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Je ne regrette aucun message” : Tommaso Debenedetti, 15 ans à inventer la mort d'écrivains

Il affirme être Tommaso Debenedetti, faussaire médiatique passé des fausses interviews littéraires aux fausses annonces de décès d’écrivains. Dans cet entretien (réalisé par email), où l’identité même de l’interlocuteur impose une prudente réserve, il revendique ses canulars comme une enquête permanente sur la crédulité des médias, l’autorité des institutions et la puissance émotionnelle de la mort à l’ère des réseaux sociaux.

Le 02/06/2026 à 10:39 par Clément Solym

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02/06/2026 à 10:39

Clément Solym

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ActuaLitté

Interviewer un faussaire, voilà déjà une sacrée gageure. Mais qui nous assure que l’interlocuteur est celui qu’il prétend être ? En ce cas, ce serait l’interview de l’usurpateur d’identité d’un auteur de canulars devenus célèbres sur la Toile. Via nombre de faux comptes, Tommaso Debenedetti a annoncé le décès de différentes personnalités littéraires — au point qu’on en ait perdu le compte.

Le fossoyeur numérique a contacté ActuaLitté — ou bien est-ce un internaute se faisant passer pour lui ? – et nous avons décidé d’un entretien. Soit l’usurpateur répond, soit l’usurpateur d’un usurpateur s’en charge. Dans les deux cas, l’exercice devient cocasse, surtout que récemment, le coordinateur Chine de France Télévision s’est fait piéger…

L’identité ou le doute

ActuaLitté : Vous nous écrivez en vous présentant comme Tommaso Debenedetti. Pourquoi devrions-nous vous croire ?

Tommaso Debenedetti : Je comprends la difficulté de croire un imposteur. Mais le choix vous appartient. Si vous le souhaitez, vous pouvez vérifier ; vous constaterez certainement que j’ai utilisé l’adresse électronique depuis laquelle j’écris pour faire des déclarations à d’autres journalistes. Mais que faire ? Même ces déclarations pourraient ne pas provenir du véritable Tommaso Debenedetti. En réalité, le vrai Debenedetti pourrait être décédé depuis des années, et quelqu’un pourrait utiliser son nom pour créer de fausses informations. Qui sait ?

Qu’est-ce qui, dans votre réponse, ne pourrait pas être imité par quelqu’un ayant simplement lu les articles du New Yorker, du Guardian, d’El País ou du Washington Post sur vous ?

Tommaso Debenedetti : En fait, c’est théoriquement possible.

Acceptez-vous que cet entretien soit publié avec cette réserve : « l’interlocuteur affirme être Tommaso Debenedetti, sans que cette identité soit pleinement établie » ?

Tommaso Debenedetti : J’accepte, d’autant plus que c’est un jeu intéressant. Si je suis le véritable Tommaso Debenedetti, l’idée d’une interview où je pourrais aussi jouer un rôle m’intéresse et correspond parfaitement à l’esprit de mon travail.

Si vous n’êtes pas Tommaso Debenedetti, votre geste devient presque plus intéressant : vous auriez imité un imitateur. Est-ce une hypothèse que vous acceptez de laisser ouverte ?

Tommaso Debenedetti : Non. Ce serait une première. En vérité, je pourrais beaucoup apprendre d’un imposteur ; il me donnerait de nombreuses idées. Grâce à lui, j’ai pu découvrir de nouvelles méthodes, et je suis certain qu’à la fin, ce serait moi qui imiterais l’imitateur, dans un jeu de miroirs qui pourrait ne jamais finir.

Avez-vous déjà été imité par quelqu’un qui se faisait passer pour vous ? Si oui, l’avez-vous vécu comme un vol, un hommage ou une amélioration de votre propre méthode ?

Tommaso Debenedetti : Réponse non fournie dans le fichier des réponses.

Des fausses interviews aux faux décès

Vos premiers grands canulars reposaient sur de fausses interviews littéraires. Pourquoi avoir quitté la parole inventée pour la mort inventée ?

Tommaso Debenedetti : Ce n’est pas moi qui ai mis fin aux fausses interviews. C’est un certain Philip Roth qui, début 2010, s’est rendu compte que l’une de mes interviews avec lui était un faux. Il a donc fait des recherches en ligne et a découvert d’autres interviews de moi avec lui, manifestement fausses, ainsi qu’une autre avec John Grisham. Roth a parlé à Grisham, qui a confirmé que l’interview avec lui était également un faux, puis il a révélé l’affaire dans le New Yorker.

Bien évidemment, le magazine américain a mené une enquête approfondie et a mis au jour soixante de mes fausses interviews, avec des auteurs tels qu’Auster, Coetzee, Jehoshua, Grossman, Saramago et Le Carré, qui, choqués et furieux, ont nié m’avoir interviewée. Depuis, aucun journal n’a publié d’interview de moi, et j’ai dû cesser. À une exception près : en 2016, le journal espagnol El Mundo a publié une longue interview que j’avais eue avec Anita Raja, une traductrice italienne, dans laquelle Raja a confirmé pour la première et unique fois qu’elle était Elena Ferrante. Vraie ou non, c’était la dernière interview que j’ai écrite.

Dans une fausse interview, vous faites parler un écrivain. Dans une fausse mort, vous le faites taire. Ce basculement vous paraît-il significatif ?

Tommaso Debenedetti : Non, ce n’est pas comme ça que ça se passe. Dans les fausses interviews, j’« interprétais » l’écrivain en lui faisant dire des choses qu’il aurait pu dire ou non (Auster, par exemple, dans sa correspondance avec Coetzee, Ici et Maintenant, écrit qu’un écrivain n’aurait jamais prononcé une phrase que je lui aurais fait dire, la jugeant stupide !).

Mais l’auteur, le vrai, restait silencieux, et je parlais à sa place. Dans les fausses morts, l’émotion suscitée chez les lecteurs est si forte que les œuvres de l’auteur résonnent dans l’esprit de nombreuses personnes avec une puissance extraordinaire, rendant l’auteur faussement mort plus vivant et présent que jamais.

De plus, cela donne souvent à l’écrivain l’occasion de s’exprimer longuement, étant donné que les médias se disputent alors pour l’interviewer et lui demander ce qu’il ressent en tant que survivant (je me souviens en 2024 des dizaines de déclarations de deux de mes victimes espagnoles, Cercas et Aramburu, ou d’un long article de Margaret Atwood, qui a été relancée en 2021, et même d’un poème sur sa propre fausse mort qu’Enzesberger a publié dans Der Spiegel).

Philip Roth, John Grisham, Gore Vidal, puis Pamuk, Ferrante, Ishiguro, Coetzee, Soyinka : pourquoi cette obsession des figures littéraires consacrées ?

Tommaso Debenedetti : En réalité, la mort d’un écrivain renommé suscite l’émotion, notamment parce que la presse s’empresse de publier l’information sans la vérifier, car il s’agit d’une célébrité dont elle veut être la première à annoncer le décès.

Cherchez-vous à viser les écrivains, les médias, les institutions qui les entourent ou le public qui croit trop vite ?

Tommaso Debenedetti : Les victimes les plus vulnérables de mes expériences sont peut-être, malheureusement, les lecteurs. Ils apprennent la disparition d’un auteur qu’ils aiment et n’ont aucun moyen de la vérifier. Ce sont eux qui ressentent l’émotion la plus intense. Et cela me désole. Mais après le chagrin vient le soulagement. Et peut-être aussi l’envie de relire les livres de l’auteur qui les a tant touchés. Mais toujours, si le démenti survient : il y a quelques semaines, l’annonce de la mort d’Ishiguro est restée en ligne sur plusieurs journaux et sites web turcs, accompagnée de nécrologies et d’hommages, pendant plusieurs jours, jusqu’à ce que l’Autorité de la presse italienne publie un article dénonçant la supercherie.

Vous avez longtemps prétendu démontrer la faiblesse des journalistes. Après vingt ans de canulars, que reste-t-il encore à démontrer ?

Tommaso Debenedetti : Tout reste à prouver, car presque chaque fois que je crée une fausse information, cela déclenche des milliers de retweets et de messages de condoléances, et très fréquemment, les sites d’information, les stations de radio et les chaînes de télévision reprennent l’information comme si elle était vraie. Je fais cela depuis 2011, mais la crédulité de la presse reste la même. Partout. En 2017, certains journaux allemands se sont moqués du Figaro pour avoir cru à un de mes tweets concernant la mort de Svetlana Alexievich.

Pourtant, en 2025, ces mêmes médias, de Bild Zeitung à Focus en passant par diverses chaînes de télévision nationales, ont publié l’information concernant la mort d’Elfriede Jelinek comme si elle était vraie. Et en février 2026, le président du Mexique a dû intervenir, lors d’une conférence de presse, pour bloquer la diffusion d’une fausse information que j’avais créée concernant la mort d’Elena Poniatowsksa, qui avait commencé à circuler dans tous les médias locaux. Je le répète : rien ne change au fil des ans, et il semble qu’aucun pays ne soit à l’abri du piège des fausses informations.

Pourquoi la mort?

Vous avez dit, selon The Guardian, que Twitter fonctionne bien pour les morts. Pourquoi la mort agit-elle mieux qu’un prix, une démission, un scandale ou une déclaration politique ?

Tommaso Debenedetti : La mort est plus percutante que n’importe quelle actualité car elle suscite une réaction intense, immédiate et collective. Je crois que cette réaction émotionnelle touche d’abord les journalistes, ceux qui, dans les rédactions, recueillent et filtrent l’information.

Face à la mort, un mécanisme d’accélération soudain se déclenche, une vague d’émotion qui pousse à se précipiter, à vouloir être le premier à publier la nouvelle. Et donc, malheureusement, à commettre des erreurs. Même l’annonce d’un prix prestigieux déclenche des réactions similaires, mais plus limitées. C’est pourquoi j’ai pu annoncer le Prix Nobel à Jon Fosse en 2023 trois heures avant l’annonce officielle. Et également à Alexievich en 2015.

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Une fausse mort produit une émotion immédiate : chagrin, hommage, sidération, reprise automatique. Est-ce cette émotion que vous cherchez à exploiter ?

Tommaso Debenedetti : Oui, exactement.

La mort d’un écrivain transforme aussitôt son œuvre en patrimoine. Est-ce cela qui vous intéresse : provoquer artificiellement le moment où tout le monde relit une vie ?

Tommaso Debenedetti : Certainement. Et j’ajouterais que lorsqu’un artiste célèbre meurt, il devient, sans forcément le vouloir, le protagoniste d’une sorte de fiction collective où sa vie et son œuvre sont immédiatement reconstruites, réadaptées, et acquièrent soudain un statut quasi mythique et légendaire. Bien sûr, ce mythe et cette légende ne survivent souvent pas à la brève période d’émotion publique.

C’est pourquoi je m’intéresse à la production artificielle de cette fiction collective. Et je crois que, au-delà des réactions d’agacement, il arrive même que les artistes déclarés morts éprouvent un certain plaisir, à la fois gêné et controversé, à voir cette mythification d’eux-mêmes dont ils n’auraient certainement pas pu profiter s’ils étaient réellement décédés.

Pourquoi les Nobel ? Parce qu’ils appartiennent à tout le monde ? Parce que leur mort semble immédiatement digne d’annonce mondiale ?

Tommaso Debenedetti : Le Prix Nobel crée autour du lauréat une sorte d’aura monumentale, un sentiment de consécration qui le rend, en quelque sorte, immortel. La mort d’un lauréat du Prix Nobel amplifie et renforce cette immortalité et prend immédiatement le caractère sensationnel d’une nouvelle d’envergure mondiale. Quand j’invente la mort d’un lauréat du Prix Nobel, l’information se répand dans des lieux et des pays très éloignés, souvent sans aucun lien avec le décès fictif.

Par exemple, la nouvelle de la mort d’Ishiguro, un Anglais d’origine japonaise, s’est propagée comme une traînée de poudre en Turquie, tandis que celle de Pamuk, un Turc, a été annoncée par erreur par une émission de télévision suédoise et a bénéficié d’une large couverture médiatique au Nigeria.

Où placez-vous la limite morale ? Les proches, les agents, les éditeurs, les lecteurs : qui paie réellement le prix de votre expérience ?

Tommaso Debenedetti : Je me fixe des limites, bien sûr. Avant tout, je veille à ce que mes fausses informations restent brèves. Au bout d’une demi-heure ou d’une heure environ, quand je vois l’information commencer à se répandre, je publie un message sur le même compte pour la démentir et révéler que j’en suis l’auteur.

Avez-vous déjà regretté une fausse annonce de mort ?

Tommaso Debenedetti : Je ne regrette aucun message.

Une fausse mort reste-t-elle un canular quand elle contraint une famille ou un éditeur à rassurer publiquement ?

Tommaso Debenedetti : Oui, cela reste une canular.

L’Académie suédoise pour décor

Vous dites utiliser de faux comptes liés à l’Académie suédoise. Pourquoi cette institution précisément ?

Tommaso Debenedetti : J’apprécie le caractère à la fois cérémonieux et mystérieux qu’a toujours eu l’Académie suédoise. Le secret qui entoure depuis toujours l’attribution du prix m’intéresse. Et tout cela, évidemment, favorise la création de fausses informations. Je crois que les universitaires suédois le savent et que, d’une certaine manière, cela ne les dérange pas outre mesure.

Le Nobel de littérature repose sur une autorité très ancienne, presque cérémonielle. Est-ce cette solennité qui rend l’usurpation plus efficace ?

Tommaso Debenedetti : Le choix du lauréat du Prix Nobel a le même caractère mondial et mystérieux que l’élection d’un pape, mais il a lieu chaque année. Ce pouvoir et cette autorité font de l’Académie suédoise une cible idéale pour un créateur de fausses nouvelles.

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Pensez-vous que l’Académie suédoise devrait démentir systématiquement ces faux comptes ?

Tommaso Debenedetti : Si l’Académie suédoise devait démentir mes fausses informations, cela signifierait qu’elle les tolère en quelque sorte et qu’elle renonce donc à une partie de sa solennité et de son mystère.

Son silence éventuel vous sert-il ? Plus l’institution reste silencieuse, plus le faux compte paraît respirer ?

Tommaso Debenedetti : Bien sûr, le silence de l’Académie m’est très utile.

Anna Hallberg vient d’être élue à l’Académie suédoise. Est-ce précisément parce que son nom est récent dans l’actualité que vous dites l’avoir choisi ?

Tommaso Debenedetti : Oui, les nouvelles personnalités, en particulier la nouvelle secrétaire permanente de l’Académie suédoise, Ingrid Carlberg, sont mes cibles favorites. Au moment où je réponds à ces questions, un faux compte Carlberg que j’ai créé est toujours actif. J’y ai déjà annoncé la mort d’au moins cinq lauréats du Prix Nobel, dont Le Clézio et Pamuk. Carlberg a déclaré à un journal suédois qu’elle était au courant de ce faux compte, mais qu’elle l’avait jusqu’à présent laissé fonctionner sans démenti officiel.

Mats Malm incarne la parole officielle de l’Académie depuis 2019. Est-ce le type de nom qui donne au faux une apparence d’autorité ?

Tommaso Debenedetti : Au fil des ans, j’ai créé plusieurs faux comptes Mats Malm, et il ne l’a jamais nié. Récemment, sur l’un d’eux, j’ai annoncé la mort de Coetzee et de Peter Handke. Malm lui-même a fait l’objet d’une fausse annonce de décès : Carlberg, depuis son faux compte, a annoncé sa disparition soudaine. Cela paraît absurde, mais certains en Suède y ont cru.

La méthode, sans mode d’emploi

Comment choisissez-vous une cible ? Par notoriété, âge, rareté médiatique, silence public, prestige institutionnel ?

Tommaso Debenedetti : L’âge est assurément un critère de sélection : annoncer le décès d’une personne de plus de 80 ans est évidemment plus crédible que celui d’un jeune de vingt ans. La notoriété est essentielle, mais la personne choisie ne doit pas être trop exposée médiatiquement : personne ne croit à la mort d’un auteur qui a assisté à un festival la veille et qui était invité à la télévision aujourd’hui. En bref, plus un auteur est célèbre, discret et âgé, mieux c’est.

Cherchez-vous d’abord un nom crédible ou une faille dans l’écosystème médiatique ?

Tommaso Debenedetti : La crédibilité de la source de l’annonce est primordiale. Un éditeur, une institution ou un représentant de l’institution constituent les sources les plus crédibles.

Qu’est-ce qui fait, pour vous, un faux compte réussi ?

Tommaso Debenedetti : Un compte est considéré comme performant lorsqu’il commence à susciter des réactions et des commentaires. Le nombre d’abonnés importe peu ; ce qui compte, c’est le nombre de vues et, surtout, de retweets. J’ai eu des comptes avec quelques dizaines d’abonnés et des dizaines de milliers de retweets.

L’orthographe imparfaite, les quelques abonnés, les comptes récents : ces défauts font-ils partie du piège ? Autrement dit, cherchez-vous à attraper seulement ceux qui ne regardent rien ?

Tommaso Debenedetti : Exactement. Il m’arrive de faire des erreurs et des inexactitudes, de sorte que seuls les plus distraits ou les plus naïfs peuvent tomber dans le piège.

Votre signature finale — révéler que le compte est faux — constitue-t-elle une revendication, une protection juridique, une moquerie ou une chute littéraire ?

Tommaso Debenedetti : Une affirmation et une signature.

Sans donner de recette opérationnelle, pouvez-vous décrire le moment précis où vous estimez qu’un canular a « pris » ?

Tommaso Debenedetti : Le processus se met en place dès que les retweets commencent.

Un canular raté vous apprend-il davantage qu’un canular réussi ?

Tommaso Debenedetti : Dans de nombreux cas, oui.

La responsabilité journalistique

Vous accusez les médias de crédulité. Mais votre méthode consiste à leur fournir volontairement une fausse information. N’est-ce pas un incendiaire qui reproche aux pompiers d’arriver trop vite ?

Tommaso Debenedetti : Je n’accuse pas les médias de crédulité ; malheureusement, la crédulité est une réalité. Et c’est alarmant : si les médias tombent dans le piège de mes fausses informations, qui sont les mêmes depuis quinze ans, imaginez le nombre de pièges bien plus sophistiqués et dangereux dans lesquels ils tombent constamment. Combien d’articles que personne ne conteste sont, hélas, de fausses informations !

Vous dites tester la vérification. Mais testez-vous vraiment les médias, ou utilisez-vous leur erreur pour maintenir votre propre légende ?

Tommaso Debenedetti : Cela paraît étrange. Mais même aujourd’hui, la vérification reste le plus grand défi des médias. Et je ne parle pas des petits sites internet ni des minuscules stations de radio des pays tropicaux. Je parle des géants de l’information qui tombent inexplicablement dans des pièges pourtant très faciles à éviter. Pourquoi ? Je n’en ai aucune idée. Et c’est justement cette volonté de comprendre qui me pousse à créer de fausses informations chaque jour.

Les journalistes pressés constituent-ils vos véritables coauteurs ?

Tommaso Debenedetti : Certainement. C’est, en quelque sorte, une œuvre ouverte, dont les co-auteurs sont des journalistes, des utilisateurs, les victimes elles-mêmes et moi.

Votre œuvre existe seulement si quelqu’un la relaie. Sans médias abusés, reste-t-il quelque chose ?

Tommaso Debenedetti : Oui, mais cela s’applique généralement aux réseaux sociaux.

Vous avez commencé avec la presse papier, puis Twitter, puis X. L’intelligence artificielle générative change-t-elle votre terrain de jeu ?

Tommaso Debenedetti : J’étudie l’intelligence artificielle pour comprendre son fonctionnement, ses mécanismes. Je constate que de nombreux auteurs, même des auteurs reconnus, utilisent l’intelligence artificielle. Ils le font avec ruse et intelligence. Je crois que cela n’enlève rien à l’originalité de leurs œuvres. Je pense simplement qu’ils devraient le déclarer, écrire à la fin de leur livre : « J’ai utilisé l’intelligence artificielle. » Ce serait un acte de courage, et cela leur éviterait les découvertes désagréables faites par d’autres et les aveux embarrassants. À ce sujet, je prépare quelque chose que, évidemment, je ne peux pas dévoiler.

Aujourd’hui, tout le monde sait qu’un compte peut mentir. Pourquoi cela fonctionne-t-il encore ?

Tommaso Debenedetti : Réponse non fournie dans le fichier des réponses.

Le délire, l’art, la farce

Vous considérez-vous comme journaliste, faussaire, artiste conceptuel, parasite médiatique, satiriste ou simple menteur ?

Tommaso Debenedetti : Je me considère comme journaliste, même si je sais que cela offense les journalistes. C’est un peu comme si mes fausses informations constituaient une enquête permanente, certes hérétique et parfois déplaisante, sur le journalisme, ses méthodes et ses failles, à commencer par la précipitation, la crédulité et la vulnérabilité au pouvoir qui poussent à croire que toute ineptie émanant d’une institution crédible et faisant autorité est vraie.

Vos fausses interviews relevaient presque de la fiction littéraire. Vos fausses morts ressemblent davantage à de petites bombes informationnelles. Avez-vous changé de genre ?

Tommaso Debenedetti : C’est la même chose. La fausse mort qui fait le buzz et suscite l’émotion est une fiction collective qui se développe entre l’espace écrit d’Internet et des journaux et l’espace réel des émotions et de l’esprit. Les fausses interviews d’auteurs et de personnalités de renommée mondiale sont des bombes médiatiques déguisées en fiction.

Si vous deviez donner un titre à l’ensemble de votre entreprise, quel serait-il ?

Tommaso Debenedetti : Un reportage continu sur l’état de la presse à l’ère des réseaux sociaux. Mais c’est un titre trop ambitieux, je m’en rends compte.

Avez-vous l’impression d’écrire un roman sans livre, dont les chapitres seraient des paniques médiatiques ?

Tommaso Debenedetti : Oui, en quelque sorte.

Vos victimes sont souvent des écrivains. En réalité, cherchez-vous à être lu par eux ?

Tommaso Debenedetti : Quand Vargas Llosa, dans son essai « La Civilisation du spectacle », m’a cité, de manière négative, comme un héros de la civilisation du spectacle, j’en ai été très flatté. Mais je ne cherche pas à être lu par des écrivains qui, à juste titre, me détestent.

Vous inventez des phrases, des morts, des comptes, des autorités. Qu’est-ce qui reste vrai chez vous ?

Tommaso Debenedetti : Ces conventions, ces personnages, ces fausses morts restent gravés dans ma vie, ils marquent son époque, ils marquent mes souvenirs.

Le miroir : tromper le faussaire

Si je publie cet entretien avec quelqu’un qui n’est pas vous, aurai-je trahi mon lecteur ou parfaitement compris votre méthode ?

Tommaso Debenedetti : Je pense que vous comprenez parfaitement ma méthode.

Que penseriez-vous d’un journaliste qui inventerait vos réponses pour dénoncer les fausses interviews ?

Tommaso Debenedetti : Ils l’ont fait une fois au Mexique, dans la revue Letras Libres, une autre fois en Russie, dans la revue Colta. Ils ont parfaitement compris mon travail.

Vous avez falsifié des interviews. Seriez-vous capable de reconnaître une fausse interview de vous-même ?

Tommaso Debenedetti : Peut-être pas. De nombreuses années ont passé et je n’ai jamais relu ces interviews.

Si un imitateur de Debenedetti produit un meilleur Debenedetti que Debenedetti, qui devient l’original ?

Tommaso Debenedetti : Lui, l’imitateur.

La plus belle fin de votre histoire serait-elle que plus personne ne sache si Tommaso Debenedetti existe encore ?

Tommaso Debenedetti : Oui, parfait.

Accepteriez-vous que le titre de l’entretien soit : « Nous avons peut-être interviewé Tommaso Debenedetti » ?

Tommaso Debenedetti : Oui. Excellent.

Pour une interview exceptionnelle...

Quelle fausse mort avez-vous trouvée la plus « réussie » sur le plan narratif ?

Tommaso Debenedetti : Celle du grand réalisateur Costa Gavras, le 30 août 2018. J’ai annoncé son décès en me faisant passer pour la ministre grecque de la Culture, Mirsyni Zorba. L’Associated Press à Athènes a publié l’information comme étant vraie. Le New York Times, le Washington Post et les radios et télévisions françaises ont immédiatement relayé l’information.

La télévision grecque a interrompu ses programmes et la ministre de la Culture, ignorant que l’information provenait de son faux compte, s’est connectée pour rendre hommage à Gavras. À ce moment-là, j’ai publié un message sur mon compte annonçant que la fausse information était fausse et en revendiquant la paternité. La ministre a lu le message en direct, déclarant avec joie : « C’est une fausse information. » Et Costa Gavras a appelé en direct pour confirmer personnellement qu’il était vivant. Une coïncidence parfaite, et sans aucun mérite de ma part.

Quel écrivain mort pour de vrai aurait mérité, selon vous, une fausse annonce préalable ?

Tommaso Debenedetti : Borges, probablement.

Si Borges avait eu un compte X, l’auriez-vous imité ?

Tommaso Debenedetti : Oui.

Votre travail relève-t-il davantage de Borges, d’Orson Welles, de Duchamp ou du spam ?

Tommaso Debenedetti : Orson Welles dans La Guerre des mondes.

Vous créez des faux comptes comme d’autres créent des personnages. Avez-vous des brouillons, des archives, une dramaturgie ?

Tommaso Debenedetti : Non, je ne conserve aucune archive de mes faux récits.

Y a-t-il des auteurs que vous refusez de « tuer » symboliquement ?

Tommaso Debenedetti : Non.

La mort d’un écrivain déclenche souvent des hommages automatiques de gens qui ne l’ont pas lu. Est-ce aussi cela que vous voulez révéler ?

Tommaso Debenedetti : Oui, bien sûr.

Dans vos canulars, qui est le plus faux : le compte, l’annonce ou l’émotion publique ?

Tommaso Debenedetti : Le récit. Et je l’annonce. L’émotion est réelle, très réelle.

À quel moment un faux devient-il une information vraie ? Quand il est cru ? Quand il est démenti ? Quand il produit des conséquences ?

Tommaso Debenedetti : Quand il s’avère faux…

Si l’Académie suédoise vous invitait à parler de désinformation, accepteriez-vous ?

Tommaso Debenedetti : Bien sûr, oui.

Votre rêve serait-il d’être cité un jour dans un discours de réception du Nobel ?

Tommaso Debenedetti : Non, ce n’est pas mon rêve.

Quelle question personne ne vous a jamais posée, et que Tommaso Debenedetti poserait à son propre imitateur ?

Tommaso Debenedetti : Mon imitateur inventerait des questions et des réponses. Et il les inventerait mieux que moi.

Et pour conclure...

La meilleure dernière question, à mon sens : « Pour terminer, prouvez-nous que vous êtes Tommaso Debenedetti — ou prouvez-nous que vous ne l’êtes pas. Dans les deux cas, essayez de ne pas mentir trop mal. »

Tommaso Debenedetti : Je pourrais vous envoyer ma pièce d’identité. Mais il pourrait s’agir d’une arnaque. Comment obtenir une preuve d’authenticité d’un faussaire ?

Mise à jour 4 juin - 14h45 :

La presse chinoise s'est emparé de la dernière fausse annonce de décès en date : « La presse chinoise a relayé comme véridique ma fausse information concernant la mort de Gao Xingjang à Paris, information manifestement issue du faux compte d’Ingrid Carlberg », nous apprend Tommaso, preuve à l'appui :

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Crédits photo : ArturSkoniecki CC0 

 
 

Par Clément Solym
Contact : cs@actualitte.com

3 Commentaires

 

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03/06/2026 à 17:15

Tomaso de BENEDETTI... serait-il le faux prêtre... qui a trompé M6... en leur faisant avaler... qu ' il avait reçu la confession... de Xavier Dupont de LIGONNÉS ?... Ce serait delectable !... Quoi qu' il en soit... ce énième episode de l ' interminable série ... " Des couleuvres et des journalistes " ... tombe à pic... pour illustrer le propos de votre interview avec... X

Marielle

03/06/2026 à 20:11

Ce mec est un génie ! D'ailleurs, est-ce un homme ???
Peut-être que s'il(elle) me faisait mourir, les éditeurs se précipiteraient sur mes ouvrages non encore publiés ???
Un reconnaissance post-mortem d'une petite écrivaine pas encore morte ???... et... pas encore éditée ... haha !
"Valentine ou le Manivert" deviendrait un best-seller pendant 3 ans d'affilée, et je serai obligée d'attaquer un 3ème tome ! (oui, il y a déjà deux tome).
Merci, jai adoré cet échange. Il pique. Et oui, les intox font le buzz dans le journalisme.
Et, là, c'est sur des sujets plus légers et en plus, tout bénéf pour l'écrivain dont on réédite tous les livres et qu'il annonce : Ben non, je suis encore là !!
Lorsqu'il s'agit de sujet beaucoup important, ça peut devenir beaucoup plus grave !

Marianne L.

05/06/2026 à 10:16

On ne saura peut-être jamais la vérité, mais en tout cas, c'était une lecture édifiante ! Merci pour cet article !

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Fondée par Charlotte Cruz et Chilly Charly, La Goutte Créative rejoint le réseau de diffusion et de distribution de DG Diffusion. La jeune maison indépendante défend un catalogue à la croisée des sagesses du monde, de l’imaginaire, de la transmission et du développement personnel. Charlotte Cruz y voit surtout un moyen d’élargir la portée d’un projet éditorial fondé sur l’éthique, l’écologie et le lien direct avec les lecteurs.

08/06/2026, 17:01

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Richard Sebag et Patrick Aurignac, anciens du grand banditisme, se racontent

Deux anciens détenus témoignent qu’une autre vie reste possible, même après les foyers, les braquages, les centrales, les années de prison et les retours presque impossibles. Au festival Passeurs de Livres, à Alès, Richard Sebag et Patrick Aurignac présentent chacun un récit autobiographique : Quelques lumières sur le chemin pour le premier, Mes chemins de travers pour le second, tous deux publiés par la maison nîmoise Nombre7. Ils parlent sans fard de leurs parcours, de leurs erreurs, de la violence, mais aussi des mains tendues qui ont permis la sortie.

06/06/2026, 13:00

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Pompier volontaire, autrice, éditrice : l’incroyable trajectoire de Fanny Destenay

Il y a des parcours qui avancent par bifurcations successives, mais toujours dans la même direction. Chez Fanny Destenay, l’énergie frappe d’abord : ancienne professionnelle de l’hôtellerie, passée, entre autres, par les pompiers volontaires, puis par la politique, l’écriture, les réseaux sociaux, les livres jeunesse et désormais l’édition, elle donne l’impression de transformer chaque expérience en terrain d’action.

05/06/2026, 15:10

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“Les Grecs et les Romains nous apprennent l’esprit critique”

Marraine de la 5e édition de Passeurs de Livres, à Alès, Laure de Chantal y revient avec un attachement particulier. Normalienne, agrégée de lettres classiques, directrice de plusieurs collections aux Belles Lettres, autrice de nombreux ouvrages sur l’Antiquité, la mythologie et la langue française, elle voit dans ce festival un lieu où se rejoignent deux fidélités : les livres et les Cévennes.

04/06/2026, 18:11

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Passeurs de Livres : le pari des sciences humaines au cœur des Cévennes

Jeudi 4 juin au matin, avenue Carnot, le festival n’a pas encore ouvert officiellement au public. Les stands achèvent de se monter, certains exposants prennent leurs marques, l’équipe règle les derniers détails techniques - jusqu’à ce compteur de visiteurs qu’il faut encore retrouver pour suivre au plus juste la fréquentation du salon. Malgré l’effervescence des derniers préparatifs, Franck Belloir, directeur du festival Passeurs de Livres, a pris le temps de nous répondre.

04/06/2026, 16:30

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Darwin et les bas-bleus : entretien avec Françoise Lavocat

Paru en mai 2026 aux éditions Station Zapata, Darwin et les bas-bleus, de Françoise Lavocat, nous plonge dans le monde politique et littéraire de la première moitié du XIXe siècle.

02/06/2026, 15:44

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Gilles Francescano veut “offrir au monde de l’imaginaire le plus beau des festivals”

Directeur artistique des Imaginales depuis quatre ans, et acteur de l'événement depuis toujours, Gilles Francescano dresse un premier bilan de cette édition consacrée au thème « Alter ego ». Entre affluence, chaleur exceptionnelle, place de l’autre, relation gémellaire, accessibilité et avenir du festival, il défend une ambition claire : faire des Imaginales un lieu de pensée libre, d’accueil et de circulation entre les auteurs, les publics et la ville.

01/06/2026, 16:07

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Uranium, spectres et totalitarisme : le roman tchèque qui secoue les Imaginales 

Aux Imaginales, la Tchèque Lenka Elbe présentait Uranova, son premier roman, publié en français aux Forges de Vulcain dans une traduction d’Eurydice Antolin. Un livre ambitieux, impressionnant, difficile à ranger dans une seule case : enquête, roman d’amour endeuillé, récit politique, horreur, fantastique, humour noir, mémoire familiale et histoire tchèque s’y contaminent sans cesse. Au centre, une ville réelle : Jáchymov.

31/05/2026, 18:45

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Christopher Bouix, coup de coeur 2026 : “La littérature doit mordre ou griffer”

Coup de cœur des Imaginales 2026, Christopher Bouix arrive à Épinal avec une œuvre déjà multiple : un triptyque d’anticipation sur l’intelligence artificielle et les futurs déshumanisés, un roman d’horreur où les enfants massacrent les adultes, un passé d’auteur jeunesse repéré par Netflix, mais aussi un détour plus ancien par l’Antiquité, les textes grecs et latins, Socrate, la démocratie et les sorcières. Rencontre avec un écrivain qui aime les livres noirs, drôles, mordants, et les questions que le futur pose au présent.

31/05/2026, 14:00

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François Richard : “Vivre est le seul vrai choix”

C’est une épiphanie littéraire. François Richard fait paraître aux éditions du Grand Souffle Division Eidola, le troisième tome de son cycle V I E, qui peut se lire indépendamment des deux précédents bien qu’il en tire les fils narratifs jusqu’au bout de la nuit. Une épiphanie dans laquelle l’auteur manifeste la réalité cachée comme fin de la quête de ses personnages. Exacerbation, comme une bombe à fragmentation, du précepte proustien dans Le Temps retrouvé : « La vraie vie, la vie enfin découverte et éclaircie, la seule vie par conséquent réellement vécue, c’est la littérature. » Par Olivier Stroh.

29/05/2026, 11:12

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“Un potager résilient, c’est être prêt à devenir autonome le jour où c’est nécessaire”

Après une carrière dans l’industrie du jeu vidéo, Didier Flipo a choisi le maraîchage bio, le sol vivant et la transmission. Avec Le Potager résilient, il propose bien plus qu’un guide de jardinage : une réflexion concrète sur l’autonomie, la résilience et notre rapport au vivant. Entre écologie pratique, production de semences, soin des sols et critique des faux conseils circulant en ligne, il défend une approche patiente, pédagogique et profondément ancrée dans le réel. Un entretien où le potager devient aussi une manière de penser le monde contemporain.

20/05/2026, 14:48

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Pour une édition de proximité : Le Cercle ouvert, publier moins pour mieux lire

Avec Le Cercle ouvert, Mathieu Larnaudie et Bertrand Py défendent une maison à la production resserrée, attentive aux auteurs, aux libraires et aux lecteurs. Adossée à Terre Neuve et donc au groupe Albin Michel, elle publiera ses premiers titres le 20 août 2026 autour d’une idée presque révolutionnaire : moins publier pour mieux accompagner les livres et refaire communauté, sans céder sur le catalogue.

19/05/2026, 17:29

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“Acheter un livre dans une librairie indépendante, c’est presque militant”

À Limoges, la librairie jeunesse Rêv’en Pages, ouverte depuis plus de quarante ans, est en redressement judiciaire. Confrontée à la hausse de ses charges et à la baisse du panier moyen, sa gérante, Rachel Faure-Lencroz, cherche à adapter son fonctionnement : changement de transporteur, projet de librairie mobile, développement de la romance, du young adult et de l’occasion.

 

19/05/2026, 12:13

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Xavier Coste : comment 1984 est devenu “le projet de [sa] vie”

À Palaiseau, les planches de Xavier Coste autour de 1984 et du Journal de 1985 dévoilent les coulisses d’une obsession graphique née à l’adolescence. Dans le cadre du salon Dimension, croquis, originaux et reproductions éclairent la construction d’un univers dystopique où l’adaptation devient affaire d’émotion, de fidélité intérieure et de vision.

 

18/05/2026, 17:15

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Murielle Compère-Demarcy : Artaud, le feu du langage

Originaire de Compiègne, très active dans le milieu littéraire, Murielle Compère-Demarcy, qui signe parfois MCDem, dirige depuis 2022 la collection « Présences d’écriture » aux éditions Douro, et rédige de nombreuses chroniques pour diverses revues. Auteure d’une vingtaine de livres, Murielle Compère-Demarcy semble, entre autres, très marquée par Antonin Artaud, auquel elle consacre Alchimiste du soleil pulvérisé en 2019, recueil publié chez Z4. Par Étienne Ruhaud.

18/05/2026, 10:30

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Palaiseau : comment le salon Dimension veut réconcilier science et littérature

Grégory Hermant, responsable du service événementiel de la ville de Palaiseau, revient sur la troisième édition de Dimension, salon du livre consacré aux liens entre science, science-fiction et vulgarisation. Un rendez-vous encore jeune, mais déjà identifié par son public, ses auteurs et ses partenaires.

13/05/2026, 17:01

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“Il y a des possibilités pour les femmes de vivre beaucoup mieux”

Dans Digitopuncture et santé féminine, Jacques Staehle condense plus de soixante ans de pratique des médecines naturelles. À partir de son parcours personnel et des questions reçues en séminaire, il propose une approche accessible de la digitopuncture appliquée aux troubles féminins, entre gestes précis, équilibre énergétique et transmission d’expérience. À bientôt 95 ans, l’acupuncteur et naturopathe affiche une énergie et une vitalité qui donnent, au minimum, envie d’écouter ce qu’il a à dire.

13/05/2026, 13:38

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Angeline Delcroix : victimes ou coupables, “la frontière est très difficile à déterminer”

Angelina Delcroix ouvre les portes de sa Fabrique du Mal, où l'on entre par la violence, mais refuse d’y installer le lecteur pour le seul choc. À paraître ce 13 mai, la romancière nous immerge dans son univers, entre réalisme glacé et espoirs d'une vie meilleure.

11/05/2026, 10:43

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Estelle Derouen :“ Un livre n’est pas seulement un objet culturel”

Le phénomène Estelle Derouen est avant tout un phénomène de société. Sur Instagram a imposé une présence singulière. Ni critique institutionnelle ni simple prescriptrice numérique, elle occupe une place à part, quelque part entre la lectrice passionnée, la passeuse intraitable et la créatrice de contenu qui refuse de laisser les livres se dissoudre dans le grand marché des recommandations interchangeables.

08/05/2026, 14:12

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“Le Prix Lumière d’août est né d’une amitié — et d’un refus”

À l’heure où les distinctions littéraires cherchent à se renouveler, l’écrivain et psychanalyste Vincent Hein lance, avec le photographe Sylvain Holtermann, le Prix Lumière d’août. Un projet singulier, à la croisée de la littérature et de l’image, nourri par une histoire commune, mais aussi par une prise de position face aux mutations du monde éditorial.

08/05/2026, 13:54

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Quitter Grasset ? Pour Gilles Ascaride, “on reste, on occupe le terrain et on se bagarre”

Alors que le licenciement d’Olivier Nora accaparait l’attention médiatique, l’auteur Gilles Ascaride adressait un email entre désinvolture et bravade, intitulé “Je quitte Grasset.”. Curieux ? Non, enfin, un peu tout de même. ActuaLitté est allé à la rencontre de l’écrivain qui revendiquait déjà d’avoir « tué Maurice Thorez (Maurice qui ?) ». 

05/05/2026, 16:11

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La Mutinerie : former les lecteurs d’aujourd’hui à devenir les citoyens de demain

Face au recul du temps de lecture chez les adolescents, La Mutinerie défend une conviction simple : l’écriture peut ramener les jeunes vers les livres, mais aussi vers eux-mêmes. Créée par Guillaume Le Cornec, cette structure associe auteurs, établissements scolaires, lieux culturels et scientifiques pour faire des collégiens de véritables coauteurs. À travers ces projets collectifs, la littérature devient un outil de médiation, de confiance et d’apprentissage du monde.

30/04/2026, 12:52

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Accessibilité numérique : “Les bibliothèques des collectivités territoriales sont en retard”

La Journée mondiale du livre, le 23 avril dernier, a été assombrie par un constat implacable, établi par la Fédération des aveugles et amblyopes de France. L'accès aux livres numériques reste extrêmement complexe pour les personnes atteintes d’une déficience visuelle, en particulier via les bibliothèques et médiathèques publiques. Le ministère de la Culture, conscient de cette problématique, envisage plusieurs pistes d'action.

29/04/2026, 12:54

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Gabrielle de Tournemire, une entrée remarquée “dans la cour des grands”

Lauréate du Prix Le Livre à Metz | Marguerite Puhl-Demange 2026 pour Des enfants uniques (Flammarion), Gabrielle de Tournemire signe un premier roman déjà largement salué. Elle revient, pour ActuaLitté, sur cette distinction, son travail d’écriture et la manière dont son roman s’inscrit dans le thème de cette édition du Livre à Metz, « Habiter le monde ».

09/04/2026, 14:34

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Camille Giordani et Thomas Baas : habiter le monde à hauteur de Paulette

À l’occasion de l’édition 2026 du Livre à Metz, dont le thème « Habiter le monde » irrigue l’ensemble de la programmation, le Prix Graoully-Batigère a été attribué à Mais où va Paulette ? (Actes Sud jeunesse), écrit par Camille Giordani et illustré par Thomas Baas. Ce prix distingue chaque année une œuvre qui, par son écriture et son regard, se situe à la croisée de la littérature et d’une certaine manière de raconter le réel. Rencontre croisée avec ses deux lauréats.

08/04/2026, 15:59

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Felix Macherez : une épitaphe comme ultime oeuvre

Né en 1989, écrivain et rédacteur en chef des pages Livres d'Art Press, Felix Macherez revient aujourd’hui avec un quatrième livre, trois ans après la surprenante fresque Les Trois Pylônes. Le propos relève cette fois de l’humour noir, cher à Breton : jeune nihiliste de trente-trois ans, Cid Sabacqs résout de se suicider. Par Étienne Ruhaud.

07/04/2026, 10:42

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“On cherche des livres qui interrogent le monde”

À l’occasion de l’édition 2026 du prix du livre Les Visionnaires, porté par le réseau des médiathèques de Saint-Quentin-en-Yvelines, son directeur, Pascal Visset, revient sur l’origine et les enjeux de cette distinction née en 2022. Entre réflexion sur le rôle des auteurs, importance du style et interrogations sur l’intelligence artificielle, il défend une littérature qui propose une véritable vision du monde et de son avenir.

01/04/2026, 17:29

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Ludothécaires et bibliothécaires : “Il y a une réelle complémentarité des profils”

Deux organisations nationales, l'Association des Bibliothécaires de France et l'Association des Ludothèques Françaises, ont lancé un appel pour politique commune du jeu en tant que pratique culturelle. Organisation des services, cadre juridique ou formation des professionnel·les, le sujet soulève de nombreuses questions. Suffisamment pour se prendre au jeu...

31/03/2026, 09:32

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Écrire la version française : l’art du dialogue selon Manchette-Niemiec

Un débat anime depuis longtemps les amoureux du cinéma, qui semble opposer les « vrais cinéphiles » aux « simples amateurs » : VOST contre VF. 

27/03/2026, 17:18

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IA : “Aujourd’hui, les auteurs ne peuvent rien prouver”, alerte Pierre Ouzoulias

Après l’avis du Conseil d’État sur la proposition de loi portée par plusieurs sénateurs pour encadrer l’usage des œuvres par les systèmes d’intelligence artificielle, le débat se précise. Aux côtés des sénatrices Laure Darcos et Agnès Evren, Pierre Ouzoulias, du Groupe Communiste (Hauts-de-Seine), défend un texte qui entend agir concrètement sur le terrain juridique, mais aussi provoquer une recomposition des rapports entre plateformes technologiques et ayants droit.

26/03/2026, 13:15

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Laure Darcos, l'IA et les ayants droit : “On veut siffler la fin de la récré“

Après un avis du Conseil d’État salué comme une avancée, mais loin d’être une victoire totale pour les ayants droit, la sénatrice Laure Darcos détaille la stratégie derrière sa proposition de loi. Entre rééquilibrage juridique, pression politique et volonté de forcer les acteurs de l’IA à négocier, elle défend un texte « pesé à la virgule près », et conçu comme le premier étage d’une réforme plus large.

25/03/2026, 12:16

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Financer, imprimer, publier : le défi des éditions étudiantes L’Apprentie

À Bordeaux, les éditions étudiantes L’Apprentie ont ouvert une campagne de financement participatif pour finaliser l’impression de sept ouvrages. Porté par des étudiants en master et en BUT, le projet repose sur une organisation collective qui permet aux étudiants de pratiquer en conditions réelles les métiers de l’édition. Face à une collecte en ralentissement, l’équipe a décidé de prolonger la cagnotte et de renforcer sa communication pour atteindre ses objectifs financiers.

23/03/2026, 15:32

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“La loi Lang ne suffit plus : il est temps de se structurer”

Restructurer et innover dans la filière. Face à la financiarisation de l’édition, à l’affaiblissement des soutiens publics et aux bouleversements technologiques, l’édition indépendante cherche désormais moins à survivre seule qu’à se structurer collectivement. Entre la FEDEI et OPlibris, une même ambition se dessine : défendre la matérialité du livre, sans renoncer à penser les outils de demain.

09/06/2026, 16:16

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Mineurs, nudité, algorithmes : Apple et Google sommés de protéger l'enfance

Lors de la London Tech Week, le Premier ministre du Royaume-Uni a sommé les entreprises technologiques de bloquer, sur les appareils utilisés par des mineurs, l’envoi et la réception d’images sexuellement explicites. Derrière l’urgence de protection, les livres déplacent le débat : consentement, honte, cyberviolence, économie de l’image, surveillance et responsabilité des adultes.

08/06/2026, 14:36

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Une taxe pour aider l'édition : le blanc-sain très sélectif du SNE

Le Syndicat national de l’édition n’a rien contre les prélèvements. Il a simplement ses pudeurs. Quand l’argent remonte vers les auteurs et les éditeurs, le vocabulaire se fait noble : rémunération, compensation, gestion collective, partage de la valeur. Quand il risque de redescendre vers les librairies indépendantes, les éditeurs fragiles ou les auteurs, le ton change. Le même geste devient un « réflexe » qui ne serait « pas forcément sain ». Mais alors, à quel sain se vouer ?

08/06/2026, 12:28

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“Paris, place forte du commerce des droits internationaux”

Quatre ans après son lancement, le Paris Book Market s’impose comme un rendez-vous majeur du commerce international des droits. Pierre Astier et Laure Pécher saluent ce succès dans un texte adressé à ActuaLitté... Tout en appelant à ouvrir plus largement l’événement aux agents, scouts et professionnels étrangers qui gravitent déjà autour de la place parisienne.

08/06/2026, 11:47

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Hiro Mashima à l’honneur : Amiens célèbre les 20 ans de Fairy Tail

Un arbre suspendu au-dessus d’un îlot rocheux, la guilde de Fairy Tail reconstituée à taille réelle, des fac-similés de planches et des croquis de travail : aux Rendez-vous de la BD d’Amiens, l’exposition Fairy Tail, une épopée draconique propose une traversée de l’univers créé par Hiro Mashima. Un parcours qui s’intéresse autant à l’imaginaire de la série qu’à sa fabrication.

 

07/06/2026, 19:26

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“Je suis plus français que toi, parce que moi, j’ai choisi” : dans les allées de Passeurs de Livres

Au festival Passeurs de Livres, il y a les grands rendez-vous annoncés, les conférences, les auteurs attendus, les maisons mises à l’honneur. Et puis il y a les allées. Les tables serrées sous le chapiteau, les livres empilés, les affiches accrochées aux grilles, les auteurs qui se lèvent pour présenter un roman, un témoignage, une vie. C’est là aussi que se raconte une partie de cette édition 2026, consacrée aux « Difficiles libertés ».

07/06/2026, 09:30

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Emil Ferris : les monstres ont pris leurs quartiers à Amiens

Aux Rendez-vous de la BD d’Amiens, Les Monstres d’Emil Ferris fait dialoguer Moi, ce que j’aime, c’est les monstres avec la collection du Frac Picardie. Le parcours explore le journal intime, le polar, le gothique, Chicago, la Shoah ou encore la puissance féministe d’une œuvre où les monstres deviennent une façon de lire le monde.

06/06/2026, 19:46

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Tom Gauld à Amiens : les bibliothécaires n’ont pas dit leur dernier mot

À la bibliothèque Louis Aragon, dans le cadre des RDVBD 2026, La Revanche des bibliothécaires déploie l’univers de Tom Gauld avec une élégance rare. Le dessinateur écossais y confirme ce talent singulier : faire rire avec trois traits, un sens parfait du décalage et une culture graphique qui ne pèse jamais. Une exposition vive, malicieuse et profondément réjouissante.

05/06/2026, 18:41

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Le livre survivra-t-il à l’économie de l’instant ?

Guilhem Méric, auteur de romans de l’imaginaire, analyse les difficultés croissantes du monde du livre. Entre baisse des ventes, concurrence des écrans et transformation des usages culturels, il alerte sur une crise de l’attention qui touche aujourd’hui toute la chaîne de l’édition.

05/06/2026, 16:57

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Mickey à Amiens : la souris de Walt Disney sort de sa boîte

À la Maison de la Culture d’Amiens, les 30es Rendez-Vous de la Bande Dessinée accueillent « Mickey, tout a commencé par une souris ». L’exposition du Fonds Glénat, visible du 5 juin au 14 septembre 2026, remonte le fil d’une icône née au cinéma, passée par la presse et devenue, vitrine après vitrine, une petite machine à souvenirs.

05/06/2026, 15:32

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Librairie indépendante : derrière le récit héroïque, une brutale réalité économique

En 2024, David Piovesan proposait une analyse des Rencontres nationales de la librairie, qui s'étaient déroulées à Strasbourg : désormais, le marché de la librairie se relit sous un jour plus politique. Les libraires ont bâti un récit collectif puissant face aux plateformes. Reste une épreuve plus rude : convertir cette identité professionnelle en modèle économique durable.

04/06/2026, 16:55

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L'union fera-t-elle la force des librairies indépendantes ?

La vente en ligne a changé d’échelle. Pour rester visibles, les librairies indépendantes doivent-

elles construire une puissance collective ? Renny Aupetit, propriétaire de la librairie Le Comptoir des Lettres (Paris, 5e), pose la question.

04/06/2026, 11:47

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Face aux grands groupes, l’édition indépendante n’a plus le luxe de jouer seule

La réponse de l’édition indépendante à la concentration doit passer par le collectif. Car, pour ne rien arranger, le plus important parmi ces groupes la double d’une offensive idéologique délétère. La coopérative OPlibris nous adresse un texte, affirmant ses valeurs, autant que ses objectifs.

02/06/2026, 17:37

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Le livre se meurt, lancez-le plus fort

Voici un petit texte, rafraîchissant – ce qui ne manque déjà pas d'à-propos quand il pleut. Il est extrait d'une suite théâtrale que Christophe Esnault est en train de constituer. Et qui s'autorise pensée critique et humour. « Comme toujours je suis très mignon avec ce microcosme éditorial et simili culturel », nous explique-t-il. Et on le croit sur parole, bien entendu. Jugez sur pièce.

02/06/2026, 12:24

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Rochefort et les tristesses de l’enfance de Pierre Loti

Les petites poupées, collées sur des morceaux de carton, sont si minuscules, si délicates, qu’elles semblent n’exister que par la fantaisie d’un enfant : des nuages soufflés par le rêve, fragiles comme les bateaux des pêcheurs bretons qui naviguaient pendant des mois dans la brume, autour de l’Islande.

02/06/2026, 11:10

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Le “don” en voyance : de quoi parle-t-on vraiment ?

Malgré une meilleure visibilité sur les réseaux sociaux ou dans les médias, le sujet de la voyance reste encore tabou. Toutefois, je peux accorder aux sceptiques que leur méfiance n’est pas toujours sans objet, car tout dépend de quel type de voyance on parle. Il règne effectivement une grande confusion dans ce monde mystérieux et inquiétant, mais, cependant, très attirant de la voyance. Alors vous êtes en droit de vous demander : illusion, arnaque ou don réel ? Par Sabrina Depraz, autrice de La voyance : mode d'emploi.

02/06/2026, 06:25

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Les catalogues de bibliothèque ont-ils déjà perdu face à l’IA ?

Au début de l'année 2005, j'avais posté sur biblio-fr un vœu que le BBF reprit en ouverture de son numéro consacré à la "Mort et transfiguration des catalogues" : "Le catalogage et l'indexation prennent leur place au musée de la bibliothéconomie." Anne-Marie Bertrand y voyait une transfiguration en marche. Vingt ans plus tard, je rouvre le dossier, cette fois avec l'IA générative comme pièce à conviction.

31/05/2026, 10:48

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Canicules : quand la France étouffe sous les alertes météo

La France ne connaît pas une canicule généralisée, mais certains départements restent concernés par une vigilance canicule, après un épisode de chaleur inédit pour un mois de mai. Derrière le dôme anticyclonique, la masse d’air subtropicale et le réchauffement climatique, la question météorologique se déplace : non plus seulement combien de degrés, mais quelles vies deviennent plus fragiles sur une planète moins habitable ?

30/05/2026, 16:10

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Narbonne fait vibrer les livres, les voix et les idées

Du 29 au 31 mai 2026, le Grand Narbonne donne rendez-vous aux passionnés de lecture, aux familles et aux jeunes lecteurs pour la 12e édition de son Salon du livre. Pendant trois jours, la ville de Narbonne devient un espace de circulation des textes et des idées, entre rencontres, lectures et propositions artistiques, attirant chaque année un public toujours plus nombreux.

 

26/05/2026, 17:16

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Époque, le festival des livres qui éclairent notre temps

Cette 12e édition d’Époque, festival et salon du livre de Caen, fera la part belle au voyage et à l’ailleurs, sans se départir de son identité : éclairer les grands sujets de notre temps.

26/05/2026, 17:02

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En librairie, la profusion de nouveautés rend-elle le fonds invisible ?

La nouveauté domine-t-elle désormais trop fortement l’économie de la librairie ? Dans cette analyse, Jean-Charles Caplier, directeur commercial chez Dilisco, analyse le ralentissement du réassort du fonds, moins comme un désintérêt des libraires que comme le symptôme d’un marché sous tension, pris entre trésoreries fragilisées, rotation ralentie, surproduction et pression permanente de l’actualité éditoriale.

22/05/2026, 09:06

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IA et livres : la France protège, mais sait-elle vendre ?

En Corée du Sud, le livre ne se défend plus seulement contre l’IA : il devient une donnée qualifiée, négociable, rémunérée. En France, le législateur avance par un autre chemin, plus contentieux mais décisif : rendre prouvable l’usage des œuvres par les modèles. Entre opt-out, AI Act et présomption d’utilisation, l’industrie du livre quitte l’indignation pure pour entrer dans le dur du rapport de force.

21/05/2026, 13:00

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“Le libraire ne reste peut-être qu’un commerçant”

Tout le secteur du livre s'interroge aujourd'hui sur la place des librairies indépendantes face à la montée de l’extrême droite, le poids du groupe Bolloré dans l’édition et la responsabilité des libraires dans la défense du pluralisme démocratique. Dans ce texte proposé par Christophe Marie, co-gérant de la librairie Au saut du livre, à Joigny, dans l’Yonne, tout un pan de l'industrie du livre est questionné. Et ses clients avec lui.

21/05/2026, 10:21

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Après Grasset, Canal+ : quand la critique de Bolloré vaut liste noire

Canal+ a donné un nom à la peur qui traverse désormais l’édition : la liste noire. L'intervention de Maxime Saada, président du directoire de Canal+, qui refuse désormais de travailler avec les 600 personnes ayant signé une petition contre son patron, Vincent Bolloré, introduit une singulière logique de groupe. 

18/05/2026, 13:09

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Britannica pillé par ChatGPT : comment Umberto Eco avait prévu ce vertige

Encyclopaedia Britannica et Merriam-Webster poursuivent OpenAI, accusé d’avoir utilisé leurs contenus pour entraîner ChatGPT et de capter leurs lecteurs par des réponses proches de leurs textes. Au-delà du droit d’auteur, l’affaire pose une question qu’Umberto Eco avait placée au cœur du Nom de la rose (trad. Jean-Noël Schifano) : qui garde la bibliothèque, qui classe le savoir, qui vérifie la réponse quand la source disparaît ?

16/05/2026, 11:17

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La crise Grasset “exige du discernement : chaque contrat est différent, chaque situation unique”

La crise Grasset dépasse le tumulte médiatique : elle interroge le lien intime entre auteurs, éditeurs et contrats. Dans un texte qu'elle adresse à ActuaLitté, Liliane de Carvalho appelle au discernement juridique. Rapporteure de la réforme du contrat d’édition numérique 2013 et spécialiste de la propriété intellectuelle, elle invite à examiner les situations au cas par cas et refuse les réponses automatiques. 

15/05/2026, 17:33

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“Un enfant ne regarde pas une saison. Il la vit”

Entre ville et campagne, enfance et parentalité, Alexandra MacCorvus interroge notre rapport aux saisons. À travers les gestes simples d’une vie de famille — récolter des pommes, sentir l’air changer, attendre les fêtes — il rappelle que le temps ne se mesure pas seulement au calendrier : il se ressent, se partage et se transmet dans l’émerveillement quotidien. Elle vient de publier Beltane, chez Piktos jeunesse.

15/05/2026, 15:19

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Quand ActuaLitté se découvre, malgré lui, encarté chez La France Insoumise (LFI)

Un visuel diffusé sur Facebook associe un article d’ActuaLitté consacré au scandale Agessa au logo de La France insoumise. L’exercice entend sans doute servir la cause des artistes-auteurs. Il réussit surtout une (contre)performance graphique plus douteuse : transformer un travail journalistique indépendant en élément de communication politique. 

15/05/2026, 13:01

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L’Autre Livre : un rendez-vous à taille humaine qui fait vivre les éditeurs indépendants

Le Salon international de l’édition indépendante de L’Autre Livre avance à son rythme pour l'édition de mai 2026 — calme, posé, propice aux échanges, bien que chahutée. Dans les allées, on circule sans heurt, on s’arrête facilement, on engage la conversation. Ici, le temps ne se mesure pas seulement au nombre de visiteurs.

14/05/2026, 09:19

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“Pour que la pensée demeure libre, il faut que l'édition soit libre” - Jean-Yves Mollier

Les auteurs Grasset ont initié ce 13 mai les Etats généraux de l'édition, devenus Etats généreux – s'inscrivant dans le sillage des actions menées par les auteurs de Fayard pour la récupération de leurs droits. A ce titre, l'universitaire Jean-Yves Mollier intervenait au théâtre de la Concorde où nom de 87 autres écrivains de la maison, mais également pour présenter son propre combat.

14/05/2026, 09:03

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Des États généraux aux États généreux : les auteurs Grasset prennent leur avenir en main

Était-ce un jour historique ? Ce 13 mai avait des accents d’appel du 18 juin : une volonté de résistance, de libération, quand tout un pan de l’industrie du livre mesure « à quel point c’est un rapport de force ». Ces États généraux de l'édition, conséquence du licenciement d’Olivier Nora ont en effet engendré un mouvement hors norme : des centaines auteurs décidés à quitter leur maison, contre la figure du croque-mitaine, Vincent Bolloré.

13/05/2026, 17:43

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Gibert Joseph : “La routine a anesthésié l’esprit commerçant des libraires”

Après l’« affaire Nora » et le placement en redressement judiciaire de Gibert Joseph, Francis Kapétanovic, fondateur des éditions Abak, interroge l’effet ciseaux qui frappe les librairies indépendantes — baisse des ventes de livres neufs, hausse des coûts fixes — et les pistes possibles pour sortir de l’ornière. ActuaLitté lui donne la parole.

13/05/2026, 17:18

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Philip Roth et Franz Kafka contre la démocratie au guichet de Donald Trump

Deux fronts obsèdent actuellement l’administration Trump : une poussée fédérale vers des scrutins gérés localement et une pression accrue sur les universités, des visas étudiants aux données d’admission. Ces affaires, ancrées dans le droit électoral et académique ouvrent cependant une question de lecture : que deviennent des vies quand l’État transforme le contrôle en procédure, l’arbitraire en formulaire et le soupçon en méthode ?

12/05/2026, 12:48

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Au Maroc, le chantier qui scandalise archéologues et défenseurs du patrimoine

Le sociologue Mustapha Saha et l'archéologue Youssef Bokbot alertent sur le devenir de Sijilmassa, ancienne cité caravanière du Tafilalet et haut lieu de la mémoire maghrébine. Face à un projet d’aménagement touristique et muséal jugé destructeur, ils dénoncent une atteinte irréversible aux vestiges encore enfouis. Le texte plaide pour l’arrêt du chantier, la poursuite des fouilles archéologiques et une approche respectueuse des équilibres historiques, écologiques et humains du site.

11/05/2026, 14:44

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L’odeur des livres ardéchois ne plairait-elle pas aux Parisiens ?

Depuis l’Ardèche, Fabienne De Dyn défend une édition indépendante, lente et vivante, trop souvent ignorée par Paris. Un appel à ouvrir les librairies, les chroniques et les salons aux livres venus des territoires.

11/05/2026, 14:32

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Les livres qui veulent vous réparer vous détruisent

L'auteur Charles Garatynski interroge l’essor d’une littérature dite thérapeutique, pensée pour réparer, rassurer ou réconcilier le lecteur avec lui-même. À rebours des promesses de consolation, il défend une littérature de l’inconfort, capable non de guérir la souffrance, mais de lui donner une forme, une langue et une dignité.

11/05/2026, 13:35