Exclusif - Un manuscrit de professeur refusé chez Gallimard, le roman d'un ex-professeur publié trois ans plus tard par la maison et de l'un à l'autre ouvrage des scènes, motifs et références parfois voisins. La comparaison de Grand Poisson, de Fabrice Sanchez (Plon, août 2025), avec La solitude des professeurs est infinie, de Yannick Haenel (Gallimard, août 2026), ne révèle pas de contrefaçon, mais soulève quelques sourcils.
Le 02/09/2026 à 17:01 par Nicolas Gary
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02/09/2026 à 17:01
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Publié par Plon le 21 août 2025, Grand Poisson suit un professeur de français débutant au lycée Célestin-Pharamont. Confronté à une classe de seconde difficile et à une tutrice de plus en plus autoritaire, il voit peu à peu le réalisme scolaire basculer vers le fantastique et la satire.
Paru chez Gallimard le 20 août 2026, La solitude des professeurs est infinie retrouve Jean Deichel, alter ego romanesque de Yannick Haenel. À 22 ans, le jeune professeur fait son stage dans un collège de banlieue, presque sans formation. Trente ans plus tard, il revient sur ses années d’enseignement, entre salles de classe, amours, voyages, littérature et sacré.
De l’un à l’autre, un air de famille, celle de l’éducation nationale et des salles de classe. Aucune pièce consultée n’établit que Yannick Haenel ait lu le texte de Fabrice Sanchez. Pourtant, ce dernier aura longuement échangé avec un éditeur de la maison, Victor Depardieu, lequel aura opéré un véritable travail éditorial, jusqu’à une version intitulée V3, remise en janvier, et jamais rendue publique.
Mais une question demeure : quel chemin ce document de travail de Grand Poisson a-t-il suivi après avoir été donnée « pour lecture dans la maison » ? Et ce, avant de recevoir une fin de non-recevoir.
Contacté, Yannick Haenel nous affirme n’avoir eu connaissance ni du manuscrit V3 ni du livre publié. Victor Depardieu, qui avait lu et commenté Grand Poisson, abonde. À la date de publication, ni Victor Depardieu ni Karina Hocine, présentée par Yannick Haenel comme l’éditrice de son roman, n’avaient pas répondu aux questions complémentaires d’ActuaLitté. L’enquête porte donc sur ce qui peut être vérifié : des textes, une chronologie et un parcours.
L’examen porte sur trois documents : la V3 de Grand Poisson, envoyée à Victor Depardieu le 4 janvier 2024 ; le bon à tirer, ou BAT, du livre publié par Plon ; enfin le service de presse numérique du roman de Yannick Haenel. Ce PDF n’offrant pas de pagination exploitable, les numéros de pages du tableau initial ont été abandonnés. Les passages ont été retrouvés par leur contexte et leurs formulations.
Avant le présent dossier, deux controverses publiques, de nature différente, ont porté sur l’usage de sources ou sur des emprunts allégués dans des livres de Yannick Haenel. En octobre 2007, Alina Reyes l’a accusé dans Le Nouvel Obs de multiples « emprunts à son imaginaire » dans Cercle, visant notamment La Chasse amoureuse et Forêt profonde.
Elle a également laissé entendre que des manuscrits refusés par Gallimard auraient pu lui être transmis. Yannick Haenel a contesté ces affirmations, déclarant n’avoir lu que quelques pages d’un livre reçu en 2005 et qualifiant l’insinuation relative aux manuscrits de « calomnie ». Porté devant la justice, le différend s’est achevé en sa faveur : selon le compte rendu publié en février 2010 par Le Nouvel Obs, le jugement a conclu que Cercle « ne constitue pas une contrefaçon des œuvres d’Alina Reyes ».
Une seconde controverse a éclaté en janvier 2010 autour de Jan Karski. Claude Lanzmann reprochait au premier chapitre du roman de citer, sans son autorisation, de longs passages de l’entretien avec le résistant polonais filmé pour Shoah. Il parlait de « parasitage » et estimait que « le mot de plagiat conviendrait aussi bien » ; ses critiques visaient également la partie fictionnelle, qu’il qualifiait de « falsification de l’Histoire ».
Dans le même débat, l’historienne Annette Wieviorka a parlé de « régression historiographique », contestant notamment le traitement de la responsabilité des Alliés et de l’antisémitisme polonais. Comme le rapportait alors Le Monde, Yannick Haenel a répondu en revendiquant la liberté de création du romancier et l'affaire en est restée là. Si ces épisodes n'éclairent en rien le cas de Grand Poisson – pas plus qu'ils n'établissent un comportement récurrent – leur rappel contextualise strictement un débat déjà public sur l’usage des sources et, dans le premier cas, sur la circulation alléguée de manuscrits refusés.
Après lecture humaine de ces trois textes, un sentiment de déjà-vu s’installe : nous avons donc interrogé des outils IA de détection sur de possibles ressemblances entre les versions numériques des deux ouvrages sans qu’ils ne relèvent de copier-coller manifeste. Puis nous avons ajouté à cette étude de comparaison la version de travail (appelée V3), fruit des modifications que Fabrice Sanchez avait apportées à la demande de Victor Depardieu.
Pour compenser ce biais possible, une seconde sollicitation de l’IA a recherché écarts, faux positifs, motifs usuels, antécédents publics et explications concurrentes. L’outil n’a conclu ni à une contrefaçon ni à un accès. Les passages cités ont été retrouvés dans les PDF ; les résultats qui ne résistaient pas à la relecture ont été écartés ou rétrogradés. Le décompte aboutissait alors à 13 rapprochements dits « significatifs », soit une combinaison de détails ou de fonctions narratives similaires. Mais lesquelles ?
Une classe chahute, un débutant perd pied, un collègue craque, les couloirs deviennent hostiles et la salle des professeurs recueille les confidences. Rien de tout cela n’appartient à un seul livre et pour cause.
Dans Entre les murs, de François Bégaudeau, l’année va de la classe aux conseils et à la salle des professeurs ; Les Cahiers pédagogiques y voient des adultes « déboussolés ». Mara Goyet énumère cantine, jargon, guerres et martyrs dans Collèges de France. Le Grand Secours, de Thomas B. Reverdy, concentre une journée de tension et de violence dans un lycée de Bondy.
Ce corpus exploratoire n’est pas statistique. Il montre que l’épreuve imposée par une classe, les pleurs, le désarroi, les bagarres, la cantine, l’inspection ou la peur de perdre son autorité forment un répertoire partagé. Les toilettes comme refuge peuvent aussi relever d’une expérience ordinaire. Séparées, ces scènes renseignent d’abord le genre des deux romans.
L’analyse devient plus informative lorsqu’elle porte sur l’agencement de plusieurs éléments, leur fonction narrative et les différences entre la V3 et le livre imprimé.
Dans la V3 de Grand Poisson, trois épisodes sont disséminés dans le récit. Le narrateur entend derrière une porte un bruit de ruine, ouvre et découvre une salle vide. Christophe, professeur de mathématiques dans la salle contiguë, est poussé aux larmes par des élèves qui se sont lancé le défi de faire pleurer un homme, puis quitte l’établissement. Plus loin, une remplaçante au prénom incertain se cache derrière des cartons pour échapper à une classe de seconde ; elle disparaît à son tour, laissant veste et clés au lycée.
Chez Yannick Haenel, un seul épisode rassemble plusieurs de ces fonctions. Un fracas éclate dans le préfabriqué voisin ; Jean Deichel, observé par ses élèves, y trouve une salle dévastée et une jeune professeure de musique en larmes, cachée sous un bureau brisé. Personne ne connaît son nom. Blessée, elle est prise en charge, hospitalisée, puis démissionne.
Les différences sont substantielles : le vide fantastique devient destruction matérielle, le professeur de mathématiques une professeure de musique, les cartons un bureau ; le défi n’est pas formulé de la sorte dans La Solitude. Le BAT conserve en outre Beaulieu, autre professeur persécuté par ses élèves, qui part en arrêt et ne revient pas avant la fin de l’année. Le thème d’un enseignant malmené qui disparaît était donc public depuis août 2025.
Reste dans la V3 une combinaison plus resserrée : salle voisine, bruit d’effondrement, adulte caché, pleurs, identité incertaine et disparition professionnelle. Son voisinage avec l’épisode de Yannick Haenel appelle un examen de genèse ; il ne permet pas d’en déduire une source. Fabrice Sanchez affirme que les toilettes-refuge, Christophe et la remplaçante figuraient dès sa V1 de juillet 2023. Faute de fichier natif daté examiné, ce point repose sur son témoignage ; leur présence dans la V3 est vérifiable.
Le différentiel V3/BAT empêche les raccourcis. Le professeur caché dans les toilettes est propre à la V3, mais le BAT conserve une élève « planquée aux toilettes » : seule la fonction change. La clé subsiste aussi dans le BAT : elle « s’insère mal », quand la V3 disait qu’elle « ne s’insère pas » sous le regard des élèves. Chez Yannick Haenel, elle n’entre pas et la classe observe le stagiaire. C’est une variante plus proche de la V3, non un détail inédit.
Le principal cas différentiel concerne une séquence absente du BAT. Dans la V3, une femme enfermée de nuit se dissimule derrière une armoire ; par un petit hublot, elle guette une ombre susceptible de devenir regard ou sourire tandis que la tempête frappe la vitre. Chez Yannick Haenel, un orage traverse le collège ; le narrateur, collé à un hublot, croise une femme dont le visage lui échappe, enveloppée d’ombre, avant l’apparition d’une lumière rouge. Ailleurs, l’orage change les fenêtres rondes en hublots et la chambre en Arche pendant le Déluge.
Fabrice Sanchez présente cette séquence comme un ajout de la V3 né « en partie » de conversations avec Victor Depardieu, qui, selon lui, appréciait particulièrement le versant fantastique du roman. Or, dans un texte consacré à Moby Dick en 2018, Yannick Haenel associait déjà hublot, arche de Noé, labyrinthe et monde antédiluvien.
L’antécédent de 2018 retire toute valeur probante au hublot ou au Déluge — pris isolément. La réunion, dans un décor scolaire, de l’orage, du hublot, de l’ombre, d’une femme au visage invisible et d’une lueur demeure cependant un parallèle composite. Avec cette réserve : la chronologie publique disponible ne permet pas de dater sa formation dans le roman qui sort pour cette rentrée littéraire 2026.
Les autres éléments propres à la V3 sont moins distinctifs : mal de ventre formulé plus crûment, silhouette reconnue sans visage, vide ou caverne sous les pieds, faute ancienne que l’institution semblerait faire payer. Moby Dick apparaît également dans une liste ensuite retranchée. Les antécédents publics de Yannick Haenel obligent ici à la prudence : la proximité ne saurait être convertie en indice d’accès.
Les éléments conservés dans le BAT étaient publics après le 21 août 2025. On retrouve, avec quelques écarts : buffet de cantine, couteau associé à un trouble psychique, tutrice présente lors d’une inspection défavorable, tableau souillé, établissement-aquarium ou vivarium, refus de sourire, couloirs-labyrinthe, ancien incident grave seulement évoqué, regard perdu, enseignant hagard et cours vécu comme noyade ou bataille.
S’ajoutent insomnie, médicaments, alcool, mal de ventre, abîme, sacrifice, flottement, hostilité, emploi du temps-sanction, copies inépuisables, bagarres, peur des lunettes cassées ou d’être suivi, critique de la « bienveillance », thèse comme issue et fuite vers la mer ou l’Italie. Ce relevé donne son ampleur au dossier, non une valeur identique à chaque entrée : beaucoup appartiennent au récit de l’épuisement professionnel.
Certains motifs sont publiquement attestés chez Yannick Haenel avant la V3. Le 9 août 2023, il conseillait déjà de ne pas sourire sous peine de se faire « bouffer ». Cette publication ne date pas la rédaction du passage, mais exclut de rattacher ce motif à la V3 de janvier 2024. Le mot « fantôme » ou son pluriel apparaît à cinq reprises dans la V3, autant dans le BAT et quatre fois chez Yannick Haenel. Les situations ne se superposent pas exactement, mais les trois textes associent cette image au lycée, à ses disparus ou à des enseignants épuisés, devenus les ombres d’eux-mêmes.
Le mot « spectres », présent une fois dans la V3 au sein d’un passage poétique cité, n’a toutefois pas d’équivalent littéral dans les deux livres publiés. Un parallèle médicamenteux se retrouve également attesté. La V3 évoque des « cachets roses » prescrits au professeur, devenus bleus dans le BAT, ainsi qu’un sommeil profond provoqué par les pilules. Dans le texte de Yannick Haenel, un médecin prescrit des anxiolytiques au narrateur surmené ; celui-ci passe plusieurs jours au lit, « assommé par les cachets ».
La couleur diffère et aucun copier-coller n’apparaît, mais le mot, la prescription et la fonction narrative se rejoignent. Ces deux ensembles doivent donc être classés parmi les correspondances corroborées et cumulatives, non parmi les éléments non confirmés.
Deux professeurs de lettres citant des classiques, quoi de plus naturel ? Mais la concentration de références identiques méritait bien un examen, sans effacer les différences d’œuvres ni les fidélités anciennes de Yannick Haenel.
Baudelaire fournit l’écho le plus précis : Grand Poisson fait lire « Je suis comme le roi d’un pays pluvieux », dans Spleen III ; Yannick Haenel choisit « Quand le ciel bas et lourd… », dans Spleen IV. Deux poèmes contigus, non le même texte. Molière, Proust et Racine apparaissent dans des emplois canoniques distincts. Pascal, Corneille et Balzac sortent de la liste : les occurrences ne sont pas équivalentes chez le romancier de Gallimard.
Fabrice Sanchez évoque la vie de Rousseau ; quand son confrère lit Les Rêveries du promeneur solitaire, associées aux Filles du feu de Nerval. En classe, dans Grand Poisson, les élèves font une dictée tirée des Rêveries du promeneur solitaire. La V3 cite Moby Dick ; des romans de Bernanos différents de celui retenu par Yannick Haenel ; Les Démons de Dostoïevski, contre L’Idiot et Mychkine ; Le Manifeste du parti communiste, quand Marx inspire le nom du chien Lumpen ; La Grande Beune, tandis que Deichel enseigne Pierre Michon. Même auteur ou univers, jamais même emploi.
Yannick Haenel rapprochait déjà son jeune professeur de Mychkine dans un entretien de 2013 ; son attachement à Moby Dick est ancien. Dans la V3, le professeur demande le vrai nom de Stendhal ; le BAT remplace l’écrivain par George Sand. Yannick Haenel cite Stendhal et expliquait en avril 2024 avoir affiché une de ses devises au-dessus de son lit. Postérieur à la V3, l’article ne date pas cet usage, mais documente l’affinité.
Le réseau biblique est lui aussi partiellement commun : Déluge, Isaïe, Jonas, Ézéchiel, anges, épées et feu chez Fabrice Sanchez ; Déluge biblique et coranique, Noé, Arche et épée qui flamboie chez Yannick Haenel : là encore, la référence commune apparaît. Enfin, Alain Finkielkraut n’est nommé dans aucun des deux romans, mais tous deux rapprochent, sur un mode satirique, « territoires » ou « lycées perdus de la République », déclin scolaire, critique de la bienveillance et nostalgie autoritaire.
Le fait à retenir n’est donc pas que deux livres possèdent Baudelaire, Rousseau ou Dostoïevski. C’est qu’ils concentrent une bibliothèque commune jusque dans des textes voisins ou des variantes, en même temps qu’ils partagent une série de situations scolaires. Une densité qui nourrit une interrogation critique, sans démontrer d’emprunts.
Sollicité par ActuaLitté, l’écrivain répond n’avoir « jamais eu connaissance du manuscrit de Fabrice Sanchez » et ne pas avoir lu son livre. Il assure d’ailleurs que la matière de son roman provient entièrement de ses dix-sept années de son « expérience professionnelle : j’ai exercé le métier de professeur de français pendant dix-sept ans, dans des collèges et lycées, de 1990 à 2007 ; et toute la matière de mon livre provient de cette période. J’ai commencé à l’écrire dès la mort de Samuel Paty en octobre 2020 : des textes publiés dans Charlie Hebdo en témoignent ».
De fait, dans Charlie Hebdo, le 6 janvier 2021, il racontait déjà débuts, absence de préparation, banlieue et RER. Auprès de Page des libraires, il évoque de petits textes et des scènes, devenus une longue nouvelle avant de proliférer. Une nouvelle portant le titre du roman figure dans le numéro 22 d’Initiales, daté de décembre 2025. Ces jalons soutiennent la genèse autonome revendiquée, sans dater chaque épisode comparé.
Yannick Haenel date toutefois de 2011 l’article de Charlie Hebdo qu’il invoque ; celui-ci est paru en 2021, comme l’indiquait déjà la critique favorable publiée par ActuaLitté le 7 août. Il ajoute que les ressemblances lui paraissent « impossibles, ou le fruit du hasard », les récits de professorat comportant selon lui des « passages obligés ».
Il déclare aussi n’avoir reçu ni Y, autre manuscrit de Fabrice Sanchez, ni information sur les échanges de celui-ci avec Victor Depardieu. Le 24 août, après qu’ActuaLitté lui eut signalé plusieurs scènes, il a maintenu qu’il ignorait les textes de Fabrice Sanchez et leurs « prétendues ressemblances ». Sa position est donc sans ambiguïté ni accès aux deux manuscrits ni lecture du livre publié chez Plon.
Le 11 juillet 2023, Fabrice Sanchez adresse Grand Poisson à Victor Depardieu. Celui-ci le lit durant l’été, puis échange avec l’auteur à la rentrée. Fabrice Sanchez décrit des séances durant lesquelles Victor Depardieu feuilletait un exemplaire abondamment annoté à l’encre bleue : préciser certains passages, étoffer des personnages, réduire le contemplatif, développer la narration. Il assure que Victor Depardieu appréciait le fantastique et la satire. Les exemplaires annotés n’ont pas été conservés ; le contenu détaillé de ces échanges repose sur son témoignage.
Le 4 janvier 2024, Fabrice Sanchez envoie une V3 en indiquant avoir retenu « la plupart » des propositions reçues. Le 29 janvier, Victor Depardieu lui écrit avoir donné le texte « pour lecture dans la maison ». Le 14 mars, il attend le retour de « la personne responsable des lectures chez nous ». Le 29 avril, il annonce que le « service des manuscrits » ne l’a pas retenu. Les courriels établissent un cheminement interne et un refus. Ils ne prouvent ni passage en comité, ni identité du destinataire, ni nombre de lecteurs, ni même l’étendue de la lecture accomplie.
Dans le même message du 4 janvier, Fabrice Sanchez demande si Yannick Haenel a « lu ou parcouru Y ». Il dit aujourd’hui que Victor Depardieu lui avait demandé oralement l’autorisation de transmettre ce texte, en évoquant un projet de Yannick Haenel sur la sexualité. Le courriel établit que Fabrice Sanchez attendait une réponse, et Yannick Haenel affirme ne jamais avoir eu connaissance de Y.
Interrogé une première fois, Victor Depardieu a répondu : « Après vérification, je vous informe que Yannick Haenel n’a jamais pris connaissance de ce texte de Fabrice Sanchez, que ce soit à titre personnel ou à titre professionnel. »
Yannick Haenel rectifie la fonction précédemment attribuée à Victor Depardieu : « Il n’est absolument pas mon “éditeur”, et n’a jamais travaillé sur mon roman. […] Mon éditrice est Karina Hocine. » Pour Aventures, créée au printemps 2024, il limite son rôle à un « assistanat technique ». La revue crédite Yannick Haenel à la direction et Victor Depardieu à l’édition ; Yannick Haenel dit l’avoir fondée « avec l’aide de Victor Depardieu ». En septembre 2025, Gallimard a aussi annoncé des Cahiers Philippe Sollers sous leur direction commune. Ces collaborations ne font pas de Victor Depardieu l’éditeur du roman et n’établissent aucune intervention de sa part sur celui-ci.
Dans les pièces consultées, Victor Depardieu reste le point de passage identifié de la V3 : il l’a reçue, commentée et dit l’avoir confiée « pour lecture dans la maison ». Cela ne démontre aucun lien entre les deux œuvres. Cette position le place toutefois au centre des demandes sur son destinataire, ses étapes internes et le périmètre de la « vérification ». Sa réponse en livre la conclusion, pas les éléments qui la fondent : l’article interroge cette lacune, sans lui prêter d’intention.
Le 24 août, ActuaLitté avait sollicité l’éditeur pour savoir quelle version avait circulé, à qui, quelles traces subsistaient, ce que recouvrait sa « vérification » et quand il avait connu le projet de Yannick Haenel. Karina Hocine a été interrogée sur les premiers états datés du roman et le travail éditorial accompli. Deux relances ont suivi, les 26 et 28 août, avec copie à Yannick Haenel et, pour celles-ci, à Alban Cerisier, secrétaire général de Gallimard.
Au 1er septembre 2026, ni l’une ni l’autre n’ont apporté de réponse complémentaire. Ce silence ne vaut ni aveu, ni preuve de transmission, ni indice d’une intervention sur le roman. Il laisse néanmoins sans documentation publique le destinataire de la V3, la portée de la lecture interne et la date d’apparition des scènes discutées dans les brouillons de Yannick Haenel.
Ces rapprochements ne montrent ni transmission ni emprunt. Mais leur nombre, leur précision et la présence, dans l’ouvrage paru ce 20 août 2026, de motifs propres à la V3 rendent le mot « coïncidence » insuffisant pour clore le débat.
Le refus de Grand Poisson n’a, en soi, rien de suspect. La séquence qui l’entoure change toutefois son relief : une V3 reçue et travaillée par Victor Depardieu, confiée « pour lecture dans la maison », puis écartée ; Gallimard publie ensuite un roman de Yannick Haenel, où se concentrent les correspondances relevées. Yannick Haenel et Victor Depardieu excluent tout accès au manuscrit — rien ne permet d’affirmer le contraire. Mais ni l’identité du lecteur interne, ni le parcours documentaire de la V3, ni des états datés du roman de Yannick Haenel n’ont été communiqués.
Pas de verdict, donc, mais une question éditoriale entière. Balzac avait un titre pour les récits où les pièces manquent et les versions se croisent : Une ténébreuse affaire. Sans en transposer l’intrigue, la maison Gallimard laisse bien des pages dans l’ombre.
Crédits photo : Francesca Mantovani
Par Nicolas Gary
Contact : ng@actualitte.com
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22 Commentaires
Bastien
02/09/2026 à 20:15
« Article » indigeste au possible…
Fulcanelli
02/09/2026 à 20:22
C'est malheureusement toute la rentrée littéraire qui a un air de déjà vu année après année.
Si l'on ne connait pas une ou un libraire digne de ce nom ou si l'on n'est pas un amateur ou une amatrice tant soit peu éclairé-e, on ne lit que des œuvres aussi inconsistantes qu'éphémères, il y a tellement de bons livres dont on entend si peu parler par les soi-disant spécialistes de ces fumeuses rentrées.
Pierre la police
03/09/2026 à 00:00
Excellent article. Je viens de terminer le livre d'Haenel et je l'ai trouvé brillant, poétique et déchirant. Je me jette donc sur la matrice supposée "Grand poisson". Félicitations pour cette belle démonstration de critique génétique.
Georges
03/09/2026 à 00:26
Merci pour cette édifiante enquête ! Troublant !
PASSANT
03/09/2026 à 09:17
Bonjour...
Encore... une guerre pichrocholine !... Laissons tomber la neige...
L ' occasion de faire joujou avec IA... Je me souviens d' avoir lu... il y a un bon quart de siècle... " La Bible-le code secret ".... Le texte hébraïque... passé au crible... par de performants ordinateurs.... selon une methode bien définie... parvenait à dégager... un para-texte... truffé de couleuvres... toutes prêtes à etre avalées...
" La comparaison de Grand Poisson, de Fabrice Sanchez (Plon, août 2025), avec La solitude des professeurs est infinie, de Yannick Haenel (Gallimard, août 2026), ne révèle pas de contrefaçon, mais soulève quelques sourcils. "... Je lis l ' article... et si... mes sourcils se soulèvent... ce n' est assurément pas... parce que des doutes me viendraient... sur la " moralité ". de Yannick HAENEL... Depuis..." Evoluer parmi les avalanches " ( tiens... un titre... premonitoire ! )... et sa collaboration... avec Francois MEYRONNIS ( que devient-il... lui ? )... dans la revue... " Ligne de risque "... je l ' ai suffisamment... LU... pour avoir une entière confiance... en l' INTÉGRITÉ... de l ' homme... qui est un des rares auteurs d' aujourd ' hui... qui... PARLE !... Au commencement etait le VERBE... et aujourd' hui... le verbiage !...
" De l’un à l’autre, un air de famille, celle de l’éducation nationale et des salles de classe "...
Eh oui !... Quant aux passages... plus ressemnblants... d' après ce que nous rapporte l ' article... on pourrait tout autqnt... conjecturer... que monsieur SANCHEZ... a pu être inspiré ... par des textes anterieurs... de Yannick HAENEL !... Et... de mon point de vue... il n' y aurait là... rien à redire !... " Tiens... tu me donnes une idée ! "... est le mouvement même de la vie... de la creation artistique... tout particulièrement... Quelle mesquinerie de l ' ego... que se croire le seul propriétaire d' une idée... dont on serait bien en peine... d ' eclairer la genèse...
Pour ma part... " La solitude infinie des professeurs "... que j ' etais sur le point de lire... quand cet article... m' est tombé sous les yeux... m ' a fait penser... à un livre... écouté... il y a 2-3 ans... sur le site..." Litterattureaudio. com "
https://www.litteratureaudio.com/livre-audio-gratuit-mp3/pauline-pucciano-un-homme-de-lettres.html
Toujours... " De l’un à l’autre, un air de famille, celle de l’éducation nationale et des salles de classe "...
"Arsène Drouet, la quarantaine, enseigne la littérature dans un lycée de province, où il prend de plein fouet la baisse du niveau, le nouveau management technocratique de l’Éducation Nationale, la montée de l’extrême droite chez les élèves et leurs parents, la politique du « pas de vagues »… À la maison, il découvre que sa femme est en train de tomber amoureuse d’un autre et il s’ingénie à la reconquérir ; dans le cabinet de sa psychanalyste, il explore son rapport maladif à la fiction, aux lettres, aux textes, qui représente peut-être paradoxalement sa planche de salut. "...
( la dernière phrase... semble une présentation de..." Evoluer parmi les avalanches " !... Tout finit par se rejoindre ! )...
Cordial salut... et oublions... ce bruit... pour rien...
La Gazelle
03/09/2026 à 19:54
Une casserole de plus pour la cuisine de Yannick Haenel !
Actualisant
03/09/2026 à 21:07
Encore lui pris (ou presque) la main dans le pot ?
Patrick
03/09/2026 à 22:04
Grand Poisson est un roman tellement plus fort que celui d'Haenel ! Il a résonné en moi pendant des semaines. Je suis content de ne pas être le seul à faire ce rapprochement. Ma libraire a aussi trouvé cette ressemblance très troublante.
Laura
03/09/2026 à 22:30
Je tombe par hasard sur cette bien triste "enquête"... Il me faut en parler, car elle est très injuste et très malvenue. Après Alina Reyes et sa paranoïa (lisez le dossier qu'elle a monté contre Cercle, constatez par vous-même que l'accusation de plagiat ne tient pas une seconde, comme la justice l'a d'ailleurs statué), Claude Lanzmann et son ego surdimensionné (rest in peace, ses travaux sont importants, mais on ne peut pas accuser de plagiat quelqu'un qui rappelle sa source toutes les deux pages, remercie l'auteur, loue et nomme l'œuvre empruntée dès la première page et écrit un paratexte initial qui statue que la partie une est une mise en mots avec lecture personnelle des passages de "Shoah" concernant Karski, que la partie deux est une synthèse biographique dont on cite les sources, et que la troisième est une fiction éclairée par ces recherches documentaires, ce que les détracteurs de Haenel se gardent bien de préciser, pourtant tout lecteur du livre le sait. Cela vaut donc aussi pour l'accusation de falsification de l'Histoire de Wieviorka, toute aussi ridicule que cette histoire de plagiat... La fiction est ANNONCÉE, la lecture historique posée comme personnelle, il n'y a aucune ambiguïté), voici qu'Actualitté - dont j'apprécie au demeurant le travail, en général - se dit, sur la base de cinq œuvres citées communes, d'une poignée de motifs similaires et de ce contexte, que La Solitude des professeurs est infinie plagie un manuscrit ayant circulé chez Gallimard il y a quelques années... On souffle.
Certains motifs incriminés sont rattachables à l'archétype générique des deux romans (le récit initiatique d'un professeur dans l'Éducation Nationale) ; pour le reste - Melville et Moby Dick, le vide, les médicaments, la dépression, l'alcool, l'eau, la noyade, le sacré, la tempête, le mystique, les visions, le sacrifice, le (sous-)rire, une intertextualité foisonnante d'oeuvres classiques, le fantastique hallucinatoire, le labyrinthe (héritage bataillen + référence iconographique, cf. Le sens du calme), l'insomnie, la bataille, l'abîme, l'hostilité de la société, l'Italie (une obsession haenelienne. Je Cherche l'Italie, la figure de l'Étrusque, l'amour de la peinture italienne,...) ect. - se référer à la poétique haenelienne dès 1996. Prenez les trois premiers romans : Les Petits Soldats (1996), Introduction à la mort française (2001), Évoluer parmi les avalanches (2003), surprise, tout est déjà là... Et se retrouve dans tous les autres ouvrages de Yannick Haenel. Je ne vous vois pourtant pas défendre ce dernier face à Sanchez qui manifestement à vous lire a usé de tout cela dans son livre. Alors au lieu de pleurer sur le fait que Gallimard - du reste, à fouiller un peu du côté de la génétique romanesque haenelienne, vous sauriez que Yannick adore écrire sur des cahiers Clairefontaine, parfois en pleine séance de ciné... Qui date ses textes de fiction littéralement manuscrits ? - n'a pas répondu à un mail les pressant (encore) de fournir des "preuves" d'innocence alors qu'ils ont accordé des réponses à vos questions plusieurs fois, ce qui constitue le seul vrai argument (d'une faiblesse incroyable) de votre soupçon, vous auriez pu faire une véritable étude comparative, vous savez, qui se base sur l'œuvre, pas sur trois articles lus en 2h... Peut-être aviez-vous peur de trouver ce qu'on conclut assez vite en lisant avec distance votre article quand on connaît la bibliographie haenelienne : rien. Pas de polémique littéraire, parce qu'il n'y a pas de vol intellectuel... Faites-le, vos petits doutes nauséabonds s'effondreront - mais il est vrai qu'un article honnête et carré dans sa méthode n'aurait pas généré beaucoup d'audience, puisqu'il n'y aurait rien eu d'autre à conclure que "circulez, il n'y a rien à voir". (Ah oui, et pas très malin d'avoir donné à l'IA deux textes protégés par le droit d'auteur à plusieurs reprises... C'est un manque de considération totale pour la littérature et la propriété intellectuelle). Je suis fatiguée de ce genre d'allégations sensationnalistes. On peut parler du livre, qui est merveilleux, sinon ? Au lieu d'écrire un article faussement neutre, tout à fait à charge en réalité, pourri de flemme intellectuelle et de mauvaise foi ?
Philippe
04/09/2026 à 02:01
" On souffle". Laura ? Qui êtres-vous, Laura ?
Laura
04/09/2026 à 12:01
Qui suis-je ? Mais personne en particulier. Une lectrice, certainement comme vous, entre autres de Yannick Haenel, dont j'ai théorisé la poétique dans quelques modestes travaux universitaires. Je connais bien son œuvre, et le "procès" qui lui est ici fait, on peut en démonter tous les "arguments" dès lors qu'on l'a seulement lu attentivement... Je déteste les calomnies et la malhonnêteté intellectuelle, ce qui semble être la moindre des choses ; donc oui, je souffle devant cette encre digitale si mal employée. Et vous Philippe, qui êtes-vous ?
La Gazelle
04/09/2026 à 17:36
Avez-vous lu Grand Poisson de Fabrice Sanchez ? Je vous le conseille...
PASSANT
04/09/2026 à 07:51
Bonjour... LAURA
Lu et approuvé... Merci...
J ' espère ... que les lecteurs de cet article... tendancieux... et des plus moches... liront votre commentaire... et passeront leur chemin... .. en haussant les épaules... Du vent... soufflé... par un batteur d' estrade... rameutant les gogos... L ' air... vicié... du temps... la contamination des reseaux sociaux... où tout le monde... se cache... derrière tout le monde... bien aise de cracher... le venin... de son ressentiment.... de son " petit esprit malpropre "...
Bien triste...
Cordial salut...
Angela
04/09/2026 à 16:01
Tout à fait d'accord avec vous Laura, notamment la fin de votre commentaire.
Quelle que soit la légitimité de l'interrogation portée sur la genèse du texte de Yannick Haenel, la pseudo-enquête générée par l'IA rend cet article, infiniment long et vain, indigeste au possible. L'utilisation paresseuse de l'IA crève les yeux, abîme ceux des lecteurs des articles d'Actualitté qui prétend faire du journalisme. Encore une fois, la première démarche déontologique journalistique de base serait d'indiquer que votre article est généra par IA.
Alvin LeFaiseur
14/09/2026 à 17:17
Merci !
Dominique Sels
04/09/2026 à 10:37
Bonjour, Je suis surprise qu’actualitte entérine le fait pour un éditeur de faire travailler quelqu’un sans contrat ni sans lui compter des trimestres pour sa retraite, et par conséquent avec toute latitude de le désavouer après l’avoir rincé. Qu’il y ait plagiat ou non dans ce cas, ce que j’ignore, le premier scandale est là. S’il y avait un contrat distinct de préparation d’un manuscrit, les choses seraient déjà moins ignoblement plongées dans l’innommé social et littéraire. Il s’agit d’enseignants, ces auteurs là, donc ce n’est pas grave, ils mangent par ailleurs ? A quand votre enquête précise sur ce que les éditeurs font avant publication dans ce registre, faire danser à la corde les auteurs, sans rémunération, contrat ni commande ?
YAYA
04/09/2026 à 16:04
Voilà quelques années, Haenel avait échappé à la justice sur des bases tellement similaires à celles racontées dans l'article que l'on se demande comment l'auteur continue de publier sans honte.
Merci de votre enquête.
FredEx
05/09/2026 à 08:25
Ram-dam dans la salle des profs !
JAsensio
08/09/2026 à 10:52
Je le dis et le redis depuis des années : Yannick Haenel est un IMPOSTEUR.
Point besoin de l'article fouillé suivant (https://actualitte.com/article/133618/enquetes/yannick-haenel-comme-un-air-de-deja-lu-dans-la-rentree-litteraire) montrant de très étonnantes ressemblances entre la dernière rinçure d'Haenul, La solitude des professeurs est infinie, et Grand Poisson de Fabrice Sanchez, pour s'en convaincre.
En 2010, j'avais parlé de son ignoble Jan Karski comme d'un faux témoignage : https://www.juanasensio.com/archive/2009/10/05/jan-karski-de-yannick-haenel-ou-le-faux-temoignage.html
J'en avais remis une couche, sur ce lamentable roman, en évoquant la critique de Kazimierz Pawełek, un proche de Jan Karski : https://www.juanasensio.com/archive/2010/01/27/bons-baisers-de-pologne-yannick-haenel.html
Et c'est dans cette autre note que je m'interrogeais, naïvement on s'en doute, pour savoir si Yannick Haenel, que tous les couillons journalistiques de France et de Navarre continuent de tenir pour un auteur exigeant alors qu'il n'est qu'un prétentieux lémurien, était, décidément, un imposteur : https://www.juanasensio.com/archive/2017/11/24/yannick-haenel-est-il-un-imposteur.html
Est-ce donc bien assez clair pour vous, Mesdames et Messieurs qui tout à coup découvrez la Lune, que Yannick Haenel est un IMPOSTEUR ?
Bossuet
08/09/2026 à 17:54
La rencontre avec Yannick Haenel à Ombres Blanches est reportée du 29 Septembre au 21 Octobre …. Assurément c’est un bon écrivain dans le marasme actuel et sa revue Aventures est passionnante . L’article d’ ActuaLitté est troublant et touffu , confus . Je verrai bien ce que me dit Yannick 😕 .
Un observateur
10/09/2026 à 13:50
L'affaire Karski, l'affaire Alina Reyes (pour laquelle il fut relaxé), ça commence à faire beaucoup.
BS
11/09/2026 à 10:27
Petite expérience amusante. Sur Bibliosurf, la notice de Grand poisson propose une rubrique « Que lire après ? ». Le premier titre suggéré est La solitude des professeurs est infinie. Personne n'a fait ce rapprochement à la main. Il vient d'un calcul de proximité par vectorisation. La machine n'a lu ni la V3 ni le BAT. Elle a repéré l'air de famille toute seule. Votre enquête confirme que le rapprochement des œuvres par vectorisation fonctionne.
https://www.bibliosurf.com/Grand-poisson.html