Notre narratrice est une jeune femme d’une intelligence redoutable. Informaticienne puis docteure en intelligence artificielle, elle est pourtant issue d’un milieu populaire. Elle a été obligée de se battre au fil des années pour prouver sa valeur, montrer qu’elle avait du talent, de l’envie, une réelle capacité à briller. Aux réunions parents-professeurs, on a même fini par dire d’elle qu’elle était « douée ». Alors, lorsqu’elle obtient le job de ses rêves, là haut, dans cette belle tour de verre, au sein d’une start-up pleine de promesses, elle s’y accroche de toutes ses forces. Sortie le 27 août.
Le 19/08/2026 à 09:11 par Valentine Costantini
0 Réactions | 148 Partages
Publié le :
19/08/2026 à 09:11
0
Commentaires
148
Partages
« J’ai passé cinq entretiens – expansive et volubile avec la designer, concise et méthodique avec l’ingénieur système, et j’ai observé les signaux d’approbation se dessiner progressivement sur leur visage. Il ne me restait que le Directeur. J’attendais, assise dans un fauteuil du lobby, serrant le badge temporaire entre mes mains. J’étais prête. »
Après avoir établi une stratégie millimétrée, après avoir convaincu toutes les personnes qu’elle devait parvenir à convaincre, la voici intégrée dans l’équipe. Premier jour. Le cœur qui palpite. Elle est pleine d’espoir, elle sait qu’ici, son talent va être reconnu. De belles expériences l’attendent, ici.
Face à des parents qui ne comprennent pas ce qu’elle fait — rester assise toute la journée devant un ordinateur ? Mais pourquoi donc ? —, elle les rassure : ce nouveau travail, c’est une opportunité en or. Elle va apprendre plein de choses. C’est tout ce pour quoi elle s’est démenée. Un meilleur salaire. Une meilleure vie, tout simplement. Ils n’ont pas à s’inquiéter.
Pourtant, les semaines passent… et le malaise s’installe. Elle qui devait mener un projet d’ampleur, « a very very big thing » d’après son manager, rien ne se passe comme prévu. Ses collègues — pour la plupart des hommes — font plus de bruit, prennent plus de place, savent imposer leurs idées, même les plus bancales. Comment s’imposer ? Comment sortir du lot ? Comment devenir celle qu’ils veulent ? Elle optimise, elle analyse, elle se désintègre.
On finit par l’obliger à intégrer une autre équipe, loin du code, loin de ce qu’elle maîtrise réellement, ce pour quoi elle a pourtant été embauchée. Jour après jour, la réalité lui glisse entre les doigts. Elle ne dort plus, travaille aussi le week-end pour tenir les échéances et répondre aux urgences. Sa vie amoureuse en pâtit. Mais abandonner n’est pas, ne sera jamais une option.
Sarah Tadlaoui décortique notre société ultra connectée avec précision. À travers le regard de notre protagoniste, elle nous propose d’explorer notre époque avec un regard critique, piquant. Notre système social, comme des lignes de code, peut parfois contenir des failles, des bugs — et c’est bien le problème. Alors que la protagoniste pense que la méritocratie est de son côté, elle finit par comprendre que sa présence au sein de cette start-up, c’est pour nourrir les « données Diversité », pour répondre à un quota.
Ce n’est pas son talent qui a fait la différence, mais ses origines sociales. Sa place dans la hiérarchie naturelle. Son genre. Son ascension sociale ne serait-elle donc qu’un mythe ? Une pure illusion ? Difficile à avaler, et pourtant…
Ce récit, entre langage informatique et poésie, expose l’invisibilisation des femmes, qui persiste, tout particulièrement dans ces milieux majoritairement masculins. Et, en trame de fond, le danger de la technologie. L’aliénation. La quête de la surproductivité, de la suroptimisation, la course à l’intelligence artificielle, pour tout, partout, même lorsqu’elle ne répond pas aux attentes. Même lorsqu’elle est faillible, imparfaite. Avec son arrière-goût de thriller, Croire au code est une œuvre qui nous traverse.
« Encore une histoire tragique, encore une femme que l’on refuse de prendre au sérieux. [...] “Pendant combien de temps peut-on conserver le moi quand on a perdu la langue ?” s’interroge Cassandre. Je croyais que sa fonction était de prédire l’avenir. L’oracle cherche ses clés, visiblement. alors, Cassandre, combien de temps ? Combien de temps, hein ? »
Un premier roman étourdissant de vérité.
Par Valentine Costantini
Contact : valentine.costantini@gmail.com
Paru le 27/08/2026
304 pages
Editions Héloïse d'Ormesson
20,00 €
Plus d'articles sur le même thème
Le conteur croate d’histoires tristes est de retour avec un excellent roman qui nous parle d’incendies — c’est hélas d’actualité —, mais surtout qui confirme qu’il est un sacré faiseur de personnages fortement enracinés dans l’histoire tourmentée de son pays.
31/08/2026, 17:22
On ne le dira jamais assez, un bon roman historique est celui qui perd celles et ceux qui le lisent. Où est le faux, le vrai, l’inspiré du vrai, le complètement fictif ? Les Trois Hortense de l’historien de l’art, romancier et membre de l’Institut Adrien Goetz, publié chez Grasset pour cette rentrée littéraire, est en ce sens une réussite complète.
25/08/2026, 12:40
Au cœur de la Bible Belt, dans le delta du Mississippi, trois ou quatre beaux portraits de femmes qui cherchent à échapper à leur karma générationnel au moment où les eaux du déluge s'abattent sur la région et bouleversent le cours des rivières tout comme le destin des habitants.
21/08/2026, 06:30
Tout tient d’abord à presque rien : une maison au bout de l’allée, la piscine, les cousins, le café, les repas qui n’en finissent pas et Grand-mère au centre de tout. Rien ne devrait arriver. C’est justement le problème. Pauline de Vergnette installe le confort des vacances familiales, ce drôle de pays où chacun retrouve sa place avant même d’avoir posé sa valise. Puis elle serre. Un degré de plus, une phrase qui revient, un arbre qui fatigue, une mare qui sèche. « Jour d’été. Grand soleil. » Le refrain devient battement, puis avertissement. Le décor tient encore. Dessous, ça brûlera, le 20 août.
18/08/2026, 14:29
Un mot dérape, et tout le livre s’y engouffre. Un an après la crémation de sa grand-mère, le narrateur revient à Humain, village belge où son père l’avait envoyé par erreur le jour des obsèques. Il avait demandé le crématorium ; un homme avait entendu autre chose : « Il n’y a pas d’aquarium ici ». De cette confusion minuscule, Sam Bouffandeau tire une mécanique entière. Sortie de route, le 20 août.
18/08/2026, 13:22
Il y a un angle mort dans le combat de #MeToo et la pédocriminalité, une part sombre, marginale, peu médiatisée, mais qui fait tout autant son travail de sape chez les victimes. Jeanne revient chez ses parents pour un week-end, elle apprend la disparition d’une voisine qui était sa prof de sport au collège.
18/08/2026, 13:14
La rentrée littéraire s’accompagne d’un premier roman qui serre le cœur et nous laisse attristés par le parcours d’une jeune fille prénommée Chérine. Ne vous arrêtez pas à la quatrième de couverture, qui laisserait penser qu’il s’agit d’une romance : c’est un récit qui parle du poids écrasant de la tradition qui interdit aux femmes d’être heureuses.
18/08/2026, 13:10
Un père meurt. Sa chaîne YouTube, elle, continue. Les vidéos restent en ligne, les miniatures reviennent, les synthés grésillent dans des serveurs quelque part en Californie. Iman Ahmed part de cette étrangeté très contemporaine : on peut perdre quelqu’un et continuer à tomber sur lui par algorithme. « Mon père est mort mais il occupe des gigas aux États-Unis. » Tout Abdallah superstar se loge dans cet écart : le corps a disparu, les données insistent. The show will go on, le 26 août.
18/08/2026, 11:51
Bud envisage de se jeter dans la mer avec son minivan. Catherine a décidé que le couple libre sauverait peut-être son mariage. Abigail sort avec un ancien militaire surnommé Wes Crimes de Guerre. Louise cherche une cause à laquelle se donner tout entière. À un prêtre qui s’inquiète de sa foi, elle répond : « Ma vertu est post-théocratique. » Voilà l'affaire lancée : une phrase sérieuse, une absurdité prononcée sans ciller : la catastrophe peut continuer. La sauterie vous attend le 26 août.
18/08/2026, 09:00
Il suffit d’un doigt. Un écran. Un rectangle bleu : suivre. Et voilà. On regarde une vie plus belle que la sienne, on revient cinq minutes plus tard, puis deux, puis sans même s’en apercevoir. Delphine Saada part de ce geste minuscule et remonte jusqu’au couteau. Neige et pixels ce 19 août.
18/08/2026, 07:30
Il faut d’abord entrer dans Butare. Pas dans le Rwanda déjà mangé par les images du génocide, pas dans une cité réduite à ce que l’Histoire en retient, mais dans celle d’avant : bruyante, savante, insolente, sensuelle, pleine de bars, de radios, de terrains de basket, de séminaristes, de prostituées, d’étudiants et de fous magnifiques. Sortie le 19 août.
18/08/2026, 06:30
Après avoir écrit une biographie croisée, remarquée et remarquable, sur Catherine d’Aragon et Jeanne la Folle, publiée l’année dernière chez Perrin, la docteure en civilisations hispaniques, journaliste politique et critique littéraire Dounia Tengour signe, aux éditions du Rocher, son premier roman, L’écrivain de Tanger, à paraître ce 26 août 2026.
17/08/2026, 13:00
Coro prend la route parce qu’elle ne sait plus très bien quoi faire du reste. De sa sœur morte. De ses tableaux. De cette fatigue qui transforme chaque décision en obstacle. Elle oublie son téléphone, manque d’essence et s’égare jusqu’à Béthanie, une maison perdue où vivent des femmes, des chiens, une enfant, des habitudes et des règles. Le piège est là. Visible. Et pourtant jamais tout à fait nommé. Une faune envahissante, dès le 21 août.
17/08/2026, 09:00
La neige tombe. Les cloches sonnent. On prépare l’oie, on allume les bougies, on plaisante encore. Chez les Kluger, rien ne devrait pouvoir arriver. Noël protège tout : les habitudes, les enfants devenus grands, les fiançailles de Lexa et Moritz, le vieux bonheur domestique. « Noël, c’était le moment et l’espace où s’entretissait le bonheur de chacun, où se refermait le cercle magique formé par leur famille. » Bruits de bottes, à compter du 26 août.
17/08/2026, 08:00
À La Plantation, bistrot de Saigon où le pastis chauffe plus vite que les consciences, Mỹ devient vite une histoire avant d’avoir le droit d’être une personne. Rapatriée de Singapour, hébergée, observée, désirée, commentée, elle passe de bouche en bouche. Antoine l’aime. Puis Antoine meurt sur une route du delta. Traversée, le 20 août.
17/08/2026, 07:30
Une phrase contient déjà tous le livre : « Aujourd’hui, je suis plus âgée que mon père. » Le temps, chez Šeila Pohara, ne passe pas vraiment : il se fend. D’un côté, Sarajevo, l’école, le violon, les voisins, les cassettes, la rakija, Babaroga et les fils de soie bleu clair que la narratrice imagine entre les êtres. De l’autre, l’Histoire : elle ne frappe pas à la porte, elle entre, change les collines en postes de tir, les caves en chambres, les camarades en ennemis, un père en fantôme. Promesse tenue, le 27 août.
17/08/2026, 07:00
Il suffit d’un cachot, d’une livrée, d’un certificat de liberté, d’un reçu ou de quelques morceaux de métal pour faire vaciller une légende nationale. Dans Esclaves à Paris, Miranda Spieler s’attaque à l’un des principes les plus flatteurs de l’Ancien Régime : « Nul n’est esclave en France. » Nul ? Vies cachées et histoires fugitives sidérantes, le 20 août.
17/08/2026, 06:00
Et si le monde tel qu’on le connaît aujourd’hui basculait, du jour au lendemain ? Pas une catastrophe de grande ampleur, de déferlante, de comète qui s’écrase sur la surface de la planète… Mais un virus, insidieux, qui s’insinue, se glisse dans nos veines et ne nous lâche pas. Les humains deviennent des bêtes – pire, même. Violence poussée à l’extrême, insatiable, incontrôlable, qui détruit tout sur son passage. Et si on n’arrivait plus à raisonner qui que ce soit ? Et si c’est comme ça qu’on finissait par s’éteindre en tant que civilisation ? Et si tout commençait… dans un abattoir ?
14/08/2026, 20:04
Un quai. Une pluie lourde. Un train qui approche. Et un homme qui marche sans savoir qu’il ne finira pas le trajet. Imperium, de Nicolas Feuz et Marc Voltenauer, ne perd pas de temps à installer la menace : elle est déjà là, fondue dans la foule. Sortie le 27 août.
14/08/2026, 17:30
La Finlandaise qui s'est installée en Islande pour tricoter des polars, nous livre le troisième épisode de sa série où l'on découvrira enfin les secrets de Jakob, mais aussi la face cachée des « fermes vampires » où l'on élève des chevaux…
14/08/2026, 15:55
Un roman qu'on hésite à qualifier de noir tellement il est joyeux, lumineux et tellement on s'y amuse. Le Médoquin Yan Lespoux nous invite sur ses terres à prendre un pastis ou un café dans un bar qui serait comme une version landaise de Bagdad Café, en compagnie d'une ribambelle de loustics qu'on n'oubliera pas de sitôt.
14/08/2026, 15:49
Emma ne sait pas partir. Elle sait travailler. Compter les pièces, tenir la cadence, coudre le soir, serrer les dents, recommencer. Alors, quand Luis l’arrache à Pantin pour quinze jours à Biarritz avec Julien, son fils de dix-sept ans, ce n’est pas seulement une ouvrière qui monte dans le train : c’est un corps façonné par l’usine qu’on force soudain à s’arrêter. Départ pour le sud-ouest, ce 27 août.
13/08/2026, 12:35
Éden a vingt-trois ans, Marseille sous les semelles, une colère impossible à ranger et la danse pour seule manière de remettre les choses à leur place. Il zone, trafique un peu, cogne parfois, se cogne surtout. À sa mère disparue, à ses origines trouées, à cette époque qui promet tout et ne sait plus très bien où poser les pieds. Puis le récit déboîte : une sale histoire, un cargo au départ de Fos-sur-Mer, l’océan, Java, le Pacifique. Départ le 19 août.
13/08/2026, 12:33
Janvier 1925. Nome, Alaska. La mer de Béring se ferme. D’abord une croûte, puis les plaques se soudent, l’horizon disparaît. « De la glace à l’infini. » Claudie Gallay commence par immobiliser le monde. Ensuite elle écoute ce qui bouge encore dessous : la marée, les poissons, les peurs, les chiens, les hommes. Et Ada Blackjack. Une femme qui porte, travaille, nourrit, veille. Son fils Bennett respire mal. Bientôt d’autres enfants aussi. La diphtérie gagne la ville. Il faut du sérum. Il est loin. Entre les deux, il y a le froid. Glacial dès le 20 août.
12/08/2026, 11:46
Elle est une actrice accomplie. Le genre de femme d’âge mûr qui impose sa présence avec grâce et assurance. Elle prépare une nouvelle pièce de théâtre, son temps est majoritairement dédié aux répétitions et à ce travail personnel qui consiste à réellement s’approprier le personnage qu’elle joue. Face à elle, dans ce restaurant au cœur de Manhattan, Xavier. Il pourrait être son fils. Qui est-il pour elle, qui est-elle pour lui ? En voilà, un beau mystère…
12/08/2026, 10:45
Il y a des livres où le passé revient par les archives. Dans Base Toundra, il remonte par le froid. Il colle aux doigts, bloque les armes, crispe les corps, oblige à choisir. Olivier Truc installe son récit sur l’aérodrome F67, quelque part en Laponie suédoise, là où l’Europe de 1939 vient mourir contre la neige. Plus de 80 ans plus tard, des parachutistes français s’y entraînent avec les forces suédoises. Entre les deux époques : trois carnets, un pilote, des morts mal enterrés et une neutralité nationale qui supporte de moins en moins bien qu’on gratte dessous. Atterrissage le 4 septembre.
11/08/2026, 11:48
Avec Spectres, Thomas Gunzig commence par poser un vieux sur un lit. Nu, pâle, sans yeux. À partir de là, autant le savoir : le réel va perdre quelques vis. Des années plus tard, Tom vit dans RockSolid1, immense base d’extraction installée dans un « Plan dimensionnel secondaire », univers noir, glacé, sans ciel, auquel l’humanité a réussi à accéder. Évidemment, elle n’y va pas seulement pour comprendre ce qu’il y a derrière la porte. Elle y va aussi pour creuser. Décès de bonheur ce 20 août.
11/08/2026, 11:33
Un chat meurt. Une grand-mère aussi. Il serait tentant de distribuer les rôles, de décider laquelle des deux pertes mérite le grand mot de deuil et laquelle doit rester dans le rayon des chagrins domestiques. Laure Gouraige refuse précisément ce classement. Miaulements fantômes le 16 août.
10/08/2026, 12:51
Paula a vingt-cinq ans, un appartement près de la mer, un compagnon jardinier, une chienne, du linge à étendre et assez de silence pour que les femmes de sa famille reviennent habiter chaque pièce. Une mère, une grand-mère, une tante, une sœur : elles sont loin, parfois mortes, jamais parties. Chez Lucie Bérard, déménager ne suffit pas. On change de ville, de murs, de linge de lit : les gestes, eux, connaissent l’adresse. Les couleurs s'installeront le 19 août.
10/08/2026, 12:27
Une cathédrale n’a pas d’auteur, ou plutôt elle en possède trop pour qu’un seul nom suffise. Aurélien Bellanger installe tout son livre dans cette contradiction. Dès l’ouverture, le Viollet-le-Duc qu’il met en scène prévient : « L’architecte de Notre-Dame n’existe pas. » Le principe vaut pour l’édifice comme pour le récit : plusieurs époques, plusieurs voix, des matériaux historiques mêlés à la fiction, des pensées qui se répondent à travers les siècles. Fondations posées le 19 août.
10/08/2026, 12:18
Ernestine Garnier choisit un lieu que Paris traverse souvent sans vraiment le regarder et lui rend du bruit, des querelles, bref, une vie. Au cimetière Montparnasse, Charles-Michel, gardien depuis près d’un demi-siècle, apprend qu’il va devoir prendre sa retraite au moment où d’étranges vols frappent les sépultures. Rien de spectaculaire au départ : des cailloux, une palme, quelques stylos, une bouée. Sauf que les défunts n’entendent pas se laisser dépouiller sans réagir. L'eau des fleurs sera à changer le 7 octobre.
10/08/2026, 12:13
Un enfant se souvient d’une odeur de terre, de feuilles pourries et de champignons. Devant un petit sapin argenté, « c’était comme si le sapin me parlait. » Tout part de cette sensation : le monde végétal signifie quelque chose, mais les adultes ont perdu l’usage de cette langue. Le narrateur grandit donc à côté d’eux, plus proche des orties, des racines et des insectes que de son père, de ses camarades ou même de Noémie, son unique amie.
08/08/2026, 09:00
La France a connu un black-out total durant lequel les femmes ont appris à se débrouiller en l’absence des hommes. À la sortie de ce que les historiens appelleront le Désastre, 253 femmes sont jugées dans un procès retransmis sur le seul réseau social internet autorisé. Parmi elles, Lisenn, accusée d’assassinat. Défendue par l’avocate Rym, Lisenn s’enferme dans le silence et reconnait être coupable. Mais ce qui se joue dans ce procès n’est pas un simple fait divers…
08/08/2026, 07:00
Il suffit parfois d’une porte pour dérégler une vie. Celle de la chambre 28 s’ouvre sur Mike S., patient d’un service psychiatrique, ancien détenu, homme presque mutique que Jack, directeur de bibliothèque et bienfaiteur méthodique, a accepté de visiter bénévolement. Rien, jusque-là, qui puisse inquiéter un homme raisonnable. Un hôpital, un badge, quelques sas, un livre apporté à un inconnu. Puis la peur arrive. Pas franchement. Pas tout de suite. Elle s’installe, comme le froid dans une pièce mal chauffée. Entrez le 9 septembre...
07/08/2026, 16:20
À soixante-deux ans, Emil revêt chaque Noël une haute toque, un manteau de chèvre et des grelots. Pour les enfants de la famille Courapied, il devient le Kouker, la créature qui effraie afin de chasser les mauvais esprits : « Chaque Noël, je suis la lumière et la nuit, le monstre et le génie qui chasse les mauvais esprits. » Sous le costume demeure pourtant un autre monstre, historique celui-là : la « rééducation » menée dans les prisons communistes de Jilava et de Pitesti.
07/08/2026, 15:36
Un RER qui traîne, une sonnerie trop forte, un portail franchi trop tôt : Jean Deichel entre dans l’Éducation nationale de travers. Il a vingt-deux ans, l’agrégation et le CAPES en poche, Joy Division au revers du manteau, Nietzsche, Mallarmé et les Ramones dans la tête, mais presque aucune idée de la manière dont on tient trente élèves devant soi. Rentrée des classes le 20 août.
07/08/2026, 15:02
Autres articles de la rubrique Livres
Ressuscité après Blood Hunt, Marc Spector retrouve la Mission de Minuit tandis qu’une drogue magique, Glitter, gagne les rues de New York. Jed MacKay relance son Moon Knight sans repartir de zéro : un tome nerveux, superbement noir, porté par un formidable cliffhanger, mais traversé par une inquiétude. Et si la série finissait par simplifier Marc ?
04/09/2026, 16:42
Amélie Nothomb n'aura duré qu'un temps : Le dîner de Freida McFadden (trad. Karine Xaragai) reste numéro un avec 21.825 ventes du 24 au 30 août 2026, devant la romancière belge. Mais l’écart se resserre et l’emprise de l’autrice sur le top 10 recule nettement : trois de ses titres y figurent désormais, contre cinq une semaine plus tôt. Dans le même temps, plusieurs romans de la rentrée accélèrent et les ouvrages liés à la rentrée scolaire s’installent tout en haut du classement.
04/09/2026, 11:13
SexOD de Patrick Collignon : premier polar d'un auteur belge qui flirte avec le thriller érotique et nous emmène à Stockholm pour un été très chaud, avec ce Cluedo bien mené où, sans chandelier ni poignard, le sexe est l'arme même du crime.
03/09/2026, 18:06
Les Paysages intérieurs de Toyō Itō constitue le fil secret de ce très beau volume publié par Arléa, conçu autour de sept entretiens menés par l’architecte Maki Ōnishi et prolongés par les textes de Benoît Jacquet et Yann Nussaume.
03/09/2026, 17:27
Délaissant l'écrivain fictif Marboeuf, et douze ans après Les barrages du sable, Jean-Yves Jouannais revient avec Une forêt dans l’univers romanesque. Un récit resserré, d’une centaine de pages, qui réussit à mêler, dans une économie de mots et de moyens, l’intime et le fait historique. Une forêt, de Jean-Yves Jouannais, publié aux éditions Albin Michel, a remporté le Grand Prix SGDL de la fiction et figure dans la première sélection du Prix Goncourt 2026. Par Patrice Vibert.
03/09/2026, 13:09
L’historienne et directrice de recherche au CNRS Aude Mairey nous livre, aux éditions Armand Colin, une étude passionnante et foisonnante sur un personnage que nous pensions bien connaître : le plus célèbre archer d’Angleterre, Robin des Bois. Préparez-vous à revoir vos certitudes.
02/09/2026, 15:32
Tout surmonter de Patrice Franceschi est un témoignage porté par une réflexion sur les différentes épreuves que cet explorateur et écrivain a affrontées lors de ses expéditions aux quatre coins de la planète, ou de ces engagements dans différentes guérillas. Il démontre que les échecs n'en sont jamais réellement et qu'il y a toujours une leçon à en tirer.
02/09/2026, 11:50
Mieux manger, mieux dormir, marcher davantage, surveiller son cœur, son poids, son cholestérol, son sommeil. Le numéro de septembre de la Revue des Deux Mondes, qui paraît sous le titre Santé, une obsession française, part d’un paradoxe singulier : jamais la médecine n’a disposé d’autant de moyens pour prolonger et protéger l’existence, et jamais, peut-être, nous n’avons autant vécu dans la crainte de tomber malades.
31/08/2026, 17:01
Pour son onzième numéro, la revue Apulée, dirigée par Hubert Haddad et publiée chez Zulma, change de format et resserre son propos autour des « utopies en résistance ». De Humberto Ak’abal à Etgar Keret, de Macedonio Fernández à Jean-Marie Blas de Roblès, écrivains et poètes y interrogent moins les lendemains qui chantent que les formes de survie, de rupture et de résistance face au désastre.
31/08/2026, 11:38
Sous le vernis conventionnel d’un roman psychologique au temps de l’Occupation, La Gartempe (1957) dévoile un récit insolite de « nature writing » à la française. En invoquant le nom de cette rivière près de laquelle il est né, Jean Blanzat (1906-1977) nous attire pas à pas vers l’inquiétante étrangeté d’une nature immuable. Un style d’une beauté déroutante et envoûtante. Par Nicolas Acker.
30/08/2026, 09:00
Du 17 au 23 août, Freida McFadden règne toujours, mais une rivale vient enfin troubler son été sans partage. Amélie Nothomb entre directement à la 2e place et s’impose comme la première nouveauté de la rentrée capable de regarder l’Américaine dans les yeux. En librairie, le mouvement est encore plus net : l'autrice de L’Adolescence du perroquet prend la tête et entraîne avec elle plusieurs romans de la rentrée. Le marché reprend lui aussi quelques couleurs, sans faire oublier un niveau toujours inférieur à celui de l’an passé.
28/08/2026, 14:34
Parler de l’hystérie, c’est toujours parler d’un objet qui dérange. Un objet fuyant, instable, insaisissable, qui semble se dérober à chaque tentative de définition. L’hystérie n’est pas simplement une pathologie parmi d’autres ; elle est, depuis l’Antiquité, un point de crise pour le savoir médical. Elle met en difficulté celui qui prétend savoir, diagnostiquer, nommer, guérir. Et c’est précisément en cela qu’elle est précieuse : elle force le médecin, et plus largement la société, à interroger les limites de son propre discours.
26/08/2026, 11:46
Avec 1000 raisons de croire en Jésus, Olivier Bonnassies poursuit une réflexion consacrée aux rapports entre foi, raison et connaissance. À paraître chez Guy Trédaniel, l’ouvrage rassemble arguments historiques, témoignages et phénomènes présentés comme autant de « raisons de croire », tout en confrontant la thèse chrétienne à l’athéisme et à plusieurs grandes traditions religieuses.
26/08/2026, 09:26
Agnès Martin-Lugand revient avec un nouveau roman, Retour à Folegandros, à paraître le 17 septembre aux éditions Michel Lafon. Dans ce récit profondément humain, elle explore les liens familiaux, les blessures du passé et la force des retrouvailles à travers l’histoire d’Andréas, un jeune homme qui réunit ses parents sur l’île grecque où leur histoire familiale a commencé.
26/08/2026, 09:13
Le temps de l’exil est un temps indécis dans lequel se mélangent un temps figé resté au pays et un temps de découvertes dans le pays d’accueil. Mais lorsqu’il prend fin, quel est son bilan ? Sofia vit en Espagne depuis près de vingt ans, elle a laissé son père s’occuper de son jeune fils, Robert, en Roumanie. Elle vit et travaille au Camping El Titi, entre attachement et arrachement, l’heure de la retraite sonne et le retour au pays lui fait peur.
25/08/2026, 12:48
Stephen Strange est mort. Cléa n’est pas du genre à considérer cela comme une raison suffisante pour le rester. Dans Strange : J’appartiens à la Mort, Jed MacKay lui confie le titre de Sorcière Suprême et la place qu’elle méritait : celle d’une héroïne féroce, amoureuse, souveraine et décidée à ce qu’on lui fiche la paix.
25/08/2026, 09:44
Couronné par le prestigieux prix Pulitzer en 2025, Feeding Ghosts de Tessa Hulls est un épais roman graphique qui saisit à bras le corps des questions importantes. Celle du déracinement, à travers trois générations de femmes d'abord exilées de Chine, puis de Hong Kong, vers les États-Unis. Celle du traumatisme et des angles morts familiaux, aussi. Sans parler du rôle essentiel joué par la mémoire dans la construction de chaque être humain, et, plus encore, de celles et ceux qui ont grandi en tant qu'immigrés, peu importe l'époque, peu importe le pays. Un grand livre, dans tous les sens du terme.
22/08/2026, 10:09
Du 10 au 16 août, les ventes de livres reculent nettement, sans bouleverser le sommet du classement : Freida McFadden conserve six titres dans le top 10 et Le dîner reste largement numéro un. Mais derrière cette domination, le marché commence à changer de saison : les cahiers de vacances s’effacent au profit des références de rentrée, tandis qu’en librairie, la hiérarchie se révèle sensiblement différente de celle du marché général.
21/08/2026, 13:10
Un imprévu, de Michel Layaz, paraîtra le 1er octobre 2026 aux éditions Zoé. Le romancier suisse y transforme le dîner improvisé d’un puissant dirigeant en procès de ses choix, puis d’un système économique qui autorise l’enrichissement au détriment de l’environnement.
21/08/2026, 08:00
L’envie est le plus capital des péchés. Tout commence par une liaison. Un homme. Une femme. Un rendez-vous clandestin dans un parc en hiver. On ne sait rien d’eux. Sinon qu’ils viennent de franchir une ligne dangereuse. Puis survient un drame.
21/08/2026, 06:00
Commenter cet article