Un écrivain reclus sur une île, un café allemand à reconstruire, une comédienne embarquée avec une famille en vacances en Italie, une vedette disparue sous l’œil des médias, une étudiante prise dans les filets d’un gang du Michigan, des soeurs en quête de leurs origines et un campus où l’amour se joue hors scénario : la sélection estivale de Kobo ne manque ni de détours ni de zones d’ombre.
L’été a ses promesses : des heures étirées, des voyages, quelques pages lues sans regarder l’heure. Mais certains romans se chargent très vite de dérégler le programme. Une disparition survient, un passé oublié se rappelle à nous, un mensonge prend trop de place. La lecture censée accompagner l’après-midi finit alors par dévorer la soirée.
Les 7 titres réunis ici ne se ressemblent guère. Du suspense littéraire à la fresque historique, du polar scandinave à la romance campus, de la saga familiale au new adult sous tension, ils empruntent des voies très différentes. Tous, pourtant, s’attachent à ce moment fragile où les personnages comprennent que l’on ne met pas si facilement le passé à distance.
Dans La Vie secrète des écrivains, Guillaume Musso choisit le décor parfait du huis clos : une île méditerranéenne, une maison inaccessible, un romancier retiré du monde. Nathan Fawles, auteur de trois livres devenus cultes, a cessé d’écrire vingt ans plus tôt. Depuis, il vit à Beaumont, loin des lecteurs comme des journalistes.
En exergue, le roman reprend cette formule de Gabriel García Márquez : « Tout le monde a trois vies : une vie privée, une vie publique et une vie secrète… » Tout est déjà là : la réputation, la dissimulation, ce que l’on montre et ce que l’on enfouit.
Lorsque Mathilde Monney, jeune journaliste suisse, débarque sur l’île pour approcher Fawles, un corps de femme est retrouvé sur une plage. Beaumont se referme aussitôt, et la curiosité littéraire se transforme en affaire beaucoup plus dangereuse. Musso joue avec les récits emboîtés, les identités mouvantes et les pièges de la fiction : un roman pour celles et ceux qui aiment être menés loin de leur premier soupçon.

Avec Café Engel (trad. Corinna Gepner), Anne Jacobs place l’intrigue dans l’Allemagne de l’après-guerre. Un célèbre établissement familial renaît de ses cendres grâce au travail de Hilde qui rêve de lui rendre son éclat. Autour d’elle, pourtant, rien n’est simple : les liens se sont distendus, les souvenirs restent douloureux, les sentiments se heurtent à ce que chacun préfère taire.
Le café devrait être un lieu de retrouvailles ; il devient aussi le théâtre des tensions familiales. Entre amours contrariées, silences anciens et espoirs de recommencement, le roman fait de la reconstruction un mouvement beaucoup plus incertain qu’il n’y paraît.
Anne Jacobs installe ainsi une fresque où les destins se croisent au rythme d’un lieu qui rassemble, nourrit et abrite les confidences. Derrière les vitrines et les pâtisseries, l’Histoire continue de peser sur les choix les plus intimes.

Dans Là où tu iras j’irai, Marie Vareille part d’une situation de comédie pour conduire son héroïne vers un terrain plus sensible. Isabelle a 32 ans, un chihuahua nommé Woody-Allen, une carrière d’actrice à l’arrêt et 24 € sur son compte en banque. Après avoir refusé une demande en mariage, elle n’a plus vraiment les moyens de faire la fine bouche.
Elle accepte alors une mission pour le moins trouble : séduire Jan Kozlowski, jeune veuf fortuné sur le point de se remarier. Pour approcher cet homme, Isabelle part en Italie, dans la maison de vacances de sa famille, et se fait passer pour une nanny anglaise chargée de s’occuper de Nicolas, huit ans, qui n’a plus prononcé un mot depuis la mort de sa mère.
Le dispositif prête d’abord à sourire. Mais la légèreté des faux accents, des maladresses et des petits arrangements avec la vérité laisse rapidement affleurer le deuil, l’enfance blessée et la peur de s’attacher. Une romance qui sait faire de la fantaisie un détour vers des émotions plus profondes.

Dans Que le meilleur gagne (trad. Marie-Caroline Aubert), le Norvégien Jørn Lier Horst et Thomas Enger font de la célébrité une scène de crime. Sonja Nordstrøm, ancienne athlète de haut niveau, disparaît le jour où elle doit assurer la promotion d’une autobiographie explosive. Peu après, plusieurs figures publiques meurent dans des circonstances spectaculaires.
L’inspecteur Alexander Blix et la blogueuse people Emma Ramm remontent alors une piste où les projecteurs comptent presque autant que les preuves. Le meurtrier ne se contente pas d’agir : il cherche à imposer son récit, à choisir l’image qui restera de ses victimes et, peut-être, de lui-même.
Le polar s’empare avec efficacité de la mécanique médiatique, de l’exposition permanente et de l’appétit collectif pour le scandale. La violence y gagne une dimension supplémentaire : elle devient spectacle, stratégie et instrument de pouvoir.

Avec The Devil’s Sons – Tome 1, Chloé Wallerand entraîne Avalone dans une rentrée universitaire qui devait être banale. Elle espérait se concentrer sur ses études, se faire quelques amis, mener une vie sans éclat. Mais le frère de sa meilleure amie appartient aux Devil’s Sons, un gang du Michigan dont elle va bientôt croiser la route.
Avalone se retrouve entraînée dans un univers de violence, de loyautés imposées et de rapports de force dont elle ne maîtrise ni les codes ni les conséquences. Son trouble s'intensifie lorsqu’elle se rapproche de Clarke Taylor, l’un des membres les plus instables du groupe.
Le roman avance sur cette ligne de crête : l’attirance, la menace, le besoin d’appartenance. Ici, la famille ne protège pas toujours. Elle peut aussi enfermer, obliger et faire basculer une existence entière.

Premier volume d’une vaste saga familiale, Les Sept Sœurs de Lucinda Riley (trad. Fabienne Duvigneau) s’ouvre sur une disparition et un héritage énigmatique. À la mort de leur père adoptif, Maia d’Aplièse et ses sœurs se retrouvent à Atlantis, la maison de leur enfance, sur les bords du lac de Genève.
Chacune reçoit un indice susceptible de la conduire vers ses origines. Pour Maia, la piste mène au Brésil, dans un manoir en ruines dominant Rio de Janeiro. Le voyage devient alors un mouvement double : traverser les océans, mais aussi se rapprocher de ce qui a été tu, perdu ou laissé dans l’ombre.
Lucinda Riley donne à cette quête l’ampleur d’une grande histoire de famille, avec ses secrets de naissance, ses destins brisés et ses paysages lointains. Derrière l’élan romanesque demeure une question plus intime : que change, au juste, la vérité lorsque l’on finit par la trouver ?

Rebel University – Tome 01, signé Alfreda Enwy et Alicia Garnier, retrouve les codes bien connus du campus américain : le hockey, la popularité, les colocataires charismatiques et les réputations qui précèdent les personnages. Hunter Clark, défenseur des Grizzlys, fait partie des étudiants que tout le monde connaît.
Harper, elle, ne semble ni sensible à son prestige ni disposée à nourrir son ego. Étudiante en journalisme, engagée sur les réseaux autour du body positive, elle regarde Hunter sans fascination particulière. C’est précisément ce qui dérègle le jeune sportif.
La romance prend alors appui sur un ressort efficace : deux personnages que tout oppose en apparence, contraints par les circonstances à se fréquenter davantage qu’ils ne l’auraient voulu. Entre reparties, résistances et désirs mal rangés, le campus devient le théâtre d'une négociation permanente.
Cette sélection vous invite à l'évasion sous toutes ses formes. On peut y entrer par le suspense d’une île verrouillée, par les ruines d’une Allemagne à reconstruire, par les maladresses d’une comédienne en mission d'infiltration ou par l’enquête d’un polar où le crime réclame d’être regardé.
D’autres préféreront le vertige d’une grande saga familiale, la tension d’un gang universitaire ou les affrontements plus légers d’une romance de campus. Sept romans, donc, mais autant de façons de laisser l’été se compliquer juste ce qu’il faut.
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Crédits photos : ActuaLitté, CC BY SA 2.0
DOSSIER - Lire avec Kobo : une bibliothèque qui tient dans la main
Par Inès Lefoulon
Contact : il@actualitte.com
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