#Roman francophone

Les Ensablés - Tous les fruits de l'arbre du mal, cahiers bleus 1925-1926, de Liane de Pougy.

Par curiosité, regardez sur la toile quelques photographies de Liane de Pougy (1869-1950). L'une d'elle la représente en 1900, à l'âge de trente-et-un ans. Brune, élégante, avec son grand chapeau emplumé, sa poitrine frêle sous le décolleté orné de roses blanches, elle a le visage penché, et son regard, embrumé d'un léger fard sur les paupières, a quelque chose de profond et de mélancolique: elle est merveilleusement belle. C'est une créature de Proust en chair et en os (1)... La courtisane Odette de Crécy, diront certains. Mais moi, j'estime Liane de Pougy bien supérieure, car son destin, la prenant courtisane, fit d'elle une princesse puis une "presque sainte" (c'est vrai). De surcroît elle fut romancière (voir la chronique des Ensablés ici) et tint un journal fort bien écrit (qu'elle appelle ses "cahiers bleus"), que les Editions Le Passeur se sont attelées à publier intégralement, d'où ce nouveau livre portant sur les années 1925-1926, et intitulé "Tous les fruits de l'arbre du Mal" (2). Pour information, la diariste destinait ce journal à "l'an 2000". Il a été partiellement édité en 1977. Par Hervé BEL.

Le 13/09/2026 à 14:43 par Les ensablés

| 183 Partages

Publié le :

13/09/2026 à 14:43

Les ensablés

183

Partages

Partager cet article sur Bluesky Partager cet article sur Mastodon Partager cet article sur Linkedin Partager cet article par mail Imprimer cet article
ActuaLitté

Il faut savoir que ces deux années 1925-26 sont capitales dans la vie de Liane (je l’appellerai ainsi, par affection). La préface d’Hervé Duchêne (lié à Roger Duchêne, grand spécialiste de Madame de Sévigné et du dix-septième siècle) l’explique assez. Mais Liane le dit elle-même dans une entrée de son journal postérieure au 4 juillet 1926, date qui voit le départ de son mari, le prince roumain Georges Ghika, avec « Le tout petit », une jeune femme dont Liane s’était tellement entichée (amoureusement s’entend) qu’elle lui avait proposé de passer l’été avec elle dans son refuge breton, le Clos-Marie. Erreur fatale : elle avait mis la louve dans la bergerie. Liane avait cinquante-sept ans (elle se rajeunit de trois ans dans ses cahiers), Georges quinze ans de moins.

Elle écrit : « À dix-huit ans, j’avais un mari, un enfant (...) Jusqu’à dix-huit ans : famille, principes, routine et douceur. De dix-huit à trente-six (encore dix-huit années), je vécus dans la lutte et les passions (...) J’appris le monde, triste renommée. À trente-six ans, je connus Georges... Et voici qu’après encore dix-huit années, l’existence pour moi se renouvelle (...) me voici tout à fait désabusée, sans foi. » (11 octobre 1926).

Les années 25 et 26 aujourd’hui publiées par Le Passeur enjambent donc deux périodes de la vie de notre héroïne, pareillement passionnantes, mais pour des raisons différentes.

Oh la belle vie des années folles...

Lire le journal de cette courtisane rangée, devenue Princesse, entre Paris et la Bretagne, parfois dans le midi, c’est l’occasion d’une plongée joyeuse dans les années folles. Dans sa biographie sur Liane de Pougy (3), Jean Chalon rappelle ainsi que le 31 décembre 1924, elle a terminé son cahier bleu par un hommage à mon Georges et la gravité de son amour.

Tout va donc très bien pour Liane en cette année 1925. Elle est assez riche, moins que ses amies (souvent habitantes de Lesbos) parmi lesquelles on compte l’inévitable Natalie Barney (Le Grand Amour lesbien de la jeunesse de Liane), la duchesse de Clermont-Tonnerre, et d’autres qu’elle reçoit ou visite lorsqu’elle est à Paris. Elle fréquente les artistes, les écrivains, les savants : Salomon Reinach (conservateur du musée des Antiquités nationales à Saint-Germain-en-Laye et membre de l’Institut), amoureux transi et respectueux, Max Jacob (pardonnez du peu), Pierre Frondaie (auteur de l’inoubliable « L’Homme à l’Hispano »), Guitry, et croise Drieu La Rochelle, Porto-Riche etc. De plus, elle a gardé d’excellents contacts avec ses anciens amants. Dans vos amours on vous trouvait légère. En amitié, toujours sûre et sincère, comme l’écrit Saint-Evremond à propos de Ninon de Lenclos. Le compliment s’adresse à trois siècles de distance tout aussi bien à Liane de Pougy.

Car elle a de l’esprit, un rare talent d’observation, et beaucoup d’humour. Parlant d’une connaissance de son amie Lucienne Rouveyre (épouse du caricaturiste et écrivain André Rouveyre, grand ami d’Apollinaire), elle dit : « Madame Grellou se courbe avec un petit sourire doucement satisfait, elle referme avec un mouvement pieux son écharpe bleu turquoise ou cyclamen ou bariolée - elle en a des tas, très colorées, très chiffonnées, sur un maigre décolleté que les rayons du soleil ont rougi sans vergogne (...) elle ne veut rien régenter, oh ! mon Dieu non ! Mais elle critique impitoyablement tout ce qui n’est pas placé à la portée de sa petite taille. » Pas mal. Il y en a beaucoup comme cela dans ce journal, impitoyable parfois.

Bien qu’elle soit mariée et heureuse de l’être, elle se livre encore à des petits jeux de tendresse (25 novembre 1925), comme elle les appelle, devant son Georges qui n’est pas mécontent du spectacle... Car elle est encore très belle. On le lui dit, et elle dit l’être dans son journal, avec tant d’aplomb que l’on en est touché. À Clos-Marie, elle aime faire la cuisine, ne fait pas la fière, comme on doit dire à Roscoff. Elle parle de littérature avec ses amis. Quand elle ne reçoit pas, ou ne cuisine pas, ou ne fait pas l’amour, elle lit : Lacretelle, Laforgue, Dostoïevski, Maurois. À propos de Verlaine, elle déclare que « L’hôpital, les mœurs et la saoulerie m’éloignent irréductiblement de lui. Je ne juge pas, ai-je le droit de rien condamner ? Non je subis mon propre instinct, mes ataviques principes, hélas ! (...) Parfaite, selon les hommes, je me serais montrée trop intransigeante et très orgueilleuse peut-être. » C’est très « dix-septième siècle ».

Liane est honnête avec elle-même. Elle sait qui elle est. Il y a aussi, en elle, une aspiration évidente à la pureté, vers Dieu, mais cela ne dure pas, car elle aime aussi passionnément le plaisir... Citant l’actrice Eve Lavallière devenue religieuse, Liane dit : « Si je n’avais pas reçu Georges du Ciel, je l’envierais. » Elle ignore alors qu’elle finira comme Ève.

C’est aussi une enfant, et comme les enfants, elle ne cesse de se fâcher et se réconcilier avec ses amies. Ses rapports avec son ex-amour Natalie Barney, la fameuse Amazone de Rémy de Gourmont, oscillent entre l’amitié et la critique acerbe. Plus généralement, elle avoue : « Je n’aime pas longtemps les êtres qui ne m’aiment pas. » (20 août 1925). Ailleurs, elle écrit avec philosophie, sentant la vieillesse qui vient : « Quand on n’a pas ce que l’on aime, il faut aimer ce que l’on a. » Dieu n’est jamais loin de ses pensées : « Le ricanement, depuis Voltaire jusqu’à Anatole France, m’a toujours paru le signe des réprouvés » ([21 novembre 2025].

Entre les soirées, les soucis domestiques [trouver au plus vite une femme de ménage, un appartement, un 232 m2 qu’elle appelle son petit taudis - 13 février 1925], l’existence de Liane n’est pas désagréable, et son journal nous permet, à nous qui n’avons pas connu les années folles, d’en goûter un peu la saveur.

Le petit prince devenu innommable

Puis arrive ce funeste quatre juillet 1926. Georges, le petit prince, qui lui a donné son titre en mariage, à elle, la courtisane mondaine dont toutes les frasques donnaient lieu à des articles dans les journaux, Georges, donc, lui avoue qu’il est amoureux de Manon, « le tout petit » qu’elle a elle-même invité chez elle. Mais, dit-il, en pleurs, il continue de l’aimer et lui propose de former un trio amoureux, persuadé que Liane n’y trouvera rien à redire, elle qui n’hésitait pas à lui imposer ses amours lesbiens. Grave erreur : elle le chasse le lendemain et dans ses cahiers ne l’appelle plus que « l’innommable ».

Profondément atteinte dans son orgueil qu’elle a immense, elle informe tous ses amis de la trahison et comptent les réponses : « J’ai reçu une trentaine de télégrammes » [10 juillet 1926]. Tout autant immense est sa peine : « J’ai cru mourir... J’ai perdu le sommeil naturel. Je me suis droguée à outrance pour arriver à dormir deux ou trois heures. » Mais déjà elle redresse la tête. « Ici [à Clos-Marie], j’ai tout retrouvé. Paix et sommeil. Au fond tout ceci a été infâme et vil. Je devrais bénir les cieux [...] en remerciement d’une telle délivrance ! [...] Une atroce vieillesse m’a été épargnée par le choc de cet abandon cruel et inattendu. » [8 octobre 1926].

Reconnaissons qu’elle est assez impressionnante, cette dame de Pougy ! Après avoir remercié Dieu, elle connaît tout naturellement une idylle saphique [titre d’un de ses romans, ici] avec une certaine Mimy Franchetti [petite-fille d’une Rothschild] que Natalie qui est partageuse, lui a « prêtée », mais Liane ne la lui rendra pas, et se fâchera ainsi définitivement avec Natalie. On suit au jour le jour l’évolution de ce nouvel amour italien... Condamné comme les autres.

Encore que... Le petit prince vit toujours. Il est parti en Roumanie sur ses terres avec « le tout petit », et indique à Liane qu’il ne veut pas divorcer... Mais c’est une autre histoire qu’il faudra connaître lorsque le Passeur aura publié la suite des cahiers.

En attendant, dégustons ce journal des années 25 et 26, qui montre un être exceptionnel et pourtant si banal dans ses réactions infantines, un être plein de contradictions qui nous ramènent aux nôtres. Mon cher lecteur des Ensablés, n’attendez plus pour vous plonger dans le passé.

Hervé BEL, septembre 2026.

(1) Proust affirme s’être inspiré de Liane de Pougy, dans la fameuse scène de Montjouvain, où la fille de Vinteuil montre la photo de son père, le compositeur Vinteuil, et demande à son amante de cracher dessus. Cela faisait référence à un de ses amis, le docteur Robin, à qui Liane, sa maîtresse, avait demandé d’appeler son fils « le petit monstre ». Lettre de juillet 1913 à Louis de Robert : « L’idée de cette scène m’a été suggérée par différentes choses, mais surtout par celle-ci : un homme de grande valeur et fort connu était l’amant d’une grue [NDLR, Proust n’est guère aimable avec Liane], quoiqu’il fut marié et père de famille. Or pour avoir le plaisir complet, il fallait qu’il dise à cette grue : “le petit monstre” en parlant de son propre fils. Rentré chez lui, il était d’ailleurs très bon père. » On retrouve le docteur Robin, dans le journal de Liane, bien vieilli et malade, toujours amoureux de Liane qui vient le visiter et entretient toujours une correspondance amicale. Liane savait garder ses amants pour en faire des amis, tout comme faisait Ninon de Lenclos.

(2) Le Passeur a déjà publié « Mémoires d’une courtisane rangée, Cahiers bleus 1924 » et « Il faut que je me livre telle que je suis ! Cahiers bleus été 1919 ». Le titre du présent volume est une expression tirée de son journal du 27 janvier 1925, quand elle dit : « Les hommes m’ont souillée, volée, bafouée, saluée bien bas, comblée, méprisée [...] On m’a menti, on m’a trompée, on m’a salie. On m’a fait manger tous les fruits de l’arbre du mal. » Admettons quand même qu’elle l’avait un peu cherché et que cet arbre ne lui déplaisait pas tous les jours.

(3) Liane de Pougy, de Jean Chalon, Flammarion, 1994.

 

 

Par Les ensablés
Contact : contact@actualitte.com

Commenter cet article

 

Tous les fruits de l'arbre du mal

Liane de Pougy, Hervé Duchêne

Paru le 25/06/2026

300 pages

Le Passeur Editeur

19,00 €

Plus d'articles sur le même thème

ActuaLitté

Les Ensablés - Les hauts quartiers de Paul Gadenne : les tempêtes de sable s’abattent-elles toujours au hasard ?

 « Alors deux hommes seront aux champs : l’un sera pris, l’autre laissé. Deux femmes moudront au moulin : l’une sera prise, l’autre laissée. » (1) La parabole de saint Matthieu a parfois l’air de s’appliquer, avec son arbitraire sans « pourquoi », aux verdicts de l’Histoire littéraire, surtout quand elle laisse dans les limbes le roman posthume Les Hauts-Quartiers de Paul Gadenne (1907-1956), paru en 1973 dans la collection « Cadre rouge » des Éditions du Seuil et réédité chez Points en 2013. Par Hortense Miginiac *

27/09/2026, 13:39

ActuaLitté

Les Ensablés - La Gartempe de Jean Blanzat (1906-1977)

Sous le vernis conventionnel d’un roman psychologique au temps de l’Occupation, La Gartempe (1957) dévoile un récit insolite de « nature writing » à la française. En invoquant le nom de cette rivière près de laquelle il est né, Jean Blanzat (1906-1977) nous attire pas à pas vers l’inquiétante étrangeté d’une nature immuable. Un style d’une beauté déroutante et envoûtante. Par Nicolas Acker.

30/08/2026, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Le séducteur, de Gérard d'Houville

Nos lecteurs des Ensablés connaissent bien la famille de Régnier... D'abord, il y a Henri de Régnier, romancier célèbre de la belle époque, et qui, avouons-le, n'est plus cité désormais (fort injustement), dans l'histoire littéraire que pour avoir été le malheureux époux de Marie de Heredia, laquelle, rappelons-le, ne trouva rien de mieux que d'avoir une liaison passionnée avec Pierre Louÿs, beau-frère dudit Henri,  dont elle eut un enfant, Pierre de Régnier qu'Henri voulut bien reconnaître. Pierre fut l'auteur brillant de Chroniques d'un Patachon dont nous avons parlé ici dans ces colonnes. Par Hervé BEL

16/08/2026, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - La guerre des mouches, de Jacques Spitz

Né en Algérie en 1896 au sein d'une famille bourgeoise, ancien polytechnicien, Jacques Spitz  (1896-1963) s'est très tôt dirigé vers une carrière littéraire. Peu d'informations sont accessibles sur l'auteur lui-même, à l'exception notable d'études menées sous la direction d'universitaires dont François Ouellet (par ailleurs, contributeur des Ensablés et auteur d'un précédent article sur Les Dames de Velours) qui ont conduit à la publication d'un livre intitulé Le Bazar imaginaire de Jacques Spitz aux Presses Universitaires de Rennes. Par Isabelle Luciat.

02/08/2026, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Une saison dans la vie d'Emmanuel, de Marie-Claire Blais

Ecrivaine célèbre outre-Atlantique mais qui -bien que de langue française- est aujourd’hui assez peu connue dans notre pays, Marie-Claire Blais  (1939-2021) fut pourtant l’objet d’un engouement bien plus rapide en France que dans son Québec natal, qui réserva à ses premières publications un accueil critique contrasté allant de l’enthousiasme à l’extrême réserve. Par Marie Coat.

19/07/2026, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Adieu Mahora, un ouvrage inédit sur la guerre d'Espagne et les brigades internationales

Basé à Tours et spécialisé dans les ouvrages d’histoire, Zeitgeist Éditions ajoutait récemment, en collaboration avec les Amis des Combattants en Espagne Républicaine (ACER), un nouveau titre à sa collection « Espagne » : Adieu Mahora. 1937-1938. La Vie et la guerre à l’hôpital des Brigades internationales de Mahora. Ce livre composite, aboutissement d’un projet qui connut de multiples boutures, est un curieux objet – ce qui n’invalide pas son intérêt, au contraire.

Par François Ouellet

05/07/2026, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Journal de guerre, suivi du journal du métèque, de Jean Malaquais

Auteur des Javanais, de Planète sans visa ou du Gaffeur, tous chroniqués par les Ensablés, Jean Malaquais se livre ici à un exercice littéraire aussi particulier que difficile, la tenue régulière d’un journal. Il prévient d’emblée « Je voudrais avoir assez de constance, de fidélité à moi-même, pour ne pas l’abandonner en cours de route : pour ne pas me dédire. »
Il a fallu pour que Malaquais s’y adonne une circonstance exceptionnelle : la guerre de 1939-1945.

Par Carl Aderhold

21/06/2026, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Journal d'un salaud d'Henri Queffélec

Avant de devenir l'inépuisable romancier de la mer et de la Bretagne, Henri Queffélec (1910-1992) a commencé sa carrière par un roman noir dans les eaux troublées de l’Occupation : c’est le Journal d’un Salaud, publié à la Libération en 1944 chez Stock. Par Nicolas Acker

07/06/2026, 09:03

ActuaLitté

Raymonde Vincent, Albert Béguin, Nous vivons côte à côte d'une existence toute mêlée. Correspondance 1927-1957

Oui, oui, je sais, le livre fait près de 900 pages, et cela peut effrayer celui qui ne connaîtrait ni Raymonde Vincent (prix Femina pour « Campagne », et « Elisabeth » récemment réédités par Le Passeur), ni Albert Béguin. Mais ce serait une grave erreur de passer à côté. Il faut en effet lire cet incroyable échange de lettres qui s’échelonne de 1927 à 1957, entre deux êtres d’exception : c'est un document précieux sur la vie littéraire française, mais aussi et surtout une espèce de roman épistolaire qui raconte dans la durée la vie périlleuse d’un amour que traversent la guerre et la débâcle de 40. Comme tout roman, il comporte des ellipses que le lecteur doit combler avec son imagination... C’est ainsi que je l’ai lu, moi qui sors bouleversé par ma lecture  rendue possible  grâce à l’immense travail critique de Renan Prévot qui a rassemblé ici 451 lettres, pas moins ! Par Hervé BEL

24/05/2026, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Près du sol de Emile Guillaumin (1873-1951)

Toute sa vie, Émile Guillaumin resta paysan, cultivant sa propriété de trois hectares dans l'Allier. En parallèle, muni de son seul certificat d'études, il se fit aussi poète et romancier du monde rural. Son premier roman La vie d'un simple (objet d'un précédent article des Ensablés), fut publié en 1904 et reçut un excellent accueil, glanant des voix pour le prix Goncourt. Par Isabelle Luciat

10/05/2026, 09:04

ActuaLitté

Les Ensablés - L'animale, de Rachilde, une réédition bienvenue

Il y a les Ensablés que nous connaissons bien, cohorte d’auteurs jouets du ressac des modes et de la gloire. Il y a les Oubliés, perdus au fond des mers.  Et il y a aussi quelques miraculés sauvés des eaux. Rachilde est de ceux-là. Célèbre et célébrée en son temps, cette grande scandaleuse aurait fini par disparaitre complétement de l’histoire littéraire qui ne retient guère que George Sand comme grande figure féminine pour la littérature au XIXème et Germaine de Staël pour la pensée, si quelques universitaires et éditeurs ne s’étaient acharnés à la faire reconnaître. Par Denis Gombert

26/04/2026, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Faux-passeports, de Charles Plisnier

« Le personnage qui dit “je” dans ce livre, souhaiterait garder quelque mystère. » La première phrase de cet vrai-faux roman Faux-passeports (1937), qui se compose en fait de cinq nouvelles reliées entre elles par un même narrateur, pose d’emblée la véritable nature de ce livre, un savant mélange d’autobiographie, de romanesque et d’essai sur ce qu’est l’engagement pour une cause. Par Carl Aderhold.

12/04/2026, 09:55

ActuaLitté

Les Ensablés - Le bouquet de Henri Calet

Cela fait 70 ans qu’Henri Calet (1904-1956) a quitté le monde des vivants. Mais un certain nombre de lecteurs, dont les Ensablés, travaille régulièrement à sa résurrection. Pas étonnant, puisque ce chroniqueur des vies fragiles, à commencer par la sienne, est un auteur des plus attachants. La poisse toujours en bandoulière, son humour caustique semble vouloir excuser une mélancolie persistante. Le Bouquet (1945) revient sur l’expérience de la débâcle de 1940, de la captivité à l’évasion de son auteur. Fidèle à son style, Calet déroule avec une simplicité désarmante le récit doux-amer de ce moment de bascule pour l’écrivain comme pour le pays. Par Nicolas Acker. 

29/03/2026, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Ma petite Yvette, d'André Dumas

En terminant la lecture de Ma petite Yvette d’André Dumas (1874-1943), récemment réédité par J’ai lu, je me suis demandé aussitôt : est-ce un chef-d’œuvre ? Mon cœur  me répondait « oui ! », tandis que ma raison, le souvenir des romans de Proust, de George Eliot (bref les écrivains de mon Panthéon) me disaient que non, ce n’était pas tout à faire un chef-d’œuvre. J’ai ma petite idée désormais. Par Hervé BEL

15/03/2026, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Le vitriol de Lune de Henri Béraud

Au rebours des titres à rallonge péniblement explicites dont raffolent certains plumitifs contemporains, il en est d’intrigants et mystérieux qui suscitent curiosité et envie de lire. Ainsi des ouvrages d’Henri Béraud (1885-1958), qui avait indubitablement l’art de trousser des titres originaux, du Martyre de l’obèse au Flâneur salarié, en passant par La croisade des longues figures ou le surprenant Vitriol de Lune.

Par Marie Coat

01/03/2026, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - L'insaisissable, de Liane de Pougy (1869-1950)

La vie de Liane de Pougy, de son vrai nom Anne-Marie Chassaigne (1869-1950), est une œuvre à programme, passant du vice au luxe, du luxe à la vie spirituelle. Elle est l’une des grandes courtisanes de la Belle Époque avant de devenir écrivaine puis tertiaire dominicaine. Issue d’un milieu modeste, danseuse puis demi-mondaine adulée du Tout-Paris, elle incarna la somptuosité, l’esprit et la liberté scandaleuse de la fin du XIXᵉ siècle, fréquentant artistes, aristocrates et écrivains. Elle connut une célébrité éclatante grâce à ses romans et journaux à clé. Après la Première Guerre mondiale, elle se retira progressivement du monde, se rapprocha du catholicisme et termina sa vie dans la prière, à Lausanne, laissant l’image paradoxale d’une femme passée de l’érotisme mondain à l’ascèse religieuse.

Par Nicolas Kinosky     

15/02/2026, 17:17

ActuaLitté

Les Ensablés - Les hommes sont pressés, de Juliette Pary

Née Julia Gourfinkel en 1903 à Odessa, mais venue en France à la suite de la Révolution russe de 1917, Juliette Pary  (1903-1950) a été une journaliste de gauche pour divers périodiques (Marianne, Regards, Le Journal Juif, etc.) à l’époque du Front populaire, menant des reportages parmi les milieux populaires, traitant des questions sociales ; traductrice notamment de Stefan Zweig et d’Hermann Hesse, d’Agatha Christie et de romans populaires américains pour la revue hebdomadaire Confidences ; auteure elle-même de polars désopilants et d’un remarquable roman non moins burlesque, Les Hommes sont pressés, paru chez Gallimard au printemps 1934. Par François Ouellet.

31/01/2026, 13:29

ActuaLitté

Les Ensablés - Caserne 1900, de Léon Werth (1878-1958)

Si Léon Werth fit scandale en 1919 après la publication de sa charge antimilitariste Clavel soldat et Clavel chez les majors (objets d'un précédent article des Ensablés) il reste dans les mémoires comme le dédicataire du Petit Prince dont la page de garde affiche: A Léon Werth quand il était petit garçon». Et c'est bien ainsi qu'il apparaît sur la photographie qui orne la couverture de son Caserne 1900 réédité en 1993 par les éditions Viviane Hamy.POar Isabelle Luciat.

18/01/2026, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - La Billebaude, de Henri Vincenot

Le premier article des Ensablés de cette année 2026 (16 ans d'existence)  est consacré à la réédition d’un roman que les lecteurs de moins de vingt ans ne peuvent pas connaître : « La Billebaude » (1978), du bourguignon Henri Vincenot (1912-1985) dont le passage à Apostrophes (heureux temps !) assura la gloire dès 1976. Une fois de plus, ce sont les éditions Le Passeur qui prennent l’initiative de cette publication, après avoir, l’année dernière, réédité l’admirable Campagne de Raymonde Vincent… Par Hervé BEL.

04/01/2026, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Les demi-vierges, de Marcel Prévost, par Jean-Marc Quaranta

Romancier à succès des années 1890-1920, Marcel Prévost (1862-1941) partage avec Marcel Proust son prénom et l’étymologie de son nom. Altération locale du substantif prévôt, le patronyme de Proust a été parfois confondu avec celui de cet autre Marcel, alors plus connu que lui et dont le nom semblait comme « une faute d’impression du » sien, comme il l’écrit en 1912 à Louis de Robert[1]. La postérité a réglé la question et donné raison au cadet : Prévost est complètement oublié, ensablé, quant à Proust chacun le connaît, beaucoup le lisent encore et sa place dans l’histoire de la littérature – comme fondement du Nouveau Roman et de l’autofiction – n’est plus à faire. Par Jean-Marc Quaranta

21/12/2025, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Il y a cinquante ans décédait Pierre Bost

J’écris cet article au moment où je termine l’écriture d’une biographie de Pierre Bost, écrivain, journaliste, scénariste. On pourra la lire ultérieurement. En attendant, relisons l’écrivain, dont le 6 décembre 2025 a marqué le 50e anniversaire de sa disparition. Par François Ouellet.

07/12/2025, 17:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Les Réveillés de la vie et Les Irréductibles de Zoé Oldenbourg

Avec Les réveillés de la vie (1956) et Les Irréductibles (1958), Zoé Oldenbourg (1916-2002) retrace l’histoire d’un amour impossible. De la fin des années 1930 à l’aube des années 1950, Elie et Stéphanie se cherchent et se fuient dans une valse-hésitation cruellement heurtée par la guerre. Semblable à son premier diptyque médiéval qu’il l’avait révélée, la romancière-historienne projette ici ses personnages dans la lumière contemporaine du XXe siècle où s’étirent encore les ombres portées du Moyen Age et ses dilemmes spirituels.

Par Nicolas Acker.

23/11/2025, 10:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Huysmans vivant d'Agnès Michaux

Bravo à Agnès Michaux d’avoir osé s’attaquer à Huysmans dans son épais volume publié au Cherche Midi il y a peu ! Il fallait le faire ! « Huysmans vivant » est la première biographie depuis celle de Robert Baldick publiée en 1958 (chez Denoël). Vieil admirateur du romancier, je me la suis procurée aussitôt, curieux de voir comment cette romancière (La fabrication des chiens) et spécialiste de la fin du XIXème siècle a pu traiter ce sujet vaste et ardu. En effet, aborder la vie de Huysmans, c'est aussi évoquer tout un pan de la littérature du XIXeme siècle.
Par Hervé Bel

09/11/2025, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - La Maternelle de Léon Frapié

Que reste-t-il de nos Goncourts ? Nombre d’heureux lauréats de ce prix littéraire tant convoité ne sont pas passés à la postérité et leurs romans sont aujourd’hui bien ignorés... Entre les oubliettes où ils churent et le Panthéon des auteurs consacrés, se maintiennent bon an mal an quelques romanciers dont la notoriété subit certes des éclipses, mais dont on redécouvre périodiquement l’intérêt. Par Marie Coat

 

26/10/2025, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Le tout sur le tout, de Henri Calet (1904-1956)

Henri Calet (de son vrai nom Raymond Barthelmess) n'est pas un inconnu pour Les Ensablés qui l'ont abondamment célébré, notamment au travers de son roman majeur Monsieur Paul (publié en 1950). C'est que l'homme qui se devine au travers d'une œuvre largement autobiographique, est éminemment énigmatique et attachant, se caractérisant, selon les termes de son biographe Michel P. Schmitt par « un fin humour allié à la peine de vie la plus noire » . Dans l'un des articles que Les Ensablés lui ont consacrés, il est dit que « La vie de Calet fut riche en aventures dans sa première moitié, beaucoup moins dans la seconde ».

Par Isabelle Luciat.

12/10/2025, 09:00

ActuaLitté

Les Ensables - Les modérés, d'Abel Bonnard

Le parcours d’Abel Bonnard  (1883-1968) est l’un des plus surprenants parmi les écrivains du XXe siècle. Son destin intellectuel et politique est un précipité d’ambiguïtés, de compromissions et de fulgurances. Par Nicolas Kinosky 

28/09/2025, 10:42

ActuaLitté

Les Ensablés - La Reine battue, d'Henri Duvernois

Le propre du « petit maître » est d’être discret. Un temps, il s’impose, il plaît... Puis disparaît, écrasé sous les poids des « grands ». C’est que l’on ne peut pas retenir tout le monde. J’ai mes « petits maîtres » favoris, et l’un d’eux, vous le savez peut-être, car j’en ai déjà parlé, s’appelle Henri Duvernois. Récemment, dans un vide-grenier, perdu dans un amas de livres vendus un euro chacun, je suis tombé sur son roman « La Reine battue » publié sur papier alfa bouffant dans la belle collection de luxe Le livre de demain, où le texte s’orne de gravures. Je l’ai acheté évidemment, sachant à l’avance que je ne serais pas déçu. Par Hervé Bel.

14/09/2025, 10:00

ActuaLitté

Les Ensablés - La Pierre angulaire, de Zoé Oldenbourg

Zoé Oldenbourg (1916-2002) fut longtemps associée aux succès d’édition de grandes fresques médiévales. Son premier livre, Argile et Cendres (1946) qui suit les péripéties d’un petit seigneur partant pour les croisades, impressionna tellement par sa précision et son ampleur qu’on y vit un potentiel Goncourt. Le couronnement arrivera finalement en 1953 avec son second roman La Pierre angulaire qui remporte le Prix Femina. Zoé Oldenbourg y expose les tableaux contrastés d’un Moyen-Âge où même les âmes les plus abjectes vivent dans l’espérance du salut éternel. Par Nicolas Acker.

31/08/2025, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - La vierge et le taureau, de Jean Meckert

Les éditions Joëlle Losfeld poursuivent avec bonheur la réédition des romans de Jean Meckert  (1910-1995). Le dernier en date, La vierge et le taureau, occupe une place à part dans l’œuvre de Meckert. D’abord parce qu’il s’agit du dernier publié sous son propre nom. S’il continue à publier par la suite, ce sera désormais sous le pseudonyme de Jean Amila, bien connu des amateurs de romans policiers. Dernier roman de Meckert donc, La vierge et le taureau est aussi entouré d’une légende noire qui fait de ce livre, une sorte d’ouvrage maudit qui a donné libre cours à de nombreuses spéculations. Par Carl Aderhold

17/08/2025, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - Le wagon à vaches (1953), de Georges Hyvernaud

Sa prose noire et acérée rappelle Raymond Guérin. Son ironie pessimiste penche du côté d’Emmanuel Bove. Le phrasé rageur est célinien. Nous sommes en 1953 lorsque Georges Hyvernaud publie son deuxième récit le Wagon à vaches. On y retrouve la veine existentialiste, sans le torse bombé de l’intellectuel engagé. Par Nicolas Acker.

27/07/2025, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - La fin de la IIIe République, de Emmanuel Berl

Paru en 1968 dans la célèbre collection de Gallimard, « Les trente journées qui ont fait la France », La fin de la IIIerépublique est republiée quelques années plus tard dans une autre collection intitulée «Témoins». Ce passage révèle bien à la fois la nature de cet ouvrage mais aussi celle de son auteur, Emmanuel Berl (1892-1976). S’il est aujourd’hui tombé dans l’oubli (tout juste certains se souviennent qu’il fut le mari de la chanteuse Mireille), il a pourtant marqué la vie intellectuelle des années 1930 par ses positions que ses biographes qualifient volontiers d’inclassables. Par Carl Aderhold

06/07/2025, 10:45

ActuaLitté

Les Ensablés - Le roi dort, de Charles Braibant

« Nos pays ne sont pas beaux...mais il y a en eux une espèce de grandeur calme et comme un peu dédaigneuse qui est beaucoup plus captivante que la beauté ». Ainsi Charles Braibant (1889-1976), Champenois de lignée et de coeur, décrit-il sa région d’élection dans son roman Le roi dort qui, s’il rata de peu le prix Goncourt, fut couronné du Renaudot en 1933. Par Marie Coat

 

22/06/2025, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - La peau et les os de Georges Hyvernaud

Dans la fosse commune de l’oubli, Georges Hyvernaud n’a non seulement rien fait pour l’éviter - en ne publiant que deux livres de son vivant - mais y a sauté à pieds joints. La Peau et les os (1949), court mais édifiant récit de sa captivité pendant la seconde guerre mondiale, puis Le Wagon à Vaches (1953), roman implacable de l’impossible réadaptation à une vie dite normale, prouvent que l’écrivain avait pris le parti non négociable d’une vérité humaine très difficile à vendre. Par Nicolas ACKER.

08/06/2025, 19:15

ActuaLitté

Les Ensablés - Planète sans visa, de Jean Malaquais

Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais  (1908-1998) - quitta la Pologne à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Mobilisé en 1939, il fut fait prisonnier, puis parvint à s'évader. Juif et apatride, il partagea alors l'existence précaire de nombre de personnes réfugiées à Marseille dans l'espoir d'obtenir un visa. Grâce à l'aide de son ami Gide, il obtint ce précieux sésame et gagna les Etats-Unis où il vécut plusieurs années, enseignant la littérature. Malaquais n'a publié que trois romans : « Les Javanais » (prix Renaudot 1939),  « Le Gaffeur » (publié en 1953), tous deux objets de précédents articles et  « Planète sans visa », grand roman de la France sous l'occupation, publié en 1947 et qu'il remania jusqu'à ses derniers jours. Ce roman de plus de 500 pages a été réédité en 1999 après sa mort.

25/05/2025, 09:41

ActuaLitté

Les Ensablés - La Saint-Michel et le Pont Euxin d'Anne Lacroix, par François Ouellet

Anne Lacroix (1897-1982) n’aurait publié qu’un seul roman, La Saint-Michel et le Pont-Euxin chez Grasset en janvier 1933. À cette date, elle a déjà commencé un deuxième roman, Rézle (et même annoncé un troisième titre, Les Bergers d’Arcadie), soumis en décembre de la fin de cette même année pour le Prix du roman du Temps ; les quelques voix qu’elle récolte seront insuffisantes pour qu’elle obtienne ce prix qui consiste dans la publication du roman dans les pages du quotidien. Mais, cinq ans plus tard, en mars 1938, Rézle paraîtra en feuilleton dans Le Temps. Il ne semble pas que la carrière d’Anne Lacroix ait connu d’autres développements. Par François Ouellet.

11/05/2025, 09:00

ActuaLitté

Les Ensablés - L'Impassible de Frédéric Berthet (1954-2003)

Lorsque la critique d’un livre est aussi intéressante, voire plus, que le livre dont elle parle, lorsqu’on se régale de son style, de son ironie, de sa drôlerie, et si transparaît à travers ses mots l’originalité de l’homme lui-même, alors on peut se dire qu’elle est elle-même œuvre littéraire, et que son auteur est un sacré bonhomme. Voilà la réflexion que je me suis faite après la lecture de ce recueil d’articles de Frédéric Berthet, récemment paru chez La Table Ronde sous le titre L’Impassible. Par Hervé BEL

27/04/2025, 09:00

Autres articles de la rubrique Livres

ActuaLitté

Quand l’argent transforme la dette en mode de vie

Publié une première fois en 1992, L’argent et la mort d’Emmanuel Loi revient en librairie. Dans cet essai consacré au crédit, à l’assurance et aux mécanismes économiques qui façonnent les comportements, l’auteur interroge la manière dont la dette et la consommation finissent par redéfinir l’individu lui-même.

 

12/10/2026, 07:04

ActuaLitté

Gabrielle et la malle sanglante : une affaire criminelle aux débuts de la police scientifique

À l’été 1889, la disparition d’un huissier parisien puis la découverte de son corps dans une malle mettent la France en émoi. Serge Quadruppani revient sur cette affaire qui passionna la presse de la Belle Époque et fit entrer la police scientifique dans une nouvelle ère.

12/10/2026, 06:05

ActuaLitté

Trump, Volga, dette publique : cinq livres pour comprendre le monde

Chaque semaine, la Booksletter, relancée par l’association Les Amis de Books, explore les livres publiés dans le monde. Essais, enquêtes et romans y éclairent l’histoire, la politique, les sociétés et leurs contradictions. Dans cette édition, cinq ouvrages invitent à remonter le cours de la Volga, à revisiter les méthodes de Roy Cohn, à comprendre les mobilisations populaires, à retrouver des résistantes basques et à interroger la dette publique.

11/10/2026, 12:15

ActuaLitté

Ce que ma mère a laissé derrière elle : les secrets d’une mère révélés après sa mort

Après la mort de sa mère, Jade découvre une vieille photographie représentant une jeune femme souriante aux côtés d’un homme inconnu. À partir de ce cliché, elle se lance sur les traces d’un passé familial qu’elle pensait connaître, entre secrets enfouis et histoire contemporaine de la Corée. Traduit du coréen par Yeong-Hee Lim.

10/10/2026, 07:30

ActuaLitté

Imago je suis : une voix poétique face aux désillusions du monde

Dans Imago je suis, Dan Yodwira donne voix à une narratrice confrontée à la perte de ses illusions et à ses propres contradictions. Entre colère et espoir, elle cherche un chemin vers la liberté et une possible renaissance.

10/10/2026, 06:30

ActuaLitté

Timika

09/10/2026, 20:04

ActuaLitté

Les morsures du silence

09/10/2026, 20:03

ActuaLitté

Le grand voyage

09/10/2026, 20:02

ActuaLitté

Juno et Legs

09/10/2026, 20:01

ActuaLitté

Sarah Knafo reste en tête des ventes, Thélyson Orélien grimpe malgré la polémique

Pour la cinquième semaine consécutive, Sarah Knafo conserve la première place des meilleures ventes de livres en France. Du 28 septembre au 4 octobre 2026, Le Casse du siècle (Fayard) enregistre 37.294 ventes supplémentaires. Derrière l'eurodéputée, One Piece reste deuxième, tandis que Thélyson Orélien monte sur le podium.

09/10/2026, 12:22

ActuaLitté

Grop d'Erik Svetoft : bizarre, vous avez dit bizarre

Certains auteurs ne se contentent pas d'inventer des histoires ou de rendre compte de l'état du monde : ils utilisent la puissance de la bande dessinée pour donner naissance à un univers qui n'existe nulle part ailleurs, forgé dans un alliage unique de dessins, de situations, de personnages, de de tempo et de dialogues. De livre en livre, les lecteurs explorent cet espace hors du temps et de la géographie qui leur semble de plus en plus familier. Erik Svetoft est sans nul doute un de ces artistes puissants, dont l’œuvre, de titre en titre, forge un univers qui ne ressemble à aucun autre et certainement pas au nôtre.

09/10/2026, 11:50

ActuaLitté

Le Chœur ukrainien : quand l’exil trouve une voix commune

Avant de trouver sa place dans le chœur, Coralie Grimand cherche où poser sa voix. Française, amoureuse depuis l’adolescence de la littérature russe, elle rejoint une chorale ukrainienne au début de l’invasion. La guerre ne lui retire ni Pouchkine ni Dostoïevski ; elle rend cet amour inconfortable.

09/10/2026, 10:30

ActuaLitté

Vital : une psy face au deuil d’un patient

Dans une mansarde du 11e arrondissement de Paris, une psychologue reçoit des patients aux parcours singuliers. Jusqu’au jour où la mort de l’un d’eux, tué le 13 novembre 2015, bouleverse son rapport à son métier et la conduit à franchir certaines limites.

 

09/10/2026, 07:30

ActuaLitté

À la grâce des fous : un meurtre au cœur des fantômes de la Gaspésie

À L’Anse-à-Beaufils, près de Percé, un homme est retrouvé mort en pleine saison touristique. Son passé sulfureux lui avait valu de nombreux ennemis. Tandis que l’enquête commence, les souvenirs des villages disparus de Gaspésie refont surface.

 

09/10/2026, 06:15

ActuaLitté

L'Affaire au carré : Un producteur assassiné, sa fille retrouvée morte

Quatre balles dans la nuque, disposées en carré. Le 6 mai 1995, Joseph Vitali, grand producteur de cinéma et personnage trouble, est exécuté dans un parking. Personne n'est arrêté. Trente ans plus tard, jour pour jour, sa fille Ana disparaît. On retrouve son corps au fond d'un puits, dans la forêt de Meudon. Les Vitali ne croient pas aux coïncidences. Estelle Voldor non plus. À la tête de True Crime, magazine spécialisé dans les affaires non résolues, elle flaire le sujet qui fera trembler la rédaction : « Rien que l’histoire de cette famille, j’achète ! » Reste à convaincre Jed Jarzinski de s'en charger. Mauvaise humeur comprise.

08/10/2026, 19:02

ActuaLitté

Keith Jarrett au Japon : sur les traces des Sun Bear Concerts

Un Shinkansen file vers Tokyo. Dans le casque de Philippe Séclier, Keith Jarrett improvise. Quelques mois plus tard, un coffret couleur sable acheté au Japon devient le point de départ d’une enquête : les Sun Bear Concerts, huit récitals donnés en novembre 1976, dont cinq furent réunis sur dix vinyles. 

08/10/2026, 17:13

ActuaLitté

Autant que l’amour : sept autrices mettent l’amitié à l’épreuve

L’amitié a longtemps occupé, dans les récits, la place de la relation qui va de soi : solide, secondaire, moins spectaculaire que l’amour. Autant que l’amour refuse précisément ce confort. Sous la direction de Charlotte Pudlowski, six textes de non-fiction signés par sept autrices regardent ce lien là où il protège, déçoit, domine, libère ou recommence. 

08/10/2026, 10:22

ActuaLitté

L’oiseau qui boit des larmes T2 : une fantasy coréenne entre meurtre et lutte de pouvoir

Dans un monde partagé entre quatre peuples, la mort d’un jeune Naga lors d’un rituel va bouleverser un fragile équilibre. Accusé à tort, Ryun Pei fuit vers le nord, où il doit rejoindre une escorte composée de représentants de chacun des peuples. Traduit du coréen par Kette Amoruso.

08/10/2026, 07:30

ActuaLitté

Quand le mari est auteur de polars, le crime parfait devient une possibilité

Une joggeuse disparaît sans laisser de trace. Son mari, écrivain de romans policiers, devient le principal suspect. Cinq ans plus tard, la découverte d’ossements humains relance une affaire que certains auraient préféré voir enterrée. Avec The Crime Writer, Diane Jeffrey mêle enquête, secrets de famille et fascination pour le crime parfait.

08/10/2026, 06:00

ActuaLitté

Un polar survolté où son héroïne Abigail Boone fait une entrée fracassante, au propre comme au figuré

Premier roman du britannique Dominic Nolan : On a parlé de Dominic Nolan l'an passé avec un sacré roman, White City, un polar inscrit dans sa fresque socio-historique sur le Londres des années passées, qui lui a valu notoriété et succès depuis Vine Street. Le revoici dans un registre plus classique, avec J'étais Abigail Boone qui fut son premier roman publié en 2019 en VO. Un second épisode mettant en scène l’héroïne amnésique Abigail Boone (After Dark - 2020 en VO) n'a pas encore été traduit en français.

07/10/2026, 17:38

ActuaLitté

Le Boléro de nos vies : ce que nous héritons des générations précédentes

Les Uns et les Autres raconte en effet beaucoup de choses. Des histoires d’amour. Des séparations. Des ambitions. Des rencontres. Des enfants. Des morts. Mais le film raconte surtout que nous vivons des vies personnelles à l’intérieur d’une Histoire qui, elle, ne nous demande jamais notre avis. Propos recueillis par Jean-Charles Bettan, psychanalyste à Cannes.

 

07/10/2026, 16:35

ActuaLitté

Bernard-Henri Lévy : on ne se souvient jamais deux fois de la même façon

Dès le préambule, la subjectivité du philosophe est impossible à séparer de ce qu’il raconte. Mais comment écrire ses mémoires partagés avec ce que l’on a vu, ceux que l’on a rencontrés, les causes que l’on a défendues ou abandonnées, les conflits que l’on a traversés ou atténués, et surtout les noms qui nous ont influencés ? Tout cela compose peu à peu le tableau d’une époque qui n’existe plus tout à fait, mais aussi l’image d’un homme dont l’identité elle-même est déjà un récit.

07/10/2026, 12:19

ActuaLitté

Tiphaine Raffier : mourir sous le regard des autres

Un micro derrière un Vermeer. Une chaise médicalisée qui résiste au montage. Un chronomètre autour du cou. Une cassette qu’on ne sait plus faire jouer. Et, au milieu, Laure, revenue dans la maison familiale de Morsan pour y vivre ses derniers jours. Tiphaine Raffier installe L’Hors-Présence ou Chimères du pays de Morsan avec une précision clinique, puis laisse tout se dérégler. 

 

07/10/2026, 10:00

ActuaLitté

Esquisse d’une serial killer : derrière la Diabolique, une enquête dérangeante

Le titre désigne déjà un piège. Esquisse d’une serial killer (trad. Pierre-Mong Lim) promet le monstre, la mécanique du crime, peut-être le frisson confortable du true crime. Hu Mu-ching fait exactement l’inverse. Elle revient vers Lin Yu-ju, condamnée à mort à Taïwan pour trois meurtres et très vite figée par les médias sous un surnom : la Diabolique. Ébauche prévue le 15 octobre.

06/10/2026, 17:59

ActuaLitté

Le souci de vivre : parler de la mort pour donner du sens à l’absurde

Il y a des livres qu’on offre sans raison particulières, juste pour faire plaisir, petit format, une centaine de pages, un prix raisonnable, un livre qui pique notre curiosité ; vous connaissez toutes et tous ce genre de livre qu’on lit en une après-midi et qui laisse une empreinte importante par la suite. Le souci de vivre d’Olivier Carré fait partie de ces livres qui reste longtemps en mémoire tant il parle d’un sujet auquel nous tous aurons à faire face un jour ou l’autre : la mort. 

06/10/2026, 17:57

ActuaLitté

Lola Lafon enferme quatre amis dans un aéroport sous tension

Une valise, un mot, une fracture politique : voici la nouvelle pièce de Lola Lafon. Une valise dépasse de quelques centimètres et, avec elle, tout déborde. Dans une salle d’embarquement, quatre amis d’une quarantaine d’années devraient partir en vacances. Décollage (ou pas), le 15 octobre.

06/10/2026, 17:20

ActuaLitté

Sur la route du retour de Franck Maubert : révéler la nudité désolée

Il y a un principe dans la vie sur lequel il est difficile d’y revenir : on ne peut pas donner l’amour que l'on n’a pas reçu. Pour Franck Maubert, l’amour non reçu vient de cette mère distante, froide, qui le place durant sa petite enfance chez un couple vivant dans une ferme, puis viendra le reprendre pour le laisser à ses parents, couple âgé qui se désintéresse de lui avant de le conduire contrainte chez elle. De cette enfance heureuse en campagne, l’auteur découvrira la joie du silence et une quête mystique dans les églises.

06/10/2026, 15:12

ActuaLitté

Le Parfum des feuilles de thé : quitter Tokyo pour recommencer

Tokyo s’éloigne, la route monte, le béton cède aux pentes de Shizuoka. Mayumi et Akane ont trente-cinq ans, sont amoureuses et décident de reprendre la plantation de thé du grand-père d’Akane, affaibli par un AVC. Sur le papier, tout ressemble au fantasme contemporain du grand départ : quitter la ville, retrouver la terre, repartir de zéro. Infusion dès le 15 octobre.

06/10/2026, 14:06

ActuaLitté

Voyage avec un âne : ce que Modestine change au récit de Stevenson

Il part à pied pour se remettre d’un chagrin, s’équipe beaucoup trop, achète une ânesse pour porter le tout et découvre presque aussitôt qu’elle n’a aucun goût pour les itinéraires bien tracés. Voyage avec un âne dans les Cévennes tient depuis 1879 sur ce délicieux désaccord entre un homme qui veut avancer et Modestine, qui préfère brouter. Parution le 15 octobre

06/10/2026, 13:32

ActuaLitté

Toute la famille a eu de la chance : Auschwitz au bout du couloir

Philippe Schwartz commence par se méfier de sa propre mémoire. C’est une excellente manière d’entrer dans Toute la famille a eu de la chance. « Aujourd’hui, j’ai conscience d’enjoliver. J’en fais une légende. » Le narrateur ne promet donc ni archive pure ni reconstitution infaillible. Sortie le 15 octobre.

06/10/2026, 12:55

ActuaLitté

Mom Alone : la maternité solo, sans filtre et sans mode d’emploi

Il y a les livres sur la parentalité, avec leurs principes, leurs méthodes, leurs lendemains mieux organisés. Et puis il y a 17 h 30. Le travail n’est pas fini, les enfants reviennent dans le cadre, le dîner se rapproche et quelqu’un pense soudain : « Purée... Il est déjà 17h30 ! » Quelques cases plus loin tombe le verdict : « J’ai rien foutu. » Mom Alone habite exactement cet espace-là : celui où les bonnes intentions se froissent au contact du réel.

05/10/2026, 17:30

ActuaLitté

Peut-on vendre un rein ? Cinq livres pour interroger nos certitudes

Cette semaine, la Booksletter explore cinq livres qui déplacent le regard sur l’histoire, la morale et nos sociétés : l’économie quotidienne de la Rome antique, les grandes expéditions britanniques en Antarctique, l’humour noir face à la mort, les marchés jugés moralement « répugnants » et le poids de l’époque dans les trajectoires criminelles. Cinq lectures pour éclairer autrement des questions anciennes et très contemporaines, sans simplifier.

03/10/2026, 11:13

ActuaLitté

La fille aux huit vagins, et autres histoires postporno

Dans ce recueil de cinq nouvelles toutes plus originales les unes que les autres, Agnieszka Szpila, autrice du très remarqué Hexes, également traduit et publié par Notabilia, imagine de nouvelles manières de désirer pour repenser notre rapport au monde, à l’altérité et à la littérature, qu’elle soit lue ou écrite. Par Emma Tholozan.

03/10/2026, 09:00

ActuaLitté

Phébus ressort La boîte en os, un roman gothique aussi fascinant que dérangeant

À l’occasion de son cinquantenaire, la maison Phébus publie une édition collector d’un de ses romans emblématiques : La boîte en os, d’Antoinette Peské. Un nouvel écrin pour un petit bijou de la littérature du XXe siècle. Par Emma Tholozan.

02/10/2026, 17:37

ActuaLitté

Grandir comme la nuit

02/10/2026, 17:09

ActuaLitté

La dislocation

02/10/2026, 13:48