L’Université Paris Cité a retiré à Étienne Klein son doctorat en philosophie des sciences, après une enquête sur le plagiat de sa thèse menée par Arrêt sur images. Dans un long texte publié sur X, Étienne Klein répond désormais en mêlant justification, regret, charge contre les « chevaliers du logiciel » et mise en cause d’un débat qu’il juge déséquilibré, à l’heure de ChatGPT et de la désinformation scientifique.
Le 12/06/2026 à 12:01 par Hocine Bouhadjera
89 Réactions | 4068 Partages
Publié le :
12/06/2026 à 12:01
89
Commentaires
4068
Partages
Dans un texte publié sur X et intitulé « “Guillemets”, paraphrases et Chat-GPT », Étienne Klein revient sur les accusations de plagiat visant plusieurs de ses écrits, dont sa thèse de doctorat en philosophie des sciences. Le physicien et vulgarisateur scientifique y mêle justification, étonnement, mise en contexte historique et charge contre ceux qu’il accuse de s’intéresser davantage aux guillemets oubliés qu’à la désinformation scientifique.
Il replace ainsi sa propre affaire dans une crise plus large de l’écriture, de l’autorité et de la notion même d’auteur.
Le message s’ouvre par une citation de Paul Valéry : « Rien de plus original, rien de plus “soi” que de se nourrir des autres. Mais il faut les digérer. » Étienne Klein reprend cette idée à son compte pour expliquer sa propre pratique d’écriture. Il dit avoir commencé à écrire il y a 36 ans, avec trois objectifs : dire sur la science des choses exactes, mieux faire connaître l’histoire des idées et des savants, et le faire dans une langue « limpide et élégante », aussi littéraire que possible.
Pour atteindre ce but, explique-t-il, il a beaucoup lu, « de façon boulimique », dans les sciences, la philosophie, la littérature et l’histoire. Lorsqu’il rencontrait une formulation correspondant à ses critères, il lui arrivait de l’assimiler et de s’en resservir dans ses propres textes, « pas toujours de façon consciente ». Il affirme alors qu’à ses yeux, ces phrases étaient d’abord « vectrices de connaissances partagées » avant d’être « la propriété de leurs auteurs ».
Étienne Klein insiste : ces remarques ne constitueraient pas une « ligne de défense », mais la marque d’un « étonnement proche de la sidération ». Il interroge le changement de regard porté sur ces pratiques, en demandant si la chasse actuelle aux phrases reprises sans guillemets vient d’une « nouvelle jurisprudence » ou du fait que des logiciels permettent désormais de repérer plus facilement les emprunts non signalés.
Le physicien oppose cette vigilance nouvelle à la circulation massive de fausses informations scientifiques. Il estime que les erreurs, mensonges et croyances infondées rencontrent moins de résistance que les reprises de formulations justes mais mal attribuées. Pour lui, les « auteurs d’erreurs ou de mensonges » seraient ainsi moins attaqués que ceux qui répètent des propos exacts en oubliant une paire de guillemets. Il y voit un déséquilibre, voire une paresse intellectuelle : traquer des similitudes à l’aide d’un logiciel serait plus simple que combattre la désinformation scientifique.
L’argument devient plus personnel lorsqu’il rappelle que son doctorat, soutenu en 1999, avait obtenu les félicitations du jury. Le manuscrit contenait pourtant, affirme-t-il, « quelques phrases écrites par certains de ses membres ». Aucun d’eux, poursuit-il, ne s’en serait offusqué pendant la soutenance, dans le rapport de thèse ou dans les années suivantes. « J’assume pleinement ce que j’ai fait », écrit Étienne Klein, ajoutant qu’il considérait alors agir « comme il fallait faire ».
Il revient aussi sur les accusations antérieures, notamment celles liées à son livre Le Pays qu’habitait Albert Einstein, publié chez Actes Sud en 2016. À l’époque, rappelle-t-il, des passages avaient été modifiés après les révélations de presse. Il présente aujourd’hui cet épisode comme une leçon comprise, dit avoir publiquement présenté ses excuses et affirme avoir depuis changé ses méthodes. Il se décrit même comme un « repenti », devenu un auteur qui cite abondamment, au point de redouter désormais les « zélés censeurs » armés de logiciels spécialisés.
Le texte prend ensuite un virage vers l’intelligence artificielle générative. Pour Étienne Klein, l’arrivée de ChatGPT a changé la donne : des textes produits à partir d’écrits humains, que leurs utilisateurs n’ont pas nécessairement lus, circulent désormais sous forme de paraphrases plus ou moins retravaillées. Il parle de « simulacres de travail » et de « sédiments numérisés et réarrangés », avant de poser une question plus large : que devient la notion même d’auteur dans un monde où une partie du travail intellectuel est remplacée par des calculs algorithmiques ?
C’est dans ce cadre qu’il vise ceux qu’il appelle les « chevaliers du logiciel ». À ses yeux, les personnes soucieuses d’originalité devraient s’attaquer avec la même énergie aux textes générés ou paraphrasés par l’intelligence artificielle.
Étienne Klein conclut sur un ton beaucoup plus offensif. Il dit ne demander qu’une chose : que ceux qui n’ont « jamais rien fait » contre l’inculture scientifique se retiennent de lui « faire la leçon ». Quant à ceux qui s’en prennent en priorité à ceux qui combattent cette inculture, il les prie d’« aller se faire voir ailleurs ».
Cette prise de parole intervient alors que l’affaire a pris une dimension institutionnelle majeure. Arrêt sur images a révélé que l’Université Paris Cité avait décidé de retirer à Étienne Klein son doctorat en philosophie des sciences, après une enquête de 20 mois sur le plagiat de sa thèse, menée par Loris Guémart et Jean Abbiateci. Le physicien serait aussi interdit de réinscription en doctorat. Contactée par ActuaLitté, l’université confirme avoir prononcé des décisions individuelles le visant, sans en préciser le contenu.
Arrêt sur images affirmait avoir identifié, dans sa thèse soutenue en 1999 — à l’Université Paris-Diderot, devenue Université Paris Cité, puis publiée aux Presses universitaires de France sous le titre L’Unité de la physique — des passages plagiés dans 88 des 429 pages du livre, avec des emprunts non signalés à une vingtaine d’auteurs et autrices, dont Louis de Broglie, Albert Camus, Jean-Michel Besnier, Gerald Holton ou Michel Paty, membre du jury.
À LIRE - Science et conscience : Étienne Klein face à de nouvelles accusations de plagiat
Les exemples relevés allaient de phrases isolées à des pages entières reprises sans guillemets ni attribution. Le média décrivait aussi une méthode consistant à citer un auteur une première fois, avant de reprendre de longs passages sans nouvelle mention. La présence de travaux de membres du jury parmi les sources concernées donnait à l’affaire une dimension académique particulièrement sensible.
Après ces révélations, l’Université Paris Cité avait ouvert une instruction conduite avec les référents à l’intégrité scientifique du Centre de recherche CEA, où Étienne Klein est directeur de recherche, et des experts du plagiat. Le CEA a indiqué avoir « pris connaissance » des sanctions et « agir en conséquence », sans autre commentaire.
L’affaire prolonge des accusations déjà formulées depuis 2016, notamment par L’Express, évoqué dans le texte d'Étienne Klein, sur des emprunts non crédités dans Le Pays qu’habitait Albert Einstein et certaines chroniques. En 2024, Étienne Klein avait reconnu avoir « enfreint certaines règles », présenté ses excuses et affirmé avoir depuis changé ses pratiques.
Reste que l’argument central de ses contradicteurs demeure inchangé : dans une thèse de doctorat, les emprunts doivent être identifiables, référencés et clairement distingués du propos personnel.
Sur X, Arnaud Saint-Martin, député LFI-NFP et sociologue des sciences, interroge désormais le sort de l’HDR d’Étienne Klein, un diplôme qui permet notamment d’encadrer des thèses. Après la publication du texte, il considère qu'Étienne Klein « ne mesure toujours pas la gravité de son pillage industriel ». Thomas C. Durand, docteur en biologie et animateur de chaine YouTube La Tronche en biais, juge la sanction « juste », tout en refusant « la mise au pilori » du vulgarisateur. Sollicité par ActuaLitté avant cette prise de parole sur X, Étienne Klein n’a pas répondu.
Sur X, Philippe Roi, chercheur en sciences cognitives, juge la faute « sérieuse », parce qu’elle touche à « l’intégrité académique », et rappelle que la rigueur universitaire « doit rester exigeante ». Mais il refuse de réduire Étienne Klein à cette sanction : « Un doctorat ne fait ni un homme, ni une œuvre et encore moins une vie », estimant que le physicien a offert depuis plus de 30 ans « une transmission rare de la physique et de la philosophie des sciences ». Pour lui, « l’erreur commise il y a un quart de siècle » ne peut effacer « une vie entière consacrée à éclairer les autres ».
Crédits photo : Étienne Klein (Yves Tennevin, CC BY-SA 2.0)
Par Hocine Bouhadjera
Contact : hb@actualitte.com
89 Commentaires
Jacqueline/JULIE
15/06/2026 à 10:47
JE PENSE QUE CET ARTICLE RETRACE BIEN LES ÉVÉNEMENTS PRÉSENTÉS ET LES PERSONNES INTERVIEWÉES RELATIVISENT LA PORTÉE DES FAITS . ILS ESTIMENT QUE LA SANCTION EST DISPROPORTIONNÉE (cf. THOMAS C.DURAND) .
PAR CONTRE JE NE COMPRENDS PAS LA POSITION DE MR ARNAUD ST MARTIN, SOCIOLOGUE DES SCIENCES . J'AI L IMPRESSION QU'IL NE MESURE PAS LES CONSÉQUENCES D 1 TEL VERDICT RENDU PAR L UNIVERSITÉ PARIS CITÉ SUR L AVENR PROFESSIONNEL DE MR ÉTIENNE KLEIN.
MME RIVAULT JACQUELINE, RETRAITÉE DOCTEUR EN GEOLOGIE, GEOLOGUE ET CLIMATOLOGUE-MÉTÉOROLOGUE AU PALAIS DE LA DÉCOUVERTE DEPUIS JUILLET 1981.
Munia
15/06/2026 à 11:40
« Essayer d’atteindre la zone où l’esprit pense en hésitant, où il se risque hors de sa propre expérience, où il s’offre avec une tranquille imprudence à toutes les polémiques. »
La philosophie du non de Bachelard ce n’est pas rien
Voilà où l’esprit scientifique devrait s’efforcer d’aller
Etienne Klein disciple avisé de Gaston est de cette espèce mutante et stimulante qui a dans son viseur une réforme subjective intégrale
Je l’écoute s’élancer avec une tranquille imprudence et prendre ses appuis un à un, en bon alpiniste qu'il est
Sans note, sans filet, sans peur, il nous ouvre la voie sur ce qui demeure pour le commun des mortels une paroi infranchissable
Un vulgarisateur ? Chez lui c’est un engagement et un projet total: culturel et politique
Qu’on ne s’y trompe pas
L’esprit scientifique est plus en sécurité avec monsieur Klein que dans les tiroirs de l’université
Quelques esprits chagrins lui reprochent une absence de guillemets ?
Rappelons-leur que le droit d’auteur doit tout a des arrêtés royaux.
Occupons nous plutôt à la suite de Diderot de restaurer un savoir collectif,anonyme,interactif
Bien plus utile que de diviser le jardin d’Academos, dont l’arbre est naturellement généreux, en petites parcelles…
Alain Jos
16/06/2026 à 16:32
Il est réconfortant de lire des commentaires comme le vôtre, qui, à l’instar d’autres, parvient à élever le débat.
Il est compréhensible, légitime et louable de tenir compte des exigences morales, professionnelles, éthiques, en s’appuyant selon le cas sur la législation en vigueur. Pour autant, il est légitime et souhaitable aussi de savoir garder ses distances par rapport aux « grands principes », lorsque plaqués autoritairement, de ne pas se laisser submerger par des réactions primaires d’indignation, des réflexes de coupeurs ou réducteurs de têtes « trop bien faites ». Ne cédons pas, au nom de la notion de propriété intellectuelle, à une certaine facilité intellectuelle qui consisterait à généraliser et simplifier hâtivement, à statuer et conclure sans avoir suffisamment pesé les situations, le plus objectivement possible. Il ne faut pas s’abriter derrière le mur factice de la stricte légalité, en essayant ainsi de combler nos frustrations et nos faiblesses.
Sachons distinguer la déviance sociétale que constitue un plagiat avéré du dévoiement d’une pensée obnubilée par cette déviance au point de se déconnecter de la réalité de risques sociétaux essentiels, lesquels lui échappent alors à cause d’une ouverture de champ rétrécie.
Ne délaissons pas les « vrais » problèmes, les « vrais » enjeux, les besoins et aspirations profonds. Ne confondons pas une éthique « à bon marché », repliée sur elle-même, taillée à la serpe, avec une éthique fondamentale ouverte, tolérante, indispensable au progrès scientifique en particulier, et humain en général. C’est une condition pour faire face aux menaces de déviances majeures - elles - mettant en péril une rationalité et une sagesse à vocation et à taille humaine, une démocratie authentique incompatible avec les tendances autocratiques à l’affût.
munia
18/06/2026 à 19:42
La légalité stricte ne doit pas être "le moyen de combler nos frustrations et nos faiblesses".
Vous pointez parfaitement ce qui se passe y compris sur les tendances autocratiques évidentes et multilatérales, surgissant de là où on ne les attendait pas ou moins, ce qui ajoute à la complexité du moment. Merci
Alain Jos
24/06/2026 à 11:47
Munia, merci pour apporter dans chacun de vos commentaires, chacune de vos réponses, un niveau de pertinence, de profondeur aussi élevé, qui tranche heureusement avec tant d'autres. En plus, avec une qualité et une élégance d'écriture que l'on ne peut qu'admirer et vous envier.
Ollivier du Val
16/06/2026 à 11:16
Encore une suite à l'affaire Etienne Klein
Comme je l'ai dit précédemment sur un précédent article paru ici même en substance que EK était un symptôme et non le mal.
Doctorat avec félicitations du jury.
Voilà donc des personnes qui accordent le titre suprême de l'intelligence humaine (désolé pour l'ironie lourde) sans remarquer le plagiat de Mr Klein.
Lui est poursuivi, sanctionné. Mais rien envers les autorités qui ont accepté son travail.
Je pose humblement la question
Sont elles compétentes pour évaluer et censurer alors un travail de ce type ?
Cette affaire m'en rappelle une autre celle des Frères Bogdanov
Les deux, avec la désinvolture dont ils étaient coutumiers et qui leur coûta la vie, s'étaient mis en tête de soutenir chacun un doctorat sur ce qui s'était passé AVANT le soit disant Big Bang.
Là nulle question de plagiat, mais l'inverse, le côté délirant, pseudo scientifique et canularesque de leur démarche.
Leur travail après bien des déboires, fut accepté. Certaines de leurs recherches publiées dans classical & quantum gravity.
Ce fut alors que John Baez (cousin de l'artiste bien connue) lança une offensive contre les Bogdanov.
Honnêtement quand on étudie le travail des jumeaux il n'est ni meilleur ni pire que ce qui ce publie dans ce domaine à l'interface de la Physique et des Maths.
Et les travaux de John Baez sont du même tonneau
En clair c'est l'hôpital qui se moque de la charité.
Si l'on promouvait la Liberté Absolue de Publication, à l'exception de la diffamation et des menaces envers autrui, ce genre de problème serait évité.
J'ai rencontré Etienne Klein lors d'une de ses conférences à l'espace Mendès France à Poitiers en 2002, où il expliqua de façon lumineuse à un public qui s'étonnait de cet étrange phénomène de la relativité du temps. Quand vint la session des questions, je posais la mienne.
Avec une certaine provocation, je lui assénais que le Big Bang rentrait en contradiction avec la Relativité du Temps qu'il venait d'expliquer. Mon argumentation ne fut pas mathématique, mais narrait une expérience de pensée.
Il me dévisagea gentiment un peu étonné, je ne suis pas sur qu'il comprit où je voulais en venir.
Des années plus tard, dans le réseau de la BM de Angoulême, alors que je tuais le temps, je découvris et lus le roman de Science-fiction de Poul Anderson Tau Zéro qui décrivait (en 1970) dans le détail "mon" expérience de pensée !
Ainsi bien malgré moi, j'étais devenu le plagiaire de Poul Anderson !
Je m'inquiète vais je être poursuivi ?
En tout cas en 2002, ni Etienne Klein, ni personne dans le public n'avait remarqué mon emprunt.
Je trouve cela très instructif.
Ollivier du Val.
Munia
17/06/2026 à 10:20
En bonne littérature apologue n’est pas injure.
Mais en l'espèce l’odeur de la meute imprègne l’accusation
Le procédé est récurrent: d’abord désigner le coupable puis porter le crime sur la place publique pour le convaincre de sa forfaiture.
Où est le tribunal ? Que plaident les avocats de la défense ? Les plaignants eux-mêmes ? vivants ou morts ?
Peu importe pourvu que la meute passe et rase.
Voilà un homme de 68 ans, malade, dépouillé de sa vie, de son oeuvre, de sa passion, de son labeur, de son travail puisqu’il vient de perdre son habilitation à diriger des recherches au CEA,de sa dignité, de son honneur. Et ce sans espoir de retour. Ni réhabilitation ni réparation.
Les censeurs jubilent, le roi est enfin nu
Trop symbolique, trop lu, trop prolixe, trop vu, trop doué, trop d’honneurs,trop entendu, trop curieux, trop, trop.
Il ne fait pas bon être un homme blanc libre cultivé exubérant abondant itinérant de + de 50 ans par les temps qui courent, beaucoup trop vite.
Plus dure sera notre chute, collectivement .
Je suis une femme et je ne m’en réjouis toujours pas.
Les commentaires qui précèdent apaisent qui cherchent le juste équilibre et la part des choses.
Dire que nous entrons dans la centrifugeuse de l' ia démunis de cette humanité qui sera pourtant notre seul rempart pour entrer sans sombrer dans le monde sous vide qui nous asphyxie déjà.
L’époque suffoque dans ses tourments accusateurs.
Il fut un temps ou “l’emprunt” entre scientifiques était peu ou prou autorisé, en tout cas pas une chasse gardée.
On peut interroger cette pratique bien sûr, trouver quelque forme de compensation et d’équilibrage
Mais pour que le miel coule dans la ruche il faut des pollinisateurs.
“La reconnaissance est dans sa nature comme le parfum dans la fleur “aurait dit Jean Rostand s’il l’avait rencontré.
D'après ce que je croix deviner de lui Etienne Klein est incapable de résister à une formulation juste.
Il l’embarque telle quelle dans sa besace et fonce, innocent, guilleret, à travers champs et alpages.
Tout auteur est un peu voleur.
Thomas Mann dans son “principe de montage “dit: “une pensée n’a pas de propriétaire ce qui importe c’est de l’intégrer dans l'engrenage spirituel de l’oeuvre”
Etienne Klein s’il est jugé devrait l’être à minima en tenant compte de cette double postulation , scientifique et artiste.
Efforçons-nous de laisser des empreintes positives, renouons avec "une raison douce, humaine, indulgente, qui étouffe la discorde et affermit la vertu".
C’est aussi çà l’esprit Voltairien..
Ollivier du Val
17/06/2026 à 16:56
Chère madame Munia.
Merci pour votre beau et noble texte qui rappelle non seulement les fondements de notre humanité qui fait que nous restons (mais pour combien de temps encore) une véritable civilisation adossée à une véritable culture.
Bien à vous Madame
Ollivier du Val
munia
18/06/2026 à 12:14
Merci. Je ne sais plus qui disait que l’humanité est condamnée au progrès à perpétuité mais notre humanité l’est tout autant dans ce climat de vindicte généralisé..
Je suis allée sur le site d'"arrêt sur images" dans l’espoir de vérifier précisément le recensement des emprunts dans la thèse d’Etienne Klein.
A la place un résumé des pages 240 à 259 dont 4 pages indemnes.
S’ensuit un index par auteur pillé mais les pages incriminées ne sont pas stabilotées comme celles du résumé et pas d"indication de numéro de pages.
Difficile de s'y retrouver.
Lambros Couloubaritsis qui fait partie des pillés estime que la frontière est floue entre l’emprunt et la mutualisation d’idées quand on a fait quantité de séminaires communs, connu des "rapports scientifiques durables".Il estime que le plagiat dans ce contexte devient “comme une sorte de rapport de filiation “
Une autre avoue que “l’attachement à la notion d’auteur lui est assez étranger et la propriété intellectuelle pollue plus les esprits qu’elle ne les pousse à la création”
Un autre souligne son "attachement aux valeurs d'intersubjectivité".
Au final rien de bien méchant de la part des “plagiés” plutôt porteurs de lumières que de foudre…
Plus grave me paraît le pillage des jeunes doctorants dont j’entends la souffrance y compris dans ce blog.
Car c'est tout de même l’éléphant dans la pièce.
Il ne faudrait pas que le lynchage expiatoire de Klein serve à colmater ce mur de silence
Sans institutionnalisation des pratiques d’intégrité au sein même de l'université, le poisson continuera de pourrir par la tête.
En témoigne le recul assez préoccupant du nombre de doctorants.
Enfin vous l’avez justement rappelé, l'université qui annule ce diplôme s’est rendue coupable de l'accorder.
Qu’elle s’applique donc une sanction en conséquence me paraît la moindre des choses.
Ollivier du Val
18/06/2026 à 12:49
C'est moi qui vous remercie Madame.
Et en plus votre commentaire est précis et clair, et extrêmement bien informé.
Il serait temps de remettre les choses à leur juste mesure.
Bien amicalement à vous Madame Munia,
Ollivier du Val
Uracile
17/06/2026 à 12:07
Quand E. K. a soutenu son Phd à la fin du XX eme siècle, il y avait déjà des jurys possédant pour la plupart des thèses d'états pour les plus vieux membres et des Hdr pour les plus jeunes, ils n’ont rien vu ces membres du jury ? Mais si bien sûr, c'est vrai ce ne sont que des universitaires en épistémologie mais bon ils connaissent un peu. Je pense que ça leurs à plu ce panaché, ce cocktail de ”grandes” citations reprises et mises en parallèle, et ça m'a plu pas mal à moi aussi, ça changeait un peu de la rhétorique classique des thèses de philo.
Aussi je pense qu'il est absurbe d'enlever cette thèse, c'est une gesticulation de plus de jaloux de bornés de retrécis et j'aimerais bien lire leurs thèses ou leurs papiers à ces gens là haha ha
Manuel
17/06/2026 à 12:13
Invalider son doctorat ne changera pas grand chose ; ça donne une bonne raison de ne pas l'aimer à ceux qui ne l'aiment pas, et ceux qui l'apprécient continueront de l'apprécier.
En revanche ça décrédibilise complètement les membres du jury de la thèse et ce système de soutenance.
balanche Didier
17/06/2026 à 15:40
J'en pense que je n'ai pas regarder "arrêt sur images" et qu'il est possible que EK ait repris des passages ou citations d'auteurs sans le signaler. Mais bon tout dépend si cela était récurrent et surtout l’importance des phrases reprises du point de vue contenu. Si c'est le résultat de réflexion approfondie n recherches voire de calculs sur des sujets complexes ou si c’est sans incidence car "superficiel" ce n'est pas la même chose. IL est possible qu'un certain nombre d'écrivains et/ou journalistes et /ou scientifiques aient fait de même. D'ailleurs cela ne devrait-il pas le coup de chercher si certains ont le temps de le faire ?
Bref je n'ai pas de parti pris et je me garderais de juger, cela ne change rien au fait que EK a toujours été pour moi une personne plutôt solide scientifiquement et philosophiquement et très pédagogue. Également plutôt humaniste dans ses propos et réflexions.
Par ailleurs je vois mal EK choisir délibérément reprendre pour son intérêt des points importants d'autres auteurs et en avoir fait sa routine. Si EK était léger dans son travail de scientifique et vulgarisateur , ça se saurait.
Bonne continuation à EK qui je pense va pouvoir éclaircir tout ça , ramener les choses à leurs justes places, et se sortir d'un battage médiatique qui parfois arriverait à faire passer pour cambrioleur de premier ordre ou charlatant une personne qui aurait gardé un billet de banque trouvé sur son chemin.
Je ne disculpe personne, je veux dire qu'il faut faire de plus en plus attention aux médias bouffeurs , garder mesure, discernement et éviter les préjugés.
Sophie Macrunet
18/06/2026 à 10:40
Réponse à Didier Balanche :
Donc, selon vous, si le plagiat est récurrent, d'importance, et non issu d'une réflexion approfondie, il faudrait condamner la pratique de M. Klein, j'ai bien compris votre propos ?
Christophe
18/06/2026 à 09:27
Reprise d'idée ou reprise de texte, là est à mon sens la différence entre plagiat et transmission. On peut aimer et faire sienne une idée qu'on a lu on ne sait plus où mais il est plus qu'improbable qu'on l'a reprenne mot pour mot et virgule pour virgule. Par contre, un copié-collé, surtout s'il reprend plusieurs phrases, est nécessairement conscient et relève du plagiat si la source n'est pas citée. Une idée n'appartient à personne, l'intérêt est l'idée, pas qui l'a émise à priori pour la première fois. Un texte est l'œuvre d'un auteur qui doit être cité quand il est repris, c'est une question de respect et d'honnêteté.
ChrisD99
18/06/2026 à 09:29
J'ai lu tous les commentaires et pour beaucoup il est sympa il n'a pas l'air bête suffit à l'absoudre.
Pourtant il a pillé la carrière d'autrui il a pris la place de.
L'effondrement moral et l'impunité qui en découlent sont la base de nos sociétés démocratiques décadentes.
Réfléchissez vite au jour où vous serez relégué car le menteur le voleur sera absout et vous vous aurez juste tout perdu .
La France toxique en cours ...
Ollivier du Val
18/06/2026 à 12:39
Cher ChrisD99,
D'abord toutes mes félicitations pour votre lecture des précédents commentaires, car ils commencent à être fort nombreux, ce qui montre l'ampleur que "l'affaire Etienne Klein".
J'ai soutenu ici la clémence envers Etienne Klein mais je partage (& approuve totalement) votre point de vue.
Et je n'y vois aucune contradiction.
Que l'on critique, que l'on condamne, que l'on brocarde Etienne Klein (je ne m'en prive pas !) est certainement nécessaire et salutaire.
En revanche, le climat de chasse à l'homme, et de lynchage dont il est l'objet me révulse profondément. Et je réagirais de même envers n'importe qui.
Naturellement cher ChrisD99, je ne vous range pas dans cette dernière catégorie en me joignant pleinement à vos propos.
En effet le fait que Etienne Klein soit sympathique, BCBG, talentueux et charmeur (et j'ajouterais narcissique) ne constitue absolument pas une ligne de défense sérieuse.
Mais l'état de fait que vous décrivez existe depuis des décennies dans l'institution académique internationale, et celà est pleinement accepté, mais reste caché. De véritables charlatans y font carrière.
Le jugement par les pairs, les comités, les "referees", me font songer à des sociétés secrètes, voire des maffias. Plus de clarté, plus de liberté, plus de démocratie, moins de pouvoir, serait salutaire.
Le malheur de Étienne Klein c'est qu'il s'est émancipé de cet état de fait, qu'il parle au plus grand nombre.
Si Etienne Klein était resté confiné dans l'institution académique, il aurait pu pompé, pompé, et pompé encore sans être autrement inquiété.
Et c'est un état de fait que bien des Universitaires, des étudiants, des doctorants et autres thésards ont conscience.
Et oui, cher ChrisD99, celà est profondément révoltant et toxique.
Bien amicalement à vous
Ollivier du Val.
Amelie lua
18/06/2026 à 19:47
A titre liminaire j espère mettre des guillemets aux phrases et mots que je risque d emprunter à votre article toujours à titre liminaire ( je prends mon temps également dès lors qu il vs a fallu attendre cette année pour revenir sur 1 thèse de 1999)je precise que je suis 1 femme de 79 ans et que selon "une croyance" idiote mais bien tenace il a été décrété qu étant femme mon cerveau ( ou ma cervelle) selon le degré de machisme de l époque je n étais pas apte à m intéresser au domaine de : LA SCIENCE faute d être dotée naturellement des capacites nécessaires. Etienne Klein a été et reste pour moi " un vecteur de connaissances qu qu il partage " au surplus il " combat l inculture" il rend accessible un domaine tres hermétique jusqu alors . Bizarrement ça n est que maintenant que des specialistes se rendent cpte que certains passages de sa thèse ont ete " plagies" et alors ? il leur a fallu attendre que " L IA" mette à leur disposition un" logiciel spécialisé " et 2 ans pour mettre en exergue le plagiat ?
en effet " les zélés censeurs" ne pourraient pas également s attaquer à toutes les erreurs qui circulent sur les reseaux sociaux et autres ecrits delirants qui se disent r Scientifiques ou philosophiques
Je pense que le "savoir partagé " est bon d où qu il vienne nous vivons à l epoque du plagiat institutionnalisé par l utilisation de " L IA" c est en 1999 qu il aurait fallu faire le travail la question que je me pose est en etiez vous capables et combien de thèses vont elles subir le même sort? Etienne Klein est médiatisé d où l intérêt de remettre son travail en question pour ma part je lui garde tte mon admiration et le remercie du savoir qu il transmet quelle qu en soit la source
Je poste mon commentaire pas de relecture
Amélie
Florence de Beaumont
18/06/2026 à 20:51
Mais qu'on lui foute la paix ! n'y a-t-il pas des sujets beaucoup plus sérieux à traiter en ce moment ? ?
Albertine Davaly
19/06/2026 à 09:54
@Florence de Beaumont :
Pour reprendre votre argumentaire, que faites-vous ici à lire un article et prendre le temps de commenter alors qu'il y a tant de sujets plus importants ?
Défendre l'intégrité scientifique ne vous semble d'ailleurs pas important ? Surtout qu'il s'agit d'un Étienne Klein qui défend la parole argumentée, sourcée et honnête à longueur de conférences, on peut être surpris qu'il fasse un usage si intense du plagiat.
Munia
19/06/2026 à 13:48
Je suis heureuse de constater que les femmes montent de plus en plus au créneau
Comme Amélie je considère qu’Etienne Klein est un solide combattant et un précieux vecteur pour les sans bagage scientifique dont je suis aussi malheureusement
Mettre à notre portée le vide, la mort, le temps ( je ne mets pas de guillemets puisqu’il n’y a pas d’auteur…) il fallait l’oser.
Une femme à ma connaissance, Agnès Chauveau, à l’époque directrice exécutive de l’école de journalisme de Science Po et dont on connaît la contribution brillante à l’ina ,avait déjà été éjectée de son poste sur suspicion de plagiat émanant d'”arrêt sur images”…
Rappelons qu’elle est docteur en sciences politiques et spécialiste des médias…
Concernant l’affaire Klein je n’ai à ce stade aucune vision claire de ce qui a été “pillé” que des extraits à “charge” mais ce recopilleur m’a tout l’air d' un bidouillage de fortune
L’ia générative va en effet rebattre les cartes.
Rendre les plagiats indétectables, générer elle-même des textes à longue portée.
Une armée de mots sans chef. Ou avec.
Il est probable que nous n’y verrons que du feu, car la notion d’auteur aura sombré corps et biens…
Amelie Lua
20/06/2026 à 21:15
Merci Munia
GeraldineJ
20/06/2026 à 06:44
Juste une affaire personnelle. Des jaloux grrr et donc de sa .es types
Roudoudou1
22/06/2026 à 16:37
Toute cette polémique est vraisemblablement orchestrée par quelques chercheurs aigris (voire LFIstes .. 😉) et jaloux de la visibilité d'Etienne Klein
Quand on sait qu'Arrêt sur Images est une toute petite rédaction marquée à l'extrême gauche, on se doute bien que quelqu'un a du les mettre sur la piste d'une thèse publiée en...1999
Lionel Montoliu
23/06/2026 à 19:56
Que n'ai-je pas lu ? Certains ont affirmé que 80 % de sa thèse serait du plagiat. Or, l'article ci-dessus évoque « des passages plagiés dans 88 des 429 pages du livre », soit environ 20 % des pages, et non 80 % du contenu.
Si l'on considère qu'il s'agit généralement de quelques lignes par page sur des pages comportant 30 à 40 lignes, on arrive à une proportion de texte concernée qui semble bien plus faible, de l'ordre de 1 %. Cela ne change pas la réalité de la faute, mais montre que la manière de présenter les chiffres n'est pas toujours neutre.
Par ailleurs, les premières accusations sont apparues peu après sa nomination à la présidence de l'IHEST. Certains éléments me laissent penser que cette concomitance n'est peut-être pas totalement fortuite.
Pour ma part, je considère qu'il a effectivement commis une faute en ne citant pas correctement certaines reprises de textes. Sa réponse actuelle aux critiques ne me paraît d'ailleurs pas particulièrement convaincante. En revanche, lorsque j'entends dire qu'il aurait « fait sa carrière sur le dos des autres », cela me semble excessif. Il avait déjà 41 ans lorsqu'il a soutenu cette thèse et sa carrière scientifique était alors largement établie.
Quant à ses qualités d'orateur et de vulgarisateur, quiconque a assisté à ses conférences ou écouté ses interventions aura sans doute du mal à les nier.
Il me semble donc injuste de réduire toute une vie de travail et de transmission à une faute réelle, mais dont l'ampleur mérite d'être examinée avec mesure.
D'autant que bien d'autres personnalités publiques, dans des domaines variés, bénéficient parfois d'une indulgence surprenante malgré des manquements autrement plus graves.
Bien respectueusement envers les avis contraires.
Alain Jos
24/06/2026 à 11:51
Merci pour votre commentaire qui ramène les faits et leur interprétation à leur juste mesure, avec la perspective élevée qu'ils méritent.
Guyot nelly
25/06/2026 à 15:03
Je suis tombée par hasard, un jour, sur Deezer, sur la conférence d’Etienne Klein : le débat quantique.
J’avais tenté plusieurs fois de comprendre cette physique, le chat de Schrodinger et autres exemples… en vain…
Jusqu’à l’audition de cette conférence qui m’a happé dans un nouveau monde et qui m’a ouvert des pans de mon esprit.
Depuis, je suis devenue une fidèle lectrice d’Etienne Klein, auditrice de la Conversation Scientifique.
Et ce qu’il m’a apporté intellectuellement - à moi et à tant d’autres si l’on en croit les témoignages, par sa capacité à rendre accessible des notions bien compliquées, - ce qu’il m’a apporté donc, efface complètement ce sujet de plagiat.
Plagiat de quoi.
Chaque fois que l’on s’exprime, on s’inspire de ceux qui nous ont éduqués.
La culture, c’est ce qui reste quand on a tout oublié.
C’est un ami qui m’a dit cette phrase il y a 30 ans. J’aurais dû mettre des guillemets…
Je viens de vérifier, histoire de ne pas être accusée de plagiat. Elle est d’Edouard Heriot.
Mais elle est surtout à méditer …
Tout mon soutien à Étienne Kleinet à tout ceux qui œuvrent pour la transmission du savoir.
Franck Nicolas
15/07/2026 à 12:45
Pour moi, il y ici comme ailleurs un investissement de 2ans aidé par IA dans le but de décridibilser ceux qui osent encore lutter contre les désinformations. Ceux qui lui auront donné les félicitations en 1999 seront il sanctionné ?