Les trois rivières

Tiffany Quay Tyson

Dans le Mississippi de 1990, Melody revient à la ferme familiale après l’appel de sa mère et découvre son père mourant. Tandis qu’une crue exceptionnelle menace la région, un fugitif et son fils trouvent refuge sur la propriété. En trois jours, secrets, blessures et choix anciens remontent à la surface avec les eaux, sous la violence du Mississippi.

En 1990, Melody Mahaffey, claviériste d’un médiocre groupe de pop chrétienne, sillonne les États-Unis en traînant son désenchantement. Un message de sa mère, Geneva, avec qui elle entretient des rapports difficiles, la ramène dans le Mississippi, à la ferme familiale des Trois Rivières, presque à l’abandon. Elle y retrouve son père mourant, tandis que Geneva a quitté les lieux pour chercher conseil auprès de Pisa, une guérisseuse et guide spirituelle d’origine chickasaw.

Au même moment, Obi, en fuite après un accident violent, cherche un refuge avec son jeune fils Liam et gagne lui aussi la propriété. Pendant trois jours, alors qu’une tempête déchaîne le Mississippi et menace d’engloutir les terres, les trajectoires de Melody, Geneva et Obi convergent. Les eaux font remonter les blessures familiales, les mensonges et les secrets accumulés (trad. Héloïse Esquié).

Dès les premiers courts chapitres, Tiffany Quai Tyson semble conduire trois histoires indépendantes, comme au fil de trois rivières parallèles, chacune allant son cours avec ce qui la constitue, l’entoure, entrave ou favorise sa course. On quitte déjà à regret les personnages entrés en scène, pour en découvrir et suivre d’autres, tout aussi intrigants, attachants. 

Puis les fils convergent, les trois rivières gagnent en intensité en profondeur et en vitesse ; les personnages des trois récits sans lien en apparence, croisent alors leurs chemins.

Quand tout semble s’organiser, et paraît attendu, des rebondissements modifient le cours du récit qui  devient haletant. Prédicateur, guérisseuse, êtres libres qui fuient ou reviennent. Amours filiales sous toutes ses variations, meurtre sans victime.

Musique, et couleurs.

« Ses cheveux longs, d’une douce couleur brique, encadraient son visage couvert de taches de rousseur, comme un halo. (…) On aurait dit une étoile de mer sur une étendue de sable sec. “(p 21)

La rivière grossit, au point qu’elle oblige les digues à céder, comme les existences bouleversées à s’accorder au chaos pour recomposer leurs paysages intérieurs.

Publication le 27 août.

 
 

DOSSIER - Les romans de la rentrée littéraire 2026

Une michronique de
Françoise Ballay

Publiée le
17/08/2026 à 08:30

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Les Trois Rivières

Tiffany Quay Tyson trad. Héloïse Esquié

Paru le 27/08/2026

320 pages

Sonatine

23,00 €