Quand Vichy jugeait Léon Blum

Marie-Luce Nemo, Carole Delga

À l'occasion des 90 ans du Front populaire, Quand Vichy jugeait Léon Blum, publié chez Privat, revient sur un épisode aussi décisif que méconnu de notre histoire : le procès de Riom. L’ancienne ministre et présidente de la région Occitanie Carole Delga et l'historienne Marie-Luce Némo montrent comment le régime de Vichy tenta de faire de Léon Blum le responsable de la défaite française.

Ancien président du Conseil, socialiste et juif, Blum devient alors le symbole de la République à abattre et le responsable désigné de la défaite française. Depuis les années 1930, il cristallise la haine des ligues nationalistes et antisémites, qui voient en lui l'incarnation de la République honnie.

Le procès devait être une démonstration politique. Il devient un fiasco. Par la force de son argumentation, sa connaissance des faits et son éloquence, Blum démonte une à une les accusations portées contre lui. À tel point que les autorités allemandes elles-mêmes préfèrent faire interrompre les audiences plutôt que de laisser l'ancien président du Conseil retourner l'opinion contre ses accusateurs.

Ce livre rappelle aussi que les attaques contre la démocratie passent souvent par une falsification du passé. En faisant de Blum un bouc émissaire, Vichy ne cherchait pas seulement à condamner un homme : il voulait discréditer la République et réécrire l'histoire au profit de son idéologie.

À l'heure où les actes antisémites se multiplient et où les lectures partisanes de l'histoire regagnent du terrain, relire le procès de Riom, c'est rappeler qu'une démocratie peut être fragilisée par le mensonge, mais aussi qu'elle peut se défendre par la force des faits et du droit.

 

Une michronique de
Audrey Le Roy

Publiée le
22/07/2026 à 18:20

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Quand Vichy jugeait Léon Blum

Marie-Luce Nemo, Carole Delga

Paru le 14/05/2026

190 pages

Privat

16,90 €