« Arracher la racine. Extirper la sauvagerie. Aplanir et stériliser. Maîtriser la nature.
Considérez-nous comme des explorateurs (exploiteurs).
Nous apportons la civilisation aux terres hostiles
Nous offrons au sol la graine précieuse
Bientôt, ici, les arbres à caoutchouc par milliers
Vous, saigneurs, récolterez la sève si estimée des hévéas. »
Le Vietnam devient le paysage d’une terrible colonisation qui détruit, déforme, où la colère monte. Elle déborde, de partout. L’injustice, déguisée derrière la bonne conscience de ces colons, persuadés d’amener éducation et illumination aux indigènes de ces terres. Les corps de plient, automates courbés, forcés à une labeur presque mécanique. Couper, saigner des arbres, faire couler la sève, blesser cette nature si belle, si généreuse.
Madame P. de la T., veuve souveraine de la plantation, s’exprime à cœur ouvert dans son journal ; le colonialisme le plus pur et le plus terrifiant s’écoule à travers ses mots, elle qui est certaine dans son bon droit. Que l’exploitation qui sévit sous ses yeux est une conséquence positive de sa présence sur cette terre. En contrepied, c’est toute la nature qui s’éveille : les graines, les chiens sauvages, les travailleurs et travailleuses, ainsi que cet esprit-araignée… Ces voix s’élèvent, chantent, dans une polyphonie de révolte qui monte haut et fort pour dénoncer. Se battre, résister face à la violence. Une ode à la vie, à la liberté, à l’espoir que cette rage soit entendue, comprise.
Un texte puissant.
Publiée le
22/07/2026 à 16:30
0 Commentaire
285 Partages
Paru le 07/05/2026
96 pages
Wildproject Editions
16,00 €
Commenter cet article