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Libraires en grève : “Ce n'est pas possible qu'on gagne le Smic encore aujourd'hui”

À 25 ans, quatre années de librairie derrière elle et un salaire toujours au Smic, une jeune libraire venue débrayer ce mardi 8 septembre résume en quelques phrases ce qui pousse une partie de la profession à tenter un exercice encore inhabituel : la grève.

Le 08/09/2026 à 18:33 par Hocine Bouhadjera

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08/09/2026 à 18:33

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Devant les grilles bleues et dorées de l'hôtel de Massa, au 38, rue du Faubourg Saint-Jacques, dans le 14e arrondissement de Paris, des drapeaux rouges de la CGT dépassent d'un rassemblement. Chasubles fluorescentes sur le dos, libraires et représentants syndicaux occupent le trottoir, discutent par petits groupes et attendent les nouvelles de la réunion qui se déroule à quelques mètres d'eux.

À l'intérieur, organisations de salariés et Syndicat de la librairie française (SLF) reprennent leurs négociations de branche.

Dans un secteur éclaté entre des milliers de petites structures, où salariés et employeurs travaillent souvent à quelques mètres les uns des autres, débrayer signifie aussi tester la possibilité même d'un rapport de force collectif. La Fédération CGT Commerce et Services avait lancé un appel national, relayé notamment par SUD Culture Solidaires, pour accompagner la reprise des négociations sur les salaires et la convention collective.

À cette échelle, le collectif se réduit parfois à un seul salarié face à son employeur : l’appel national prend alors une portée très concrète, puisqu’il permet de débrayer seul dans son entreprise.

La veille, ActuaLitté revenait sur cette mobilisation rarissime. Sur place, une question domine rapidement toutes les autres : comment continuer à exercer un métier aimé lorsque l'expérience, les compétences accumulées et la polyvalence ne se traduisent presque pas sur la fiche de paie ?

Quatre ans de métier, toujours au Smic

La jeune libraire interrogée par ActuaLitté travaille depuis plus de quatre ans pour la même enseigne. Un treizième mois et quelques primes ponctuelles complètent sa rémunération, mais son salaire de base reste fixé au Smic. « Je constate depuis toutes ces années qu'il n'y a pas d'évolution de salaire, même personnelle, en fonction des compétences, malgré mes demandes auprès de mes responsables. Et je trouve que ce n'est pas normal par rapport à toutes les tâches qu'on nous demande de faire et à toute la polyvalence qu'on nous demande. On se demande : qu'est-ce qu'on peut faire de plus pour gagner plus ? »

Derrière le conseil aux lecteurs, elle énumère les sollicitations permanentes, la réception, les charges à porter, les appels, la nécessité de rester disponible face au public malgré la fatigue. Dans sa librairie, le manque d'effectifs a fini par avoir une conséquence très concrète : l'établissement ferme désormais un jour dans la semaine. Sur une équipe d'une dizaine de personnes, elle estime que quatre ou cinq doivent débrayer ce mardi.

La grille salariale actuelle donne une traduction très concrète au malaise. Depuis le 1er juin 2026, le Smic atteint 1867,02 € brut par mois pour 35 heures. Or les minima négociés dans la branche sont fixés à 1834 € au niveau 1, 1848 € au niveau 2 et 1.862 € au niveau 3. Tous trois étant inférieurs au minimum légal, les salariés concernés doivent être rémunérés au Smic. Le niveau 4, à 1876 €, ne s'en écarte que très légèrement.

Autrement dit, quand les syndicats disent ne plus vouloir « courir après le Smic », la formule n'est pas seulement rhétorique : une partie de la grille conventionnelle a déjà été rattrapée par lui. « Ce n'est pas possible qu'on gagne le Smic encore aujourd'hui. Il faudrait que le salaire soit valorisé en fonction des années de travail et de la charge de travail surtout. Ce qu'on demande, c'est d'être écoutés, parce qu'on est assez frustrés de ne pas l'être. »

Faire grève quand chaque euro compte

Nikita a commencé en librairie en 2022, d'abord comme apprenti, avant de décrocher un CDI en 2024. Son salaire ? Environ 30 € de plus que le Smic. Dans sa librairie parisienne, cinq salariés sont en CDI, auxquels s'ajoutent une apprentie et le gérant. Ce mardi, il est le seul de son établissement à avoir cessé le travail.

Dans une petite équipe, se mettre en grève ne passe pas inaperçu : l'absence d'un seul salarié peut déjà peser sur l'organisation du commerce. Le libraire insiste surtout sur la nécessité de rendre ce geste collectif plus courant dans la profession. « Dans un métier où, déjà, tu ne gagnes pas beaucoup, c'est compliqué de poser une journée de grève. L'idée, c'est de se montrer, de faire voir aux autres libraires qui aimeraient le faire que c'est possible de s'y mettre aussi. Plus on est nombreux, plus ça pèsera. Si tous les salariés d'une librairie font grève et que la librairie ne peut pas ouvrir, là, ça commence à faire valoir un vrai rapport de force. »

Un membre de CGT Librairies présent y voit l'une des raisons historiques du faible recours à la grève, à laquelle s'ajoute selon lui une culture particulière des relations de travail dans la profession.

« Il y a encore une sorte de management paternaliste : le métier passion, l'équipe qui est une famille... C'est extrêmement compliqué de faire grève parce qu'on est un peu tenu par la culpabilité de se dire que, si on le fait, on handicape toute l'équipe. Dans une petite librairie, on voit sa patronne ou son patron tous les jours. La grève est un outil qui a été très peu utilisé jusque-là. Là, on pose une première pièce à l'édifice. »

Le « métier passion » et le travail invisible

La passion, justement, revient constamment dans les conversations. Pas pour être reniée : les libraires présents aiment les livres, le conseil et le contact avec les lecteurs. Mais plusieurs refusent qu'elle continue à servir de compensation implicite à ce qui n'apparaît pas sur la fiche de paie.

Trois libraires rencontrés ensemble insistent sur cette frontière : « On a une passion de la lecture, on a une passion d'avoir accès à des ouvrages qu'on aime. Mais ça ne change pas que les tâches de travail ne sont pas des tâches de passion. Le côté passion fait aussi qu'on a des charges de travail à l'extérieur de la librairie, qui ne sont toujours pas rémunérées dans la majorité des librairies. »

La lecture en est l'exemple le plus évident. Lire les nouveautés nourrit pourtant directement le conseil et la prescription, donc la valeur ajoutée du libraire. Mais une grande partie de ces heures est effectuée le soir, le week-end ou dans les transports.

Un ancien libraire, qui a exercé dans une indépendante de 2011 à 2019, se souvient d'un problème déjà omniprésent à son époque : « À l'exception de quelques toutes petites librairies qui ont des temps de lecture payés, toutes ces lectures sont des choses qu'on doit faire à la maison. Et c'est aussi un boulot très physique. Moi, j'ai eu plusieurs accidents en librairie qui m'ont envoyé à l'hôpital. »

Il finira par quitter le métier au moment où l'équation est devenue intenable. « À la naissance de ma fille, il a fallu faire un choix. Avec les horaires et le salaire, continuer en librairie n'était plus possible. À Paris, c'était totalement impossible. » Son nouvel emploi lui apporte, raconte-t-il, environ 500 € nets supplémentaires par mois.

Chez la jeune libraire de 25 ans rencontrée ce mardi, la même question arrive, après quatre années. « J'aime toujours mon métier, mais je me pose énormément de questions : est-ce que je vais rester dans cette entreprise ? Est-ce que je dois changer ? Je ne me projetais pas sur une année supplémentaire, et pourtant je ne peux pas quitter mon travail comme ça. »

Une séance qui « ne s'est pas très bien passée du tout »

Pendant la matinée, les représentants syndicaux cherchent les dernières nouvelles de la réunion. Les négociations ont commencé plusieurs mois plus tôt et se sont déjà tendues. La CGT, devenue premier syndicat de la branche avec 48,16 % de représentativité, avait refusé les précédents accords salariaux, jugés insuffisants.

À l'extérieur, les premiers chiffres circulent déjà. On évoque une augmentation qui représenterait environ 8,50 € nets par mois pour les plus basses rémunérations. « C'est absolument dérisoire, a fortiori à l'époque qu'on vit. Il y a énormément de libraires qui sont payés sur les mêmes bases partout en France, alors que les conditions de logement deviennent extrêmement difficiles dans Paris, mais aussi de plus en plus dans les grandes et moyennes villes. »

Quelques heures plus tard, la sortie de négociation confirme le désaccord. Sana, de CGT Librairies, qui a participé directement à la réunion avec le SLF, décrit à ActuaLitté une séance qui « ne s'est pas très bien passée du tout ». La proposition présentée par le SLF ferait démarrer la nouvelle grille à seulement 12 € au-dessus du Smic, avant de prévoir des écarts d'environ 11 € entre les niveaux suivants. La CGT évalue la revalorisation résultante à environ 0,59 %.

« On est très loin des revendications de l'ensemble des organisations syndicales. Et je tiens à le dire : ce n'est pas seulement la CGT. L'ensemble des organisations syndicales étaient outrées par ces propositions, qui ne permettent pas de discuter. »

La critique prend un relief particulier alors que la hausse des prix reste sensiblement supérieure à ce niveau de revalorisation. Pour la CGT, la conséquence est simple : avec une augmentation de cet ordre, les salariés continueraient à perdre du pouvoir d'achat.

Pour les libraires rencontrés devant la réunion, le symbole est d'autant plus difficile à accepter qu'une journée de grève représente elle-même une perte de salaire. « Nos vies ont été bousculées par l'inflation. Mon loyer augmente, mon électricité augmente. Et mon salaire augmente de quelques euros par mois. C'est difficile de se projeter dans un travail qui nous plaît si nos conditions de travail ne sont pas revalorisées. »

Le désaccord ne porte cependant pas sur l'existence des difficultés économiques de la librairie. Le SLF les reconnaît lui-même. Lors des Rencontres nationales de la librairie en juin, sa présidente soulignait que les salaires s'étaient « dangereusement rapprochés du Smic », tandis que certaines librairies ne remplaçaient plus les départs ou réduisaient leurs effectifs. Dans son diagnostic économique, l'organisation patronale mettait en cause la dégradation du marché et le manque de solidarité du reste de la chaîne.

C'est ici que salariés et employeurs commencent paradoxalement par se rejoindre : les marges de nombreuses librairies sont faibles. Ils divergent en revanche sur ce que cette fragilité doit autoriser dans les négociations salariales et sur la manière de répartir l'effort.

Nikita, lui, a retenu de sa formation un autre repère : environ 150.000 € de chiffre d'affaires par salarié à temps plein. Un ratio qui permet de regarder concrètement si l'équipe est en sous-effectif ou en sureffectif, et s'il reste de la place pour embaucher ou mieux payer.

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« Ils ont refusé de discuter »

Le blocage ne concerne pas seulement la grille. Les organisations syndicales avaient également placé sur la table plusieurs revendications directement ou indirectement liées à la rémunération : généralisation ou amélioration du treizième mois, ancienneté, subrogation, prise en charge des jours de carence ou encore droits supplémentaires en matière de congés. « Tout ce qui avait assez de lien direct avec le salaire, ils ont refusé de discuter », nous explique Sana.

Quelques avancées ont seulement été acceptées sur certains congés exceptionnels, notamment liés à des décès familiaux, mais « vraiment très à la marge ».

La CGT et FO ont finalement quitté la séance, rapporte la syndicaliste. L'ensemble des organisations syndicales se sont opposées à la proposition salariale et aucun accord n'a été trouvé à l'issue de cette journée. « Nous, on est prêts à discuter, mais à partir de propositions qui sont un peu correctes. Là, on est très loin de choses sur lesquelles on peut discuter. »

La CGT entend désormais porter le conflit sur un autre terrain. Sana annonce que son organisation envisage de saisir la Direction générale du travail et, à travers elle, le ministère du Travail, pour dénoncer ce qu'elle considère comme un manque de loyauté dans la conduite des négociations. « On va utiliser toutes les billes qui sont dans nos mains : à la fois la création d'un rapport de force avec les travailleuses et travailleurs de la librairie, mais aussi tous les aspects légaux qui s'offrent à nous, notamment la saisine de la DGT face à cette situation de blocage. »

La Direction générale du travail peut en effet intervenir lorsqu’une négociation de branche se trouve bloquée. Le Code du travail impose qu’elle soit menée de manière « sérieuse et loyale » : la partie patronale doit notamment fournir aux syndicats les informations nécessaires et répondre de façon motivée à leurs propositions. Si ces conditions ne sont pas réunies, l’administration peut faire intervenir une commission mixte paritaire, présidée par un représentant du ministère du Travail, afin de remettre les organisations autour de la table. 

« Aller chercher l'argent où il est »

Pour Yann, de CGT Librairies, le débat ne peut pas rester enfermé entre le salaire du libraire et le compte d'exploitation de son employeur. « On sait très bien que la situation est compliquée à l'échelle nationale pour toutes les librairies. Mais on ne voit pas assez de positionnement concret pour aller récupérer l'argent où il est : auprès des distributeurs, auprès des grands groupes, et aussi en demandant à l'État de prendre ses responsabilités. »

Depuis plusieurs années, le SLF réclame notamment de meilleures remises commerciales aux distributeurs et aux éditeurs. En juin, Hachette a annoncé que 1295 librairies indépendantes bénéficieraient d’une remise commerciale minimale de 36 %, seuil réclamé depuis dix ans par le syndicat, ainsi que d’un crédit des retours ramené à 30 jours pendant six mois de l’année. Le SLF estime désormais que, face aux difficultés actuelles, ce minimum devrait même être porté à 38 %.

Les petites librairies indépendantes obtiennent généralement, selon ses chiffres, entre 30 et 33 % de remise auprès des groupes d'édition.

Patrick Bobulesco connaît les deux faces de cette équation. Cofondateur du Point du Jour, librairie du Quartier latin qu'il a fait vivre pendant plus de quatre décennies avant de partir à la retraite, il avait déjà décrit à ActuaLitté les marges fragiles, les loyers et les charges qui étranglent les indépendants. Ce mardi, il est pourtant venu soutenir les salariés.

« La situation des patrons libraires n'est pas toujours facile, c'est évident. Donc ce qu'il faut, c'est repenser toute la chaîne de commercialisation du livre et voir où passent les profits, comment certains acteurs peuvent gagner beaucoup alors que d'autres rament, tout en étant indispensables dans la diffusion de la culture et des idées. Mais ce n'est pas une raison pour accepter la situation des salariés telle qu'elle est aujourd'hui. »

À ses yeux, la nouveauté est moins la colère que son organisation. Pendant longtemps, souligne-t-il, les actions syndicales étaient surtout visibles dans les grandes enseignes. Dans les petites librairies, les salariés se connaissaient, se croisaient dans les salons et festivals, mais disposaient de peu d'outils communs pour transformer leurs difficultés individuelles en revendications de branche.

Des salaires, mais pas seulement

La rémunération a servi de déclencheur au 8 septembre, mais les revendications débordent très vite de la seule grille : congés supplémentaires, meilleure couverture santé, titres-restaurant, droits liés à l'ancienneté, congés pour la santé hormonale, prise en compte de la pénibilité ou encore temps de lecture rémunéré.

« Des tickets resto, des tickets vacances, des congés supplémentaires, des aménagements, être plus à l'écoute des équipes : il y a plein de choses sur lesquelles on pourrait jouer », avance une libraire. « La manutention, ce n'est pas des pinottes. Les livres, il faut les porter. Et il y a cette idée que les libraires seraient interchangeables. Oui, quelqu'un peut toujours prendre la place, mais si on veut une vraie librairie et pas simplement une grande surface complètement plate, il faut traiter les libraires avec respect. »

Elle est formelle : « Une librairie reste un commerce, mais ce n'est pas n'importe quel commerce. On vend des livres, des objets qui portent des pensées, des idéologies, des courants. On ne trouve pas du tout les mêmes choses sur toutes les tables de librairie, et c'est aussi grâce aux libraires. Tout ce travail doit être apprécié à sa juste valeur. »

Chez les syndicats, le raisonnement est similaire : empêcher que le « métier passion » devienne la justification permanente de droits inférieurs à ceux d'autres branches. Yann cite notamment le statut des alternants, souvent utilisés selon lui pour absorber les sous-effectifs, et le problème de la fidélisation : des salariés arrivent jeunes, se forment, puis quittent parfois rapidement le secteur faute de pouvoir s'y projeter.

Une mobilisation encore modeste, mais pas seulement parisienne

Ce 8 septembre, devant l'hôtel de Massa, les drapeaux donnent de la couleur au trottoir mais ne masquent pas la modestie des effectifs. Les organisateurs en ont conscience. Pour eux, l'enjeu de cette première journée est autant de montrer qu'une grève nationale est possible dans la librairie que de remplir une rue parisienne.

Sana indique que des libraires ont également cessé le travail dans plusieurs villes, notamment à Marseille, Rennes et Bordeaux. Deux salariés de Cultura venus du sud de la France ont également fait le déplacement jusqu'au rassemblement parisien. « Que des camarades aient fait plusieurs centaines de kilomètres pour monter au rassemblement et faire grève, c'est assez symptomatique : il se passe quelque chose quand même en librairie. »

Pour un représentant CGT Librairies, la première victoire serait désormais que la grève cesse d'apparaître comme un geste presque impensable dans une petite librairie. Qu'un salarié seul avec son patron puisse savoir qu'un appel national le couvre. Qu'une équipe puisse discuter d'un débrayage sans que celui-ci soit immédiatement vécu comme une trahison envers la boutique. Et que les prochaines négociations ne reposent plus uniquement sur des représentants assis autour d'une table, mais sur la possibilité d'une mobilisation derrière eux.

« C'est une première étape. Si les négociations ne sont pas suffisantes, il faudra de nouveaux rendez-vous, de nouvelles grèves et de nouveaux rassemblements, qu'on espère de plus en plus suivis. L'idée, c'est aussi de faire comprendre à nos confrères et consœurs que c'est une possibilité, et qu'on est là pour les défendre si cela les met en porte-à-faux avec leur direction. »

Une assemblée des travailleuses et travailleurs du livre est annoncée le 22 septembre à la Bourse du travail de Paris, dans le prolongement des rapprochements entre libraires, auteurs, traducteurs et autres métiers de la chaîne. La CGT Librairies prévoit désormais un autre rendez-vous, spécifiquement consacré aux salariés de la librairie, le 6 octobre.

Après l'échec de la réunion du 8 septembre, la question porte à présent sur sa capacité à durer suffisamment pour rouvrir une négociation que les syndicats considèrent aujourd'hui bloquée. À 25 ans, la jeune libraire rencontrée au début du rassemblement n'emploie pas ces termes de stratégie syndicale. Elle pose une question plus simple, et probablement plus lourde pour la branche : après quatre ans à apprendre le métier, que doit-elle encore faire pour pouvoir continuer à l'exercer ?

À LIRE - “À Paris, Gibert a été le moteur économique du quartier Saint-Germain”

« On espère être valorisés. On veut que cette grève soit entendue et vue. C'est tout : qu'on soit pris en compte et qu'on soit écoutés. »

Crédits photo : ActuaLitté (CC BY-SA 2.0)

 
 
 
 
 
 
 
 
 

Par Hocine Bouhadjera
Contact : hb@actualitte.com

1 Commentaire

 

Alain

16/09/2026 à 10:41

Quand un(e) libraire n’arrive pas à se payer tous les mois comment voulez-vous qu’il(elle) augmente son ou sa salariée. Et tous les libraires n’ont pas des marges à 36%. Si je ne me trompe doit être favorisé le qualitatif ????
Mais Mr Antoine Gallimard dit que ces pleureuses de libraires ont des problèmes de gestion et ne doivent pas se diversifier ( salon de thé, papeterie…,) Avec ça on est aidés

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Au Livre à Metz, l’édition 2026 a choisi pour fil conducteur une question simple en apparence : « Habiter le monde ». Derrière ces mots, un thème vaste, ouvert, qui traverse les livres, les imaginaires et les façons de vivre. En ce samedi de salon, entre rencontres d’auteurs et déambulations, nous avons pris le parti de poser la question telle quelle, sans détour, aux visiteurs. Avant de leur révéler qu’elle était au cœur de cette édition - et de voir comment, à travers la lecture, chacun tente d’y répondre à sa manière.

12/04/2026, 09:41

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“L’édition indépendante ne peut pas être la même chose en plus petit”

Chez Pollen, le retour à la diffusion a pris corps, incarné par Matthieu Raynaud, venu d’Harmonia Mundi, et par une équipe de six représentants. Un calendrier est déjà enclenché et des tournées sont en préparation. Le lancement est fixé au 1er mai, avec un cap clairement tourné vers la librairie indépendante.

27/03/2026, 18:13

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“Les 10 livres qui m’ont appris le métier” : Jean Esch, l’atelier d’une vie de traducteur

PORTRAIT – « Traduire, je le vois comme une profession d’artisan, à qui l’on demande de reproduire un meuble, sans qu’il ne possède ni les mêmes outils ni le même bois que ceux ayant servi pour la pièce d’origine. » Fort de quarante années de métier, Jean Esch compte en France parmi les noms majeurs de la traduction de l’anglais. ActuaLitté l’a sollicité pour un entretien insolite : les 10 livres par lesquels il a forgé son métier.

24/03/2026, 16:33

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Parenthèses à Hong Kong : une librairie dédiée aux rencontres et à la langue française

Il existe, en plein centre de Hong Kong, une librairie française - mais il serait plus juste de dire francophone - nichée dans le quartier animé de Sheung Wan, au beau milieu des gratte-ciel, des tramways grinçants - que l’on appelle ici ding-ding - et du flux continu des passants.

24/02/2026, 17:25

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Pas de cartes postales : “Mon premier livre vendu, c’était une biographie du Che”

Sur le quai de l’Hôtel de Ville, Pierre est assis avec son camarade Maxime. L'ancien libraire et chineur invétéré nous présente ses « outils » : des textes « utiles », des archives de luttes, des classiques qui reviennent, des fonds devenus introuvables ou presque - et surtout, des ponts.

20/02/2026, 18:22

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Diffusion du livre photo : résoudre “l’impossible équation économique“ des éditeurs

« La réalité d’un livre photo, c’est qu’on le conservera durant une année entière. Et au moment où l’on se décide à le renvoyer, un client le sauvera du retour pour l’acheter. » Cette théorie, qu’une libraire présente dans la salle du Musée de Picardie expose comme amplement vérifiée, concluait les échanges avec humour et délicatesse. Pour autant, l’anecdote dit quelque chose de cette difficulté de diffusion…

22/01/2026, 18:24

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“Il faut s’organiser collectivement pour se défendre concrètement”

La branche Métiers du livre de SUD Culture Solidaires a tenu, vendredi 16 janvier 2026, une conférence de presse à l’annexe de la Bourse du travail de Paris. Ses membres, aux côtés d’autres acteurs engagés du monde du livre, y ont dénoncé la multiplication des attaques d’extrême droite contre les librairies et le climat politique, policier et médiatique qui les rend possibles. Un fait jugé inédit depuis des décennies a été particulièrement souligné : la perquisition, le 7 janvier dernier, de la librairie féministe Violette and Co.

16/01/2026, 18:22

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Le métier que personne ne voit, mais sans lequel votre liseuse ne fonctionnerait pas

PORTRAIT – Dans les coulisses de la lecture numérique, certains métiers œuvrent loin des projecteurs. Sans eux, pourtant, aucune bibliothèque ne se synchroniserait, aucun livre ne suivrait son lecteur d’un appareil à l’autre. Abdelmajid Ouelbani fait partie de ces artisans essentiels. Lead Developer Backend chez Vivlio, il incarne une expertise technique au service d’une expérience de lecture fluide, presque invisible — et donc réussie. Rencontre avec un ingénieur qui parle de code avec la même précision que de littérature, et pour qui la technologie n’a de sens que si elle s’efface derrière l’usage.

15/12/2025, 09:36

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Hokusai, Tezuka, Dior : quand le manga déborde le papier

Au musée Guimet, on est pénétré de la solennité de ses pièces, du silence des vitrines, des cartels sages comme des images. Et puis, avec Manga, Tout un art !, exposition qui court jusqu'au 9 mars prochain, le lieu fait un pas de côté. Un pas calculé, qui consiste à prendre le manga au sérieux. À le traiter comme une forme narrative, graphique, industrielle, culturelle - avec ses généalogies, ses ruptures, ses contradictions.

12/12/2025, 18:59

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“Je l’ai lu il y a deux ans et je le relis tous les ans” : le livre inoubliable de Lucy Maréchal

PORTRAIT - Des lecteurs, des vrais, pour qui les ouvrages ne se résument pas à des fichiers – quand bien même ils les bichonnent. ActuaLitté a rencontré les équipes de Vivlio, pour découvrir leur inoubliable. Cette semaine, nous accueillons Lucy Maréchal, chargée d'animation éditoriale chez Vivlio.

12/12/2025, 13:26

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Sous les fenêtres du ministère, les auteurs se mobilisent pour une continuité des revenus

Réunis devant le ministère de la Culture, place Colette, autrices, auteurs, illustrateurs, scénaristes et artistes de tous horizons sont venus « célébrer une victoire historique » tout en gardant les yeux braqués sur l’échéance suivante : le vote au Sénat, le 18 décembre, d’une proposition de loi pour une continuité de revenus via l’assurance-chômage.

10/12/2025, 17:53

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Lecture, audio, hybridation : chez Vivlio, Loriane Sauvageon défie les géants américains

PORTRAIT – Dans les bureaux de Vivlio, entre deux étagères de liseuses et quatre de bouquins, ActuaLitté a rencontré Loriane Sauvageon. Elle occupe un poste clef dans l'entreprise : customer success manager [responsable de la satisfaction clientèle, NdR]. Et le succès est bien au rendez-vous.

09/12/2025, 15:32

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À Lyon, Angers ou Le Creusot, les braderies de bibliothèques font recette

Le dimanche 16 novembre dernier se déroulait la braderie de la Bibliothèque municipale de Lyon (BmL), un rendez-vous annuel depuis trois ans où, cette année, 25.000 livres, CD, vinyles et albums, 441 boîtes-livres et jeux étaient proposés à des prix allant de 1 à 5 €. Le franc succès rencontré par l'événement, qui a attiré au total 3700 visiteurs, contre 2500 l'année dernière, n'est pas un cas isolé.

03/12/2025, 16:42

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Pandora Hearts : quand le manga fait sa comédie (musicale)

Pandora Hearts, l’incontournable shōjo fantastique de Jun Mochizuki, bien que terminé depuis dix ans, s’offre une adaptation en comédie musicale jouée avec un réel succès à Tokyo en ce mois de novembre. Ce format chanté, en direct sur scène, connaît un succès croissant au Japon, où de plus en plus de succès éditoriaux se retrouvent interprétés par des acteurs-chanteurs cosplayés à la perfection. Reportage à Tokyo.

02/12/2025, 17:50

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Quand l’édition indépendante se fédère : l’essor du salon L’Autre Livre

Du 21 au 23 novembre 2025, le Salon L’Autre Livre a investi la Mairie du 5ᵉ, réunissant près d’une centaine de maisons d’édition. Un déplacement qui marque une ouverture plus large pour l’édition indépendante, décidée à maintenir un espace commun. Entre rencontres, lectures et échanges, les éditeurs ont souligné la vitalité et la solidarité d’un secteur toujours fragile.

27/11/2025, 16:22

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La soif d'idéal de Michèle Pedinielli : du prosecco et des enfants heureux

Un prosecco avec des glaçons, des enfants heureux, un roman qu'on pourrait écrire sans paniquer : Michèle Pedinielli ne manque pas d'idéaux. Rencontrée au festival Lire en Poche, à Gradignan, la romancière décline le thème « Soif d'idéal » en trois portraits : la femme, l'autrice et la révoltée. Trois aspirations qui oscillent entre humour et inquiétude, jusqu'à cette envie, aussi simple à formuler que difficile à satisfaire : ne plus avoir peur.

10/10/2026, 12:07

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Jean-Paul Enthoven, toujours en lice pour le Renaudot, accusé de “piratages” littéraires

Exclusif - Toujours en lice pour le prix Renaudot Essai 2026, Jean-Paul Enthoven poursuit sa course avec son Dictionnaire amoureux du bonheur, paru en cette rentrée chez Plon. Mais certains passages du livre ressemblent singulièrement à des séquences publiées plus de dix ans auparavant par Frédéric Schiffter. ActuaLitté a confronté les textes. Un automne littéraire décidément très à thème...

10/10/2026, 12:00

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Muriel Gilbert : “L’orthographe, pour moi, c’est un jeu.”

Correctrice au Monde depuis une vingtaine d’années, Muriel Gilbert veille sur des règles dont elle connaît pourtant les transformations. Rencontrée au salon Lire en Poche de Gradignan, où elle présente Le Petit Gilbert, la chroniqueuse de RTL revient sur la féminisation des noms de métiers, les expressions qui changent de sens et les accommodements parfois nécessaires avec la norme. Un métier où corriger ne signifie pas toujours avoir le dernier mot.

 

10/10/2026, 09:49

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Combien de temps peut-on tenir sans aller aux toilettes dans un roman ?

La littérature demande beaucoup au corps humain. Courir derrière un train, traverser un désert, accoucher, saigner abondamment, tomber amoureux sous une pluie battante ou mourir après quatre cents pages ne semble poser aucune difficulté particulière. Aller aux toilettes, en revanche, embarrasse manifestement la narration.

10/10/2026, 07:00

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La turquerie, cette mode oubliée qui a marqué la littérature française

Née dans le mirage du Bosphore plutôt que sur le Parnasse, la turquerie fut pour la littérature française une tentation plus qu’un sujet : regarder l’Orient pour mieux se voir. De Molière à Loti, cette muse ambiguë n’a cessé d’éclairer nos imaginaires et nos contradictions. Par Amel Aït-Hamouda.

09/10/2026, 15:49

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Et si les monuments de Paris cachaient des messages que nous avons oubliés ?

Et si Paris cachait, dans ses monuments, des symboles que nous ne savons plus regarder ? Dans Le Paris alchimique, publié chez Trajectoire, Émilie et Nicolas Meillerais Gallois proposent de redécouvrir la capitale à travers l'alchimie et la spiritualité chrétienne. Des sculptures de Notre-Dame aux tapisseries de La Dame à la licorne, leur guide mêle promenade, découverte du patrimoine et réflexion sur la transformation de soi.

09/10/2026, 15:01

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Moins de bébés, moins d’élèves : comment la dénatalité transforme déjà la France

La France fait moins d’enfants, et les effets du basculement débordent déjà les maternités. Nouveau congé de naissance, recul annoncé de 1,7 million d’élèves d’ici 2035, solde naturel négatif en Provence :  trois actualités que La grève des naissances, d’Hervé Le Bras, permet de relire autrement, en interrogeant l’efficacité des politiques familiales, le poids des inégalités et les conséquences territoriales de la dénatalité en France aujourd’hui.

09/10/2026, 10:56

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Le CNL, indispensable “à l’équilibre de la chaîne du livre et de la lecture”

Une proposition de loi venue de la droite du Sénat entend supprimer, purement et simplement, le Centre national du livre (CNL), au nom d'une lutte contre « l'agencification » de l'État. Plusieurs acteurs du secteur du livre rappellent cependant son rôle crucial dans le soutien à la création et à la diversité, dont le Club 99, Fédération des festivals Bd et arts associés, dans une tribune reproduite ci-dessous.

09/10/2026, 08:28

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“Diviser pour régner” : les artistes-auteurs accusent les pouvoirs publics

19 organisations représentant les artistes-auteurs, parmi lesquelles la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse, la Ligue des auteurs professionnels et le Syndicat des écrivains de langue française, signent une tribune contre les divisions de leur profession. Elles dénoncent les inégalités de traitement entre les différentes catégories de créateurs et appellent à défendre collectivement leurs droits sociaux, économiques et professionnels.

08/10/2026, 14:50

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“J’ai juste l’impression de lire pour lire : je ne sais pas si j’achèterai encore des livres”

Dix mois après avoir quitté la librairie, Elsa continue pourtant d’enchaîner les livres. Mais à force de lire sans interruption, une question s’impose : est-ce encore l’envie de lire, ou simplement une habitude devenue refuge ? Entre pile à lire, achats compulsifs, peur du vide et plaisir intact de certaines découvertes, ce billet interroge avec franchise ce que nos lectures disent parfois de nous — et de nos automatismes.

08/10/2026, 09:00

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Classique = Moderne ? Un étudiant défie l’Académie française sur ses propres règles

Exclusif - C'est à en perdre son latin : cette fois, les Modernes siègent sous la Coupole. Deux prix de poésie de l’Académie française sont contestés pour avoir couronné des écritures qui prennent leurs aises avec la versification régulière. Anton Goubier, jeune étudiant en lettres classiques, réclame la règle, le grand médiéviste et Immortel Michel Zink, 81 ans, lui répond que le classique n’a jamais cessé de bouger.

07/10/2026, 17:00

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“La lutte contre le piratage, c'est une conjonction de moyens” (SNE)

Bookys, plateforme pirate diffusant des livres, des revues et des magazines protégés par le droit d'auteur, est visée par une demande de blocage portée par le Syndicat national de l'édition (SNE) et l'Alliance de la presse d'information générale. Adressée aux fournisseurs d'accès à internet, l'assignation ouvre la voie à d'autres actions, comme des mesures contre les sites miroirs ou les prestataires de paiement.

07/10/2026, 16:57

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“Quand je n’écris pas mes histoires, j’écris sur celles des autres”

Cyril Camus publiera Grand-Guignol aux éditions Anacharsis, ce 16 octobre. Lorsqu’il n’écrit pas ses propres histoires, il étudie celles des autres. Chercheur à l’Université Toulouse Jean Jaurès, spécialiste de Neil Gaiman, du fantastique, de la bande dessinée et des cultures populaires, il a fait de l’analyse des récits un autre versant de son travail. Ces recherches ont directement nourri Grand-Guignol, de la construction des ambiances au goût pour une documentation fouillée.

07/10/2026, 14:35

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“Le RN ose tout”, même confisquer Olympe de Gouges, icône féministe

Exclusif — Le Rassemblement national tente, par une initiative parlementaire visant à faire entrer Olympe de Gouges au Panthéon, de se grimer en formation féministe. Les votes du parti d'extrême droite, tout comme les prises de position de Marine Le Pen, sont pourtant bien éloignés des combats de l’autrice de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Une pétition, signée par des historiennes, des universitaires et des spécialistes d'Olympe de Gouges, dénonce « la dernière des impostures » du RN.

07/10/2026, 10:24

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Sommes-nous vraiment les auteurs de notre propre histoire ?

Ilios Chailly, écrivain et comédien qui travaille depuis plusieurs années sur Antonin Artaud, s’intéresse ici à une question plus large : comment notre identité se construit, se transforme et se raconte. En croisant Ricœur, Deleuze, Derrida, Lacan ou Artaud, on en se refait pas, avec des expériences plus personnelles, il explore ce qui, dans une vie, relève de l’héritage, du récit que l’on fait de soi et de la possibilité de changer.

06/10/2026, 18:11

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“Aujourd’hui, une banque a remplacé Verlaine, Zweig et Yahya Kemal”

Au 27, boulevard Saint-Michel, il ne reste rien du café Vachette où Verlaine, Moréas, Yahya Kemal ou İbrahim Çallı ont laissé leurs traces. Rien, sinon des récits, des plaques déplacées et quelques souvenirs incertains. Entre littérature, peinture et mémoire parisienne, Adnan Algın, correcteur, remonte le fil d’un lieu disparu, où l’on payait parfois ses dettes en vers, en leçons ou en tableaux. Aujourd’hui, une banque tient les comptes. À sa manière.

05/10/2026, 17:35

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PLF 2027 : “L’État renonce à soutenir pleinement les artistes”

Le projet de loi de finances 2027, présenté le 1er octobre dernier, procède à une nouvelle réduction des budgets alloués au ministère de la Culture. Les collectivités territoriales, premières financeuses du secteur culturel, voient elles aussi leurs moyens se rabougrir. Le Syndeac, premier syndicat des entreprises du spectacle vivant public, dénonce un choix politique aux lourdes conséquences.

05/10/2026, 15:07

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“Une partie de notre psychisme réclame des métamorphoses”

Phénomène identitaire largement porté par les réseaux sociaux, le thérianisme désigne le sentiment d’une proximité profonde avec un animal, jusqu’à parfois se vivre comme partiellement animal. Le psychanalyste Jean-Charles Bettan interroge ce que cette identification dit du rapport au corps, à l’adolescence et à la construction de soi, tout en mettant en garde contre les rapprochements trop rapides avec la dysphorie de genre.

05/10/2026, 10:52

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Après la rentrée littéraire, cinq romans passent au contrôle technique

Une intrigue qui freine mal, des personnages secondaires à peine visibles, des clichés qui enfument l’habitacle : chaque année, des centaines de romans sont mis en circulation sans que personne ne vérifie leur état général. Avec 461 nouveautés annoncées pour la rentrée littéraire 2026, il devenait urgent d’ouvrir un centre agréé. Cinq livres ont accepté de passer sur le pont. Certains auraient mieux fait de ne pas regarder le procès-verbal.

03/10/2026, 07:30

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Comment les traductions françaises ont transformé Les Mille et Une Nuits

En trois siècles, la traduction française des Mille et Une Nuits est passée du geste fondateur d’Antoine Galland, adaptation libre devenue mythe européen, à l’entreprise savante et sensible de Jamel Eddine Bencheikh et André Miquel, qui restitue dans la Pléiade un texte arabe dans son ampleur, ses rugosités et sa poésie. Entre ces deux bornes, Mardrus, Khawam et bien d’autres ont chacun inventé leur Orient, entre excès d’exotisme et quête d’authenticité. Par Amel Aït-Hamouda.

02/10/2026, 18:11

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Drieu la Rochelle et Colette Jéramec : l’histoire d’un couple impossible

Avec La Rédemption, Jean-Noël Orengo revient sur un couple pris dans les bouleversements du XXe siècle : Pierre Drieu la Rochelle et sa première épouse, Colette Jéramec. Derrière l’écrivain collaborationniste et antisémite, le romancier fait réapparaître une femme longtemps restée dans l’ombre, médecin et chercheuse à l’Institut Pasteur, arrêtée avec ses deux enfants en 1943.

02/10/2026, 18:04

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Makassar : après la liquidation, la bataille pour récupérer des milliers de livres

Exclusif - Makassar a été placé en liquidation judiciaire le 1er septembre, contraignant les éditeurs partenaires à changer de diffuseur et/ou de distributeur. Pour nombre d’entre eux, c’est chose faite. Reste un détail à régler : les livres. Car des centaines de milliers d’exemplaires attendent de quitter l’entrepôt d’Indre-et-Loire où ils sont toujours détenus. Fâcheux ?

02/10/2026, 11:45

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“Si nous voyons le nom, nous ne lisons peut-être plus tout à fait la même phrase”

Le nom d’un auteur change-t-il notre manière de lire ? À partir du Prix de la Page 111, qui soumet au jury des textes anonymisés, Adnan Algın, écrivain, poète et correcteur, interroge le poids de la réputation dans le jugement littéraire. Prix, éditeur, critiques et œuvres antérieures composent un « capital de la signature » capable d’accorder davantage de crédit à une phrase — ou d’en refuser à celle d’un inconnu. Une invitation à relire les textes avant leurs auteurs.

01/10/2026, 16:14

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Clémentine Mélois : “Toute la vie n’est faite que de ruptures successives”

James Joyce avait fait entrer l’épopée dans la vie ordinaire, jusqu’à faire tenir une Odyssée entière dans une journée. Clémentine Mélois choisit, elle aussi, de partir de presque rien : un déménagement, une séparation, quelques cartons, un verre à moutarde, un rouleau de Sopalin. Dans Choses que je croyais perdues, finaliste du 93e prix des Deux Magots, l’autrice-artiste fait de « l’infraordinaire » sa matière romanesque.

01/10/2026, 15:33

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Véronique Ovaldé : “J’ai toujours inventé d’autres vies à ma mère”

On connaît Véronique Ovaldé pour ses fictions et leurs vies toujours prêtes à bifurquer. Avec Vivre sans bonheur et n’en point dépérir, paru chez Flammarion en cette rentrée littéraire, elle se tourne cette fois vers sa propre mère. Le récit est plus intime, sans abandonner l’imaginaire, et la place parmi les finalistes du prix des Deux Magots 2026.

30/09/2026, 17:03

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Pangram peut-il vraiment prouver que le roman de Thélyson Orélien a été écrit par une IA ?

Depuis le début de l’affaire Thélyson Orélien, le débat s’est concentré sur l’usage possible de l’intelligence artificielle, la fiabilité des détecteurs, puis les affaires de plagiat. Un aspect a toutefois été moins examiné : le calcul utilisé pour affirmer qu’il était presque impossible que Pangram se soit trompé sur les 20 passages du roman présentés comme suspects par « Balance ton Claude », compte derrière lequel se trouve notamment l’essayiste Samuel Fitoussi. Pour ActuaLitté, le mathématicien Mouhamadou Sy revient sur ce calcul, sur l’hypothèse d’indépendance qu’il suppose et sur ce qu’il permet réellement, ou non, de conclure.

30/09/2026, 16:08

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“L’écoute de cette sélection de chansons a joué un rôle crucial d’inspiration”

Cyril Camus publiera Grand-Guignol aux éditions Anacharsis, ce 16 octobre. S’il revendique depuis l’enfance une passion pour les livres et l’horreur, l’écrivain entretient avec la musique une relation tout aussi profonde — quoique née plus tardivement, presque par accident. Du punk français aux chants celtiques, de Bob Dylan au free-jazz, des musiques de films à la darksynth, ses écoutes accompagnent autant son quotidien que son travail d’écriture. Au point de faire de la bande-son de Grand-Guignol une composante à part entière du roman. Il revient sur cette « musicobsession », ses découvertes fondatrices et ces morceaux qui, parfois, donnent à la fiction sa couleur avant même que les mots ne l’installent.

30/09/2026, 13:35

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Édition classique, crowdfunding ? “Choisir le modèle le plus juste pour chaque œuvre”

Auteur et président de l’Association de sauvegarde de l’Abbaye Saint-Félix de Montceau, Guilhem Méric revendique un parcours d’« auteur hybride », entre maisons d’édition et publication indépendante. À l’occasion du lancement de MORLHED – L’Ombre des Primordiaux, il explique pourquoi il a choisi le financement participatif, entre maîtrise des droits, cohérence de son univers, contexte économique du livre et relation directe avec ses lecteurs.

30/09/2026, 12:48

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À 80 ans, Lucky Luke court toujours : dans les coulisses de l’exposition avec Joub

À 80 ans, Lucky Luke n’a pas fini de galoper. Commissaire de l’exposition Lucky Luke court toujours !, présentée à Quai des Bulles, Joub a replongé dans l’ensemble de la série pour raconter autrement le cow-boy de Morris : par le dessin, la couleur, les gags et les motifs qui traversent huit décennies d’albums.

30/09/2026, 12:04

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Lucie Rico : “Dire quelque chose, c’est déjà le transformer”

Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer ? Une question qui a conduit Lucie Rico jusqu’à la finale du prix des Deux Magots 2026. Dans ce troisième roman publié chez P.O.L, une phrase inachevée ouvre une enquête sur un souvenir d’enfance, entre le baroque du giallo, reconstitution comme les vrais enquêteurs judiciaires, et mémoire familiale.

29/09/2026, 15:07

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Le Goncourt craint pour son intégrité ? Alors Pangram pour les 15 autres romans, fissa !

L’Académie Goncourt a donc retiré de Thélyson Orélien, de sa première sélection, au nom de plagiats antérieurs et d’analyses concluant que le roman serait « selon toute vraisemblance » produit avec IA. Une décision loin d'être unanime, on compte au moins Pascal Bruckner dans la résistance. Puisque l’Académie introduit le détecteur dans son prétoire, qu’elle aille au bout de sa logique : même outil, même protocole, même soupçon. Sinon, ce n’est plus une règle. C’est un traitement d’exception. 

29/09/2026, 14:48

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Quai des Bulles : 45 ans de BD, de rencontres et de passion

Traditionnellement, le festival Quai des Bulles décale ses dates pour cause de Route du Rhum et ouvre ses portes ces 9-10-11 octobre, à Saint-Malo. L’occasion, s’il en fallait une, de venir flâner sur les remparts se gaver d’air iodé et de bande dessinée…

29/09/2026, 14:22

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Elsa Holfert : "Le burn-out n’est pas que professionnel"

Paru le 22 avril 2026 aux Éditions Dangles, Fatigue chronique, et si c’était un épuisement surrénalien ? d’Elsa Holfert explore les mécanismes de l’épuisement liés au stress chronique. Kinésithérapeute de formation, l’autrice exerce aujourd’hui comme praticienne en santé fonctionnelle et en hormonologie.

28/09/2026, 16:40

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Affaire Thélyson Orélien : “Un score de génération par IA n’est pas une preuve”

Créée en juillet 2024 pour distinguer les œuvres d’origine humaine des contenus générés par intelligence artificielle, l’association Fabrication Humaine défend un label gratuit fondé sur l’engagement de l’artiste. Dans cette tribune, elle prend appui sur l’affaire Thélyson Orélien pour interroger la place prise par les outils de détection : sans trancher sur l’origine de C’était ça ou mourir, elle appelle à distinguer l’indice de la preuve et plaide pour davantage de transparence dans les processus de création. 

28/09/2026, 16:30

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IA et littérature : et si on arrêtait de s’écharper pour s’entendre, bordel !

Nathalie Hug a publié en juin dernier 92 BPM, Mais bordel qui a écrit ce roman ? aux Éditions Télémaque, un texte qu’elle présente comme entièrement hybride, né de 18 mois de travail avec l’intelligence artificielle et accompagné d’un making-of détaillant cette expérience. Dans cette tribune, elle revient sur la polémique autour de C’était ça ou mourir, de Thélyson Orélien, accusé d’avoir été écrit avec l’IA, et élargit le débat à la place de ces outils dans la création littéraire, à la transparence envers les lecteurs et à l’avenir de l’écriture humaine.

28/09/2026, 14:22

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Journée de la traduction : 7 livres où tout aurait mieux fini avec un bon traducteur

Le 30 septembre, l’ONU célèbre la Journée internationale de la traduction. L’occasion de rappeler qu’en littérature, un mot de travers peut envoyer une expédition sur le mauvais continent, transformer Jésus en plante urticante ou rendre une civilisation extraterrestre dépendante à une voix. De Jules Verne à R. F. Kuang, sept livres où comprendre l’autre relève moins du confort que de la survie — avec, parfois, des résultats franchement discutables.

28/09/2026, 12:22