Un roman qu'on hésite à qualifier de noir tellement il est joyeux, lumineux et tellement on s'y amuse. Le Médoquin Yan Lespoux nous invite sur ses terres à prendre un pastis ou un café dans un bar qui serait comme une version landaise de Bagdad Café, en compagnie d'une ribambelle de loustics qu'on n'oubliera pas de sitôt.
Le 14/08/2026 à 15:49 par Bruno Ménétrier
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14/08/2026 à 15:49
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Après s'être aventuré au-delà des sept mers (c'était Pour mourir le monde, paru en 2023), le Médoquin Yan Lespoux revient sur ses côtes de Gascogne avec ce petit roman plein d'humour et d'ironie acerbe, bien dans l'esprit des nouvelles de son premier ouvrage (Presqu'îles, paru en 2021).
Le récit s'inspire très, très librement de ces faits divers où des ballots de cocaïne viennent s'échouer sur les plages des Landes après avoir été largués dans le golfe de Gascogne par des trafiquants aux prises avec des vents contraires ou des garde-côtes trop curieux.
Une fois échoués sur le sable, les ballots de drogue attirent la convoitise d'autres ballots qui pensent pouvoir ainsi se financer facilement une nouvelle vie en échappant tout aussi facilement aux flics et aux sicaires des narcos venus récupérer la marchandise et châtier les téméraires, pour l'exemple…
Cet hiver-là, Yan Lespoux a réuni sur la plage, pour le meilleur mais aussi pour le pire, toute une galerie de personnages hauts en couleur dans un scénario qui serait comme une version côtière et tranquille du roman de l'Argentin Nicolás Ferraro (Notre dernière part de ciel, traduit de l’espagnol par Alexandra Carrasco-Rahal et Georges Tyras, paru en mars 2026 chez Rivages).
C'est la tenancière d'un petit bar de village fréquenté par les habitués (endroit stratégique pour les rencontres) qui nous raconte ce qu'il s'est passé cet hiver-là. Son bouiboui aux allures de Bagdad Café est comme « un phare dans la tempête. Le dernier refuge de ceux qui avaient le bonheur, le courage, la folie ou tout simplement pas le choix, de passer leur hiver ici ».
Je connais une grande partie des protagonistes de cette histoire. Suffisamment en tout cas pour me faire une idée de ce qui a pu se passer. Et, pour avoir grandi et vécu dans un bar, j’en sais assez sur l’âme humaine et ses ressorts pour imaginer ce qui a poussé les uns et les autres à faire ce qu’ils ont fait. [...] J’ai aussi le droit d’inventer un peu. Je comble les trous comme je peux, mais surtout comme je veux. Rien ne vous oblige à me croire. Rien ne vous oblige même à croire que les gens dont je vous parle ont existé. Mais si vous êtes passés par ici cet hiver-là, vous savez déjà que ce que je dis est vrai. Ou presque.
[...] Même moi je ne peux pas tout savoir. Il est arrivé tellement de cocaïne sur la côte dans ces semaines-là qu’il n’est pas impossible que certains de ses découvreurs soient restés discrets. [...] Le butin inespéré sur lequel ils avaient fait main basse allait provoquer d’inattendues déflagrations, parfois réjouissantes, bien souvent tragiques. [...] Le résultat est parfois pittoresque. D’autres fois, il est seulement désastreux.
Yan Lespoux s'est visiblement bien amusé à réunir sur la plage tous ses personnages, sa bande d'amateurs, et il a eu raison : on sourit très souvent et on rit même parfois. Tout cela plaira aux plus difficiles, la prose est belle, l'humour est fin, c'est un roman jubilatoire — comme on dit trop souvent.
Il faut reconnaître que quelques gags tombent un peu à plat (comme la vente de la villa au chirurgien esthétique), mais beaucoup d'autres sont de vraies perles quand l'auteur met en scène ses personnages aux bonnes têtes de voisins ou d'amis : « ces gens qui sont comme nous, que l’on connaît trop bien et qui nous connaissent trop bien en retour ». Même les méchants sont (presque) sympas.
Le charme du récit tient pour beaucoup à la présence — pourtant très discrète et peu bavarde — de la « maman » qui surveille le tiroir-caisse du bar depuis son fauteuil roulant, stratégiquement placé sous la tête empaillée du sanglier.
Au fil de cette « expédition dans le Far West », le lecteur traversera des pinèdes et des marais, mais aussi des passages fort instructifs, comme lorsque l'auteur évoque Bob Denard (et oui, le gars était du coin), « barbouze à la tête de mercenaires plus ou moins bien formés mis au service de la Françafrique », et d'autres moments de pure poésie littéraire comme « ces jours d’après la saison où les après-midi s’étirent alors même que les jours raccourcissent ». Oui, on est hors saison, comme dit la chanson.
Par Bruno Ménétrier
Contact : bmr.menetrier@gmail.com
Paru le 27/08/2026
240 pages
Agullo
21,50 €
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08/09/2026, 10:16
Avec Isaiah dans les eaux du temps, Aurélie Wellenstein entraîne les lecteurs, de 15 ans et plus, dans une fantasy sombre où les courants temporels peuvent faire disparaître les vivants et où le temps lui-même devient une ressource à pêcher. Un récit de survie aux enjeux aussi fantastiques que profondément humains, à paraître le 8 octobre 2026 chez Scrineo.
08/09/2026, 08:00
Comment le VTT, découvert à l’adolescence, est devenu pour Kilian Bron à la fois un espace de liberté, une discipline et un moyen de s’extraire d’un environnement familial difficile. Le vététiste revient sur son parcours, son goût du risque et sa relation à la montagne dans ce récit personnel, préfacé par Martin Fourcade et publié en poche chez Flammarion.
08/09/2026, 07:00
Alors que l’intelligence artificielle et la culture de l’immédiateté semblent gagner chaque pan de nos vies, Raphaëlle Le Baud invite à regarder du côté des ateliers. Dans Petit éloge des métiers d’art, l’entrepreneuse engagée dans le secteur célèbre celles et ceux qui font de la matière, du geste et de la transmission une autre manière d’habiter le monde.
08/09/2026, 06:00
Avec Au nom du peuple français, François Molins revient sur quarante-six années passées au sein de l’institution judiciaire. De la lutte antiterroriste aux grandes affaires politico-financières, l’ancien magistrat raconte les dossiers qui ont marqué sa carrière, mais aussi sa conception de la justice et de sa nécessaire compréhension par les citoyens. Ses Mémoires paraissent en poche chez Flammarion, dans la collection Au Grand jour.
08/09/2026, 06:00
Virginia met un peu de couleur dans le gris du quotidien, elle fait équipe avec le narrateur, un jeune homme, factotum, qu’elle a pris sous son aile immédiatement, comme une mère poule. Une relation fusionnelle s’installe entre eux avec une idée obsessionnelle pour Virginia : préparer une fête pour égayer cet univers clos.
07/09/2026, 13:45
Elle paraît inquiétante Frédérique dite « la grande Frédé » sur la couverture du nouveau roman de Nicolas Robin, et il y a de quoi : cette grande rousse d’un mètre quatre-vingt-cinq, mène une vie terne entre son job d’hôtesse de l’air au sol- parce qu’elle a peur de l’avion- et la garde du chat de sa voisine, elle aussi hôtesse de l’air et dépressive.
07/09/2026, 12:01
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