Maxence

Céline Zufferey

Maxence, de Céline Zufferey, publié aux éditions Gallimard, figure dans la première sélection — liste longue — du Prix Lumière d’août 2026, dans la catégorie littérature.

Avec ce récit délicat, pudique et profondément lumineux, Céline Zufferey compose le portrait d’un amour saisi dans ses gestes les plus simples. La narratrice entreprend d’écrire Maxence, l’homme aimé, comme on tenterait de retenir une présence avant qu’elle ne disparaisse : ses mains, sa voix, ses habitudes, son corps, ses silences, sa manière d’être au monde.

Le livre avance par fragments, dans une attention presque photographique au quotidien. Rien de spectaculaire ici, et c’est précisément ce qui touche : l’amour se dit dans les détails, dans la vie partagée, dans les scènes ordinaires qui deviennent, sous la plume de Céline Zufferey, des éclats de mémoire. Écrire Maxence, c’est à la fois le célébrer, le regarder, le garder, mais aussi mesurer ce que toute relation porte déjà de fragilité, de temps qui passe, d’inquiétude et de perte possible.

Le roman impressionne par sa douceur, sa justesse et sa façon de faire de l’intime une matière littéraire d’une grande intensité. Céline Zufferey explore le couple sans emphase, sans pathos, avec une précision sensible qui transforme l’observation en acte d’amour. À travers Maxence, c’est aussi la narratrice qui se révèle : dans son désir de fixer l’instant, de sauver ce qui tremble, de donner forme à ce qui pourrait s’effacer.

Un livre tendre, grave et lumineux, où l’écriture devient une manière d’aimer encore, de retenir le vivant, et d’inscrire le quotidien dans une forme d’éternité.

 
 

 

Une michronique de
Vincent Hein

Publiée le
10/06/2026 à 11:33

0 Commentaire

284 Partages

Commenter cet article

 

Maxence

Céline Zufferey

Paru le 12/02/2026

192 pages

Editions Gallimard

19,00 €