Des dizaines de livres ont été éparpillés au sol et, pour certains, jetés dans le bassin du parc de l’Orangerie, à Strasbourg. Visée à deux reprises entre le 19 et le 21 juillet, la bibliothèque de rue gérée par l’Association de défense des intérêts des quartiers centre-est fait désormais l’objet d’une plainte. La police municipale a renforcé ses rondes autour d’un lieu de partage déjà plusieurs fois attaqué par le passé.
Le 24/07/2026 à 12:38 par Hocine Bouhadjera
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Publié le :
24/07/2026 à 12:38
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Installée près du bassin, à l’angle de la rue François-Xavier-Richter et du boulevard de l’Orangerie, la cabane « Livres en liberté » a été retrouvée sens dessus dessous. Plusieurs ouvrages détrempés ont notamment dû être repêchés.
C’est une habitante du quartier, Maryam, qui a donné l’alerte après avoir découvert les premières dégradations en rentrant chez elle, aux alentours de deux heures du matin, rapporte Actu Strasbourg. Environ un tiers des ouvrages se trouvaient alors au sol. Lors de son passage suivant, la situation s’était aggravée : près des deux tiers des livres avaient été éparpillés et plusieurs avaient été jetés dans l’eau.
Selon Arieh Adida, adjoint à la maire de Strasbourg chargé de la sécurité, les faits auraient été commis par deux personnes, qui n’ont pas encore été identifiées.
L’Association de défense des intérêts des quartiers centre-est de Strasbourg, l’ADIQ, qui assure la gestion de la cabane, a déposé plainte. Cette démarche doit notamment permettre aux enquêteurs d’exploiter les images des caméras de surveillance situées à proximité. La police municipale a parallèlement reçu pour consigne d’effectuer davantage de passages dans le parc, de jour comme de nuit.
Sur les réseaux sociaux, Nicolas Matt, vice-président Patrimoine de l’Université de Strasbourg, a déploré la destruction d’un « îlot de partage, de culture et de liberté ». Il a également remercié les bénévoles de l’ADIQ, qui ont remis les lieux en ordre et poursuivent leur travail malgré les dégradations successives.
Créée en juin 2011 à l’initiative du conseil de quartier, avec le soutien de la Ville, elle repose sur le principe de circulation libre : chacun peut prendre un ouvrage, le conserver ou en déposer un autre. La gestion bénévole a été confiée dès l’origine à l’ADIQ.
L’association assure la collecte des dons, leur stockage, le tri des ouvrages, leur marquage et le réapprovisionnement des rayonnages. Les livres sont notamment tamponnés afin de décourager leur revente sur des marchés ou des plateformes d’occasion. Le fonctionnement de la cabane repose avant tout sur la confiance et la vigilance des usagers.
Une vingtaine de bénévoles participent aujourd’hui à son entretien, tandis que les rayonnages sont réalimentés quotidiennement pendant la saison d’ouverture. « Ce n’est pas une bibliothèque, il n’y a aucune contrainte », expliquait en avril Jean-Luc Déjeant, président de l’ADIQ, qui insistait surtout sur la fonction sociale du lieu : « Le point le plus important, c’est le lien social. »
Les dégradations de juillet ne constituent pas un précédent isolé. La cabane de l’Orangerie a déjà été détruite par deux incendies, en 2012 et en 2015. Une nouvelle tentative d’incendie a été constatée dans la nuit du 21 au 22 septembre 2024.
Après les précédents sinistres, le projet avait pourtant été relancé à chaque fois. La structure actuelle est la troisième installation construite pour accueillir l’opération « Livres en liberté ». Elle a été implantée à un emplacement jugé plus visible, à proximité d’une caméra de surveillance.
Dès les premières années du projet, l’ADIQ constatait déjà quelques vols massifs, des tags et des dégradations nocturnes. L’association refusait cependant de renoncer à une initiative destinée à faciliter l’accès gratuit à la lecture. Dans un texte présentant le projet en 2011, elle posait déjà la question : « Des risques de dégradation existent. Mais est-ce suffisant pour ne pas tenter cette belle opération ? »
Le vandalisme n’a pas interrompu la programmation culturelle de la cabane. L’ADIQ a maintenu la rencontre prévue ce vendredi 24 juillet, dans le cadre du cycle « Mémoire en partage ». Cette soirée doit réunir plusieurs auteurs et poètes autour de lectures, avant un échange avec le public.
Depuis le printemps, huit rendez-vous consacrés aux récits de vie, à la transmission et à la mémoire collective sont organisés devant la cabane. Ces rencontres prolongent les lectures proposées en 2024, lorsque Strasbourg portait le titre de Capitale mondiale du livre de l’Unesco.
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« Préserver et transmettre la mémoire, c’est partager des expériences, éveiller les consciences et préparer l’avenir », expliquait Enrique Uribe dans les DNA, l’un des organisateurs du cycle.
Crédits photo : Livres en Liberté Strasbourg
Par Hocine Bouhadjera
Contact : hb@actualitte.com
1 Commentaire
Alexandre
27/07/2026 à 17:18
chapô : « la bibliothèque de rue (...) fait désormais l’objet d’une plainte »
Ne serait-ce pas plutôt « les dégradations de la bibliothèque de rue (...) font désormais l’objet d’une plainte » ?