Attaché en premier lieu à la littérature francophone et à la photographie, le prix Lumière d’août poursuit chaque année le même objectif : distinguer des œuvres où l’écriture, le regard, la mémoire des lieux et des êtres entrent en résonance. Le prix sera décerné, comme chaque année, au début du mois de septembre.
Mais les jurés du prix Lumière d’août lisent aussi au-delà des frontières francophones. Pour accompagner l’été, ils recommandent huit titres de littérature étrangère, romans, récits, essais ou textes de non-fiction, qui invitent au voyage, à la mémoire, à l’histoire intime ou collective.
Najat El Hachmi, Mère de lait et de miel, Verdier
Dans ce roman puissant, Fatima revient dans son village du Rif marocain après de longues années d’exil en Catalogne. Elle raconte à ses sœurs son départ, sa solitude, son combat de femme abandonnée dans un pays étranger. Le livre fait entendre une voix féminine longtemps tue, traversée par la migration, la maternité, la honte et la résistance. Une odyssée intime, rude et lumineuse. (trad. Dominique Blanc)
Paolo Rumiz, Appia, Arthaud
Paolo Rumiz suit la Via Appia, cette route antique qui reliait Rome au sud de l’Italie. À pied, en voyageur attentif, il traverse paysages, ruines, villages, mémoires enfouies et désastres contemporains. Appia est à la fois un récit de marche, un livre d’histoire et un cri d’amour pour une Europe des chemins, des pierres et des civilisations anciennes. Un livre pour celles et ceux qui aiment voyager lentement. (trad. Béatrice Vierne)
José Ortega y Gasset, Tableaux des petites et grandes choses de l’existence, Séguier
Ce recueil rassemble des textes inédits en français du grand philosophe espagnol. Ortega y Gasset y observe aussi bien les grands mystères de l’existence que les détails les plus modestes du quotidien. Avec intelligence, humour et élégance, il rappelle que la pensée peut naître d’un paysage, d’un geste, d’une conversation ou d’une chose minuscule. Un livre bref, vif, idéal pour retrouver le goût de penser. (trad. Valeria Dos Santos)
Bernhard Schlink, La Petite-Fille, Gallimard
Après la mort de sa femme, Kaspar découvre qu’elle lui a caché une part de son passé en Allemagne de l’Est. Sa recherche le conduit jusqu’à une petite-fille inconnue, élevée dans un milieu nationaliste et extrémiste. Bernhard Schlink interroge ici la transmission, la culpabilité, les fractures allemandes et la possibilité fragile du lien. Un roman grave, limpide, où l’Histoire rejoint l’intime. (trad. Bernard Lortholary)
David Grann, Il était une fois dans les Amériques, Éditions du sous-sol
David Grann, maître de la non-fiction narrative américaine, rassemble ici plusieurs récits où l’aventure réelle dépasse souvent la fiction. Révolutions, explorateurs disparus, crimes, obsessions et destins engloutis composent une traversée fascinante des Amériques. Son art consiste à enquêter avec précision tout en racontant avec le souffle d’un romancier. Un livre pour les amateurs d’histoires vraies, vertigineuses et parfaitement construites. (trad. Valeria Costa-Kostritsky et Damien Aubel)
Meyer Levin, Crime, Phébus
Inspiré d’un fait divers survenu à Chicago dans les années 1920, Crime met en scène deux jeunes hommes brillants qui veulent commettre le crime parfait. Meyer Levin explore la vanité intellectuelle, la fascination du mal et l’effondrement moral d’une jeunesse persuadée d’être au-dessus des lois. Entre roman judiciaire, étude psychologique et tragédie moderne, un texte noir, implacable, d’une puissance rare. (trad. Magdeleine Paz)
Siri Hustvedt, Ghost Stories, Gallimard
Dans Ghost Stories, Siri Hustvedt revient sur la mort de Paul Auster, compagnon d’une vie, et sur les quarante années qu’ils ont partagées. À travers souvenirs, fragments, lectures et scènes intimes, elle compose un livre sur l’amour, le deuil, la mémoire et la présence persistante des morts. Ce n’est pas seulement un hommage : c’est une méditation bouleversante sur ce qui demeure quand l’être aimé disparaît. (trad. Frédéric Joly)
Jens Christian Grøndahl, Les Portes de fer, Gallimard
Jens Christian Grøndahl brosse le portrait d’un homme à trois âges de sa vie : la jeunesse, la maturité, puis le temps du retour sur soi. Amours, désillusions politiques, paternité, solitude et vieillissement composent une fresque intime et mélancolique. Avec son élégance habituelle, l’écrivain danois saisit les fragilités de l’individu occidental face au temps qui passe. Un roman subtil sur ce que la vie fait de nos idéaux. (trad. Alain Gnaedig)
Les jurés du prix Lumière d’Automne souhaitent à toutes les lectrices et à tous les lecteurs un excellent été, placé sous le signe des livres, des images, des voyages et des découvertes.
Rendez-vous le samedi 27 juillet dans l’après-midi pour la révélation de la shortlist du prix Lumière d’Automne, qui distinguera cette année encore un livre de littérature francophone et un livre de photographie.
Crédits photo : TheDigitalArtist CC 0
Par Vincent Hein
Contact : contact@actualitte.com
Paru le 19/01/2023
384 pages
Editions Verdier
24,00 €
Paru le 28/08/2019
514 pages
Flammarion
22,50 €
Paru le 13/05/2026
208 pages
Séguier Editions
21,50 €
Paru le 09/02/2023
337 pages
Editions Gallimard
23,00 €
Paru le 07/05/2025
496 pages
Editions du Sous sol
24,90 €
Paru le 01/09/2012
448 pages
Editions Phébus
11,00 €
Paru le 14/05/2026
432 pages
Editions Gallimard
24,00 €
Paru le 07/01/2016
403 pages
Editions Gallimard
23,50 €
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