#Insolite

Ah ! Les crocodiles : la comptine en savait trop, avec ma fille et le papi dans le coup

Entre l’hippopotame et l’éléphant, les Nuls ont tranché : il y a un livre qui dit que la force des éléphants est concentrée dans la trompe (revoyez La Cité de la peur). Mais quand des crocodiles et des éléphants livrent bataille, qui remportera la guerre ? Car il existe un moment précis dans la vie d’un père où une comptine cesse d’être une comptine : Ah ! Les crocodiles n’en était qu’une parmi d’autres ma fille aimait beaucoup. Et son grand-père tout autant. Un premier signe, manifestement négligé…

Le 22/08/2026 à 08:00 par Nicolas Gary

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22/08/2026 à 08:00

Nicolas Gary

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Son grand-père chantait, ma fille riait. Puis il est reparti, mais la chanson est restée : petit déjeuner, voiture, bain, coucher, « encore ». À 50 écoutes, j’ai soupçonné le crocodile de mentir. À 80, j’ai commencé à prendre des notes sur son grand-père.

Un crocodile part à la guerre, dit au revoir à ses petits-enfants et s’en va combattre les éléphants. Nous ignorons la cause du conflit, ses enjeux et même si les éléphants savent qu’ils sont en guerre. En revanche, ses enfants sont les derniers témoins identifiés à l’avoir vu. Je ne prétends pas qu’il se constitue un alibi. Je remarque simplement qu’en cas d’enquête, ils fourniront la même version : papa est parti combattre.

Une guerre sans adversaire

Notre soldat progresse opportunément le long d’une rivière et, lorsqu’un éléphant paraît, il s’y jette « subitement ». Pas de charge, pas de morsure : le « combat de géants » annoncé une ligne plus tôt s’achève avant d’avoir commencé.

Quelqu’un qui part au front, choisit un itinéraire doté d’une voie d’évacuation et l’emprunte au premier contact n’est pas seulement lâche : il est prévoyant. Soit le crocodile improvise admirablement, soit il connaissait les lieux. Et s’il avait prévu sa retraite, pourquoi les adieux ? J’ai interrogé son grand-père. Il a ri. Je n’en tire aucune conclusion. Je note.

Auparavant, le crocodile fredonne une marche militaire et, lorsqu’il ouvre la gueule, « on croyait voir ses ennemis dedans ». Or aucun éléphant n’est encore apparu. Les premiers ennemis n’existent donc que dans la bouche de celui qui affirme partir les combattre. Pour l’instant, l’unique source disponible sur la menace est le crocodile lui-même.

Il fait ensuite fuir les animaux alentour. Pas les éléphants : tous les autres. Avant même d’avoir rencontré l’adversaire, notre militaire terrorise les populations neutres. Le conflit possède décidément un meilleur service communication qu’une armée. Vers la cinquantième écoute, une hypothèse s’est imposée : peut-être n’y a-t-il jamais eu de guerre. Aucun territoire disputé, aucune offensive éléphantesque, aucune troupe, aucun combat attesté.

Le problème, c’est que l’éléphant existe

Puis un éléphant paraît. Soulagement : nous disposons enfin d’un adversaire vérifiable. Ma fille venait de chanter son arrivée. Je me suis retourné vers elle. Elle connaissait l’affaire avec une assurance désagréable.

Le « combat de géants » se prépare et, fissa, le crocodile plonge. L’éléphant ne le poursuit pas, ne contre-attaque pas, ne revendique aucune victoire. Au dernier couplet, il décide au contraire d’« accompagner ce chant ». Surtout, le texte le désigne soudain comme « notre éléphant ».

Notre ?

Quelques secondes plus tôt, cet animal appartenait au camp ennemi. Le voici désormais placé sous un possessif collectif. Nous avons un éléphant en copropriété.

Je ne prétends pas que les deux sont complices. J’observe seulement qu’après avoir provoqué la fuite de son supposé ennemi, le pachyderme rejoint sa chanson. En matière de belligérance, on trouve plus hostile. Pour les hostilités, nous attendons toujours les pièces.

« N’en parlons plus » : justement si, parlons-en !

Reste cette phrase : « N’en parlons plus. » Une fois, c’est un refrain. Répétée après chaque nouvel élément — départ, guerre, éléphants, fuite — elle finit par ressembler à une méthode. C’est beaucoup parler d’une affaire dont on nous demande continuellement de ne plus parler.

J’ai donc fait ce que tout père raisonnable fait lorsqu’une chanson pour enfants présente des contradictions : je suis remonté aux sources.

Ah ! Les crocodiles dérive du « Hourra du crocodile » de Tromb-al-ca-zar ou les Criminels dramatiques, bouffonnerie musicale de Charles Dupeuty et Ernest Bourget mise en musique par Jacques Offenbach, créée aux Bouffes-Parisiens le 3 avril 1856. Là, le saurien part déjà à la guerre, dit adieu à ses enfants, traîne sa queue dans la poussière… mais meurt. Le texte insiste : le crocodile est mort, il ne croquera plus. Puis tombe le fameux « N’en parlons plus ».

Pour une fois, l’injonction se tient : le saurien est décédé. Fin de l’affaire.

J’ai fermé l’ordinateur et suis retourné au salon. Ma fille chantait. Son grand-père aussi. Le crocodile, contrairement à son prédécesseur de 1856, poursuivait sa carrière militaire.

Le mort a disparu, la formule est restée

Je ne sais pas par quelles étapes le « Hourra » a conduit à la comptine actuelle, et il serait contraire à toute méthode de les inventer. Un constat suffit : chez Offenbach, le crocodile meurt ; dans la version chantée aujourd’hui, le décès disparaît, mais « n’en parlons plus » demeure.

Le mort a disparu. La phrase chargée de refermer l’affaire, non.

J’ai alors repris le premier couplet. Nous commençons avec « un crocodile ». Quelques secondes plus tard, le refrain célèbre « les crocodiles » et assure qu’« ils sont partis ».

Pardon : qui ça, « ils » ?

Aucun renfort n’a été annoncé. Aucun deuxième crocodile n’a fait ses adieux. Nous sommes partis avec un seul saurien et, quatre lignes plus tard, ils sont plusieurs. Je veux bien être fatigué, mais je sais encore compter jusqu’à un.

À 20 écoutes, c’est une licence poétique. À 80, j’aimerais savoir quand les autres sont entrés dans l’histoire. Le crocodile de 1856 est mort. Celui de ma fille vit. Le récit passe du singulier au pluriel. Trois hypothèses : résurrection, erreur d’état civil ou remplacement du personnel. Par souci de rationalité, j’écarte provisoirement le surnaturel.

J’ai demandé au grand-père depuis combien de temps il connaissait la chanson. Il a haussé les épaules : « Depuis toujours. »

Je lui ai demandé de préciser. Il a repris du café.

Trois sujets exposés, un seul se dégrade

Ma fille peut écouter la chanson douze fois sans broncher. Mon père la reprend avec la sérénité d’un homme capable d’enchaîner les couplets jusqu’au prochain remaniement ministériel. Moi, après quelques jours, je consulte une bouffonnerie créée sous Napoléon III pour déterminer si un crocodile fictif a réellement péri au combat.

Le protocole est simple : trois sujets exposés au même stimulus. L’enfant, le grand-père, le père. Deux restent fonctionnels. Le troisième développe irritabilité, recherches compulsives, suspicion envers la mégafaune africaine et besoin de comptabiliser les crocodiles non déclarés.

La seule transformation objectivement observable concerne donc le père. Et qui a transmis la comptine à l’enfant ? Son grand-père. Deux individus supportent la répétition sans dommage apparent ; le plus âgé a appris le dispositif au plus jeune.

Je ne mets personne en cause. Mais le mot « patrimoine » prend une coloration étonnamment opérationnelle.

Tantale avait au moins des fruits

Le dernier couplet ajoute une anomalie. Rempli d’une « crainte salutaire », le crocodile retourne vers ses enfants. Il est donc rentré. Or le refrain assure aussitôt que « les crocodiles […] sont partis ».

Il vient d’arriver et le voilà déjà reparti.

Puis ma fille demande « encore » et tout recommence : départ, marche, éléphant, plongeon, retour. Sisyphe avait son rocher. Tantale, son eau et ses fruits. Le crocodile rejoue éternellement avec son éléphant une guerre que personne n’a encore observée.

Une différence capitale sépare toutefois la mythologie grecque de ma cuisine : quelqu’un relance le supplice. Et ce quelqu’un mesure moins d’un mètre, avec l’assistance occasionnelle d’un retraité qui connaît toutes les paroles.

C’est là que j’ai compris mon erreur. Depuis le début, j’observais le mauvais cobaye.

Le crocodile ne change pas. L’éléphant non plus. Ma fille reste radieuse. Son grand-père traverse cette histoire depuis des décennies sans séquelle identifiable.

Une seule personne se transforme écoute après écoute : moi.

Les enfants ne sont peut-être pas le public

La comptine n’est donc peut-être pas destinée aux enfants. Les enfants assureraient sa diffusion, les grands-parents sa transmission et les parents serviraient de cobayes.

L’hypothèse est absurde. Elle possède néanmoins un avantage sur la guerre contre les éléphants : j’en observe les effets.

Le dispositif serait d’une économie admirable : transmettre à un enfant une mélodie qu’il réclamera cent fois, l’installer à proximité d’un adulte et attendre. Peu à peu, la cible remarque les anomalies. Pourquoi « notre » éléphant ? Pourquoi « les » crocodiles ? Pourquoi rentrer avant de repartir ? Pourquoi « n’en parlons plus » a-t-il survécu à la disparition du décès ?

Ensuite, le sujet travaille seul. Il cherche, compare les textes, vérifie ce qui se jouait aux Bouffes-Parisiens le 3 avril 1856. Personne ne m’a demandé d’aller consulter Offenbach. J’y suis allé spontanément.

C’est peut-être ce qui distingue une chanson agaçante d’une opération de guerre psychologique correctement conçue : la cible participe elle-même au protocole.

J’ai écrit cet article pour prévenir les autres parents. Puis j’ai compris que je venais de consacrer des milliers de signes à Ah ! Les crocodiles, d’en exposer le mécanisme et de remettre son refrain dans la tête de lecteurs qui n’avaient rien demandé.

J’assurais désormais moi-même la transmission.

Hier soir, ma fille a demandé à son grand-père de la chanter encore. J’ai dit non.

Ils se sont regardés.

Lui a souri. Elle a haussé les épaules.

« D’accord papa. N’en parlons plus. »

Illustrations : domaine public

 

 

Par Nicolas Gary
Contact : ng@actualitte.com

9 Commentaires

 

Edco

22/08/2026 à 18:00

Ah , vous êtes à fond .... Excellent !
Chouette papa !!!!
Bon , un éléphant..... ça trompe énormément !!!🫣 Il est vrai..
Oui les cros cros cros ...n ' en parlons plus ....
Ah vous avez dû boulot, il y a toutes celles -là encore ..🤣

https://www.youtube.com/live/WH9EZxalmxY?feature=shared

https://youtu.be/Ns92r5TQH3k?feature=shared
( Je me demande si l ' opium était en vente libre ....) 🤣🤣🤣🤣

Et sinon , un livre extra , de Bruno Bettelheim, " psychanalyse des contes de fées" , toujours instructif quand on a des p'tits bouts ....😉


Nicolas Gary - ActuaLitté

22/08/2026 à 22:08

Ah, Bettelheim...
une lecture découverte à mes 15 ou 16 ans, en arrivant au lycée, et qui a changé ma vision de la littérature.
merci de le rappeler :-)

Edco

23/08/2026 à 00:09

Ouaouh ! Précoce ! Extra !

Marie

24/08/2026 à 09:16

Il était temps que j'entrasse dans votre art des comptines, c'est chose faite, et merci à vous. De Bruno Bettelheim je connaissais "Un autre regard sur la folie", copain en ce domaine de Ivan Illich...Dans la foulée, qu'il "touche" aux rêves, rien d'étonnant!
Que vous embrigadiez pour votre fille Offenbach le leste, bravissimo...
Qu'aurait choisi Brigitte, à "défendre" (oh!) en premier: l'éléphant ou le crocodile? Eu égard aux sacs, le second vraisemblablement.
Encore merci, en retard.

Cacane

24/08/2026 à 07:46

Je suis archi fan de ces chroniques, merci Nicolas Gary de nous éclairer

Chambaron

24/08/2026 à 11:48

Loin de toute psychanalyse, rendons à cette comptine son mérite initial : celui de faire travailler les mâchoires et de perfectionner l'articulation. Le mot 'crocodile' fait partie de ceux qui ont été le plus massacrés par les bouches depuis deux millénaires et depuis les Romains on a oscillé entre cocodrille, crocodrille, cocodrile, et crocodile. C'est le plat de résistance des orthophonistes et l'ortolan de l'institutrice de primaire. Il ne faut donc pas s'étonner que grand-père avec son dentier et fillette avec ses dents de lait s'entendent à merveille pour articuler à tue-tête et sans fin le refrain du saurien. C'est une affaire de santé bucco-dentaire. Qu'importe l'ennemi à débusquer aux couplets, l'important c'est d'ouvrir la... bouche comme il faut.

Afroc

24/08/2026 à 14:34

Là vous vous surpassez, votre meilleure chronique. Grand père je l'ai apprise à mes 8 petits et arrière petit enfant, j'adore cette comptine, mais je n'aimais pas la fin quand le crocro plonge de lui même dans la rivière, je comptais sur l'éléphant , mon héros ! Allez, j'attends mon neuvième compère pour la fredonner… jusqu'à mon départ éternel et bien entendu votre prochaine comptine. Au fait et si vous aviez fait une comparaison avec 1940, ça accroche mais c'est moins drôle (Ps: non ce n'est pas du vécu)

Kokopelli

26/08/2026 à 06:36

Merci pour le crocodile, l éléphant,ma petite fille et surtout le grand-père. Bettelheim m'a juste effleuré. La comptine va elle m accompagner toute la journée. Merci monsieur.

Cocoblue

04/09/2026 à 17:24

Et oui on s’aperçoit que la mort est omniprésente dans les comptines destinées à nos chères têtes blondes, brunes….
En témoigne encore la chanson de Saint Nicolas : Il était trois petits enfants qui s’en allaient glaner aux champs….
La fin n’est pas franchement rigolote , et la résurrection 7 ans après m’intrigue toujours.
Bonne écoute, je me réjouis d’avance de vos commentaires !

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Les Deux Magots ont tout vu : ce que racontent les quatre livres finalistes

Depuis 1884, elles sont là, perchées sur leur pilier, au-dessus du ballet des serveurs et des conversations de Saint-Germain-des-Prés. Les deux statues auxquelles l’établissement doit son nom n’ont évidemment jamais soufflé mot sur un prix littéraire. Alors que se tenait la réunion des jurés définissant la sélection des quatre finalistes de l’édition 2026, les deux gardiens de ce temple ont observé... et commenté. Une conversation inédite, captée par ActuaLitté.

25/09/2026, 09:19

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France-Australie : à onze contre quinze, les Bleues ont réécrit un match perdu

Il faisait chaud à Aix-en-Provence, samedi 19 septembre. Et comme si quatre cartons français en six minutes ne suffisaient pas, un bus en feu près du stade Maurice-David a encore retardé la reprise après la pause. Le rugby avait décidé de tester tout ce qu’un récit peut supporter avant de devenir invraisemblable.

22/09/2026, 16:36

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La chanteuse Marguerite inaugure un Book Club avec Fnac

« Quand j’étais petite, j’étais assise à la Fnac des Ternes tous les dimanches en tailleur et je lisais tout ce qui me tombait sous la main. » La chanteuse Marguerite, ambassadrice du 25e Prix du Roman Fnac, était présente lors de la consécration de Thélyson Orélien, lauréat 2026. Témoignant de son lien aux livres, elle ouvre avec l’enseigne un club de lecture, qui démarrera début octobre.

21/09/2026, 16:42

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Ce roman de 1860 imaginait le monde jusqu’en 2222 : on le lit désormais dans le bus

À Mantoue, le Festivaletteratura a confié à une ligne d’autobus urbain une mission assez peu prévue par le code des transports : faire entendre, chapitre après chapitre, la Storia filosofica dei secoli futuri d’Ippolito Nievo. Publié en 1860, ce récit satirique imagine l’humanité jusqu’en 2222. Du 9 au 13 septembre, la Compagnia della Lettura l’a embarqué sur la ligne circulaire CC d’APAM. Un texte du XIXe siècle, un ticket à 1,60 € et une vingtaine de minutes devant soi : à Mantoue, le futur avait un horaire.

15/09/2026, 15:50

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Basket : France-États-Unis, l’empire américain a tremblé, pas cédé

Pendant une large partie de la première mi-temps, la France a cru pouvoir décrocher les États-Unis de leur cercle : jusqu’à quatorze points d’avance, Gabby Williams incandescente, et l’idée d’un premier titre mondial qui cessait soudain de relever du rêve. Puis Team USA a repris possession du match pour s’imposer 97-79 à Berlin, dimanche 13 septembre.

15/09/2026, 13:21

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À Nice, la bibliothèque conservera un texte… dans de l’ADN

Pas de papier, pas de reliure et, pour l’instant, pas même de titre rendu public. Le 19 septembre, la bibliothèque patrimoniale Romain Gary, à Nice, doit recevoir un prototype de capsule métallique contenant un texte patrimonial encodé dans de l’ADN synthétique. Présentée dans le cadre des Journées européennes du patrimoine et du centenaire Michel Butor, l’opération est annoncée comme une première dans une bibliothèque territoriale française. Une façon assez radicale de confier un document à une bibliothèque : cette fois, le support tient presque dans une gélule.

14/09/2026, 17:20

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Pour signer son catalogue, Maurizio Cattelan met du Pain aux bananes au menu

À Berlin, la séance de dédicace de Maurizio Cattelan avait prévu le feutre, le catalogue et, forcément, la banane. Jeudi 10 septembre, la Neue Nationalgalerie célébrait la parution du pop-up accompagnant NIGHT avec un « Banana Bread Breakfast Book Signing » : l’artiste signait les exemplaires tandis que du banana bread de la boulangerie berlinoise Five Elephant était proposé à la vente. Quand l’auteur de Comedian passe au rayon édition, même le petit-déjeuner entre dans le décor.

12/09/2026, 11:00

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Vietnam : les bibliothécaires sculptent des monuments avec des livres

À Vĩnh Long, au Vietnam, les ouvrages ont quitté leur fonction habituelle le temps d'un concours. Dix équipes de la bibliothèque Nguyễn Đình Chiểu disposaient de 90 minutes pour transformer des piles de volumes en compositions artistiques, puis de cinq autres pour défendre leur projet. Les réalisations primées ont ensuite rejoint une exposition mêlant livres imprimés, ressources numériques et créations bibliographiques.

12/09/2026, 11:00

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À Melbourne, quatre heures de “rave-party” en silence

Dimanche 13 septembre, Melbourne accueillera quatre heures de « rave pour lecteurs ». Rien n’oblige toutefois à tenir jusqu’au bout, ni même à lire sans lever les yeux : Book Doof propose surtout de partager un même lieu avec un ouvrage, une playlist ambient, des poufs, du thé, du café et très peu de conversation imposée. Une manière assez australienne de conserver le mot « rave » tout en baissant sérieusement le volume.

12/09/2026, 09:00

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À Saint-Nazaire, le bibliobus soigne les “maladies du livre”

À Saint-Nazaire, on ne soigne pas les maux de la rentrée à coups de sirop : les 10 et 11 septembre, le bibliobus accueille de « drôles de médecins » chargés de diagnostiquer les « maladies du livre ». Une consultation toute littéraire, évidemment, organisée par la médiathèque Étienne-Caux avec Écrire dans la ville et la Maison de quartier de Kerlédé. Le remède annoncé tient en quelques mots : un conseil de lecture.

10/09/2026, 12:15

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Des livres conçus il y a un siècle pour survivre aux bébés imprimés sur tissu

À Pistoia, une exposition remet en lumière les Dean’s Rag Books, des ouvrages britanniques imprimés sur étoffe et pensés pour supporter les traitements réservés aux livres par les tout-petits. Lavables, souples, difficiles à déchirer : derrière l’objet charmant se cache une véritable innovation éditoriale, expérimentée dès 1902 par Dean & Son.

06/09/2026, 14:34

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Pirater la rentrée littéraire avec un seul livre imprimé, mais des milliers d'exemplaires

Exclusif - L'unique exemplaire physique, estampillé « 1/1 », nous est remis en mains propres. À côté, un PDF circulant sur tous les réseaux disponibles, un manifeste en A1 qui jaillira dans Paris et mode d’emploi destiné à se glisser dans les titres de la rentrée. Après avoir détourné bandeaux et fiches de libraires, François Belley transforme son Manifeste de l’écrivain pirate en opération de contamination éditoriale. Une anti-promotion méticuleusement organisée pour parler du marché, l’IA, des prix et de l’hypervisibilité.

02/09/2026, 16:37

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En Chine, une bibliothèque dans un gouffre frôle 200.000 visites

À Wuyuan, dans la province chinoise du Jiangxi, la lecture prend de la profondeur. Aménagée dans un tiankeng, une dépression naturelle ceinturée de parois rocheuses, la bibliothèque de Xiangaocheng a reçu près de 200.000 visites entre le 10 et le 30 août, selon l’exploitant du site. Rayonnages circulaires, escalier en spirale, lumière chaude : l’endroit assume son allure de décor fantastique, sans oublier les livres consacrés à la culture de Huizhou.

01/09/2026, 16:49

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Jennifer Coolidge pousse un chariot… équipé pour écouter des livres audio

L'actrice, casque sur les oreilles, chariot de supermarché entre les mains... fin juillet, la scène avait tout de la rencontre improbable. Beaucoup moins le fruit du hasard. Audible et l’agence australienne Hello avaient soigné l’apparition, avant d’installer de véritables chariots permettant d’écouter des livres audio pendant ses courses. Une idée plutôt réjouissante, emballée dans une publicité qui promet de bousculer les habitudes — tout en ressortant le très classique « Madame la ménagère fait les courses ».

26/08/2026, 16:31

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Sorcellerie sur Amazon : 78 % des livres testés semblent écrits par IA

La magie noire avait déjà ses grimoires ; voici les grimoires à boîte noire. Une enquête d’Originality.ai, entreprise qui commercialise un détecteur de textes générés par intelligence artificielle, classe 78 % des ouvrages testés dans la catégorie « Wicca, Witchcraft & Paganism » d’Amazon comme « probablement écrits par IA ». Spectaculaire, certes. Mais probabiliste — et à manier sans baguette statistique.

25/08/2026, 11:28

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Un parc Dragon Ball géant dans le Val-d’Oise : ce que l’on sait du projet

Son Goku à la place de Gargantua : la région Île-de-France travaille depuis 18 mois à l'implantation, à Courdimanche dans le Val-d'Oise, d'un gigantesque parc d'attractions consacré à Dragon Ball. Derrière le projet : Qiddiya Investment Company, filiale du fonds souverain saoudien PIF, qui développe déjà en Arabie saoudite le premier parc entièrement dédié à l'œuvre d'Akira Toriyama.

24/08/2026, 16:28

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En Mongolie, des conteneurs deviennent des bibliothèques pour enfants

Mettre des livres dans un conteneur n’est plus tout à fait une idée neuve : des Pays-Bas à Mayotte, en passant par Cologne ou Saint-Denis, ActuaLitté en a croisé quelques-uns depuis 15 ans. En Mongolie, Magic Box change toutefois d’échelle : 13 modules accueillent déjà les enfants, dont dix hors d’Oulan-Bator, avec l’ambition d’en installer dans tous les districts du pays.

21/08/2026, 12:42

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Ces livres n’existent pas — leur catalogue vient pourtant de remporter un vrai prix

Des ouvrages perdus, abandonnés avant d’être achevés, ou purement inventés par Borges, Lovecraft et d’autres écrivains : Reid Byers leur a donné une existence matérielle, puis un catalogue. Oak Knoll Press vient de recevoir pour ce dernier un Leab Award de l’ACRL. Une récompense très officielle pour une bibliographie qui travaille, avec un sérieux imperturbable, sur l’impossible.

21/08/2026, 07:00

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Volés à la bibliothèque, huit Matisse retrouvés dans un appartement

Huit des treize œuvres dérobées en décembre 2025 à la Bibliothèque Mário de Andrade, à São Paulo, ont refait surface dans un appartement de l’agglomération. Toutes sont signées Henri Matisse et proviennent de Jazz, son fameux livre illustré de 1947. Les cinq pièces de Cândido Portinari emportées lors du même braquage restent, elles, introuvables.

18/08/2026, 15:23

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En Corée du Sud, une librairie s’installe directement sur la plage

À Sokcho, sur la côte est de la Corée du Sud, un minuscule triporteur bleu s’est installé au bord du sable. Sur une petite plage de Yeongnang Coastal Road, il ouvre son flanc sur une bibliothèque rose, tandis que des lecteurs s’installent face à la mer. C’est 3 Feet Bookstore, ou Sebal Seojeom, une librairie mobile qui a fait du littoral son adresse.

18/08/2026, 14:39