Une mèche de William Wordsworth, enfermée dans un montage de verre et de métal pour former un presse-papiers, figurait parmi les objets de Rydal Mount proposés chez Mitchells, le 10 juin. L’objet, estimé entre 3000 et 5000 £ (environ 3475 à 5795 €) illustre la place singulière des reliques d’écrivains dans le marché patrimonial.
Le 23/06/2026 à 10:55 par Cécile Mazin
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Publié le :
23/06/2026 à 10:55
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Dans une vente d’objets littéraires, le manuscrit n’obtient pas toujours le premier rôle. Chez Mitchells, à Cockermouth, une mèche de cheveux de William Wordsworth a concentré l’attention : non pas un souvenir glissé dans une enveloppe, mais une relique capillaire enchâssée dans un cercle de verre et de métal, transformée en presse-papiers. Le lot figurait dans la vente Antiques & Fine Art Sale du 10 juin 2026, parmi les objets provenant de Rydal Mount, dernière demeure du poète romantique anglais.
Le catalogue de Mitchells décrit une importante mèche de cheveux accompagnée d’un billet portant la mention Hair of W Wordsworth Poet. La maison de ventes précise que l’objet était auparavant exposé dans le cabinet de travail de Wordsworth à Rydal Mount. L’estimation s’établissait entre 3000 et 5000 £.
L’intérêt du lot tient à son étrangeté autant qu’à sa provenance. Né à Cockermouth en 1770, mort en 1850, William Wordsworth compte parmi les grandes figures du romantisme anglais. Avec Samuel Taylor Coleridge, il publia en 1798 les Lyrical Ballads, recueil fondateur du mouvement, avant de faire des paysages, des habitants et des usages du Lake District l’un des grands territoires de sa poésie. Nommé Poet Laureate en 1843, il vécut à Rydal Mount de 1813 jusqu’à sa mort.
Dans l’imaginaire littéraire britannique, les maisons d’auteurs forment des lieux de mémoire autant que des espaces de visite. La mèche-presse-papiers appartient à cette zone trouble où l’objet intime devient souvenir, puis patrimoine, puis marchandise.
La vente ne se limitait pas à cette relique, car y furent dispersés plusieurs objets associés à la maison – avec ce clin d'oeil : les lots passaient sous le marteau dans la ville natale de Wordsworth, à la demande de la famille. Les résultats ne sont pour l'heure pas encore annoncés.
Le catalogue cite, parmi les pièces proches, une table portant une plaque au nom du poète, des gravures offertes après sa nomination comme Poet Laureate, une armoire désignée comme celle de William et Mary Wordsworth, ainsi qu’un support de tapisserie attribué par tradition familiale à Dorothy Wordsworth. Ces indications relèvent pour certaines de la mémoire familiale, ce qui appelle une lecture attentive des notices.
L’avenir de Rydal Mount se trouve par ailleurs séparé de cette dispersion d’objets. Le Wordsworth Trust a annoncé en mars avoir sécurisé l’avenir de la demeure, avec le soutien de fondations privées. La vente Mitchells éclaire donc un autre versant du patrimoine littéraire : celui des objets mobiles, meubles, souvenirs et reliques qui quittent parfois les lieux d’écriture pour rejoindre le marché des collectionneurs.
Par Cécile Mazin
Contact : cm@actualitte.com
1 Commentaire
Anjo
24/06/2026 à 11:08
Amulette, porte-bonheur, ou plus sûrement fétIchisme ?