Un certain sentiment d'urgence dominait les Rencontres nationales de la librairie, à Rennes, ces 7 et 8 juin. La situation économique des commerces indépendants est en effet préoccupante, d'autant plus que les perspectives ne sont pas engageantes et que l'action publique manque de moyens... Alexandra Charroin-Spangenberg, cogérante de la Librairie de Paris (Saint-Étienne) et présidente du Syndicat de la Librairie française, et Guillaume Husson, délégué général de l'organisation, reviennent pour ActuaLitté sur les sujets du moment.
Le 10/06/2026 à 14:53 par Antoine Oury
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10/06/2026 à 14:53
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ActuaLitté : La ministre de la Culture Catherine Pégard s'est arrêtée, ce jour [l'entretien a été réalisé le lundi 8 juin, NdR], aux Rencontres nationales de la librairie. Qu'a tiré le SLF de cette rencontre ?
Alexandra Charroin-Spangenberg : La ministre de la Culture a pris le temps de nous écouter, ce qui est positif. Elle avait déjà fait la démarche, peu après sa nomination, de solliciter le Syndicat de la librairie française. Sa venue a été l'occasion pour elle d'échanger avec plusieurs libraires, avant d’assister à un atelier sur les jeunes et la lecture, ce qui était en phase avec certains de nos propos concernant l’importance du Pass Culture ou de l’opération Jeunes en librairie.
Le Centre national du livre (CNL) travaille sur un projet de taxe afin de financer l'action publique pour le livre et la lecture. Cette piste a également été évoquée par le SLF il y a quelques jours. Quels en seraient les contours ?
Alexandra Charroin-Spangenberg : Nous avions déjà présenté ce projet de taxe à la ministre quand nous l'avions rencontrée en avril dernier. Nous avons insisté dessus ces derniers temps car, étant donné le peu d’espoir de voir le budget du ministère de la Culture augmenter miraculeusement, trouver d’autres moyens de financement reste la seule possibilité à ce jour.
Pour l'instant, nous n’avons pas de plan à proprement parler, notamment sur les contributeurs de cette taxe. Nous avons lancé des pistes en regardant les modèles actuels dans les secteurs du cinéma ou de la musique, notamment autour des grandes plateformes. Aujourd’hui, quels sont les gros faiseurs dans la distribution du livre ? Il faut poser la question, étudier les possibilités et les manières de faire fonctionner cette taxe. Nous n’avons pas, à ce jour, d’idées arrêtées sur la manière dont cela peut être mis en œuvre ou sur les acteurs qui doivent y contribuer. Il est nécessaire que cette idée devienne un projet politique et que l’on travaille tous ensemble à sa conception.
Elle pourrait donc concerner aussi bien les éditeurs, que les grandes surfaces spécialisées ou les plateformes ?
Alexandra Charroin-Spangenberg : Cela se travaillera avec le politique. Ce que nous soulignons, pour notre part, c’est qu’il est nécessaire de trouver des moyens de financement, et que des taxes de ce type existent pour tous les autres secteurs culturels, comme le cinéma, la presse ou l’audiovisuel. Ainsi, tous les autres secteurs en bénéficient, ce qui génère des sommes assez conséquentes par ailleurs, quand le livre, première industrie culturelle en termes de chiffre d’affaires, n’en a pas. Cela parait donc logique de mettre en place une taxe et d’aller chercher des fonds où il y en a.
Quelle est la temporalité pour la mise en place de cette taxe ?
Alexandra Charroin-Spangenberg : Le CNL a perdu 22 % de ses subventions en deux ans, il ne pourra donc rien faire de plus, et il fait déjà beaucoup. Le Centre national du livre a d’ailleurs pris garde à préserver la librairie dans le fléchage des aides, mais il doit aussi soutenir d’autres acteurs de la chaine.
D’un point de vue politique, une telle taxe se décrète à l'occasion d'un plan de finances, qui sera décidé d’ici l’été. La question est donc urgente : c’est le moment de faire passer cette mesure, à moins de la repousser d’un an. Ce qui signifie après l’élection présidentielle, et nous laisse donc dans l'inconnu.
Lors de ces RNL, Renaud Lefebvre, directeur général du Syndicat national de l'édition (SNE), ne s'est pas montré très enthousiaste à l'idée d'une taxe qui concernerait les éditeurs...
Alexandra Charroin-Spangenberg : Je l'ai bien compris. L’idée est de discuter de la méthode. Le fait est que la librairie a besoin d’une aide urgente et massive. Concrètement, avec les retours de terrain que nous avons, l’été sera décisif en termes de fréquentation : les librairies qui sont dans des zones touristiques ont d'ores et déjà beaucoup souffert de la baisse du tourisme. À moins d’une amélioration dans les prochains mois, certaines se poseront de sérieuses questions quant à la continuité de leur activité en fin d’année.
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Nous avons par ailleurs compris que les diffuseurs sont moyennement enthousiastes à l’idée de céder deux points de remise commerciale supplémentaires à toutes les librairies indépendantes, sans même parler de quatre. Très bien, mais, dans ce cas, trouvons des solutions et, pour notre part, nous proposons cette idée. Si le SNE en a d’autres, parlons-en, discutons-en. Nous sommes une même chaine du livre, dans laquelle les auteurs et les petits éditeurs souffrent aussi. Plus nous travaillerons collectivement, plus nous aurons de chances d’assurer la pérennité de tout le monde.
Les éditeurs, de leur côté, sont particulièrement actifs sur le sujet du livre d'occasion, et souhaitent la mise en place d'une taxe sur les ventes réalisées par les plateformes. Qu'en pense le SLF ?
Alexandra Charroin-Spangenberg : Nous comprenons parfaitement l'importance de ces notions de droit d’auteur et de droit de suite pour les éditeurs, et nous ne la remettons pas en question, mais l’étude de Xerfi présentée à l'occasion de ces RNL a montré que ce ne sont pas les libraires indépendants qui assurent les ventes d’occasion - nous en faisons, mais à la marge. Donc, pour nous, ce n’est pas un sujet criant.
Pour revenir au sujet des remises commerciales, le SLF fait valoir l'article 2 de la loi sur le prix unique du livre, qui obligerait les éditeurs à offrir des conditions plus avantageuses au circuit qualitatif par rapport au circuit quantitatif. Ici aussi, l'interprétation du SNE diffère de celle du SLF. Comment trancher ce débat ?
Guillaume Husson : Il faut, calmement, revenir sur la loi de 1981 et les débats ayant mené à cette législation. Pourquoi les parlementaires ont-ils voulu intégrer cette disposition ? À l’époque, le SLF n’existait pas et le grand syndicat du secteur était la Fédération française des syndicats de libraires (FFSL), qui était contre, avant de changer d’avis. Rappelons que des éditeurs aussi s’opposaient à cette législation, dont [Claude] Gallimard. Mais la principale raison de l'opposition de la FFSL se fondait sur une inquiétude, que nous partageons aujourd’hui : comment répercuter les hausses de nos charges si la fixation du prix public ne nous appartient pas ?
À l'époque, la solution trouvée par les parlementaires et le ministère de la Culture a donc été la suivante : le prix unique du livre est institué, mais, comme il n’est pas possible de répercuter les charges des libraires sur les tarifs, celles-ci seront donc répercutées en amont, sur la remise accordée par les éditeurs.
Renaud Lefebvre a beau ne pas être d'accord, il s’agit de la logique qui a conduit à l’instauration de cet article 2 de la loi de 1981.
Bien sûr, nous n’aurons jamais d’accord direct avec les éditeurs sur ce point. Ils assurent que l’on ne peut pas prendre à l’édition pour financer la librairie, mais, cela étant dit, la loi Lang souligne que l'on devrait prendre à Amazon, Leclerc, Auchan ou d'autres pour mieux rémunérer une librairie de qualité.
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Nous mettons ce sujet sur la table pour qu’il soit enfin abordé. Nous en avons parlé à la ministre ce matin, en rappelant que la loi Lang relevait de sa responsabilité. C’est un travail que nous amorçons, mais il faut ouvrir ce chantier, car la situation actuelle est l’inverse de ce que préconise la loi Lang.
Et si les divergences persistent quant à la lecture de cet article 2 ?
Guillaume Husson : Si nous n’avons pas la même lecture de la loi, nous ferons travailler le Médiateur du livre ou d’autres pour tirer cela au clair et parvenir à une compréhension commune de cet article et de sa philosophie.

Nous n’avons pas pour habitude de saisir la justice immédiatement, nous privilégierons d’abord la discussion, la concertation et la compréhension mutuelle. Nous l’avons fait récemment sur le marquage des prix : nous aurions pu attaquer les éditeurs et obtenir gain de cause à partir de la loi Lang, mais nous avons privilégié une démarche intelligente autour du Médiateur du livre, avec la signature d’une charte.
Nous sommes dans le même esprit pour la question des remises et de l’article 2, mais si nous n’obtenons rien, nous aviserons pour la suite.
Une étude présentée lors des RNL s'arrêtait sur le phénomène de surproduction. La « logique de flux », expression que l'on utilise parfois pour parler d'Amazon et de l'offre pléthorique qu'il propose, n'a-t-elle pas commencé avec les grands groupes d'édition ?
Alexandra Charroin-Spangenberg : Cette étude rend compte d'une certaine baisse de la production, ces dernières années, à l’exception des rééditions. Romain Corler, de l'agence AQOA [qui a produit l'étude, NdR], observait que ce phénomène autour des rééditions témoignait aussi d'une attention des éditeurs pour leurs fonds, en cherchant à le proposer sous différentes formes. D’une certaine manière, on pourrait dire que cette tendance est positive car elle permet de faire vivre le fonds, auquel les libraires indépendants sont très attachés.
La logique de flux me semble plutôt du côté d’Amazon, car les éditeurs produisent encore de véritables ouvrages imprimés, signés par des auteurs humains.
Guillaume Husson : Il est néanmoins certain qu'il y a une logique de flux, sur de vrais livres, avec de véritables éditeurs, qui est de plus en plus difficile à gérer pour les libraires. La baisse est notable, ces dernières années, mais, quand on considère la situation depuis 2000, la croissance de la production atteint quand même 57 %. Si l’on élargissait un peu plus la focale en partant des années 1980, cette croissance serait encore plus folle, avec une production qui double ou triple, sans que le nombre de lecteurs au sein de la population ne suive.
Mais quand des clients demandent des livres qui n’ont jamais existé, car il s'agit de titres inventés par l’IA, nous entrons dans un autre type de flux. Et c’est la bataille qui va se jouer, celle d’une indistinction entre les faux et vrais livres. Cela s’observe déjà dans la musique, où les plateformes, qu’il s’agisse de Spotify, Deezer et consorts, accueillent chaque jour des dizaines de milliers de morceaux générés par IA. À ce jour, ces ajouts ne sont pas forcément identifiés comme tels.
Cette logique de flux ne renforce-t-elle pas certaines charges des libraires, notamment les coûts de transport ?
Alexandra Charroin-Spangenberg : Si j’en crois ce qui a été dit, et ce que je constate par ailleurs, le plus pénible, avec la logique de flux de l'édition traditionnelle, reste le temps à mobiliser pour les libraires. Cela nécessite en effet une importante préparation, par l'étude de programmes très fournis, y compris avant un rendez-vous avec un représentant. Plus il y a à préparer, plus c’est long, et la discussion avec le représentant mobilise aussi un temps considérable. Cette pénibilité s’incarne donc plutôt dans un temps de travail, qui a donc un coût, malgré tout.
Il se crée aussi, parfois, un sentiment d’absurdité, par exemple lorsque nous travaillons un titre quasiment équivalent chez plusieurs éditeurs, parce qu'il s'agit d'une mode, ou parce que nous n’arrivons plus à discriminer ce qui peut se vendre ou non. Plus généralement, cette augmentation du nombre d'ouvrages parus nous oblige à travailler de plus en plus de titres, chaque mois. Sur les tables, cela signifie que nous conservons donc moins longtemps les livres.
Les coûts de transport représentent donc une charge, mais, globalement, le taux de retour des librairies indépendantes est sain et a même tendance à baisser, hors accident.
Comment s'explique ce taux de retour satisfaisant ? S'est-il amélioré avec la mise en place de Filéas, Fils d’informations libraires, éditeurs, auteurs ?
Alexandra Charroin-Spangenberg : Non, notre principal outil en la matière serait plutôt l’Observatoire de la librairie française.
Guillaume Husson : Filéas ne servira jamais à baisser les taux de retour en librairie. Les libraires contribuent à Filéas plus qu’ils n’en bénéficient, et cet outil ne s’adresse pas à eux, mais plutôt aux auteurs, et surtout aux éditeurs.
Il aide ces derniers à mieux programmer leurs retirages, à éviter le retirage de trop, alors que la courbe des ventes est en train de s’infléchir, ou à en manquer un quand la courbe des ventes, au contraire, décolle. Quelques effets peuvent s'observer en librairie, notamment pour éviter qu'un point de vente se retrouve en rupture au moment d'un fort intérêt du public ou qu'un retirage intervienne alors que la demande du public s'est déjà tarie au profit d'autres publications. Mais c'est seulement à la marge.
Le SLF a obtenu gain de cause face à Amazon sur le sujet de la loi Darcos, après une décision de la Cour de Justice de l'Union européenne, puis du Conseil d'État. Comment amener la multinationale, désormais, à se conformer pleinement à la loi ?
Guillaume Husson : Le Médiateur du livre est intervenu à deux reprises, déjà, sur le sujet. Pour attaquer Amazon en justice quant à la livraison gratuite dans ses lockers, la loi nous imposait de passer par une conciliation préalable auprès du Médiateur du livre. Le SLF a réalisé cette étape, qui a pris plusieurs mois, et l’absence de conciliation a été actée par un avis du Médiateur. Il a constaté que les acteurs, Amazon et le SLF, n’avaient pas le même point de vue et ne s'étaient pas mis d’accord. Ce n'est pas très étonnant, mais la loi nous imposait cette étape.
À présent, nous avons toute latitude pour aller devant le juge. Nous attendions, et Amazon aussi sans doute, la conclusion du Conseil d’État : il doit aujourd’hui se demander, puisque la loi Darcos a été confortée, s’il poursuit ses livraisons gratuites en lockers ou pas. Nous observons la situation et constatons qu'elle fluctue beaucoup sur la plateforme Amazon elle-même.
À LIRE - Affaire Grasset : Laure Darcos et Sylvie Robert avancent une “clause de confiance”
Mais nous n'ouvrons pas des contentieux par plaisir : si Amazon se plie enfin à la loi Darcos, cela sera mieux pour tout le monde. Si Amazon ne le fait pas, nous irons devant le juge, d’autant plus que la phase de conciliation est passée. Nos conclusions sont prêtes, nos avocats sont prêts.
Le SLF s'était montré très actif pour s'opposer au rachat de Lagardère par Vivendi, quand celui-ci possédait déjà Editis. Un autre rapprochement se profile, celui d'Editis et de la Fnac, via le groupe CMI, du milliardaire tchèque Daniel Křetínský. Est-ce un motif d'inquiétude pour le syndicat ?
Alexandra Charroin-Spangenberg : Il ne s'agit pas tout à fait du même cas de figure que Vivendi et Vincent Bolloré. Nous sentons aujourd’hui qu’Editis souhaite avancer des preuves que la Fnac ne sera pas utilisée, qu’elle ne bénéficiera pas de traitement de faveur, que les libraires ne seront pas exclus d’une relation avec Editis. Pour l’instant, nous attendons surtout les conclusions de l’Union européenne sur ce projet, ainsi que des garanties de la part d’Editis.
Guillaume Husson : Sur le principe, les concentrations n’ont jamais rien amené de bon aux libraires. Une concentration supplémentaire n’est donc jamais une bonne nouvelle. Nous gardons donc un œil vigilant, voire inquiet, sur ce projet. La principale question reste en effet la manière dont Editis pourrait favoriser la Fnac et la Fnac, Editis, à travers la mise en place des titres, des présences d’auteurs, d’animations, d’informations communiquées au groupe Editis sur les politiques commerciales de ses concurrents via la Fnac… De nombreuses dimensions sont en jeu, qui concernent les libraires et d’autres acteurs de la chaine du livre.
Daniel Křetínský est quelqu’un qui prend des engagements, tout comme Denis Olivennes, par rapport à la culture, et les profils ne sont donc pas tout à fait équivalents à celui de Vincent Bolloré. Mais que se passe-t-il si le groupe est vendu, dans 5 ans ? Il peut être cédé à quelqu’un d’autre et il faut l’anticiper. Pour l’instant, nos interlocuteurs sont plus ouverts que d’autres sur les enjeux culturels, c’est très bien, mais, au vu de l’histoire des groupes sur les dernières décennies, l'avenir est très incertain… Aujourd'hui, nous constatons une bonne qualité de dialogue avec Editis, la Fnac et le groupe CMI, mais, au-delà des personnes, nous regardons aussi de manière un peu froide ce qu’il se passe actuellement, mais surtout ce qu’il pourrait advenir dans les prochaines années.
Nous sommes en lien avec la Commission européenne, via nos avocats, pour voir dans quelle direction elle tend. Mais nous ferons tout pour obtenir les engagements les plus fermes et les plus contrôlables de la part d’Editis. Car il existe des engagements de gré à gré pris auprès du SLF, mais aussi des engagements dits comportementaux, qui seraient pris par CMI devant la Commission européenne : ceux-ci sont plus contraignants, avec des contrôles et des amendes possibles.
Photographie : illustration, ActuaLitté, CC BY SA 4.0
DOSSIER - Les libraires réunis à Rennes à l'occasion des RNL 2026
Par Antoine Oury
Contact : ao@actualitte.com
7 Commentaires
Jojo
10/06/2026 à 21:04
“La librairie a besoin d'une aide urgente et massive”
L'immense majorité des artistes-auteurs aussi !
Tatou
11/06/2026 à 07:17
Qualifier l'installation d'une taxe de "projet politique", c'est vraiment du grand n'importe quoi. Il s'agit juste de piquer du fric à quelqu'un d'autre, parce que sa propre activité n'est plus à l'équilibre. On aurait voulu entendre quelques remises en cause du fonctionnement des librairies indépendantes... mais non, juste une taxe. Moi quand j'ai un découvert à la banque parce que je me suis lâché question dépenses, j'aimerai bien qu'on taxe les libraires pour renflouer mon compte en banque...
Renaud Denis
11/06/2026 à 07:57
En tant que éditeur indépendant il y a beaucoup de concurrence. Beaucoup d'éditeurs indépendants ont à peu près le même message, ils sont les poissons pilote de l'édition ils inventent ils cherchent de nouveaux marchés et sont ensuite copiés par les éditeurs des grosses maisons d'édition... Ils sont très peu diffusés et distribués en librairie indépendante pourquoi ? Parce que le libraire préfère toujours les grands groupes ? Ils ont une offre globale et et beaucoup de libraires non peut-être pas l'énergie pour faire certains choix stratégiques qui pourtant leur assureront un meilleur chiffre d'affaires sur le long terme.... il faudrait faire une un portrait de libraire, une étude sociologique. Pourquoi on devient libraire ? Est-ce oui ou non un commerce subventionné ? Est-ce que la loi Lang a sauvé le monde de la librairie et finalement est en train de tuer le monde de la lecture car d'après les études il semblerait qu'en France et en Allemagne où il y a un prix unique sur le livre a été reculé énormément... Nous sommes un pays de taxe et de contribution qui finalement vont totalement étouffé le système. La France est un pays qui refuse le marché qui est ouvert aux quatre vents. Elle emprunte sur les marchés avec la signature de l'Allemagne et des Pays-Bas... Et le retour de manivelle sera hyper violent. Car celui qui ne produit pas qui consomme et qui taxe celui qui travaille le paye forcément un jour ou l'autre. Ce n'est plus qu'une question de temps.
RDM
11/06/2026 à 21:21
Merci Renaud dénis de poser toutes ces questions pertinentes.
Quand j'ai commencé mon métier de libraire à Strasbourg début des années 1970, la concentration n'existait peu ou pas.
La concentration réduit le nombres de factures, diminue la comptabilité, impose son rythme au libraires. La concentration est une perte d'indépendance donc ……l'indépendance !!!!!
Pollux
11/06/2026 à 13:06
Comme à chaque fois en France, on parle de taxe avant de solution. On me dit qu'il faut bien financer les solutions sauf que l'on ne nous propose jamais de solutions.
Je suis perdu par toutes les taxes envisagées : pour les éditeurs, pour les plateformes, pour les livres d'occasion...
Et à la fin on ne saura pas vraiment comment sera utilisé l'argent.
La taxe a un effet symbolique mais je doute que les librairies indépendantes pourront en bénéficier. Et si elles en bénéficient, je crains surtout que cela soit pas vraiment équitable et que les librairies spécialisées soient mises de côté.
Mais comment croire à une aide urgente lorsqu'une librairie importante locale est menacée mais que la municipalité se tait.
C'est tout de meme dommage car si il y ait une implication politique locale, on pourrait sauver des librairies. Lorsqu'une grande librairie est menacée, le maire est aux abonnés absents
eric
11/06/2026 à 13:22
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adnstep
23/06/2026 à 21:50
La dotation pour charges de service public du Centre national du livre a augmenté de 4,5 millions d'euros depuis 2020 (+21 %). Une part de cette augmentation en 2023 et 2024 est liée à la compensation de la hausse de l'inflation et de la revalorisation des personnels. Une autre part de cette hausse a été consacrée à des actions liées à l'année de la lecture « grande cause nationale » en 2022.
Elle a en revanche légèrement diminué entre 2024 et 2025 (de 440 000 euros), dans un contexte de contraction de la dépense publique.
...
Deux-tiers des crédits versés au CNL par le ministère de la culture sont directement reversés à la filière du livre par des aides directes. Les dépenses de personnel constituent le deuxième poste de dépense (5,6 millions d'euros). Les frais de fonctionnement du CNL s'élèvent à 1,4 million d'euros.
...
Les dépenses de personnel sont celles qui ont davantage augmenté en proportion, de 3,5 millions d'euros en 2015 à 5,7 millions d'euros en 2024. La croissance de la masse salariale n'est pas liée à des recrutements (diminution d'un ETPT depuis 2015, le plafond d'emplois du CNL étant stable à 65 ETPT depuis 2019). Une part de cette augmentation découle du transfert en 2022 de la gestion des agents fonctionnaires (14 ETPT) sur le budget du CNL, qui a entraîné une hausse des dépenses d'environ 0,9 million d'euros. Les hausses successives du point d'indice en 2022 et 2023 se sont traduites par une progression de 5 % des dépenses de personnel.
...
(Sénat - Politique de l'État en faveur de la filière du livre - Rapport d'information n° 812 (2024-2025), déposé le 2 juillet 2025)