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Lamartine, Nerval, Gautier : les écrivains français amoureux d’Istanbul

Carrefour des civilisations, théâtre où se sont jouées les destinées de l'Orient et de l'Occident, Istanbul a fasciné des générations d'écrivains français qui, du XVIIe au XXe siècle, ont tenté de refléter dans leurs œuvres l'indicible beauté de cette cité millénaire. Par Amel Aït-Hamouda.

Le 04/09/2026 à 14:58 par Auteur invité

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04/09/2026 à 14:58

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Dès le XVIIe siècle, la mode des « turqueries » s'empare de l'Europe : Molière met en scène le Grand Turc dans Le Bourgeois gentilhomme, tandis que Racine puise dans l'univers ottoman pour écrire Bajazet. Mais c'est véritablement au XIXe siècle que la littérature turcophile connaît un essor considérable, portée par le développement des moyens de transport et les réformes de modernisation de l'Empire ottoman.

Trois noms se distinguent alors : Alphonse de Lamartine (1790-1869), Gérard de Nerval (1808-1855) et Théophile Gautier (1811-1872), auxquels s'ajoute, un peu plus tard, la figure emblématique de Pierre Loti (1850-1923).

Lamartine ou l'éblouissement du poète

Alphonse de Lamartine séjourne à Constantinople du 20 mai au mois de juillet 1833. Son Voyage en Orient, publié en 1835, témoigne d'un émerveillement presque mystique.

Dès son arrivée dans la capitale ottomane, il écrit : « C'est là que Dieu et l'homme, la nature et l'art, ont placé ou créé de concert le point de vue le plus merveilleux que le regard humain puisse contempler sur la terre. » Et d'ajouter, dans un élan lyrique : « Je jetai un cri involontaire, et j'oubliai le golfe de Naples et tous ses enchantements. Comparer quelque chose à ce magnifique et gracieux ensemble, c'est injurier la création. »

Le poète est fasciné par les paysages du Bosphore, qu'il parcourt en canot le long des rives du sérail, contemplant « les dômes dorés » du palais du sultan « à travers les cimes gigantesques des platanes et des cyprès ». Rentrant un soir en bateau, il confie : « Je viens de longer la côte d'Asie en rentrant ce soir à Constantinople, et je la trouve mille fois plus belle encore que la côte d'Europe. »

Pourtant, le regard de Lamartine reste celui d'un Européen étonné et ébloui, mais distant. Il observe les figures qui peuplent la ville — soldats turcs couchés auprès des fontaines, chiens errants, rameurs de caïques, passants — sans véritablement pénétrer l'intimité des Stambouliotes. Il décrit davantage les décors qu'il ne rencontre les hommes. Malgré son admiration évidente, il conserve une certaine distance et livre parfois une représentation réductrice de la ville.

Sa conclusion au moment de quitter Constantinople constitue néanmoins une remarquable profession de foi humaniste, souvent citée comme un symbole de sa tolérance : « Toutes les religions avaient leur divine morale, toutes les civilisations leur vertu, et tous les hommes le sentiment du juste, du bien et du beau, gravé en différents caractères dans leur cœur par la main de Dieu. »

Lamartine donne ainsi de la ville une image largement apaisée, à rebours de certains regards orientalistes plus réducteurs portés sur l'Orient.

Nerval et la ville étrange

Gérard de Nerval arrive à Constantinople en 1843, après un long périple qui l'a d'abord mené en Égypte puis au Liban. Ce voyage, entrepris au lendemain de la mort de son amante Jenny Colon, est pour le poète une tentative de résurrection symbolique : il s'agit moins d'une exploration géographique que d'une quête mystique et intérieure, où le mythe vient souvent se superposer à la réalité quotidienne.

Son Voyage en Orient, publié en 1851, s'ouvre sur une phrase qui a valeur de manifeste : « Ville étrange que Constantinople ! Splendeurs et misères, larmes et joies ; l'arbitraire plus qu'ailleurs, et aussi plus de liberté. » Nerval est frappé par la coexistence des peuples dans cette cité impériale : « Quatre peuples différents qui vivent ensemble sans trop se haïr : Turcs, Arméniens, Grecs et Juifs, enfants du même sol, et se supportant beaucoup mieux les uns les autres que ne le font, chez nous, les gens de diverses provinces ou de divers partis. »

Constantinople devient sous sa plume l'emblème d'une tolérance religieuse que l'Europe, en proie aux divisions, semble avoir perdue.

Nerval traverse la ville en passant d'un monde à l'autre : « Nous étions partis de Péra, la ville franque, pour nous rendre aux bazars de Stamboul, la ville turque. » Il décrit avec une précision presque ethnographique les rues tortueuses bordées de cabarets, de pâtisseries, de barbiers et de cafés « dont les tables sont chargées de journaux grecs et arméniens ». Il s'étonne de la vitalité de cette presse multilingue : « Il s'en publie cinq ou six à Constantinople seulement », et s'arrête dans un café franc pour y déguster un « gloria sucré, chose inconnue chez les cafetiers turcs ».

À LIRE - De Proust à Perec : comment Shéhérazade a changé la littérature française

Pour Nerval, Constantinople n'est pas un simple décor exotique : elle est le théâtre d'une quête intérieure autant que d'une découverte géographique. La ville étrange devient le miroir d'une âme en quête de réconciliation entre l'Orient et l'Occident, entre le rêve et la réalité.

Gautier ou la prose picturale

Théophile Gautier quitte Paris pour Constantinople le 9 juin 1852, envoyé par le journal La Presse. Il s'embarque à Marseille sur le Léonidas et atteint la capitale ottomane au début de l'été. Il y demeure un peu plus de deux mois, arpentant inlassablement la ville « en course du matin au soir », écrit-il à son ami Louis de Cormenin le 5 juillet, « dans cette grande ville de Constantinople, où il faut faire des lieues pour le moindre minaret ». Il quitte la ville le 28 août.

De ce séjour naît Constantinople, récit publié en 1853 et issu des feuilletons que Gautier adresse à La Presse : dix articles sur la ville et cinq sur le Bosphore. L'ouvrage constitue l'un des grands textes de l'esthétique orientaliste, avec une prose d'une précision presque picturale.

Devant la vue de Constantinople, il s'exclame : « Cette vue est si étrangement belle, que l'on doute de sa réalité. On croirait avoir devant soi une de ces toiles d'opéra. » Il détaille alors le palais de Seraï-Bournou, Sainte-Sophie, les mosquées, le tout « formant un tableau qui semble plutôt appartenir aux mirages de la fata Morgana qu'à la prosaïque réalité ».

Gautier explore les méandres du Bosphore, les bazars bourdonnants et le luxe des palais impériaux. À travers son regard de poète, la cité devient un spectacle vivant où se mêlent l'histoire millénaire et la vie quotidienne. Il saisit avec une acuité remarquable les couleurs, les lumières et les contrastes de cette Byzance en pleine mutation, regrettant parfois la modernisation qui efface peu à peu les fastes d'antan.

Le poète, qui « rêve d'être turc avant de connaître la Turquie », rapporte de son séjour une véritable fascination pour la civilisation qui a façonné la cité aux sept collines. Constantinople offre ainsi une immersion sensorielle singulière, où la plume se fait pinceau pour capturer l'essence mélancolique et majestueuse d'une ville suspendue entre deux mondes.

Pierre Loti ou l'amour indéfectible

Mais aucun écrivain français n'a été aussi intimement lié à Istanbul que Pierre Loti. Officier de marine, de son vrai nom Louis-Marie-Julien Viaud, il arrive pour la première fois à Constantinople le 1er août 1876, à l'âge de vingt-six ans, et y demeure jusqu'au 17 mars 1877. Il reviendra à plusieurs reprises dans la capitale ottomane jusqu'au début du XXe siècle, tissant avec la ville une relation exceptionnelle.

Son œuvre, largement autobiographique, s'est nourrie de ces séjours. Loti conserve toute sa vie une attirance très forte pour la Turquie, dont la sensualité, les paysages et les modes de vie le fascinent. Il l'illustre notamment dans Aziyadé, publié en 1879, puis dans Fantôme d'Orient, paru en 1892. Ces deux œuvres forment un diptyque mélancolique autour du souvenir de son amour interdit pour une jeune femme turque, Hatice, devenue Aziyadé sous sa plume.

Mais son engagement dépasse la simple fascination esthétique : il prend farouchement la défense des Turcs lors des guerres successives qui ébranlent l'Empire ottoman. Son attachement devient si profond qu'il envisage un temps de se faire turc. « Puisqu'il m'est impossible de retourner en Turquie comme officier français, je me ferais turc », confie-t-il dans Turquie agonisante, ajoutant : « Je regarde finir l'été, finir l'Orient, finir ma vie ; c'est le déclin de tout… »

Ces mots disent mieux que tout discours l'identification charnelle et spirituelle de Loti à la terre ottomane. Il incarne ainsi une turcophilie radicale, presque mystique, qui marquera durablement l'image d'Istanbul dans les lettres françaises.

Autres voix, autres regards

D'autres écrivains français ont également posé leur regard sur Constantinople. Gustave Flaubert, que l'on associe davantage à l'Égypte, séjourne dans la capitale ottomane à l'automne 1850, du 14 novembre au 20 décembre. Il y découvre une « fourmilière humaine » et prédit que la ville deviendra « la capitale du monde ». À son ami Louis Bouilhet, il confie : « Nous avons passé cinq semaines à Constantinople ; il y faudrait passer six mois. »

André Gide, qui séjourne à Istanbul au début du XXe siècle, consigne ses observations dans son Journal. À son arrivée le 28 avril 1914, il note : « Constantinople justifie toutes mes préventions et rejoint dans l'enfer de mon cœur Venise. »

Jean Cocteau, en 1949, lors d'une tournée théâtrale de trois mois, tient le journal Maalesh, écrit « en avion, dans un couloir ». C'est dans ces pages qu'il lance cette formule devenue célèbre : « Toute cette ville, où l'on s'embrouille délicieusement, empêche d'écrire. » Un paradoxe éloquent pour une cité qui n'a cessé d'inspirer les lettres françaises.

Henri de Régnier, poète symboliste, effectue deux croisières en Méditerranée, en 1904 et 1906. Lors de la première, il rencontre Pierre Loti, alors commandant du navire Le Vautour, stationné au large d'Istanbul. Il écrit « Devant Stamboul », méditant sur une ville devenue « un magnifique décor qu'il faut animer par l'imagination ou par le souvenir ».

Paul Morand, jeune diplomate, traverse quant à lui Constantinople à bord de l'Orient-Express, chargé de porter la valise diplomatique. Enfin, Michel Butor consacre une section du Génie du lieu, publié en 1958, à Istanbul, interrogeant le mystère de cet espace unique.

Ainsi, de Flaubert à Butor, la littérature française n'a cessé d'arpenter les rives du Bosphore, offrant à Constantinople puis Istanbul une galerie de regards aussi divers que complémentaires.

Un héritage partagé

L'influence de ces écrivains voyageurs français ne s'est pas éteinte avec le XIXe siècle. Elle a traversé les époques et les frontières pour nourrir notamment l'imaginaire de l'écrivain turc Orhan Pamuk, né en 1952 et lauréat du Prix Nobel de littérature en 2006.

Dans Istanbul. Souvenirs d'une ville, Pamuk dialogue avec ces voix françaises d'un autre siècle, leur empruntant bien plus qu'un simple décor. Il explique que la lecture des récits des voyageurs français ayant séjourné à Constantinople lui a permis de prendre conscience du caractère profondément multiculturel de sa ville natale.

Pamuk accorde une place singulière à Gustave Flaubert, qu'il considère comme l'un des écrivains les plus importants ayant visité Istanbul. Flaubert, qui séjourna dans la capitale ottomane un peu plus d'un siècle avant la naissance de Pamuk, fut frappé par la variété de la vie dans ses rues grouillantes et prédit, dans l'une de ses lettres, que la ville deviendrait un jour la capitale du monde.

De Théophile Gautier, Pamuk retient moins la splendeur des palais que les promenades mélancoliques dans les quartiers éloignés et délaissés de la ville. Il consacre un chapitre entier d'Istanbul au « périple mélancolique de Gautier dans les faubourgs ». Il écrit : « L'aspect le plus fort de ces fatigantes et éprouvantes promenades et de tout le livre de Gautier, ce sont toutes les émotions ressenties par l'auteur tandis qu'il cheminait dans ces quartiers lointains et désolés de la ville à travers les vestiges des murs datant de Byzance. »

Gérard de Nerval, enfin, apparaît chez Pamuk comme un véritable compagnon de route. Ses promenades dans Beyoğlu et ses descriptions des quartiers cosmopolites de Péra offrent à l'écrivain turc un regard à la fois familier et étranger sur sa propre ville.

Loin d'avoir méconnu la capitale ottomane, Nerval, Gautier et Flaubert deviennent ainsi, chez Pamuk, les dépositaires d'une mémoire partagée. Il les convoque pour penser sa ville, en saisir l'essence insaisissable et dire cette instabilité identitaire qui est peut-être le propre de tout Istanbulite.

Pamuk ne se contente pas de citer ces écrivains : il s'identifie à eux. En 2009, recevant un doctorat honoris causa de l'Université de Rouen, il prononce une conférence intitulée « Monsieur Flaubert, c'est moi ! ». Cette appropriation n'est pas une simple coquetterie d'écrivain : elle témoigne d'une conviction profonde. Les regards français sur Constantinople, loin de rester exclusivement étrangers, appartiennent désormais à la mémoire littéraire de la ville.

Istanbul, ville-mémoire des lettres françaises

Des éblouissements romantiques aux crépuscules lotiens, des songes nervaliens aux formules coctaliennes, les écrivains français ont tissé avec Constantinople puis Istanbul une chaîne invisible de regards et de mots, faite d'émerveillement et de distance, de fascination et de critique.

Ils ont cherché à dire l'indicible, à décrire l'indescriptible, à saisir dans les filets de la prose cette ville insaisissable qui regarde à la fois l'Europe et l'Asie. Leurs récits ont contribué à façonner l'imaginaire occidental de l'Orient, tout en offrant aux écrivains turcs eux-mêmes un miroir avec lequel dialoguer.

À LIRE - Voyageuses en Orient : entre émancipation et clichés

Istanbul demeure ainsi, pour les lettres françaises, une source inépuisable d'inspiration : une ville-rêve, une ville-mémoire, une ville où l'Histoire et la poésie ne cessent de se rencontrer, sur les rives du Bosphore, entre deux mondes.

Crédits photo : une rue de Stamboul, à Constantinople, avec le complexe de Koca Sinan Pacha, comprenant un sebil — fontaine publique — et le tombeau de l’architecte ottoman Sinan, vers 1890-1900 (Photochrom Print Collection / Library of Congress, domaine public)

 
 

Par Auteur invité
Contact : contact@actualitte.com

1 Commentaire

 

Marie

05/09/2026 à 09:12

Que voila de la bonne et vraie littérature liée à la Turquie, et de vrais écrivains, à lire et relire sans fin!

Le bourgeois gentilhomme

Molière

Paru le 26/11/2018

140 pages

Pocket

1,90 €

Bajazet

Jean Racine

Paru le 01/08/1995

160 pages

Editions Gallimard

5,90 €

Souvenirs, impressions, pensées et paysages, pendant Un voyage en Orient (1832-1833), ou Notes d'un voyageur

Alphonse de Lamartine

Paru le 27/05/2011

1175 pages

Editions Gallimard

16,30 €

Voyage en Orient

Gérard de Nerval

Paru le 13/03/1998

948 pages

Editions Gallimard

13,90 €

Constantinople

Théophile Gautier

Paru le 17/04/2014

417 pages

Bartillat

14,00 €

Aziyadé

Pierre Loti

Paru le 07/07/2026

288 pages

Flammarion

7,40 €

Fantôme D'orient

Pierre Loti

Paru le 26/10/2023

64 pages

Les prairies numériques

11,00 €

Turquie agonisante. Nouvelle édition

Pierre Loti

Paru le 26/02/2023

296 pages

Hachette/BnF

22,50 €

Journal

André Gide

Paru le 01/12/1982

1392 pages

Editions Gallimard

44,90 €

Maalesh

Jean Cocteau

Paru le 01/10/1989

256 pages

Editions Gallimard

17,05 €

Le génie du lieu

Michel Butor

Paru le 21/01/2015

144 pages

Grasset & Fasquelle

7,90 €

Istanbul

Orhan Pamuk trad. Savas Demirel, Valérie Gay-Aksoy, Jean-François Pérouse

Paru le 09/10/2008

547 pages

Editions Gallimard

12,00 €

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Six livres créent une application de rencontre pour éviter de finir seuls en rayon

On a longtemps cru qu’un livre abandonné sur une table de librairie souffrait en silence. Erreur. Il regarde les autres partir. Le prix littéraire avec son lecteur pressé, la romance dans un tote bag, le polar sous le bras de quelqu’un qui assure « ne lire que du vrai ». Lui reste là, tranche vers le public, à feindre l’indifférence.

29/08/2026, 08:00

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Après Perec, Queneau et Calvino : l’Oulipo peut-il encore surprendre ?

Le 5 mai 2026, jour de naissance de Karl Marx, Clémentine Mélois a dû mourir pour obtenir le droit de démissionner. À 18h16 exactement, au café L’Arrêt, anciennement L’Espérance, dans le VIIe arrondissement de Paris, l’écrivaine et plasticienne a retrouvé, selon sa propre formule, sa « liberté de manœuvre pour l’éternité ».

28/08/2026, 17:22

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Six romans recalés à l’aéroport pour excédent de bagage... émotionnel

Les compagnies aériennes sont formelles : au-delà de 23 kilos, il faut payer un supplément. La littérature, beaucoup moins regardante, autorise ses personnages à embarquer avec une enfance traumatique, trois générations de non-dits, un père mort, plusieurs amours compliquées et parfois une résurrection complète. Au retour des vacances, il était temps que quelqu’un contrôle tout cela.

22/08/2026, 11:05

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Voyageuses en Orient : entre émancipation et clichés

Si Flaubert, Chateaubriand ou Nerval ont construit l’Orient rêvé du XIXe siècle, des écrivaines-voyageuses en ont, elles, franchi les portes closes. De Lady Montagu à Isabelle Eberhardt, elles ont observé l’intimité des harems et la vie des tribus. Mais ce regard « de l’intérieur » les a-t-il vraiment affranchies des clichés orientalistes ? Récit d’une émancipation littéraire aux mille contradictions. Par Amel Aït-Hamouda.

19/08/2026, 18:18

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Journée mondiale du moustique : les insectes réclament des dommages et intérêts à la littérature

Ce 20 août, Journée mondiale du moustique, les insectes ont déposé une plainte collective contre plusieurs siècles de littérature. Motifs : diffamation, séquestration, exploitation et atteinte répétée à la dignité des arthropodes. Cinq livres comparaissent. Les fourmis se constituent partie civile, les papillons demandent réparation et Gregor Samsa exige qu’on cesse enfin de l’appeler cafard. L’audience promet d’être piquante. (ceci est une fiction, hein...)

19/08/2026, 14:46

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Gestion contestée et conflit familial : un été au tribunal pour l'Harmattan

Exclusif - La gestion des Éditions L'Harmattan, dirigées depuis 2010 par Xavier Pryen, est vivement contestée depuis quelques années, tandis qu'un conflit familial se joue en arrière-plan : Denis Pryen, cofondateur du groupe, estime que son neveu a engagé le « démantèlement » de ce dernier. Deux décisions de justice, rendues cet été, se sont révélées favorables au cofondateur de L'Harmattan.

19/08/2026, 09:09

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Quand Carl Jung descendait dans ses propres ténèbres

Manuscrit médiéval au siècle de l’acier et du béton, Le Livre rouge est une anomalie. Un Carl Jung en crise y confia visions, dialogues intérieurs, peintures et mythes, prélude à ses concepts les plus importants. Allons à la découverte de cet objet fascinant, où un homme tente de donner une forme à ce qui, sans elle, risquait de le posséder.

12/08/2026, 18:08

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Un devoir rendu suffit-il encore à prouver qu’on l’a écrit ?

Au Danemark, le gouvernement répond à la triche par IA en déplaçant la preuve : les examens rédigés à domicile devront être défendus oralement, tandis que surveillance et travaux sous contrôle seront renforcés. Une mesure scolaire qui réveille une vieille question littéraire : signer suffit-il à être l’auteur, ou faut-il encore pouvoir répondre personnellement de ce qui est écrit ?

 

10/08/2026, 07:30

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Et si la nouvelle censure culturelle était celle qu’on ne voit plus ?

Une œuvre interdite, une exposition vandalisée, un concert annulé : la censure possède encore des images faciles à reconnaître. Le Rapport annuel 2025 pour la liberté de création du ministère de la Culture décrit pourtant un déplacement plus discret. Projets modifiés avant la polémique, programmation ajustée par anticipation, financement devenu levier, décisions administratives difficiles à qualifier : l’atteinte la plus efficace pourrait être celle qui évite d’avoir à se montrer.

08/08/2026, 13:36

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Des groupes anti-liberté d’expression identifiés et suivis par le renseignement

Le Rapport annuel 2025 pour la liberté de création contient une drôle de discrétion. Plusieurs « groupements formellement constitués », à l’origine d’actions organisées contre des acteurs culturels, seraient « pour la plupart identifiés par les services de renseignement territorial ». Voilà pour ce que l’État sait. Pour savoir qui ils sont, en revanche, le lecteur repassera : ni noms, ni nombre précis, ni famille politique ou religieuse. Le renseignement est là. L’information, beaucoup moins.

08/08/2026, 13:25

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Livres brûlés, vitrines brisées : librairies et bibliothèques sous pression en France

Entre mars 2025 et mars 2026, le ministère de la Culture a recensé 76 incidents affectant les libertés de création, correspondant à 91 mécanismes d’atteinte. Douze situations sont explicitement rattachées au livre : six pour « livre et lecture publique », six pour les librairies. Acquisitions sous pression, ouvrages détruits, rencontres déprogrammées, vitrines attaquées ou mesures de saisie : le premier bilan annuel montre surtout ce qui demeure difficile à compter. 

08/08/2026, 12:19

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Des livres aux bibliothèques : le combat de Djaïli Amadou Amal

Un livre à couverture rose lui a révélé, enfant, que lire permettait d'imaginer d'autres existences. Rencontrée samedi 10 octobre au salon Lire en Poche, à Gradignan, Djaïli Amadou Amal raconte cette découverte, le refuge trouvé dans l'écriture et le passage de la littérature à l'action. À travers Le Harem du roi, récemment paru en poche, et Espoir, son récit autobiographique, l'écrivaine camerounaise remonte aux origines de son engagement.

10/10/2026, 17:45

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Maylis de Kerangal: “Ce qui n’est pas juste ne peut pas être beau”

Au salon Lire en Poche de Gradignan, Maylis de Kerangal revient sur Jour de ressac, désormais disponible chez Folio. Le Havre, ville de son enfance, lui permet d’écrire une part d’elle-même sans transformer la narratrice en double. Entre mémoire des lieux, gestes du quotidien et réflexion sur l’intelligence artificielle, la romancière défend une littérature attentive à la justesse du regard, à la beauté et à la liberté de la fiction.

10/10/2026, 17:33

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La soif d'idéal de Michèle Pedinielli : du prosecco et des enfants heureux

Un prosecco avec des glaçons, des enfants heureux, un roman qu'on pourrait écrire sans paniquer : Michèle Pedinielli ne manque pas d'idéaux. Rencontrée au festival Lire en Poche, à Gradignan, la romancière décline le thème « Soif d'idéal » en trois portraits : la femme, l'autrice et la révoltée. Trois aspirations qui oscillent entre humour et inquiétude, jusqu'à cette envie, aussi simple à formuler que difficile à satisfaire : ne plus avoir peur.

10/10/2026, 12:07

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Muriel Gilbert : “L’orthographe, pour moi, c’est un jeu.”

Correctrice au Monde depuis une vingtaine d’années, Muriel Gilbert veille sur des règles dont elle connaît pourtant les transformations. Rencontrée au salon Lire en Poche de Gradignan, où elle présente Le Petit Gilbert, la chroniqueuse de RTL revient sur la féminisation des noms de métiers, les expressions qui changent de sens et les accommodements parfois nécessaires avec la norme. Un métier où corriger ne signifie pas toujours avoir le dernier mot.

 

10/10/2026, 09:49

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Et si les monuments de Paris cachaient des messages que nous avons oubliés ?

Et si Paris cachait, dans ses monuments, des symboles que nous ne savons plus regarder ? Dans Le Paris alchimique, publié chez Trajectoire, Émilie et Nicolas Meillerais Gallois proposent de redécouvrir la capitale à travers l'alchimie et la spiritualité chrétienne. Des sculptures de Notre-Dame aux tapisseries de La Dame à la licorne, leur guide mêle promenade, découverte du patrimoine et réflexion sur la transformation de soi.

09/10/2026, 15:01

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Le CNL, indispensable “à l’équilibre de la chaîne du livre et de la lecture”

Une proposition de loi venue de la droite du Sénat entend supprimer, purement et simplement, le Centre national du livre (CNL), au nom d'une lutte contre « l'agencification » de l'État. Plusieurs acteurs du secteur du livre rappellent cependant son rôle crucial dans le soutien à la création et à la diversité, dont le Club 99, Fédération des festivals Bd et arts associés, dans une tribune reproduite ci-dessous.

09/10/2026, 08:28

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“Diviser pour régner” : les artistes-auteurs accusent les pouvoirs publics

19 organisations représentant les artistes-auteurs, parmi lesquelles la Charte des auteurs et illustrateurs jeunesse, la Ligue des auteurs professionnels et le Syndicat des écrivains de langue française, signent une tribune contre les divisions de leur profession. Elles dénoncent les inégalités de traitement entre les différentes catégories de créateurs et appellent à défendre collectivement leurs droits sociaux, économiques et professionnels.

08/10/2026, 14:50

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“J’ai juste l’impression de lire pour lire : je ne sais pas si j’achèterai encore des livres”

Dix mois après avoir quitté la librairie, Elsa continue pourtant d’enchaîner les livres. Mais à force de lire sans interruption, une question s’impose : est-ce encore l’envie de lire, ou simplement une habitude devenue refuge ? Entre pile à lire, achats compulsifs, peur du vide et plaisir intact de certaines découvertes, ce billet interroge avec franchise ce que nos lectures disent parfois de nous — et de nos automatismes.

08/10/2026, 09:00

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“La lutte contre le piratage, c'est une conjonction de moyens” (SNE)

Bookys, plateforme pirate diffusant des livres, des revues et des magazines protégés par le droit d'auteur, est visée par une demande de blocage portée par le Syndicat national de l'édition (SNE) et l'Alliance de la presse d'information générale. Adressée aux fournisseurs d'accès à internet, l'assignation ouvre la voie à d'autres actions, comme des mesures contre les sites miroirs ou les prestataires de paiement.

07/10/2026, 16:57

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“Quand je n’écris pas mes histoires, j’écris sur celles des autres”

Cyril Camus publiera Grand-Guignol aux éditions Anacharsis, ce 16 octobre. Lorsqu’il n’écrit pas ses propres histoires, il étudie celles des autres. Chercheur à l’Université Toulouse Jean Jaurès, spécialiste de Neil Gaiman, du fantastique, de la bande dessinée et des cultures populaires, il a fait de l’analyse des récits un autre versant de son travail. Ces recherches ont directement nourri Grand-Guignol, de la construction des ambiances au goût pour une documentation fouillée.

07/10/2026, 14:35

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“Le RN ose tout”, même confisquer Olympe de Gouges, icône féministe

Exclusif — Le Rassemblement national tente, par une initiative parlementaire visant à faire entrer Olympe de Gouges au Panthéon, de se grimer en formation féministe. Les votes du parti d'extrême droite, tout comme les prises de position de Marine Le Pen, sont pourtant bien éloignés des combats de l’autrice de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Une pétition, signée par des historiennes, des universitaires et des spécialistes d'Olympe de Gouges, dénonce « la dernière des impostures » du RN.

07/10/2026, 10:24

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“Aujourd’hui, une banque a remplacé Verlaine, Zweig et Yahya Kemal”

Au 27, boulevard Saint-Michel, il ne reste rien du café Vachette où Verlaine, Moréas, Yahya Kemal ou İbrahim Çallı ont laissé leurs traces. Rien, sinon des récits, des plaques déplacées et quelques souvenirs incertains. Entre littérature, peinture et mémoire parisienne, Adnan Algın, correcteur, remonte le fil d’un lieu disparu, où l’on payait parfois ses dettes en vers, en leçons ou en tableaux. Aujourd’hui, une banque tient les comptes. À sa manière.

05/10/2026, 17:35

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PLF 2027 : “L’État renonce à soutenir pleinement les artistes”

Le projet de loi de finances 2027, présenté le 1er octobre dernier, procède à une nouvelle réduction des budgets alloués au ministère de la Culture. Les collectivités territoriales, premières financeuses du secteur culturel, voient elles aussi leurs moyens se rabougrir. Le Syndeac, premier syndicat des entreprises du spectacle vivant public, dénonce un choix politique aux lourdes conséquences.

05/10/2026, 15:07

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“Une partie de notre psychisme réclame des métamorphoses”

Phénomène identitaire largement porté par les réseaux sociaux, le thérianisme désigne le sentiment d’une proximité profonde avec un animal, jusqu’à parfois se vivre comme partiellement animal. Le psychanalyste Jean-Charles Bettan interroge ce que cette identification dit du rapport au corps, à l’adolescence et à la construction de soi, tout en mettant en garde contre les rapprochements trop rapides avec la dysphorie de genre.

05/10/2026, 10:52

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Drieu la Rochelle et Colette Jéramec : l’histoire d’un couple impossible

Avec La Rédemption, Jean-Noël Orengo revient sur un couple pris dans les bouleversements du XXe siècle : Pierre Drieu la Rochelle et sa première épouse, Colette Jéramec. Derrière l’écrivain collaborationniste et antisémite, le romancier fait réapparaître une femme longtemps restée dans l’ombre, médecin et chercheuse à l’Institut Pasteur, arrêtée avec ses deux enfants en 1943.

02/10/2026, 18:04

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2026 en Ukraine, les livres brûlent. Littéralement.

Cécile Deniard, traductrice littéraire, s’est rendue deux semaines en Ukraine pour apporter son soutien à ses collègues au nom du Conseil européen des associations de traducteurs littéraires (CEATL). Elle y a participé au festival BookForum de Lviv mi-septembre, puis est allée à Kyiv afin d'y rencontrer d'autres acteurs de la chaîne du livre. Leur énergie, leur créativité, mais aussi le besoin de solidarité qui s’est souvent exprimé au cours de ces entretiens, lui ont inspiré cette tribune.

02/10/2026, 13:02

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“Si nous voyons le nom, nous ne lisons peut-être plus tout à fait la même phrase”

Le nom d’un auteur change-t-il notre manière de lire ? À partir du Prix de la Page 111, qui soumet au jury des textes anonymisés, Adnan Algın, écrivain, poète et correcteur, interroge le poids de la réputation dans le jugement littéraire. Prix, éditeur, critiques et œuvres antérieures composent un « capital de la signature » capable d’accorder davantage de crédit à une phrase — ou d’en refuser à celle d’un inconnu. Une invitation à relire les textes avant leurs auteurs.

01/10/2026, 16:14

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Clémentine Mélois : “Toute la vie n’est faite que de ruptures successives”

James Joyce avait fait entrer l’épopée dans la vie ordinaire, jusqu’à faire tenir une Odyssée entière dans une journée. Clémentine Mélois choisit, elle aussi, de partir de presque rien : un déménagement, une séparation, quelques cartons, un verre à moutarde, un rouleau de Sopalin. Dans Choses que je croyais perdues, finaliste du 93e prix des Deux Magots, l’autrice-artiste fait de « l’infraordinaire » sa matière romanesque.

01/10/2026, 15:33

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Véronique Ovaldé : “J’ai toujours inventé d’autres vies à ma mère”

On connaît Véronique Ovaldé pour ses fictions et leurs vies toujours prêtes à bifurquer. Avec Vivre sans bonheur et n’en point dépérir, paru chez Flammarion en cette rentrée littéraire, elle se tourne cette fois vers sa propre mère. Le récit est plus intime, sans abandonner l’imaginaire, et la place parmi les finalistes du prix des Deux Magots 2026.

30/09/2026, 17:03

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Pangram peut-il vraiment prouver que le roman de Thélyson Orélien a été écrit par une IA ?

Depuis le début de l’affaire Thélyson Orélien, le débat s’est concentré sur l’usage possible de l’intelligence artificielle, la fiabilité des détecteurs, puis les affaires de plagiat. Un aspect a toutefois été moins examiné : le calcul utilisé pour affirmer qu’il était presque impossible que Pangram se soit trompé sur les 20 passages du roman présentés comme suspects par « Balance ton Claude », compte derrière lequel se trouve notamment l’essayiste Samuel Fitoussi. Pour ActuaLitté, le mathématicien Mouhamadou Sy revient sur ce calcul, sur l’hypothèse d’indépendance qu’il suppose et sur ce qu’il permet réellement, ou non, de conclure.

30/09/2026, 16:08

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“L’écoute de cette sélection de chansons a joué un rôle crucial d’inspiration”

Cyril Camus publiera Grand-Guignol aux éditions Anacharsis, ce 16 octobre. S’il revendique depuis l’enfance une passion pour les livres et l’horreur, l’écrivain entretient avec la musique une relation tout aussi profonde — quoique née plus tardivement, presque par accident. Du punk français aux chants celtiques, de Bob Dylan au free-jazz, des musiques de films à la darksynth, ses écoutes accompagnent autant son quotidien que son travail d’écriture. Au point de faire de la bande-son de Grand-Guignol une composante à part entière du roman. Il revient sur cette « musicobsession », ses découvertes fondatrices et ces morceaux qui, parfois, donnent à la fiction sa couleur avant même que les mots ne l’installent.

30/09/2026, 13:35

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Édition classique, crowdfunding ? “Choisir le modèle le plus juste pour chaque œuvre”

Auteur et président de l’Association de sauvegarde de l’Abbaye Saint-Félix de Montceau, Guilhem Méric revendique un parcours d’« auteur hybride », entre maisons d’édition et publication indépendante. À l’occasion du lancement de MORLHED – L’Ombre des Primordiaux, il explique pourquoi il a choisi le financement participatif, entre maîtrise des droits, cohérence de son univers, contexte économique du livre et relation directe avec ses lecteurs.

30/09/2026, 12:48

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À 80 ans, Lucky Luke court toujours : dans les coulisses de l’exposition avec Joub

À 80 ans, Lucky Luke n’a pas fini de galoper. Commissaire de l’exposition Lucky Luke court toujours !, présentée à Quai des Bulles, Joub a replongé dans l’ensemble de la série pour raconter autrement le cow-boy de Morris : par le dessin, la couleur, les gags et les motifs qui traversent huit décennies d’albums.

30/09/2026, 12:04

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Lucie Rico : “Dire quelque chose, c’est déjà le transformer”

Mais que fait ce sang sur le pull de Jennifer ? Une question qui a conduit Lucie Rico jusqu’à la finale du prix des Deux Magots 2026. Dans ce troisième roman publié chez P.O.L, une phrase inachevée ouvre une enquête sur un souvenir d’enfance, entre le baroque du giallo, reconstitution comme les vrais enquêteurs judiciaires, et mémoire familiale.

29/09/2026, 15:07

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Le Goncourt craint pour son intégrité ? Alors Pangram pour les 15 autres romans, fissa !

L’Académie Goncourt a donc retiré de Thélyson Orélien, de sa première sélection, au nom de plagiats antérieurs et d’analyses concluant que le roman serait « selon toute vraisemblance » produit avec IA. Une décision loin d'être unanime, on compte au moins Pascal Bruckner dans la résistance. Puisque l’Académie introduit le détecteur dans son prétoire, qu’elle aille au bout de sa logique : même outil, même protocole, même soupçon. Sinon, ce n’est plus une règle. C’est un traitement d’exception. 

29/09/2026, 14:48

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Quai des Bulles : 45 ans de BD, de rencontres et de passion

Traditionnellement, le festival Quai des Bulles décale ses dates pour cause de Route du Rhum et ouvre ses portes ces 9-10-11 octobre, à Saint-Malo. L’occasion, s’il en fallait une, de venir flâner sur les remparts se gaver d’air iodé et de bande dessinée…

29/09/2026, 14:22

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Elsa Holfert : "Le burn-out n’est pas que professionnel"

Paru le 22 avril 2026 aux Éditions Dangles, Fatigue chronique, et si c’était un épuisement surrénalien ? d’Elsa Holfert explore les mécanismes de l’épuisement liés au stress chronique. Kinésithérapeute de formation, l’autrice exerce aujourd’hui comme praticienne en santé fonctionnelle et en hormonologie.

28/09/2026, 16:40

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Affaire Thélyson Orélien : “Un score de génération par IA n’est pas une preuve”

Créée en juillet 2024 pour distinguer les œuvres d’origine humaine des contenus générés par intelligence artificielle, l’association Fabrication Humaine défend un label gratuit fondé sur l’engagement de l’artiste. Dans cette tribune, elle prend appui sur l’affaire Thélyson Orélien pour interroger la place prise par les outils de détection : sans trancher sur l’origine de C’était ça ou mourir, elle appelle à distinguer l’indice de la preuve et plaide pour davantage de transparence dans les processus de création. 

28/09/2026, 16:30

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IA et littérature : et si on arrêtait de s’écharper pour s’entendre, bordel !

Nathalie Hug a publié en juin dernier 92 BPM, Mais bordel qui a écrit ce roman ? aux Éditions Télémaque, un texte qu’elle présente comme entièrement hybride, né de 18 mois de travail avec l’intelligence artificielle et accompagné d’un making-of détaillant cette expérience. Dans cette tribune, elle revient sur la polémique autour de C’était ça ou mourir, de Thélyson Orélien, accusé d’avoir été écrit avec l’IA, et élargit le débat à la place de ces outils dans la création littéraire, à la transparence envers les lecteurs et à l’avenir de l’écriture humaine.

28/09/2026, 14:22

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Thélyson Orélien : “Pourquoi tant d’acharnement sur un écrivain ?”

L’affaire Thélyson Orélien s’est imposée en quelques jours au cœur de la rentrée littéraire. Soupçonné d’avoir eu recours à l’intelligence artificielle pour écrire C’était ça ou mourir, puis rattrapé par plusieurs cas de plagiat concernant des textes anciens, l’auteur québécois conteste les accusations visant son roman. Le retrait du livre de la sélection du Goncourt a encore amplifié une controverse qui interroge désormais tout le monde éditorial. Par Auguste Feydeau.

26/09/2026, 14:00

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Affaire Thélyson Orélien : “Réinventons le pacte entre l’auteur, l’éditeur et le lecteur”

Thomas Perroud, normalien, est animateur de l’émission Anachroniques consacrée notamment aux premiers romans sur Fréquence protestante. Il revient sur les soupçons d’usage de l’intelligence artificielle au sujet du premier roman de Thélyson Orélien, C’était ça ou mourir (Grasset).

24/09/2026, 16:32

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Violences sexistes et sexuelles : 50 ans pour passer de l'intime à la loi

Après des décennies de mobilisations, de recherches et de récits, les violences sexistes et sexuelles ne sont plus seulement appréhendées comme une succession de drames privés. Elles constituent un objet politique, juridique et culturel. La proposition de « loi intégrale » actuellement examinée à l’Assemblée nationale en offre une nouvelle traduction — et invite à regarder l’histoire des mots qui ont rendu ces faits visibles.

24/09/2026, 16:10

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Pour encadrer l'IA, La France insoumise convoque Isaac Asimov

Exclusif — Une figure de la science-fiction s'invite à l'Assemblée nationale, à la faveur d'une proposition de loi déposée par René Pilato, député La France insoumise — Nouveau Front Populaire de Charente. Les fameuses « lois de la robotique », conçues par l'écrivain américain, y sont citées, afin de motiver et nourrir un encadrement des intelligences artificielles mises à la disposition du grand public.

24/09/2026, 15:58

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“L’IA est arrivée, et le mot “aide” s’est complètement décousu”

Entre correction, réécriture et création, où commence véritablement « l’aide » à un auteur ? Écrivain, poète et correcteur, Adnan Algın plonge dans ses propres archives éditoriales pour interroger les interdictions visant l’intelligence artificielle. De ses interventions sur des romans aux cas célèbres de Raymond Carver ou T. S. Eliot, il questionne une frontière que l’IA n’a peut-être pas inventée, mais sérieusement brouillée.

24/09/2026, 11:53

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“L’horreur est le meilleur genre de l’histoire de la fiction”

Cyril Camus publiera Grand-Guignol aux éditions Anacharsis, ce 16 octobre. L'écrivain revendique une passion pour l’horreur née dans les livres, nourrie par le cinéma. De Guillermo del Toro à Stephen King, l’écrivain revient sur les monstres qui ont façonné son imaginaire et défend une conviction paradoxale : l’épouvante peut nous rassurer. Les démons de fiction ont sur les terreurs du réel un avantage décisif : ils n’existent pas. Une invitation à frissonner pour mieux souffler, qu'il partage dans nos colonnes...

23/09/2026, 17:36

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“La véritable violence, c’est le déni, l’indifférence”

Mère isolée, actrice pornographique quadragénaire, Sabine élève seule son fils Romain dans le vingtième arrondissement. Adolescent « normal », moyen, ce dernier subit un harcèlement en règle dès lors qu’une vidéo de Sabine fuite au collège, et fait le tour des réseaux sociaux… La suite ? Accompagnée par le hardeur Joseph, et par Enguerrand, bourgeois blasé, Sabine résout de se venger, guidée par son seul amour maternel. Une deuxième intrigue se met en place, mêlant cette fois milieux d’affaire et hauts-fonctionnaires, sur fond de revenge porn et de libertinage. Propos recueillis par Étienne Ruhaud.

21/09/2026, 16:54