Le Club des juristes et le cabinet August Debouzy ont attribué la 15e édition du Prix Olivier Debouzy à Liberté, Dignité, Habitabilité, court essai publié chez Gallimard. Cosigné par le philosophe Baptiste Morizot et le juriste Laurent Neyret, l’ouvrage propose d’inscrire l’habitabilité du monde parmi les grandes valeurs protégées par le droit.
Le 12/06/2026 à 10:06 par Dépêche
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12/06/2026 à 10:06
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Le Club des juristes et le cabinet August Debouzy ont dévoilé, le 11 juin, le lauréat de la 15e édition du Prix Olivier Debouzy. Le jury a distingué Liberté, Dignité, Habitabilité — Donner au siècle la valeur qui lui manque, cosigné par Baptiste Morizot et Laurent Neyret, paru dans la collection Tracts Gallimard en avril 2026.
Créé en 2011, ce prix récompense des travaux juridiques remarqués pour leur audace, leur créativité et leur originalité. L’édition 2026 était présidée par Marie-Hélène Bensadoun, avocate à la Cour et associée du cabinet August Debouzy.
Le jury réunissait également Blanche Savary de Beauregard, directrice juridique et secrétaire du conseil d’administration de Mistral AI, Thibaut Fleury Graff, professeur de droit international à l’Université Paris-Panthéon-Assas, Jean-Baptiste Parlos, premier président de la cour d’appel de Rennes, Julie Klein, professeure à l’École de droit de Sciences Po, Florence Galtier, directrice juridique groupe de la RATP, Jérôme Sibille, directeur de l’administration générale et des affaires juridiques de LVMH, et Arthur Dethomas, associé du cabinet Hogan Lovells.
Dans Liberté, Dignité, Habitabilité, Baptiste Morizot et Laurent Neyret partent d’un constat formulé comme une question : pourquoi le droit de l’environnement, malgré son développement, « plafonne-t-il » face aux enjeux écologiques du siècle ? Leur réponse tient à une lacune de fondation : le droit protège les valeurs qu’il nomme, comme la liberté, l’égalité ou la dignité, mais n’a pas nommé ce que les auteurs présentent comme leur condition première, l’habitabilité du monde.
Le livre défend ainsi l’inscription de l’habitabilité dans une même séquence que liberté, égalité et dignité. Les auteurs s’appuient notamment sur le précédent de Nuremberg : face à des crimes qui excédaient les catégories juridiques existantes, le droit a consacré la dignité humaine. Morizot et Neyret proposent d’appliquer un raisonnement comparable aux menaces pesant sur les conditions de la vie sur Terre.
L’ouvrage ne se limite pas à un diagnostic : il avance des voies de constitutionnalisation, de criminalisation et d’internationalisation du « principe habitabilité », en prenant appui sur des évolutions jurisprudentielles récentes, notamment du Conseil constitutionnel, de la Cour internationale de justice et de la Cour pénale internationale.
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Baptiste Morizot enseigne la philosophie à Aix-Marseille Université et travaille sur les relations entre les sociétés humaines et le vivant. Laurent Neyret est professeur de droit à Sciences Po, où il enseigne le droit face à l’urgence écologique. Publié au prix de 4,90 €, Liberté, Dignité, Habitabilité s’adresse à la fois aux professionnels du droit et au grand public.
L'année dernière, le magistrat Antoine Garapon avait reçu le 14e Prix Olivier Debouzy pour son essai Une autre justice, la voie restaurative (PUF).
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Crédits photo : PolitUnion, CC 0
Par Dépêche
Contact : depeche@actualitte.com
Paru le 16/04/2026
64 pages
Editions Gallimard
4,90 €
Paru le 31/08/2022
330 pages
Actes Sud Editions
9,90 €
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Delbs
14/06/2026 à 18:03
A lire absolument... La beauté, c'est que ça a l'air tellement évident une fois ainsi posé.