artistes qui dessinent admirablement la nuit. Ben Templesmith fait autre chose. Il dessine ce que la nuit fait au monde.

« La testicule de cyclope - aide à maintenir un transit régulier »
« Le testicule de cyclope - aide à maintenir un transit régulier »

Crédits illustration : Wormwood - Heritage Auctions

 

Par Nicolas Gary
Contact : ng@actualitte.com

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Freida McFadden : anatomie d'une machine, aux accents bien connus

Voilà des semaines et des mois, des années bientôt qu'elle trône au sommet des meilleures ventes, au point qu'on ne sache plus trop comment s'en dépatouiller... Un peu comme dans ses livres : Freida McFadden connaît la fin avant de commencer. Le retournement vient d’abord et le roman s’organise en fonction. Indices, fausses pistes, silences, informations données trop tôt pour être comprises : tout permet au lecteur de voir après coup ce qu’il n’avait pas vu venir. Mais comment ?

29/08/2026, 10:00

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Six livres créent une application de rencontre pour éviter de finir seuls en rayon

On a longtemps cru qu’un livre abandonné sur une table de librairie souffrait en silence. Erreur. Il regarde les autres partir. Le prix littéraire avec son lecteur pressé, la romance dans un tote bag, le polar sous le bras de quelqu’un qui assure « ne lire que du vrai ». Lui reste là, tranche vers le public, à feindre l’indifférence.

29/08/2026, 08:00

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Après Perec, Queneau et Calvino : l’Oulipo peut-il encore surprendre ?

Le 5 mai 2026, jour de naissance de Karl Marx, Clémentine Mélois a dû mourir pour obtenir le droit de démissionner. À 18h16 exactement, au café L’Arrêt, anciennement L’Espérance, dans le VIIe arrondissement de Paris, l’écrivaine et plasticienne a retrouvé, selon sa propre formule, sa « liberté de manœuvre pour l’éternité ».

28/08/2026, 17:22

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Six romans recalés à l’aéroport pour excédent de bagage... émotionnel

Les compagnies aériennes sont formelles : au-delà de 23 kilos, il faut payer un supplément. La littérature, beaucoup moins regardante, autorise ses personnages à embarquer avec une enfance traumatique, trois générations de non-dits, un père mort, plusieurs amours compliquées et parfois une résurrection complète. Au retour des vacances, il était temps que quelqu’un contrôle tout cela.

22/08/2026, 11:05

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Voyageuses en Orient : entre émancipation et clichés

Si Flaubert, Chateaubriand ou Nerval ont construit l’Orient rêvé du XIXe siècle, des écrivaines-voyageuses en ont, elles, franchi les portes closes. De Lady Montagu à Isabelle Eberhardt, elles ont observé l’intimité des harems et la vie des tribus. Mais ce regard « de l’intérieur » les a-t-il vraiment affranchies des clichés orientalistes ? Récit d’une émancipation littéraire aux mille contradictions. Par Amel Aït-Hamouda.

19/08/2026, 18:18

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Journée mondiale du moustique : les insectes réclament des dommages et intérêts à la littérature

Ce 20 août, Journée mondiale du moustique, les insectes ont déposé une plainte collective contre plusieurs siècles de littérature. Motifs : diffamation, séquestration, exploitation et atteinte répétée à la dignité des arthropodes. Cinq livres comparaissent. Les fourmis se constituent partie civile, les papillons demandent réparation et Gregor Samsa exige qu’on cesse enfin de l’appeler cafard. L’audience promet d’être piquante. (ceci est une fiction, hein...)

19/08/2026, 14:46

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Gestion contestée et conflit familial : un été au tribunal pour l'Harmattan

Exclusif - La gestion des Éditions L'Harmattan, dirigées depuis 2010 par Xavier Pryen, est vivement contestée depuis quelques années, tandis qu'un conflit familial se joue en arrière-plan : Denis Pryen, cofondateur du groupe, estime que son neveu a engagé le « démantèlement » de ce dernier. Deux décisions de justice, rendues cet été, se sont révélées favorables au cofondateur de L'Harmattan.

19/08/2026, 09:09

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Quand Carl Jung descendait dans ses propres ténèbres

Manuscrit médiéval au siècle de l’acier et du béton, Le Livre rouge est une anomalie. Un Carl Jung en crise y confia visions, dialogues intérieurs, peintures et mythes, prélude à ses concepts les plus importants. Allons à la découverte de cet objet fascinant, où un homme tente de donner une forme à ce qui, sans elle, risquait de le posséder.

12/08/2026, 18:08

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Un devoir rendu suffit-il encore à prouver qu’on l’a écrit ?

Au Danemark, le gouvernement répond à la triche par IA en déplaçant la preuve : les examens rédigés à domicile devront être défendus oralement, tandis que surveillance et travaux sous contrôle seront renforcés. Une mesure scolaire qui réveille une vieille question littéraire : signer suffit-il à être l’auteur, ou faut-il encore pouvoir répondre personnellement de ce qui est écrit ?

 

10/08/2026, 07:30

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Et si la nouvelle censure culturelle était celle qu’on ne voit plus ?

Une œuvre interdite, une exposition vandalisée, un concert annulé : la censure possède encore des images faciles à reconnaître. Le Rapport annuel 2025 pour la liberté de création du ministère de la Culture décrit pourtant un déplacement plus discret. Projets modifiés avant la polémique, programmation ajustée par anticipation, financement devenu levier, décisions administratives difficiles à qualifier : l’atteinte la plus efficace pourrait être celle qui évite d’avoir à se montrer.

08/08/2026, 13:36

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Des groupes anti-liberté d’expression identifiés et suivis par le renseignement

Le Rapport annuel 2025 pour la liberté de création contient une drôle de discrétion. Plusieurs « groupements formellement constitués », à l’origine d’actions organisées contre des acteurs culturels, seraient « pour la plupart identifiés par les services de renseignement territorial ». Voilà pour ce que l’État sait. Pour savoir qui ils sont, en revanche, le lecteur repassera : ni noms, ni nombre précis, ni famille politique ou religieuse. Le renseignement est là. L’information, beaucoup moins.

08/08/2026, 13:25

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Livres brûlés, vitrines brisées : librairies et bibliothèques sous pression en France

Entre mars 2025 et mars 2026, le ministère de la Culture a recensé 76 incidents affectant les libertés de création, correspondant à 91 mécanismes d’atteinte. Douze situations sont explicitement rattachées au livre : six pour « livre et lecture publique », six pour les librairies. Acquisitions sous pression, ouvrages détruits, rencontres déprogrammées, vitrines attaquées ou mesures de saisie : le premier bilan annuel montre surtout ce qui demeure difficile à compter. 

08/08/2026, 12:19

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Comment la souffrance a forgé le jeune Antonin Artaud

De 1915 à 1919, Antonin Artaud passe de cliniques en stations thermales, de Marseille à Neuchâtel, dans une tentative presque continue d’apaiser des troubles nerveux qui marqueront durablement son existence. Ilios Chailly reconstitue cette « géographie de la souffrance » à partir d’archives, de sources médicales et de documents parfois inédits, et montre combien ces années de cures, de diagnostics et de traitements ont participé à façonner l’homme, l’artiste et la pensée d’Artaud.

07/08/2026, 16:20

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Lunettes connectées : comment encore rester hors champ ?

En Australie, la commissaire à la vie privée Carly Kind s’interroge sur la nécessité de nouvelles règles face aux lunettes connectées. En France, la CNIL redoute déjà une surveillance mobile et presque invisible. Mais ces mêmes appareils peuvent accroître l’autonomie des personnes aveugles ou malvoyantes. De Robbe-Grillet à Samanta Schweblin, les livres posent alors la vraie question : peut-on encore choisir de rester hors champ ?

07/08/2026, 15:51

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Du papier au numérique, la révolution qui bouleverse le manga japonais

Le Weekly Shonen Jump, berceau de Dragon Ball, One Piece ou Naruto, est tombé à un plus bas historique depuis 1971 : son tirage moyen n’était plus que de 985.000 exemplaires entre avril et juin 2026. C’est la première fois en 55 ans que la revue repasse sous le seuil symbolique du million d’exemplaires. Plus qu’un simple mauvais chiffre, ce recul illustre l’effacement progressif d’un modèle longtemps central au Japon : celui du grand magazine imprimé de prépublication.

07/08/2026, 15:45

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L’AFDAS suspend les formations pour artistes-auteurs centrées sur l’IA

L’AFDAS a instauré un moratoire sur le financement des formations principalement consacrées à l’intelligence artificielle générative. Limitée au fonds de formation des artistes-auteurs, la mesure s’appliquera jusqu’au 31 décembre 2026. Les enseignements professionnels dans lesquels ces outils n’interviennent qu’à titre secondaire restent éligibles.

06/08/2026, 10:06

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À Ceuta, 72 000 migrants et des vies laissées hors compte

À Ceuta, Madrid estime que 72 000 personnes ont franchi la frontière et que 70 000 sont reparties ou ont été reconduites. Le bilan humain reste disputé, tandis qu’environ un millier de mineurs non accompagnés demeurent dans l’enclave et que des familles cherchent leurs proches. Sept récits, romans, albums et essais rouvrent ce que les mots « flux », « retour » et « sécurisation » voudraient déjà refermer.

05/08/2026, 17:34

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“Aujourd’hui, une banque a remplacé Verlaine, Zweig et Yahya Kemal”

Au 27, boulevard Saint-Michel, il ne reste rien du café Vachette où Verlaine, Moréas, Yahya Kemal ou İbrahim Çallı ont laissé leurs traces. Rien, sinon des récits, des plaques déplacées et quelques souvenirs incertains. Entre littérature, peinture et mémoire parisienne, Adnan Algın, correcteur, remonte le fil d’un lieu disparu, où l’on payait parfois ses dettes en vers, en leçons ou en tableaux. Aujourd’hui, une banque tient les comptes. À sa manière.

05/10/2026, 17:35

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PLF 2027 : “L’État renonce à soutenir pleinement les artistes”

Le projet de loi de finances 2027, présenté le 1er octobre dernier, procède à une nouvelle réduction des budgets alloués au ministère de la Culture. Les collectivités territoriales, premières financeuses du secteur culturel, voient elles aussi leurs moyens se rabougrir. Le Syndeac, premier syndicat des entreprises du spectacle vivant public, dénonce un choix politique aux lourdes conséquences.

05/10/2026, 15:07

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“Une partie de notre psychisme réclame des métamorphoses”

Phénomène identitaire largement porté par les réseaux sociaux, le thérianisme désigne le sentiment d’une proximité profonde avec un animal, jusqu’à parfois se vivre comme partiellement animal. Le psychanalyste Jean-Charles Bettan interroge ce que cette identification dit du rapport au corps, à l’adolescence et à la construction de soi, tout en mettant en garde contre les rapprochements trop rapides avec la dysphorie de genre.

05/10/2026, 10:52

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Drieu la Rochelle et Colette Jéramec : l’histoire d’un couple impossible

Avec La Rédemption, Jean-Noël Orengo revient sur un couple pris dans les bouleversements du XXe siècle : Pierre Drieu la Rochelle et sa première épouse, Colette Jéramec. Derrière l’écrivain collaborationniste et antisémite, le romancier fait réapparaître une femme longtemps restée dans l’ombre, médecin et chercheuse à l’Institut Pasteur, arrêtée avec ses deux enfants en 1943.

02/10/2026, 18:04

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2026 en Ukraine, les livres brûlent. Littéralement.

Cécile Deniard, traductrice littéraire, s’est rendue deux semaines en Ukraine pour apporter son soutien à ses collègues au nom du Conseil européen des associations de traducteurs littéraires (CEATL). Elle y a participé au festival BookForum de Lviv mi-septembre, puis est allée à Kyiv afin d'y rencontrer d'autres acteurs de la chaîne du livre. Leur énergie, leur créativité, mais aussi le besoin de solidarité qui s’est souvent exprimé au cours de ces entretiens, lui ont inspiré cette tribune.

02/10/2026, 13:02

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“Si nous voyons le nom, nous ne lisons peut-être plus tout à fait la même phrase”

Le nom d’un auteur change-t-il notre manière de lire ? À partir du Prix de la Page 111, qui soumet au jury des textes anonymisés, Adnan Algın, écrivain, poète et correcteur, interroge le poids de la réputation dans le jugement littéraire. Prix, éditeur, critiques et œuvres antérieures composent un « capital de la signature » capable d’accorder davantage de crédit à une phrase — ou d’en refuser à celle d’un inconnu. Une invitation à relire les textes avant leurs auteurs.

01/10/2026, 16:14

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Clémentine Mélois : “Toute la vie n’est faite que de ruptures successives”

James Joyce avait fait entrer l’épopée dans la vie ordinaire, jusqu’à faire tenir une Odyssée entière dans une journée. Clémentine Mélois choisit, elle aussi, de partir de presque rien : un déménagement, une séparation, quelques cartons, un verre à moutarde, un rouleau de Sopalin. Dans Choses que je croyais perdues, finaliste du 93e prix des Deux Magots, l’autrice-artiste fait de « l’infraordinaire » sa matière romanesque.

01/10/2026, 15:33

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Véronique Ovaldé : “J’ai toujours inventé d’autres vies à ma mère”

On connaît Véronique Ovaldé pour ses fictions et leurs vies toujours prêtes à bifurquer. Avec Vivre sans bonheur et n’en point dépérir, paru chez Flammarion en cette rentrée littéraire, elle se tourne cette fois vers sa propre mère. Le récit est plus intime, sans abandonner l’imaginaire, et la place parmi les finalistes du prix des Deux Magots 2026.

30/09/2026, 17:03

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Pangram peut-il vraiment prouver que le roman de Thélyson Orélien a été écrit par une IA ?

Depuis le début de l’affaire Thélyson Orélien, le débat s’est concentré sur l’usage possible de l’intelligence artificielle, la fiabilité des détecteurs, puis les affaires de plagiat. Un aspect a toutefois été moins examiné : le calcul utilisé pour affirmer qu’il était presque impossible que Pangram se soit trompé sur les 20 passages du roman présentés comme suspects par « Balance ton Claude », compte derrière lequel se trouve notamment l’essayiste Samuel Fitoussi. Pour ActuaLitté, le mathématicien Mouhamadou Sy revient sur ce calcul, sur l’hypothèse d’indépendance qu’il suppose et sur ce qu’il permet réellement, ou non, de conclure.

30/09/2026, 16:08

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“L’écoute de cette sélection de chansons a joué un rôle crucial d’inspiration”

Cyril Camus publiera Grand-Guignol aux éditions Anacharsis, ce 16 octobre. S’il revendique depuis l’enfance une passion pour les livres et l’horreur, l’écrivain entretient avec la musique une relation tout aussi profonde — quoique née plus tardivement, presque par accident. Du punk français aux chants celtiques, de Bob Dylan au free-jazz, des musiques de films à la darksynth, ses écoutes accompagnent autant son quotidien que son travail d’écriture. Au point de faire de la bande-son de Grand-Guignol une composante à part entière du roman. Il revient sur cette « musicobsession », ses découvertes fondatrices et ces morceaux qui, parfois, donnent à la fiction sa couleur avant même que les mots ne l’installent.

30/09/2026, 13:35

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Édition classique, crowdfunding ? “Choisir le modèle le plus juste pour chaque œuvre”

Auteur et président de l’Association de sauvegarde de l’Abbaye Saint-Félix de Montceau, Guilhem Méric revendique un parcours d’« auteur hybride », entre maisons d’édition et publication indépendante. À l’occasion du lancement de MORLHED – L’Ombre des Primordiaux, il explique pourquoi il a choisi le financement participatif, entre maîtrise des droits, cohérence de son univers, contexte économique du livre et relation directe avec ses lecteurs.

30/09/2026, 12:48

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À 80 ans, Lucky Luke court toujours : dans les coulisses de l’exposition avec Joub

À 80 ans, Lucky Luke n’a pas fini de galoper. Commissaire de l’exposition Lucky Luke court toujours !, présentée à Quai des Bulles, Joub a replongé dans l’ensemble de la série pour raconter autrement le cow-boy de Morris : par le dessin, la couleur, les gags et les motifs qui traversent huit décennies d’albums.

30/09/2026, 12:04

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Lucie Rico : “Dire quelque chose, c’est déjà le transformer”

Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer ? Une question qui a conduit Lucie Rico jusqu’à la finale du prix des Deux Magots 2026. Dans ce troisième roman publié chez P.O.L, une phrase inachevée ouvre une enquête sur un souvenir d’enfance, entre le baroque du giallo, reconstitution comme les vrais enquêteurs judiciaires, et mémoire familiale.

29/09/2026, 15:07

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Le Goncourt craint pour son intégrité ? Alors Pangram pour les 15 autres romans, fissa !

L’Académie Goncourt a donc retiré de Thélyson Orélien, de sa première sélection, au nom de plagiats antérieurs et d’analyses concluant que le roman serait « selon toute vraisemblance » produit avec IA. Une décision loin d'être unanime, on compte au moins Pascal Bruckner dans la résistance. Puisque l’Académie introduit le détecteur dans son prétoire, qu’elle aille au bout de sa logique : même outil, même protocole, même soupçon. Sinon, ce n’est plus une règle. C’est un traitement d’exception. 

29/09/2026, 14:48

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Quai des Bulles : 45 ans de BD, de rencontres et de passion

Traditionnellement, le festival Quai des Bulles décale ses dates pour cause de Route du Rhum et ouvre ses portes ces 9-10-11 octobre, à Saint-Malo. L’occasion, s’il en fallait une, de venir flâner sur les remparts se gaver d’air iodé et de bande dessinée…

29/09/2026, 14:22

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Elsa Holfert : "Le burn-out n’est pas que professionnel"

Paru le 22 avril 2026 aux Éditions Dangles, Fatigue chronique, et si c’était un épuisement surrénalien ? d’Elsa Holfert explore les mécanismes de l’épuisement liés au stress chronique. Kinésithérapeute de formation, l’autrice exerce aujourd’hui comme praticienne en santé fonctionnelle et en hormonologie.

28/09/2026, 16:40

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Affaire Thélyson Orélien : “Un score de génération par IA n’est pas une preuve”

Créée en juillet 2024 pour distinguer les œuvres d’origine humaine des contenus générés par intelligence artificielle, l’association Fabrication Humaine défend un label gratuit fondé sur l’engagement de l’artiste. Dans cette tribune, elle prend appui sur l’affaire Thélyson Orélien pour interroger la place prise par les outils de détection : sans trancher sur l’origine de C’était ça ou mourir, elle appelle à distinguer l’indice de la preuve et plaide pour davantage de transparence dans les processus de création. 

28/09/2026, 16:30

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IA et littérature : et si on arrêtait de s’écharper pour s’entendre, bordel !

Nathalie Hug a publié en juin dernier 92 BPM, Mais bordel qui a écrit ce roman ? aux Éditions Télémaque, un texte qu’elle présente comme entièrement hybride, né de 18 mois de travail avec l’intelligence artificielle et accompagné d’un making-of détaillant cette expérience. Dans cette tribune, elle revient sur la polémique autour de C’était ça ou mourir, de Thélyson Orélien, accusé d’avoir été écrit avec l’IA, et élargit le débat à la place de ces outils dans la création littéraire, à la transparence envers les lecteurs et à l’avenir de l’écriture humaine.

28/09/2026, 14:22

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Thélyson Orélien : “Pourquoi tant d’acharnement sur un écrivain ?”

L’affaire Thélyson Orélien s’est imposée en quelques jours au cœur de la rentrée littéraire. Soupçonné d’avoir eu recours à l’intelligence artificielle pour écrire C’était ça ou mourir, puis rattrapé par plusieurs cas de plagiat concernant des textes anciens, l’auteur québécois conteste les accusations visant son roman. Le retrait du livre de la sélection du Goncourt a encore amplifié une controverse qui interroge désormais tout le monde éditorial. Par Auguste Feydeau.

26/09/2026, 14:00

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Affaire Thélyson Orélien : “Réinventons le pacte entre l’auteur, l’éditeur et le lecteur”

Thomas Perroud, normalien, est animateur de l’émission Anachroniques consacrée notamment aux premiers romans sur Fréquence protestante. Il revient sur les soupçons d’usage de l’intelligence artificielle au sujet du premier roman de Thélyson Orélien, C’était ça ou mourir (Grasset).

24/09/2026, 16:32

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Violences sexistes et sexuelles : 50 ans pour passer de l'intime à la loi

Après des décennies de mobilisations, de recherches et de récits, les violences sexistes et sexuelles ne sont plus seulement appréhendées comme une succession de drames privés. Elles constituent un objet politique, juridique et culturel. La proposition de « loi intégrale » actuellement examinée à l’Assemblée nationale en offre une nouvelle traduction — et invite à regarder l’histoire des mots qui ont rendu ces faits visibles.

24/09/2026, 16:10

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Pour encadrer l'IA, La France insoumise convoque Isaac Asimov

Exclusif — Une figure de la science-fiction s'invite à l'Assemblée nationale, à la faveur d'une proposition de loi déposée par René Pilato, député La France insoumise — Nouveau Front Populaire de Charente. Les fameuses « lois de la robotique », conçues par l'écrivain américain, y sont citées, afin de motiver et nourrir un encadrement des intelligences artificielles mises à la disposition du grand public.

24/09/2026, 15:58

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“L’IA est arrivée, et le mot “aide” s’est complètement décousu”

Entre correction, réécriture et création, où commence véritablement « l’aide » à un auteur ? Écrivain, poète et correcteur, Adnan Algın plonge dans ses propres archives éditoriales pour interroger les interdictions visant l’intelligence artificielle. De ses interventions sur des romans aux cas célèbres de Raymond Carver ou T. S. Eliot, il questionne une frontière que l’IA n’a peut-être pas inventée, mais sérieusement brouillée.

24/09/2026, 11:53

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“L’horreur est le meilleur genre de l’histoire de la fiction”

Cyril Camus publiera Grand-Guignol aux éditions Anacharsis, ce 16 octobre. L'écrivain revendique une passion pour l’horreur née dans les livres, nourrie par le cinéma. De Guillermo del Toro à Stephen King, l’écrivain revient sur les monstres qui ont façonné son imaginaire et défend une conviction paradoxale : l’épouvante peut nous rassurer. Les démons de fiction ont sur les terreurs du réel un avantage décisif : ils n’existent pas. Une invitation à frissonner pour mieux souffler, qu'il partage dans nos colonnes...

23/09/2026, 17:36

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“La véritable violence, c’est le déni, l’indifférence”

Mère isolée, actrice pornographique quadragénaire, Sabine élève seule son fils Romain dans le vingtième arrondissement. Adolescent « normal », moyen, ce dernier subit un harcèlement en règle dès lors qu’une vidéo de Sabine fuite au collège, et fait le tour des réseaux sociaux… La suite ? Accompagnée par le hardeur Joseph, et par Enguerrand, bourgeois blasé, Sabine résout de se venger, guidée par son seul amour maternel. Une deuxième intrigue se met en place, mêlant cette fois milieux d’affaire et hauts-fonctionnaires, sur fond de revenge porn et de libertinage. Propos recueillis par Étienne Ruhaud.

21/09/2026, 16:54

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Jean-Yves Mollier : LFI chez Fayard, “un véritable coup de poignard dans le dos”

La publication annoncée chez Fayard du prochain livre du député LFI Aurélien Taché provoque la colère de Jean-Yves Mollier. Dans cette tribune, l’historien dénonce ce qu’il considère comme une contradiction avec le soutien affiché par La France insoumise aux auteurs mobilisés autour des États Généreux, après les bouleversements intervenus chez Fayard et Grasset.

21/09/2026, 16:19

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“Avons fait l’impossible, mais avions rêvé davantage”

Aux Deux Magots, Jean-Luc Coatalem a connu presque toutes les places : celle du jeune homme qui observe, du lauréat photographié sur le boulevard, puis du juré chargé, à son tour, de choisir. À l’heure où le prix 2026 entre dans le vif de ses délibérations, l’écrivain ouvre les portes d’une institution qu’il connaît désormais de l’intérieur, avec ses goûts, ses rites et ses petites stratégies.

21/09/2026, 15:53

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Les livres prophétiques ne sont peut-être pas ceux que nous croyons

De George Orwell à André Malraux, en passant par Aldous Huxley, Ray Bradbury, Friedrich Nietzsche et Franz Kafka, Bertrand Jouvenot propose de déplacer notre regard sur les « livres prophétiques ». Dans cette tribune, il distingue les œuvres qui ont anticipé les formes visibles de notre monde de celles qui auraient saisi des mutations plus profondes : crise du sens, autonomie des systèmes, transformation de notre rapport au temps et à nous-mêmes.

21/09/2026, 12:32

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Et si le vrai danger n’était pas la mort du livre, mais celle de la lecture ?

ActuaLitté ouvre ses colonnes à la Fondation Jean-Jaurès, qui revient sur le rapport « La République des lecteurs – Pour en finir avec la mort du livre », signé par Arthur De Grave et Diana Filippova. Face au recul de la place de l’écrit et aux mutations des pratiques culturelles, le texte présente dix propositions pour replacer la lecture et l’écriture au cœur des politiques publiques. 

21/09/2026, 11:42

ActuaLitté

“Humanité générique” : La fabrique défend Louisa Yousfi après la polémique

Une phrase de Louisa Yousfi, extraite d’un entretien publié début septembre, a déclenché une vive polémique et plusieurs annonces de saisines judiciaires. Son éditeur, La fabrique, prend aujourd’hui sa défense dans une tribune adressée à ActuaLitté. Avant de la publier intégralement, nous revenons sur l’origine des propos, leur contexte, les critiques qu’ils ont suscitées, les soutiens exprimés et le sens du concept d’« humanité générique » invoqué dans le débat.

19/09/2026, 10:30

ActuaLitté

“Le risque de devenir « un LinkedIn du livre » existe évidemment”

L'écueil, Jean-Charles Caplier le formule lui-même : créer « un LinkedIn du livre » de plus. Alors que LivreConnect ouvre officiellement le 16 septembre, son fondateur défend un espace transversal entre les métiers, nourri de ressources, d’outils et d’un assistant IA. Pour ActuaLitté, il précise ce qui permettra de juger si le projet a vraiment trouvé sa place — et jusqu’où il entend laisser Volt’R intervenir.

16/09/2026, 09:30

ActuaLitté

”Chaque livre mérite de trouver ses lecteurs” : Béliveau éditeur à la conquête de l’Europe

Reprise en juillet 2026 par Amélie McNicoll et Alexandre Vézina, Béliveau Éditeur entend revoir autant sa sélection de projets que leur commercialisation. Les deux entrepreneurs veulent associer davantage les auteurs à la stratégie de leurs livres, relancer la production et renforcer la présence de cette maison québécoise de plus de 50 ans en France, en Belgique et en Suisse, avec un objectif de 25 à 30 titres à court terme.

16/09/2026, 09:00

ActuaLitté

À quelques pas de toi : le podcast qui a relié les générations

Il y a des a priori auxquels il faut tordre le cou : « il ne se passe pas grand-chose en milieu rural » est un préjugé qui vient de prendre du plomb dans l’aile grâce à une dynamique mise en place dans une petite commune de Gironde.

14/09/2026, 16:07

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Intuition : “Le corps sait souvent avant nous”

Pourquoi devient-il parfois si difficile de savoir ce que l’on pense vraiment, ce que l’on ressent ou même ce que l’on veut ? Sollicitations permanentes, rythme soutenu et bruit mental finissent par couvrir cette perception plus discrète que l’on appelle intuition. Fondatrice du centre d’enseignement Infinite Spirit, formatrice et thérapeute, Johanna Hani propose de retrouver un peu de silence, de revenir aux sensations du corps et d’apprendre à distinguer l’intuition de l’anxiété ou de la peur. 

14/09/2026, 14:58

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“Le problème n’est pas de savoir si une IA a touché au texte, mais qui décide”

À mesure que l’intelligence artificielle s’immisce dans les pratiques d’écriture, une question revient avec insistance : que reste-t-il de l’auteur lorsque la machine intervient dans le texte ? Nicolas, créateur d’Atypikal Life, propose de déplacer le débat. Plutôt que d’opposer frontalement écriture humaine et IA, il interroge la transparence, la responsabilité et ce que l’auteur choisit — ou refuse — de déléguer.

14/09/2026, 07:00

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Faire exister des espaces littéraires alternatifs contre vents et marées

À l’occasion de la 4e édition du festival Read & Shine, ActuaLitté ouvre ses colonnes à Déli, fondatrice d’Overbookées. Elle revient sur la naissance de ce rendez-vous dédié aux littératures et savoirs féministes et antiracistes, sur la nécessité de faire entendre des voix encore marginalisées dans l’édition, et sur les enjeux d’une nouvelle édition placée sous le signe des « Mémoires pour les lendemains ».

09/09/2026, 13:56