Dans un cartoon publié le 5 juillet par The Guardian, Tom Gauld déplace l’alerte canicule du lecteur vers le livre. Colle de reliure ramollie, bain rafraîchissant mal négocié, propriétaire rendu distrait par la chaleur, combustion spontanée et mains moites : le dessinateur écossais transforme les précautions estivales en manuel de survie pour ouvrages.
Le 15/07/2026 à 12:30 par Nicolas Gary
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15/07/2026 à 12:30
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Les humains ont droit aux cartes de vigilance, aux recommandations sanitaires et aux rappels à boire régulièrement. Les livres, apparemment, étaient livrés à eux-mêmes. Dans son dessin publié le 5 juillet 2026 par The Guardian, Tom Gauld corrige cette négligence en confiant l’alerte à un petit volume anthropomorphe : « Attention aux dangers de la lecture en période de canicule ! »
Autour de lui, cinq accidents sont consignés avec le sérieux d’une affiche de prévention. Un ouvrage perd sa tenue lorsque la colle de sa reliure ramollit au soleil. Un autre échappe aux mains de son propriétaire et tombe dans le bain où celui-ci cherchait un peu de fraîcheur. Plus loin, un lecteur désorienté par la chaleur égare son volume. Restent deux menaces d’une gravité inégale : la combustion spontanée et les mains moites.
Le dispositif tient en quelques cases, sans récit superflu. Gauld emprunte les codes du message de sécurité — formule impérative, risques identifiés, exemples immédiatement lisibles — puis laisse l’absurde dérégler la machine.
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La catastrophe la plus extravagante reçoit exactement le même traitement que l’incident le plus banal. Un ouvrage peut donc s’embraser sans raison ou simplement finir dans l’eau : dans les deux cas, le pictogramme demeure imperturbable.
Le calendrier ajoute au trait d’humour une actualité très concrète. Le cartoon paraît quelques jours après un épisode de chaleur exceptionnel au Royaume-Uni. Le Met Office a indiqué qu’une température provisoire de 37,7 °C avait été enregistrée le 26 juin à Lingwood, dans le Norfolk. Si elle est validée, cette mesure deviendra le record britannique pour un mois de juin, devant les 35,6 °C relevés en 1976.
Sous le gag, la conservation des ouvrages fournit d’ailleurs un mince socle documentaire. La Library of Congress recommande de conserver livres et documents sur papier dans un environnement frais, relativement sec et stable, à distance de la lumière directe, des sources de chaleur et des risques liés à l’eau. L’Institut canadien de conservation rappelle de son côté qu’une température basse ralentit la détérioration du papier, tandis qu’une humidité élevée accélère les altérations chimiques et biologiques et favorise les déformations.
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Ces prescriptions visent d’abord les collections patrimoniales, non le roman emporté sur une serviette de plage. Elles suffisent néanmoins à donner une part de vérité à la première vignette de Gauld. La combustion spontanée reste une liberté artistique ; le bain, lui, n’a jamais eu besoin d’expertise scientifique pour être déconseillé.
Le dessinateur écossais publie chaque semaine un cartoon dans le cahier littéraire du Guardian et collabore également au magazine scientifique New Scientist, rappelle son éditeur français. Écrivains en panne, éditeurs imaginatifs, lecteurs débordés et bibliothécaires méthodiquement prêts à prendre le pouvoir y reviennent avec une régularité rassurante.
Une partie de ces dessins, réalisée entre 2017 et 2021, a été réunie dans La Revanche des bibliothécaires, traduite par Éric Fontaine et publiée en septembre 2022 par les éditions 2024, devenues 2042 au 1er janvier 2025. En juin dernier, nous consacrions d'ailleurs un reportage à l’exposition présentée à la bibliothèque Louis-Aragon d’Amiens. Un mois plus tard, la canicule fournit à Tom Gauld un nouveau règlement intérieur : ne pas abandonner son roman au soleil, ne pas l’emmener dans le bain et, surtout, garder un œil sur ses propres mains.
Tom Gauld a également reçu, en avril, le Prix Gotlib 2026 pour La Physique pour les chats, paru en septembre 2025 chez 2042. Le nouveau cartoon prolonge la même méthode : une idée familière, une présentation faussement rationnelle et une chute sèche. Sous la chaleur, le lecteur peut chercher l’ombre. Le livre, lui, demande surtout qu’on le laisse hors de la baignoire.
Crédits photo : ActuaLitté, CC BY SA 4.0
Par Nicolas Gary
Contact : ng@actualitte.com
1 Commentaire
Edco
15/07/2026 à 15:45
Excellent !!! D ailleurs ne pas balancer son livre par les fenêtres des voitures.... Ils risqueraient....d être réduits en cendre ...par les feux récurrents des abords des routes !!! 😭
De même , si les forêts brûlent, plus de bois , plus de pâte à papier,donc plus de .....livre.....!!!😭
Oui la canicule est aux livres , ce que les volcans et astéroïdes ont été ....aux dinosaures... !!! 😱
Alors ...ventilons aussi nos livres.... lorsque nous lisons .... mais ne les brumisons pas !!!!🙏☹️