Graphiste et illustrateur étroitement lié à l'histoire récente du livre français, Louis Constantin est mort en août, à l'âge de 66 ans. À tout juste 22 ans, il remportait en 1982 un concours international organisé pour réinventer l'identité du Livre de Poche : son projet donnera finalement naissance à celle de la nouvelle collection « Biblio ». Il travaillera ensuite pour de nombreux éditeurs, de Hachette à L'Asiathèque, et accompagnera aussi par ses images plusieurs générations de jeunes lecteurs.
Le 09/09/2026 à 13:30 par Hocine Bouhadjera
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09/09/2026 à 13:30
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Dans un hommage consacré à celui avec qui leur maison a longtemps travaillé, Philippe Thiollier, directeur de L'Asiathèque, et Christiane Thiollier, qui a fondé la maison avec Alain Thiollier, font commencer son parcours professionnel par ce qu'ils qualifient d'« aventure extraordinaire ».
Nous sommes en 1982. Louis Constantin sort de l'École Estienne, et accomplit encore son service militaire lorsque Hachette entreprend de renouveler l'apparence d'une institution éditoriale : Le Livre de Poche.
Claude Romagny, alors chargé de la présentation des livres chez Hachette, et le graphiste Philippe Gentil lancent un concours à l'échelle européenne. Chaque candidat doit imaginer quatre maquettes. 1200 projets sont présentés, soit quelque 4800 documents soumis à un jury où siègent notamment Bernard Pivot, Jean-Michel Folon, Jean-Michel Jarre, Isabelle Huppert ou encore Roger Thérond. Et le jeune graphiste remporte le premier prix.
Le règlement laissait à Hachette la liberté de retenir un autre projet en fonction de considérations éditoriales et commerciales. C'est finalement la maquette classée sixième, celle de Pascal Verckers, qui est choisie pour habiller la collection générale.
Le travail de Constantin n'est pas abandonné pour autant. Il trouve un autre terrain, qui vient précisément de s'ouvrir : une toute nouvelle collection : « Livre de Poche – Biblio ». « Biblio » en 1982, sous l'impulsion de Jean-Claude Brisville. « Biblio Essais » suivra en 1983, créée par Bernard-Henri Lévy.
Pour « Biblio », il réalisera, selon l'hommage de L'Asiathèque, de nombreuses créations, assurant la maquette et, fréquemment, l'illustration des couvertures. On retrouve par exemple son nom associé à la couverture de Mr. North de Thornton Wilder dans la collection Biblio.
La trace de son travail déborde rapidement de cette seule collection. Elle apparaît dans différentes branches de Hachette et du Livre de Poche, notamment du côté de la jeunesse. Il est notamment l'illustrateur des Contes de la Bécasse de Guy de Maupassant, publiés chez Hachette Jeunesse en 1994, mais aussi du Petit Peintre de Florence de Pilar Molina Llorente ou des Allumettes suédoises de Robert Sabatier.
Ses illustrations auront survécu aux premières éditions et aux changements de maquettes : certaines sont encore créditées dans des rééditions des années 2000 et 2010.
Louis Constantin ne s'est pas limité aux couvertures. Avec le poète Jean-Luc Moreau, il participe à un ouvrage où le rapport entre le texte et l'image devient le principe même de la lecture : Devinettes (Hachette Jeunesse, collection « Fleurs d'encre »), publié en 1991.
Jean-Luc Moreau y écrit de courts textes énigmatiques à partir des images de Louis Constantin. À l'époque, La Revue des livres pour enfants décrit un imagier où objets et personnages se rencontrent dans un étrange désordre et résume joliment l'ensemble comme des « poèmes à jouer ». Le livre connaîtra une seconde vie. En 2005, Gautier-Languereau publie Donne ta langue au chat (collection « Enfance est poésie »), toujours avec Jean-Luc Moreau et Louis Constantin.
Les images y sont travaillées dans une veine surréaliste : l'illustration ne livre pas immédiatement la réponse, mais participe au jeu de l'énigme.
L'Asiathèque compte parmi les autres maisons auxquelles son travail restera durablement associé. Philippe et Christiane Thiollier rappellent notamment ses créations pour la collection des « Bilingues », dont il accompagne l'identité graphique.
Cette collection, toujours présente dans le catalogue de la maison, fait dialoguer sur la page le texte original et sa traduction française. Elle accueille depuis les années 1990 des langues et des littératures très diverses : arabe, grec moderne, quechua, coréen, hongrois, turc, kirghiz, persan ou encore chinois.
Crédits photo : Louis Constantin (L'Asiathèque)
Par Hocine Bouhadjera
Contact : hb@actualitte.com
Paru le 01/04/1990
446 pages
LGF/Le Livre de Poche
7,30 €
Paru le 01/12/1994
Hachette
3,96 €
Paru le 16/07/2014
152 pages
Hachette
5,90 €
Paru le 24/09/2008
412 pages
Hachette
5,90 €
Paru le 02/03/2005
40 pages
Hachette
11,50 €
Paru le 01/11/1995
216 pages
L'Asiathèque - maison des langues du monde
18,00 €
Paru le 27/01/2023
296 pages
L'Asiathèque - maison des langues du monde
20,00 €
Paru le 01/03/1997
131 pages
L'Asiathèque - maison des langues du monde
14,00 €
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