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Les Ensablés - Journal de guerre, suivi du journal du métèque, de Jean Malaquais

Auteur des Javanais, de Planète sans visa ou du Gaffeur, tous chroniqués par les Ensablés, Jean Malaquais se livre ici à un exercice littéraire aussi particulier que difficile, la tenue régulière d’un journal. Il prévient d’emblée « Je voudrais avoir assez de constance, de fidélité à moi-même, pour ne pas l’abandonner en cours de route : pour ne pas me dédire. »
Il a fallu pour que Malaquais s’y adonne une circonstance exceptionnelle : la guerre de 1939-1945.

Par Carl Aderhold

Le 21/06/2026 à 09:00 par Les ensablés

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21/06/2026 à 09:00

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La guerre, comme souvent les événements qui sortent radicalement de l’ordinaire, poussent les hommes à vouloir garder sur le papier leurs impressions du moment, à conserver une trace de leurs émotions et pensées face à une réalité qu’ils ne maîtrisent pas, dont ils sont des acteurs, ignorants les tenants et les aboutissants, comme de la suite, sans aucun recul. 

Disons-le tout de suite : la qualité de ce genre de littérature dépend fortement du degré de sincérité de son auteur, de sa capacité à réduire a minima la pose pour faire surgir au mieux la réalité d’un homme. Et à ce jeu, Malaquais est indéniablement un grand, un très grand auteur. 

Ces deux journaux sont à la littérature, ce que L’Étrange défaite de Marc Bloch est à l’histoire : un exercice de lucidité aiguisée qui révèle les illusions et les œillères de ses contemporains, la preuve qu’il est toujours possible de rendre le réel intelligible même en plein chaos. Ce que l’on ne voit pas, ce n’est pas parce que cela est caché, mais parce que l’on refuse de le voir. 

Sans doute que la position si particulière de Malaquais, juif polonais engagé dans l’armée française dans l’espoir d’obtenir une nationalité française que l’État s’est pourtant refusé à lui donner, lui permet d’avoir ce regard percutant. Sans doute aussi que sa vie, celle d’un homme toujours en dehors, marginal, joue un grand rôle dans l’émergence de ce point de vue décalé.

La force du regard de Malaquais tient au fait qu’il fait partie non seulement de la minorité, mais de la minorité au sein même de cette minorité. Ainsi, sa position politique est-elle celle d’un révolutionnaire, mais alors que les révolutionnaires, par souci d’efficacité ou par aveuglement, se montrent de fervents adeptes de l’URSS, il témoigne d’un anti stalinisme virulent qui en fait un marginal parmi ses camarades…

La première partie de ce journal, qui se déroule pendant la drôle de guerre, est un formidable tableau de la transformation des hommes une fois revêtu l’uniforme.

« Par tous les liens de l’affection, de l’encroûtement, nous tenons encore à notre condition de paysans, d’ouvriers, de petits-bourgeois un peu satisfaits, un peu veules, un peu civilisés, et je songe que sitôt revêtues nos frusques militaires tout notre passé ira à néant, pour laisser place à cette chose que depuis toujours j’abhorre : la soldatesque » (2 septembre 1939).

Il assiste, tout à la fois lucide, impuissant et désemparé à cette mutation qui fait qu’une fois placés dans une situation hors-norme, les individus s’autorisent à abandonner toute civilité, tel un droit revendiqué en échange de leur sacrifice.

« Pisser au vent, roter à son aise, péter au nez du voisin, jurer comme on respire — où donc le pourrait-on sans contrevenir à quelque tabou social? Ici, plus de gants. Les mains nues. Et c’est toujours ça de gagné sur l’école primaire.» (16 septembre 1939)

Les officiers ne sont pas mieux lotis comme en témoigne la façon dont ils réagissent à l’obtention du prix Renaudot par Malaquais pour Les Javanais en 1939. Le modeste deuxième classe Malaquais se retrouve interviewé par la radio mettant en émoi tout l’état-major de son régiment. Le récit savoureux qu’en fait Malaquais en dit long sur l’état d’esprit et la clairvoyance des officiers de l’armée française…

On pourrait multiplier les notations de son journal qui décrivent cette transformation qui affecte le civil lorsqu’il devient soldat. Mais ce qui pourrait n’être qu’une forme de mépris vis-à-vis de ses congénères qui le surnomme « l’aristocrate », pousse Malaquais à une introspection aussi douloureuse que sincère. Comment un homme qui prône l’avènement du prolétariat, le triomphe des masses populaires peut-il les juger aussi sévèrement, se sentir à la fois si différent et d’une certaine manière supérieur à eux. Une de ses connaissances lui en fait d’ailleurs la remarque : 

« Pierre Herbart trouve une singulière disproportion entre l’idée que je me fais du devenir collectif de l’humanité et la piètre estime où je la tiens. Il semble ne pas comprendre que l’on puisse avoir le sens profond du social et ne pas béer d’admiration pour le populo. »

Mais obligé de s’interroger sur sa propre conduite, il note quelques pages plus loin que la guerre influe aussi sur lui et engendre une transformation tout aussi terrible quoique différente de celle des autres conscrits. Ainsi note-t-il, en date du 4 juin 1940 :

« Je m’endurcis; me sens devenir graine de gangster. Des envies de meurtre me prennent, me tiennent et ne me lâchent pas; des envies tenaces, que je cultive, que je voudrais pouvoir assumer. Une volonté de casser, de mettre en pièces. Embusqué derrière un parapet de cadavres, une mitrailleuse entre les mains, j’en jouirais. Il doit y avoir une espèce d’épanouissement à tomber sous une grêle de balles.
L’homme. Cette ordure qu’on en fait! »

Car ce que Malaquais décrit avec la minutie d’un entomologiste, c’est ce que la guerre fait aux hommes, la lente dégradation de leur humanité jusqu’à n’être plus que des animaux.

Sa description de la débâcle est tout aussi forte, minuscule insecte emporté par une vague, perdu, sans aucune compréhension des événements. Le récit de son évasion depuis l’Alsace jusqu’à Paris témoigne à la fois de l’aide qu’il a reçue de paysans, dont il souligne avec force la profonde humanité et leur sens intact de la fraternité, que de l’incroyable désintégration des valeurs et de la société française à ce moment-là. Comportement exemplaire et veulerie se mêlent en une danse macabre où Malaquais faillit bien y laisser sa peau.

La suite, intitulé Journal d’un métèque, qui raconte son errance jusqu’à son départ pour l’Espagne puis l’Amérique en octobre 1942, est de la même eau. Lucidité et acuité du regard dévoilent une France où se côtoient solidarité, comme celle de Giono qui lui procure un refuge, et trahison, bassesse non sans recourir souvent à un humour sarcastique qui, quatre-vingts ans plus tard, conserve sa force et sa radicalité. Ainsi note-t-il, le 2 août 1940 : 

« En défrancisant les naturalisés de fraîche date, le régime putainiste restaure la nation dans sa pureté virginale. Aussi, ravissement de Maurras, idéologue patenté de “La Seule France”. Les Français, exulte-t-il, “commencent à être chez eux...” Il n’était que temps : on allait enfin pouvoir forniquer entre Gaulois de souche.»

Un an plus tard, le 3 août 1941, il s’amuse des décisions de l’armée d’occupation. « Il paraît que la littérature anglo-saxonne postérieure à 1870 est interdite de lecture en zone occu. La veine qu’il a, Shakespeare, d’être mort en 1616! »

Son portrait de la société française dans la zone libre autour de Marseille est l’occasion de s’en prendre à ce que le régime de Vichy fait remonter des tréfonds de la population française. Dénonciation, pleutrerie, xénophobie, racisme et médiocrité. Ce qu’il attaque avec une virulence qui n’a rien à envier à Céline dont Malaquais a admiré le style, c’est la franchouillardise qui est à la culture française, ce que le chauvinisme est à la nation, une caricature obscène, toute à la fois ridicule et sinistre.

Certains y verront une critique acerbe des Français, quelques-uns même lui reprocheront de ne pas avoir la reconnaissance du ventre. Après tout, la France l’avait accueilli… Passons sur la nature véritable de cet accueil, ce que Malaquais pointe révèle surtout l’immense désillusion qui ont saisi nombre de réfugiés face à l’écart béant entre les valeurs et les principes diffusés par l’histoire de France et l’attitude de ceux censés les porter durant la guerre.

Rien ne dit mieux son rapport complexe à la France que la dernière phrase de son journal d’un métèque alors qu’il embarque pour l’Espagne : «Marianne, mon amour, ma catin. » (8 octobre 1942)

Déjà au moment où se dessine de la débâcle, il notait avec amertume : « Des types qui n’ont jamais réfléchi à rien de rien, dont l’horizon se borne à leur boutique, à leur bistro, à leur étal de tripier, les voilà disant France, disant qu’elle est pourrie oh la la, négroïde, enjuivée, maçonnique, capitaliste… »

Avec une clairvoyance qui ne laisse pas d’étonner, Malaquais parvient, alors qu’il vit dans l’isolement le plus total, ne disposant que de très peu d’informations et de beaucoup de rumeurs, à analyser la situation et à ne jamais perdre le nord. Certes, il a bien conscience que cette situation, à la lisière de la clandestinité (plusieurs fois, il manque d’être arrêté par la police française), ne peut que le conduire à une solitude peu propice à la réflexion. « Je me fais l’impression d’être cet homme dont parle Montesquieu, qui courant après l’esprit attrape la sottise. Si j’étais féru de néologismes je dirais que je m’enstupide.» (6 octobre 1940).

Du moins, Malaquais ne renonce jamais à cette humanité qu’il considère comme un principe essentiel qui lui permet de ne pas sombrer. Alors que l’étau se resserre autour de lui et de sa compagne, Galina Yurkevitch (Galy), qu’il pressent qu’ils ne vont pas tarder à être raflés et livrés aux Allemands, que l’espoir d’obtenir un visa pour émigrer s’enlise dans les chicaneries administratives, il trouve la force de tracer une ligne de conduite dont il ne se départira jamais : « Traverser plus de déserts qu’il n’est donné à une vie d’homme. Boire tout son soûl de joies et de peines. Mousser jour et nuit. Ne jamais connaître la satisfaction béate de qui, panse et vessie bondées, relâche sa ceinture d’un cran. Mourir debout. Mourir les mains propres.» (31 décembre 1941)

Pour autant, Malaquais est sans cesse saisi, transporté par la beauté des choses, l’amour de la vie et, quoi qu’il en dise l’amour de la littérature. Les notations qu’il consacre à Jules Renard et ses aphorismes, à Stendhal et sa science parcimonieuse de l’adjectif, dont Malaquais fait à la fois une règle esthétique et une hygiène mentale (« se garder des clichés, lesquels baignent par nature dans une solution adjectivale de mauvais goût », écrit-il) sont d’une beauté et d’une richesse dignes des plus grands stylistes.

Obsédé par la sécheresse de la phrase, par une volonté de couper au maximum, afin d’éviter que ne ressurgissent les préjugés et les facilités, Malaquais a retravaillé ses deux journaux pour les faire reparaître cinquante ans plus tard, débarrassés de ses scories de jeunesse, essentiellement des développements emphatiques sur les mécanismes psychologiques et des digressions philosophiques sur l’âme humaine. Le texte ainsi amendé n’en est que plus percutant et c’est cette édition de 1997 que la Thébaïde a décidé de republier.

L’occasion pour nous de souligner le magnifique travail de cet éditeur dont l’excellent appareil critique, établi par Victoria Pleuchot, nous livre la réception critique de ce journal depuis sa première parution en 1943 jusqu’à sa réédition de 1997.

La lecture de ces articles témoigne autant de l’évolution des mentalités françaises vis-à-vis de cette période sombre de notre histoire (des Français tous résistants aux Français tous pétainistes) que sur le texte de Malaquais, dont la critique à échelle humaine des effets de la guerre sur une société conserve sa puissance et son actualité. 

Carl Aderhold Juin 2026

 
 

Par Les ensablés
Contact : contact@actualitte.com

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JOURNAL DE GUERRE suivi du JOURNAL DU MÉTÈQUE 1939-1942

Victoria Pleuchot, Jean Malaquais

Paru le 16/03/2026

464 pages

La Thébaïde

28,00 €

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« Nos pays ne sont pas beaux...mais il y a en eux une espèce de grandeur calme et comme un peu dédaigneuse qui est beaucoup plus captivante que la beauté ». Ainsi Charles Braibant (1889-1976), Champenois de lignée et de coeur, décrit-il sa région d’élection dans son roman Le roi dort qui, s’il rata de peu le prix Goncourt, fut couronné du Renaudot en 1933. Par Marie Coat

 

22/06/2025, 09:00

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Les Ensablés - La peau et les os de Georges Hyvernaud

Dans la fosse commune de l’oubli, Georges Hyvernaud n’a non seulement rien fait pour l’éviter - en ne publiant que deux livres de son vivant - mais y a sauté à pieds joints. La Peau et les os (1949), court mais édifiant récit de sa captivité pendant la seconde guerre mondiale, puis Le Wagon à Vaches (1953), roman implacable de l’impossible réadaptation à une vie dite normale, prouvent que l’écrivain avait pris le parti non négociable d’une vérité humaine très difficile à vendre. Par Nicolas ACKER.

08/06/2025, 19:15

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Les Ensablés - Planète sans visa, de Jean Malaquais

Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais  (1908-1998) - quitta la Pologne à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Mobilisé en 1939, il fut fait prisonnier, puis parvint à s'évader. Juif et apatride, il partagea alors l'existence précaire de nombre de personnes réfugiées à Marseille dans l'espoir d'obtenir un visa. Grâce à l'aide de son ami Gide, il obtint ce précieux sésame et gagna les Etats-Unis où il vécut plusieurs années, enseignant la littérature. Malaquais n'a publié que trois romans : « Les Javanais » (prix Renaudot 1939),  « Le Gaffeur » (publié en 1953), tous deux objets de précédents articles et  « Planète sans visa », grand roman de la France sous l'occupation, publié en 1947 et qu'il remania jusqu'à ses derniers jours. Ce roman de plus de 500 pages a été réédité en 1999 après sa mort.

25/05/2025, 09:41

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Les Ensablés - La Saint-Michel et le Pont Euxin d'Anne Lacroix, par François Ouellet

Anne Lacroix (1897-1982) n’aurait publié qu’un seul roman, La Saint-Michel et le Pont-Euxin chez Grasset en janvier 1933. À cette date, elle a déjà commencé un deuxième roman, Rézle (et même annoncé un troisième titre, Les Bergers d’Arcadie), soumis en décembre de la fin de cette même année pour le Prix du roman du Temps ; les quelques voix qu’elle récolte seront insuffisantes pour qu’elle obtienne ce prix qui consiste dans la publication du roman dans les pages du quotidien. Mais, cinq ans plus tard, en mars 1938, Rézle paraîtra en feuilleton dans Le Temps. Il ne semble pas que la carrière d’Anne Lacroix ait connu d’autres développements. Par François Ouellet.

11/05/2025, 09:00

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Les Ensablés - L'Impassible de Frédéric Berthet (1954-2003)

Lorsque la critique d’un livre est aussi intéressante, voire plus, que le livre dont elle parle, lorsqu’on se régale de son style, de son ironie, de sa drôlerie, et si transparaît à travers ses mots l’originalité de l’homme lui-même, alors on peut se dire qu’elle est elle-même œuvre littéraire, et que son auteur est un sacré bonhomme. Voilà la réflexion que je me suis faite après la lecture de ce recueil d’articles de Frédéric Berthet, récemment paru chez La Table Ronde sous le titre L’Impassible. Par Hervé BEL

27/04/2025, 09:00

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Les Ensablés - Happe-Chair de Camille Lemonnier (1844-1913)

Happe-Chair, un titre qui a tout de suite attiré mon attention. Je me trouvais alors dans une des dernières librairies anciennes de la rue Saint-Sulpice (pour combien de temps encore sera-t-elle là ?), dans la bonne odeur des vieux livres, lorsque je suis tombé sur la réédition de 1908 de ce roman de Camille Lemonnier publié une première fois en 1886 chez Kiestmaeckers…  par Hervé Bel. 

13/04/2025, 12:28

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Les Ensablés - Jacques Rivière, Sentiments et critique

À l’occasion du centenaire de sa mort, la collection Bouquins consacre un volume à Jacques Rivière, critique et essayiste, véritable cheville ouvrière de la Nouvelle revue française dont il assura la direction durant plus de 10 ans. Mort prématurément en 1925 à l’âge de 39 ans, celui qui fut à la fois le grand ami et le beau-frère d’Alain Fournier, l’auteur du Grand Meaulnes, révèle par la quantité d’articles qu’il donna à la revue une perspicacité critique étonnante. Sensuelle et inspirée. Par Denis Gombert

30/03/2025, 09:00

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Les Ensablés - Lire sous l'occupation de Jacques Cantier

Le monde des livres sous l’Occupation a déjà été étudié par l’historien Jacques Cantier qui s’était intéressé à la trajectoire de l’une des figures maudites des lettres françaises avec sa biographie de Pierre Drieu La Rochelle (Perrin, 2011). Cette fois, avec Lire sous l’Occupation, publié en 2019 et en poche en 2024 aux Éditions CNRS, il nous présente un panorama global de la lecture entre 1939 et 1945. , par Nicolas Acker.

16/03/2025, 16:50

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Les Ensablés - La femme qui boit de Colette Andris, par Marie Coat

En mars 2023, Gallimard publiait dans sa collection L’imaginaire un grand succès de son catalogue paru en 1929, réédité à huit reprises puis repris en 1934 dans sa collection de poche : La femme qui boit », première oeuvre d’une jeune femme de 29 ans, Pauline Toutey. Par Marie  Coat

02/03/2025, 19:56

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Les Ensablés - Le gaffeur de Jean Malaquais

Né en 1908 à Varsovie, Vladimir Malacki - devenu par la suite Jean Malaquais - quitta la Pologne  à l'âge de 18 ans pour venir vivre en France. Cette période de sa vie fut marquée par une grande précarité et  par la volonté farouche de vivre de sa plume. Mobilisé en 1939 puis fait prisonnier, il s'évada et émigra vers le continent américain. Par Isabelle Luciat

16/02/2025, 10:09

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Les Ensablés - Le Boucher des Hurlus de Jean Meckert

Jean Meckert (alias Jean Amila, 1910-1995) est mort il y a trente ans… Pas tout à fait mort, car ses romans ont continué d’être réédités et nous n’avons pas manqué d'en parler dans nos colonnes (1). Cette fois, c’est la courageuse Ronces éditions (2) qui republie Le boucher des hurlus paru chez Gallimard en 1982 et signé du nom Jean Amila qu’il avait adopté pour ses romans publiés dans la Série Noire. Par Hervé BEL

02/02/2025, 19:38

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Le Père-Lachaise surréaliste, d'Étienne Ruhaud

Inauguré en mai 1804 dans l'actuel 20e arrondissement, le Père-Lachaise est devenu en quelques décennies le cimetière le plus réputé de Paris. L'éponyme confesseur du Roi-Soleil n'a jamais dû, de son vivant, imaginer une telle postérité. Par Jacques Lucchesi.

15/07/2026, 15:51

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Je ne suis pas venu apporter la paix : la ferme où tout implose

Dans une ferme isolée d’une vallée pyrénéenne, un patriarche agonise. Ses enfants reviennent, chargés de rancœurs, de secrets, de fatigue et de comptes jamais réglés. Dehors, l’orage cogne. Dedans, Judith tient la maison, Maud prie, les chiens veillent, la fratrie s’observe. Je ne suis pas venu apporter la paix, ou la tragédie familiale noire revue par Nicolas Martin, organique, parfois excessive, mais d’une puissance d’atmosphère rare. À partir du 3 septembre.

15/07/2026, 15:12

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Fille de : Anne Pitteloud démonte le mythe du grand écrivain

À la mort de Christian Monnay, écrivain culte retiré du monde depuis trente ans, sa fille Chloé découvre que ses neuf manuscrits inédits ne contiennent que des pages blanches. Pour préserver sa mère aveugle, puis pour exister enfin comme autrice, elle glisse ses propres romans sous le nom du père. Anne Pitteloud signe une comédie noire, fine et acide sur la filiation, l’imposture et les légendes que fabrique le monde littéraire. Généalogie à découvrir le 21 août.

15/07/2026, 12:15

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Une unique lueur : le retour familier et réjouissant d’Adamsberg

La cuvée Vargas est un bon cru : un roman sans surprise, assez convenu, mais qui ne décevra donc pas les fans d'Adamsberg et de cette auteure, spécialiste des dialogues décalés, un brin déjantés : quand la poésie affleure du sous-jacent au-delà des apparences de notre monde que l'on croit rationnel.

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Le murmure de Jacques Derrida

Loin de se limiter à des réflexions purement linguistiques, Le monolinguisme de l’autre est une critique implacable de l’aliénation culturelle en situation coloniale.

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Comment l’ordre transforme les révolutions en cérémonies

Comme il y a une dialectique de la raison, il y a une dialectique de la mémoire qui métamorphose le souvenir de la révolte en culte de l’ordre, les anniversaires des révolutions en défilés militaires, l’héritage de la Shoah en légitimation d’un État génocidaire ; ainsi s’affrontent les romans nationaux et la tradition des vaincus, le culte des héros et les traces laissées par les sans-nom, les monuments et les remémorations dissidentes.

15/07/2026, 09:00

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Les Désarmantes : Caroline Bouffault imagine une France sans hommes au pouvoir

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Ces 10 livres méconnus sauveront votre été avant la rentrée littéraire

À l’approche de la rentrée littéraire, les piles de livres à paraître ne tarderont pas à chasser celles du printemps. Il reste pourtant un mois et demi pour revenir vers des romans, récits et objets littéraires publiés entre janvier et juin 2026, parfois passés sous les radars malgré leur singularité.

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Le mythe de la France sans esclaves s’effondre dans les archives

À la veille de la Révolution française, Paris se pense comme une terre de liberté, régie par le principe selon lequel « il n’y a pas d’esclaves en France ». Pourtant, pour les esclaves venus des colonies chercher refuge dans la capitale, cette promesse se révèle fragile et souvent illusoire. 

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Une communauté protectrice devient peu à peu impossible à quitter

Alors qu’elle prend la route pour tenter de calmer ses angoisses, Coro se retrouve sur des sentiers déserts, sans téléphone portable, frôlant la panne sèche. La nuit progresse, et alors qu’elle s’aventure au bout d’un chemin étroit pour demander de l’aide, elle arrive devant un grand portail noir. Elle va découvrir une demeure isolée, entourée de végétation et peuplée d’animaux. La communauté de femmes qui y vit propose son aide à Coro.

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En Iran, 72 jours de garde à vue deviennent un monument littéraire

Arrêté en Iran le 12 octobre 2022, Olivier Grondeau a passé 887 jours en prison avant sa libération, le 17 mars 2025. Dans Joseph dans la nuit, publié chez L’Iconoclaste, il revient sur ses 72 jours de garde à vue sous l’autorité du ministère du Renseignement. Un récit d’enfermement, de peur et de résistance intérieure, porté par une langue nette, poétique et vibrante, où les rêves, les camarades et Hafez maintiennent un peu de monde au fond du noir.

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Villes impériales. Sur les traces de Napoléon Ier et de Napoléon III

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France-Maroc : les Bleus avalent les Lions de l’Atlas

Je vous écris ce matin les yeux fermés (c’est beau la confiance) : cette Coupe du monde outre-Atlantique va me coûter encore quelques nuits sans assez de sommeil. Des cernes, certes, mais qu’au moins je ne dois pas à une peine que la défaite face au Maroc aurait provoquée. Une fatigue victorieuse, avec quelques réserves.

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La colonisation rend-elle fou ? Une enquête après Fanon

À partir des dossiers retrouvés des personnes internées à Anjanamasina (Madagascar), l’un des premiers asiles d’aliénés des colonies françaises, Raphaël Gallien prend au sérieux des paroles jugées délirantes, des gestes incompris, des trajectoires brisées, pour approcher les effets intimes de la colonisation. 

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Quand Will Somersby débarque en titubant dans le hall d’un hôpital psychiatrique canadien, il prétend être venu à pied depuis le Tennessee, guidé par le chant d’un rossignol. Il affirme, en outre, être âgé de 456 ans. Il est alors confié aux bons soins du Dr Miranda Gosling, peu à peu convaincue d’avoir déjà croisé l’étrange individu...

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Federica Zombie

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Freida McFadden reprend la tête, devant les cahiers de vacances

Nouveau livre de Freida McFadden en poche rime souvent avec nouvelle entrée dans le Top 10 — et pas à n’importe quelle place : Le Dîner s’installe directement en tête, avec 88.707 ventes en une seule semaine, du 29 juin au 5 juillet. Une entrée phénoménale. Derrière, les cahiers de vacances conservent pourtant leur mainmise sur le classement, dont ils occupent huit des dix premières places.

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Houaria : fragments de vies algériennes

Houaria, roman de l'auteure algéro-syrienne Inam Bioud, est paru en 2025, dans la collection Khamsa, co-créée par les éditions Barzakh en Algérie et les éditions Philippe Rey en France. Ce roman polyphonique met en avant plusieurs personnages. Leur point commun, la lettre « H » présente dans le prénom de chacun.e : Hadia, Hicham, Houari… Par Ghozlène Benabi.

10/07/2026, 09:40

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Le fabuleux piano : Sonia Devillers enquête sur les pianos volés aux juifs

Dans Le fabuleux piano, à paraître le 27 août chez Robert Laffont, Sonia Devillers retrace l’histoire d’un instrument disparu, le piano de la famille Enoch, éditeurs de partitions, en l’inscrivant dans celle des milliers de pianos volés aux familles juives à Paris pendant l’Occupation, puis déplacés jusqu’aux confins du IIIe Reich. À travers cette enquête, l’autrice explore à la fois la spoliation, la mémoire familiale et la place intime que peuvent occuper les objets dans la transmission.

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Un week-end entre proches fait éclater les certitudes de deux familles

Avec Entre amis (Actes Sud), premier roman de Hal Ebbott traduit de l’anglais (États-Unis) par Laure Manceau et publié le 26 août, l’auteur met en scène deux familles liées par une amitié ancienne, soudain confrontées à un acte de violence qui bouleverse leurs certitudes et révèle les tensions sociales, intimes et familiales longtemps restées sous silence.

10/07/2026, 06:56

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John, Fils de John : Douglas Stuart revient au pays des hommes blessés

Cal Macleod revient d’Édimbourg vers Falabay, dans les Hébrides extérieures, avec un sac à dos, un sac-poubelle et des secrets que l’île devine avant même qu’il pose le pied sur le quai. Son père John, tisserand, éleveur et chantre d’une foi sans souplesse, l’attend avec Ella, les moutons, la mer et le poids du nom familial. Traduit de l’anglais d’Écosse par Charles Bonnot, John, Fils de John, noue retour au pays, désir, honte et filiation dans un roman rude, drôle et profondément habité. Généalogie à ouvrir le 26 août.

09/07/2026, 13:07

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Argentine-Égypte : le calvaire des champions du monde avant le miracle Messi

Hier, la terre a tremblé. Les bars autour de chez moi étaient en ébullition : l’Égypte menait 2-0 contre l’Argentine, championne du monde en titre, dans le dernier huitième de finale de la Coupe du monde. L’Albiceleste n’avait pas dit son dernier mot ; moi, je perdais les miens. En quelques minutes seulement, Lionel Messi a mis le match à l'envers. À l’arrivée : 3-2, pleurs, soulagement. Et vertige. 

 

08/07/2026, 22:51

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Résoudre ce qu’Albert Einstein qualifiait d’”éternel mystère”

S’il est loisible de méditer sur les mystères insondables du monde que nous habitons, le fait que la science parvienne à le rendre compréhensible devrait, en soi, être un sujet d’étonnement. Pourquoi l’ingéniosité du vivant anticipe-telle nos techniques ? Pourquoi les mathématiques les plus abstraites décrivent-elles le réel ? Conjuguant sciences sociales et sciences du vivant, Bernard Lahire remonte aux racines du réalisme pour élucider l’« éternel mystère » : pourquoi comprenons-nous le monde ?

08/07/2026, 08:00

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Malraux, un homme fondamentalement paradoxal

Françoise Theillou explore la relation complexe d’André Malraux à l’amour et aux femmes, à peu près absente de son œuvre et des grandes biographies qui lui ont été consacrées. L’écrivain a volontairement brouillé les pistes entre réel et imaginaire, taisant l’intime et rejetant toute lecture biographique de son œuvre. Ce sont surtout les femmes qui l’ont aimé, Clara, Josette, Madeleine, Sophie, qui ont permis de lever en partie le voile, chacune révélant un Malraux différent.

08/07/2026, 07:00

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Jeunesse à la Fleur : grandir dans l’ombre de la violence

Jeunesse à la Fleur est le premier roman de Rym Khelil paru en 2025 aux éditions Barzakh. Le récit autofictif - c'est-à-dire que l'auteure s'inspire de son vécu en y mêlant la fiction - se déroule à Alger, pendant la décennie noire et met en scène des adolescents se préparant au BAC. Par Ghozlène Benabi.

07/07/2026, 17:18

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Dans les coulisses de Bahreïn, un roman d’espionnage très actuel

Si vous avez envie de jouer aux espions à l'ombre de Téhéran pour apprendre tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur l'émirat de Bahreïn. Une ambiance à la John Le Carré dans ce roman qui a été écrit en 2023 mais qui éclaire parfaitement les conflits d'aujourd'hui.

07/07/2026, 16:17

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Raconter l’Amérique eugéniste à hauteur de femme : Mon corps donné pour vous

En 1924, Carrie Buck, 17 ans, est envoyée dans une institution de Virginie où médecins, juges et travailleurs sociaux préparent sans le lui dire le procès qui doit légitimer sa stérilisation. À partir de l’affaire Buck v. Bell, Marouane Essadek construit, chez Noir sur Blanc, un premier roman documenté et rageur sur l’eugénisme américain, ses discours de progrès et les vies qu’il a méthodiquement confisquées.

07/07/2026, 11:10

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Notre-Dame-des-Anges : Célia Houdart à l'écoute des voix disparues

À l’automne 1938, Henri vit auprès de Rachel, son épouse atteinte de sclérose en plaques, dans une clinique près de Liège. Marcelle, pianiste en tournée entre le Maroc, l’Égypte et l’Italie, lui écrit depuis les gares, les paquebots et les chambres d’hôtel. Célia Houdart publie chez POL Notre-Dame-des-Anges et transforme une correspondance familiale couvrant les années 1935 à 1944 en un roman de désir, de maladie et de guerre imminente. Révélation le 20 août.

07/07/2026, 11:03

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Clémentine Mélois, le grand déménagement des souvenirs

Un verre Musclor brisé, des assiettes sorties des placards, des coupures du Dauphiné libéré : sur le point de déménager après une rupture, la narratrice de Choses que je croyais perdues emballe davantage qu’un appartement. Clémentine Mélois transforme ces restes domestiques en récit d’apprentissage vif, drôle et fissuré, où chaque objet remet une histoire en circulation. À retrouver, le 20 août.

07/07/2026, 11:02

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Le roman qui imagine Israël sans ses Palestiniens

Plus d’ouvriers, plus de conducteurs de bus, plus de vendeurs… La société israélienne est à l’arrêt. À Tel-Aviv, Ariel et Alaa sont voisins et amis. L’un est journaliste, un sioniste libéral, critique à l’égard de l’occupation militaire de la Cisjordanie et de Gaza, mais fidèle au projet du pays ; l’autre, cameraman palestinien, est hanté par les souvenirs de sa grand-mère récemment décédée, jamais remise de la Nakba et de la perte de sa ville, Jaffa. 

07/07/2026, 09:00

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Amateurs de Shameless, une nouvelle famille dysfonctionnelle vous attend

Vous pensez avoir une famille dysfonctionnelle ? Attendez de rencontrer les Flynn. Rien ne va plus chez eux. La mère tente de sauver son mariage en s’essayant au couple libre, tandis que le père s’enfonce dans une crise existentielle forcément pathétique.

07/07/2026, 08:00

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Alizée Delpierre enquête sur l’esclavage moderne en France

Après Servir les riches, sa première enquête retentissante chez les grandes fortunes, Alizée Delpierre poursuit sa réflexion sur les rapports de domination et d’exploitation. Dans ce nouveau terrain inédit nourri de nombreux témoignages et de scènes stupéfiantes, elle fait tomber un tabou : aujourd’hui en France, autour de nous, dans tous les secteurs d’activité, il existe des travailleurs que leurs employeurs traitent comme des esclaves. 

07/07/2026, 07:00