Du 25 au 27 septembre 2026, le Palais de la Porte Dorée inaugurera Maillage, un nouveau festival consacré aux littératures contemporaines. Mohamed Mbougar Sarr en sera l'invité d'honneur, aux côtés notamment de Mathieu Belezi, Jérôme Ferrari, Kiyémis, Rim Battal, Diaty Diallo ou Dinaw Mengestu. Rencontres, performances, lectures, ateliers et créations collectives investiront jusqu'à l'Aquarium tropical.
Le 24/08/2026 à 12:52 par Hocine Bouhadjera
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24/08/2026 à 12:52
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En pleine rentrée littéraire, le Musée national de l'histoire de l'immigration, le Forum, le Salon des laques, l'auditorium et même l'Aquarium tropical accueilleront écrivains, auteurs de bande dessinée, artistes et lecteurs.
Cette nouvelle manifestation prolonge le travail littéraire mené depuis plus de quinze ans par l'établissement autour de son Prix littéraire de la Porte Dorée, auquel s'est ajouté en 2022 un prix consacré à la bande dessinée. Migrations, mémoire, exil, identités plurielles, discriminations et enjeux environnementaux constituent les fils rouges annoncés de cette première édition.
Au programme : Mohamed Mbougar Sarr, Mathieu Belezi, Kiyémis, Rim Battal, Jérôme Ferrari, Diaty Diallo, Clara Lodewick, Dinaw Mengestu, Reza Sahibdad, Yann Damezin, mais aussi Rachida Brakni, Abdellah Taïa, Polina Panassenko, Hemley Boum ou encore Louisa Yousfi.
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Lauréat du Prix littéraire de la Porte Dorée en 2018 pour Silence du chœur, puis du prix Goncourt 2021 pour La Plus Secrète Mémoire des hommes, l'écrivain sénégalais y installera notamment une bibliothèque « latérale » d'une vingtaine de livres ayant marqué sa trajectoire, présentera un texte inédit composé pour Maillage et recevra plusieurs artistes et écrivains en tête-à-tête.
Dès le samedi matin, il parcourra cette bibliothèque intime avec le critique et universitaire Boniface Mongo Mboussa. L'après-midi, il dialoguera avec l'historien Pierre Singaravélou autour de l'écriture de l'histoire et du monde, avant de retrouver dimanche la chanteuse franco-brésilienne Gildaa, puis la romancière Hemley Boum pour une conversation consacrée à l'art du roman.
Autre temps fort, samedi à 20h : une rencontre entre Mohamed Mbougar Sarr et l'écrivain américain d'origine éthiopienne Dinaw Mengestu, organisée avec le Festival America. Leurs œuvres serviront de point de départ à une conversation autour de l'exil, de la double appartenance, des frontières et de la mémoire.
Maillage s'ouvrira vendredi soir avec deux performances. À 19h, Reza Sahibdad, Yann Damezin et Sultan Ulutaş Alopé donneront une forme scénique au roman graphique Hazara Blues (Sarbacane, 2025). L'ouvrage retrace le parcours de Reza Sahibdad, de Kaboul à Téhéran puis Paris, et son expérience de l'exil et de la demande d'asile. Des extraits seront lus en français et en persan tandis que Yann Damezin dessinera en direct.
À 20h30, la poétesse Kiyémis orchestrera une Ode à la joie, conçue comme une réponse aux imaginaires apocalyptiques contemporains. Elle réunira Rim Battal, Sara Mychkine et Séphora Pondi, accompagnées par la chanteuse et musicienne Cindy Pooch. La performance prolongera la réflexion collective engagée dans Pour la joie, publié en 2025 aux Liens qui libèrent.
La clôture du dimanche reviendra notamment à Mathieu Belezi. À partir de C'était notre terre, premier volet de sa tétralogie algérienne, la metteuse en scène Célie Pauthe a imaginé une lecture portée par Malika Khatir, avec dessins et peintures en direct de Kamel Khélif, lauréat du Prix BD de la Porte Dorée 2025. Une conversation avec Mathieu Belezi suivra la représentation, à l'occasion de la réédition du livre au Tripode.
Le festival entend également faire résonner les livres de la rentrée avec les questions portées par le Musée national de l'histoire de l'immigration.
Deux grandes rencontres thématiques seront ainsi consacrées aux blessures de la colonisation et à ce que l'exil fait aux corps et aux âmes. La première réunira notamment Rachida Brakni, pour La part absente (Stock), Jérôme Ferrari, autour de Très brève théorie de l'enfer (Actes Sud), Abdellah Taïa, avec Debout dans tes rêves (Julliard), ainsi que Margot Hemmerich et Clémentine Méténier.
La seconde fera entendre plusieurs récits contemporains de l'exil, parmi lesquels le premier roman de Thélyson Orélien, C'était ça ou mourir (Grasset), ainsi que des textes de Polina Panassenko, Sergueï Shikalov, Jadd Hilal, Manal Halil et Delphine Hermans.
Samedi à 18h30, Louisa Yousfi proposera pour sa part une lecture de La grande méthode (La Fabrique, 2026) avec le peintre Rayan Yasmineh, auteur de la couverture du livre. Texte et image serviront à interroger langue, religion, héritages familiaux et place des enfants de la diaspora en France.
Maillage ne se limitera toutefois pas aux traditionnelles rencontres entre auteurs. Pendant tout le week-end, le Forum deviendra un espace participatif dans lequel le public pourra assister à des lectures, découvrir des textes en cours d'écriture ou contribuer lui-même à une œuvre. L'artiste d'origine azerbaïdjanaise Babi Badalov y élaborera avec les visiteurs une création collective autour de son travail sur la migration des mots, des alphabets et des langues.
L'agence Words in Progress fera également lire six manuscrits encore en chantier, tandis que les étudiants du Master de création littéraire de Paris 8 investiront la scène ouverte pour présenter leurs propres textes. Parmi les anciens étudiants de cette formation figurent notamment David Lopez, Fatima Daas, Diaty Diallo, Elise Goldberg et Seynabou Sonko.
Un concours de nouvelles accompagnera cette première édition. Les participants disposeront de 10.000 signes, plus ou moins 10 %, pour imaginer un récit lié au Palais de la Porte Dorée. Quatre textes seront retenus pour être publiés dans la revue Mondes et Migrations en 2027, et l'auteur ou l'autrice de la meilleure nouvelle intégrera le jury du prochain Prix littéraire de la Porte Dorée.
La programmation se déploiera enfin hors des espaces traditionnellement dévolus au livre. Kévi Donat, fondateur du Paris Noir, proposera ainsi Civiliser, une nouvelle balade imaginée pour Maillage autour du Palais et de l'Exposition coloniale internationale de 1931. Le parcours doit notamment mettre au jour les traces du travail forcé, des résistances et des récits effacés dans le monument et ses alentours.
Dans l'Aquarium tropical, les plus jeunes pourront entendre le conte musical Gombessa le sage, tandis que Clara Lodewick animera un atelier BD inspiré de Moheeb sur le parking, Olivia Elkaim un atelier d'écriture autour des origines familiales et Stéphanie Schwartzbrod un atelier mêlant théâtre, mémoire et cuisine.
Diaty Diallo animera pour sa part dimanche un arpentage littéraire autour de Nouveau départ, recueil de la poétesse afro-allemande May Ayim publié chez Ypsilon. La pratique consiste à partager un ouvrage entre plusieurs lecteurs avant de mettre en commun les fragments lus et d'en reconstituer collectivement le sens.
Le festival commencera même officieusement la veille. Jeudi 24 septembre à la Gaîté Lyrique, une rencontre intitulée « L'édition qui vient — Résistance, mobilisation, désir : comment continuer à écrire, éditer, lire librement ? » réunira auteurs, éditeurs, libraires, agent littéraire et créateurs de contenus pour discuter des transformations économiques et idéologiques du secteur.
Sont annoncés notamment Badroudine Abdallah et Mehdi Meklat, fondateurs des éditions Tumulte, Anne-Sylvie Bameule, présidente du directoire d'Actes Sud, les libraires Annabelle Chauvet et Juliette Debrix, Séphora Pondi, Olivier Rubinstein et Colombe Schneck, sous la modération d'Olivia Elkaim.
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Une partie des propositions est gratuite sur réservatio, plusieurs performances et ateliers sont payants. Chaque rencontre, atelier et performance doit être suivi d'une séance de dédicaces.
Le programme détaillé du festival est à retrouver ci-dessous :
Crédits photo : Festival Maillage
Par Hocine Bouhadjera
Contact : hb@actualitte.com
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