Roman vietnamien écrit en français, éléphants d’Asie, adoption coréenne, mots de Taïwan et mémoire du génocide khmer rouge : l’Association des écrivains de langue française a dévoilé les cinq ouvrages distingués par son Grand Prix Asie.
Le 11/08/2026 à 12:50 par Hocine Bouhadjera
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11/08/2026 à 12:50
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Le millésime 2025 du Grand Prix littéraire d’Asie de l’ADELF a été dévoilé là la librairie Le Phénix, à Paris. Cinq distinctions ont été attribuées, du roman à la recherche en passant par l’essai et la bande dessinée.
Créé en 1972, le Prix Asie est ouvert aux écrivains de langue française originaires d’un territoire allant du Proche à l’Extrême-Orient, mais aussi aux ouvrages consacrés à ces régions. Son règlement exclut les traductions et demande aux textes de présenter une valeur littéraire ainsi qu’une recherche dans l’usage du français.
Le Grand Prix du roman revient à Thuân pour B-52 ou celle qui aimait Tolstoï, publié chez Actes Sud en mars 2025. Le livre ramène le lecteur à Hanoï en 1972 : une jeune médecin vietnamienne prend en charge un prisonnier américain qui porte le nom d’Andreï Bolkonsky, personnage de Guerre et Paix. Des années plus tard, installée en France, elle reste poursuivie par le souvenir de cette rencontre. Guerre, exil, littérature russe et mémoire s’y entremêlent.
Après plusieurs romans écrits en vietnamien puis traduits, B-52 ou celle qui aimait Tolstoï est le premier que Thuân a directement écrit en français.
Le Grand Prix de l’essai distingue Marcel Cohen pour L’Éloge de l’éléphant d’Asie, chez Chandeigne. L’écrivain, né en 1937 à Asnières-sur-Seine, y rassemble histoires, observations et savoirs autour d’un animal qui l’accompagne depuis ses voyages en Inde. Capture, domestication, usages militaires ou religieux, découvertes scientifiques et menaces pesant sur l’espèce nourrissent ce portrait du pachyderme à travers les siècles.
Déjà lauréat du Prix Wepler en 2013 pour Sur la scène intérieure, Marcel Cohen poursuit une œuvre construite autour du « fait », de l’observation et de la mémoire.
La bande dessinée est représentée par Jung et Laetitia Marty, lauréats du Grand Prix de la BD et du roman graphique avec Destins coréens, paru chez Delcourt en mars 2025. L’album aborde l’adoption internationale à travers Joy, jeune Coréenne enceinte qui envisage de confier son enfant, avant que la découverte du témoignage d’un homme adopté en Europe ne bouleverse sa décision. Pour Jung, lui-même adopté en Corée, le récit comporte une dimension directement autobiographique.
Une mention spéciale revient à Aurélien Rossanino pour 80 mots de Taïwan, publié par L’Asiathèque. Installé à Taipei, où il a notamment cofondé les éditions franco-taïwanaises Passepartout, Aurélien Rossanino compose un portrait de l’île à partir de 80 mots, de leurs origines et de ce qu’ils racontent des langues, pratiques et cultures taïwanaises. Le livre est préfacé par Gérard Macé.
Enfin, le Prix de la Recherche a été attribué à l’anthropologue Anne Yvonne Guillou pour Puissance des lieux, présence des morts. Sur les traces du génocide khmer rouge au Cambodge, publié par la Société d’ethnologie dans la collection « Recherches sur la Haute Asie ».
Chercheuse au CNRS, Anne Yvonne Guillou travaille sur le Cambodge depuis plusieurs décennies. Son ouvrage s’appuie sur une longue enquête ethnographique pour étudier la place des morts du génocide khmer rouge dans la société cambodgienne : fosses communes, mémoriaux, cérémonies bouddhistes, esprits tutélaires et mémoire collective y dessinent des manières de vivre avec des disparus dont les corps n’ont souvent jamais été rendus aux familles.
Le jury est présidé par Mohar Chaudhuri, chercheuse en littérature comparée. Il réunit également Pierre Bau, Doan Bui, Cléa Chakraverty, Lorraine Colin, Agnès Douc, Cyril Dowling, Loan de Fontbrune, Claire Escoffier, Patricia Liebeaux, Laura Raoul et Preeta Samarasan, avec des profils d’écrivains, journalistes, chercheurs, anthropologues ou libraires.
Ce palmarès succède à Hélène Jacobé, qui avait alors remporté le Prix du roman pour Le Lotus jaune (Héloïse d’Ormesson / Favre), Annie Montaut celui de l’essai pour Trois mille ans d’écologie indienne (Seuil), tandis qu’Eric Meyer et Gianluca Costantini avaient été distingués pour Xi Jinping, l’Empereur du silence (Delcourt) et Lorenzo Chiavini et Yohan Coeurderoy pour La Montagne du Tao (Soleil).
Retrouver la liste des prix littéraires français et francophones
Crédits photo : Thuân (© Yannis Koïkas, Actes Sud)
DOSSIER - Prix littéraire Frontières-Léonora Miano 2022 : dignité humaine, acceptation de l’autre
Par Hocine Bouhadjera
Contact : hb@actualitte.com
Paru le 05/03/2025
157 pages
Actes Sud Editions
18,00 €
Paru le 22/11/2024
414 pages
Editions Chandeigne
17,00 €
Paru le 07/03/2013
138 pages
Editions Gallimard
17,90 €
Paru le 26/03/2025
144 pages
Delcourt
20,50 €
Paru le 14/05/2025
179 pages
L'Asiathèque - maison des langues du monde
16,50 €
Paru le 20/03/2025
241 pages
Société d'ethnologie
21,00 €
Paru le 07/03/2024
368 pages
Editions Héloïse d'Ormesson
22,00 €
Paru le 19/04/2024
231 pages
Seuil
23,50 €
Paru le 16/10/2024
240 pages
Delcourt
27,95 €
Paru le 21/08/2024
128 pages
Soleil Productions
18,50 €
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