Des dragons dans les halls, de Julien Villa, publié aux éditions Rue de l’Échiquier, figure dans la première sélection — liste longue — du Prix Lumière d’août 2026, dans la catégorie littérature.
Avec ce roman incandescent, drôle et brutal, Julien Villa plonge dans une cité des années 1990 et en fait tout autre chose qu’un décor social attendu : un territoire d’enfance, de honte, de bravoure, de rêves démesurés et de mythologies populaires. Les halls d’immeubles deviennent des cavernes, les adolescents des guerriers maladroits, les mangas et le rap des langues de survie.
Au centre du livre, Julo, garçon trop gros, trop seul, trop rempli d’images, trouve dans Dragon Ball, la télévision, la radio et bientôt le rap, des formes de puissance et de métamorphose. Julien Villa raconte cette adolescence comme un moment où l’on fabrique des armures avec presque rien : une chanson, un surnom, une bande, une insulte retournée, une phrase lancée trop fort.
Le roman impressionne par son énergie chorale, son humour, sa tendresse et sa façon de faire de la culture pop une matière littéraire majeure. Loin de la nostalgie facile, il restitue une époque où les rêves circulaient par cassettes, posters, écrans et voix de radio. Des dragons dans les halls raconte une jeunesse qui se cogne au monde, mais refuse de s’y laisser réduire.
Un roman généreux, indocile, plein de feu et de béton, où la littérature fait surgir des créatures immenses là où l’on croyait ne voir qu’un horizon de murs.
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Publiée le
04/06/2026 à 12:13
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Paru le 22/05/2026
344 pages
Rue de l'échiquier
23,00 €
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