Les prix Princesse des Asturies 2026 ont récompensé l’écrivain britannique Julian Barnes dans la catégorie Lettres et l’artiste américaine Patti Smith dans la catégorie Arts. Les deux distinctions ont été annoncées à Oviedo, respectivement le 10 juin et le 29 avril, par les jurys de la Fondation Princesse des Asturies. Les lauréats recevront leur prix en octobre, lors de la cérémonie annuelle organisée dans la capitale asturienne.
La catégorie Lettres revient cette année à Julian Barnes, choisi parmi 37 candidatures de 24 nationalités. Le jury était présidé par Santiago Muñoz Machado. La candidature de l’auteur britannique avait été proposée par Socorro Suárez Lafuente, professeure émérite à l’université d’Oviedo.
Le prix Princesse des Asturies des Lettres récompense une contribution à la création littéraire dans ses différents genres. La distinction comprend une sculpture de Joan Miró, un diplôme, un insigne et une dotation de 50.000 euros. L’édition 2026 correspond à la quarante-sixième année de ces récompenses internationales.
Julian Barnes devient le deuxième Britannique à recevoir ce prix dans la catégorie Lettres. Doris Lessing l’avait obtenu en 2001. Le lauréat 2025 était l’écrivain espagnol Eduardo Mendoza.
Le jury a retenu chez Barnes son activité de romancier et d’essayiste. Il met en avant son usage de l’humour et de l’ironie, ainsi que la place de la mémoire dans la construction de l’identité. La Fondation souligne aussi la présence, dans son œuvre, de références à la littérature, à l’art, à la musique et à la gastronomie.
Né à Leicester le 19 janvier 1946, Julian Barnes a étudié les langues modernes au Magdalen College d’Oxford. Il a ensuite travaillé pour l’Oxford English Dictionary, puis comme critique littéraire et critique de télévision. Ces activités ont précédé une carrière construite entre fiction, essai, récit personnel et critique.
Plusieurs titres cités par la Fondation permettent de situer son parcours en France. Le Perroquet de Flaubert, traduit de l’anglais par Jean Guiloineau et publié chez Stock, a été finaliste du Booker Prize et a reçu le prix Médicis. Une fille, qui danse, traduit par Jean-Pierre Aoustin et publié au Mercure de France, a obtenu le Booker Prize en 2011. Son livre récent Départ(s), encore traduit par Jean-Pierre Aoustin et publié chez Stock, accompagne l’annonce de son retrait probable du roman.
Cette précision ne signifie pas que Barnes cesse toute activité d’écriture. Lors de la présentation de Départ(s) à Barcelone, il a indiqué que ce livre serait vraisemblablement son dernier roman. Il n’a pas exclu de continuer à écrire dans d’autres formes.
Dans la même édition 2026, Patti Smith a reçu le prix Princesse des Asturies des Arts, succédant à Graciela Iturbide, photographe mexicaine. L’annonce a été faite à Oviedo le 29 avril. Le jury était présidé par la danseuse et chorégraphe María Pagés.
La Fondation présente Patti Smith comme chanteuse, autrice-compositrice et poète. Le jury a distingué une trajectoire qui relie le rock, la poésie symboliste et la contre-culture. Il insiste aussi sur un travail qui dépasse la scène musicale, avec des pratiques liées à la poésie, à la photographie, à la performance et à l’installation vidéo.
Née à Chicago le 30 décembre 1946, Patti Smith s’est installée à New York en 1967. Elle y a travaillé comme libraire, chroniqueuse, autrice de chansons et dramaturge. Son premier album avec le Patti Smith Group, Horses, est paru en 1975 et associe rock et poésie parlée.
Son œuvre écrite est également prise en compte dans cette récompense. Just Kids, traduit par Héloïse Esquié et publié chez Denoël, a reçu aux États-Unis le National Book Award. M Train, traduit par Nicolas Richard et publié chez Gallimard, puis L’Année du singe, traduit par Nicolas Richard et publié chez Gallimard, relèvent du récit autobiographique. Le Pain des anges, traduit par Claire Desserrey et publié chez Gallimard en 2026, prolonge ce versant littéraire.
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Crédits photo : WanderingTrad, CC BY-SA 4.0
Par Dépêche
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