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Accompagner la lecture est une affaire collective” (Association des Bibliothécaires de France)

L'Association des Bibliothécaires de France a ouvert, ce mercredi 17 juin, son 71e congrès à Rennes, au sein du Couvent des Jacobins. L'organisation a choisi un thème fédérateur, l'hospitalité, qui rappelle que les établissements de lecture publique incarnent le premier équipement culturel de proximité, par ailleurs libre d'accès. Un statut qui n'empêche ni les remises en cause ni les réflexions... Le bureau national de l'ABF a abordé, pour ActuaLitté, une variété de sujets à l'occasion d'un entretien.

Le 18/06/2026 à 13:11 par Antoine Oury

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18/06/2026 à 13:11

Antoine Oury

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ActuaLitté

ActuaLitté : À l’heure de la polarisation de la société, assiste-t-on à une hausse des incivilités dans les établissements de prêt, ou est-ce surtout le fait de quelques établissements? Comment lutter, néanmoins, contre ce phénomène et assurer la protection des agents?

Le bureau national de l’ABF : Nous ne sommes pas en mesure de prétendre à une exhaustivité de la remontée des incivilités auprès de l’association et d’en assurer le chiffrage, il est donc difficile de dire si c’est en augmentation ou non. Il est néanmoins important de rappeler que la préservation des budgets et des effectifs permet d’assurer un accueil et des services de qualité. 

Les bibliothèques/médiathèques ont toujours fait face à des tentatives de censure, mais celles-ci tendent à devenir plus politiques. Quelle est la situation sur l’année passée, d’après les observations de l’ABF et les signalements qui lui sont faits?

ABF : La censure n’est pas que politique, elle peut également venir de pressions de la société civile, le nombre de cas remontés auprès de l’Association n’est pas révélateur, car les collègues peuvent hésiter à rendre publiques des situations complexes. Il faut également avoir à l’esprit que la censure ne concerne pas que les collections, mais peut aussi s’exercer sur la programmation. 

Observe-t-on, comme cela était parfois craint, une transposition de la situation américaine en France, où un ou des partis politiques inciteraient des militants à faire pression sur les bibliothèques et leurs catalogues afin d’obtenir le retrait d’ouvrages? Si oui, quels sont les types d’ouvrages ou les auteurices concernées?

ABF : Les pressions peuvent venir de différents groupes de pression, politiques ou non, et concerner ainsi différents types de publication : jeunesse, documentaire, presse... Au regard des situations dont nous avons connaissance, les collections ciblées peuvent être très diverses. 

Quelles mesures semblent indispensables à l’ABF pour renforcer la protection des bibliothèques face à ces tentatives de censure?

ABF : Le cadre légal existe, via la loi relative à la liberté de la création, à l’architecture et au patrimoine et il existe un délit d’entrave à la création et à la diffusion de la création. Le guide supervisé par Juliette Mant, largement diffusé depuis juillet 2025, comporte par ailleurs une fiche sur les bibliothèques. 

Libertés de création et de programmation sont par ailleurs régulièrement remises en cause, notamment dans le spectacle vivant. Ce phénomène s’observe-t-il également en bibliothèque?

ABF : Cette question préoccupe la profession, à juste titre. Pour l’instant, dans les bibliothèques, nous restons plutôt préservés, notamment par rapport au spectacle vivant. Nous nous efforçons cependant d’outiller les collègues, dans un contexte de polarisation de la société. Ces outils s’enrichiront prochainement, notamment la trousse de secours, et nous allons renforcer la communication, par des démarches proactives en régions, par exemple.

La force de l’ABF reste son maillage territorial et les collègues à l’échelon des groupes régionaux vont être aussi outillés, formés, sensibilisés pour qu’ils puissent à leur tour couvrir l’ensemble des territoires, via des réunions de proximité. Cela permettra de se rapprocher de collègues qui, parfois, peuvent se sentir éloignés d’un congrès comme celui-ci.

Hélène Brochard, présidente de l'Association des Bibliothécaires de France, à la tribune, aux côtés d'Eleonora Le Bohec Lettieri, présidente du comité régional Bretagne de l'ABF, le mercredi 17 juin à Rennes (ActuaLitté, CC BY SA 4.0)
Hélène Brochard, présidente de l'Association des Bibliothécaires de France, à la tribune, aux côtés d'Eleonora Le Bohec Lettieri, présidente du comité régional Bretagne de l'ABF, le mercredi 17 juin à Rennes (ActuaLitté, CC BY SA 4.0)

L’ABF ne laissera pas les collègues tout seuls face à des situations qui peuvent parfois être complexes. Cette idée de solidarité est importante et avait motivé l’invitation des bibliothécaires américains l’année dernière, afin qu’ils aient conscience de la solidarité des collègues français.

L’ABF fête ses 120 ans en 2026, et elle bénéficie aussi d’une certaine expertise sur ces sujets, d’un historique, car ils reviennent régulièrement dans le débat public.

Quelques années après leur entrée en vigueur, les dispositions de la Loi Robert portant sur le dialogue avec les élus ont-elles porté leurs fruits?

ABF : Cette loi est encore loin d’être connue par tous les élus. Ce que nous portons plutôt auprès des collègues, c’est d’aller vers les élus, avec cette loi comme base de discussion : nous sommes encore, aujourd’hui, dans un moment où il faut faire connaître ces dispositions.

L’infographie sur ce sujet, proposée par l’ABF, a bien fonctionné auprès des bibliothécaires, mais aussi de certains élus : il faut porter à la connaissance de tous et toutes, d’une manière attractive, dans le dialogue et les actions.

Les bibliothécaires doivent aussi s’approprier ces dispositions de la loi, en construisant des bilans, des rapports d’activité et des projets de service, à soumettre à leurs élus pour qu’ils entrent dans ce dialogue. Ce n’est pas toujours évident, selon les effectifs ou les compétences, mais on peut parfois estimer que les choses sont acquises, sans travailler le portage politique des actions. Nourrir ce dialogue permet aussi aux élus de prendre conscience de tout le travail fourni, avec les partenaires et les publics.

La loi nous incite à proposer et faire voter les politiques partenariales, à construire des schémas intercommunaux ou départementaux. Des progrès sont encore possibles vis-à-vis de ces habitudes, afin de rendre compte des activités annuellement, de faire des bilans et des évaluations pluriannuelles.

L’obligation de rédiger des projets de service et des chartes d’acquisition a-t-elle été bien vécue dans les petits établissements, aux équipes souvent réduites?

ABF : Les petits établissements se sont surtout rendu compte qu’il était nécessaire d’agir, et sont donc venus chercher des conseils auprès des bibliothèques départementales. Il faut certes prendre le temps de se charger de ces éléments en plus du reste, ce qui n’est pas évident dans le cas de toutes petites équipes, mais les bibliothèques départementales peuvent intervenir pour accompagner cette démarche. Nous avons d’ailleurs noté une hausse des sollicitations en ce sens, au sujet de la rédaction d’un projet scientifique, culturel, éducatif et social [PCSES] ou d’une charte documentaire.

Même avant l’entrée en vigueur de la loi Robert, l’ABF portait un discours incitant à la formalisation de certains points. Selon les territoires, cela a pu bousculer un peu, car nous sommes une profession qui n’avait pas l’habitude de formaliser, notamment les acquisitions.

Cette formalisation permet aussi, par ailleurs, de remettre le sujet en relation avec les élus et dans les petites communes encore plus qu’ailleurs, où les missions sont menées avec beaucoup d’énergie, mais sans forcément se rappeler à l’autorité politique. Cela remet du dialogue sur ce qu’est la bibliothèque.

Nous constatons une certaine surprise de la part des élus ou de responsables dans les collectivités, si l’on communique mal sur nos activités ou sur les données chiffrées liées. Quand ils les découvrent, ils se rendent compte du spectre très large des relations avec les partenaires, des fréquentations et des prêts de documents. Les bibliothèques rencontrent leur public, suscitent une adhésion, mais restent encore trop discrètes.

À LIRE - Grandes ou petites bibliothèques, “ce qui nous lie, c'est l'accueil

Dans certains territoires avec des problématiques politiques plus complexes, il peut être plus délicat de rédiger et de faire signer une charte documentaire en cette période d’élections successives, mais ce n’est pas ce qui ressort le plus actuellement.

Les finances publiques subissent actuellement des vagues de restrictions budgétaires, qui touchent notamment le secteur de la culture. Dans ce contexte, comment résistent les budgets culturels des collectivités et les budgets d’acquisition des bibliothèques/médiathèques?

ABF : L’ABF est inquiète, en effet. Nous constatons que plusieurs collectivités, sans cibler forcément la lecture publique ou les bibliothèques, réclament de faire des efforts sur les moyens de fonctionnement, qu’il s’agisse des budgets d’acquisition ou des postes, sur les recrutements. Un discours se fait entendre, selon lequel il faudrait « faire mieux avec moins », mais l’équation est difficile à réaliser.

Au niveau national, l’état des finances publiques est plutôt dans le rouge, ce qui se ressent sur les montants des dotations. Concernant les départements, plusieurs sont en difficulté, ce qui peut mener à des situations délicates. Dans les communes, tout dépend du volontarisme politique, car certaines prennent soin de conserver les budgets, ayant bien compris l’intérêt d’une bibliothèque, de son ouverture à des publics très larges, en tant que premier service culturel de proximité en France.

Illustration diffusée par le ministère de la Culture pour l'opération “Biblis en folie” (ActuaLitté, CC BY SA 4.0)
Illustration diffusée par le ministère de la Culture pour l'opération “Biblis en folie” (ActuaLitté, CC BY SA 4.0)

Il faut désormais attendre les remontées nationales des rapports du Service du Livre et de la Lecture, au ministère de la Culture, pour obtenir un bilan plus précis et l’enquête nationale 2025 n’est pas encore close.

La situation des collègues en bibliothèques universitaires est aussi très préoccupante, avec d’importantes baisses du côté du ministère de l’Enseignement supérieur, notamment sur les budgets d’acquisition. Cette année, cette tendance à la restriction budgétaire a été largement ressentie du côté des BU, quand elle a été plus disparate, avec des variations d’un territoire à l’autre, dans les bibliothèques publiques.

Rappelons qu’un budget d’acquisition, dans une bibliothèque universitaire ou une bibliothèque municipale, représente des sommes conséquentes qui vont vers des librairies et financent des emplois, avec un impact important, quant on connaît la précarité de nombreux acteurs de l’écosystème du livre, qu’il s’agisse des auteurs, des petits et moyens éditeurs ou des libraires. La bibliothèque a quand même une responsabilité dans sa capacité à commander : 14 % du chiffre d’affaires en librairie provient de la commande publique, ce qui représente un impact conséquent sur cette économie. Dans certains territoires ruraux, le marché public de la librairie de proximité peut représenter l’équivalent d’un équivalent temps plein dans ce commerce, soit un emploi local.

Par ailleurs, les bibliothèques sont des lieux qui garantissent et entretiennent la bibliodiversité puisque nous achetons des titres plus variés que la moyenne des clients de ces points de vente.

Le soutien de l’État aux bibliothèques, notamment pour les projets de construction ou d’extension des horaires d’ouverture, est-il menacé? Quelle est la position de l’ABF sur l’austérité appliquée à la culture, au livre et à la lecture?

ABF : La filière livre et lecture dans son ensemble est effectivement particulièrement touchée par les coupes budgétaires. C’est toute la chaîne des acteurs du livre qui est fragilisée, dans un contexte de concentration des médias cela soulève évidemment la question de la bibliodiversité, sur laquelle l’ABF s’est engagée aux côtés des autres acteurs de la filière. 

À ce stade, les aides du Centre national du livre semblent préservées, mais l’avenir est inquiétant. La préservation de la Dotation générale de décentralisation (DGD), qui nous permet d’assurer des plans de rénovation, d’élargir les horaires, de renouveler le mobilier ou l’équipement informatique, est un point très important pour les bibliothèques.

Des taux DGD ont baissé dans certains territoires, cette année, puisque les enveloppes sont régionalisées. En Auvergne-Rhône-Alpes, la Drac a ainsi baissé tous ses taux de 10 % et il ne s’agit sans doute pas du seul territoire concerné.

Nous sommes dans un moment de restriction budgétaire, et ces ajustements ne relèvent pas forcément d’un souhait de ne plus accompagner la culture. Mécaniquement, la baisse des finances publiques se répercute. Le risque que nous prenons, cependant, concerne les politiques publiques : l’État soutient les projets des bibliothèques départementales, qui elles-mêmes soutiennent ceux des bibliothèques des communes ou des EPCI. Si la chaîne de solidarité budgétaire va vers le bas, les développements seront moindres, avec des incitations qui ne fonctionneront plus. Aujourd’hui, beaucoup de projets sont engagés en raison d’un élan budgétaire qui vient soutenir la démarche.

Les bibliothèques sont portées par les budgets des communes, des communautés de communes et, si leurs dotations baissent, cela resserrera mécaniquement les capacités budgétaires et les moyens accordés aux bibliothèques, notamment. La motivation et les choix politiques sont donc d’autant plus importants, en période de disette comme celle-ci.

Alors que le point d’indice de la fonction publique peine à suivre l’inflation, quelles sont les revendications quant aux conditions de travail et aux rémunérations des bibliothécaires?

ABF : Il s’agit de questions davantage portées par les syndicats et que nous leur réservons, parce qu’il s’agit vraiment de leur domaine. Ils disposent par ailleurs d’une force de frappe plus importante que la nôtre sur ce terrain, même s’ils peuvent s’appuyer sur notre expertise, si besoin. L’ABF travaille plutôt sur la refonte de l’accès aux concours, du contenu des épreuves, des fameuses dérogations obligatoires et de la refonte des différentes catégories.

Au niveau du statut de la fonction publique des agents, il n’y a par ailleurs pas de spécificité : la revalorisation du point d’indice, par exemple, concerne l’ensemble des agents de la fonction publique.

Cette refonte des catégories ne constitue-t-elle pas une occasion d’obtenir des rémunérations à la hauteur des missions assumées?

ABF : Pour l’instant, le travail n’a pas porté sur ce point. Mais plutôt sur une définition des missions et un alignement de l’ensemble des filières, ce qui n’a pas d’impact sur les rémunérations.

L’intérêt est plutôt de faciliter l’accès à un concours, en débloquant les obstacles administratifs. Les épreuves de concours ont aussi été réactualisées au regard des missions et du métier.

L’attractivité des métiers de la lecture publique ne risque-t-elle pas de pâtir d’une rémunération peu intéressante?

ABF : Il s’agirait, ici aussi, d’interroger l’attractivité de la fonction publique dans son ensemble. Nos métiers sont souvent présentés comme « vocationnels » : même si la rémunération est un sujet, elle n’a pas forcément le plus d’incidence dans notre secteur. Il y a beaucoup d’engagements, ce qui peut jouer.

Au-delà de la question des rémunérations, l’attractivité du métier semble persister. Nous sommes ainsi très sollicités par des professeurs de l’Éducation nationale qui souhaitent se reconvertir, et se tournent vers les bibliothèques. Ici, ce ne sont pas des questions de rémunération qui se posent ni un projet de départ de la fonction publique.

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Il existe évidemment une perte de pouvoir d’achat des fonctionnaires, qui est d’ordre général, avec un retard pris par rapport au marché du travail, au domaine privé. La grande difficulté reste de préserver les moyens humains, qu’il n’y ait pas de suppression de postes. Nous pourrions émettre, à ce titre, une alerte de vigilance. Pour pouvoir garder des horaires d’ouverture et une qualité de service, il faut préserver la ressource humaine dans les bibliothèques.

En quoi consiste la facilitation de l’accès aux concours?

ABF : Aujourd’hui, pour accéder aux concours de catégorie B, assistant de conservation, en externe, il était nécessaire de justifier d’une condition de diplôme absolument obsolète : à défaut d’un DUT Métiers du livre, un baccalauréat avec option Histoire de l’art était exigé. Sans ce prérequis, il fallait constituer un dossier de demande de dérogation et de validation des acquis pour s’inscrire au concours.

Constituer ce dossier était déjà complexe, mais il fallait ensuite obtenir la validation du Centre de gestion, qui s’effectuait par ailleurs d’une manière assez obscure, avec des commissions qui rendaient parfois des arbitrages assez sévères. Chaque année, plusieurs collègues subissaient des refus qu’ils ou elles ne comprenaient pas, au regard de leurs parcours professionnels et scolaires également.

L'arrivée à vélo des bibliothécaires, à Rennes, le 17 juin 2026, dans le cadre de l'opération “Cyclo-biblio” (ActuaLitté, CC BY SA 4.0)
L'arrivée à vélo des bibliothécaires, à Rennes, le 17 juin 2026, dans le cadre de l'opération “Cyclo-biblio” (ActuaLitté, CC BY SA 4.0)

Dans le texte soumis en septembre, il s’agit d’un des points qui est révisé, avec un accès au concours niveau bac, sans qu’aucune option ne soit nécessaire. Ce projet sera présenté au Conseil supérieur de la fonction publique territoriale, et a été mené en proche collaboration avec le ministère de la Culture et les syndicats. Nous avons hâte que ce chantier se concrétise, car il s’agit d’un processus lent

Quel bilan l’ABF dresse-t-elle des deux mandats d’Emmanuel Macron, en matière de politique culturelle? Et pour les bibliothèques, plus spécifiquement?

ABF : Quelques grandes actions sont à saluer à commencer par la Loi Robert, le plan ruralité, et le plan Bibliothèques... L’État vient aider et soutenir, mais la politique est majoritairement portée par les collectivités territoriales tant sur un plan financier que sur les orientations. 

Les chiffres d’inscription et de fréquentation des bibliothèques sont en croissance. Comment l’ABF analyse-t-elle ces bons résultats? Comment les lire parallèlement à la «crise de la lecture» que traversent la France et d’autres pays occidentaux?

ABF : Nous sommes réservés sur ce discours de « crise de la lecture » que nous ne constatons pas forcément dans nos structures. Accompagner la lecture est une affaire collective entre différents acteurs, éducation nationale, éducation populaire, bibliothèques, etc. Nous regrettons l’absence de moyens de l’éducation nationale en matière de lecture et le manque de formation des animateurs jeunesse et sport par exemple. 

En 2022, vous évoquiez dans nos colonnes la nécessité de construire plus de bibliothèques et médiathèques. Quel bilan pouvez-vous tirer de cette demande, 4 ans plus tard?

ABF : L’Atlas des bibliothèques comptait 15.500 bibliothèques en 2022, on reste sur un chiffre à peu près stable 4 ans plus tard, néanmoins les services se sont améliorés en termes d’offre, de collections, de surfaces parfois. C’est un chiffre global difficile à quantifier tant le format de ces « lieux de lecture » peut varier entre un point de lecture et une médiathèque de plusieurs milliers de mètres carrés. 

L’élection présidentielle se profile : l’ABF discutera-t-elle avec tous les partis?

ABF : À cette étape du calendrier, l’ABF est ouverte à toutes les sollicitations de partis qui sont en construction de programme. Nous avons d’ailleurs déjà été approchés par les Écologistes. Nous répondons à tous, et avec plaisir, pour inscrire les bibliothèques dans les programmes présidentiels. Vers l’automne, comme pour les précédentes élections présidentielles, nous entamerons une démarche de sollicitation ou d’attention des différents candidats déclarés sur les questions liées aux bibliothèques, au livre et à la lecture.

Toutes les occasions sont bonnes pour défendre le métier, sa déontologie et ses valeurs, pour rappeler la liberté d’accès, que nous sommes en faveur de la gratuité, ce sont des éléments qui nous sont chers. Si des partis souhaitent discuter avec nous, nous sommes prêts à rappeler ces fondamentaux.

Y compris auprès de l’extrême droite?

ABF : Oui, avec les préalables que nous avons cités : le pluralisme, être contre la censure, pour la liberté de programmation… Nous avons des valeurs fortes, que l’ABF porte et nous ne les abandonnerons pas. La discussion avec tous les partis, si nous sommes sollicités, il n’y a pas de raison de ne pas la faire, c’est même important. Nous sommes une association de débat : dans un pays démocratique, nous pouvons être opposés sur des points de vue ou des choix politiques, et il est nécessaire d’en débattre.

C’est aussi une manière de poser ce que l’on défendra une fois que les gens seront élus, de signaler les points sur lesquels il est nécessaire d’être vigilants.

Notre association milite et défend un métier, des équipements, un service public qui sont liés à la lecture publique, ainsi qu’un lieu de culture, mais nous ne pouvons pas entrer dans un jeu politique, ce n’est pas le rôle de l’ABF. Nous sommes là pour défendre les bibliothèques, quelles que soient les conditions. De la même manière, nous menons cette mission auprès de pays en grande difficulté ou qui subissent les affres de la guerre : si l’ABF peut soutenir la permanence des bibliothèques sur ce terrain-là, nous le faisons.

Rappelons-le, l’ABF n’est pas un syndicat. Par ailleurs, nous ne nous attendons pas à ce que les candidats à l’élection présidentielle inscrivent les bibliothèques à leur agenda et nous sollicitent. Même quand nous allons les chercher en posant des questions, nous n’avons jamais obtenu les réponses de l’ensemble des candidats.

Le secteur de l’édition est de plus en plus confronté aux effets de la concentration et de la financiarisation. Dans quelle mesure les bibliothèques et médiathèques défendent-elles la bibliodiversité? Doivent-elles s’engager plus avant encore sur ce sujet?

Les bibliothèques sont les lieux où il y a le plus de bibliodiversité, confirmé par les études de la Sofia sur la représentation des petits et moyens éditeurs indépendants dans les fonds des bibliothèques, supérieure à l’achat tout public en librairie. 

Ce point est par ailleurs inscrit dans la Loi Robert, et la commission Poldoc de l’ABF travaille en partenariat avec la Fédération des éditions indépendantes, la Fédération interrégionale du livre et de la lecture, le Syndicat de la Librairie française et la Sofia pour proposer un kit d’accompagnement auprès des collègues pour les accompagner dans cette vigilance. Rappelons que la bibliodiversité du livre ne peut se faire que s’il y a une bibliodiversité des acteurs.

Quelle est la position de l’ABF sur le projet de taxe sur lequel planche le Centre national du livre (CNL), et qui viendrait financer des actions pour le livre et la lecture?

ABF : En tant qu’émettrice de commande d’ouvrages, il est important pour la bibliothèque qu’une variété d’acteurs puissent y répondre, et pas que des grosses plateformes. Néanmoins, il est difficile pour l’ABF de se positionner quant à la pertinence de cet outil de régulation.

Nous préférons avoir une position concertée avec nos collègues du Syndicat de la Librairie française ou du Syndicat national de l’édition. À ce stade, l’Association des Bibliothécaires de France n’a pas été associée au projet.

À LIRE - La droite sénatoriale veut supprimer le Centre national du livre dès 2027

Le CNL accorde une aide spécifique à l’accueil des publics éloignés, volontairement élargie aux actions à destination de la jeunesse, avec une commission dédiée, et les associations professionnelles font partie du conseil d’administration du centre. Sur ce sujet précis, les bibliothèques n’ont pas été intégrées dans la réflexion, pour l’instant.

L’intelligence artificielle est devenue un sujet récurrent dans le domaine de la culture. Comment cette technologie peut-elle améliorer les conditions de travail des bibliothécaires? Ses usages dans les établissements sont-ils encadrés? Les bibliothécaires, en tant qu’agents publics, sont-ils protégés de toute atteinte à leurs droits par un usage imposé de l’IA ou par les technologies d’IA elles-mêmes?

ABF : Les collectivités restent très prudentes sur le sujet et certaines mettent en place des schémas directeurs qui prennent en compte les enjeux éthiques et liés au règlement général sur la protection des données (RGPD). On est davantage dans la préoccupation sur la sécurisation des données. 

Au niveau du métier, nous n’en sommes qu’au début, l’IA peut venir en soutien à des tâches internes (traitement automatisé), les éditeurs de logiciels y travaillent, mais il n’y a pas d’évolution majeure encore à ce stade. 

Les bibliothèques assument aujourd’hui un travail d’éducation aux médias et de lutte contre la désinformation. Cette mission s’est-elle élargie aux technologies d’IA? La formation des bibliothécaires a-t-elle évolué pour couvrir celles-ci?

ABF : Les formations à destination des collègues se sont bien développées ces derniers temps. Effectivement, les bibliothèques sont actuellement un acteur incontournable de l’EMI et ce nouvel outil est à prendre en compte, même si l’IA n’est pas le seul vecteur de désinformation. 

Le ministère de la Culture a annoncé la mise en place d’une conditionnalité des aides accordées dans le cadre du concours particulier de la DGD au respect des obligations en matière d’affichage de l’état d’accessibilité des portails numériques des établissements. Est-ce une bonne chose?

ABF : C’est une question portée par la Commission Accessibilité de l’ABF depuis longtemps, et en particulier par Hélène Kudzia, avec le service du Livre et de la Lecture du ministère. Cette question ne dépend pas uniquement des bibliothécaires, mais aussi des éditeurs de logiciel, puis des services informatiques des collectivités, voire des questions budgétaires s’il est nécessaire de faire évoluer les portails numériques. Ces enjeux ne sont pas toujours compris par les collectivités non plus, même si cette vigilance s’est améliorée.

Comme le notait Jérôme Belmon [chef du département des bibliothèques au ministère de la Culture, NdR], les questions d’accessibilité ont pris leur place à partir du moment où des obligations ont été installées. Si nous en arrivons à cette décision aujourd’hui, c’est aussi parce que la situation est connue depuis une dizaine d’années, mais n’évolue pas pour autant.

Finalement, cette mesure du ministère de la Culture s’apparente aussi à une forme d’aide pour nous, pour convaincre nos collectivités. Ces politiques d’inclusion, en effet, se heurtent sans cesse à un plafond de verre. L’ABF pense qu’il s’agit d’une mesure nécessaire et qui n’aura pas un impact négatif sur des établissements moins bien dotés, puisqu’il s’agit juste d’une mention à afficher. Cette dernière a tout de même du poids, puisque la collectivité reconnaît une carence en la matière : dans une démarche de « faire mieux », cela peut constituer un moteur de mobilisation des collectivités. C’est une première étape pour aller plus loin.

Ne serait-il pas nécessaire de mieux soutenir, financièrement, les efforts d’accessibilité des établissements?

ABF : L’État soutient déjà cette démarche, via le programme national Bibliothèques numériques de référence (BNR) et même sans. La question est moins sur les financements que dans les temps de projets et comment ceux-ci sont travaillés, dans les cahiers des charges lors de la refonte des sites des collectivités. Ce n’est pas un réflexe, encore, dans notre pays, ce qui justifie des conditionnalités comme celle-ci.

Ajoutons toutefois que la DGD elle-même ne concerne pas toutes les bibliothèques, mais seulement celles qui, déjà, font plus de 100 m2. De fait, toute une partie des bibliothèques n’est déjà pas éligible à la DGD.

Où en sont les adhésions à l’ABF, et comment se porte la trésorerie de l’association?

ABF : Des choix forts ont été faits lors de la précédente assemblée générale, avec la révision des tarifs, afin de favoriser les adhésions et devenir une organisation plus inclusive, sortir de la perspective d’une association de cadres pour aller vers une association de tous les bibliothécaires. Globalement, cette révision a fonctionné, avec des tarifs revus à la baisse. Cela a eu un impact sur nos ressources, mais c’était un choix volontaire et assumé.

Aujourd’hui, les enjeux sont de trouver de nouvelles ressources. L’ABF s’appuie sur d’autres sources de financement, qui sont au cœur de nos missions, comme la formation d’auxiliaire de bibliothèque, pour être au plus près de nos collègues sur les territoires. Celle-ci concerne des personnes en reconversion, des personnes qui veulent passer le cap et se professionnaliser, des collègues qui ressentent le besoin de légitimer leurs compétences… Le congrès lui-même est une source de revenus importante.

Nous poursuivons ce travail autour du développement des recettes pour sécuriser l’association et maintenir son activité, rester performants et actifs auprès de la profession. Une réflexion est ainsi en cours du côté du mécénat, en nous fondant sur des critères extrêmement précis, pour que l’association reste fidèle aux valeurs qui sont les siennes : des partenariats avec des associations qui partagent nos valeurs et veulent nous accompagner, par exemple. Le tout sans renoncer à l’essentiel de nos activités : les adhérents (12 % de nos recettes), le congrès et la formation, qui représentent chacun 25 % de nos recettes.

Le nombre d’adhérents, individus et collectivités a augmenté pour passer la barre, fin 2025, à plus de 2000 adhérents — sachant que l’adhésion est devenue glissante sur une année, ce qui complique le décompte. Nous visons, pour la fin du mandat [2028], les 5000 adhésions. Il faut le rappeler : toute adhésion nous renforce, garantit notre indépendance, nous encourage à continuer nos actions, soutient les collègues : l’adhésion est essentielle.

NdR : Certaines réponses ci-dessus ont été reçues par mail, d’autres ont été collectées lors d’un entretien mené avec Hélène Brochard, présidente de l’ABF, Jean-Rémi François, vice-président de l’ABF, Julia Morineau-Eboli, secrétaire adjointe, et Julien Vidal, trésorier. Ils et elles ont souhaité répondre d’une même voix, pour le bureau national de l’ABF.

Les questions ont été posées en collaboration avec Hélène Girard, de La Gazette des Communes

Photographie : Détail de l'affiche du congrès 2026 de l'ABF, signée par Fabien Toulmé (ActuaLitté, CC BY SA 4.0)

 
 
 
 

DOSSIER - À Rennes, les bibliothécaires se retrouvent autour de l'hospitalité

Par Antoine Oury
Contact : ao@actualitte.com

1 Commentaire

 

diplo

20/06/2026 à 19:35

"Le bureau national de l’ABF : Nous ne sommes pas en mesure de prétendre à une exhaustivité de la remontée des incivilités auprès de l’association et d’en assurer le chiffrage, il est donc difficile de dire si c’est en augmentation ou non. Il est néanmoins important de rappeler que la préservation des budgets et des effectifs permet d’assurer un accueil et des services de qualité. "


Modèle de langue de bois très dur non ???

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La facture électronique ne changera pas seulement le format des documents comptables. Pour les maisons d’édition indépendantes, elle pose une question plus concrète : où circuleront, demain, les factures, les données clients, les informations fournisseurs, les statuts de paiement et les écritures qui, jusqu’ici, passaient souvent par un outil de gestion, un PDF, un mail et un cabinet comptable ?

09/07/2026, 10:26

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Avec l'iridologie, Coralie Imhoff entend ”porter un autre regard sur votre regard”

Coralie Imhoff a publié aux éditions Quintessence L’iridologie psycho-émotionnelle - Explorer le lien entre terrain, émotions et inconscient à travers l’iris. Elle y présente une lecture de l’iris qui ne se limite pas au terrain physiologique, mais prend aussi en compte les émotions, l’inconscient et certains éléments transgénérationnels. L’ouvrage s’adresse aux thérapeutes comme au grand public, avec une cartographie et des signes observables sans matériel spécifique.

07/07/2026, 11:54

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À Kinshasa, La Maison du Savoir réinvente la librairie francophone

À Kinshasa, La Maison du Savoir s’est imposée en quelques années comme l’un des acteurs majeurs du livre. Fondée par Raïssa Hakim, pharmacienne de formation devenue libraire par conviction, l’enseigne compte aujourd’hui trois points de vente et poursuit son développement avec l’ouverture prochaine d’une quatrième librairie. Loin des réseaux habituels, Raïssa Hakim avance vite et bien dans l’une des plus grandes villes d’Afrique, en portant une image moderne, vivante et ambitieuse de la librairie francophone. Propos recueillis par Agnès Debiage (ADCF Africa).

03/07/2026, 16:39

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Roxane Blondel, un yoga à hauteur de soi : "Le yoga doit pouvoir s’adapter à chacun"

Avec Le Yoga qui vous ressemble – Des pratiques simples et accessibles pour chaque moment de votre journée, publié aux éditions Grancher, Roxane Blondel défend une pratique souple, concrète et inclusive. Professeure de yoga, créatrice d’outils pédagogiques et ancienne pâtissière, elle propose un ouvrage à consulter selon ses besoins, pour faire du mouvement un véritable soutien au quotidien.

25/06/2026, 16:19

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IA et littérature : Hervé Le Tellier et Abel Quentin face à la grande dépossession

Face à l’intelligence artificielle générative, Hervé Le Tellier et Abel Quentin ne parlent pas seulement de littérature. L’un, venu des mathématiques et de l’Oulipo, interroge la disparition possible du geste d’écrire, le choc professionnel, psychologique et démocratique que provoquent les machines. L’autre cherche des lieux où préserver l’intelligence humaine, la lenteur, la joie et la confiance. 

20/06/2026, 11:22

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“La cage n’est pas simplement un ensemble de barreaux de fer”

Dans Naissances au zoo, Ashraf Al Ashmawi fait du zoo une métaphore de la condition humaine. Ancien juge, il explore justice, pouvoir et fragilité des êtres, sans réduire ses personnages à des archétypes. Lauréat du Sheikh Zayed Book Award 2026 dans la catégorie « Littérature » pour Naissances au zoo, il répond aux questions d’ActuaLitté.

19/06/2026, 11:05

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“Des chemins de traverse” pour “donner de la joie” : le pari des éditions Poids Plume

Depuis le début de juin, les éditions Poids Plume ont confié leur diffusion et leur distribution à DG Diffusion. Fondée en 2022 à Morlanne, dans les Pyrénées-Atlantiques, par Gaëlle Perret, la maison indépendante entend renforcer sa présence en librairie. Stockage, suivi des ventes et logistique constituent les principaux leviers de ce passage à une diffusion nationale, sans dissocier développement commercial, illustration et transmission.

18/06/2026, 12:42

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Affaire Samuel Paty : “J'étais susceptible de reconnaître mes étudiants dans tous les jeunes accusés“

Dans Notes d’une enseignante sur le procès de l’assassinat de Samuel Paty publié aux éditions Maurice Nadeau, Eloïse Lièvre propose une approche incarnée et réflexive du procès des huit personnes accusées d’être impliquées dans l’assassinat de Samuel Paty qui s’est tenu à l’hiver 2024. Un livre qui mêle récit personnel, journal du procès, analyse intellectuelle et réflexion morale. Par Olivier Stroh.

17/06/2026, 18:24

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“Sans surmonter ces griefs historiques, aucun dialogue significatif ne peut s’épanouir”

Dans son essai, Zuhair Tawfiq explore la manière dont les stéréotypes se construisent entre Orient et Occident. À travers cette réflexion, il questionne le rôle de l’écrivain dans la déconstruction des idées reçues et des représentations de l’Autre. Lauréat du Sheikh Zayed Book Award 2026 dans la catégorie « Critique littéraire et artistique » pour Perceiving the World: Mutual Stereotypes Between the Self and the Other, il répond aux questions d’ActuaLitté.

16/06/2026, 10:53

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“Traduire un texte vieux de plusieurs siècles est un véritable défi”

L’œuvre de Nawal Nasrallah navigue sur de multiples aspects : le patrimoine culinaire d’Al-Andalus et du Maghreb, l’histoire matérielle, la traduction savante et les circulations méditerranéennes constituent autant d’atouts. Elle travaille sur l’histoire et la culture de la cuisine arabe à travers les siècles, avec un intérêt particulier pour les textes culinaires médiévaux. Lauréate du Sheikh Zayed Book Award 2026 catégorie Traduction, elle répond à ActuaLitté.

13/06/2026, 07:00

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“La librairie a besoin d'une aide urgente et massive” (Syndicat de la Librairie française)

Un certain sentiment d'urgence dominait les Rencontres nationales de la librairie, à Rennes, ces 7 et 8 juin. La situation économique des commerces indépendants est en effet préoccupante, d'autant plus que les perspectives ne sont pas engageantes et que l'action publique manque de moyens... Alexandra Charroin-Spangenberg, cogérante de la Librairie de Paris (Saint-Étienne) et présidente du Syndicat de la Librairie française, et Guillaume Husson, délégué général de l'organisation, reviennent pour ActuaLitté sur les sujets du moment.

10/06/2026, 14:53

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“La poésie arabe exprime des expériences humaines universelles”

Traducteur d’Adonis, Mahmoud Darwich et Ibn Arabi, Stefan Weidner fait dialoguer depuis Cologne les cultures arabe et européenne. Lauréat 2026 du Sheikh Zayed Book Award pour Der arabische Diwan, anthologie de poésie préislamique ouverte à des voix féminines rarement traduites, il revient sur son œuvre, sa lecture de la poésie arabe et les enjeux du dialogue entre les cultures. Dans cette interview, il répond à ActuaLitté.

10/06/2026, 10:48

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Affaire Grasset : Laure Darcos et Sylvie Robert avancent une “clause de confiance”

Elles forment un tandem sénatorial très actif sur les questions culturelles, et plus particulièrement les sujets relatifs au livre. Laure Darcos, sénatrice de l'Essonne (Les Indépendants - République et Territoires) et Sylvie Robert, sénatrice d'Ille-et-Vilaine (Socialiste, Écologiste et Républicain) et vice-présidente du Sénat, évoquent leur proposition de loi sur le contrat d'édition, la lutte contre la concentration du secteur, et dressent aussi un premier bilan du sort réservé à la culture sous les mandats d'Emmanuel Macron.

09/06/2026, 16:20

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“Rimbaud nous demande justement de repenser ce qu’est la modernité”

Avec son Découvrir Rimbaud aux Éditions sociales, Alix Stéphan relit le poète à travers l’histoire, la révolution et les lignes politiques de son œuvre. De l’opacité des textes aux héritages décoloniaux, du refus du travail aux rapports de domination, elle défend une lecture située de Rimbaud, attentive au contexte sans épuiser le mystère des poèmes. Propos recueillis par Vivian Petit.

09/06/2026, 12:28

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La Goutte créative : une maison indépendante mise sur le livre vivant

Fondée par Charlotte Cruz et Chilly Charly, La Goutte Créative rejoint le réseau de diffusion et de distribution de DG Diffusion. La jeune maison indépendante défend un catalogue à la croisée des sagesses du monde, de l’imaginaire, de la transmission et du développement personnel. Charlotte Cruz y voit surtout un moyen d’élargir la portée d’un projet éditorial fondé sur l’éthique, l’écologie et le lien direct avec les lecteurs.

08/06/2026, 17:01

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Richard Sebag et Patrick Aurignac, anciens du grand banditisme, se racontent

Deux anciens détenus témoignent qu’une autre vie reste possible, même après les foyers, les braquages, les centrales, les années de prison et les retours presque impossibles. Au festival Passeurs de Livres, à Alès, Richard Sebag et Patrick Aurignac présentent chacun un récit autobiographique : Quelques lumières sur le chemin pour le premier, Mes chemins de travers pour le second, tous deux publiés par la maison nîmoise Nombre7. Ils parlent sans fard de leurs parcours, de leurs erreurs, de la violence, mais aussi des mains tendues qui ont permis la sortie.

06/06/2026, 13:00

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Pompier volontaire, autrice, éditrice : l’incroyable trajectoire de Fanny Destenay

Il y a des parcours qui avancent par bifurcations successives, mais toujours dans la même direction. Chez Fanny Destenay, l’énergie frappe d’abord : ancienne professionnelle de l’hôtellerie, passée, entre autres, par les pompiers volontaires, puis par la politique, l’écriture, les réseaux sociaux, les livres jeunesse et désormais l’édition, elle donne l’impression de transformer chaque expérience en terrain d’action.

05/06/2026, 15:10

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“Les Grecs et les Romains nous apprennent l’esprit critique”

Marraine de la 5e édition de Passeurs de Livres, à Alès, Laure de Chantal y revient avec un attachement particulier. Normalienne, agrégée de lettres classiques, directrice de plusieurs collections aux Belles Lettres, autrice de nombreux ouvrages sur l’Antiquité, la mythologie et la langue française, elle voit dans ce festival un lieu où se rejoignent deux fidélités : les livres et les Cévennes.

04/06/2026, 18:11

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Passeurs de Livres : le pari des sciences humaines au cœur des Cévennes

Jeudi 4 juin au matin, avenue Carnot, le festival n’a pas encore ouvert officiellement au public. Les stands achèvent de se monter, certains exposants prennent leurs marques, l’équipe règle les derniers détails techniques - jusqu’à ce compteur de visiteurs qu’il faut encore retrouver pour suivre au plus juste la fréquentation du salon. Malgré l’effervescence des derniers préparatifs, Franck Belloir, directeur du festival Passeurs de Livres, a pris le temps de nous répondre.

04/06/2026, 16:30

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Darwin et les bas-bleus : entretien avec Françoise Lavocat

Paru en mai 2026 aux éditions Station Zapata, Darwin et les bas-bleus, de Françoise Lavocat, nous plonge dans le monde politique et littéraire de la première moitié du XIXe siècle.

02/06/2026, 15:44

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“Je ne regrette aucun message” : Tommaso Debenedetti, 15 ans à inventer la mort d'écrivains

Il affirme être Tommaso Debenedetti, faussaire médiatique passé des fausses interviews littéraires aux fausses annonces de décès d’écrivains. Dans cet entretien (réalisé par email), où l’identité même de l’interlocuteur impose une prudente réserve, il revendique ses canulars comme une enquête permanente sur la crédulité des médias, l’autorité des institutions et la puissance émotionnelle de la mort à l’ère des réseaux sociaux.

02/06/2026, 10:39

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Gilles Francescano veut “offrir au monde de l’imaginaire le plus beau des festivals”

Directeur artistique des Imaginales depuis quatre ans, et acteur de l'événement depuis toujours, Gilles Francescano dresse un premier bilan de cette édition consacrée au thème « Alter ego ». Entre affluence, chaleur exceptionnelle, place de l’autre, relation gémellaire, accessibilité et avenir du festival, il défend une ambition claire : faire des Imaginales un lieu de pensée libre, d’accueil et de circulation entre les auteurs, les publics et la ville.

01/06/2026, 16:07

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Uranium, spectres et totalitarisme : le roman tchèque qui secoue les Imaginales 

Aux Imaginales, la Tchèque Lenka Elbe présentait Uranova, son premier roman, publié en français aux Forges de Vulcain dans une traduction d’Eurydice Antolin. Un livre ambitieux, impressionnant, difficile à ranger dans une seule case : enquête, roman d’amour endeuillé, récit politique, horreur, fantastique, humour noir, mémoire familiale et histoire tchèque s’y contaminent sans cesse. Au centre, une ville réelle : Jáchymov.

31/05/2026, 18:45

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Christopher Bouix, coup de coeur 2026 : “La littérature doit mordre ou griffer”

Coup de cœur des Imaginales 2026, Christopher Bouix arrive à Épinal avec une œuvre déjà multiple : un triptyque d’anticipation sur l’intelligence artificielle et les futurs déshumanisés, un roman d’horreur où les enfants massacrent les adultes, un passé d’auteur jeunesse repéré par Netflix, mais aussi un détour plus ancien par l’Antiquité, les textes grecs et latins, Socrate, la démocratie et les sorcières. Rencontre avec un écrivain qui aime les livres noirs, drôles, mordants, et les questions que le futur pose au présent.

31/05/2026, 14:00

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François Richard : “Vivre est le seul vrai choix”

C’est une épiphanie littéraire. François Richard fait paraître aux éditions du Grand Souffle Division Eidola, le troisième tome de son cycle V I E, qui peut se lire indépendamment des deux précédents bien qu’il en tire les fils narratifs jusqu’au bout de la nuit. Une épiphanie dans laquelle l’auteur manifeste la réalité cachée comme fin de la quête de ses personnages. Exacerbation, comme une bombe à fragmentation, du précepte proustien dans Le Temps retrouvé : « La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c’est la littérature. » Par Olivier Stroh.

29/05/2026, 11:12

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“Un potager résilient, c’est être prêt à devenir autonome le jour où c’est nécessaire”

Après une carrière dans l’industrie du jeu vidéo, Didier Flipo a choisi le maraîchage bio, le sol vivant et la transmission. Avec Le Potager résilient, il propose bien plus qu’un guide de jardinage : une réflexion concrète sur l’autonomie, la résilience et notre rapport au vivant. Entre écologie pratique, production de semences, soin des sols et critique des faux conseils circulant en ligne, il défend une approche patiente, pédagogique et profondément ancrée dans le réel. Un entretien où le potager devient aussi une manière de penser le monde contemporain.

20/05/2026, 14:48

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Pour une édition de proximité : Le Cercle ouvert, publier moins pour mieux lire

Avec Le Cercle ouvert, Mathieu Larnaudie et Bertrand Py défendent une maison à la production resserrée, attentive aux auteurs, aux libraires et aux lecteurs. Adossée à Terre Neuve et donc au groupe Albin Michel, elle publiera ses premiers titres le 20 août 2026 autour d’une idée presque révolutionnaire : moins publier pour mieux accompagner les livres et refaire communauté, sans céder sur le catalogue.

19/05/2026, 17:29

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“Acheter un livre dans une librairie indépendante, c’est presque militant”

À Limoges, la librairie jeunesse Rêv’en Pages, ouverte depuis plus de quarante ans, est en redressement judiciaire. Confrontée à la hausse de ses charges et à la baisse du panier moyen, sa gérante, Rachel Faure-Lencroz, cherche à adapter son fonctionnement : changement de transporteur, projet de librairie mobile, développement de la romance, du young adult et de l’occasion.

 

19/05/2026, 12:13

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Xavier Coste : comment 1984 est devenu “le projet de [sa] vie”

À Palaiseau, les planches de Xavier Coste autour de 1984 et du Journal de 1985 dévoilent les coulisses d’une obsession graphique née à l’adolescence. Dans le cadre du salon Dimension, croquis, originaux et reproductions éclairent la construction d’un univers dystopique où l’adaptation devient affaire d’émotion, de fidélité intérieure et de vision.

 

18/05/2026, 17:15

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Murielle Compère-Demarcy : Artaud, le feu du langage

Originaire de Compiègne, très active dans le milieu littéraire, Murielle Compère-Demarcy, qui signe parfois MCDem, dirige depuis 2022 la collection « Présences d’écriture » aux éditions Douro, et rédige de nombreuses chroniques pour diverses revues. Auteure d’une vingtaine de livres, Murielle Compère-Demarcy semble, entre autres, très marquée par Antonin Artaud, auquel elle consacre Alchimiste du soleil pulvérisé en 2019, recueil publié chez Z4. Par Étienne Ruhaud.

18/05/2026, 10:30

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Palaiseau : comment le salon Dimension veut réconcilier science et littérature

Grégory Hermant, responsable du service événementiel de la ville de Palaiseau, revient sur la troisième édition de Dimension, salon du livre consacré aux liens entre science, science-fiction et vulgarisation. Un rendez-vous encore jeune, mais déjà identifié par son public, ses auteurs et ses partenaires.

13/05/2026, 17:01

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“Il y a des possibilités pour les femmes de vivre beaucoup mieux”

Dans Digitopuncture et santé féminine, Jacques Staehle condense plus de soixante ans de pratique des médecines naturelles. À partir de son parcours personnel et des questions reçues en séminaire, il propose une approche accessible de la digitopuncture appliquée aux troubles féminins, entre gestes précis, équilibre énergétique et transmission d’expérience. À bientôt 95 ans, l’acupuncteur et naturopathe affiche une énergie et une vitalité qui donnent, au minimum, envie d’écouter ce qu’il a à dire.

13/05/2026, 13:38

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Angeline Delcroix : victimes ou coupables, “la frontière est très difficile à déterminer”

Angelina Delcroix ouvre les portes de sa Fabrique du Mal, où l'on entre par la violence, mais refuse d’y installer le lecteur pour le seul choc. À paraître ce 13 mai, la romancière nous immerge dans son univers, entre réalisme glacé et espoirs d'une vie meilleure.

11/05/2026, 10:43

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Défaillance de Makassar : la “vulnérabilité croissante” de l'édition indépendante

La situation économique du distributeur-diffuseur Makassar, partenaire d'un grand nombre de maisons d'édition indépendantes, met en danger un grand nombre de structures, qui ne recevront pas de paiement pour des ouvrages vendus. Dans une tribune, le Syndicat de l'édition alternative appelle les pouvoirs publics à agir rapidement pour préserver la bibliodiversité, par la mise en place d'un fonds de soutien exceptionnel.

22/07/2026, 09:29

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Celle qui sait : 12 000 livres imprimés, 3067 vendus… mais une rupture de stock ?

À peine paru, déjà en rupture ? Le thriller Celle qui sait, de Riley Sager, aurait donc provoqué une razzia, à en croire son éditeur, Verso, un label du Seuil. Fort d’un premier tirage de 12.000 petits pains, le roman, traduit par Dominique Haas, comptabilisait 3067 ventes au 12 juillet, d’après les données GfK communiquées par la maison. Mais alors, où sont les quelque 9000 autres volumes ? Petit exercice de mathématiques à l’usage des nostalgiques du cahier de vacances.

21/07/2026, 16:53

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“La littérature est un sport-business : bienvenue dans le mercato le plus opaque du monde”

Et si l’édition fonctionnait comme un jeu de management sportif ? Charles Garatynski compare la sélection des manuscrits au « scouting » footballistique : des milliers de candidats, quelques signatures, des filtres de plus en plus rapides et, souvent, aucun retour.

20/07/2026, 18:11

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La comptine “Il était un petit navire” : autopsie d’un cannibalisme parfaitement évitable

Mon enfant adore Il était un petit navire. Moi aussi, à son âge, j’étais censé apprécier cette histoire maritime pleine d’entrain, dans laquelle un équipage mal préparé envisage de manger un mousse avant même d’avoir vérifié s’il restait une boîte de sardines. Devenu père, me voici contraint de rouvrir le dossier. Et les conclusions sont toujours aussi accablantes. Bande de buses de marins d'eau de baignoire...

18/07/2026, 15:04

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Réduire la lecture à un plaisir ? C'est avant tout “un instrument de liberté”

À force de vouloir sauver la lecture, on finit parfois par l’enfermer dans deux cases : le divertissement agréable ou l’effort salutaire. Dans une tribune publiée par Libération, l’avocat et éditeur Jean-Claude Zylberstein déplace le débat. Les livres lui ont permis de franchir des frontières sociales, professionnelles et intellectuelles. Le plaisir ouvre l’ouvrage ; l’émancipation commence parfois à la page suivante.

16/07/2026, 15:07

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Antiquité : ce que les Anciens avaient compris bien avant Internet et l’IA

Pourquoi l’Antiquité continue-t-elle de nous fasciner ? La question mérite d’être posée car nous savons aujourd’hui que les sociétés antiques étaient loin d’être parfaites. Elles connaissaient les guerres, les inégalités, l’esclavage, les luttes de pouvoir et les violences politiques. Pourtant, plus de deux mille ans après leur disparition, elles continuent d’habiter notre imaginaire collectif. Léa Varachaud publie aux éditions Grancher un essai sur ces rites et ce qu'ils nous apporteraient aujourd'hui encore.

15/07/2026, 15:12

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On a regardé Au fil des années : Prime Video remet l’amour d’été à flot

Prime Video replonge dans les amours d’été avec Au fil des années, adaptation de Tous nos étés, le phénomène de Carley Fortune. Entre deux temporalités, un lac canadien et 10 ans de non-dits, Percy et Sam rejouent la romance de la seconde chance. Fidèle au cœur du roman mais plus libre avec ses personnages secondaires, la série séduit malgré quelques longueurs et des dialogues parfois trop appuyés. Le charme, lui, demeure jusqu’au dernier épisode.

15/07/2026, 11:50

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Le génie de Baudelaire : entre fatalité tragique et modernité poétique

PORTRAIT – Lorsqu’on évoque Charles Baudelaire, on songe aussitôt au poète-alchimiste capable de transmuer la laideur en splendeur et la tristesse en allégresse. Pourtant, derrière la figure emblématique du grand poète se dessine l’ombre d’un homme profondément mélancolique. C’est précisément dans cette affliction de l’âme que le génie baudelairien puise sa force et se déploie avec une intensité si singulière qu’il s’impose comme l’un des grands précurseurs de la poésie moderne, ouvrant la voie tant au symbolisme qu’au surréalisme. De Karim S. Rebeiz.

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La lecture, une gourmandise : des recettes d'enfants pour donner envie de lire

Cet été, je lis ! : entre l’assertion et la promesse faite à soi-même, le ministère de l’Éducation nationale annonce la couleur de sa campagne estivale. Ce 10 juillet, à la Fnac des Ternes, une vingtaine d’élèves, du CM1 à la 6e, ont mis leur imagination aux fourneaux avec l’autrice Aurélie Gerlach. Au menu : inventer un gâteau magique, choisir ses pouvoirs et dresser la liste de ses ingrédients. Os humains compris.

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La Mer Salée, une maison d'édition “aujourd’hui détenue par ses lectrices et lecteurs”

Le secteur du livre, en France, connaît un fort repli économique, provoqué par une baisse générale des ventes de livres et une concentration des achats sur un nombre restreint de titres. Les structures indépendantes, librairies ou maisons d'édition, sont particulièrement vulnérables, si bien que de nouvelles organisations émergent. Sandrine et Yannick Roudaut, co-fondateur.es des Éditions La Mer Salée ont ainsi fait le choix de la structure coopérative, bien commun des lecteurs et lectrices. Ils s'en expliquent dans un texte reproduit ci-dessous en intégralité.

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“Le pilon, si redouté des auteurs, a-t-il un cœur ?”

En juin dernier, François Belley s’inquiétait de ce que les autrices et auteurs modernes entretiennent leur bronzage à grand renfort de selfies : se montrer ou disparaître, cruel avenir. Ou pas. Tout dépend des tempéraments, certainement. L’écrivain pirate marque une pause, pour mieux observer les ravages de l'industrie, sur ses propres ouvrages... Dans la tête du bourreau des livres, ou les états d’âme du pilon.

06/07/2026, 17:28

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Maison des histoires : jouer dans les albums jeunesse

Ouverte le 9 juillet 2025, la seconde Maison des histoires de L’école des loisirs déploie, au 7 cité de la Roquette, douze univers d’albums jeunesse sur deux niveaux. Un musée à jouer où les enfants peuvent courir, grimper, lire, bricoler et, accessoirement, rappeler aux parents pourquoi les bibliothèques municipales ont inventé le chuchotement.

06/07/2026, 17:19

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Facture électronique : l’édition indépendante ne peut pas laisser filer ses flux

À deux mois de l’obligation de réception des factures électroniques, OPlibris et Dilicom défendent un choix d’organisation : intégrer la réforme aux outils des maisons, plutôt que de les laisser dépendre d’un portail extérieur.

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Quand le cloud fait de l'ombre : qui héberge désormais la mémoire culturelle ?

Où vivent vraiment les livres numériques . La Commission européenne estime, à titre préliminaire, que les services cloud AWS et Azure devraient relever du régime renforcé des « contrôleurs d’accès » du Digital Mrkets Act. Le dossier dépasse la concurrence : qui héberge les catalogues, les archives, les liseuses et les usages de lecture ? Voici une sélection de huit ouvrages qui ramènent le cloud à ses serveurs, ses contrats et ses sorties de secours.

 

25/06/2026, 12:56

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Michaël Ferrier, l’écrivain aux semelles de corail

PORTRAIT - Les carnets de voyage de Michaël Ferrier publiés mensuellement dans La Revue des deux mondes se lisent comme  autrefois lorsqu’on s’attachait à un feuilleton littéraire : par épisodes, par haltes, par reprises, avec ce plaisir particulier de retrouver une voix, un rythme, une manière d’entrer dans le monde. De l’Inde à la Guyane, de Pondichéry à Cayenne, il réactive la revue comme lieu d’apparition progressive de la littérature, celle du récit qui avance par fragments, celle de l’aventure donnée non d’un bloc, mais comme une suite précise et vivante.

25/06/2026, 12:17

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Même marché, mêmes règles : ce que la fast fashion explique au livre

En dénonçant le risque d’une loi fast fashion appliquée d’abord aux entreprises françaises, la Fevad soulève une question que l’édition connaît bien : comment réguler les pratiques des grandes plateformes sans faire peser l’essentiel des contraintes sur les acteurs les plus faciles à contrôler ? Dans le livre aussi, la vitesse de production, la rotation des références et la captation de la visibilité déplacent le risque vers les créateurs et les libraires.

25/06/2026, 11:53

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Le webtoon français : une filière en quête de reconnaissance

Protoon, première association professionnelle dédiée au webtoon en France, veut donner une voix collective à une filière encore fragile, mais déjà riche de créateurs, de studios, de plateformes et de lecteurs. Entre succès d’audience, dépendance aux plateformes, précarité des auteurs, manque de données et de reconnaissance institutionnelle, et besoin de formation, récit d'un secteur qui cherche à sortir de l’angle mort pour devenir une véritable industrie culturelle.

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Librairies : quel avenir au-delà de l’urgence économique ? En trois volets, Évelyne Darmanin, formatrice aux métiers du livre, examine les conditions d’un renouveau. Après la fragilisation économique du secteur, cette série interroge la valeur du conseil, la librairie comme lieu de débat et le projet culturel susceptible de donner sens à l’entreprise. Premier épisode : faire de la relation avec le lecteur une force visible.

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Les librairies, “commerces, d'accord, mais de proximité, de confiance et de relation”

Librairies : quel avenir au-delà de l’urgence économique ? Évelyne Darmanin, auteure de cet article, est sociologue de formation. Elle nous propose une série de trois articles, qui questionnent et interrogent. Alors que les librairies souffrent dans un environnement trop calme, la notion de projet d’entreprise serait plus que jamais nécessaire. Ce premier volet défend une idée simple : la librairie ne se réduit pas à la vente d’un produit dont le prix échappe au libraire. Non, non...

24/06/2026, 16:21

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Librairies : “Il est grand temps de rallumer les consciences”

Librairies : quel avenir au-delà de l’urgence économique ? En trois volets, Évelyne Darmanin, formatrice aux métiers du livre, examine les conditions d’un renouveau. Le premier texte plaçait le conseil et la relation avec le lecteur au cœur de la valeur du métier. Le deuxième défendait la librairie comme espace de dialogue, de circulation des idées et de débat. Ce dernier volet interroge le projet d’entreprise capable d’articuler activité commerciale, transmission professionnelle, ambition culturelle et exigence démocratique.

24/06/2026, 16:15

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Un livre géant brûlé pour les 60 ans de l’Université de Rouen : le symbole qui dérange

Lors des festivités de la Saint-Jean, à Mont-Saint-Aignan, un grand livre en bois a été brûlé pour célébrer les 60 ans de l’Université de Rouen. ActuaLitté donne la parole à plusieurs universitaires, chercheurs et intellectuels, qui s’interrogent sur la portée symbolique d’un tel geste : peut-on célébrer le savoir en mettant en scène la destruction de l’un de ses symboles les plus forts ?

24/06/2026, 12:28

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Censure à Castres : Catherine Pégard interpellée par le Off Avignon

Avignon Festival & Compagnies, qui accompagne le festival Off Avignon, dénonce la déprogrammation à Castres de Passeport, pièce d’Alexis Michalik, par le maire RN Florian Azéma. L’association y voit une décision politique et idéologique, contraire à la liberté de création et de diffusion, et affirme son soutien à l’auteur comme à ses équipes.

23/06/2026, 17:42

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IA : comment améliorer les catalogues de bibliothèque sans numériser les livres ?

Alors que l’IA et le RAG s’imposent comme des pistes pour renouveler la recherche documentaire en bibliothèque universitaire, leur déploiement se heurte à une réalité matérielle et juridique : accès aux textes, numérisation des fonds, droits d’usage et coûts de traitement. Derrière la promesse de catalogues plus intelligents, la question demeure celle de l’autonomie des bibliothèques face aux grandes plateformes. Par Cédric Limousin.

23/06/2026, 16:16

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La canicule à son clim’axe : quand les climatiseurs volent la vedette

Une climatisation défaillante peut transformer un bureau d’espions en plage artificielle. Elle peut aussi obséder un conducteur, accompagner une solitude californienne, dérégler une tour de béton ou servir de voie d’accès à une prise d’otages. Dans les romans, l’air conditionné a sa mécanique, son humeur et parfois son sens du spectacle.

23/06/2026, 15:51

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Au cœur des villages, le salon des écrivains nomades rassemble lecteurs et livres

Depuis cinq ans, le Salon du livre Nomade se déplace de commune en commune en Gironde, avec une idée claire : aller à la rencontre des lecteurs là où ils vivent. Porté par le cercle des Écrivaines de la Table Ronde, il défend une littérature plurielle, des premières publications aux auteurs déjà installés, et fait de la rencontre un geste culturel à part entière.

21/06/2026, 10:55

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Les Éditions au Pluriel : la maison indépendante qui défend une littérature humaine et engagée

Dans le paysage de l’édition indépendante française et à travers ces différentes collections, les Éditions au Pluriel construisent un catalogue singulier Romans, essais, imaginaire, beaux livres ou récits de voyage. C’est un ensemble cohérent, animé par une même exigence : défendre des textes incarnés, accessibles et profondément humains.

19/06/2026, 17:57

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Le livre d’occasion, l’économie circulaire d’une filière linéaire

Dix années de commerce de seconde main, le Label Emmaus invitait à fêter son anniversaire à l'Académie du Climat, ce 18 juin. Un appel, finalement, pour comprendre ce qu’est le réemploie, qui le porte : « 10 ans d’engagement, d’innovation sociale et de coopération au service d’une économie plus juste et circulaire », explique l’organisme. Avec un volet consacré au livre d’occasion – toujours objet de fantasmes…

19/06/2026, 16:36

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Un label pour l’édition indépendante : “Quitte à le faire seul, faisons-le joyeusement”

Alors que Grasset sombre dans l’idéologie, que le mouvement de protestation contre l’instrumentalisation de grandes maisons d’édition au service d’une radicalisation politique et sociale voit le jour, il est grand temps de rendre nos indépendances plus visibles. Je crois en cette urgence, en cette nécessité d’afficher notre fierté (une notion peu mobilisée dans le secteur éditorial) d’être indé. Par Étienne Galliand, éditeur.

19/06/2026, 10:44

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Intelligence artificielle en librairie : le risque de déposséder un métier

Aux Rencontres nationales de la librairie 2026, l’intelligence artificielle s’était invitée dans un double débat : celui de la création, du droit d’auteur et des œuvres, et celui, plus concret, des usages professionnels en librairie. Entre vigilance éthique et outils d’aide au pilotage, l’enjeu consiste à distinguer la menace du remplacement de la promesse d’une assistance pensée au service du métier. Jean-Charles Caplier, directeur commercial chez Dilisco, dépassionne le débat.

17/06/2026, 13:10

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Quand Gaston Bachelard nous aide à comprendre notre obsession pour l’IA

L’intelligence artificielle est généralement présentée comme une révolution technologique. On la décrit comme un ensemble d’algorithmes, de modèles statistiques ou d’infrastructures informatiques. Pourtant, cette définition technique ne suffit pas à expliquer l’intensité des passions qu’elle suscite. Par Bertrand Jouvenot.

17/06/2026, 12:52

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Climat : pourquoi “la lassitude peut vite devenir indifférence”

L’information climatique circule davantage, alerte plus souvent et documente mieux l’ampleur du dérèglement en cours. Pourtant, l’accumulation des faits déclenche parfois l’angoisse, la lassitude ou le repli, au lieu de nourrir l’action. Pour dépasser cette impasse, le monde du livre dispose d’un rôle singulier : faire entendre d’autres récits, d’autres voix, et transformer la prise de conscience en mouvement collectif. Fanny Audibert publie chez Oxus Sortir du déni climatique, entrer en action.

15/06/2026, 13:03

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La librairie indépendante peut-elle rester indépendante si son modèle s’épuise ?

ANALYSE – La question de l’indépendance des commerces du livre se déplace. Au-delà du statut juridique ou du choix éditorial, elle engage désormais la viabilité économique, la fatigue des équipes, l’écologie du livre et les conditions concrètes d’un métier sous tension. Jean-Charles Caplier, directeur commercial chez Dilisco, aborde le sujet frontalement.

15/06/2026, 12:30

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Rentrée littéraire 2026 : les grandes tendances des romans français et étrangers

La grande fête annuelle de la librairie démarrera fin août comme chaque année, avec son lot de romans, les premiers, les francophones, les traductions. Si 277 romans de cette rentrée ont été utilisés pour amorcer la tendance 2026, aucun n'a été blessé (certains furent blessants...). Et s'impose d'emblée un constat : la littérature prend le présent à bras-le-corps, sans distance ni précaution.

15/06/2026, 11:28

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De DSK à Patrick Bruel : violences sexuelles et impunité des puissants

Dans cette tribune, l’essayiste Nasser interroge, à partir de l’affaire Patrick Bruel et d’autres figures publiques mises en cause, la tension entre parole des victimes, présomption d’innocence, prescription judiciaire et responsabilités médiatiques. Un texte d’opinion, polémique et engagé, sur l’impunité supposée des puissants face aux violences sexuelles.

13/06/2026, 08:33

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“Lancer un livre, c’est créer un moment ; l'installer, c’est construire une durée”

ANALYSE – Surproduction, encore et toujours, l'éternelle problématique de l'industrie du livre. Trop de livres, peut-être, probablement – assurément ? Ou bien, pas assez de temps pour que chaque ouvrage vive sa vie dans les points de vente ? Jean-Charles Caplier, directeur commercial chez Dilisco, propose une autre lecture.

13/06/2026, 06:00

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Affaire Lyhanna : du silence des adultes aux mots de Darmanin

Après la mort de Lyhanna, 11 ans, à Fleurance, Gérald Darmanin a reconnu une défaillance de l’institution judiciaire et demandé le réexamen de milliers de plaintes concernant des mineurs. Face à l’émotion nationale, plusieurs livres rappellent ce que la langue politique nomme mal : la durée du trauma, l’emprise, le silence des adultes et la place trop vite retirée aux victimes.

12/06/2026, 12:59