La State Library Victoria a organisé, le 8 juillet à Melbourne, son premier « drive-in » destiné aux enfants. Aucun moteur n’était admis dans les salles : les spectateurs de 3 à 8 ans fabriquaient une automobile en carton avant de la garer devant une projection de The Gruffalo. Proposée au tarif de 15 dollars australiens par enfant, la soirée prolongeait l’heure du conte par le bricolage et le cinéma.
Les petites voitures n’ont pas eu besoin de parking. Pendant deux heures et demie, les enfants et leurs accompagnateurs ont construit et décoré un véhicule à partir d’une boîte en carton, puis pris place devant l’écran.
La séance, baptisée Drive-In Storytime, s’est déroulée de 17 h à 19 h 30 – une heure avant la fermeture habituelle de la bibliothèque, fixée à 18 h, et se poursuivait ensuite dans le bâtiment fermé au public.
L’établissement demandait aux adultes de rester auprès des jeunes participants pendant toute l’activité. Des coffrets-repas pouvaient être réservés en supplément, au prix de 15 dollars australiens — soit autant que le billet. La communication officielle ne fournit pas le nombre d’enfants finalement accueillis.
Le choix du film maintenait l’opération dans l’univers de la littérature jeunesse. The Gruffalo est l’adaptation animée de l’album de Julia Donaldson, illustré par Axel Scheffler. L’histoire suit une souris qui, pour échapper aux animaux décidés à la dévorer, invente une créature effrayante avant de rencontrer le monstre qu’elle croyait imaginaire.
La projection n’arrivait qu’au terme du parcours. Avant de regarder le film, chaque enfant avait fabriqué l’objet depuis lequel il allait assister à la séance. Le principe du cinéma en voiture se retrouvait ainsi ramené à l’échelle d’une salle de lecture : une caisse de carton, quelques décorations et suffisamment d’imagination pour prendre la route sans quitter la bibliothèque.
L’événement formait l’un des volets de Pages of Time, la programmation élaborée pour les vacances scolaires d’hiver australiennes. La State Library Victoria le présentait comme une variation nostalgique de ses séances habituelles de Storytime, consacrées aux albums, aux chansons et aux comptines.

La séance de cinéma s'inscrivait donc dans une autre approche de la médiation qui associait d’ailleurs le drive-in à des ateliers de réécriture et de création inspirés par d’autres ouvrages jeunesse.
La soirée s’appuyait sur le Pauline Gandel Children’s Quarter, espace gratuit destiné aux enfants jusqu’à 12 ans et à leurs accompagnateurs. Inauguré en décembre 2019 dans le cadre du réaménagement Vision 2020, il comprend des coins de lecture, des zones de jeu et de création, ainsi qu’une collection de 4000 titres.
Albums cartonnés, romans jeunesse, documentaires, bandes dessinées, ouvrages bilingues ou publiés dans d’autres langues que l’anglais y sont rassemblés. Ces livres ne peuvent pas être empruntés : la bibliothèque explique les conserver sur place afin que les titres les plus recherchés restent disponibles pour les familles.
En outre, la collection jeunesse réunissait également des auteurs autochtones, de nouveaux créateurs et des ouvrages représentant notamment les familles arc-en-ciel et les communautés LGBTIQ. La State Library Victoria, qui célèbre ses 170 ans en 2026 et se présente comme la plus ancienne bibliothèque publique d’Australie, avait associé le drive-in à d’autres propositions inspirées par des livres.
Des enfants ont notamment réinventé des contes sous la forme de zines, tandis qu’un atelier autour de These Long-Loved Things, de Josh Pyke et Ronojoy Ghosh, les invitait à matérialiser un souvenir dans un cadre photographique.
Crédits photos : State Library Victoria
Par Cécile Mazin
Contact : cm@actualitte.com
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