Le Prix de la Monographie 2026 de l’Institut des Amériques a été attribué à Elisa Santalena pour Italie et Chili au cœur de la guerre froide. Enjeux géopolitiques et dynamiques de solidarité (1957-1976), publié en mars chez UGA Éditions. L’ouvrage propose une relecture des relations entre les deux pays pendant deux décennies marquées par les espoirs réformistes, l’arrivée de Salvador Allende au pouvoir puis le coup d’État du 11 septembre 1973.
Le 07/09/2026 à 17:48 par Hocine Bouhadjera
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07/09/2026 à 17:48
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Créé en 2021, le Prix de la Monographie distingue chaque année un ouvrage de recherche original consacré aux Amériques dans le domaine des humanités et des sciences humaines et sociales. Les volumes collectifs, les thèses et les monographies directement issues d’une thèse ne sont pas éligibles. Les ouvrages peuvent être rédigés en français, anglais, espagnol ou portugais.
Dans son ouvrage, Elisa Santalena s’appuie sur un ensemble d’archives diplomatiques inédites conservées en Italie et au Chili, complété par une analyse de la presse, afin de retracer les relations entre les deux pays au cœur de la guerre froide.
L’étude dépasse les épisodes les plus connus de l’histoire chilienne pour examiner les circulations politiques, diplomatiques et militantes entre l’Europe et l’Amérique latine. Une place particulière est accordée aux relations entre la Démocratie chrétienne italienne et son homologue chilienne, aux transferts de pratiques politiques et aux débats suscités par les rapports avec les gauches dans les deux pays.
Le livre revient également sur les conséquences du coup d’État qui renverse Salvador Allende en 1973. Elisa Santalena étudie notamment le refus de l’Italie de reconnaître officiellement la junte d’Augusto Pinochet, ainsi que l’accueil des Chiliens cherchant à fuir la répression. L’ensemble permet de replacer les relations italo-chiliennes dans une histoire transnationale plus large de la guerre froide.
Elisa Santalena est maîtresse de conférences HDR en histoire et civilisation italienne à l’Université Grenoble Alpes et membre du laboratoire LUHCIE. Ses recherches portent notamment sur la violence politique dans l’Italie des années 1970, les mémoires de l’expérience carcérale ainsi que sur les circulations politiques, diplomatiques et militantes entre l’Italie et le Chili.
Deux autres ouvrages figuraient parmi les finalistes du prix : Les Oubliés de la Saint-Valentin. Des vies à l’ombre du mariage, de Romain Huret, paru à La Découverte, et Une utopie dans le désert. Belo Monte, Brésil (1893-1897), de Sébastien Rozeaux, publié chez Anacharsis.
Le jury 2026 était coprésidé par Michaël Roy, de l’Université Paris Cité, et Jean-Baptiste Thomas, de l’Université de Poitiers. Il réunissait également Cécile Chantraine-Braillon, de La Rochelle Université, Élodie Carrera, de l’Université de Lille, Pauline Pilote, de l’Université Bretagne Sud, et Aurélie Godet, de Nantes Université.
En 2025, le Prix de la Monographie avait été décerné à Fatiha Idmhand pour Carlos Liscano. De la contrainte à l’œuvre, publié aux Éditions des Archives contemporaines.
L’ouvrage étudie le parcours de l’écrivain uruguayen Carlos Liscano, emprisonné pendant treize ans sous la dictature, et la manière dont la lecture et l’écriture se sont constituées pour lui en pratiques de création et de résistance dans l’univers carcéral.
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Crédits photo : UGA Éditions
Par Hocine Bouhadjera
Contact : hb@actualitte.com
Paru le 05/03/2026
318 pages
UGA Editions
25,00 €
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